@Fergus
Fergus a écrit : ‘’…Elle est
sans doute quelque part entre les deux et varie d’une région à l’autre, et plus
encore d’un milieu à l’autre…’’
Vous avez probablement
raison, mais pour avoir connu deux acharnements thérapeutiques, l’un dans un hôpital
public d’obédience socialiste, l’autre dans un hôpital public d’obédience
catholique – En Belgique, les hôpitaux publics trouvent pour la plupart leur
origine des mutualités socialistes et chrétiennes – et, à contrario, une quasi
absence de soins d’une nonagénaire qui a agonisé plus d’une semaine, dont les premiers
jours dans un corridor d’un hôpital catholique faute de places disponibles, j’en
conclus que plus que la région ou le milieu (même si ça joue probablement), c’est
la rentabilité des unités de soin qui est l’élément moteur des acharnements thérapeutiques
qui sont la règle de nos jours.
Votre conclusion est en
contradiction avec vos trois exemples allez-vous dire ! Pas du tout, l’agonie
de la nonagénaire dans des conditions scandaleuses s’est produite il y a 35
ans, quand les hôpitaux étaient financés au forfait (un peu plus compliqué,
mais en gros, le financement se faisait au forfait), alors que les deux
acharnements thérapeutiques ont eu lieu après que les hôpitaux soient financés
à l’acte. Je me rappelle d’ailleurs fort bien les déclarations l’année dernière
d’un médecin d’un médecin venu expliquer à la télévision que le taux d’occupation
des lits en réanimation devait se situer en permanence aux alentours
des 90% pour rentabiliser l’unité ! ! ! Que cette
rentabilisation soit assurée par une diminution des lits en réa, ou par l’acharnement
thérapeutique, voire par des admissions en réa de malades qui ne le seraient
pas si ce taux était atteint, il s’agit bien d’une affaire d’argent et c’est
scandaleux. Ce qui est vrai pour la réa, l’est aussi pour les radios, les
scanner et autres examens qui ne sont pas toujours utiles. C’est un effet
pervers du financement des hôpitaux à l’acte, mais aussi un effet pervers du
subventionnement déguisé de la médecine privée qui s’opère aussi bien en
clinique privée que pour les médecins ‘’indépendants’’ sous contrat des
hôpitaux publics. Dans certains pays, si vous faites le choix de la médecine
privée, la sécu n’intervient pas dans le coût de vos soins et ne finance ni les
médecins qui ont fait le choix d’opérer dans le privé, ni les investisseurs qui
ont placé leur argent dans les cliniques !