Le
libre échange finit toujours à bénéficier à celui qui le
propose. L’échange est nécessaire, certes, mais pas à n’importe
quel prix.
Si
j’ai bonne mémoire, Ricardo favorisait les échanges avec le
Portugal : les Britanniques fabriquaient des machines et les
échangeaient contre du vin de Porto, très prisé en Grande
Bretagne. Très bien, mais, cela confinait le Portugal à rester à
cultiver ses vignes sans avoir accès aux nouvelles techniques de
fabrication des machines de l’époque.
Deuxième
exemple de libre échange à la Britannique : au XIXème siècle,
l’Inde était le premier fabricant de tissus de coton au monde. Les
Britanniques s’emparèrent de l’appareil de production textile de
l’Inde, interdirent aux Indiens de tisser le coton, et firent
fabriquer des cotons tissés dans leurs usines pour les revendre en
Inde ; bel exemple de libre échange.
Troisième
exemple : Pendant le début du XIX ème siècle la Prusse
voulait établir une union douanière entre les différents états de
l’Allemagne d’alors. Cela s’appelait le Zollverein ou union
douanière. Mais les états plus puissants imposaient leur loi aux
autres états. L’économiste List s’opposa à cette manière de
faire du commerce qui ruinait certaines régions du pays.
Le
libre échange est un slogan, un mot valise qui n’a pas de sens
pratique si on n’établit des règles équitables de commerce.
Attention aux grands mots...
Ce
que Trump veut faire, c’est bouleverser l’ordre des échanges,
souvent déséquilibrés, et reprendre la main sur nombre de marchés.
Mais, on n ’est plus à l’époque de Ricardo, car la Chine,
l’Inde et l’Europe lui font face. Reste la politique de la
canonnière, très dangereuse à l’ère du nucléaire.