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Accueil du site > Tribune Libre > Bernard-Henri Lévy : « Les Gilets jaunes pourraient bien être la version (...)

Bernard-Henri Lévy : « Les Gilets jaunes pourraient bien être la version française du scénario italien (fusion de la Ligue et des 5 Étoiles) »

Dans une allocution prononcée en clôture de la Convention nationale du Crif, dimanche 18 novembre 2018, le philosophe Bernard-Henri Lévy explique pourquoi les Gilets jaunes ne sont pas, selon lui, l'émanation du « pays réel » qui s'opposerait aux « élites parisiennes déconnectées ».

Son texte, dont on trouvera de longs extraits ci-dessous, a été publié sur le site La Régle du jeu et sur celui du magazine Le Point. Il explique pourquoi la colère, en République, ne saurait avoir tous les droits. Et les très grandes réserves que le mouvement des Gilets jaunes lui inspire.

Le texte, argumenté, presque mesuré, fait appel aux Grecs, à la tradition juive, à Descartes, Nietzsche ou Sartre, et tranche singulièrement avec le message beaucoup plus tranché et manichéen que BHL cherche à faire passer lorsqu'il s'exprime sur Twitter.

Dans un premier tweet, faisant la promotion de son allocution, il associe les Gilets jaunes à Pierre Drieu la Rochelle, un écrivain collaborationniste et fascisant :

Puis, il les associe aux années 1930, c'est-à-dire aux "heures les plus sombes de notre histoire"...

... avant de pointer les récupérations nationalistes de Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, mais aussi de Jean-Luc Mélenchon, qui se dit pourtant internationaliste...

BHL s'enflamme carrément lorsqu'il associe les Gilets jaunes à Dieudonné, au racisme, à l'antisémitisme et à l'homophobie... avant d'estimer que ce mouvement populaire pourrait préfigurer une scénario à l'italienne, avec l'arrivée au pouvoir d'une coalition populiste.

Enfin, dans un dernier tweet, posté ce samedi, le philosophe franchement militant qualifie les Gilets jaunes de Gilets bruns.

Difficile de donner tort à Michel Onfray lorsqu'il écrivait le 19 novembre dernier :

"Passons sur la rhétorique du personnage, il y a bien longtemps qu’il ne pense plus et qu’il ne fonctionne qu’aux anathèmes –peste brune, rouges-bruns, poujadistes, fascistes, nazis, staliniens, pétainistes, vichystes, maurrassiens sont ses arguties préférées pour clouer au pilori quiconque ne pense pas comme lui. BHL a le record mondial du point Godwin ! Chez lui l’insulte a depuis longtemps remplacé toute argumentation digne de ce nom."

Même sur le site de La Règle du jeu, le message subliminal est assez clair. Qui sont, vraiment, les Gilets jaunes ? L'image illustrant l'article répond au titre : les Gilets jaunes seraient l'équivalent des ligues d'extrême droite du 6 février 1934.

Après ce coup bas et cette diabolisation en règle, BHL peut se permettre un peu plus de nuance. Extraits de son allocution devant le Crif :

Je vais vous parler de ce qui s’est passé, hier, en France.
Je vais vous parler des Gilets jaunes – parce qu’il s’agit bien, dans cette affaire, comme dans le titre de votre Convention, de l’idée que l’on se fait de la République.

***

Trois remarques préliminaires.
La première, c’est qu’il s’est, là, incontestablement passé quelque chose.
Les commentateurs ont beaucoup dit qu’un mouvement auto-organisé, sans revendication claire, agrégeant des mécontentements contradictoires, accouche forcément d’un non-événement.
Eh bien, je ne le crois pas.
Car ce schéma (agrégat de revendications, chacun sa colère et, pourtant, tous ensemble…) c’est très exactement ce dont parle Sartre quand il décrit le passage, en particulier chez les sans-culottes de 1789, du « groupe sériel » au « groupe en fusion ».
Et le groupe en fusion, ce groupe où, comme son nom l’indique, les identités, les origines, les intérêts éventuellement contradictoires, fusionnent et forment un seul corps que l’on dirait animé d’une âme et d’une volonté propres, Sartre est très clair là-dessus : c’est le groupe par excellence ; c’est un acteur politique majeur et à part entière ; et son apparition est, presque toujours, le commencement d’un Événement avec majuscule et de longue portée.
Donc, oui, l’apparition des Gilets jaunes est un événement de cette nature.
On peut le tenir pour un événement détestable. Il peut charrier – je vais y venir – des relents politiques et idéologiques qui vous déplaisent profondément. Mais c’est un événement. Et il serait déraisonnable de parier sur le contraire et de le traiter par le mépris.

Deuxième remarque préliminaire.
Ce mouvement est aussi, à l’évidence, un appel de détresse.
Un gilet jaune, tous les automobilistes de France et de Navarre le savent, c’est ce gilet à bandes fluorescentes que la Sécurité routière exige, depuis dix ans, que nous ayons tous dans nos voitures pour, en cas de panne ou d’accident, pouvoir, depuis le bas-côté, rester visible et faire de cette visibilité même un appel de détresse vivant.
Eh bien, il faut prendre au sérieux le fait que les Gilets jaunes aient choisi ce signe de ralliement.
Il faudrait faire une phénoménologie du Gilet jaune comme Sartre faisait une phénoménologie des pantalons à rayures des sans-culottes ou comme Roland Barthes aurait peut-être pu le faire dans une de ses Mythologies.
Et, avant de s’intéresser au fait que les Le Pen et Mélenchon y voient une divine surprise, avant de se demander quelle est la proportion de ces protestataires et laissés-pour-compte qui ont voté, ou qui voteront, pour les deux partis de la France populiste, il faut dire ceci.
Les Gilets jaunes sont des accidentés de la mondialisation.
Ce sont des femmes et des hommes en panne de travail, de reconnaissance, de respect.
Et ce choix du Gilet jaune est une façon de lancer, depuis la nuit des déclassés, un signal de détresse, un appel au secours, un SOS.

Et puis troisième remarque préliminaire : cet appel au secours, ce SOS, il faut impérativement, je dis bien impérativement, et, quelles que soient, encore une fois, les récupérations dont il sera ou est déjà l’objet, l’entendre et le recevoir.
C’est le devoir du pouvoir politique et, d’une manière générale, de ceux que l’on appelle les élites, ou les nantis – en gros, les bobos qui n’ont pas trop à s’en faire pour le prix du diesel puisqu’ils roulent en trottinette dans un Paris qui se convertit, peu à peu, à l’écologie et qui a été, par ailleurs, en grande partie vidé de ses pauvres. (...)
Il faut donc entendre ce sentiment, fondé ou non, d’abandon et de délaissement.
Il ne faut surtout pas dire : « cachez ce peuple que je ne saurais voir ».
Ou : « virez-moi ces Gilets jaunes qui ne sentent pas bon le diesel ».
Le pire, le plus grave et, pour la société tout entière, le plus suicidaire, serait de faire comme si l’on n’avait pas entendu.

***

Alors, cela étant dit, j’en viens à l’essentiel.
J’ignore ce que sera l’avenir de ce mouvement – ni, même, s’il en aura un.
Mais, à toutes fins utiles, je veux, ici, ce soir, formuler trois mises en garde.

La première, c’est qu’à côté de la détresse il y a la colère et que la colère, quand elle entre en politique, devient quelque chose de beaucoup plus compliqué.
Pour le dire vite, il y a des colères magnifiques, généreuses, qui grandissent les hommes et les peuples – et il y a des colères noires, nocives, qui tendent à les abaisser et sont de nature à nourrir ce qu’il y a de pire dans leur mémoire.
La différence ?
Les Grecs avaient deux mots pour dire la colère. Il y avait, d’un côté, la bonne colère qui se disait « orgè » : c’est la colère d’Achille « plus douce au palais que le miel » ; ou c’est celle dont Aristote dit, dans L’Éthique à Nicomaque, qu’elle est « provoquée par l’injustice » – on dirait, aujourd’hui, « l’indignation ». Et vous avez l’autre colère, la mauvaise, qui se disait « thumos » et qui était celle, par exemple, de l’horrible Calliclès de Platon ; ou celle dont Chrysostome expliquera que, si Dieu l’a enfermée dans la cage de notre poitrine, c’est parce qu’elle est « comme une bête féroce qui, sans cela, nous lacérerait » – en langue moderne, cette seconde colère peut se dire « ressentiment ».
Les Juifs, eux aussi, avaient deux sortes de colère qui, traduites dans la langue des Septante, retrouvaient, comme par hasard, les deux mêmes mots grecs. D’un côté, la colère d’Adonaï ; celle des prophètes ; plus tard, celle de saint Paul exhortant les anciens Juifs devenus chrétiens à ne pas « laisser le soleil se coucher sur leur colère » ; en un mot, c’était cette généreuse colère que Nietzsche, dans un passage célèbre d’Aurore, appelle une « sainte colère » et dont il fait vertu aux Juifs, puis aux chrétiens, d’avoir transmis au monde la « sombre majesté » afin qu’elle éclipse la tiède et molle colère de ceux qu’il appelle les courroucés de « seconde main ». Et puis, de l’autre côté, vous avez cette autre colère dont Le Livre des Proverbes dit qu’elle est le fait du « fou » qui « expire tout son souffle » ; celle des Égyptiens qui, au lieu de comprendre du premier coup, comme Aron, qu’on ne peut, en frappant la mer, qu’en faire sortir des grenouilles, frappent, frappent encore, cognent comme des sourds et dont les coups n’ont pour effet que de provoquer un déferlement de grenouilles dans tout le pays ; celle, encore, du roi Hérode décapitant les nouveau-nés de Bethléem ; bref, cette odieuse, cette absurde, cette criminelle colère qui détruit tout, et d’abord l’intelligence et dont le Talmud dit, pour cela, qu’elle est soit un Golem soit un des noms de l’idolâtrie.
Et, quant aux Modernes, il suffit de prendre un grand texte classique comme le Traité des passions de l’Âme de Descartes qui me semble plus subtil, sur ce point, que Spinoza et qui dit, lui aussi, qu’il y a colère et colère. D’abord la bonne, la saine, la juste colère qui – je cite – possède la triple propriété d’être : a) brève ; b) fondée sur l’amour et l’empathie ; c) de nature à élever l’âme qui en est le siège et le sujet. Et ensuite, à l’article suivant du Traité, l’article 202, il y a cette autre colère qui a, selon Descartes, la triple et inverse propriété d’être : a) longue et même interminable ; b) issue, non de l’empathie, mais de la haine de l’autre et, bien souvent, de soi ; c) de nature à assombrir, abaisser et corrompre l’âme du sujet.
Eh bien il en va de même en politique.
Il y a la colère qui élève et il y a la colère qui abaisse.
Il y a la colère qui fait que l’on se veut et se sent plus solidaire, plus fraternel, ouvert aux autres – et il y a celle qui vous enferme en vous-même. (...)
Alors où va, de ce point de vue, la colère des Gilets jaunes ?
Je n’en sais rien. Mais quand je les vois casser, bloquer, s’introduire dans une préfecture et songer à la saccager, quand je vois certains d’entre eux insulter celles et ceux dont la tête ne leur revient pas et incendier des voitures comme on le faisait dans les émeutes de novembre 2005, quand je les entends enfin, quand je les entends vraiment, quand j’entends la tonalité nihiliste de certaines de leurs revendications, j’ai les doutes les plus sérieux.

Deuxième remarque : le peuple.
Est-ce que ce n’est pas, dit-on, le peuple qui s’exprime là ?
Et n’avons-nous pas, en démocratie, le devoir sacré de nous ranger du côté du peuple ?
Eh bien, oui et non.
Et je crois qu’il faut avoir le courage, une bonne fois, de dire et marteler que la démocratie, c’est la souveraineté du peuple, le respect de ses volontés, etc. bien sûr – mais pas seulement.
D’abord, cela va de soi, parce qu’il arrive au peuple de s’égarer et qu’il convient, dans ce cas, de le sanctionner comme on le ferait pour n’importe quel autre souverain.
Mais aussi parce que la démocratie, c’est bien d’autres choses que le seul respect de la voix du peuple majoritairement exprimée. Et ces autres choses, ces autres commandements, ces autres grands principes qui font qu’on vit, non sous un despote, mais en démocratie, le peuple souverain se doit, là aussi et dans la mesure même où il est, je le répète, le Souverain, de les respecter avec scrupule. Par exemple ? Eh bien, par exemple, les droits du reste du peuple et, en particulier, des minorités à exister aussi. Ou l’assurance, donnée à chacun, de ne jamais être mis en position d’apparaître comme un « ennemi du peuple ». Ou encore des principes aussi élémentaires que la possibilité de circuler, de s’exprimer librement ou d’écouter des journalistes à qui il est permis de faire leur travail correctement…
Les Grecs avaient, de nouveau, deux mots différents pour dire « le » peuple. Ils avaient le « démos » qui était le peuple de la démocratie. Et ils avaient l’« ochlos » qui était ce peuple qu’ils disaient informe, animé par l’ubris et semblable à un mauvais souverain avec lequel il n’y avait aucune raison, je le redis, de ne pas être aussi sévère qu’avec les souverains habituels, c’est-à-dire les rois, les tyrans ou les profiteurs du peuple estampillés comme tels.
La pensée juive, c’est la même chose. Elle a le plus grand respect pour le peuple pour autant qu’il n’abuse pas, lui non plus, de sa souveraineté et pour autant, par exemple, qu’il respecte les règles édictées au Sinaï. Mais l’autre peuple, celui qui ne respecte rien que lui-même, celui qui dit « on est le peuple et, parce qu’on est le peuple, on a tous les droits, absolument tous, à commencer par celui d’enfreindre la Loi », eh bien ce peuple-là, chers amis, je me permets de vous signaler que c’est contre lui que se déchaîne la sainte colère de Dieu. (...)
Et, quant à la pensée moderne du politique, elle a toujours pris le plus grand soin, elle aussi, de distinguer entre les mouvements populaires qui contribuent au pacte social et ceux qui, comme dans l’Introduction au Léviathan de Hobbes, le brisent et le rendent, soit caduc, soit invivable. (...)

Un dernier mot.
Ces slogans de « Macron démission » que l’on a entendus un peu partout.
Et ces quelques centaines de Gilets jaunes qui se sont regroupés place de la Concorde et ont tenté d’arriver jusqu’à l’Élysée.
J’ai entendu les commentateurs dire : « c’est incroyable… c’est sans précédent… on n’a jamais vu, de mémoire de Républicain, la foule arriver si près des grilles de l’Élysée… ».
Eh bien, c’est inexact.
Il y a un précédent au contraire.
Il y en a sans doute plusieurs, mais il y en a un qui me vient à l’esprit.
Déjà, une chose.
Ce slogan « à l’Élysée ! » que nous avons entendu toute la fin de l’après-midi de samedi et qu’ont relayé en boucle les chaînes d’information, c’est, en 1879, celui des séditieux qui poussaient le général Boulanger à renverser la République.
C’est celui, dix ans plus tard, des « patriotes », ou des « insurgés », qui encourageaient Paul Déroulède, autre peu recommandable personnage, à franchir le Rubicon, à abroger, lui aussi, la République – et eux furent sur le point d’y parvenir.
Mais le vrai précédent, c’est le 6 février 1934 et ce cortège de Ligards, dont tout le monde sait qu’ils ont tenté d’investir l’Assemblée nationale, mais dont on a bizarrement oublié que, n’y parvenant pas, et rebroussant chemin, ils se sont dirigés vers l’Élysée et se sont proposés de l’investir avec des slogans qui n’étaient pas très différents de ceux des Gilets jaunes d’aujourd’hui.
J’ai retrouvé un texte tout à fait extraordinaire.
C’est, mieux qu’un texte, un reportage paru dans un journal français qui s’appelait Vu et qui relate, minute par minute, ces quelques heures où l’on a prétendu aller chercher le président jusque sous les ors de son bureau.
Et il est signé, ce reportage, d’un écrivain qui vient tout juste d’accomplir sa mue vers le fascisme et qui s’appelle Pierre Drieu la Rochelle.
Je n’ai pas le temps, et c’est dommage, de vous le lire.
Mais il nous mène, ce reportage, place de la Concorde où quelques milliers d’hommes « se noient dans les espaces abstraits de la plus belle géométrie du monde ».
Il raconte « les cortèges », puis les « barricades », qui se forment au niveau du rond-point des Champs-Élysées, puis de la rue Royale, et où se mélangent « bourgeois et jeunes employés », insoumis « de droite et de gauche » et, donc, « des communistes ».
Il montre comment tout ce monde défie les « rangées de cars » postées à la hauteur de l’hôtel de Crillon et « la police tassée et inquiète qui, en un premier temps, semble dépassée par l’événement.
Puis, « le flot » des hommes qui s’engouffrent dans la rue Royale en « se tenant par le bras » et en répétant « nous n’avons pas d’ordres et pas de chefs » !
Puis les mêmes qui, passant de la crainte à l’audace et, chantant La Marseillaise (« bien, d’ailleurs » – note Drieu…), tournent dans la rue du Faubourg-Saint-Honoré où les observe, depuis les trottoirs, « une frange épaisse de curieux et de timides ».
La police « ne bougeant toujours pas », on marche jusqu’au coin de la rue Boissy-d’Anglas, puis jusqu’à la rue de l’Élysée où stationnent, tout de même, « un peloton à cheval et trois ou quatre lignes de gendarmes mobiles ».
Du « quinzième rang » où il se trouve, Drieu a le sentiment de « vivre » alors ce « moment peu croyable », et qui l’exalte au plus haut point, où quelqu’un crie « à l’Élysée ! » et où la foule des insurgés reprend le slogan à pleins poumons.
Et le reportage s’achève avec la charge des forces de l’ordre qui n’eurent pas, il faut bien le dire, le sang-froid de celles d’aujourd’hui et qui l’obligèrent, lui, Drieu, « pris d’une forte trouille », à « refluer vers la rue d’Aguesseau et à « s’engouffrer avec d’autres dans la rue des Saussaies ».
Comparaison n’est pas raison.
Mais si je vous cite ce reportage, si je souligne l’hallucinante similitude, à la fois politique et topographique, entre ces deux scènes qui se situent à presque un siècle d’écart et qu’on croirait survenues le même jour, c’est parce que les murs n’ont peut-être pas d’oreilles, mais que les pavés ont de la mémoire – non moins que les mots, les slogans et les formules, de notre langue.
Quand on crie « à l’Élysée ! » ou « Macron démission ! », quand (« bon enfant » ou pas…) on prétend forcer les grilles du « Palais » où est censé se situer le lieu de tous les pouvoirs, je crois qu’on joue avec le feu – celui de la mémoire et celui de la langue.
La France en est là.
Ce mouvement des Gilets jaunes peut, naturellement, bien tourner et contribuer à cette réinvention de la politique et de la citoyenneté dont nous avons si cruellement besoin.
Mais il pourrait aussi contribuer au repli de la France sur elle-même, au renoncement à sa propre grandeur et à un endormissement des intelligences qui, le plus souvent, enfante des monstres.


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103 réactions à cet article    


  • math math 24 novembre 2018 17:10

    BHL..lui c’est son slip qui est JAUNE devant et troué derrière !


    • Super Cochon 25 novembre 2018 06:40

      @math

      Gilet jaune contre étoile jaune du Grand Israel .

      .

      BHL le criminel de guerre de la Libye et de la Syrie , nous fessant croire que les Dhjadistes étaient des Rebelles démocrates en Syrie afin de semer le chaos pour mieux concrétiser le projet du Grand Israel !

      .

      Rappelez vous des révélations d’Alain Marsaux ex chef du service Antiterroriste qui accusait directement à l’antenne que BHL étaient directement lié à cette guerre !

      .

      https://www.youtube.com/watch?v=p6jLBGWLv3o


    • ASTERIX 25 novembre 2018 10:13

      IMBECILE §§§§ PRETENTIEUX §§§§ CRETIN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

      Pourris de fric gagné par ses conférences minables et PAR LE CUL DE SA FEMME DISJONCTEE

      POURRIS DE FRIC avec datchas et palacesdans le monde entier DU MAROC AU
      au PACIFIQUE EN PASSANT PAR TAHITI


    • Désintox Désintox 25 novembre 2018 10:20

      @math
      Houla ! Le niveau...


    • Alren Alren 25 novembre 2018 17:06

      @math

      Lévy et Cohn-Bendit ne sont rien sans le soutien des merdias qui leur donnent la parole.
      Ce sont des ennemis de l’intérieur comme disait l’autre parlant de l’opposition de gauche.
      Je voudrais bien savoir quel public est venu écouter Lévy !


    • Arogavox 25 novembre 2018 17:13

      Pétitionnons pour exiger un référendum !
         
      Un tel clown ne parviendra pas détourner l’inventivité démocratique et civique d’un peuple en colère contre les injustices et le mensonge institutionnalisés
           
       Une piste, sans doute trop compliquée pour les méprisants, mais que bien des gilets jaunes n’ont eu aucun mal à concevoir ...
       pourrait devenir un nouvel angle d’attaque pacifique, et citoyen, à faire circuler dans les réseaux des ’gilets jaunes’ :
        concevoir une pétition (Web) appelant à un référendum officiel pour la destitution de Celui voire : de ceux) dont le mandat électoral a dores et déjà mené la France à l’opposé de la cohésion sociale, et dont le mépris du peuple pousse à une guerre civile difficile à avouer !


    • Arogavox 25 novembre 2018 18:05

      Pour distinguer le ressenti (les sentiments, l’interprétation des faits) des faits avérés de façon consensuelle, voire officielle,

      je témoigne pour ma part du ressenti personnel inspiré par un vécu factuel (sur plusieurs décennies), et officiellement acté, qui me fait avouer ici que

       je n’ai plus du tout de confiance en la théorique possibilité qu’aurait un citoyen lambda à être défendu par les institutions de la République actuelle.

        N’acceptant pas l’idéologie (ou vérité révélée ?) par laquelle ces institutions ont l’illusion d’œuvrer, malgré moi !!, pour mon bien, 

       mon civisme m’incite à m’incliner et à subir en renonçant à l’illusion de défense proposée par nos détenteurs du pouvoir public, (pas question de laisser croire de mon coté que je marche dans le pigeonnage ambiant  cette apathie devrait plutôt être comprise comme une dérision ultime)

       ce qui ne fait assurément pas de moi, un « anarchiste » ! ...

       par contre, il est hors de question que je néglige le droit et le DEVOIR CITOYEN d’oser exprimer publiquement des doléances dont devraient tenir compte celles et ceux qui prétendent servir la France.


    • ASTERIX 26 novembre 2018 10:36

      @math
      sale maquereau retourne avec ta pute disjonctée dans une des 20 RIADS OU DATCHAS dans le monde du maroc au pacifique !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

      la danse nue et le lobbyisme CA RAPPORTE !!!!!!!!!!!!!!!!!! mieux que LAETICIA HALLYDAY CELINE DION OU BALKANY


    • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 26 novembre 2018 11:11

      @Alren

      Bah c’était au CRIF, le saint des saints des traîtres à leur patrie.


    • Le421 Le421 26 novembre 2018 11:19

      @Alren
      BHL... Le grand philosophe... De mes burnes !!


    • amiaplacidus amiaplacidus 24 novembre 2018 17:13

      Maintenant, l’avis de BHL, pfffft.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 25 novembre 2018 16:52

        @amiaplacidus

        « Maintenant, l’avis de BHL, pfffft. »

        Ce qu’attaque BHL mérite TOUJOURS d’être défendu. Plagiaire comme toujours, il reprend ici le lien entre GJ et la situation en Italie que, comme plusieurs autres, j’ai déja moi-même souligné dans divers commentaires. 

        BHL, comme toujours, n’ajoute que des bêtises à ce qu’il a pris des autres. Inutile de le renvoyer à Sartre, inutile de vouloir lui faire comprendre que les GJ en pensée sont une majorité et incarnent bien la France. 

        L’esprit des GJ va gagner. La seule question, c’est : Facilement... ou avec une extreme violence. ? C’est justement ce qui se passera en Italie qui nous en avertira.

        PJCA


      • Pere Plexe Pere Plexe 25 novembre 2018 17:52

        @amiaplacidus
        BHL est a peu de chose autant légitime à parler au nom des gilets jaunes que Dutroux à parler au nom des victimes de la pédophilie.
        Il suffit de faire abstraction des notions, surement connotées ancien monde, de victime et de bourreau.
        BHL est le chantre d’un système qui justement créé les gilets jaunes, et la caricature de ceux qui en profite.


      • izarn izarn 24 novembre 2018 17:14

        BHL n’a pas tord, sauf que je ne partage pas du tout son analyse sur la Ligue et le RN, 5 étoiles et Mélenchon...

         smiley

        Que BHL se rassure, Mélenchon est en fait son meilleur ami !

        Et Salvini n’est pas autant diabolisé que Marine...

        Peut-etre au niveau du peuple...A condition que Marine et Mélenchon disparaissent, comme l’a fait Bepe Grillo...


        • François Pignon NEMO 24 novembre 2018 17:20

          « L’idole de Saint-Germain-des-Prés
          Bien qu’il écrive avec ses pieds
          A la prétention insensée
          De nous dire ce qu’il faut penser »

          Renaud Séchand – « L’entarté »
          - 2002


          • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 26 novembre 2018 11:12

            @NEMO

            A-t-il seulement lu UN des livres qu’il est supposé avoir écrit, ce fidèle adepte de Pierre Botul ?


          • jjwaDal jjwaDal 24 novembre 2018 17:21

            Pourquoi tendre le micro aux propagandistes qui ont pignon sur rue dans les grands médias pour évangéliser le citoyen ? Un choix personnel ? Des tas d’individus brillants n’y passent jamais et pour cause, ils tiendraient un discours dérangeant pour la caste dirigeante et les bailleurs de fonds des grands médias.

            Celui-ci s’est trompé bien plus souvent qu’il n’a approché la vérité et défend des intérêts qui n’ont rien à voir avec la recherche de la vérité et la sincérité des faits. Il en a le droit et nous le devoir de ne pas l’écouter quoi qu’il juge utile de nous dire...


            • vesjem vesjem 25 novembre 2018 15:03

              @jjwaDal
              Pourquoi tendre le micro aux propagandistes qui ont pignon sur rue dans les grands médias
              parce que les zélus ont libre accès aux merdias


            • Le421 Le421 26 novembre 2018 11:23

              @vesjem
              Vous avez dit « ORTF » ??
              Non Monsieur, pire...
              Bien pire.
              L’ORTF, c’était au grand jour.
              Là... C’est autrement plus insidieux !!


            • vesjem vesjem 27 novembre 2018 17:25

              @Le421
              y compris le choix des sujets abordés et diffusés par la propagande ;
              y compris le chois des dirigeants des grandes institutions et bien entendu des directeurs de chaînes etc...
              mais pour le quidam, tout cela est transparent : il se laisse vivre et diriger (corps et esprit) comme une girouette toujours bien orientée par la propagande de ses maîtres


            • Sergio Sergio 24 novembre 2018 17:48

              Quand les LSD* portent un Gilet Jaune, BHL, son slip jaunit !

              * Les sans-dents


              • Désintox Désintox 25 novembre 2018 10:21

                @Sergio
                Devant de tels arguments, on ne peut que ’incliner !


              • Jonas 24 novembre 2018 18:06

                « Puis, il les associe aux années 1930, c’est-à-dire aux »heures les plus sombes de notre histoire« 

                BHL est adepte du messianisme juif, un courant politico-religieux visant la destruction de l’Europe chrétienne et des identités nationales avec comme arme la Shoah et l’Islam pour fonder un monde sans frontières de nomades, métissé, gouverné par des élites juives, avec pour capitale mondiale Jérusalem. il explique par exemple qu’il faut  »réduire le caquet au coq gaulois« ,  »être Juif, c’est être une escorte silencieuse et secrète pour les autres peuples et les autres nations« ,

                Dans son livre »l’idéologie française« , véritable déclaration de haine contre la France et les Français, BHL s’attaque à l’Europe des nations (sauf Israël, bien sûr) et contre la France :
                 »Tant et tant de textes enfin, d’innombrables articles et discours de Vaillant-Couturier, mais d’autres aussi, j’y reviendrai, retrouvent les accents du chauvinisme le plus éculé, parfois même de la xénophobie la plus ignoble, pour chanter la gloire de Jeanne-la-paysanne, glorifier l’honneur et le parfum de nos terroirs, fustiger l« anti-France » aussi et le cosmopolitisme dissolvant des intellectuels bourgeois. Ce qu’on a oublié autrement dit, c’est que c’est le pays tout entier, de la droite à la gauche, de la gauche à l’extrême-gauche, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, qui, cinq ans avant Pétain, communiait dans le même cri rauque et déjà meurtrier :« La France aux Français ! »
                BHL - « l’idéologie française » p32
                Mais bien sûr, pour BHL, on a le droit par contre de crier « Israël aux israéliens ! »


                • Désintox Désintox 25 novembre 2018 10:23

                  @Jonas
                  « BHL est adepte du messianisme juif,, etc, etc. »

                  L’antisémitisme n’est pas une opinion.
                  C’est un délit


                • JC_Lavau JC_Lavau 25 novembre 2018 10:27

                  @100% intox. D’autant que la vaseline, comme tu l’as déjà doctement exprimé, c’est vachement ringard, et que tu connais vachement mieux.


                • Désintox Désintox 25 novembre 2018 10:38

                  @JC_Lavau

                  C’était juste pour vous rendre service.


                • JC_Lavau JC_Lavau 25 novembre 2018 10:51

                  @100% intox. On ne conteste pas ton expertise dans le domaine de l’enculage.

                  D’ailleurs le proverbe prend charitablement ta défense : « On a souvent besoin d’un plus sot que soi ». Mais souvent aussi, on n’en a pas besoin du tout.
                  Seul le CRIF a besoin de toi.
                  Les français au contraire ont besoin de la séparation du CRIF et de l’état.


                • Jonas 25 novembre 2018 12:46

                  @Désintox « L’antisémitisme n’est pas une opinion. C’est un délit »

                  Tout à fait, mais dénoncer le messianisme juif et ses adeptes, un courant politique destructeur de notre nation, n’est pas de l’antisémitisme.


                • JC_Lavau JC_Lavau 25 novembre 2018 12:49

                  @Jonas. C’est surtout dénoncer des agents d’une puissance étrangère.


                • Pere Plexe Pere Plexe 25 novembre 2018 17:58

                  @Jonas
                  C’est tout le paradoxe de cet avocat inconditionnel d’un état criminel raciste et ultra nationaliste !


                • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 26 novembre 2018 11:09

                  @Désintox

                  Faux, petit padawan : 

                  C’est l’expression (publique) de l’antisémitisme qui est un délit : on a parfaitement le droit d’être raciste dans son salon, ça reste une... opinion.

                  Ne vous en déplaise : bon, disons qu’en tout cas, à l’heure où j’écris, c’est encore comme ça dans le code pénal.

                  Mais c’est vrai qu’avec vos semblables, on en arriverait vite au délit d’opinion : seul petit hic, il faudra supprimer cette liberté de la constitution, et la « démocratie » française risque bien d’avoir un peu de plomb dans l’aile.


                • Gollum Gollum 24 novembre 2018 18:22

                  Vous auriez pu vous abstenir de nous fourguer ce discours d’un éminent membre de la France profonde et d’en bas, au discours bassement populiste des membres de son clan les aficionados du CAC40...

                  C’est combien sa fortune déjà ?...


                  • France Républicaine et Souverainiste France Républicaine et Souverainiste 24 novembre 2018 19:31

                    Drieu la Rochelle s’est fourvoyé dans le fascisme, mais il avait le mérite d’être intelligent. BHL s’est fourvoyé dans le luxe et il n’a rien à apporter au peuple. Qu’il reste au frais chez son coiffeur !


                    • France Républicaine et Souverainiste France Républicaine et Souverainiste 24 novembre 2018 19:32

                      De plus Drieu s’est battu dans l’artillerie... BHL a fait son service militaire dans quelle unité ?


                      • zzz'z zzz’z 24 novembre 2018 20:21

                        @France Républicaine et Souverainiste
                        Tsahal ?


                      • aimable 24 novembre 2018 20:46

                        @zzz’z
                        BHL ce représentant spécialiste de la multi -carte , n’ a qu’ un seul pays comme ceux du crif d’ailleurs , et ce n’est pas la France , malgré l’enfumage qu’ils nous font avec les symboles qu’ils exhibent sous notre nez en chantant la Marseillaise .


                      • cétacose2 24 novembre 2018 20:57

                        Les casseurs venus agrémenter la louable action des gilets jaunes ne peuvent être « mandatés »que par des ennemis de notre Marine ,autrement dit les ....(censuré )


                        • cétacose2 24 novembre 2018 21:00

                          BHL ,une des nombreuses causes de la honte d’être français....


                          • aimable 24 novembre 2018 21:12

                            @cétacose2
                            pourquoi avoir honte d’être Français puisque lui ne l’est pas de cœur , il est seulement un français de papiers , il est un étranger vivant chez nous de temps a autre et est seulement français quand il dit des choses déshonorantes pour ne pas faire ombrage a son pays , qui je le répète n’est pas la France .


                          • Désintox Désintox 25 novembre 2018 10:25

                            @cétacose2
                            « BHL ,une des nombreuses causes de la honte d’être français.... »

                            Si vous avez honte d’être français, émigrez.

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