@SilentArrow
Votre remarque touche au cœur de l’utopie du droit international. Idéalement, une telle justice devrait effectivement être rendue par un organisme universel et impartial. C’est d’ailleurs la mission théorique de la Cour Pénale Internationale.
Cependant, l’Histoire nous montre une réalité bien plus rugueuse : les organismes internationaux ne disposent d’aucune force de police propre. Ils dépendent du bon vouloir et de la puissance des États pour faire appliquer leurs mandats. Dans le cas d’un narco-État comme le Venezuela, attendre un consensus de l’ONU — où les jeux d’alliances et les droits de veto paralysent toute action — revenait à condamner la population à une agonie sans fin.
Quant à votre point sur la « raison d’État », vous avez raison : peu de puissances sont exemptes de reproches. Mais il faut savoir distinguer la « raison d’État » classique (souvent cynique et brutale) du « crime d’État » érigé en système économique. Un État qui détourne l’intégralité de ses institutions pour servir un cartel de drogue ne joue plus dans la même catégorie. Nous sommes ici dans la criminalité transnationale pure, et c’est ce vide juridique que la force brute vient combler, faute d’une gouvernance mondiale efficace. C’est un constat d’échec pour le droit, mais une réalité incontournable pour la géopolitique.