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serge.wasterlain 17 avril 2021 15:54

@Fergus

Fergus a écrit : ‘’…Elle est sans doute quelque part entre les deux et varie d’une région à l’autre, et plus encore d’un milieu à l’autre…’’

Vous avez probablement raison, mais pour avoir connu deux acharnements thérapeutiques, l’un dans un hôpital public d’obédience socialiste, l’autre dans un hôpital public d’obédience catholique – En Belgique, les hôpitaux publics trouvent pour la plupart leur origine des mutualités socialistes et chrétiennes – et, à contrario, une quasi absence de soins d’une nonagénaire qui a agonisé plus d’une semaine, dont les premiers jours dans un corridor d’un hôpital catholique faute de places disponibles, j’en conclus que plus que la région ou le milieu (même si ça joue probablement), c’est la rentabilité des unités de soin qui est l’élément moteur des acharnements thérapeutiques qui sont la règle de nos jours.

Votre conclusion est en contradiction avec vos trois exemples allez-vous dire ! Pas du tout, l’agonie de la nonagénaire dans des conditions scandaleuses s’est produite il y a 35 ans, quand les hôpitaux étaient financés au forfait (un peu plus compliqué, mais en gros, le financement se faisait au forfait), alors que les deux acharnements thérapeutiques ont eu lieu après que les hôpitaux soient financés à l’acte. Je me rappelle d’ailleurs fort bien les déclarations l’année dernière d’un médecin d’un médecin venu expliquer à la télévision que le taux d’occupation des lits en réanimation devait se situer en permanence aux alentours des 90% pour rentabiliser l’unité ! ! ! Que cette rentabilisation soit assurée par une diminution des lits en réa, ou par l’acharnement thérapeutique, voire par des admissions en réa de malades qui ne le seraient pas si ce taux était atteint, il s’agit bien d’une affaire d’argent et c’est scandaleux. Ce qui est vrai pour la réa, l’est aussi pour les radios, les scanner et autres examens qui ne sont pas toujours utiles. C’est un effet pervers du financement des hôpitaux à l’acte, mais aussi un effet pervers du subventionnement déguisé de la médecine privée qui s’opère aussi bien en clinique privée que pour les médecins ‘’indépendants’’ sous contrat des hôpitaux publics. Dans certains pays, si vous faites le choix de la médecine privée, la sécu n’intervient pas dans le coût de vos soins et ne finance ni les médecins qui ont fait le choix d’opérer dans le privé, ni les investisseurs qui ont placé leur argent dans les cliniques !



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