«
L’argument
est justement simple en l’occurrence : à revenus équivalents
ou nuls, il est par exemple injuste de verser le même montant d’une
allocation publique à un ménage qui dispose de quelques centaines
ou milliers d’euros sur un compte bancaire et à un autre dont la
résidence principale en vaut plusieurs centaines de milliers. Les
économistes insistent assez sur l’ampleur des inégalités de
patrimoine par rapport à celle moindre des revenus.
» Le réalisme est-il là, quand des milliards d’individus n’ont ni compte bancaire, ni patrimoine, ni revenu, ni emploi ; ni la
moindre perspective d’en avoir un un jour ? En tout état de cause,
combien de ces économistes conçoivent que les inégalités dont ils
se préoccupent croissent, depuis que l’homme existe, avec
l’évolution du binôme démographie-économie.
Sous
l’effet du progrès scientifique et technique, puis des nouvelles
technologies, le travail est condamné
à
mourir de sa belle mort, dans sa conception intégriste. Et c’est
probablement,
après ses conquêtes
dans le domaine de la santé,
le
plus grand succès de l’humanité dans sa lutte contre
l’obscurantisme
tel
qu’il
s’est exprimé durant des millénaires par
la formule “Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front”.
Une
spiritualité exacerbée et la dictature des sentiments qui en
résulte peut l’ignorer, encouragée par la crédulité des hommes
ainsi que par les
peurs ataviques
nées de
leur condition. Mais
il y a de sérieuses raisons de penser que là aussi le progrès
vaincra les résistances de la nature, si elle nous en laisse le
temps et si nous soumettons notre
prédation
à la raison,
avant tout démographique.
Nullement
question de faire l’éloge de la paresse ou de la simple inertie qui
ne sont que manifestations de renoncement face
à l’adversité, et
premiers
ennemis du progrès,
mais d’imaginer un futur dans lequel le travail tel
que nous le connaissons
ne sera
plus
le critère sur lequel fonder notre existence sociale.