@Marc Dugois
@Tous
La
« valeur » de l’argent n’est jamais, au final, que sa
capacité à se transformer en telle ou telle quantité de biens ou
de services.
Et
donc, au moment de finaliser la moindre transaction il y a une
« somme », un chiffre en numéraire, qui fait face à une
marchandise ou à un service, et peu importe, à ce moment, la
nature, la forme et l’origine de l’argent.
C’est
même le seul moment où la valeur de l’argent devient une réalité.
L’argent
cesse d’être « crédit » quand il arrive entre les mains
ou sur le compte du « vendeur » du bien ou service.
Même
« créé » à l’origine sous forme de crédit, il n’en
reprend ainsi pas moins sa circulation dans l’économie sous une
nouvelle forme, potentiellement « cash », tandis que le
souscripteur du crédit continue à payer ses traites et à dépenser
le reste de ses revenus pour d’autres biens, qu’il peut
éventuellement « payer cash », alors que l’argent de ses
revenus « futurs » circule déjà sous forme « cash »,
également, et peut éventuement entamer un autre cycle générateur
de profit, d’une manière ou d’une autre.
Effectivement,
chaque traite remboursée « détruit » de la somme
équivalente ce qui reste du compte de l’emprunteur, qui est donc
néanmoins sensé survivre et donc agir économiquement avec ce
reste, qui peut donc apparaître, en pratique, comme un « doublon »
de la somme transférée sur le compte du vendeur.
Donc
même s’il y a « comptablement » destruction de la somme
initialement créée par le crédit, elle n’en a pas moins et pour
l’essentiel, même si de manière « décalée dans le temps »,
une « double vie » néanmoins bien réelle et
précisément, dans l’économie réelle, celle qui « transforme »
la valeur « fictive » de l’argent en une réalité bien
concrète.
C’est
à mon avis à partir de ce « dédoublement » de la
valeur réelle en circulation qu’il faudrait aller plus loin pour
étudier en profondeur les mécanismes de l’augmentation
« conjointe » de la masse monétaire et de la masse des
dettes.
En
ce qui concerne votre tentative de démonstration en dix points, elle
s’arrête donc ainsi au point trois, en réalité :
« Troisième
question :
Ces chiffres que l’emprunteur pense être de l’argent, ne
vont-ils pas voyager avec les chèques et les virements que
l’emprunteur va faire, transmettant la propriété de la créance
sur la banque au bénéficiaire du virement ou du chèque ? »
>>>
la pratique économique évidente montre que l’argent arrivé sur le
compte du vendeur est du « bon argent » et fonctionne
comme tel, quoi qu’il en soit.
>>>
la « transmission de créance » est donc concrètement
une fiction.
>>>
fin de l’histoire.
>>>
Il faut donc encore chercher ailleurs si l’on veut réellement éclaircir
le mystère de l’économie contemporaine.
Luniterre