A l’intention de l’anonyme et amical amateur d’Asimov [auteur de science-fiction ayant écrit entre autres la saga des « Robots » et celle des « Fondation », dans laquelle est imaginée la planète Trantor, entièrement couverte de constructions humaines et située au centre de la Galaxie] : je ne pense pas qu’il faille compter sur la pression démographique pour doper la conquête spatiale ni, à l’inverse, compter sur cette dernière pour résoudre les problèmes d’environnement. La découverte de l’Amérique par les Européens n’a pas entraîné d’exode massif et a été motivée essentiellement par le profit. Et l’émigration n’était pas une partie de plaisir, il fallait d’impérieuses raisons pour s’y résoudre. De même, en ce qui concerne l’espace et le système Solaire, on imagine mal qu’il puisse être attrayant de s’expatrier de notre douce planète bleue pour des mondes effroyablement hostiles avant de nombreux siècles (sauf bouleversement majeur dans nos connaissances physiques fondamentales). C’est donc dès maintenant qu’il faut choisir de préserver ce qui peut l’être. De ce point de vue, l’héritage biologique de notre planète Terre est à mettre au moins sur le même plan que notre héritage historique, et encore, il reste beaucoup plus facile de reconstituer le parlement de Rennes qu’une espèce disparue.