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Chouard se coupe des partis de gauche

Voici la dernière mise au point faite par Etienne Chouard à la « question Soral » que lui a posée une personne du public au début d’une récente conférence-débat qui portait sur les revendications démocratiques des Gilets Jaunes.

Avec tout le respect que j’ai pour Etienne Chouard, l’homme, son travail et sa pensée, je pense qu’il se trompe doublement dans sa réponse.

Tout d’abord, analysons l’argument de fond de sa réponse. Il se décompose en deux parties :

  1. Les personnes racistes ne devraient pas être essentialisées comme telles mais au contraire considérées comme pouvant évoluer dans leurs opinions.
  2. La publicisation du débat argumenté entre racistes et antiracistes devrait permettre de rallier la majorité à la cause antiraciste.

Ainsi, pour Etienne Chouard, il existerait un espace public de pur débat désintéressé, dans lequel les idées pourraient être argumentées de manière contradictoire. Il suffirait de faire advenir cet espace (comment, là est la question) pour que, dans la plupart des cas, se produise un plébiscite des opinions allant dans le sens de l’intérêt commun.

Cette idée est séduisante, mais elle est très critiquable. En effet, force est de constater que l’espace public tel qu'il existe aujourd'hui ne permet pas ce type d’organisation du débat. Malheureusement, dans les démocraties représentatives que nous connaissons en occident, cet espace de confrontation des idées est organisé et structuré par les rapports sociaux de domination (économiques en premier lieu, politiques et enfin médiatiques). Les rapports de domination et les antagonismes entre les intérêts des différentes classes sont tels dans la société que les débats sont en quelque sorte la canalisation de conflits potentiellement générateurs de guerre civile. Les individus ne sont pas a-historiques, ou coupés des rapports sociaux de domination. Les milieux sociaux dans lesquels les idées et les opinions se déploient et se transmettent de génération en génération n’est pas composé d’individus prêts à écouter la bonne parole dans un pur débat argumenté, et ravis à l'idée de changer d’avis après avoir été sincèrement convaincus. Les individus sont des acteurs sociaux et ils ont une histoire, ils grandissent dans des milieux familiaux, dans des classes sociales ayant des intérêts, et ils sont prêts à la plus grande mauvaise foi pour les défendre en imposant leurs idées par tous les moyens. Et cela concerne tout l'échiquier politique. C’est malheureux, mais c’est le jeu des démocraties dites « avancées » à l'heure actuelle. Et l'histoire nous montre que dans un tel système, le pouvoir économique peut mettre un parti raciste aux manettes du pouvoir d'Etat tout en manipulant l'opinion, dans la mesure où ce parti raciste servirait ses intérêts.

Ceux qui critiquent aujourd’hui le jeu des partis politiques dans la démocratie représentative ont toute ma sympathie, mais qu’ont-ils à proposer à la place, à part l'avènement du gouvernement par le Débat ? Car la question est bien de savoir comment passer de la situation actuelle à une situation ou le débat désintéressé deviendrait le lieu des décisions politiques. Comment, si ce n'est par les moyens "traditionnels", comme la lutte sociale, la grève, les élections de partis politiques organisés et prêts à changer un certain nombre de choses, dans le système démocratique tel qu'il existe aujourd'hui, moyens qu'Etienne Chouard a tendance à dénigrer. Si nous parvenons à changer la donne économique, institutionnelle (l'école, par exemple) et médiatique jusqu'à un certain point, alors les avancées démocratiques seront un objectif qui s'imposera de lui-même. L'économie politique, l'histoire et la sociologie nous enseignent que l'inverse (changer la Constitution pour changer les rapports de domination dans une société) est peu probable.

Etienne Chouard avance également d’autres arguments qui peuvent paraître plus superficiels, centrés sur ses rapports supposés avec Alain Soral. Pour résumer, ces arguments sont les suivants :

  1. C’est la personne du public qui pose la question qui ferait la publicité d’Alain Soral.
  2. Etienne Chouard reconnait avoir dit un certain nombre de « conneries » (sans préciser lesquelles) dans le nombre de ses interventions, de ses écrits, etc…
  3. Il n’a parlé qu’une seule fois d’Alain Soral.
  4. Quand on parle d’Alain Soral, on ne parle plus du fond des idées.

Donc, ce qui ressort en premier lieu, c’est que, pour Etienne Chouard, cette question est un piège, en plus d’être de peu d'importance.

Etienne Chouard devrait au contraire comprendre que cette question a de l’importance, ne serait-ce que, justement, parce que les médias ne cessent de le présenter comme un soutien de Soral. Etienne Chouard, après des années de quasi-clandestinité sur internet, arrive brutalement sous les feux des projecteurs médiatiques en étant présenté comme l’un des penseurs des revendications démocratiques des Gilets Jaunes, et il ne serait pas important de laisser croire à l’opinion publique qu’il est proche d’Alain Soral ? Comment Etienne Chouard peut-il penser que cette question n’a pas d’importance ?

Alain Soral est quelqu’un de brillant, qui a eu et qui a encore une certaine audience, mais manque de chance, il est maladivement antisémite et son appartenance et son affiliation à l’extrême droite ne fait plus mystère pour personne (au passage, il expliquait dans l’une de ses vidéos être pour le despotisme éclairé, ce qui est assez éloigné de la démocratie selon Chouard). Si Etienne Chouard s’est planté sur Soral, pourquoi ne le dit-il pas, de manière claire, sans esquive ? Et pas simplement en disant, d’une manière générique : « j’ai dit des conneries », mais en prenant bien le soin de préciser : « j’ai dit des conneries sur Soral, j’ai dit qu’il était un résistant alors qu’il est antisémite, et ça la fout mal » (parce qu’effectivement, ça la fout mal de dire ça).

Ensuite, il est tout simplement faux de dire qu’Etienne Chouard n’a parlé qu’une seule fois d’Alain Soral. Il a fait une conférence avec lui, a mis au moins un lien de son site vers le site de Soral, et il a dit qu’il était un résistant. C’est pas la mer à boire, mais c’est plus qu’en parler une seule fois. Là encore, pourquoi ne pas dire les choses telles qu'elles sont, et ne pas risquer de donner l'impression de la dissimulation ?

La dernière idée avancée par Chouard est qu’en parlant d’Alain Soral, on ne parle plus du fond des idées. C’est vrai, mais alors pourquoi ne pas régler le problème une bonne fois pour toutes et déclarer « je pensais à une époque que Soral était un résistant, mais j’ai découvert que c’est un fieffé antisémite, je me suis trompé sur son compte, à l’époque je l’ai croisé à quelques reprises dans le contexte d’une « dissidence » aux contours flous, maintenant on ne m’y reprendra plus ».

Personnellement, je me fiche de ce qu’a pu déclarer Chouard sur Soral car je connais les idées des deux hommes, et la chasse aux sorcières, fussent-elles des sorcières antisémites, ne me passionne pas. Et je comprends même qu’Etienne Chouard trouve ridicule l’idée de faire un mea culpa public.

Mais cet épisode a tout de même son importance, car

  1. le flou des positions d’Etienne Chouard sur Soral ne peut que desservir les idées qu’il porte et dont il est, qu’il le veuille ou non, un représentant (et desservir le mouvement des Gilets Jaunes par la même occasion, ce qui est une lourde responsabilité).
  2. Par extension, cela empêche un rapprochement de la gauche traditionnelle avec Etienne Chouard, ce qui est là encore grandement dommageable à la propagation des idées sur la démocratie directe, la constitution, etc... (Cf. ce qu'on déclaré un certain nombre de personnalités de gauche comme Franck Lepage sur Etienne Chouard).
  3. Enfin, cet épisode est à analyser en lien avec ce qui a été abordé au début de l'article, à savoir l'erreur idéologique d'Etienne Chouard. En effet, sur cette "affaire Soral" largement construite de concert par les médias et les antifascistes, Chouard est encore une fois tout à fait naïf en pensant que les échanges publics d’idées vont permettre à la vérité sur ses opinions de triompher. On retrouve cette même naïveté dans ses idées sur la Constitution, dont il suffirait de débattre puis de l'écrire pour changer radicalement les choses, alors qu'il resterait à la faire accepter, à la faire appliquer et à la défendre (la meilleure des Constitutions ne fera jamais disparaitre le risque d'un retour du fascisme).

Finalement, ce n'est sans doute pas un hasard si Chouard se coupe ainsi d'une partie de la gauche, car cela témoigne chez lui d'une absence assez fondamentale d'un logiciel marxiste d'analyse de l'histoire politique. La Constitution n'est pas la cause des causes, comme il aime à le répéter, c'est le résulat d'un système de production et de répartition des richesses qui s'auto-entretient par le biais d'institutions pseudo-démocratiques. Le système démocratique que Chouard plébiscite n’existe pas, et la question est de savoir quelles sont les conditions matérielles nécessaires pour qu’il puisse advenir (comme par exemple un meilleur partage des richesses, voire de nouveaux rapports de propriété dans l'entreprise, la possibilité d'une élévation globale et réellement démocratique du niveau d’éducation, une baisse significative des capacités d’endoctrinement des médias de masse, etc…).

Finalement, la question du logiciel politique de Chouard est plus fondamentale que celle de savoir s'il a des accointances avec un Soral, car elle permet la critique d'une idée en apparence très séduisante. On peut même se demander si Etienne Chouard ne se tient pas volontairement à l'écart des milieux traditionnels militants par des proximités douteuses pour ne pas avoir à affronter cette critique fondamentale de son travail, et continuer à penser sans contradicteur, en croyant avoir trouver le principal levier du changement et ainsi se hisser au-dessus de la mêlée.

Ainsi, Chouard ne doit pas permettre que le mouvement des Gilets Jaunes soit grossièrement rapproché d'un personnage antisémite comme Alain Soral, ce qui est finalement une aubaine pour les médias main stream. Une clarification sans esquive de sa position lui éviterait également d'être ostraciser par une bonne partie de la gauche, ouvrant ainsi la voie à une critique constructive de ses idées.


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69 réactions à cet article    


  • Pierre Régnier Pierre Régnier 4 mars 08:18

    L’auteur écrit : "force est de constater que l’espace public tel qu’il existe aujourd’hui ne permet pas ce type d’organisation du débat. Malheureusement, dans les démocraties représentatives que nous connaissons en occident, cet espace de confrontation des idées est organisé et structuré par les rapports sociaux de domination (économiques en premier lieu, politiques et enfin médiatiques)".

    Sans croire qu’il s’agirait d’un remède miracle, mais d’un progrès tout de même important, je pense qu’il faut

    exiger un Service public de l’audiovisuel, sous contrôle populaire, et en étroite relation avec l’Éducation Nationale.


    • kirios 4 mars 08:51

      mathias cohen

      je n’aime pas votre message :

       qu’est ce que c’est la« gauche » si ce n’est ce groupe politique qui au travers de principes que lui seul qualifie de « grands », en déployant le drapeau de la défense de l’opprimé , est un complice actif de la dilapidation du bien public et de sa soumission au fric international .

      tous ces leaders de « gauche » n’étaient ils pas , au même titre que leurs collègues de « droite »des affidés au Bilderberg et au young leaders ?

      la politique de Macron n’est elle pas la suite des politiques de« droite » et de « gauche » ? et son élection n’a t elle pas été portée par la gauche et la droite ?

      je pense qu’on ne peut apprécier Chouard si on persiste à vouloir croire à ce qui , mis à part la période du cnr, n’a jamais été qu’un mythe.


      • mathias cohen mathias cohen 4 mars 09:31

        @kirios
        Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites. Ce n’est pas parce que la gauche de gouvernement, une fois au pouvoir, n’a pas mené la politique escomptée que cela ferait disparaitre l’existence d’une gauche en France et dans le monde, composée de partis, d’associations, de personnalités, etc... et qui peuvent être tout à fait respectables. Par exemple, pensez-vous que Bernard Friot ne soit qu’ « un complice actif de la dilapidation du bien public et de sa soumission au fric international » ? (au fait, il a une carte au PCF). Nier qu’il existe deux grands courants idéologiques me parait quelque peu risqué, en ce qui concerne la perception de la réalité, et même en (ou surtout en) allant chercher Bilderberg et les young leaders à la rescousse. A moins que vous ne soyez de droite et que rêviez de voir disparaitre la gauche, mais alors soyez plus clair et plus direct...


      • Dom66 Dom66 4 mars 13:01

        @kirios
        Je signe avec vous votre commentaire, merci
        donc +++


      • Deepnofin Deepnofin 4 mars 18:25

        @mathias cohen Dans votre article, vous dites si je comprends bien que nombre de gens, donc forcément des acteurs sociaux, ne pourront participer de manière constructive à un débat (pour l’intérêt général) à cause de leur mauvaise foi.
        Et c’est là je crois un point crucial, encore de trop nombreuses personnes tombent dans ce travers : estimer qu’on est sur le vrai / le bon chemin, et que ceux qui s’en écartent font preuve de mauvaise foi. C’est donc un procès d’intention qu’on a tendance à faire, on généralise à tous ceux qui partagent une opinion divergente de la notre, même si on le fait inconsciemment car « c’est pas bien de juger », et on le voit très souvent de nos jours (« c’est des vendus » ou « des menteurs », « des traitres » ou que sais-je encore ).

        Or, à mon avis, tout le monde est globalement de bonne foi : être de mauvaise foi signifierait que l’on comprends la situation, qu’on sait où on va, et que c’est une direction différente de celle que l’on affiche. Et il me semble qu’à part les comploteurs, à part les gens qui sont aux commandes ou ont de l’influence, à toutes les strates que ce soit, et qui donc peuvent mentir sciemment afin de protéger leurs intérêts, leur position, ou les ordres de leurs commanditaires, et bien à part tous ces gens là (qui sont sans-doutes nombreux, mais en bien faible proportion par rapport au peuple), il n’y a que des gens de bonne foi, qui veulent globalement agir pour le bien / comprendre la situation / bref, sont animés de bonnes intentions (et il y a ceux qui ne sont pas de Pouvoir, et qui mentent sciemment pour le Mal commun, mais ceux là sont compromis moralement, donc en grande souffrance intérieures, et je pense relativement rares, bien qu’en augmentation à cause de la situation pourrave).
        C’est, à mon avis bien sûr, la dissonance cognitive qui est à pointer du doigt : chacun en fait, sur plein de sujets différents. Plus on cultive et on chérit une idée, plus on en fait un dogme dont il est difficile de se débarrasser, ce qui accroit graduellement notre dissonance cognitive.

        En d’autres termes, selon ma compréhension : le reproche de mauvaise foi que vous faites aux personnes qui « n’agiraient pas pour l’intérêt commun » (sous prétexte qu’ils seraient « racistes » ? c’est à dire l’étiquette qu’on pose de façon pavlovienne à certains gens, notamment tous ceux qui ont approché de près ou de loin à la sphère de Soral ?), vous pourriez le faire à vous même avec votre défense de la gauche comme valeur salvatrice qui n’a jamais été appliquée : c’est de la dissonance cognitive, puisque tout semble indiquer que les humains partagent globalement en réalité les mêmes valeurs et ambitions (vivre en paix les uns les autres, en harmonie avec la Nature, prospérer et être tranquilles, se sentir libres et s’épanouir), mais que le Pouvoir a toujours fait preuve d’ingéniosité pour diviser le peuple idéologiquement (la fameuse ingénierie sociale, dont ils sont si experts, qu’ils utilisent à fond depuis au moins un siècle alors qu’on s’en rend compte qu’aujourd’hui). Et c’est là que sont intervenus gauche/droite (bien que ça ait des origines historiques concrètes, l’utilisation n’en reste pas moins la même : donner aux gens l’illusion qu’ils sont dans le bon camp, que les autres sont idiots / méchants, afin d’entraver le dialogue et la compréhension au sein du peuple, et donc de favoriser la division, et la diversion sur des sujets autrement + graves et globaux que « l’étiquette politique que j’ai toujours défendu/sur laquelle j’ai toujours craché »). Nos élites sont expertes en manipulation, et avec le libéralisme libertaire, elles ont su nous conditionner pour qu’on s’accrochent à fond à nos dogmes chéris.

        Bref, l’enjeu actuel mène de lui-même la solution : ce n’est pas un enjeu politique, mais l’enjeu de notre évolution individuelle et collective. Le Pouvoir continuera de distribuer ses pilules rouges (pour qu’on comprenne tous que les croyances qu’on a toujours cultivé envers ce Système sont fausses, que ce dernier ment constamment), et le réveil populaire est en train de se faire (Apocalypse = révélations, chacun ouvre les yeux et comprend petit à petit la situation). Au bout d’un certain moment (j’imagine que ça arrivera dans l’année ? En tout cas avant la fin de la prochaine décennie ça j’en suis totalement convaincu, vu l’urgence de la situation et le moteur d’évolution que ça alimente chez nous), le peuple aura suffisamment compris les mécanismes politiques, les manipulations, etc, pour rejeter tout le Système en bloc, et s’unir afin de bâtir son propre monde (on s’affranchira automatiquement de l’argent, qui n’est qu’un cadavre que maintiennent artificiellement en vie les nombreuses personnes qui en vivent directement). Donc, l’évolution du peuple continue, puisque son réveil est inéluctable, et à terme (rapidement) la solution émergera d’elle-même, lorsque le peuple sera suffisamment conscient/mature pour se prendre en main.

        (tout ceci n’est que mon analyse bien sûr, on verra bien ! Mais l’année promet d’être absolument passionnante, du jamais vu dans notre Histoire ;) )


      • capobianco 4 mars 19:26

        @kirios
        «  et son élection n’a t elle pas été portée par la gauche et la droite ? »
        Votre commentaire est à l’image de cette phrase. Pouvez vous citer quels sont les gens « de gauche » qui ont porté macron au pouvoir ? Vous classez à gauche les gens qui ont été la suite de sarko (vals, hollande et tous les transfuges du ps), qui ont mené la même politique et qui sont aujourd’hui aux cotés de macron ? Je pense que seule votre volonté de soutenir le pire président de droite que nous ayons eu peut expliquer vos amalgames.



      • Deepnofin Deepnofin 4 mars 23:52

        @capobianco A t’on déjà connu un Président qui était « mieux » que le précédent ? (dans son bilan sur le coup et retrospectivement parlant, dans l’affect des gens, etc... ) ?
        Tout n’a été que de mal en pis, peu importe l’étiquette, et tout le monde a choppé des désillusions, et seuls ceux qui s’accrochent encore à leurs étiquettes politiques vont continuer d’en prendre (en grossissant le trait bien sûr, car on va tous prendre des désillusions je crois).
        Et ce n’est pas parce que Macron a été élu sur une ligne « ni de droite, ni de gauche » que ceux qui se considèrent « ni de droite ni de gauche » sont dans l’erreur ; c’est plutôt parce que Macron vient du Sommet, que ce dernier a positionné sa ligne comme « ni de droite, ni de gauche » en sachant que c’était dans l’air du temps de défiance globale envers les étiquettes et la politique (le moyen de mettre la France « en marche » malgré le fait que 65% des Français ne croyaient plus en la politique).

        Et des gens de gauche qui ont porté macron au pouvoir, y ’en a pléthore : une assez bonne partie de l’électorat de gauche a voté pour lui, afin de faire barrage contre Marine Le Pen. Les étiquettes entravent la pensée, et j’connais plein de gens qui arborent fièrement leurs étiquettes...


      • mathias cohen mathias cohen 5 mars 10:38

        @Deepnofin
        Tout ce que vous dites est fort intéressant à un niveau individuel (vous faites notamment référence à des concepts de psychologie sociale, comme la dissonance cognitive), mais selon une analyse plus sociologique/économique, la mauvaise foi n’est pas à prendre comme un défaut individuel pouvant être amélioré par de la volonté, c’est une conséquence des intérêts de classe. C’est juste une vision marxiste classique (et qui dit vision marxiste ne veut pas dire forcément idéologiquement de gauche, puisque je vous rappelle que Marx est une des principales références pour les économistes de tous bords) : les rapports de production produisent la superstructure, comme les idéologies, et non l’inverse. Ça remet sacrément en question le libre arbitre, mais connaitre les déterminismes économiques et sociaux reste le meilleur moyen de lutter contre, au niveau collectif et individuel.


      • Deepnofin Deepnofin 5 mars 13:28

        @mathias cohen Merci pour votre compliment ! Concernant le libre-arbitre, je n’y crois plus, car je nous crois entièrement conditionnés par notre cerveau, le contexte de la situation et le Système, bien incapables de faire réellement des choix puisque pour ce faire, nous devrions Savoir, savoir qui on est, où on est, où on souhaite aller... Autrement dit, pour réellement faire un choix, et non le « subir », il faut le comprendre, et l’Humain n’est pas assez évolué (au niveau de sa compréhension de la Vie) pour comprendre, justement, l’essence des choses. Je nous vois comme des kayakistes très inexpérimentés sur une succession de rapides : on peut pagayer ça et là nous donnant l’illusion du choix mais en réalité, on ne ferait que subir le courant. Il me semble que le libre-arbitre représente en fait le facteur d’évolution naturelle de l’individu / du groupe.

        Après, la mauvaise foi ne peut pas être améliorée par de la volonté, puisque cette mauvaise foi indique déjà une volonté. Si quelqu’un est de mauvaise foi, c’est qu’il dit quelque chose qu’il sait être faux afin d’induire en erreur et de protéger ses intérêts... ( en tout cas c’est comme ça que j’interprète la mauvaise foi...). Mais c’est là où je ne pense pas qu’on puisse parler de mauvaise foi pour des « classes sociales », car ça sous-entendrait que l’ensemble de la classe en question sait et ment. Il me semble bien plus pertinent de considérer que (en prenant un exemple concret actuel), la caste politico-journalistique qu’on se trimballe agit principalement comme elle le fait par dissonance cognitive, résultante de l’abysse entre la « réalité du peuple / situation globale » et l’endoctrinement qu’ils ont subit pendant leur formations / communautarisme idéologique / élitisme de classe / peur (avec certaines « élites » qui, elles, sont de mauvaise foi puisqu’elles savent, et je pense notamment à ceux qui se réunissent en secret avec le Siècle, Bilderberg, la FM, etc., ce qui les rend de facto mensongers lorsque après ils parlent de Démocratie, Transparence, Égalité, et disent qu’ils n’ont rien à cacher, etc.). Ainsi, la plupart des « têtes de con qui déblatèrent leurs inepties » agiraient de la sorte, sous des aspects de mauvaise foi, bien sûr en obéissant à leurs supérieurs, mais aussi en y croyant, globalement tout du moins, et donc resteraient plus ou moins sincères, en pleine dissonance cognitive mais sincères quand même (après, on en fait tous, de la dissonance cognitive..., voilà pourquoi je pense qu’elle explique bien des choses actuelles ; et dans votre article, vous parliez de mauvaise foi pour qualifier les personnes que vous jugez « racistes » alors que pour moi c’est juste des gens qui ont légitimement peur et qui font de la d.c. )

        Je ne connais que très superficiellement Marx (comme tout le reste... en l’occurrence, je le connais presque qu’à travers Francis Cousin), mais si, selon lui, ce sont les rapports de production qui font la superstructure, et donc l’idéologie... alors, si je comprends le sens de ces propos, je crois qu’il s’est trompé. Peut-être qu’il partait du principe que ce qui se passe est « naturel » (sous-entendu, que même les infamies liées au capitalisme font partie de l’ordre naturel des choses, puisque tout émanerait naturellement dans notre société) alors que pour moi, ce n’est pas le cas : j’suis convaincu qu’au Sommet de la Pyramide siègent depuis... des millénaires ?, des Initiés qui Savent, et qui structurent donc le Système dans certains buts bien précis. Et que c’est eux qui, en actionnant les leviers nécessaires, créent les idéologies. Car, pour qu’on en vienne à comprendre cet hypothétique Secret de la Vie, on doit d’abord lourdement chuter, plein de fois, afin de saisir que l’essentiel est ailleurs, plus « profond », et que les idéologies sont juste des « étiquettes favorisant la confrontation entre les individus et leur collision avec la nature des choses, menant à la compréhension ».
        Mais ma vision du monde est optimiste, car je crois ces hypothétiques initiés bienveillants, et que leur but est de structurer notre Système afin de faire baigner l’Humanité dans un certain chaos contrôlé, afin d’accélérer son évolution sans compromettre son libre-arbitre, jusqu’à son émancipation où elle deviendra assez mature, « adulte », pour se gouverner elle même, marquant l’avènement du vrai Nouvel Ordre Mondial, c’est à dire celui du peuple, l’antithèse de la dictature qui se révèle aujourd’hui.
        (Désolé si c’est confus et éparpillé, difficile d’écrire cette « théorie » convenablement et de manière concise, mais j’espère que vous en saisirez l’idée, car j’ai pas mieux pour exprimer pourquoi je considère que « gauche/droite » sont des arnaques, des oeillères qui favorisent nos biais de confirmation / communautarismes idéologiques / divisions et haines populaires, et que les réels besoins de l’Humanité se trouvent ailleurs, notamment... dans l’union, justement).


      • Giordano Bruno 4 mars 09:41

        Je soutiens les positions d’Etienne Chouard.

        La recherche scientifique a obtenu un extraordinaire développement de la connaissance grâce au débat public. Ces débats sont intelligemment organisés pour faire émerger la connaissance. Ils sont sans censure a priori, condition sine qua non pour donner poids à une hypothèse. Une idée qui ne peut pas être librement combattue, ne peut non plus obtenir aucune sérieuse crédibilité (voir la notion de réfutabilité de Karl Popper).


        • mathias cohen mathias cohen 4 mars 09:50

          @Giordano Bruno
          Vous ne confondriez pas le débat scientifique et le débat politique, par hasard ? Si c’est le cas, je pense que vous faites une grossière erreur d’analyse...


        • Giordano Bruno 4 mars 11:12

          @mathias cohen
          Je ne les confonds pas. J’estime que la méthode scientifique ayant fait ses preuves dans son domaine pourrait être utilisée dans le débat d’idées en général.

          De quelle grossière erreur d’analyse parlez-vous ?


        • Agor&Acri Agor&Acri 4 mars 14:29

          @Giordano Bruno
          OUI :
          "débats (...) sans censure (...), condition sine qua non pour donner poids à une hypothèse. Une idée qui ne peut pas être librement combattue, ne peut non plus obtenir aucune sérieuse crédibilité"

          A l’auteur,
          je ne souscris pas à votre analyse qui m’apparaît biaisée dans la mesure où, à propos d’Etienne Chouard, vous omettez de rappeler :
          1/ son combat, ses travaux, ses écrits sont entièrement tournés vers la défense de l’intérêt général et les moyens de réduire au maximum l’influence de ceux qui occupent actuellement les positions de pouvoir et qui défendent des intérêts particuliers.
          2/ son combat, ses travaux, ses écrits tendent à remettre la vergogne au centre du jeu et à réduire au maximum le pouvoir de nuisance de ceux qui agissent sans vergogne.
          3/ l’une des méthodes qu’il préconise est le débat d’idées SANS CENSURE (pouvez-vous entendre cela : SANS CENSURE !) et il a eu le courage, à propos d’Alain Soral, de rester fidèles à ses principes au lieu de courber l’échine malgré la menace de l’anathème d’antisémitisme et alors qu’à l’époque (n’oublions pas que ça commence à dater cette histoire) chaque personne invitée à participer au débat public était systématiquement sommée de dire tout le mal qu’elle pensait d’Alain Soral et de Dieudonné.

          De toute évidence, vous préférez occulter ces 3 faits (faits = factuels) qui soulignent la vertu d’Etienne Chouard pour hurler avec les loups sur son éventuel antisémitisme refoulé....finalement basé sur des attaques par la bande (billard) et surtout parfaitement absent de l’ensemble de ses travaux.

          J’ai donc « moinssé » votre article


        • mathias cohen mathias cohen 5 mars 10:25

          @Agor&Acri
          Question simple : c’est si difficile de dire : « oui, Soral est un antisémite, et (concernant Chouard) je n’aurais pas dû le qualifier de résistant » ? Demandez à Asselineau, lui qui a le sens de l’histoire de France, s’il qualifierait Soral de résistant. Vous imaginez l’insulte faite à l’histoire de France et à tous les résistants qui ont perdu leur vie pour combattre le type que Soral s’est empressé de rééditer dès qu’il en a eu le droit ? Ce n’est pas de la censure, c’est reconnaitre quand on a dit une connerie, et non pas la noyer dans toutes les autres qu’on aurait pu dire, comme un point de détail.
          Par contre, je suis tout à fait d’accord pour que Chouard continue à discuter avec Soral, mais avec quelques préalables qui permettent de remettre les choses à leur place.


        • Durand Durand 4 mars 09:58

          .

          Article à charge contre Chouard... Soral, Soral, Soral, Soral, Soral,... et le mot magique est asséné : antisemite !

          L’archétype de l’article qui passe à côté du travail de Chouard !

          Tenez, Monsieur Cohen, ça, ce n’est pas antisemite :

          .

          https://m.youtube.com/watch?v=uXRAi16AJrw

          .

          ...Et ça non-plus :

          .

          https://m.youtube.com/watch?v=VbJKdwOaIx8#fauxfullscreen

          .


          • mathias cohen mathias cohen 4 mars 11:55

            @Durand
            Une des idées de l’article est justement de dire que l’épisode Soral est assez peu intéressant en soi, mais 1/ qu’il risque de fragiliser les idées de Chouard et les revendications des GJ, et 2/ qu’il dévoile les lacunes idéologiques de Chouard, qui n’ont rien à voir avec la question de l’antisémitisme.


          • Albert123 5 mars 16:10

            @mathias cohen

            L’épisode Soral ne fragilise rien, c’est juste ceux qui sont obsédés par Soral qui sont fragiles.

            Fragiles au point de confondre les idées qu’un individu peut avoir avec les gens qu’il peut fréquenter. 

            Quand à l’idéologie de gauche on la laisse également aux fragiles et à tous ceux qui doivent résoudre leurs problèmes personnels avant de venir faire de la politique pour emmerder les autres.

            Kaczynski a parfaitement résumé (et avec justesse) le profil psychologique (pour ne pas dire psychiatrique) des adeptes du gauchisme,

            les individus de bonne volonté (ce qui n’a rien à voir avec la notion de droite) n’ont donc rien à espérer d’eux surtout quand il s’agit de fonder les bases d’une société viable et pérenne.

            On peut en effet rien espérer de ceux qui cultivent la haine d’eux même et par la même celle des autres et qui ont cette fâcheuse facilité à enfoncer la société dans leur propre délire narcissique et hystéroïde.


          • Fergus Fergus 4 mars 10:10

            Bonjour, mathias cohen

            Excellent article que j’applaudis des deux mains. Notamment parce qu’il n’est pas constitué d’une opinion assénée de manière péremptoire comme c’est trop souvent le cas sur le web en général, et sur ce site en particulier  mais d’une analyse pertinente et convaincante de la personnalité de Chouard et de ses prises de parole.

            Je vous rejoins totalement, et je suis ravi que vous ayez exprimé ce que m’inspire cette personne bien mieux que je ne l’aurais fait moi-même.


            • Attila Attila 4 mars 10:12

              Bien avant le mouvement des gilets jaunes, j’avais écrit que si un mouvement de défense des classes populaires devait émerger, pas sûr qu’il se réclame de la gauche. Confirmation avec les Gilets Jaunes.

              Le Gilets Jaunes ont remis la priorité à la justice sociale.

              Faisons notre deuil de la gauche et reconstruisons un mouvement de défense des classes populaires.

              .


              • mathias cohen mathias cohen 4 mars 13:09

                @Attila
                Il est tout de même intéressant de voir que ce mouvement, qui met le RIC comme l’une de ses premières revendications, peine à combattre le pouvoir sur le terrain économique : les manifestations du samedi ne débouchent pas, pour le moment, sur des appels à la grève, et par conséquent le blocage de l’économie qu’il crée, et que certains appellent de leurs voeux, reste pour le moment négligeable, ce qui, à mon avis, explique son enlisement.


              • Sparker Sparker 4 mars 15:20

                @Attila

                Ha pasque la « justice sociale » n’est pas un axe de gauche ?


              • Attila Attila 4 mars 17:07

                @Sparker
                C’est pour la justice sociale que je m’étais engagé à gauche. Mais ce n’est plus forcément une priorité de la gauche d’aujourd’hui :
                «  »Depuis quelques années, la mouvance militante sur les questions sociales s’effondre à mesure que les problématiques sociétales (droits des minorités, flux migratoires…) trustent l’actualité, lobotomisent le « temps de cerveau disponible » plus sûrement que la propagande publicitaire des grandes marques. "
                Clap de fin pour Actuchomage

                .


              • Attila Attila 4 mars 23:33

                @mathias cohen
                Je répondais à votre titre. Que la gauche actuelle prenne ses distances avec Étienne Chouard n’a pas d’importance car les classes populaires ne se sentent plus représentées par aucun mouvement politique : lire Christophe Guilluy.
                Je pense que la gauche actuelle est obsolète et en déclin. Au premier tour de l’élection présidentielle de 1981 les partis de gauche totalisaient 47,5% des suffrages exprimés, en 2017 c’était à peine la moitié.

                .


              • mathias cohen mathias cohen 5 mars 10:18

                @Attila
                « les classes populaires ne se sentent plus représentées par aucun mouvement politique ». Et si Sanders se fait élire président des EU, on dira toujours la même chose ? On entendra à ce moment là tous les éditorialistes nous dire « tiens, on avait oublié que les ouvriers et les classes populaires ne votent pas tous pour Trump... ».


              • Albert123 5 mars 16:12

                @Sparker

                « la « justice sociale » n’est pas un axe de gauche ? »

                le peuple n’est pas de gauche ou de droite contrairement aux bourgeois et à leur nervis militants idiots utiles


              • Le Sudiste Le Sudiste 4 mars 10:31

                Chouard le rouge vert bleu blanc brun est démasqué. Il y a une photo qu’Étienne Chouard n’aimerait pas voir ressortir. Celle où il se met le doigt dans le nez exactement comme le faisait Hitler... Ah ah ah ! C’était le chaînon manquant. Soral, Hitler et Chouard pour boucler la boucle.

                Le pouvoir au peuple, c’est un truc de facho. C’est le retour aux heures nauséabondes.


                • Albert123 5 mars 16:14

                  @Le Sudiste

                  ah cette fameuse et heureuse époque où les humoristes ne craignaient pas de ce voir ostracisés et mis au ban par des trous du cul et des lopettes désormais au pouvoir.


                • Dom66 Dom66 4 mars 13:05

                  mathias cohen,

                  Moi aussi je n’aime pas votre article. smiley

                  Ou avez vous vu que Chouard se coupe des partis de gauche ? et en plus quel partie de gauche ? car pour le moment je n’ai jamais vu un parti de gauche au pouvoir, mais que des UMPS qui ont coulé et vendu la France.


                  • mathias cohen mathias cohen 4 mars 13:16

                    @Dom66
                    Par partis de gauche, j’entends les organisations qui, globalement, soutiennent les GJ et participent aux manifestations (cela va d’Attac, à la FI, en passant par le NPA ou la CGT, ou encore des mouvements plus à la marge, comme le Réseau Salariat). Dans toutes ces organisations, essayez de parler le Chouard, et vous allez comprendre. Et ce phénomène ne peut pas s’expliquer uniquement par un atavisme des personnes membres de ces organisations... Ce que pense Olivier Faure ou Benoit Hamon d’Etienne Chouard, je m’en fous, pour être clair.


                  • mathias cohen mathias cohen 4 mars 13:17

                    ...parler de Chouard...


                  • Le Sudiste Le Sudiste 4 mars 15:47

                    Bonjour Mathias,
                    vous dites : « Dans toutes ces organisations, essayez de parler de Chouard, et vous allez comprendre. »

                    Et c’est possible de comprendre ou d’avoir une petite idée sans y aller ?


                  • mathias cohen mathias cohen 4 mars 18:39

                    @Le Sudiste
                    Les réactions vont du silence gêné à l’énervement immédiat (extrême-droite, bla bla), mais on a la plupart du temps en face de soi des personnes qui finalement ne connaissent pas ses idées, ou qui les dénigrent d’emblée.
                    Le dernier échange à distance entre Ruffin et Mélenchon est significatif du recadrage immédiat.


                  • karibo karibo 4 mars 14:36

                    http://3.bp.blogspot.com/-Rg93ZRJ5WOY/U6QfiEvA4lI/AAAAAAAAA8s/1LHwGMYWzK4/s1600/interdiction.jpg

                    Quand on veut tuer son chien on dit qu’ il a la rage

                    Mais qui donc peut bien en vouloir à Soral ?

                    Le prochain sera qu’ il est pedophile ...


                    • ETIENNE 4 mars 14:42

                      Chouard propose de s’orienter vers une société dans laquelle la sagesse a une part plus importante.

                      Est-ce un mal de le vouloir, de le tenter, de le croire ?


                      • Sparker Sparker 4 mars 15:21

                        @ETIENNE

                        Non à condition que cette « sagesse » soit capable de donner uncadre dans lequel puisse s’exprimer les passions, sinon c’est de la castration...


                      • ETIENNE 4 mars 19:54

                        @Sparker
                        Les passions sont ce que l’on subit, ce dont on pâtit.
                        Être civilisé signifie être capable de contrôler ses passions grâce à la raison.
                        C’est même l’objectif de presque toutes les normes sociales.
                        Si le cadre sociétal ne permet pas de contrôler les passions, c’est la sauvagerie, la fin de la civilisation..
                        Je suis donc d’accord avec vous sur la nécessité d’un cadre pour que s’expriment les passions, mais j’ajoute que ce cadre doit permettre de maîtriser les passions.


                      • izarn izarn 4 mars 15:59

                        Le mouvement des GJ n’a rien à voir avec Soral, ni les anti-sémites, les anti-sionistes, les anti je ne sais pas quoi...

                        C’est une diversion imposée par le Pouvoir.

                        Cela n’a strictement aucune importance.

                        Débattre sur le sujet n’est qu’une diversion, un faux débat, voire une trahison.

                        Ca ne mérite qu’un cacatov !

                         smiley


                        • Jean Guillot lee oswald 4 mars 16:02

                          Chouard a dit qu’il allait voter Asselineau et il a bien raison !


                          • Le Sudiste Le Sudiste 4 mars 16:07

                            @lee oswald
                            Il a dit lui-même qu’il lui arrivait de dire des conneries.


                          • mathias cohen mathias cohen 4 mars 18:42

                            @lee oswald
                            Oui, et c’est bien le problème... pas qu’il vote Asselineau, mais qu’il oscille si facilement entre une ligne de gauche et une ligne de droite (les deux étant, dans ce cas, également respectables à mon avis, mais pas avec les mêmes objectifs...). Quand il dit « Mélenchon et Asselineau sont mes deux préférés », franchement, on dirait un gars avec la culture politique d’un lycéen...


                          • Attila Attila 5 mars 02:29

                            @mathias cohen
                            Le niveau de culture politique d’un lycéen ne se manifesterait-il pas dans une vision très manichéenne de type dauche/goitre ?
                            Par exemple, l’extrait de programme électoral suivant est-il de grôche ou de doigte :

                            « Organiser le «  retour à la nation  » (c’est-à-dire une nationalisation totale ou partielle, selon les cas) des entreprises  :- EDF et Enedis (anciennement ERDF)  ;

                            - Engie (anciennement GDF Suez)  ;

                            - Orange (anciennement France Télécom)  ;

                            - toutes les sociétés d’autoroute  ;

                            - toutes les sociétés de réseau d’adduction d’eau  ;

                            - TF1  ;

                            - TDF (Télédiffusion de France  : TNT, vidéo à la demande, connexions haut débit…)  ;

                            - tout établissement financier secouru par des fonds publics. »

                            .



                          • mathias cohen mathias cohen 5 mars 09:58

                            @Attila
                            Asselineau, c’est le capitalisme à la papa. Permettez que, lorsqu’on se revendique de gauche, on ne soit pas sommés de choisir entre libre échange et protectionnisme, mais que l’on revendique un autre modèle, et notamment un autre modèle concernant la propriété des moyens de production, d’une part, et une remise en question du modèle productiviste d’autre part (ce qu’Asselineau ne propose pas, il me semble...).


                          • Albert123 5 mars 16:19

                            @mathias cohen

                            « Oui, et c’est bien le problème... pas qu’il vote Asselineau, mais qu’il oscille si facilement entre une ligne de gauche et une ligne de droite. »

                            c’est surtout le signe d’une certaine santé mentale que celui d’aller vers ce qu’il semble le plus cohérent à l’instant t sans se soucier de son appartenance à la gauche idéologique ou non.

                            vous donner juste l’impression de pouvoir voter pour une chèvre du moment qu’on vous dit qu’elle est de gauche


                          • Attila Attila 5 mars 17:25

                            @mathias cohen
                            Pour changer la politique du gouvernement ainsi que pour changer les règles et le système, il faut d’abord arriver au Pouvoir. C’est un préalable, c’est la réalité.
                            Les clés du Pouvoir ne sont remises qu’à un représentant ayant obtenu la majorité des suffrages exprimés aux élections. C’est comme ça et vous n’y pouvez rien tant que vous ne gagnez pas les élections.
                            Pour obtenir que la majorité des citoyens votent pour votre projet, il faut les convaincre.
                            L’ensemble des partis de la gauche actuelle sont très loin d’attirer une majorité et leur influence va en déclinant.
                            .
                            La politique qui est appliquée dans les pays occidentaux s’appelle le néolibéralisme. C’est le pire du capitalismes jusqu’à présent.
                            Pour les salariés, pour les classes populaires, pour les gens de rien, pour les Gilets Jaunes, sortir du néolibéralisme serait un énorme progrès. Y compris si c’était pour se retrouver dans un << capitalisme à la papa>>.
                            Le capitalisme régulé a été appliqué pendant les trente glorieuses, il a permit la croissance ainsi que des avancées sociales, au pris de fortes luttes il est vrai.
                            Le projet de sortir du néolibéralisme pour retrouver un capitalisme régulé orienté vers la justice sociale a le potentiel pour attirer une majorité d’électeurs et sortir, enfin, du néolibéralisme.
                            Une fois sortis du néolibéralisme, la gauche aura tout le loisir de proposer d’autres choix aux électeurs.

                            .


                          • Attila Attila 5 mars 18:30

                            @Attila
                            au prix de fortes luttes . . . et non au pris.
                            Mondieumondieumondieu !

                            .


                          • Montdragon Montdragon 4 mars 19:20

                            dans les démocraties représentatives que nous connaissons en occident, cet espace de confrontation des idées est organisé et structuré par les rapports sociaux de domination

                            Oui, ceux qui peuvent l’ouvrir en mentant, et ceux qui peuvent toujours gueuler en silence.

                            Oui, parler de Soral est un piège grossier qui permet de tuer toute discussion même si c’est un con fini selon moi.

                            J’aimerais l’opinion de l’auteur sur le neo-fasciste Glucksmann sur sa volonté de recomposer la gauche.


                            • Lovyves 4 mars 19:23

                              Bonjour,

                              Jolie, l’inversion.

                              Ce n’est pas E. Chouard qui se coupe des « partis de gauche », ce sont les « partis de gauche » et ceux qui se disent de « Gauche » qui se coupe de E. Chouard.

                              Nuance, importante, déterminante. 

                              C’est là, que nous voyons ceux qui ont l’intérêt général (de la nation) comme primordial ... ou pas. 

                              Et ceux qui parlent comme « BFMTV ».


                              • Dom66 Dom66 4 mars 19:39

                                @Lovyves
                                +++ bien vu
                                 smiley


                              • mathias cohen mathias cohen 5 mars 10:02

                                @Lovyves
                                Oui, sauf que moi j’avance des arguments pour expliquer mon point de vue (mansuétude à l’égard de Soral qui cache une faiblesse d’argumentation idéologique). Et vous ?


                              • mathias cohen mathias cohen 5 mars 10:12

                                @Sophie
                                Excusez-moi, mais vous êtes un bon cas de ce qu’on trouve sur Agoravox à foison. Des gens qui ont une réaction épidermique à tout ce qui se situe et s’affirme à gauche. Ça s’appelle normalement être de droite, mais comme vous ne voulez pas le dire (et peut-être voulez-vous le dissimuler à vous-même), vous accusez tous les mouvements de gauche de trahir le peuple et de comploter. Mais assumez plutôt que vous ne voulez pas remettre en question les rapports de production dans notre société capitaliste, ce sera plus simple, et moins énergivore pour votre cerveau.


                              • Pierre Régnier Pierre Régnier 5 mars 11:16

                                @mathias cohen

                                Ce qu’on « trouve à foison », dans « tout ce qui se situe et s’affirme à gauche, ce n’est plus seulement  »la mise en question des rapports de production dans notre société capitaliste", ce qui constituait, effectivement, l’une des principales valeurs d’une vraie Gauche.

                                C’est aussi, depuis quelques années, sous prétexte de défendre la laïcité et de protéger la République face aux religions, une complicité de plus en plus affichée avec la plus destructrice d’entre elles : l’islam.


                              • mathias cohen mathias cohen 5 mars 11:40

                                @Pierre Régnier
                                Oui, vous avez bien raison de vous inquiéter à propos de l’Islam, quand on voit que 115 ans après la loi sur la séparation de l’Église et de l’État, on découvre encore un prêtre pédophile par jour (façon de parler, hein...), et que tous les ans, le président de la République va faire un grand discours politique devant le CRIF, on ne voit pas pourquoi l’Islam se gênerait...


                              • Pierre Régnier Pierre Régnier 5 mars 13:33

                                @mathias cohen

                                Je vous rappelle que l’islam, en ses 14 siècles d’existence, a fait des dizaines de millions de victimes dans la mise en application de son principal objectif énoncé par son prophète Mohamed : amener tous les peuples de la terre à se soumettre à son « seul vrai Dieu Allah ».
                                Les prêtres qui se rendent coupables de pédophilie ne mettent nullement en application, eux, un quelconque appel à le faire qui aurait été énoncé par leur maître à penser, Jésus de Nazareth.
                                Votre critique des relations entre le Prédisent de la République et le CRIF est plus justifiée.


                              • Pierre Régnier Pierre Régnier 5 mars 13:35

                                Pierre Régnier

                                Le Président, pas le Prédisent.


                              • Lovyves 5 mars 14:00

                                @mathias cohen,
                                Vous faites un article, je donne une réaction, à chacun son rôle. 
                                Pour ce qui est du domaine des idées, je n’ai point d’amis (point d’ennemis, non plus).
                                Donc les dires de X, Y ou Z, m’intéressent et ma critique ne se fait pas selon le personnage ; mais sur le contenu. 
                                Impartialité, cohérence, est ce que ces concepts vous « parlent » ? (j’ai des doutes en vous lisant). 


                              • Kapimo Kapimo 5 mars 01:58

                                Tiens, encore un jugement aux relents moraux issu d’une posture. Comme bien souvent, une posture de « gauche ». Désolé, j’ai déjà donné.


                                • Dr Destouches Dr Destouches 5 mars 08:10

                                  Chouard est un lache qui se couche devant inquisiteur juif et est intellectuellement limité


                                  • Le421 Le421 5 mars 08:26

                                    Si je prends l’exemple du RIC réclamé par Étienne Chouard, il faut lui adjoindre plusieurs mesures parallèles.

                                    Le vote obligatoire et la reconnaissance du vote blanc entre autres.

                                    Sans cela, ce genre de scrutin a toutes les chances de se retourner contre ses instigateurs en trois coups de cuillère à pot...


                                    • Kapimo Kapimo 5 mars 23:39

                                      @Le421

                                      Et l’interdiction des sondages pendant la campagne référendaire. Et un accès égal aux médias pour les pros et les contres. Et un équilibre complet sur les plateaux et dans les éditoriaux entre les pros et les contre, avec aussi la fin des pseudo-experts tous à la solde des intérets oligarchique.


                                    • Castel Castel 5 mars 08:35

                                      Bonjour,

                                      Il me semble que dans un monde parfait, ni Dieudonné, ni Soral ne serait antisioniste/antisémite (rayer la mention inutile).

                                      Du coup, la question serait surtout de savoir comment rendre le monde meilleur, plutôt que de s’attaquer à des êtres humains, dont la position idéologique ou intellectuelle est le reflet de la complexité du monde.

                                      Enfin, votre idée sur la répartition des richesses est intéressante, mais elle nécessite la mise en place d’un Etat communiste. Ce qui pose d’autres problèmes qui sont, à mon sens bien plus grave que les solutions que proposent Chouard. Par conséquent, je le considère comme bien moins « extrémiste » que vous-même... ! smiley


                                      • mathias cohen mathias cohen 5 mars 10:05

                                        @Castel
                                        Je n’ai jamais dit qu’Etienne Chouard était extrémiste, je dis même dans l’article que j’admire l’homme et ses travaux.
                                        Par contre il m’est plus difficile de douter de l’antisémitisme de Soral (pour Dieudonné, il y a le côté comédien qui brouille les pistes). Mais il est toujours possible de régler un radar pour qu’il ne détecte rien...


                                      • Castel Castel 5 mars 18:35

                                        @mathias cohen
                                        Je ne suis pas un spécialiste de Soral, mais quand vous dites qu’il est « antisémite », vous pensez quoi au juste ? il est conspi ou il est capable de s’attaquer à des êtres humains uniquement parce qu’ils portent une kippa ? Ce sont deux définitions extrêmement différentes et pourtant les médias s’arrangent pour les amalgamer malhonnêtement. 


                                      • Lucadeparis Lucadeparis 5 mars 12:00

                                        Dans l’article il est affirmé qu’Etienne Chouard « a fait une conférence avec » Alain Soral.

                                        Quand ? Où ? Sur quoi ?

                                        J’ai fait une brève recherche de quelques minutes et n’ai pas trouvé.


                                        • mathias cohen mathias cohen 5 mars 12:12

                                          @Lucadeparis
                                          Déclaration de Soral dans cette vidéo récente : https://www.youtube.com/watch?v=XSY87JR7P6Q à 1’50.
                                          Mais sans doute me suis-je laisser abusé par un ennième bobard de Soral...


                                        • Lucadeparis Lucadeparis 5 mars 19:16

                                          @mathias cohen
                                          Merci. Alain Soral parle à 1mn55s d’« une conférence je crois à Marseille », mais il n’y là aucune précision probante.
                                          https://youtu.be/XSY87JR7P6Q?t=113


                                        • mathias cohen mathias cohen 5 mars 12:03

                                          ERRATUM

                                          Je n’avais pas connaissance du fait qu’Etienne Chouard a écrit, dès le 28 novembre 2014 : « j’ai rapidement compris que Soral n’est pas du tout un démocrate, évidemment  : il est autoritaire et il défend une idéologie autoritaire, au strict opposé de ce que je défends moi. Je ne veux pas plus de sa « dictature éclairée » que de n’importe quelle dictature, évidemment. […] tout récemment, j’ai découvert dans une publication de Soral des propos terribles et dangereux […] Je ne peux évidemment pas valider une parole pareille, froidement raciste, sexiste, autoritaire […] il y a un risque d’escalade des racismes… ».

                                          Au vu de ces déclarations, une bonne partie de ce sur quoi mon article est construit tombe, et une bonne part de sa démonstration avec. Je regrette d’avoir moi-même alimenté un enième lien Chouard Soral par mon article et ses mots clefs... Je remarque que personne dans les commentaires n’avait connaissance de ces déclarations d’Etienne Chouard (ou du moins personne ne les a présentées comme contre-argument).

                                          Il reste tout de même la question de la réification de la Constitution chez Etienne Chouard, au détriment des autres aspects fondamentaux des révolutions, au premier rang desquels la lutte sur le terrain des intérêts économiques.


                                          • Agor&Acri Agor&Acri 5 mars 15:05

                                            @mathias cohen

                                            vous faites amende honorable et c’est très appéciable : je vous en remercie.

                                            C’était le sens de mon commentaire d’hier à 14h29 (cf. plus haut dans la file) que d’attirer votre attention sur le fait que votre « attaque » ne collait ni à la personnalité d’Etienne Chouard, ni à ses travaux :

                                            ----------------------------------------------------
                                            Agor&Acri 4 mars 14:29

                                            A l’auteur,
                                            je ne souscris pas à votre analyse qui m’apparaît biaisée dans la mesure où, à propos d’Etienne Chouard, vous omettez de rappeler :
                                            1/ son combat, ses travaux, ses écrits sont entièrement tournés vers la défense de l’intérêt général et les moyens de réduire au maximum l’influence de ceux qui occupent actuellement les positions de pouvoir et qui défendent des intérêts particuliers.
                                            2/ son combat, ses travaux, ses écrits tendent à remettre la vergogne au centre du jeu et à réduire au maximum le pouvoir de nuisance de ceux qui agissent sans vergogne.
                                            3/ l’une des méthodes qu’il préconise est le débat d’idées SANS CENSURE (pouvez-vous entendre cela : SANS CENSURE !) et il a eu le courage, à propos d’Alain Soral, de rester fidèles à ses principes au lieu de courber l’échine malgré la menace de l’anathème d’antisémitisme et alors qu’à l’époque (n’oublions pas que ça commence à dater cette histoire) chaque personne invitée à participer au débat public était systématiquement sommée de dire tout le mal qu’elle pensait d’Alain Soral et de Dieudonné.

                                            De toute évidence, vous préférez occulter ces 3 faits (faits = factuels) qui soulignent la vertu d’Etienne Chouard, pour hurler avec les loups sur son éventuel antisémitisme refoulé....finalement basé sur des attaques par la bande (billard) et surtout parfaitement absent de l’ensemble de ses travaux.

                                            ----------------------------------------------------

                                            Les attaques « discriminantes » et peu -voire pas du tout- justifiées à l’égard des personnalités qui critiquent le « système » sont malheureusement fréquentes (et souvent le faits de groupuscules antifas qui semblent faire un travail de sape systématique de toute forme de dissidence, sans le moindre souci de juste mesure ou même de véracité des faits).
                                            Cette petite musique de fond, que les médias main stream se gardent bien de corriger, fini par entrer dans la tête de bcp de gens qui, ensuite, auto-entretiennent la diffamation.
                                            Ma philosophie consiste à d’abord s’attacher à différencier le VRAI du FAUX, avant de considérer l’aspect BIEN ou MAL, pour le dire vite.


                                          • maQiavel maQiavel 6 mars 02:47

                                            @mathias cohen
                                            Bonjour. 
                                            Je viens à peine de tomber sur votre article. Si je l’avais vu avant , je vous aurais signalé ce lien qui date de 2014. 
                                            A noter qu’il vient de repréciser de nouveau dans un nouvel article  :

                                            « Systématiquement, les médias rajoutent aussi « Soral », comme si je côtoyais ou soutenais ce personnage infréquentable. Mais les « journalistes » continuent encore aujourd’hui à relancer des polémiques avec des bouts de phrases sorties de leur contexte et sur lesquelles je me suis déjà expliqué dix fois… »

                                            Je reviendrais demain pour faire une critique plus globale de votre texte. Mais dans tous les cas , ça fait du bien de voir quelqu’un s’opposer à EC que je soutiens avec des arguments et non avec la censure.

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