Molière ne dénonce pas la « croyance », mais l’imposture
de faux-médecins qui abusent de la nïveté des nouveaux riches pour les
manipuler et en profiter moyennant pépettes, leur imposture reposant
essentiellemnt sur l’emploi d’un faux-latin ou d’un parler-creux pour camoufler
leur ignorance. Et ça, effectivement, c’est toujours acteule :
« SGANARELLE.- Or
ces vapeurs, dont je vous parle, venant à passer du côté gauche, où est le
foie, au côté droit, où est le cœur, il se trouve que le poumon que nous
appelons en latin armyan [i] , ayant communication avec le cerveau, que nous
nommons en grec nasmus, par le moyen de la veine cave, que nous appelons en
hébreu cubile, rencontre, en son chemin, lesdites vapeurs qui remplissent les
ventricules de l’omoplate ; et parce que lesdites vapeurs... comprenez bien ce
raisonnement je vous prie : et parce que lesdites vapeurs ont une certaine
malignité... Écoutez bien ceci, je vous conjure. »
- Le Médecin malgré lui – acte II – scène 4