Bayrou � ... 8% !
La plupart des instituts de sondage nous pr�sentent un Fran�ois Bayrou fringant, un Fran�ois Bayrou oscillant entre 20 et 24% d’intentions de vote.
De fait, il devient un pr�tendant s�rieux pour le second tour, il appara�t comme celui qui peut d�jouer le match que l’on nous annon�ait, match qui, rappelons-le, devait opposer pour la victoire finale S�gol�ne Royal � Nicolas Sarkozy.
Faut-il pr�ciser que ce match - ce "choix tout fait" comme l’a longtemps qualifi� le leader centriste - nous �tait propos� - pour ne pas dire vendu - par les sondages, les m�mes qui aujourd’hui nous (sur)informent que non, rien n’est jou�, que oui, il est d�sormais envisageable que l’affrontement entre les candidats des deux pr�sum�s partis dominants pourrait ne pas se produire.
Voil� qu’on nous pr�sente un m�nage � trois, avec le sous-entendu croustillant que dans ce genre de situation, il y a, il y aura forc�ment un cocu.
Alors, qui sera le cocu de l’Histoire ?
Qui sera le tendon d’Achille de cette Guerre des Trois ?
Mais l’on peut aussi se poser une autre question :
Actuellement propos�e par la jungle sondagi�re, la Guerre Des Trois aura-t-elle bien lieu ?
Car voyez-vous, s’il est vrai que chaque pr�sidentielle accoucha d’une �tonnante surprise (Balladur recal� en 1995 ou Jean-Marie Le Pen acc�dant au second tour en 2002) ce ne furent pourtant pas les sondages qui par leur science (inexacte) des math�matiques nous la pr�dirent.
Partant de ce constat d’�chec, il nous est possible de sugg�rer que nos instituts de sondage, perp�tuellement remis en question de par leurs projections plus qu’al�atoires lors des pr�c�dents scrutins, aient d�cid� cette fois de se couvrir en pr�-annon�ant cette (maudite) surprise a posteriori inh�rente � chaque �lection.
Seulement voil�, la surprise est a posteriori, et non a priori.
Comme le veut sa d�finition, elle ne peut se pr�voir, sinon, elle perd sa qualit� de surprise.
Pour cette �lection cruciale, l’on pourrait dire que nos instituts de sondage voudraient moins s’en r�f�rer aux math�matiques qu’� la litt�rature, celle de Jacques De Bourbon Busset qui dans "Lettre � Laurence" �crivait :
"Ne rien pr�voir, sinon l’impr�visible."
Seulement voil�, les math�matiques ont la peau dure et l’inconnue retorse.
C’est bien joli de nous "vendre" du Bayrou � 20 ou 24%, mais encore faut-il nous pr�ciser qu’il ne s’agit l� que de chiffres "bruts".
Or, les math�matiques demandent bien plus d’exigence que des donn�es brutes.
Ainsi, il me semble primordial de prendre en compte ce que nos entreprises sondagi�res nomment : la "fermet� du choix de vote" du 1er tour.
En clair, celles et ceux qui � la question :
"Si le premier tour de l’�lection pr�sidentielle avait lieu dimanche prochain quel serait le candidat pour lequel il y aurait le plus de chance que vous votiez si vous aviez le choix entre les candidats suivants :"
R�pondent Bayrou, mais sont s�rs de leur choix.
Si nous prenons comme exemple le barom�tre Ipsos en date du 11 mars 2007 � 10 heures, ils sont 21,5% � r�pondre Fran�ois Bayrou, mais sur ces 21,5% ils ne sont que 38% � �tre s�rs de ce choix.
On mesure alors combien les 21,5% d’intentions de vote en faveur du pr�sident de l’UDF apparaissent d’une grande fragilit� quant � leur socle.
Car 38% de 21,5% �a ne donne que 8,385% d’intentions de vote ferme et a priori d�finitives.
Il n’en va pas de m�me pour les autres concurrents directs de Fran�ois Bayrou.
En effet, sur les 31% attribu�s � Nicolas Sarkozy, 62% se disent �tre s�rs de leur choix.
Ils sont �galement 62% concernant S�gol�ne Royal (25,5% d’intentions de vote) mais le choix est encore bien plus affirm� dans le vote Jean-Marie Le Pen, o� l�, ils se d�clarent �tre s�rs de leur choix � 79% pour un pointage brut de 12,5%.
En corrigeant les valeurs brutes par la fermet� du choix, on obtient alors les chiffres suivants :
1 - Nicolas Sarkozy : 19,22%
2 - S�gol�ne Royal : 15,81%
3 - Jean-Marie Le Pen : 9,875%
4 - Fran�ois Bayrou : 8,385%
Oh ! bien entendu, il n’est pas dit que la campagne progressant, les �lecteurs, o� si vous pr�f�rez les sond�s repr�sentant un �chantillon repr�sentatif de l’�lectorat fran�ais, ne finissent pas par �voluer vers un choix plus affirm� en ce qui concerne le vote Bayrou.
Mais il se peut tout aussi bien que ce soit l’inverse qui se produise.
Et je vous passe les 45% d’�lecteurs qui selon les m�mes sondages n’auraient � ce jour fait aucun choix.
Et donc, en r�sum�, ce qui transpire des sondages actuels, c’est bel et bien que le vote Bayrou est fragile, bien peu assis, et que les 20 � 24% bruts qu’on lui accorde sont avant tout r�duisibles � 8 ou 9%.
En clair, nous sommes actuellement bien plus proches d’un second tour opposant S�gol�ne Royal � Nicolas Sarkozy.
Et n’en d�plaise aux sondages, la surprise, elle, reste � ce jour, impr�visible.
Si surprise il doit y avoir.





