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Accueil du site > Tribune Libre > Café Citoyen : le parlement du peuple

Café Citoyen : le parlement du peuple

Le réseau des cafés citoyens fait son chemin. Le respect de la parole dans le pluralisme , c’est le principe. Une façon de faire vivre le débat démocratique sur des sujets de société.

Le café citoyen est bien plus qu’un « café du commerce ». Depuis une dizaine d’années, l’association Nouvelle Arcadie, qui s’organise petit à petit en fédération, favorise le développement de ces espaces de débat sur des sujets de société. Réhabiliter la politique, au sens noble du terme, voilà l’ambition de ces cafés citoyens qui se déroulent dans des lieux publics. Le premier d’entre eux a été créé à Caen. L’association locale organise des débats chaque mois. A Metz, le café Jehanne d’Arc joue le jeu à fond. Les patrons du lieu participent même au débat ! On compte aujourd’hui une bonne dizaine de cafés citoyens, régulièrement actifs, en France. D’autres cafés citoyens se réunissent de manière irrégulière. D’autres encore sont en projet.

Respect de la parole et pluralisme

La méthode et les principes retenus permettent d’assurer la qualité des échanges : tout citoyen peut s’y exprimer librement et faire évoluer les idées - les siennes et celles des autres. Dans cet espace commun, l’écoute est une valeur reine, il n’y a pas a priori de paroles « d’expert ». Un spécialiste qui se trouve dans l’assistance peut éclairer le débat de façon spécifique. Mais il n’est pas au centre du sujet, ni la référence incontournable. L’humilité est une autre valeur fondamentale.

Préparation et organisation

Le café citoyen se prépare. Les participants choisissent les sujets discutés. Ils votent, à la majorité, le débat proposé pour le rendez-vous suivant. La personne ayant lancé l’idée du sujet retenu est censée préparer une introduction à la discussion. La tenue du débat est assuré par un animateur du café citoyen. Celui-ci prépare le sujet, lui aussi, la plupart du temps ; il distribue la parole et veille à ce qu’on ne coupe pas l’interlocuteur qui parle. L’animateur recadre aussi les débats, autant que possible, grâce à des faits, des éclairages d’actualité, des relances et des questions. Au café citoyen, on peut aussi venir simplement pour entendre les autres. La compréhension mutuelle, le pluralisme et l’absence de prosélytisme sont des règles d’or. Le café citoyen donne lieu à des synthèses et parfois même des propositions nouvelles pour le débat démocratique. « Ici j’apprends des choses et je fais évoluer ma réflexion ; pour moi qui n’ai pas fait de grandes études, c’est une bouffée d’oxygène » raconte un participant désormais fidèle du café citoyen de Metz. La méthode commence à faire ses preuves. Le café citoyen est bien plus un parlement du peuple qu’une conversation de bistrot. Et si c’était ça, aussi, la démocratie ?

Prochain débat à Metz : samedi 18 juillet sur le thème : « quelle place pour la religion dans notre société laïque ? » Rendez-vous au café Jehanne d’Arc, place Jeanne d’Arc à 15h, samedi 18/07.


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10 réactions à cet article    


  • savouret 10 juillet 2009 23:22

    je vous remercie pour vos informations sur les cafés citoyens dont vous mettez bien en exergue les vertus.pourriez vous me dire si a votre connaissance il existe un café citoyen sur la rochelle, car si il s ’avèrere qu ’il y en a un dans ma ville j ’y participerai avec plaisir.

    pourriez vous pour satisfaire ma curiosité me donner le profil sociologique des participants à ces cafés ?les membres des catégories aisées ou moyennes plutot favorisées y sont ils surreprésentés, ?si tel est le cas , ce que je présume, les individus des couches populaires sont ils tout de meme représentés ?




    • Laurent Watrin Laurent Watrin 11 juillet 2009 22:17

      Je vous invite à consulter le site www.cafes-citoyens.fr pour répondre à votre question géographique. Il me semble qu’il y a un café en sommeil à La Rochelle mais n’en suis pas certain.
      En ce qui concerne la sociologie des cafés citoyens, la méthode et la communication des associations locales permettent d’inciter un public très large à venir écouter et débattre. Il est évident que donner la parole à des gens qui n’en ont pas l’habitude demande du temps, de la persévérance. Mais ce ne sont pas forcément les « classes populaires » les plus frileuses, en l’occurence.
      Bien cordialement,
      Laurent Watrin


    • Reinette Reinette 12 juillet 2009 00:53


      J’adhère complètement aux cafés citoyens

      Prochain débat à Metz : samedi 18 juillet sur le thème : « quelle place pour la religion dans notre société laïque ? »


      « sacré » sujet, dites donc ! le débat devrait être animé, vu l’actualité



      notre café/rencontre a fermé depuis environ 6 mois : musique, débats et réunion d’association (la fermeture est due aux voisins qui se plaignaient du bruit !)

      nous pensons créé notre café/débats/réunion, café citoyens donc, mais nous peinons car les locaux sont difficiles à trouver et les loyers très chers à Paris


    • Reinette Reinette 12 juillet 2009 01:04

      à l’auteur,

      en allant sur votre site http://eurocitoyen.blogspirit.com/ on trouve : « site européen du MoDem dans l’Est »



      alors qu’il est rappeler que

      La Nouvelle Arcadie ne met en oeuvre aucun programme politique et s’interdit de présenter des candidats aux élections ; Les Arcadies se veulent être les espaces d’expression de tous les citoyens, ceci afin de préserver l’essence même de notre mouvement.


      une explication peut-être ?


    • Laurent Watrin Laurent Watrin 12 juillet 2009 15:28

      En réponse à Reinette (joli pseudo mais pourquoi se cacher ?) sur la ligne plurielle de la Nouvelle Arcadie. L’association a imaginé se protéger de toute récupération politique en insistant sur le fait que ses membes actifs ne devaient pas mélanger l’activité associative et leur engagement politique éventuel. Comme vous le savez sans doute, on trouve dans les association beaucoup de personnes ayant des convictions politiques... C’est effectivement mon cas. Comme d’autres. faut-il mettre les gens dans des cubes et les enfermer à jamais ? Lorsqu’il m’est arrivé de faire campagne, en tant que candidat, j’ai laissé le « bébé » café citoyen de côté, respectant en cela les règles morales de l’Arcadie. J’ajoute que, à Metz, Nancy ou ailleurs, l’animation des cafés citoyens est le fait de personnes aux engagements multiples et qui d’ailleurs, se relaie. La diversité est assurée, autant que possible. Mais aucun système n’est parfait. Et l’apolitisme n’existe pas si l’on parle de politique au bistrot ! Il y a, dans les associations locales, des gens de tous bords. Ils ne mettent jamais en avant une étiquette. Et cela tient aux règles communes établies dans le cadre des échanges du café citoyen. Ce qui nous distingue d’ailleurs de quelques autres « café-débat » où l’obédiance est univoque et où les redresseurs de tort sont légion, dès que quelqu’un « d’extérieur » (l’ennemi) y vient pointer son nez et sa réflexion...
      Si vous vous intéressez à la relance d’un café citoyen à Paris, prenez contact avec nos amis dans la capitale !
      Amicalement,
      Laurent


    • Gül 11 juillet 2009 01:02

      Bonsoir,

      C’est tentant...C’est à tenter...si c’est d’une qualité patentée...

      Puis-je vous inviter, là :

      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/parlons-peu-mais-parlons-bien-58740

      Seulement pour vous permettre de voir la disparité entre le virtuel et le réel, le régulé et le non-régulé.

      Cordialement. 


      • Laurent Watrin Laurent Watrin 11 juillet 2009 21:01

        La citoyenneté n’est jamais que ce qu’on en fait. Evidemment, en période de crise, et quand un gouvernement centralise beaucoup les pouvoirs et la communication, c’est difficile. Mais la liberté d’expression est possible. Elle ne s’use que quand on ne s’en sert pas, pour reprendre l’exergue d’un hebdomadaire bien connu. La question du vivre ensemble ce n’est pas seulement une affaire économique. En société, l’individu n’est obligé à rien, si ce n’est se conformer à quelques lois qui lui demandent de ne pas empiéter sur son voisin et de payer correctement sa contribution aux affaires publiques. En économie, la division des personnes pour en faire des simples consommateurs, c’est naturellement l’entreprise du commerce en général, comme vous l’exprimez dans votre article, si j’ai bien compris. C’est une réalité. Elle n’est pas gênante en soi. Elle devient embarrassante quand le politique abandonne sa mission. Mais ce n’est pas une vérité absolue qui nous écrase. On peut être à la fois consommateur (raisonnablement) et citoyen, c’est-à-dire intéressé par le débat pour vivre ensemble. Et là, on repose la question de la responsabilité, qui passe aussi par l’éducation (doit-elle être étatique ? c’est une question de vivre-ensemble... ç laquelle je ne réponds pas ici.). En tout cas, « vivre ensemble » ne peut pas, me semble-t-il, être confondu avec la formule « tous ensemble ». Le champ des possibles est plus important et plus source de liberté quand la personne peut s’affirmer dans la société - ce qui suppose une certaine émulation (= concurrence sociale). La soumissions au diktat d’ensemble est a contrario ce qu’il y a de pire, qu’il soit économique, culturel, religieux ou autre. Les valeurs fondamentales de la démocratie ne sont-elles par liberté et la concurrence des idées ? Mais on a tout à fait le droit de considérer que la démocratie est un mauvais système... Notre liberté d’expression le permet !


      • Gül 11 juillet 2009 22:44

        Bonsoir,

        A la lecture de votre post, je crois qu’à l’instar de nombre de contributeurs vous n’avez pas saisi tout à fait l’essence de mon papier.

        Il ne s’agit pas, amha, d’être tous ensemble comme des moutons bêlants, mais d’être ensemble pour évoluer et en premier lieu par la parole libre de chacun. Ce qui peut effectivement se concevoir sous le terme de « démocratie ». Je crois que son juste sens est malheureusement mis à mal actuellement et laisse la porte ouverte aux pires dérives. On peut, entendre, rien à redire là-dessus, mais doit-on accepter l’inacceptable sous le prétexte d’un concept, si idéal soit-il ?

        L’individualisme absolu est-il LA solution dans notre quotidien ? Je veux dire aujourd’hui, mais aussi demain, quand certains parmi nos proches n’y arriveront plus. Même pas à survivre !

        Vous avez lu l’article, fort bien, j’avoue que je l’ai écrit en 5 mn, et il est d’une qualité médiocre, cela explique sans doute le manque de compréhension, mais avez-vous lu les commentaires ?

        Parce que c’est bien là que se révèle le fond de tout un chacun. Caché derrière son anonymat, il peut tout dire jusqu’à l’excès. Et c’est ce qui est particulièrement intéressant.

        Si vous ne l’avez pas fait je vous invite vraiment à lire chaque réaction et à réflechir sur ce qu’elle soutend. C’est édifiant, et pardonnez-moi, mais à mon avis, pas très encourageant dans l’ensemble.

        Maintenant que les idées se posent en concurrence, nous sommes bien d’accord, c’est le but de toute discussion, à condition qu’elle se situe dans un respect mutuel, une écoute pour parvenir à un résultat constructif.
         C’est d’ailleurs sans doute toute la différence entre ces dialogues virtuels et vos « cafés-philo ».

        Cordialement.


      • Laurent Watrin Laurent Watrin 11 juillet 2009 23:39

        Oui, oui, je crois comprendre ce que vous voulez dire. La virtualité exerce une drôle d’attraction qui laisse les paroles et les écrits en l’air et « pour soi », très souvent. C’est vrai. Il y aussi une manière d’exutoire dans les commentaires. C’est comme le courrier des lecteurs etle bureau des réclamations. Cela dit, ce n’est pas une raison pour être pessimiste ! 
        Bien Cordialement
        Laurent


      • Gül 12 juillet 2009 00:11

        Je suis rassurée que nous arrivions à nous comprendre un peu mieux, c’est une bonne chose.

        Je ne suis pas d’une nature pessimiste a priori, disons plutôt que ce que recèlent les profondeurs de l’âme humaine est assez inquiétant et même parfois presque désespérant.

        Cela aurait cependant tendance, malgré tout, à me « booster » encore plus dans cette lutte tranquille qui m’anime, en vue d’un monde meilleur, autant que faire se peut... Vous voyez, je suis pleine de ressources ! : -)

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