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Luniterre 12 avril 2025 11:11
Luniterre

@La Bête du Gévaudan

« Ce système est certes extrêmement lucratif pour certains capitalistes privés dans la mesure où ils complètent la rentabilité de leur capital par l’aide publique (c’est peut-être pour ça que les milliardaires financent des médias quasi tous ancrés à gauche ?). Ce système de « capitalisme corrigé » leur permettant des rentabilités inaccessibles dans un marché réellement libre où le client devrait se solvabiliser lui-même. »

Si c’est le fond de votre analyse sur la stratégie « économique » actuelle de la classe dominante, alors nous sommes essentiellement en accord sur ce simple constat.

Ceci dit, un tel « capitalisme corrigé » n’est plus du tout du capitalisme, en fait, dans la mesure où il repose donc bien sur l’expansion de la dette publique, in fine, et cela en plus de la dette privée, qui n’est « soutenue » question ratio de solvabilité, que par l’expansion spéculative du capital financier, pour l’essentiel fictif, lié à « l’humeur » des marchés, comme on vient encore de le voir.

Mon analyse n’est pas une sorte de répétition dogmatique de celle de Marx, même si elle lui emprunte quelques bases essentielles, surtout à partir des Grundrisse, et non du Capital, qui, contrairement à ce qu’en pensent précisément les dogmatiques, est plutôt un ouvrage de conjoncture telle qu’au milieu du XIXème siècle, et à prospective limitée à l’évolution de cette époque, contrairement aux Grundrisse, qui exploraient les dynamiques du capital sur le temps long, indépendamment de la conjoncture.

La fin du capitalisme reposant essentiellement sur l’extraction de la plus-value industrielle n’est donc en rien la « fin de l’histoire » à aucun point de vue, pas même celui de l’évolution des rapports de classe dans la société humaine.

Une classe dominante succède à une autre classe dominante, le système féodal au système esclavagiste, le capitalisme au système féodal, et le banco-centralisme au capitalisme. Le socialisme, que l’on soit pour ou contre, n’a pu être qu’une tentative avortée, et actuellement il semble improbable qu’une autre alternative au système de domination de classe se constitue.

En « revenir » au capitalisme « national » et pourquoi pas, plutôt démocratique, tant qu’à faire, c’est la seule alternative concrètement possible, actuellement, au banco-centralisme, même si cela semble être, par certains côtés, faire tourner la roue de l’histoire à l’envers.

Du moins, tant que c’est encore possible, c’est déjà un frein à la roue du banco-centralisme en train de nous écraser, lentement mais sûrement, et donc d’autant plus durablement, hélas.

Marx était un « optimiste historique », même s’il ne limitait pas toujours sa prospective à une vision unilatéralement « progressiste » contrairement à une idée couramment reçue, surtout par les dogmatiques qui ne l’ont pas lu...

D’un point de vue matérialiste dialectique au sens le plus général du terme, la société humaine n’est qu’un épiphénomène dans l’évolution cosmique générale conditionnée par les lois de la thermodynamique. Elle n’y fait qu’un « bref » passage au regard de l’ensemble. Sa phase « progressiste » est donc peut-être déjà derrière nous, malgré les apparences « technologiques », ou peut-être même à cause de leur réalité, précisément, en termes d’entropie.

On en revient donc toujours à l’idée que la survie de la société humaine, sa durabilité et sa qualité éventuelle dépendent donc en grande partie de notre « libre arbitre ».

Trump a le mérite exceptionnel de tenter d’exercer le sien... Mais si faire « bouger les lignes » est déjà une chose rare, faire « réfléchir » reste malheureusement une gageure !

Luniterre



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