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Accueil du site > Tribune Libre > Au secours, la neuropédagogie est au pouvoir !

Au secours, la neuropédagogie est au pouvoir !

Les neurosciences et en particulier la neuropédagogie arrivent aux commandes du ministère de l’Education Nationale. Le pire n’est pas sûr mais on peut néanmoins le craindre.

En installant mercredi 10 janvier le tout nouveau conseil scientifique de l’éducation le ministre Jean-Michel Blanquer aurait déclaré « c’est un moment à marquer d’une pierre blanche. »

Il ne croyait pas si bien dire. L’arrivée avec armes et bagages du discours neuroscientifique à la tête du ministère de l’Education Nationale, c’est vraiment le grand jour pour ce courant de pensée matérialiste et réducteur qui a connu ses premières heures de gloire au XIXe et a ensuite constamment progressé jusqu’à envahir, comme il le fait à présent, les représentations collectives grâce aux avancées de l’imagerie cérébrale — et surtout grâce aux médias qui nous serinent à tout bout de champ avec ça...

Le lendemain, Stanislas Dehaene, président de ce conseil scientifique a été reçu dans la matinale de France Inter et ça a été d’emblée une grosse claque. Sous des apparences feutrées, la brutalité du discours et son enjeu m’ont donné le sentiment d’assister à un tournant ou un point de bascule de l’histoire. Un peu comme lorsqu’un pays entier fait un triomphe à celui qu’il croit être son libérateur alors que la population ignore et ne repère donc pas dans son discours les prémices de ses visées dictatoriales. Cette métaphore fait avant tout sens par rapport à l’état d’ignorance — mais sous ce rapport, justement, on pourrait considérer que l’idée d’une dictature n’est pas très éloignée.

Comment penser, en effet, que le grand public — même celui qui en a entre les oreilles et qui écoute France Inter — ait pu saisir l’implicite et les non-dits des paroles de Stanislas Dehaene ? Ce public abreuvé d’incantations neuroscientifiques sur le cerveau tout puissant s’est probablement senti en parfaite résonance avec le questionnement idolâtre du journaliste Marc Fauvelle [1]. Il aura ainsi pu se convaincre aisément qu’un air frais — l’air du temps — allait enfin souffler sur l’éducation.

Un peu comme Macron semble avoir changé la donne politique, Blanquer semble vouloir changer la donne éducative avec Dehaene et mettre ainsi de son côté la foule immense des adorateurs de la cervelle.[2]

Pour l’honnête homme qui a déjà mesuré le vide des apports des neurosciences à la pédagogie, c’est une catastrophe annoncée.

Un esprit formé à la sagesse grecque — selon laquelle il ne faut jamais être au meilleur de sa forme car, par la suite, on ne peut qu’aller moins bien — pourrait toutefois penser que ce sera probablement une bonne chose de toucher le fond car il y a ensuite toutes les chances que ça aille mieux. Toucher le fond ne donne-t-il pas l’occasion de rebondir ?

Armé de cette pensée positive, venons-en aux faits et d’abord au propos de Stanislas Dehaene lors de cet interview emblématique.

Neurosciences über alles !

D’entrée de jeu il cite le ministre Blanquer qui, dans son discours de la veille, aurait affirmé : « les sciences nous importent, il nous importe de jeter une lumière scientifique avec des expérimentations sur ce qui est vrai et ce qui est faux en éducation, ce qui marche et ce qui ne marche pas. »

Dehaene met ensuite le point sur les i : « Ce qui est au cœur du débat c’est l’approche scientifique, les sciences cognitives en particulier pour mesurer les comportements et savoir comment l’apprentissage fonctionne. »

Le message est clair mais son implicite ne l’est pas moins. La norme de pertinence en communication est implacable : si vous pensez qu’une chose doit être dite, c’est qu’elle ne va pas de soi ! A contrario, ce que vous laissez dans l’implicite, c’est cela que vous désignez comme allant de soi, comme ne prêtant pas à controverse et donc comme étant bien établi, vraisemblable ou véridique.

En affirmant comme ils le font l’importance de la démarche scientifique en éducation, Blanquer et Dehaene indiquent implicitement et donc fortement que, jusqu’à présent, elle n’allait pas de soi ou que les sciences de l’éducation ne satisfaisaient pas suffisamment à ce critère de sorte que les pédagogues ne pouvaient véritablement « savoir comment l’apprentissage fonctionne. » [3]

On nous laisse ainsi entendre qu’une ère nouvelle commence et même si Dehaene la joue modeste, il est clair que ce sont les neurosciences qui sont supposées être la clé du progrès annoncé.

En tant qu’éditeur du livre Apprendre à lire. Des sciences cognitives à la salle de classe, n’affirmait-il pas que les enseignants doivent « devenir experts de la dynamique cérébrale » (p. 10) ?

Même s’il s’en défend, la subtile violence de ce discours lève toute équivoque : le projet c’est quand même bien « les neurosciences au-dessus de tout » — comme le sous-titrait judicieusement LCI —, ce contre quoi une soixantaine de chercheurs se sont élevés, dès novembre dernier, en signant la pétition du syndicat enseignant SNUIPP en faveur d’une recherche pluraliste.

C’est peu de dire que l’inquiétude de ces chercheurs est légitime mais on peut néanmoins penser que ce sera le début de la fin pour la neuropédagogie tant il est vrai que c’est au pied du mur qu’on voit le maçon.

La débandade des pieds nickelés face aux exigences de l’éducation pourrait signer la fin du bluff formidable grâce auquel les neurosciences ont prétendu exercer une emprise sur les sciences humaines en général, la psychologie en particulier.

Ce serait alors l’occasion de (re)découvrir que « les élèves ne sont pas juste des cerveaux dans des bocaux. Il y a une interaction permanente entre le corps, le cerveau et l’environnement » comme l’affirmait Michel Lussault dans Libération.

Cette remarque si juste vise le fait qu’en raison de l’ascendant qu’ont pris les neurosciences sur les sciences humaines, nous sommes enclins à penser que le cerveau est l’alpha et l’oméga du fait humain et que tout le reste en découle. Or, il s’agit d’une épouvantable contrevérité qu’un instant de saine réflexion suffit pourtant à invalider.

Plasticité neuronale et propagande

En effet, vous avez sûrement déjà entendu spécialistes et gogos déclarer avec enthousiasme qu’une des grandes propriétés du cerveau, c’est sa plasticité. Celle-ci est, il est vrai, stratégiquement présentée comme une capacité d’adaptation de manière à nous rendre toujours plus admiratifs de la cervelle. Cette propriété a toutefois un sens premier qui ne doit pas nous échapper : si « plasticité » signifie quelque chose, c’est bien le fait d’être comme de la pâte à modeler, c’est-à-dire, malléable, façonnable, etc.

Or, que fait la pâte à modeler si ce n’est : a) se conformer avec un minimum de résistances aux forces exercées sur elle et b) conserver ensuite la forme résultant des différentes pressions subies ?

Que signifie donc tout cela si ce n’est qu’à l’instar d’une figurine ou d’un objet en pâte à modeler le cerveau est le produit de l’activité humaine et non pas l’inverse ?

Toute activité nécessite en effet l’exercice de fonctions corporelles et mentales qui — au travers de cette répétition que l’on appelle l’entraînement — en viennent à imposer leur trace sur le substrat neural et donc à déterminer l’organisation cérébrale la plus favorable à leur exécution jusqu’à en permettre l’automatisation. Il s’agit du banal processus formation de l’habitude et il n’y a pas de quoi en faire un fromage sous prétexte qu’on peut dorénavant en suivre la piste sur des IRMs.

La même chose se produit avec la formation spontanée de chemins en nature là où des passants circulent régulièrement. Au bout d’un moment, il est vrai, les chemins en question deviennent repérables et guident alors les marcheurs mais ils font cela seulement en tant qu’ils sont la trace de l’activité des marcheurs précédents. Les seuls agents, les seules causes dans l’affaire, sont les marcheurs. Les chemins dans l’herbe sont seulement l’effet, le produit, la trace de leur activité comme les circuits dans notre cerveau ne sont que l’effet, le produit, la trace de notre activité.

Autrement dit, à l’inverse de ce que disait la publicité, l’important n’est pas ce qui est dans la boîte (crânienne) mais tout ce qui va avec la boîte et se trouve grosso modo à l’extérieur, là où s’accomplit l’activité : le corps, l’esprit, les autres, le monde. C’est cela qui fait que l’homme est l’homme et quand bien même le cerveau joue ici un rôle indispensable consistant, d’une part, à permettre des coordinations internes entre nos cycles perception-action puis, d’autre part, à les conserver (comme la pâte à modeler), il n’est pas le divin organe dont on nous chante la gloire à tout propos. Comme disait si bien Woody Allen, il n’est que le deuxième organe préféré de l’homme.

Un apport pédagogique nul

Ceci étant mis au clair, qu’ont à nous apprendre les neurosciences qui pourrait aider à améliorer la pédagogie ? Grosso modo rien ou presque, c’est-à-dire, généralement, de simples confirmations de ce que l’on savait déjà. Cela, sur la base de constats empiriques — le plus souvent à partir d’imagerie cérébrale — présentés comme des vérités supérieures en raison de l’objectivité de la matière neuronale, de la cervelle.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est seulement avec ce critère surfait que les neurosciences ont pu s’annexer une bonne part de la psychologie cognitive — au point que certains croient pouvoir substituer l’une à l’autre — comme si celle-ci avait été jusqu’à présent un territoire peuplé de primitifs comptant pour du beurre.

Même le plus sympathique et le plus respectable des neurologues, Ramachandran, a pu ainsi affirmer sans sourciller qu’avant l’ère des neurosciences, on était dans l’âge de bronze des sciences de l’homme [4] et, en particulier, de la psychologie.

D’infimes rudiments de cette science archaïque permettent toutefois de reconnaître chez Ramachandran comme chez nombre de neuroscientifiques un trait bien caractéristique de l’humain : la propension à la toute-puissance — les anciens parlaient d’hubris — qui porte à généraliser outrageusement ce que l’on croit savoir, c’est-à-dire, le peu de pouvoir dont on dispose. Mark Twain nous en a donné une splendide illustration avec l’idée que : « pour l’homme qui tient un marteau tout ressemble à un clou » !

Nous voyons bien la folie de l’homme au marteau alors que nous acceptons sans frémir ces formes indécentes de réductionnisme qui voient l’homme déterminé par ses neurones quand ce n’est pas par ses gènes ou je-ne-sais-quoi d’autre pour la seule et unique raison qu’il s’agit de choses matérielles, donc des causes bien identifiées, contrairement aux causes mentales.

Nous acceptons que ces dernières découlent des premières de sorte que tout ou presque semblant avoir une origine neurale, les connaissances de la psychologie et de la pédagogie se sont trouvées prestement dépecées et réemballées avec un habillage neuronal suggérant que « voilà de la science, de la vraie, de la bonne ! »

Mais c’est surtout de la science « vu à la télé » avec des informations de niveau bisounours comme dans ce reportage de France 2 sur la neuropédagogie dans lequel Edouard Gentaz — devenu depuis membre de notre conseil scientifique de l’éducation — est présenté comme « le grand spécialiste du cerveau des tout-petits » [5] pour mieux nous expliquer que « le grand défi pour les enfants de grande section maternelle est de comprendre le lien entre la forme visuelle d’une lettre — qui est traité dans les zones visuelles — avec le son correspondant — qui sont traités dans les zones auditives. » Et le scientifique de nous expliquer : « Pour faciliter cette association on rajoute le toucher de cette façon à améliorer cette connexion entre la forme visuelle de la lettre et son son correspondant. »

Vous avez compris ? Pour faciliter l’association, on ajoute quelque chose qui améliore la connexion. Il fallait y penser ! Depuis Molière et les vertus dormitives de l’opium, on n’osait plus de telles lapalissades.

Ce qu’il faut comprendre ici, c’est que, comme à l’accoutumée, notre spécialiste s’en est tenu à l’incantation classique ou, aussi bien, l’induction hypnotique « ça se passe dans le cerveau » [6] (voir les passages mis en italiques) et que, comme d’habitude ceci est censé tenir lieu d’explication alors que, chacun peut le constater, il n’y en a ici aucune.

 Celui qui la cherche aura tôt fait ici de revenir à la déjà vieille notion psychologique de multimodalité sensorielle — si judicieusement mise en avant par Maria Montessori dans sa pédagogie active voici plus d’un siècle — dont l’étude a permis de constater que l’accord de différentes modalités sensorielles donnait une perception et surtout une représentation de l’objet plus stables, notamment lorsque la dimension motrice se trouve impliquée. [7] A priori, la seule chose que pourront faire les neurosciences c’est corroborer ces études — les anciennes comme les récentes — par des observations en imagerie médicale et tenter de s’en accaparer le mérite comme elles ne cessent de le faire depuis leur avènement.

Un apport thérapeutique nul

Pour mesurer le niveau de l’arnaque que cache cette OPA[8] des neurosciences sur la psychologie, on peut aussi porter attention à une des vitrines majeures des neurosciences : la galaxie des dysmachins.

Prenons le cas de la dyslexie. Mis à part leur omniprésence dans les discours, qui peut citer une contribution réelle et sérieuse qu’auraient faite les neurosciences au traitement de ce trouble ? D’aucuns diront que c’est vraiment là de la mauvaise foi de ma part mais pourtant, en dépit de décennies passées en tant que psychologue dans la recherche et dans l’Education Nationale, je n’ai personnellement jamais rien rencontré de significatif sous ce rapport.

Nous savons que la dyslexie est un trouble dont on peut trouver des marqueurs neurologiques MAIS cette connaissance — outre qu’elle ne nous fournit a priori aucune explication sur les causes véritables du trouble [9] — ne nous est d’AUCUNE UTILITE, c’est-à-dire, qu’elle n’a aucune incidence sur la prise en charge. Ni le diagnostic ni le traitement ne nécessitent de faire référence à des aspects neuronaux. Seuls comptent 1) les déficits fonctionnels (la faiblesse de la performance dans telle ou telle tâche) constatés par les différents tests orthophoniques auxquels le sujet est soumis et 2) les stratégies de remédiation mises en place.

A aucun moment les bilans médicaux, psychologiques et orthophoniques relatifs à un simple trouble dyslexique ne nécessitent un IRM ou toute autre évocation de la cervelle. Celle-ci peut d’autant plus rester dans sa boîte noire que les neurosciences ne sont PAS CAPABLES de susciter directement les changements de circuiterie neurale appropriés. Lesdits changements peuvent seulement être constatés après coup, après la mise en œuvre d’un traitement.

Notons que les pharmaciens ont aussi les moyens d’agir directement sur le cerveau mais comme le médicament de la lecture n’existe pas, Big Pharma se contente de nous refourguer des drogues d’appoint. On a ainsi vu des dyslexiques mis systématiquement sous amphétamines (Ritaline ®) sous prétexte que cela les améliorait. Mais à Montpellier notamment, la responsable du centre de référence aurait eu des comptes à rendre à la CPAM relativement à cette pratique d’autant plus discutable qu’elle était par trop systématique.

Quoi qu’il en soit, pour revenir aux choses sérieuses, une fois les difficultés constatées et le diagnostic de dyslexie posé (ou non !) la réponse thérapeutique consiste seulement à ENTRAINER l’enfant là où des faiblesses ont été identifiées. C’est le travail des orthophonistes et depuis des décennies ils s’en acquittent très efficacement. Comme disait Michel Serres « rien ne résiste à l’entraînement », c’est-à-dire, à la mise en activité ou, plus exactement, à la répétition de l’activité sans laquelle il n’est pas d’automatisation, pas d’habituation [10] et donc pas de véritable compétence.

C’est cette activité qui, en s’installant comme compétence nouvelle via sa répétition, a pour effet de renforcer la circuiterie neuronale dont elle se sert. Cette circuiterie peut se trouver ici ou là, peu importe. Cette précision n’est d’aucune utilité pour qui vit dans la sphère humaine, la sphère des fonctions mentales et comportementales.

Conclusion

Le fait de mettre systématiquement en avant des « zones » et des « circuits » comme le font les neurosciences ressemble étrangement à une forme de pensée magique qui, à l’instar des hochets bruyants des sorciers d’antan[11], sert surtout à dire le pouvoir qu’on prétend avoir sur les causes des choses.

Or, nous venons de le voir et il faut y insister, c’est l’activité qui détient le pouvoir, c’est elle qui laisse sa trace dans le cerveau, c’est donc le niveau psychologique, le niveau humain qui est décisif. Les neurosciences devraient laisser en paix les humains en général, les pédagogues et les psychologues en particulier plutôt que chercher à les placer de facto sous leur emprise omnisciente.

Si tant est qu’elles aient un jour quoi que ce soit de sérieux à leur apprendre, ces mêmes humains, ces pédagogues, ces psychologues, tous curieux par nature, viendront sûrement d’eux-mêmes faire leur miel de ces connaissances nouvelles.

D’ici là, inutile de les abreuver d’injonctions du genre « les enseignants doivent savoir qu’il y a trois systèmes cognitifs dans le cerveau. L’un est rapide, automatique et intuitif (le Système 1). L’autre est plus lent, logique et réfléchi (le Système 2). Un troisième système, sous-tendu par le cortex préfrontal, permet l’arbitrage, au cas par cas, entre les deux premiers. »

Depuis quand un enseignant devrait-il se faire un devoir de jargonner et de penser comme les scientifiques ? Alors que le sens commun, avec généralement une prodigieuse économie de moyens, lui donne déjà accès aux concepts utiles, quel besoin y aurait-il de changer les étiquettes sous prétexte que « ça se passe dans le cerveau » ? Qu’ajoute le distinguo « système 1 » et « système 2 » à la classique opposition de l’intuition et de la raison ? Pour le chercheur, je ne dis pas, mais pour l’enseignant, la réponse est rien, absolument rien.

Il y a de bonnes raisons de penser qu’avec les neurosciences au pouvoir, l’éducation va toucher le fond. Malheureusement, avant qu’elle ne rebondisse, on doit s’attendre à ce qu’il y ait toujours davantage de casse, chez les élèves, comme chez les enseignants. Se pourrait-il que le désastre qui s’annonce soit l’occasion de refonder véritablement l’école ?

Quand les pédagogies nouvelles — dont certaines sont centenaires — cesseront-elles d’être des nouveautés pour l’école ? Quand cette institution renoncera-t-elle sa constante macabre qui consiste à fabriquer de l’échec par principe (sic[12] ? Quand sortira-t-elle de l’Ancien Régime auquel elle continue de soumettre les élèves pour proposer une éducation véritablement démocratique, c’est-à-dire, respectueuse de l’élève en tant que sujet et citoyen en formation ? Quand, en somme, les enseignants seront-ils sérieusement formés plutôt qu’envoyés au front comme les poilus de 14 ?

Une multitude de questions vitales sur l’école attendent une réponse depuis décennies, voire même des siècles. Mais nous avons au moins une certitude : les neurones des uns et des autres n’ont rien à voir avec tout cela, ils ne constituent pas un niveau d’observation et d’analyse pertinent pour les grandes questions que l’école doit affronter. Alors, que l’on tourne vite la page de la neuropédagogie et que cesse enfin la ronde des ministres impétueux ou mielleux qui, ne cherchant qu’à faire avancer leur carrière, contribuent avant tout à la déconstruction de l’institution scolaire.

 

[1] Celui-ci ne s’est-il pas piqué de demander à Dehaene s’il était ministre-bis de l’Education ?

[2] On comprendra que si je fais ici usage d’une forme de sexisme inscrite dans la langue ce n’est pas pour la valider mais bien pour dénoncer la fallacieuse valorisation qu’amène l’emploi du masculin.

[3] C’est bien ce qu’ont entendu les principaux intéressés. Voir par exemple cette tribune libre sur Libération.

[4] cf. la préface de son livre Le Cerveau Fait de l’Esprit.

[5] Affirmation de pure propagande car Edouard Gentaz est un psychologue pur sucre, son cursus ne mentionnant pas d’activité de recherche expérimentale basée sur l’imagerie cérébrale, ce dont, pour ma part, je me réjouis en même temps que je me désole car il semble peu enclin à défendre sa discipline face aux visées aussi hégémoniques qu’infondées des neurosciences.

[6] La journaliste enchaînera d’ailleurs avec la formule « Et dans la tête des enfants, ça marche... » Bref, tout se passe comme si tout se passe dans la tête, mettez-vous ça dans le crâne !

[7] Notion dont, au demeurant, Edouard Gentaz est un véritable spécialiste. On lira ainsi avec intérêt un de ses articles sur ce thème.

[8] Vieux sigle boursier qui signifie Offre Publique d’Achat mais veut dire en fait « prise de contrôle. »

[9] Vu ce qui a été dit sur la plasticité neuronale qui donne pour principale fonction à la cervelle d’enregistrer les traces de nos activités.

[10] A entendre au sens de formation d’une habitude.

[11] Nul n’a mieux décrit cela que « le prince de ce monde chez jardin des livres »

[12] Ce que Franc Lepage dénonce avec l’humour fin et dévastateur qui le caractérise !


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150 réactions à cet article    


  • Diogène diogène 25 janvier 11:12

    « Les neurosciences devraient laisser en paix les humains en général, les pédagogues et les psychologues en particulier plutôt que chercher à les placer de facto sous leur emprise omnisciente. »


    Les psychologues n’ont en effet pas besoin des neurosciences, auxquelles ils ne connaissent rien, pour faire des dégâts considérables dans l’enseignement, la formation professionnelle et la « gestion des ressources humaines ». Leur formation spécifiquement littéraire ne leur donne aucune légitimité à présider aux « orientations » qu’ils dispensent pourtant avec autant de certitudes que le médecins de Molière. Il existe autant de « points de vue » chez les psychologues que chez les écrivains, et les « meilleurs », ceux qui ont le « style » le plus séduisant, ne sont pas les moins dangereux. Confier le parcours et les destinées des enfants à des personnes qui font passer pour une technique d’analyse un ramassis de tests hétéroclites sans fondements revient à s’en remettre à la subjectivité d’un confesseur. 

    L’utilisation d’outils destinés à des traitements de pathologies n’a certes rien à faire dans le domaine de « l’éducation » (qui englobe l’enseignement), mais, de grâce, n’ayez pas recours à la mafia des psys pour étayer votre démonstration sur le danger du recours aux neurosciences.

    • rogal 25 janvier 11:45

      @diogène
      Formation « spécifiquement littéraire », je ne sais. Mais, pour avoir exploré la production de la psychologie dite cognitive, je reste sur l’impression que les psychologues, eux aussi, connaissent l’art d’enfoncer scientifiquement les portes entr’ouvertes.


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 12:27

      @diogène

      Dans quel passage vous semble-t-il que je fais appel à la mafia des psys ?

      Il faudrait pour cela que j’y crois. Or, il existe peut-être une mafia psychanalyste en raison du pouvoir qu’ils ont acquis au cours des décennies avec la complicité des psychiatres mais les psychologues constituent le corps de métier le plus inconsistant qui soit. Ils semblent incapables de se défendre et toujours prêts à vendre leur magnifique héritage pour un plat de lentilles (à la cervelle). Beurk !


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 12:29

      @rogal

      On ne saurait vous reprocher une telle opinion tant est immense le nombre de travaux qui prêtent le flanc à une telle critique.


    • Diogène diogène 25 janvier 12:49

      @Luc-Laurent Salvador


      vous me demandez : 

      « Dans quel passage vous semble-t-il que je fais appel à la mafia des psys ? »


      réponse :

      « Les neurosciences devraient laisser en paix les humains en général, les pédagogues et les psychologues en particulier plutôt que chercher à les placer de facto sous leur emprise omnisciente. »

      vous ne faites pas « appel » à la mafia des psys, mais vous les associez à la mission d’éducation des pédagogues et demandez qu’ils soient protégés des neurosciences !

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 12:54

      @diogène

      Merci de reconnaître que je ne fais pas appel à la mafia des psys.
       
      A mon tour, je reconnais volontiers vouloir protéger les psychologues des visées hégémoniques des neurosciences et il est vrai aussi que je les associe à la mission d’éducation des pédagogues, cela d’autant plus facilement que je suis psychologue de l’Education Nationale.
       
      La question est : voyez-vous un mal à cela ?


    • Alren Alren 25 janvier 13:21

      @Luc-Laurent Salvador

      « Il faudrait pour cela que j’y crois. »

      Il faudrait pour cela que j’y croie (présent du subjonctif).


    • Alren Alren 25 janvier 13:25

      @diogène

      Pour en connaître plusieurs, primaire et secondaire, je puis vous assurer que les professeurs qui sont placés heure après heure face à une classe, ne respecteront pas les consignes venues du ministère si elles leur semblent farfelues et ne correspondant pas à leur expérience de terrain.

      Seuls peut-être des débutants craignant une inspection négative en début de carrière les appliqueront-ils ... et pâtiront de leur effets négatifs.


    • Diogène diogène 25 janvier 13:33
      @Luc-Laurent Salvador

      « cela d’autant plus facilement que je suis psychologue de l’Education Nationale. »


      ... vous m’en direz tant !

    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 14:48

      @Alren

      Merci pour le subjonctif !
      Concernant les réalités de terrain, je les connais et je suis d’accord avec vous.
      De belles politiques, comme celle des cycles n’ont jamais été mise en oeuvre car la plupart des enseignants n’ont jamais intégré ça. Ils ont continué à raisonner en termes de « il n’a pas le niveau pour suivre dans cette classe ». Le cycle ? Késako ?


    • FreeDemocracy FreeDemocracy 25 janvier 21:09
      @Diogène

      c’était d’une évidence....


      enseignant donc ?


      peut-être l’enseignement alternatif aussi.... 

      c’est sur que la SCIENCE opposée à une discipline comme la psychologie c’est amusant car en science il existe des consensus, alors qu’en psychologie ?

      juste pour dire je suis de votre avis c’est cool non ? 2 contre 1 aie aie 

    • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 25 janvier 11:20

      Ne vous affolez pas trop quand même ^^

      Pour compléter, l’avis d’un épistémologue : A. Giordan - Les neurosciences, la grande illusion en éducation (en 3 parties).

      On peut aussi se pencher sur E. Gaspar fondateur de Neurosup.



      • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 12:33

        @bouffon(s) du roi

        Merci pour les articles de Giordan. Pour Gaspar, désolé, j’ai pas pu accrocher...


      • Difficile de lutter contre la tendance générale des individus à vouloir être formaté aux bonheur selon les saint précepte d’une science qui a définitivement cessé de l’être. Voir l’excellent film : Mise à mort du Cerf Sacré. Jusqu’au jour, où la machine apparemment bien huilée finit par être envahier par le retour du refoulé comme dans l’autre fil : Vol au dessus d’un nid de coucous. Ou pire encore, et c’est évidemment le point Goodwin : MEN GELE traduit par : homme gelé.


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 12:36

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          Merci pour les références filmiques. J’irai voir la mise à mort du cerf sacré. A mes yeux, rien que le titre vaut le détour.
          Pour le point goodwin, je l’avais déjà avec « über alles » smiley


        • @Luc-Laurent Salvador


          Vous verrez, vous finirez par avoir une certaine sympathie pour le diable,,..même si la fin du film est ambigüe et se termine magnifiquement par : LA PASSION SELON SAINT JEAN,....

        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 12:50

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          Merci, un homme averti en vaut deux... J’espère ainsi me garder de toute sympathie pour le diable !


        • @Luc-Laurent Salvador


          Le diable n’est pas nécessairement celui que nous imaginons dans la représentation courante. (https://www.google.be/search?q=diable&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwifkIDehvPYAhULIcAKHXZaB7EQ_AUICigB&biw=1280&bih=675#imgrc=nB-uQbxDtvM57M : Il peut aussi à l’inverse être totalement déshumanisé comme par exemple dans le livre de Villiers de l’ISLE ADAM : l’EVE FUTURE. Ou dans le film : METROPOLIS (https://www.google.be/search?q=M%C3%A9tropolis&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwi_8cGyh_PYAhVHJ1AKHUoVC9wQ_AUICigB&biw=1280&bih=675#imgrc=SA31dog9y13_GM :) et se cacher sous l’habit impeccable d’un professeur ou d’un scientifique,....(Mon Oncle d’Amérique. Ou MACRON,...par exemple ;

        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 13:04

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          Je suis bien d’accord avec vous. C’est pourquoi je pense que je réussirai à ne pas le trouver sympathique smiley


        • Choucas Choucas 25 janvier 12:24

          LE PÉDANT GOGOGISME DE LA GOGÔÔÔCHE... A MOURIR DE RIRE :

          http://marthetmarie.lifediscussion.net/t128-arriver-a-un-tel-niveau-d-imbecillite

          Traduisez de bobo de la benêtisation anationale en booba (globish) :
           
          « Je pars comme intervenant en zone proximale de développement pour une autosocioconstruction des savoirs des apprenants, à base d’outils synthético-audiomorpho-programmables à trous mais sans mon référentiel bondissant aléatoire pour sphère de diversité. »

           
          seuls 30,7% des dépenses publiques booba de benêtisation sont consacrées aux salaires des enseignants, contre 51% en Allemagne
           

          ça se branle dur le prébendier de gôôôche...


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 12:49

            @Choucas

            Ce qui se passe à l’école pose problème nous sommes d’accord. Le verbiage euphémisant et politiquement correct est envahissant mais contrairement à ce que vous pensez, les élèves ne sont guère protégés des jugements à l’emporte-pièce auxquels s’adonnent, en désespoir de cause, des enseignants aux abois.

            La question n’est plus de savoir à qui refiler la patate chaude mais ce qui doit être fait pour que l’école devienne le lieu des apprentissages et du respect réciproque plutôt que celui de l’échec et de la violence.

            Sous ce rapport, celui de la patate chaude, il me paraît très clair qu’on ne peut la refiler à l’enfant. Les adultes, parents, enseignants, administratifs et politiciens doivent assumer et ne pas se défausser sur le biologique. Trop facile, surtout avec Big pharma en embuscade...


          • Choucas Choucas 25 janvier 13:09

            L’enseignant, dans un parc mutiethniqué, multi-akulti, puriné de 68, est plus qu’un bouffon. Ds la Corée du Sud, au holisme extrême, non. La meilleure école de tous les tps fut celle de Bismarck, avec 80 à 100 élèves par classe. Pas 15 élèves par privilège colonial. Sans civilisation pas d’école.
             
            LA MÉFIANCE INNÉE DE L’ALTÉRITE CHEZ LES ENFANTS
             
            (expérience marrante de sociologie)
            http://www.youtube.com/watch?v=gl6Qu2kpMUM
             
            QI : EFFETS FLYNN ET LYNN
             
            Le QI gagna de 2 à 3 pts par décennie au siècle dernier, effet Flynn, puis vint le gland remplacement et l’effet Lynn : de 1999 à 2009, Boobaland perdit 4 pts de QI !!! Les ethnies les plus intelligentes ont été mesurées : juif ashkénaze (sélection des intelligents par les pogroms...), les asiatiques, les européens. Les QI les plus bas sont dans les pays sahéliens et maghrébins. Ce phénomène de différenciation génétique par la société s’appelle la sélection parentèle d’Hamilton et Price  : Ex, en Europe les fourmis sud américaines, d’origine donc mono-sociétales (une seule fourmilière) se sont différenciés génétiquement en 2 fourmilières (non interchangeables pour les individus fourmis, comme 2 ruches d’abeilles) afin de mettre les 2 sociétés en compétition génétique au sein de la même espèce (créer 2 races). Le film Idiocracy illustre de façon humoristique le phénomène évolutif. Les crétins surpondent, les intelligents font carrière, les civilisations techniques développent le cerveau, les autres la bite (signe de crétinisme chez les grecs et les romains fins philosophes, la bite d’âne...) 75% de la variance économique s’explique par le QI : l’Algérie sous-développée a du pétrole, pas la Corée du Sud sur-développée.
            La Chine a donc un grand avenir au milieu des boobalands.

             
            https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Flynn
            https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/0211738901390-linquietant-recul-du-quotient-intellectuel-2060740.php
            http://www.lepoint.fr/societe/le-qi-des-francais-en-chute-libre-25-07-2017-2145715_23.php
            https://fr.wikipedia.org/wiki/Idiocracy
            https://www.intelligence-humaine.com/qi-par-pays-et-economie/
            http://french.ruvr.ru/news/2015_01_24/Colere-apres-la-publication-dun-tableau-ou-Algeriens-et-Marocains-auraient-le-QI-le-plus-bas-du-monde-5027/
            https://www.youtube.com/watch?v=m0ywzRYSHR0 (bande annonce Idiocracy)
            https://m.youtube.com/watch?v=6lNz5vmKEFA (sélection parentèle, 2ème partie)


          • Choukass 25 janvier 13:46

            @Choucas
            En boobaland les multi-ethnilogistes Jean Roucas disait « A Choucas, Choucas moins un ». C’est comme ça que la déraison devient verbiage. Je verbatim le plus que moi dans la baudruche négrière, parce que je le vaux bien.
            75% du PIB vient du multi culturiste Stallone.


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 14:43

            @Choucas

            Merci pour cette perspective qui ne manque pas de sel mais qui tient quand même toute entière sur une notion, le QI, qui reste malgré tout très discutable quant à l’interprétation qu’on peut en faire.

            S’il faut mettre en avant des différences entre les peuples, je le ferais plus volontiers au niveau des représentations qu’ils ont d’eux-même. Les stratégies K et r, c’est une piste mais beaucoup de facteurs sont à l’oeuvre, le plus marquant étant le modèle étasunien de la famille 2+2+le chien qui, en passant sur les chaînes TV du tiers-monde, viennent changer les représentations anciennes de l’idéal familial. La contagion comportementale, bref, l’imitation des modèles offerts, il n’y a que ça de vrai smiley


          • Choucas Choucas 25 janvier 18:18

            Les américains sont un peuple plutôt religieux, le moins étant le chinois. Les japonais, y a pas plus traditionalistes...
            Le succès américain vient des possibilités du continent, de la technique européenne et du Credo, le capitalisme protestant , Max Weber.
            La guerre indépendance fut déclenchée car la couronne d’Angleterre aimait bien les indiens et ne voulait pas spolier leurs terres...
            Mais ds la mentalité protestante la richesse par le travail est signe de grâce et les indiens ne méritaient pas leur continent, étant des faignasses écolos.
            Et oui, le bobo refuse le matérialisme historique des différences de QI, il se réfugie dans sa spiruatilité bisounoursisque...
             
            « Le degré d’altruisme entre des animaux d’une même espèce est déterminé par la proportion de gènes communs (des colonies d’amibes en lutte antibiotique aux mammifères). Les insectes qui partagent la même reine forment la même société. La sélection naturelle et la société agissent donc réciproquement génétiquement »
             
            La sélection parentèle :
            https://m.youtube.com/watch?v=6lNz5vmKEFA&nbsp ; (2eme partie)
             
            1906 Werner Sombart (Pourquoi l’Amérique n’est pas socialiste)
            2006 (Combattre les inégalités et la pauvreté. Les États-Unis face à l’Europe), le directeur de la recherche économique de Harvard, Alberto Alesina, et son collège Edward Glaeser montrent « la relation fondamentale entre fragmentation raciale et dépenses sociales en pourcentage de PIB », indiquant que plus un pays est fragmenté « racialement », moins les dépenses sociales sont élevées.
             
            http://www.atlantico.fr/decryptage/christophe-guilluy-paradoxe-c-est-qu-aujourd-hui-sont-pauvres-qui-vont-demander-fin-etat-providence-christophe-guilluy-2823113.html


          • FreeDemocracy FreeDemocracy 26 janvier 00:15
            @Luc-Laurent Salvador

            faire votre travail ?

            déjà ça commence par ici.........

            le 119 c’est aussi votre rôle

          • Je me formate juste à une certain respect de l’orthographe :Difficile de lutter contre la tendance générale des individus à vouloir être formatés aux bonheur selon les Saints préceptes d’une science qui a définitivement cessé de l’être. Voir l’excellent film : Mise à mort du Cerf Sacré. Jusqu’au jour, où la machine apparemment bien huilée finit par être envahie par le retour du refoulé comme dans l’autre fil : Vol au dessus d’un Nid de coucous. Ou pire encore, et c’est évidemment le point Goodwin : MEN GELE traduit par : homme gelé.


            • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 13:02

              ERRATUM pour la note 11. J’ai oublié d’actualiser cette note qui référait au livre de Howard Bloom, Le Principe de Lucifer, vol. 1, publié aux éditions Le Jardin des Livres.


              • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 26 janvier 11:12

                @Luc-Laurent Salvador

                Il manque aussi la référence de la citation sur les systèmes 1 et 2 et 3. Il s’agit d’un interview d’Olivier Houdé sur le Café Pédagogique en 2014.


              • Doume65 26 janvier 18:43

                @Luc-Laurent Salvador
                Erratum aussi pour le lien permettant d’écouter la matinale de France Inter. Il n’est pas question dans ce passage de neuroscience, mais simplement de science.
                J’ai écouté cette émission, dans laquelle le journaliste questionnait toujours Dehaene sur les neurosciences. Celui-ci n’arrêtait pas d’expliquer que les neuroscience n’étaient qu’une des sciences voulant être prises en cause par le Ministre, mais le journaliste n’arrivait pas à intégrer cette donnée simple. La preuve de ce que j’avance est les deux vidéos suivantes, sur la même page.
                J’ai peur que Luc-Laurent Salvador (qui reproche aux autres leur pensée réductrice) n’ait pas plus écouté l’invité que le journaliste. Il aurait dû, cela lui aurait évité d’écrire un article basé sur quelque chose de très réduit.

                @lecteurs de ce billet. Prenez le temps de lire et écouter ce qui est dit par Dehaene (merci à Luc-Laurent Salvador pour le lien) et vous verrez que la caricature de l’auteur de cet article est bien grossière.

                J’ajoute que je n’ai aucun à priori ni pour ni contre ces mesures, mais j’avais tiqué très fort lors de l’écoute de cette émission contre le journaliste car il n’écoutait tout simplement pas ce que Dehaene lui disait.


              • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 27 janvier 11:01

                @Doume65

                Merci de me donner l’occasion de souligner que Dehaene, dès lors qu’il accède à ces responsabilités se doit d’être politique sinon diplomate.
                 
                Dès lors, avec une jacquerie scientifique allumée en novembre contre l’omnipotence des neurosciences, que pouvait-il faire d’autre que la jouer « pédale douce » ?
                Evidemment qu’il tente de calmer l’enthousiasme du journaliste qui lui, candide et même idolâtre, dit bien l’air du temps, celui sur lequel Dehaene surfe.
                 
                Là où Dehane se trahit, c’est dans ses paroles, celles-là même que je cite et que je vous invite maintenant à relire pour en bien saisir l’implicite qui s’en dégage et qui se résume à cette idée omniprésente jusque dans l’inconscient collectif : neurosciences = véritable science destiné à remplacer les bricolages fumeux de l’âge de bronze que représentent la psychologie, la pédagogie, etc.
                 
                Bref, avant de crier à la caricature, sachez faire le travail de mise en contexte car c’est lui qui donne accès au sens.


              • Doume65 27 janvier 20:23

                @Luc-Laurent Salvador
                J’essaie de me faire une opinion par rapport aux faits. Je reconnais être très intéressé par les sciences d’une manière générale mais n’ai pas d’apriori dans cette affaire.
                Les faits sont que le ministre de l’Educ.Nat., Jean-Michel Blanquer, a annoncé la création d’un Conseil scientifique chargé de s’intéresser au fonctionnement de l’apprentissage chez les élèves. Il a nommé comme président de cette commission Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France, docteur en psychologie et neuroscientifique. S’il s’est porté sur les neuroscience, il est avant tout psychologue.
                Le conseil scientifique est composé de 21 personnes.
                J’en ai trouvé 5 (en plus du président) qui ont à voir avec les neurosciences :
                - Eléna Pasquinelli
                - Caroline Huron
                - Sid Kouider
                - Nuria SEBASTIAN-GALLES
                - Johannes ZIEGLER

                Nous avons plus des deux tiers de ce comité qui n’étudient pas les neurosciences.
                Par contre, les journalistes ont tous le mot « neurosciences » depuis qu’un petit collectif issu d’un syndicat d’enseignants (Snuipp-FSU), ayant appris la nomination de Dehaene, a écrit au ministre pour lui rappeler que « aucune discipline ne peut légitimement s’imposer aux autres ».

                Nous n’avons donc pour nourrir ce buzz journalistique qu’un simple avertissement plein de craintes (paranoïaques ?) mais aussi de bon sens. Tellement de bon sens qu’aussi bien le ministre que le président ont répondu en substance qu’ils étaient parfaitement d’accord là-dessus.

                Si j’ai faux quelque part, je veux bien être démenti.


              • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 28 janvier 07:04

                @Doume65

                Si vous voulez VRAIMENT réfléchir, alors je vous invite à découvrir chacun des scientifiques qui ont signé l’appel du SNUIPP et à vous demander, après avoir exclu que ce sont des idiots ou des journalistes, qu’est-ce qu’ils pouvaient bien avoir en tête ? Du vent ?


              • Doume65 3 février 11:46

                @Luc-Laurent Salvador
                « qu’est-ce qu’ils pouvaient bien avoir en tête ? »
                Luc Laurent, j’essaie de construire une conversation basée sur des faits. Vous préférez répondre systématiquement par des procès d’intention non étayés. Nous n’arriverons pas à progresser. Ce post sera donc le dernier dans cette discussion devenue inutile. Avec mes regrets.


              • alinea alinea 25 janvier 16:22

                Le but inavoué de l’Homme c’est de prouver qu’il est un bon robot ; quelques cellules en connexion, connaître ces connexions, et le tour est joué !
                Tout cela a commencé au début des années quatre vingt ; beaucoup de mal a déjà été fait... quand est-ce qu’on se mobilise pour leur interdire de nuire, ces tas de nœuds ?
                Bravo pour cet article... jubilatoire tant j’ai trouvé pertinentes vos remarques et judicieuses vos critiques !


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 17:13

                  @alinea

                  Merci pour ce commentaire enthousiaste et très encourageant.
                  Pour ce qui est d’empêcher de nuire, j’ai peur que ce ne soit pas en notre pouvoir.
                  Il est impossible d’avoir raison contre la foule (robotisée ou zombifiée (d’où l’illustration qui montre une cervelle de zombie vanille-framboise smiley)).
                  Il va falloir attendre que la vogue passe, j’en ai peur.


                • alinea alinea 25 janvier 17:43

                  @Luc-Laurent Salvador
                  Oui, en attendant il faut songer à protéger nos petits !! smiley parce que, entre ça et les vaccins, ils sont fort menacés !


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 25 janvier 17:46

                  @alinea

                  Bien d’accord ! Surtout que la liste des dangers est longue. A se demander si c’est bien raisonnable de faire des petits... smiley


                • alinea alinea 25 janvier 20:02

                  @Luc-Laurent Salvador
                  Faire des petits n’a jamais été « raisonnable » ; ce qui le serait c’est bien de construire une société où cela le deviendrait ! smiley


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 26 janvier 02:29

                  @alinea

                  Oui, je suis tout à fait d’accord. Malheureusement, c’est pas demain la veille...

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