Chère orthographe, que reste-t-il de ta grammaire et de ta syntaxe ? Essai de processus de remédiation au sein du Groupe Sup de Co Montpellier Business School
Combat d’arrière-garde diront certains, combat perdu d’avance diront les autres. Pourtant, il est incontestable que la question de la maitrise ou plus exactement du manque de maitrise de la langue française de la part des étudiants de l’enseignement supérieur ne laisse pas indifférent et inquiète largement la communauté pédagogique. La question n’est d’ailleurs pas nouvelle, déjà en octobre 2010, Charles de Saint-Sauveur dans Le Parisien proposait un dossier intitulé « Les facs s’attaquent aux fautes d’orthographe »[1]. Trois ans plus tard, et ce, en dépit d’une réelle prise de conscience et des propos péremptoires et alarmistes de la ministre de l’Enseignement supérieur de l’époque Valérie Pécresse qui n’hésitait pas à qualifier la situation de « bataille de l’orthographe », le problème perdure et il y a lieu de continuer à s’en inquiéter.
Si les universités ont commencé à mettre en place des dispositifs d’identification des faiblesses orthographiques et syntaxiques à destination de leurs étudiants, plusieurs établissements membres de la conférence des grandes écoles[2] ont également pris le problème à bras le corps. Avec quel résultat ?
Le Groupe Sup de Co Montpellier Business School a en effet depuis maintenant trois ans entamé une véritable réflexion globale qui l’a amené à prendre un certain nombre de mesures de nature à intéresser la communauté enseignante.
Un premier constat avait été réalisé dans le cadre du processus d’obtention de l’accréditation internationale[3] dans lequel le Groupe s’était engagé. Ce constat reposait notamment sur un manque d’appropriation des contenus disciplinaires en amont des séances de cours de la part des étudiants des différents programmes de l’établissement[4]. Concrètement, en dépit de la communication de références bibliographiques précises dans les plans de cours, force était de constater que seule une partie des étudiants réalisait véritablement les lectures qui leur étaient préalablement imposées. Comment alors envisager de rendre l’étudiant « acteur de sa formation » si ce dernier ne réalisait pas les prérequis nécessaires à la mise en œuvre d’une pédagogie active basée non sur le caractère magistral de la diffusion de savoirs, mais bien sur un échange que l’enseignant pouvait tout à loisir éclairer de ses travaux de recherche ou de ses expériences professionnelles en entreprise. ?
Aussi, afin d’essayer de rétablir une certaine appétence pour la lecture, la direction générale du Groupe décida la mise en place à la rentrée 2010, et ce, à titre expérimental, d’un séminaire de lecture rapide et efficace de nature à sensibiliser les plus réticents de nos étudiants à l’impérieuse nécessité de renouer avec cet acte fondateur de l’acquisition des savoirs. Ce projet pouvait apparaitre particulièrement ambitieux, car il concernait l’ensemble des étudiants de première année de tous les programmes du Groupe (Bachelor, Master et MBA), soit environ 600 étudiants qui furent bon an mal an amenés à augmenter leur empan et à se réapproprier l’acte de lire[5]. À la rentrée 2011, fut mise en œuvre une nouvelle méthode pédagogique visant à la restitution orale des lectures imposées par chacun des enseignants au tout début des séances de cours. L’objectif clairement avoué de cette méthode, par-delà même la question de la réappropriation de la lecture consistait surtout à amener les étudiants à s’assurer qu’un socle commun de connaissances nécessaires avait été au moins entrevu par eux à défaut d’avoir été pleinement assimilé dès avant le début de la séance de cours. Bien évidemment, cette « innovation pédagogique » ou plus exactement ce dépoussiérage d’une pratique traditionnelle chère à l’enseignement supérieur suscita un certain nombre de critiques et de commentaires auprès des publics concernés. Ce retour imposé à la lecture pour une génération d’étudiants ayant pris plus l’habitude de picorer de l’information deci-delà sur la toile numérique ne traduisait-elle pas aux yeux de la plupart des enseignants du Groupe, façonnés par la culture universitaire, une évidence pédagogique et un juste retour des choses ?
L’année suivante, à la rentrée 2012, une troisième étape fut franchie. Après, la lecture, il semblait évident qu’il faudrait s’intéresser à l’orthographe, les deux éléments étant du reste indubitablement liés. Les étudiants lisent moins ou tout au moins différemment et globalement leur vocabulaire tend à s’appauvrir malgré l’intégration dans les éditions successives du Robert d’un florilège de mots nouveaux qui ne rencontrent pas toujours, il est vrai, l’assentiment des plus réputés de nos linguistes[6].
Cela étant, la jeune génération des néo-bacheliers, bien souvent peu sensibilisés aux questions d’orthographe et de syntaxe se retrouve dans l’enseignement supérieur avec des lacunes dont elle ne soupçonne que rarement l’importance. Cette génération que l’on qualifie souvent de « génération Y » ou de « génération SMS » rencontre d’importantes difficultés en matière de maitrise de l’orthographe. Si le phénomène n’est pas nouveau, il est dorénavant apprécié à sa juste valeur, non seulement par les enseignants qui constatent, souvent de manière désabusée, année après année, l’incroyable déliquescence des pratiques orthographiques chez leurs étudiants, mais également par les entreprises qui en viennent à s’interroger sur les qualités intrinsèques de leurs stagiaires et de leurs jeunes collaborateurs.
C’est du reste ce que confirme Stéphane Reboud[7], directeur du site de Dell à Montpellier à l’occasion d’une intervention auprès d’étudiants de licence 1. Afin de marteler par l’exemple l’ensemble de son discours, le dirigeant d’entreprise présenta non seulement des lettres de candidature, mais également des courriels qui témoignaient a minima d’un manque de relecture ou carrément de maitrise de la part de leurs auteurs.
Il y a là, en effet, un problème récurrent qui ne doit pas uniquement être perçu comme une conséquence générationnelle d’une communication qui privilégie l’immédiateté notamment au travers de l’usage du SMS ou de messages postés sur les différents sites communautaires[8], mais aussi comme la traduction d’une absence de garde-fou ou de sensibilisation sur l’importance de l’orthographe tout au long de la scolarité, notamment dans le secondaire. À titre personnel, j’ai conservé en mémoire les propos d’un étudiant de licence 1, Yannick B. que je venais de pénaliser assez lourdement pour un trop grand nombre de fautes d’orthographe figurant dans une synthèse de quatre pages que lui et ses camarades avaient réalisée à la maison. Avec la plus grande des sincérités, empreinte d’une certaine candeur, ce jeune homme m’avoua qu’à aucun moment de sa scolarité il n’avait été pris en faute et donc sensibilisé à défaut d’avoir été sanctionné pour défaillance orthographique. Danielle Manesse concède pourtant que « L’orthographe est partout. Elle est une apparence qui informe immanquablement toutes les productions d’écrits scolaires et non scolaires »[9]. Néanmoins, en dépit de ce constat, Danielle Manesse de rappeler aussi « qu’entre le début et le milieu du XXe siècle, un quasi-silence témoigne du désintérêt de la plupart de courants de la linguistique pour l’orthographe, au nom du primat de la langue orale sur l’écrit »[10].
Alors, à qui la faute ? Certainement pas aux enseignants de collèges ou de lycées qui doivent bien trop souvent composer avec la réalité du terrain, celles des programmes et des réformes ministérielles. Le très controversé Jean-Paul Brighelli[11] rappelait qu’en 2005, l’association « Sauver les lettres » avait fait refaire à 2500 élèves une dictée donnée en 1998 au BEPC. Les résultats avaient été éloquents puisque 56 % des élèves, en utilisant des critères de notation inchangés, avaient obtenu zéro soit deux fois plus de copies nulles que sept ans auparavant. Et Jean-Paul Brighelli de prophétiser non sans amertume que quatre plus tard, ce chiffre pourrait atteindre 80 %[12]. Une étude similaire, mais à plus grande échelle cette fois, devait du reste pleinement corroborer les propos défaitistes de Brighelli. Cette autre étude visait notamment à comparer les résultats obtenus par deux générations d’élèves des classes de CM2 à la troisième. À dix-huit ans d’intervalle (1987-2005), globalement, le temps d’une génération, un panel d’élèves[13] allait être soumis au même court extrait (83 mots) issu d’un texte de Fénelon[14]. Les résultats allaient se révéler, hélas, particulièrement éloquents puisque sur l’ensemble du panel sondé les élèves de 2005 faisaient 27 fautes contre 16 à leurs homologues de 1987[15]. Danielle Manesse considère que : « l’écart de résultats des élèves de 1987 et ceux de 2005 est en moyenne de deux niveaux scolaires : les élèves de cinquième de 2005 font le même nombre de fautes que les élèves de CM2. »[16] Ce constat pour le moins édifiant semble donner raison aux tenants d’un affaiblissement significatif du niveau général des élèves, notamment en ce qui concerne la maitrise de l’orthographe, car, ne nous y trompons pas, les difficultés perçues pour les collégiens n’ont que bien peu de chances d’être corrigées, sinon atténuées dans les classes de lycées et au moment de l’entrée dans l’enseignement supérieur.
Il y a donc lieu d’essayer de comprendre un état de fait plutôt que de vouloir stigmatiser les responsabilités individuelles et collectives.
Danielle Manesse toujours elle, pose sans doute les bases d’une véritable réflexion. Tout d’abord, l’universitaire s’interroge sur la facilité « d’enseigner l’orthographe aux adolescents dans le contexte de l’école qui est celle de la société d’aujourd’hui ? »[17] La question mérite effectivement d’être posée. En effet, souvent démunis devant les difficultés et parfois même devant l’hétérogénéité de niveau de leurs élèves, les enseignants se trouvent confrontés à une double problématique, celle de leur propre formation, « ridiculement courte »[18] selon Danielle Manesse pour ce qui est des professeurs des écoles et de collèges, mais également au faible temps d’apprentissage dévolu au français et à l’orthographe en particulier dans les différents niveaux[19]. Bien évidemment, les contenus disciplinaires se sont enrichis à de nouvelles matières et il est plus que vraisemblable que l’adolescent de 1987 n’aurait pas fait le poids face à son camarade de 2005 s’agissant de l’usage de l’informatique par exemple. Or, s’il parait tout naturel aux entreprises de pouvoir disposer de collaborateurs pleinement formés aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, maitrisant une ou deux langues étrangères, elles s’attendent également à trouver auprès des jeunes diplômés un niveau de compétence orthographique et syntaxique qui leur permettra de réaliser l’ensemble des documents écrits, qui perdurent n’en déplaise aux tenants du tout numérique dans l’environnement professionnel, en premier lieu les courriels et les traditionnelles présentations PowerPoint. Le 24 mai dernier, un article publié dans Le Figaro avait de quoi faire sourire… jaune, l’ensemble des enseignants, formateurs et autres pédagogues qui contribuent à la formation des jeunes. Le groupe d’assurances April organisait au sein de son siège lyonnais un vaste exercice visant à tester le niveau intrinsèque d’une centaine de collaborateurs en matière de maitrise de l’orthographe. Pendant deux heures et demie, les personnels de l’assureur allaient se confronter à deux cent quarante questions afin d’évaluer leur niveau. Comme le confirme Fabienne Ernoult déléguée générale en charge de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) du groupe April « La relation écrite est primordiale pour une entreprise qui commercialise des services. L'image de la marque ainsi que la confiance de nos clients dépendent de sa qualité. »[20] Si la démarche de cette entreprise a de quoi laisser circonspect, elle s’inscrit aussi dans un questionnement plus général, celui de nombre d’entreprises qui s’inquiètent des conséquences économiques que peuvent avoir les fautes d’orthographe sur l’image institutionnelle de leur enseigne notamment dans des secteurs [banque, assurance et immobilier] qui sont souvent, crise oblige, particulièrement soumis aux affres de la concurrence. Et Pascal Hostachy, cofondateur de Woonoz[21] d’enfoncer le clou en déclarant que « des contrats et courriers commerciaux bourrés de fautes peuvent saper la crédibilité d'un service et faire perdre des clients. »[22] Plus grave, selon le site TextMaster : « 90 % des e-mails envoyés par les entreprises à leurs clients contiennent au moins une faute d'orthographe. […] Un manque à gagner réel en termes d'image et de compréhension du point de vue du client » ; et l’étude de conclure que « le coût de ces fautes d'orthographe pour les entreprises est estimé à plusieurs millions d'euros par an »[23].
Mais le problème ne s’arrête pas là, car ces lacunes patentes se retrouvent également dès avant l’entrée dans l’entreprise dans les candidatures y compris et surtout dans celles des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur. Naturellement, cela a de quoi exaspérer les recruteurs et finit par décrédibiliser fortement les formations et les établissements à l’origine de la délivrance du diplôme. Pascal Hostachy considère du reste que les plus de 40 ans ont un niveau nettement supérieur à celui des moins de 25 ans[24]. Il y a donc là un véritable paradoxe, il est aujourd’hui sans doute plus facile de recruter un collaborateur ayant obtenu un excellent score au TOFEL ou au TOEIC qu’un salarié pouvant se targuer d’un bon niveau en orthographe dans la langue de Molière. De là à y voir une nouvelle marque de la dictature de l’anglais, il n’y a qu’un pas qu’il est cependant facile de franchir tant les écarts peuvent paraitre démesurés. Dans un article d’avril 2010, Caroline Beyer du Figaro relayait les propos de Valérie Guibout, responsable du marché tertiaire chez Adecco qui constatait qu’il était difficile « de trouver des assistantes et secrétaires avec un bon niveau d'orthographe. »[25] Face à cette difficulté la société d’intérim se tourna vers la société Woonoz afin qu’elle réalise à son profit un test d’orthographe dont la finalité à l’instar des traditionnelles évaluations utilisées pour la langue anglaise devait permettre de mesurer le niveau intrinsèque des collaborateurs ou futurs collaborateurs d’Adecco (originellement ce test avait été créé pour les secrétaires et assistantes), mais aussi pour les cadres dont la maitrise orthographique laissait souvent à désirer. Évaluée de 0 à 1000, la certification Voltaire faisait ainsi son entrée dans l’environnement de l’entreprise et son concept allait susciter l’intérêt de plusieurs dizaines d’établissements d’enseignement et notamment dans le supérieur[26]. Par-delà le côté mercantile de ce dispositif, il y a néanmoins une tentative de réponse aux inquiétudes que manifestent de plus en plus régulièrement les dirigeants d’entreprises face à la médiocrité du niveau orthographique de leurs jeunes collaborateurs, et toutes les filières, même celles qualifiées d’excellence sont touchées par cette baisse de compétence. Ainsi, Pascal Brouaye, à l’époque directeur de l'École centrale d'électronique (ECE) de Paris, estimait que « le niveau de certains élèves était insuffisant pour pratiquer le métier d'ingénieur, qui exige la production d'écrits en permanence »[27]. Dans cet établissement comme dans beaucoup d’autres désormais, ont été intégrés des enseignements qui reprennent les bases de la grammaire et de l'orthographe, un comble si l’on considère le pourcentage de réussite au baccalauréat et surtout l’explosion du nombre de mentions (plus de 43,6 % des lauréats de 2013 toutes séries confondues)[28]. Voilà bien là un autre paradoxe que d’avoir un nombre toujours plus important de bacheliers pouvant se prévaloir d’une mention obtenue à leur baccalauréat, mais dont le niveau de maitrise de la langue française nécessite une remise à niveau au moment de leur intégration dans l’enseignement supérieur.
C’est du reste dans cet esprit qu’à la rentrée 2012, le Groupe Sup de Co Montpellier prit la décision d’intégrer dans ses programmes Bachelor (Licence) et Master le passage obligatoire de la certification Voltaire. Cette démarche, nous l’avons vu, visait non seulement à répondre aux difficultés identifiées par le corps professoral en matière de maitrise de l’orthographe, mais également comme un moyen d’apporter une réponse cohérente aux préconisations et autres remarques des entreprises qui emploient année après année des stagiaires ou des jeunes diplômés. L’objectif avoué était de permettre au plus grand nombre de faire figurer une certification Voltaire à 500 points [sur 1000] ce qui correspond aujourd’hui aux attentes minimales des entreprises[29]. Naturellement, ce dispositif débuta en amont par la mise en place d’une évaluation liminaire à l’issue de laquelle allaient être introduits des cours de remise à niveau, en petit effectif pour l’ensemble des étudiants concernés. L’analyse des résultats initiaux se révéla conforme à la logique de correspondance du niveau intrinsèque des étudiants. Ainsi, les néo-bacheliers (licence 1) se retrouvèrent assez largement distancés par leurs camarades de première année du programme grande école (licence 3)[30]. Ces derniers ne sont pourtant que 4 % à avoir obtenu le seuil fatidique des 500 points a minima à l’occasion des évaluations initiales. La note moyenne se situant alors à 325 points. Pour leurs camarades de licence 1, aucun d’entre eux ne réussit à atteindre le score fatidique, l’écart entre les deux promotions se situant autour d’une centaine de points avec un score moyen de 231 points (il est à signaler que le programme Bachelor accueille proportionnellement un plus grand nombre d’étudiants étrangers dont le français n’est pas la langue maternelle, ce qui permet de relativiser un peu ce résultat). Fort de ce constat, les cours commencèrent très rapidement. S’agissant d’un projet pilote il avait été décidé de limiter ce dispositif au seul premier semestre, mais d’accorder plus de temps de formation aux étudiants du Bachelor par rapport à ceux du programme Master en sachant que le passage de la certification se déroulerait entre décembre 2012 et janvier 2013[31] en fonction des promotions concernées.
Les résultats furent particulièrement satisfaisants démontrant ainsi que les séances de formation avaient permis de dépoussiérer et parfois même de se réapproprier les règles d’usage de l’orthographe. Pour la formatrice en charge de la coordination de la préparation, il était important de rappeler l’utilité de l’orthographe dans tous les domaines de la vie et plus particulièrement à court terme pour la rédaction du curriculum vitae et de la lettre de motivation qui accompagnent toutes les démarches de recherche de stages. Par ailleurs, la formatrice rappela également qu’il était important « de changer l’image de l’orthographe dans la tête des étudiants » en créant une sorte de cadre ludique faisant de l’orthographe non pas une contrainte, mais une plus-value incontestable notamment pour leur futur professionnel.
À l’issue du passage de la certification, il est intéressant de signaler que l’objectif initial a été largement atteint. Les résultats se décomposant de la manière suivante : 77 % des étudiants du programme grande école auront désormais la possibilité de faire figurer leur score (supérieur ou égal à 500 points) sur leur curriculum vitae[32]. Ces résultats témoignent non seulement de la progression générale de l’ensemble de la promotion qui a vu son niveau s’accroître considérablement (la moyenne se situant à 583 points soit une progression significative par rapport au score initial). De plus, ils se situent bien au-delà des résultats nationaux pour cette même certification puisque seulement 37 % des candidats pourront se prévaloir des 500 points nécessaires pour faire figurer la certification sur leur curriculum vitae. Par ailleurs, ces résultats nous ont permis aussi de nuancer la vision d’une déliquescence programmée et irréversible de l’orthographe puisque près de 10 % des étudiants du programme grande école ont obtenu un niveau supérieur ou égal à 700 points ce qui témoigne dans leur cas d’une excellente pratique et maitrise des règles d’orthographe[33]. À titre plus anecdotique, c’est une étudiante guyanaise, titulaire d’un baccalauréat économique et social mention bien, suivi d’un DUT Techniques de commercialisation qui obtint le meilleur résultat avec un total impressionnant de 895 points.
Pour ce qui est des étudiants issus du baccalauréat, les résultats demeurent pour le moins encourageants. C’est du reste sur cette dernière promotion qu’il y a lieu de tirer un maximum d’enseignements. 93 étudiants[34] furent ainsi soumis à l’exercice de l’évaluation. Parmi eux, 49 obtinrent les résultats escomptés à la certification soit un peu plus de 52 % des candidats. Le score moyen pour ces étudiants en licence 1 se situant à 492 points, l’écart s’est donc maintenu avec leurs homologues du programme master en dépit d’un plus grand nombre de séances de travail. Cependant, le pourcentage de néo-certifiés se situe également au-dessus de la moyenne nationale. La ventilation des résultats témoigne qu’il n’existe pas de différence marquée entre les deux filières générales qui constituent l’essentiel de nos recrutements (à savoir S et ES). Pour ces deux filières, les résultats se situent autour de 56 % de validation. À l’inverse, et ce n’est pas véritablement une surprise, les bacheliers STG se retrouvent plus en difficulté face à cet exercice puisque seuls 27 % d’entre eux obtiennent le score minimal attendu. Alors, poussons l’exercice d’analyse plus avant. Si l’appartenance à une filière générale ne semble pas un élément significatif dans la réussite aux épreuves de la certification Voltaire, l’attribution d’une mention au baccalauréat semble un gage de réussite. Une fois encore les bacheliers de filières générales s’en sortent mieux, cela ne surprendra personne[35]. Si l’on considère les seuls vingt étudiants ayant obtenu une évaluation égale ou supérieure à 600 (ce qui correspond à un score tout à fait appréciable pour des néo bacheliers), il appert que dix-sept d’entre eux sont effectivement titulaires d’une mention obtenue à leur baccalauréat[36]. Chose amusante, parmi les trois étudiants sans mention, se trouve un étudiant sénégalais titulaire d’un titre étranger. Le meilleur résultat pour le Bachelor (L1) a été obtenu par une étudiante titulaire d’un baccalauréat scientifique avec une mention bien et un total approchant les 700 points (695).
Dernier élément d’analyse, il concerne les résultats obtenus par les filles et les garçons. De ce point de vue, l’étude de Danièle Manesse de 2005 avait fait apparaitre un avantage significatif pour les fillettes, avantage que l’auteure traduisait déjà à l’occasion de ses travaux antérieurs réalisés en 1987 : « l’avance des filles sur les garçons est constante de classe en classe en 2005, comme elle l’était en 1987. L’écart est minime en CM2, mais il se creuse par la suite. En gros, les filles comme en 1987 ont une année scolaire d’avance sur les garçons. »[37]Dans notre contexte, la parité n’est pas complètement respectée puisque sur les 93 étudiants ayant passé la certification, 52 sont des garçons contre 41 des filles. En dépit de cet écart relatif, il était intéressant de vérifier si les éléments présentés dans les études Manesse, Cogis et Chervel se vérifiaient pour ce qui était de la première année dans l’enseignement supérieur. Eh bien, oui, puisque 27 de ces demoiselles ont effectivement validé la certification Voltaire. Si l’on pousse l’analyse en établissant un score moyen pour ce qui est de la gent féminine, il est clairement supérieur à celui de son homologue masculin : 530 points contre 460. Quels enseignements peut-on donc en tirer ? Il semblerait que les écarts constatés dans les classes de collège se maintiennent au moment de l’entrée dans l’enseignement supérieur, ce qui est au final assez logique, car les enseignants opérant dans les lycées n’ont ni le temps matériel ni la vocation à corriger les faiblesses identifiées ou pas au cours de la scolarité antérieure.
Expérience originale à l’échelle d’un même établissement puisque pratiquement 550 étudiants ont été concernés par le protocole, ce dispositif en l’état n’est pas dénué d’intérêt sur un plan strictement pédagogique. Cependant, il est bien évident que demeurent trois difficultés qu’il n’a pas été possible de traiter à l’occasion de cette première année d’exercice. Tout d’abord, une certaine forme de cloisonnement inconscient de la part des étudiants qui, bien que sensibilisés à la problématique de l’orthographe ont bien souvent tendance à ne pas ou plus appliquer les règles acquises dans le cadre de la formation une fois passée la certification. Corollaire de l’élément précédent, il est aisé de constater une certaine forme d’inattention chronique de la part d’étudiants qui lorsqu’ils se retrouvent confrontés à des examens écrits semblent ne plus accorder autant d’importance à la qualité de leur écrit, parfois en raison d’une mauvaise gestion du temps de composition (absence ou quasi-absence de relecture), mais aussi parce que les réflexes intellectuels et les garde-fous naturels (ceux concernant le barème par exemple) ne semblent plus jouer leur rôle[38]. Enfin, force est également de constater un manque d’intérêt de la part de certains collègues enseignants, de disciplines dites « nobles » [en l’occurrence, les sciences de gestion] qui ne souhaitent pas traduire dans leurs évaluations l’engagement institutionnel en faveur de la maitrise de l’orthographe. En agissant de la sorte, ces collègues n’encouragent pas leurs étudiants à utiliser les connaissances acquises dans le cadre de la préparation à la certification Voltaire en intégrant systématiquement dans leur barème d’évaluation des points dévolus au respect de l’orthographe et de la syntaxe. L’objectif n’est pas ici de vouloir sanctionner à tout prix, mais bien de créer des automatismes qui amèneront les étudiants par-delà même la formation à faire de la maîtrise de l’orthographe un incontournable de leur parcours dans l’enseignement supérieur et dans leur vie professionnelle future.
À la prochaine rentrée, le dispositif de formation sera reconduit et étendu à l’ensemble des quatre premiers semestres académiques (L1 et L2). Les étudiants se verront donc proposer une formation plus longue qui leur permettra de considérer l’orthographe non pas comme une discipline d’enseignement parmi tant d’autre, mais bien comme un prérequis essentiel auquel ils devront apporter un soin permanent et continu. À terme, il a été envisagé le passage obligatoire de la certification à l’issue de la deuxième année de formation. L’avenir nous dira si les résultats peuvent être corrélés avec l’augmentation des séances de cours. Il serait en outre intéressant d’évaluer l’impact général de cette formation (et donc de la certification) à court et à moyen terme du point de vue de la pérennité des acquis orthographique auprès de nos étudiants.
Encore faudrait-il que la progression constatée au travers de ce processus de remédiation ne soit pas entravée dans les années à venir par une baisse effective et significative du niveau d’orthographe au sortir de l’enseignement secondaire.
Très récemment, la communication des résultats du baccalauréat 2013 m’a amené à m’interroger, sans doute comme beaucoup sur l’utilité du maintien des épreuves du baccalauréat dans leur structure actuelle. Tout d’abord peut-on véritablement se réjouir de la progression de 2,4 points du taux de réussite du baccalauréat par rapport à l’édition précédente ? Avec 86,8 %[39], le ministère de l’Éducation nationale peut effectivement se féliciter de ce record historique. Cependant, si les chiffres se révèlent souvent têtus, ils masquent aussi une réalité nettement moins prosaïque, celle d’une notation, qui sans être fondamentalement complaisante fait parfois preuve de largesses pour le moins contestables. Ainsi, dès avant la communication des résultats du baccalauréat, une polémique avait éclaté, largement relayée par les médias nationaux. Ces derniers s’étaient fait gorge chaude d’une information selon laquelle les professeurs de français de l’académie d’Orléans-Tours s’étaient vus proposer un barème sur 24 points pour les épreuves orales de français[40]. Face au tollé médiatique soulevé par ces révélations, l’académie par l’intermédiaire de sa chargée des relations presse s’était efforcée bon en an mal an de désamorcer la crise naissante en expliquant qu’il avait été suggéré « non de repérer les carences, les lacunes, mais de reconnaitre davantage les acquis des candidats »[41].
Déjà en octobre 2012, le président de la République s’était prononcé pour une « évaluation positive, simple et lisible valorisant les progrès, compréhensible par tous »[42]. La proposition pouvait paraitre séduisante, mais dans les faits, comment la mettre en œuvre ? L’idée n’est d’ailleurs pas nouvelle puisqu’il avait été évoqué la création d’un livret personnel de compétences (LPC) dont la mise en place semble encore aujourd’hui plus problématique dans les faits. Par ailleurs, les enseignants de quelque niveau que ce soit, n’ont-ils pas déjà l’habitude dans leur quotidien professionnel de procéder de la sorte en encourageant les efforts de leurs élèves ? Alors, que se cache-t-il derrière le discours du Chef de l’État ? Peut-être tout simplement une double réalité, celle du résultat à tout prix[43] et plus réalistement une logique d’économies d’échelle, car le redoublement, du reste souvent contesté pour son intérêt dans l’épanouissement de l’enfant, coûte fort cher à l’État, environ deux milliards d’euros par an[44].
Que doit-on en penser ? Le débat est ouvert et il n’est sans doute pas près de s’achever.
Lionel RIVIERE
Professeur associé Groupe Sup de Co Montpellier Business School
Ancien directeur du programme Bachelor (2008-2012)
[1] Le Parisien – aujourd’hui en France du 4 octobre 2010. Reportage de TF1 du 5 octobre 2010 - http://videos.tf1.fr/jt-20h/2010/quand-les-universites-s-attaquent-aux-fautes-d-orthographe-6090906.html
[2] Des dispositifs visant au contrôle et à l’amélioration du niveau d’orthographe et de syntaxe des étudiants ont été mis en place dans un certain nombre d’établissements membres de la conférence des grandes écoles tant pour ce qui est des disciplines de sciences de gestion que pour les filières ingénieurs. À cet effet, l’école internationale des sciences du traitement des informations (Eisti) de Cergy-Pontoise conditionne l’obtention de son diplôme d’ingénieur aux seuls étudiants qui obtiendront un score à a minima de 500 points à la certification Voltaire. Naturellement, les étudiants en difficulté en première année auront la possibilité de repasser l’examen au cours des deux années suivantes.
[3] L’accréditation AASCB - The Association to Advance Collegiate Schools of Business a été créée aux États-Unis en 1916 et fut délivrée pour la première fois en 1919. Elle compte 681 institutions dûment labellisées dans 50 pays. Actuellement, 20 établissements grandes écoles dans le domaine de la gestion sont titulaires de cette accréditation en France
[4] Le Groupe Montpellier Sup de Co Business School est un établissement de formation créé par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Montpellier en 1897. Il comporte trois programmes de formation : un Bachelor (RNCP) permettant en outre la délivrance d’un diplôme étranger d’une université partenaire ainsi que la licence en management des sciences et technologie de l’IAE de Montpellier (Université Montpellier II), le programme historique Master grande école ainsi qu’un programme Executive MBA titulaire de l’accréditation AMBA. Le Groupe compte plus de 2400 étudiants répartis dans chacun de ces programmes de formation. Il s’appuie sur un modèle associatif avec une gouvernance majoritairement composée de personnalités publiques.
[5] L’évaluation de ce dispositif auprès des étudiants L1 du programme Bachelor a démontré une progression de la vitesse de lecture, notamment au travers du développement de la lecture sélective. Il appert que cette dernière a été multipliée par plus de 3 sans que le niveau de compréhension en soit altéré. Ainsi, sur ce dernier point, le taux de compréhension moyen se situe à 82 % (les tests réalisés avant la formation faisaient apparaitre un taux de compréhension de 79 %). Le seuil à minima se situant à 70 %. Cependant, force est de constater qu’il n’existe pas une analyse concernant les acquis à moyen et à long terme de cette formation qui impose notamment un apprentissage régulier en faisant et refaisant les exercices (les gammes) proposés durant la formation.
[6] Dans l’édition 2014 du Robert de la langue française, ont été notamment introduit : bourrasser, traîneux, chialage, etc.
[7] Stéphane Reboud est également directeur exécutif PME-PMI pour Dell-France.
[8] Pour aller plus loin sur l’importance des réseaux sociaux dans la construction identitaire de la jeune génération on pourra se référer à l’article intitulé « Le concept de tribu : penser les dynamiques relationnelles des Réseaux Sociaux » de Iannis Pledel, chercheur en Sciences de l’information et de la communication - IEP d’Aix.
[9] Danièle Manesse-Danièle Cogis « Orthographe à qui la faute ? », op. cit p. 33
[10] Ibidem op. cit p 27
[11] Jean-Paul Brighelli est agrégé de lettres et l’auteur de plusieurs ouvrages qui n’ont pas laissé indifférente la communauté éducative dans son ensemble.
[12] Jean-Paul Brighelli, « La fabrique du crétin, la mort programmée de l’école » op. cit. p.66-67.
[13] En 1987, 3048 élèves avaient été soumis au texte de la dictée de Fénelon. Ils étaient 2767, donc un peu moins nombreux en 2005 avec un souci de parité relative entre les filles (1415) et les garçons (1353).
[14] Le texte auquel ont été soumis ces jeunes élèves est issu du « Traité de l’existence de Dieu » publié en 1713. Ce texte avait été initialement proposé entre 1873 et 1877 par l’inspecteur général de l’instruction primaire Beuvain d’Altenheim puis soumis plus d’un siècle plus tard (1987) aux élèves des classes de CM2 à la troisième. Il est possible de consulter les détails et l’analyse de cette étude comparative dans l’excellent ouvrage de Danièle Manesse-Danièle Cogis « Orthographe à qui la faute ? », ESF éditeur, 2007
[15] En 2005, chacun des niveaux commettait plus de fautes d’orthographe que la génération précédente.
[16] Manesse-Danièle Cogis « Orthographe à qui la faute ? », op. cit p81. Néanmoins, l’auteure signale que l’âge moyen des élèves de 2005 est un peu moins élevé que pour la génération précédente ce qui s’explique notamment par un recours moins fréquent au redoublement.
[17] Ibidem op. cit p 211
[18] Ibidem op. cit p 218
[19] On pourra se référer à l’analyse réalisée par Danielle Manesse dans la quatrième partie de son ouvrage et plus particulièrement aux pages 202-203
[20] Le Figaro du 24 mai 2013 - http://www.lefigaro.fr/emploi/2013/05/24/09005-20130524ARTFIG00484-les-entreprises-traquent-les-fautes-d-orthographe-de-leurs-salaries.php
Les-entreprises-traquent-les-fautes-d-orthographe-de-leurs-salaries
[21] Woonoz est la société lyonnaise à l’origine de la mise en place de la certification Voltaire.
[22] L’article du Figaro cite également une étude britannique de 2011 qui précise qu’une seule faute d’orthographe peut diminuer de moitié les ventes d’un site de commerce électronique.
[23] L’Expansion-L’Express - http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/les-fautes-d-orthographe-ont-elles-un-cout-pour-les-entreprises_380912.html - Les fautes d’orthographe ont-elles un coût pour les entreprises ? - 17 avril 2013
[24] Le Figaro - Quand l’orthographe devient un critère de recrutement – publié le 25/04/2010 et mis à jour le 14/06/2010 http://www.lefigaro.fr/emploi/2010/04/25/01010-20100425ARTFIG00250-quand-l-orthographe-devient-un-critere-de-recrutement-.php
[25] Ibidem
[26] La société Woonoz, promoteur de la certification Voltaire se targue aujourd’hui de concerner plus d’un million d’utilisateurs (le chiffre est difficilement vérifiable) et plus de 300 établissements partenaires (lycées, universités, écoles d’ingénieurs et de commerce, etc.) Elle compte quelques sociétés concurrentes, mais aussi également des coaches en orthographe. Le secteur en pleine expansion semble offrir des perspectives de profitabilité intéressantes même si la certification Voltaire est parvenue notamment par une communication efficace à s’imposer sur ce segment.
[27] Le Figaro- Quand l’orthographe devient un critère de recrutement – publié le 25/04/2010 et mis à jour le 14/06/2010 http://www.lefigaro.fr/emploi/2010/04/25/01010-20100425ARTFIG00250-quand-l-orthographe-devient-un-critere-de-recrutement-.php
[28] Ministère de l’Éducation nationale - ce chiffre est en augmentation de 4,6 % par rapport à juin 2012.
[29] Le site du projet Voltaire précise ainsi qu’un « niveau 500 » correspond à un niveau d’orthographe professionnel ce qui se traduit par l’aptitude à rédiger des textes élaborés. Ce niveau est ainsi recommandé pour des managers, commerciaux, ingénieurs, techniciens supérieurs, assistants, secrétaires... http://www.certification-voltaire.fr/faqs/a-quoi-correspond-le-score-obtenu-a-la-certification-voltaire.html
[30] Les étudiants de première année du programme Master grande école sont recrutés à partir d’un concours national à l’issue de deux années passées en classes préparatoires ou par admission parallèle après l’obtention d’un diplôme universitaire sanctionnant deux années d’études supérieures après le baccalauréat (DUT, BTS, etc.) sans qu’il n’y ait de différences significatives en ce qui concerne les résultats du test de départ.
[31] Le 14 décembre 2012 devait se dérouler le passage de la Certification pour les étudiants du programme grande école (L3). À cette occasion, le Groupe organisa la plus grosse session de certification Voltaire jamais réalisée en France avec 450 étudiants. Un mois plus tard, ce fut au tour des étudiants du programme Bachelor (un peu moins d’une centaine) à être soumis aux affres de l’évaluation.
[32] En fait 80 % des étudiants du programme grande école ont obtenu a minima 500 points à la certification Voltaire, mais 3 % d’entre eux ont échoué à la dictée ne leur permettant pas de faire figurer leur résultat sur leur curriculum vitae.
[33] Un niveau de 700 points ou plus traduit selon les critères retenus par la certification d’une aptitude à « rédiger des textes qui ont une portée stratégique ou légale », ainsi qu’une aptitude à relire et à corriger les textes de collaborateurs. À partir de 900 points est atteint un niveau d’expertise propre aux métiers liés aux lettres (relecteurs, traducteurs, etc.)
[34] Les 93 étudiants ayant participé à la certification sont globalement issus de trois filières : la filière scientifique : 37 étudiants, la filière économique et sociale pour 43 étudiants et la filière STG pour 11 d’entre eux. Les deux derniers étudiants sont titulaires soit d’un titre étranger reconnu comme équivalence de notre baccalauréat soit d’un baccalauréat STI.
[35] À l’inverse, les bacheliers technologiques, même nantis d’une mention se retrouvent confrontés aux mêmes difficultés que ceux n’ayant pas obtenu de mention. Sur les quatre bacheliers STG titulaires d’une mention, seule une étudiante a obtenu un score supérieur à 500 points (578).
[36] Sur les 36 bacheliers sur 93 titulaires d’une mention, seuls 6 ont échoué à la certification Voltaire.
[37] Manesse-Danièle Cogis « Orthographe à qui la faute ? », op. cit p86. Dans son étude de 2005, les filles étaient légèrement plus nombreuses que les garçons 1415 contre 1352. C’était déjà le cas dans l’étude réalisée en 1987, les fillettes représentaient alors 1560 élèves contre 1488 garçons sur un total de 3048.
[38] À cet effet, l’auteur de cet article, également enseignant dans des disciplines dites de sciences humaines et sociales a constaté une typologie de fautes qui reviennent fréquemment dans les compositions : les fautes d’accord avec le pluriel, les fautes d’accord s’agissant d’un adjectif féminin, les fautes de syntaxe, la mauvaise utilisation de certains mots (méconnaissance du sens), des erreurs d’homophonies, etc.
[39] L’ancien record datait du baccalauréat 2009, il était alors de 86 %. Le taux de 2013 pourrait encore évoluer très modestement avec l’intégration des résultats de la session de septembre destinée à celles et ceux qui se sont trouvés pour d’impérieuses raisons empêchés de composer au mois de juin.
[40] Le Figaro « Des profs de français invités à surnoter les élèves » du 18 juin 2013
[41] Le Point du 18/06/2013 à 22:02 - Modifié le 25/06/2013 à 15:17 - http://www.lepoint.fr/societe/bac-des-correcteurs-invites-a-surnoter-18-06-2013-1682442_23.php
[42] http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/10/09/01016-20121009ARTFIG00689-notes-a-l-ecole-hollande-veut-revoir-le-systeme.php
[43] La secrétaire académique du Snes Emmanuelle Kraemer n’hésitait pas à évoquer « des pressions insupportables […] et une logique managériale généralisée, poussée par l’obsession du classement. »
Le Figaro « Oral du bac surnoté : la parole des enseignants se libère » du 20 juin 2013 http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/oral-du-bac-surnote-la-parole-des-enseignants-se-libere-2218/
Ce que semble confirmer un autre article du Figaro en date du 4 juillet 2013 : « l’an dernier, les moyennes en français de l’académie d’Orléans-Tours ont plongé, ce que les inspecteurs ont déploré dès cet automne, engageant fermement les correcteurs à plus de mansuétude… »
[44] La France possède le taux de redoublement le plus élevé du monde
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