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Accueil du site > Tribune Libre > Dangereux et encombrants fantômes du Passé face à la vision présidentielle (...)

Dangereux et encombrants fantômes du Passé face à la vision présidentielle hémiplégique de l’histoire de la Guerre d’Algérie

Rien ne demande plus de circonspection que la vérité, car c'est se saigner de la dire. Il faut autant d'adresse pour la savoir dire que pour la savoir taire. [...] Toutes les vérités ne se peuvent pas dire : les unes parce qu'elles m'importent, et les autres parce qu'elles importent à autrui.

Baltasar Gracián y Morales

Disons les choses très clairement : avec sa récente sortie relative à « l’affaire Audin », exhumée opportunément d’un des nombreux placards à cadavres que réserve l’Histoire, le Président (qui est déjà passé à un autre sujet) a été en même temps imprudent, maladroit, ignorant et probablement fort mal inspiré de réveiller comme il l’a fait de bien dangereux fantômes qu’il n’a pas la capacité de maîtriser.

A l’image de Warren, l’ami du héros dont l’écrivain passionné de littérature fantastique Howard Philip Lovecraft relate l’aventure dans son extraordinaire nouvelle intitulée Le Testament de Randolph Carter, M. Macron, qui vient de réveiller les monstrueuses créatures enfermées dans un caveau scellé, pourrait bien s’entendre dire par une voix épouvantable de remettre la dalle en place et de s’enfuir au plus vite.

Je ne sais si M. Macron a préalablement pris la précaution élémentaire de lire, entre autres, l'ouvrage de référence sur l'Histoire de la Guerre d'Algérie écrit par Alistair Horne (qui est à l'étude de ce conflit ce que fut Antony Beevor à propos de la Guerre d'Espagne). Je ne le pense pas, ce qui est très regrettable. L'eût-il fait qu'il est probable qu'il nous eût épargné pareille entrée en matière dans un domaine historique explosif dont il est manifeste qu'il ignore tout ou à tout le moins beaucoup de choses, sauf cynisme assumé, ce qui relèverait alors d'un procédé inadmissible (cf. ses propos sur la colonisation en Algérie).

Il faut en effet être de taille - qualité dont est dépourvu l'intéressé -, pour prétendre régenter les événements historiques et en donner une lecture a posteriori qui soit différente de celle d'historiens tels que Pierre Vidal-Naquet, auteur précisément de L'Affaire Audin (1958) ou de La Torture dans la République (1972), Benjamin Stora, Gilbert Meynier, Mohammed Harbi, auteur de Le FLN, mirage et réalité (1980) par exemple, Charles-Robert Ageron, ou encore Guy Pervillé, surtout lorsque ces événements entrepris par un amateur beaucoup trop jeune pour les avoir vécus ou en avoir entendu parler dans sa jeunesse (M. Macron est né en 1977) risquent de réveiller chez des gens qui en souffrent encore et qui ont la mémoire longue des douleurs et des blessures mal cicatrisées auxquelles l’absence de maturité et de recul de M. Macron devraient interdire de toucher, à moins de faire preuve d’une prudence et d’une délicatesse extrêmes dont tout enjeu politique, recours à un écran de fumée ou manoeuvre de diversion de l'opinion publique, devraient être impérativement exclus, sauf à vouloir jouer au pyromane ou au boutefeu.

N’importe quel artificier sait parfaitement que l’on ne manipule pas sans précautions extrêmes des matières explosives instables.

Dès lors, puisque M. Macron a jugé important et nécessaire de réouvrir un chapitre complexe d’une histoire qui fut celle de la France en Afrique du Nord, de la France en Algérie, de l’Algérie française et de l’Algérie algérienne, avec ses développements récents et probablement futurs, gros de dangers, il serait fort bienvenu et à tout le moins prudent qu’il décidât dans la même démarche d’ouvrir et de produire dans leur totalité - en France comme en Algérie -, les archives civiles et militaires d’une histoire commune.

Cette démarche salutaire permettrait enfin de renvoyer aux oubliettes de l'Histoire toute une clique de colonels, de généraux et de politiques zombies du FNL avec leurs sympathisants français internationalistes, "porteurs de valises" traîtres à la France comme à leurs compatriotes, et d’instruire deux jeunesses qui aujourd’hui - a l'instar du Président - ignorent tout ou ont une vision tronquée et en tout cas limitée, sinon politiquement orientée, de ce que fut réellement l’histoire ancienne comme l’histoire contemporaine de leurs deux pays respectifs autour d’une guerre commune qui fut affreuse de part et d'autre.

Nul doute qu'il y aurait alors tout à gagner à froisser des certitudes, à révéler des impostures et à dévoiler tous ces faits et événements passés et contemporains, tous ces poisons et venins que certains, notamment en Algérie mais aussi en France, tentent encore de cacher et de justifier de manière unilatérale dans la catégorie fourre-tout de la Repentance , sous les appellations génériques bien commodes et usées jusqu'à la corde de "Colonialisme" d'une part et de "Guerre de Libération" d'autre part, cette dernière n'étant qu'une fiction historique puisque l'indépendance de l'Algérie lui a en réalité été donnée par la France, à la différence d'une Indochine qui, pour sa part, a militairement conquis la sienne sur l'ancienne puissance coloniale.

Il n’est donc pas sûr que le chemin aujourd’hui emprunté soit le bon et l’on ne peut donc qu’accueillir avec intérêt ce qui adviendra et qui pourra, on l’espère, permettre de découvrir et de dire très exactement « ce qui fut et advint » voici soixante ans pour comprendre enfin "ce qui est et risque désormais de se produire", sans omettre explications et responsabiltés dans un conflit qui ne saurait aujourd'hui servir, en Algérie comme en France, de "boîte à outils" bien commode pour occulter ou justifier des errements historiques, politiques, économiques et sociaux de gouvernements et d'autorités en perdition de part et d'autre de la Méditerranée.

 

I- Vision hémiplégique de l’Histoire en général et de celle de la Guerre d’Algérie en particulier

 

Comme l’écrit avec beaucoup de sagesse et de retenue un autre président, M. Thierry Rolando, le président national du Cercle algérianiste dont je cite les propos, « en reconnaissant la responsabilité de l’Etat, dans la seule disparition du militant communiste, Maurice AUDIN, Emmanuel MACRON livre une vision hémiplégique de l’histoire de la guerre d’Algérie.

Succombant aux pressions de certains lobbies extrémistes, le chef de l’Etat vient de reconnaître la responsabilité de la France, dans la disparition du militant communiste, partisan du FLN, Maurice AUDIN, en 1957, à Alger.

Si la recherche de la vérité historique est un objectif noble, il faut cependant que toutes les vérités soient dites, y compris celles qui dérangent.

La guerre d’Algérie ne saurait s’écrire en noir et blanc.

Toutes les souffrances et tous les drames doivent avoir droit de cité.

On ne peut reconnaître le drame de Maurice AUDIN en jetant, dans un même temps, un voile d’ombre sur celui de milliers de Français d’Algérie.

Comment accepter qu’Emmanuel Macron fasse preuve d’un silence assourdissant sur la responsabilité de ce même Etat, dans l’abandon, le 5 juillet 1962 à Oran, de milliers de Pieds-Noirs enlevés et assassinés par le FLN, alors même que l’armée française avait reçu l’ordre de « laisser faire » ? 

La vérité ne se divise pas, quand bien même elle froisserait le gouvernement algérien.

Les Français d’Algérie, hommes, femmes, enfants, assassinés dans d’atroces conditions, qui n’avaient commis qu’un seul crime, celui de vivre sur la terre de leurs ancêtres, ont droit à la même reconnaissance.

C’est le rôle du chef de l’Etat que de rassembler la Nation, plutôt que de la fracturer. »

 

II- Guerre d’Algérie : « Quand la repentance sélective dédouane le gouvernement français de sa responsabilité dans le désastre algérien »

 

La mémoire sélective tient lieu de morale politique pour ce gouvernement, tout comme pour certains de ces prédécesseurs, peut-on encore lire sous la plume de gens qui traduisent, semble-t-il avec justesse, leurs souffrances comme leurs questions auxquelles le Chef de l’Etat, s’il était (ce que l’on attend qu’il soit) parfaitement cohérent avec la démarche désormais entreprise, se devrait de répondre tant la vérité historique, en France comme en Algérie, est indivisible.

« Prétextant apporter des éclaircissements sur la disparition de Maurice Audin, Emmanuel Macron s’est rendu officiellement au domicile de Mme veuve Audin Josette ce jeudi 13 septembre 2018.

C’est pourtant par des affirmations de faits déjà connus de tous qu’il déclare officiellement « Le président de la République a […] décidé qu’il était temps que la Nation accomplisse un travail de vérité sur ce sujet. Il reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile. […] Il est mort sous la torture du fait du système institué alors en Algérie par la France. »

Au lieu d’un « en même temps », Emmanuel Macron nous sert là un coup double : un, je me repens auprès des communistes (à la veille de la Fête de l’Humanité), deux, j’envoie un nouveau message de condescendance envers le gouvernement FLN de l’Algérie. Et on serait tenté de dire que les immigrés d’origine algérienne et leurs descendants ainsi que les militaires de l’époque, les rapatriés Pieds-Noirs et les Harkis ne sont pas non plus oubliés, en tant que destinataires de messages subliminaux au sujet de l’Algérie Française.

Sous couvert de réparation morale envers la veuve de Maurice Audin, le président français a surtout tenu à présenter officiellement l’irrépressible besoin de repentance de certains français. Mais alors, pourquoi seulement dans le cas « Audin » ?

« C’est l’occasion pour Emmanuel Macron de reconnaître une forme de responsabilité de l’État dans l’utilisation de la torture pendant la guerre d’Algérie à travers l’existence d’un « système légalement institué » répond France Inter.

Maurice AUDIN était un militant communiste au Parti Communiste Algérien et fréquenta aussi l’association des étudiants musulmans, l’AEMAN (devenue en 1955 l’UGEMA).

En tant que terroriste, ou supposé tel par les services compétents du renseignement de l’époque, il était de ceux qui prônaient la violence comme moyen de déstabilisation d’un pays dans lequel on cherchait à implanter un changement radical et anti-démocratique de gouvernance.

Il était de ceux qui cherchaient à inverser le paradigme « je suis un peuple oppressé, donc je me révolte, j’assassine et je détruis » pour le remplacer par le très efficace « je me révolte publiquement, j’assassine avec fracas et je détruis aux yeux de tous, donc mes spectateurs pensent que je suis un peuple oppressé ».

Il était de ceux qui fabriquaient ou fournissaient au FLN ou posaient des bombes dans des lieux publics à Alger en 1956 et 1957. Il fut arrêté par des éléments du 10ièmeREP qui étaient en charge du maintien de la paix dans Alger et ses environs, à la suite d’un attentat commis par un autre militant du PCA et qui fît 8 morts et 92 blessés. L’auteur de l’attentat fut hébergé et soigné au domicile des Audin et c’est cela qui constitua la raison de l’arrestation de Maurice Audin.

Les associations de défense des droits des familles de disparus de l’Algérie Française, ne pourront que souscrire à cette démarche de vérité sur cette affaire Audin. Le respect dû à sa famille et ses proches exigeait une déclaration claire et honnête, même si les faits étaient connus ou largement pressentis depuis longtemps.

Pour autant, il est nécessaire de rappeler que la vérité sortant du puits éclaire soudain de tous les côtés : si la déclaration élyséenne nous explique pourquoi le gouvernement français est responsable de cette mort, alors il explicite et justifie aussi, aux yeux de tous, pourquoi Maurice Audin a été arrêté et torturé.

S’il a été arrêté et torturé à travers l’existence d’un « système légalement institué », c’est donc que Maurice Audin avait commis ou était supposé (par ce système) avoir commis des actes répréhensibles envers le peuple Français.

Voici maintenant clairement posé le schéma logique des causalités, que la déclaration de M.Macron nous engage à accepter : Maurice Audin fut un militant communiste et activiste qui commit des actes qui contrevenaient à l’ordre public => il fut arrêté et torturé par les militaires qui étaient été investis légalement de la mission de maintien de l’ordre par le gouvernement de l’époque => le gouvernement actuel s’engage (donc) à une obligation de reconnaissance du crime commis envers Maurice Audin ainsi qu’à une obligation de transparence totale vis à vis des archives militaires et civile de l’époque.

Mais alors, il faudra venir expliquer auprès des veuves des veufs et de tous les descendants de Pieds-noirs et de Harkis quelles bombes avaient fabriqué ou posé les 282 victimes civiles de la rue d’Isly en mars 1962, il faudra aussi nous révéler quels crimes avaient commis les 2000 ou 3000 disparus du mois d’août 1962 dans l’Oranais ainsi que les dizaines de milliers de Harkis pendant la guerre. Car là aussi, figurez-vous, c’est le fameux « système légalement institué » qui a ordonné l’exécution des manifestants pacifistes de la rue d’Isly à Alger. Car là aussi, c’est ce trop fameux « système légalement institué » qui a demandé aux militaires français de ne pas intervenir lors des émeutes d’août 1962 à Oran, encadrées par le FLN.

Toutefois, une déclaration annexe du président est à même de nous faire espérer que la reconnaissance de la responsabilité de l’état français pourrait un jour être officiellement reconnue, comme pour Maurice Audin.

Selon les sources d’informations sur ces déclarations, on trouve ainsi :
« Le chef de l’État va annoncer sa décision d’ouvrir toutes les archives liées aux disparus de la guerre d’Algérie » qu’il ne faut pas confondre et réduire à « Emmanuel Macron va reconnaître une forme de responsabilité de l’État dans la torture pendant la guerre d’Algérie, un « système légalement institué » » et encore moins être substituée par la formulation très restrictive

« Le président de la République va annoncer sa décision d’ouvrir toutes les archives nationales pour qu’enfin on sache ce qui est arrivé exactement au mari de Josette Audin ».

Donc, à la condition que l’ouverture des archives nationales et militaires de l’époque ne se limite pas à « ce qui est arrivé exactement au mari de Josette », les associations seront probablement reconnaissantes au gouvernement français de l’application de son devoir de mémoire.

Pour les morts et les disparus de la guerre d’Algérie. Pour le respect et la compassion dus à leurs proches et à leurs familles. »

On attend qu’il en aille de même en Algérie. Parions que l'on risque d'attendre encore longtemps avant de réellement chasser les ombres et les fantômes, notamment en Algérie, d'un "Passé qui ne passe (décidément) pas", pour reprendre ici l'expression de l'historien Henri Rousso à propos de son ouvrage consacré à Vichy ( Vichy, un passé qui ne passe pas, avec Éric Conan, 1994).

On n'ouvre pas impunément la boîte de Pandore.

 

 

Notes et sources :

A propos de la Guerre d’Algérie on lira le remarquable ouvrage d’Alistair Horne :

Alistair Horne, Histoire de la Guerre d’Algérie, Éditeur : Albin Michel (23/04/1980)

Sans omettre :

Guy Pervillé, « Historiens de la guerre d’Algérie : quels engagements ? », Les Cahiers d’EMAM [En ligne], 23 | 2014, mis en ligne le 26 mai 2014, consulté le 18 septembre 2018. URL : http://journals.openedition.org/emam/710&nbsp ; ; DOI : 10.4000/emam.710

Voir aussi l'apport et le bilan intermédiaire d'une nouvelle et passionnante historiographie sur la question avec de nouveaux chercheurs :

Thénault, S. (2004). Travailler sur la guerre d'indépendance algérienne : Bilan d'une expérience historienne. Afrique & histoire, vol. 2,(1), 193-209. https://www.cairn.info/revue-afrique-et-histoire-2004-1-page-193.htm.

Aïssa Kadri, Moula Bouaziz, Tramor Quemeneur, "La Guerre d’Algérie revisitée’’ (éditions Karthala, 396 pages)

https://www.huffpostmaghreb.com/2015/02/26/guerre-dalgerie-histoire-_n_6751322.html

Voir aussi :

Antony Beevor, The Battle for Spain : The Spanish Civil War 1936-39, Penguin Books (June 1st 2006)

Cercle algérianiste (citation) :

http://resistancerepublicaine.eu/2018/09/14/audin-le-cercle-algerianiste-denonce-le-deux-poids-deux-mesures-de

Voir aussi :

http://www.leparisien.fr/elections/presidentielle/pensez-vous-qu-emmanuel-macron-a-derape-en-parlant-de-la-colonisation-16-02-2017-6686799.php

http://www.leparisien.fr/politique/macron-sur-la-colonisation-les-historiens-ont-apporte-la-preuve-de-massacres-juge-stora-17-02-2017-6687714.php

A propos d’Oran :

On lira avec intérêt l’histoire d'un héros, le lieutenant Rabah Kheliff, qui sauva d’un massacre épouvantable les citoyens promis à la mort du fait de leur abandon par le général J. Katz

http://magoturf.over-blog.com/2015/07/5-juillet-1962-a-oran-un-crime-d-etat-suite.html

H.P.Lovecraft, courte et excellente nouvelle (version anglaise) :

H. P. Lovecraft," The Statement of Randolph Carter ". The Vagrant, May 1920.

https://www.creepypasta.com/statement

Guy Pervillé

Professeur émérite, Histoire contemporaine, Université de Toulouse-Le Mirail & FRA.M.ESPA, France méridionale et Espagne, Histoire des sociétés du Moyen-Âge à l'époque contemporaine. Ancien élève de l’École normale supérieure et ancien pensionnaire de la Fondation Thiers, Guy Pervillé a enseigné, en tant que spécialiste de l’histoire de l’Algérie contemporaine et de sa guerre d’Indépendance, dans les universités de Rouen, Limoges, Bordeaux-III, Nice et Toulouse-Le Mirail, avant de prendre sa retraite comme professeur émérite en 2011.

Principales publications :

Pour une histoire de la guerre d’Algérie, Paris, Picard, 2002.
Atlas de la guerre d’Algérie (cartographie de Cécile Marin), Paris, Autrement, 2003, 2006 et 2011.
La Guerre d’Algérie, Paris, PUF, coll. « Que-sais-je ? », n° 3765, 2007 et 2012.
La France en Algérie, 1830-1954, Paris, Autrement, 2012 [prix Lyautey 2012 de l’Académie des sciences d’Outre-mer].
Les Accords d’Évian (1962). Succès ou échec de la réconciliation franco-algérienne (1954-2012), Paris, Armand Colin, 2012.

Henri Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, avec Éric Conan, 1994

 

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105 réactions à cet article    


  • Sébastien A. 18 septembre 11:26

    Merci pour votre article qui rappelle que le passé et l’histoire sont plus complexes qu’on ne veut nous le faire croire et qu’il est plus difficile de le regarder en face de manière objective que de faire quelques génuflexions à visée « bien-pensante » et électoraliste.


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 16:14
      @Sébastien A.

      Merci pour votre article qui rappelle que le passé et l’histoire sont plus complexes qu’on ne veut nous le faire croire et qu’il est plus difficile de le regarder en face de manière objective que de faire quelques génuflexions à visée « bien-pensante » et électoraliste.

      Effectivement.
      Il ne s’agit pas de génuflexions mais plutôt de reptations...

      Bien à vous,
      Renaud Bouchard

    • jef88 jef88 18 septembre 11:44
      La guerre d’Algérie s’est terminée début 1962 , j’ai fait mon service militaire en novembre 63 ....
      DONC, Je me suis senti concerné et comme les copains j’était prét, psychologiquement à y aller .....
      Depuis je me suis fait 3 remarques :
      1 - Certains algériens, pas tous, voulaient leur indépendance.
      2 - L’URSS soutenait le FLN avec vigueur.
      3 - Les USA voyaient d’un mauvais oeuil la richesse coloniale de la France, en particulier pétrolière....
      DONC : certains français, portés par leur naïveté et/ou leurs opinions politiques ont été poussés à la trahison !

      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 16:15
        @jef88
        On ne trahit pas son pays.
        Jamais.

        Renaud Bouchard

      • Durand Durand 21 septembre 08:11

        @Renaud Bouchard


        J’ai lu avec intérêt votre article et bon nonmbre de commentaires et je reviens au votre :

        « On ne trahit pas son pays. Jamais. »

        Je pense que Macron, en soulevant l’affaire Audin, poursuit plusieurs objectifs dont un, qui est dans le droit fil de l’ultra libéralisme : la banalisation de la trahison participe en effet à l’affaiblissement et à la destruction de la Nation.




      • gardiole 18 septembre 11:44

        On entendait à la radio « le cadavre atrocement mutilé d’un gendarme (ou policier, ou militaire) a été retrouvé... » Je ne savais pas, à l’époque, ce que voulait dire « atrocement mutilé ».



        • oncle archibald 18 septembre 11:52

          Les « accords d’Evian » qui ont été signés entre les représentants du gouvernement Français et les représentants du « gouvernement provisoire » d’une future République Algérienne étaient assez détaillés pour que l’on sache qu’ils n’ont pas du tout été respectés par la partie Algérienne.

          On peut en rouver le texte in extenso ici : http://www.axl.cefan.ulaval.ca/afrique/algerie-accords_d’Evian.htm

          Les accords signés prévoyaient qu’au cas ou le referendum d’autodétermination donnerait l’indépendance à l’Algérie, ce dont personne ne doutait, les ressortissants Français qui souhaitaient rester sur le territoire Algérien auraient les mêmes droits civiques que les Algériens, que leurs droits de propriété seraient respectés, qu’aucune mesure de dépossession ne serait prise à leur encontre sans l’octroi d’une indemnité équitable préalablement fixée !

          Or dès cette signature et avant même le referendum d’autodétermination les Français originaires de métropole et les Algériens qui s’étaient engagés en qualité de supplétifs dans l’armée Française furent obligés de choisir entre « la valise ou le cercueil ».

          Des massacres massifs ont eu lieu et si notre Président vient à juste titre de reconnaitre les torts du gouvernement de l’époque dans les massacres et les tortures imputables à l’armée Française avant la proclamation de l’indépendance, il devrait en contre partie et pour en finir vraiment avec ce qui depuis longtemps empoisonne les relations entre la France et l’Algérie, exiger que les Algériens à leur tour reconnaissent les violations des accords signés à Evian et les massacres de civils tant Français de souche qu’Algériens accusés de collaboration avec l’armée Française.

          On ne peut pas se contenter d’une moitié de vérité !


          • Le Panda Le Panda 18 septembre 12:00

            @oncle archibald
            Bonjour

            Des massacres massifs ont eu lieu et si notre Président vient à juste titre de reconnaitre les torts du gouvernement de l’époque dans les massacres et les tortures imputables à l’armée Française avant la proclamation de l’indépendance, il devrait en contre partie et pour en finir vraiment avec ce qui depuis longtemps empoisonne les relations entre la France et l’Algérie, exiger que les Algériens à leur tour reconnaissent les violations des accords signés à Evian et les massacres de civils tant Français de souche qu’Algériens accusés de collaboration avec l’armée Française.

            On ne peut pas se contenter d’une moitié de vérité !

            Oui je partage tout ou partie de ce commentaire, mais un article à lui seul ne peut tout résumer, je le cite juste plus bas, dans mon commentaire merci


          • njama njama 18 septembre 12:46
            @oncle archibald
            Non, ce n’était pas la valise ou le cercueil comme d’aucuns se plaisent à dire, ce n’était pas l’expulsion des français par les algériens en 1962, les français pieds noirs sont partis d’eux-mêmes ... la peur les a repoussés sur l’autre rive d’où leurs ancêtres étaient venus.

            Autre explication :
            Sans valise ni cercueil, les pieds-noirs restés en Algérie

            mai 2008
            Depuis quarante-cinq ans, les rapatriés ont toujours soutenu l’idée qu’ils avaient été « obligés » de quitter l’Algérie au moment de l’indépendance en 1962, car, menacés physiquement par les « Arabes », ils n’auraient pas eu d’autre choix. Pourtant, à la fin de la guerre, deux cent mille pieds-noirs ont décidé de demeurer dans le nouvel État. Témoignages de personnes qui y vivent encore aujourd’hui.
            [...] « Nous vivions de facto avec un sentiment de supériorité. Nous nous sentions plus civilisés »

            Mais, si la raison véritable de cet exode massif n’était pas le risque encouru pour leur vie et leurs biens, qu’y a-t-il eu d’autre ? Chez Jean-Bernard Vialin, la réponse fuse : « La grande majorité des pieds-noirs a quitté l’Algérie non parce qu’elle était directement menacée, mais parce qu’elle ne supportait pas la perspective de vivre à égalité avec les Algériens ! »
            [.......]
            Entre 1992 et 1993, la chercheuse Hélène Bracco a parcouru l’Algérie à la recherche de pieds-noirs encore vivants. Elle a recueilli une soixantaine de témoignages, dont elle a fait un livre, L’Autre Face : « Européens » en Algérie indépendante (8). Pour cette chercheuse, « la vraie raison du départ vers la France se trouve dans leur incapacité à effectuer une réversion mentale. Les Européens d’Algérie, quels qu’ils soient, même ceux situés au plus bas de l’échelle sociale, se sentaient supérieurs aux plus élevés des musulmans. Pour rester, il fallait être capable, du jour au lendemain, de partager toutes choses avec des gens qu’ils avaient l’habitude de commander ou de mépriser ».
            [...]
            https://www.monde-diplomatique.fr/2008/05/DAUM/15870


          • oncle archibald 18 septembre 16:05

            @njama

            Pourriez vous me dire quelle est la proportion des « métropolitains » qui sont partis en urgence et celle de ceux qui, comme Madame Cécile Serra dont le Monde Diplomatique cite la (trop) belle histoire, sont restés en toute quiétude ?

            Vous voulez me dire que ça n’a pas été comme en France à la libération en 1945, époque à laquelle n’importe quel petit con mal inspiré et avec une mitraillette en bandoulière pouvait, en qualité de « vainqueur » venir exterminer une famille entière qui pour une raison quelconque, voire pour une raison supposée ou inventée, ne lui plaisait pas ? Vous contestez les évènements rapportés par le lieutenant Rabah Kheliff au sujet des évènements du 5 Juillet 1962 à Oran ?


          • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 16:12
            @oncle archibald

            Bonjour et merci pour vos observations très intéressantes.

            Je partage votre analyse des Accords d’Evian dont il me semble qu’ils devraient être révisés dans leur déclinaison contemporaine, ce qui permettrait de lever de sérieux obstacles et des non-dits importants qui empoisonnent depuis des années les relations entre la France et l’Al

            Mal conçus, victimes de sérieux coups de canif parce qu’ils étaient fragiles, ces accords n’ont plus aucune valeur.

            Permettez-moi de vous suggérer la lecture de ce qu’en dit un très bon historien :Guy Pervillé, Les accords d’Evian (1962). Succès ou échec de la réconciliation franco-algérienne (1954-2012). Paris, Armand Colin, Collection U, Histoire, « Les événements fondateurs », septembre 2012, 288 p. ISBN 978-2-200-24907-6


          • gardiole 18 septembre 19:34

            @njama

            Je ne trancherai pas. Mais le FLN a tout de même poussé ces gens au départ par ce genre d’action (une parmi d’autres) :
            Un paisible musicien dont le tort était d’être juif.
            Peut-être aura-t-il suffi que certains prennent peur pour que d’autres suivent ?

            Quand au sentiment de supériorité, comme déjà dit je ne sais pas, mais j’ai eu l’impression que nombre de rapatriés avaient le sentiment que la colonisation était bénéfique pour les Algériens « après tout ce que nous avons fait pour eux » était leur leitmotiv. Et ils n’ont pas compris pourquoi les Algériens ont voulu l’indépendance.

          • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 21:00
            @oncle archibald

            "Des massacres massifs ont eu lieu et si notre Président vient à juste titre de reconnaitre les torts du gouvernement de l’époque dans les massacres et les tortures imputables à l’armée Française avant la proclamation de l’indépendance, il devrait en contre partie et pour en finir vraiment avec ce qui depuis longtemps empoisonne les relations entre la France et l’Algérie, exiger que les Algériens à leur tour reconnaissent les violations des accords signés à Evian et les massacres de civils tant Français de souche qu’Algériens accusés de collaboration avec l’armée Française.
            On ne peut pas se contenter d’une moitié de vérité !"

            Effectivement.
            Bien à vous,
            Renaud Bouchard

          • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 21:09
            @gardiole

            Qui de mieux qu’Enrico Macias pour nous présenter son beau-père Tonton Raymond, qui était aussi son Maître de musique arabo-andalouse, le Malouf, avec ce bref extrait de son livre « Mon Algérie » Plon éditeur 2001

            « …Comme nous tous, Raymond a grandi aux sons du Malouf, qui rythme toute la vie à Constantine. Très jeune, il se met au oud,le luth arabe, et son talent est éclatant. Pour couronner le tout, Dieu l’a doté d’une voix sublime dont il émane je ne sais quelle nostalgie immémoriale. Quoiqu’il chante, c’est une prière ardente qu’on entend monter. Son chant semble prendre sa source en Dieu, traverser l’Andalousie de nos pères et les siècles afin d’enchanter l’âme de son auditoire. Sa musique vous serre le cœur parce qu’elle évoque le paradis perdu. Il faut dire que plus que quiconque, mon beau-père était lui-même la synthèse du brassage qui, au IXe siècle avait donné naissance aux noubas arabo-andalouses. Né d’une mère chrétienne, sa famille d’adoption lui a inculqué le judaïsme, l’Algérie lui a donné son mode de vie et ses valeurs, et la France lui a transmis sa culture. Bien que parfaitement francophone, sa langue courante est l’arabe dialectal tandis qu’il ne chante qu’en arabe classique. Enfin, grâce à l’étude de la Torah, il possède l’hébreu. Au lieu d’être écartelé entre trois civilisations, il les a fondues en lui par la grâce de son alchimie personnelle. Il ne pouvait pas faire autrement que de devenir le symbole du Malouf. Il était né pour ça. C’était sa mission…. »

            Hommage d’Alexandra Leyris, petite fille du chanteur à son grand-père :

            Aujourd’hui je tiens à rendre un hommage particulier à mon grand-père paternel Raymond Leyris (zal) lâchement assassiné le 22 juin 1961.

            Son assassinat par le FLN marqua le départ massif de la communauté juive constantinoise, et plus globalement algérienne.

            Mais qui était Raymond Leyris ?

            Maître de la musique arabo-andalouse, il est un symbole de la fraternité judéo-arabe qui s’exprima en musique entre les années 1930 et 1950.

            Raymond Leyris est né en 1912, d’un père juif originaire de Batna, la capitale des Aurès et d’une mère française.

            Il est abandonné par sa mère, à la suite de la mort de son père sur le front de la Somme, pendant la Première Guerre mondiale, et est adopté par une famille juive pratiquante très pauvre.

            Attiré par la musique, il se forme au malouf avec les Cheikhs Omar Chaklab et Abdelkrim Bestandji.

            Le malouf est la forme constantinoise de la musique savante issue de la tradition musicale arabo-andalouse. Patrimoine commun aux musulmans et aux juifs, le malouf célèbre l’amour courtois.

            Devenant progressivement l’égal de ses maîtres de musique, Cheikh Raymond est respecté aussi bien par les Juifs que par les musulmans d’Algérie, qui l’appellent dès le milieu des années 1930 « Cheikh Raymond » en signe de respect.

            Joueur virtuose d’oud (luth arabe), il se produit durant des fêtes familiales, juives ou musulmanes, et dans des concerts ; il bénéficie d’une émission hebdomadaire à la radio et d’une émission régulière à la télévision et enregistre une trentaine de 33 tours entre 1956 et 1961, en plus de nombreux 78 tours.

            Mon grand-père est assassiné d’une balle dans la nuque, le 22 juin 1961, par le FLN, alors qu’il fait ses courses au souk de Constantine.

            Sa mort est perçue comme une rupture définitive qui marque l’impossibilité de rester en Algérie.

            La musique de Cheikh Raymond est préservée grâce à l’action de mon père et de son ami le professeur Raphaël Draï (zal) qui, dans les années 1970, est le premier à faire revivre sa mémoire.

            En 1994, la rencontre avec le talentueux musicien et musicologue Taoufik Bestandji, petit-fils du Cheikh Abdelkrim Bestandji, a permis la sortie de trois CD d’un concert donné en 1954 à l’Université populaire de Constantine.

            En 2011, le journaliste Bertrand Dicale publie une magnifique biographie consacrée à mon grand-père : “Cheikh Raymond, une histoire algérienne” que je vous invite vivement à lire.

            Alexandra Leyris



          • njama njama 19 septembre 10:45

            @oncle archibald

            @njama

            Pourriez vous me dire quelle est la proportion des « métropolitains » qui sont partis en urgence

            Ça ne pouvait pas aller plus vite que les navires. L’armée française n’a pas organisé l’exode des français d’Algérie autant que je sache, hormis les harkis.

            Ces Français qui n’ont jamais quitté Alger la Blanche
            6/03/2012
            [...] « Contrairement à l’idée généralement admise, le million de pieds-noirs n’a pas quitté l’Algérie aux premiers mois de l’indépendance, entre le printemps et l’été 1962. Ils étaient encore 200 000 en 1963, 80 000 en 1965, 50 000 en 1972, quelques milliers au début des années 1990. Et ils sont encore quelques dizaines ou centaines à toujours vivre dans leur pays de naissance. Les uns ont acquis la nationalité algérienne, les autres n’ont conservé que leur nationalité française. Tous n’acceptent pas d’être qualifiés de pieds-noirs, afin de mieux se distinguer des Français d’Algérie ayant gagné la métropole. Certains étaient des militants de l’indépendance, proches du FLN, mais bon nombre se sont tenus à distance et des combattants algériens et des partisans de l’Algérie française. »

            http://www.lefigaro.fr/international/2012/03/16/01003-20120316ARTFIG00639-ces-francais-qui-n-ont-jamais-quitte-alger-la-blanche.php


          • njama njama 19 septembre 10:51
            Concernant l’expression « la valise ou le cercueil », la paternité pourrait très bien en revenir à l’OAS... [ce sera] « la valise ou le cercueil » !

            Mais si on me trouve des faits qui pourraient attester que ce serait un appel du FLN je veux bien les prendre en considération. En attendant, faute d’éléments probants, je ne pense pas qu’il y a lieu d’en accabler le FLN.

          • Julien30 Julien30 19 septembre 11:30

            @njama

            « En attendant, faute d’éléments probants, je ne pense pas qu’il y a lieu d’en accabler le FLN. »
            Oui il ne faut pas accabler ces braves résistants, de toute évidence ce n’était pas le genre à faire ce type d’appel : https://www.youtube.com/watch?v=8t3BR6k3vNQ

          • njama njama 19 septembre 13:41

            @Julien30

            Je suis seulement le principe de ne pas accuser sans preuves. Quant aux crimes et exactions diverses elles ont eu lieu dans chaque camp, comme malheureusement depuis toujours dans tous les théâtres de guerre.

            D’autre part, je ne pense pas que brandir ce vieux slogan aux origines très incertaines puisse servir à l’apaisement des mémoires, à la réconciliation entre les deux rives, pas plus que d’exhumer le cas de cet infortuné Maurice Audin, ou d’autres fantômes du passé, martyrs pour bon nombre d’entre eux de la bêtise humaine.

          • Charles Martel Charles Martel 24 septembre 10:22

            @Renaud Bouchard

            il n’est pas dans la culture musulmane de demander pardon ou s’excuser. Vous pouvez donc attendre longtemps.

            C’est une faiblesse de nos racines chrétiennes et une exception dans l’ensemble des cultures et civilisations de notre monde qu’on imagine pourtant répandue partout. C’est faux.

            hors christianisme, la rédemption par le pardon des pêchés n’existe pas !




          • Le Panda Le Panda 18 septembre 11:54

            @Renaud Bouchard

            Bonjour

            « Le président de la République va annoncer sa décision d’ouvrir toutes les archives nationales pour qu’enfin on sache ce qui est arrivé exactement au mari de Josette Audin ». Donc, à la condition que l’ouverture des archives nationales et militaires de l’époque ne se limite pas à « ce qui est arrivé exactement au mari de Josette », les associations seront probablement reconnaissantes au gouvernement français de l’application de son devoir de mémoire. Pour les morts et les disparus de la guerre d’Algérie. Pour le respect et la compassion dus à leurs proches et à leurs familles. »

            Article bien étayé il me semble qu’il manque juste une phrase dans la mesure ou je puisse me le permettre :

            Nous serons toujours et pour bien des temps sur : Des Rives Interdites de part et d’autres non ?


            • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 16:03

              @Le Panda


              Bonjour et merci pour votre contribution.

              Je ne puis vous répondre quant à la question de savoir si nous serons toujours et pour bien des temps sur des Rives Interdites de part et d’autre.

              La somalisation d’une partie de l’Afrique du Nord, les questions relatives à une poussée migratoire démentielle, le mirage d’une intégration communautaire harmonieuse, l’échec du multiculturalisme et l’islamisation croissante, le terrorisme et les difficultés économiques, les réactions dites « populistes » et « illibérales », la cécité volontaire et criminelle d’une UE qui court à sa perte, autant de paramètres qui viennent troubler ce qui devrait être l’usage et la fréquentation harmonieuse de la Méditerranée par ses riverains.

              Bien à vous,
              Renaud Bouchard

            • Le Panda Le Panda 18 septembre 17:01

              @Renaud Bouchard
              Bonjour et réponses en deux segments.

              En 1er lieu je respecte pleinement votre position dans le cas contraire nous ne serions pas sur un forum citoyen. Je relève le fait : Rives Interdites de part et d’autre(s) J’aurai dû être plus explicite. Chaque refugié en France arrive d’une colonie, alors que les pays d’Afrique sont plusieurs à avoir pour visés les côtes de la Méditerranée. Donc je pense sauf erreur de ma part que le « s » à : autres se justifié. (à suivre)

              Bien à vous

              Le Panda Patrick Juan. 


            • Le Panda Le Panda 18 septembre 17:25

              @Renaud Bouchard
              Bonsoir Monsieur Renaud Bouchard

              (suite) La somalisation d’une partie de l’Afrique du Nord, les questions relatives à une poussée migratoire démentielle, le mirage d’une intégration communautaire harmonieuse, l’échec du multiculturalisme et l’islamisation croissante, le terrorisme et les difficultés économiques, les réactions dites « populistes » et « illibérales », la cécité volontaire et criminelle d’une UE qui court à sa perte, autant de paramètres qui viennent troubler ce qui devrait être l’usage et la fréquentation harmonieuse de la Méditerranée par ses riverains.

              Il me semble que vous soulevez divers problèmes. L’essentiel à mon sens et débattons en si vous le souhaitez, sont les diverses modifications que M. Macron met en place, en divers domaines : santé, éducation nationale, emplois, etc...Je n’ai prit que trois exemples la santé car dans les amphithéâtres de médecine les étudiants ne sont plus environ 200, mais plus de 1000 par cours. Moralité il est impossible pour un seul professeur de réussir à fournir un cours positif, la restriction sur le plan de l’éducation nationale a pour cause : les directives de l’U.E. et des nations à ne pas pouvoir disposer de leurs acquits, d’où la France occupe dans le 1er cas la 24 eme place en Europe sur 26, la seconde la 25 eme place sur 26. Il reste le grand dilemme de l’emploi, où nous sommes obligés de constater que la cécité des fiances ne pourra jamais stabiliser l’échec du multiculturalisme, à laquelle se mêle divers paramètres dont il est difficile voire plus que d’accepter la radicalisation religieuse qui entraine certains crimes édictés par des conceptions diverses. Je l’explique, bien plus en détails, dans deux ouvrages écrits et publiés.

              Merci de nos échanges.

              Bien à vous

              Le Panda Patrick Juan 


            • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 21:01
              @Le Panda
              Merci beaucoup pour vos commentaires et à bientôt !
              Renaud Bouchard

            • njama njama 18 septembre 12:31
              J’étais encore en culottes courtes à l’époque de ces ultimes tribulations françaises en Algérie française, et bien à postériori, je me dis que la France n’a eu que ce qu’elle méritait.
              Elle était venue la coloniser au XIX°, elle n’a pas fait œuvre de civilisation, et elle a été foutue dehors. Bien fait !
              Je simplifie.
              Peut-être aurait-il fallu pour changer le cours de l’histoire, et éviter l’écueil de cette vilaine guerre, abolir simplement le Code de l’indigénat, accorder la citoyenneté française à part entière à tous les algériens, et pas que aux Juifs d’Algérie selon le Décret Crémieux.
              La France, puissance coloniale, n’y était pas prête. Ou nos gouvernants trop timorés pour faire le pas (?), car c’était prendre le risque de perdre leur électorat.

              Les victimes de cette guerre, dans les deux camps, sont les victimes d’une histoire qui a mal tournée, comme dans toutes les guerres, ou presque.



              • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 15:56
                @njama

                Sans doute eût-il fallu écouter Ferhat Abbas, par exemple, et ne pas le trahir, comme le firent la France et l’Algérie.

                Avec du recul force est de constater que de quelque manière que l’on puisse tenter de retourner le problème, il est évident que de toute façon es jeux étaient faits et les carottes cuites à point.

                Une période touchait à sa fin, celle de la Colonisation, avec ses excès comme ses réussites.

                On aurait simplement pu faire l’économie de conflits ineptes et sanglants.

                Bien à vous,

                Renaud Bouchard



              • njama njama 18 septembre 16:09
                @Renaud Bouchard

                Bien d’accord. La France a perdu sa chance je crois, mais si on ne refait pas l’histoire, il est toujours possible de ne pas refaire les mêmes erreurs.

                J’ai cru comprendre que la guerre d’Algérie aurait pu être beaucoup plus courte, mais la France n’était pas prête à abandonner quelques intérêts économiques, pas plus qu’à arrêter ses essais nucléaires dans le Sahara, ce qui se sait beaucoup moins. Les Accords secrets permettront qu’ils continuent après l’indépendance. A ce stade l’histoire est plus prosaïque.
                Bien à vous
                Merci pour l’article.

              • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 16:26

                @njama


                Le Sahara, les hydrocarbures et les expérimentations nucléaires constituent un autre volet particulièrement passionnant.

                Nous reviendrons sur cette question.

                Renaud Bouchard

              • njama njama 18 septembre 12:36
                Maurice AUDIN militant communiste, qui rejoint le FLN (le camp de l’ennemi vu de la France), ça paraît juste logique, il va jusqu’au bout de ses convictions politiques.


                • njama njama 18 septembre 13:10
                  Macron va-t-il nous sortir la liste de tous les pensionnaires de la Villa Sésini à Alger entre 1954 et 1962 ?

                  Sait-il dans quoi il met les pieds !!!!!!!!

                  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 15:44
                    @njama


                    « M.Macron va-t-il nous sortir la liste de tous les pensionnaires de la Villa Sésini à Alger entre 1954 et 1962 ?Sait-il dans quoi il met les pieds ! »

                    Bonne remarque et bonne question.

                    Le parc immobilier de villas splendides qui servaient de confessionnal était important : Villa Sesini (bravo pour avoir évité l’erreur habituellement commise pour parler de cette maison), Villa des Roses, Villa Mireille...

                    Lire ci-après l’histoire de la diffusion des métastases :


                    Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort : l’école française, La Découverte, Paris, 2004, édition poche, 2006. Le documentaire a reçu le Prix du meilleur documentaire politique (Laurier du Sénat), le Prix de l’investigation du FIGRA, le Prix du mérite de la Latin American Studies Association (LASA). Ce film est disponible en DVD (Editions ARTE).

                    Renaud Bouchard

                  • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 18 septembre 13:25
                    @Renaud Bouchard

                    Voilà que vous tremblez devant quelque nano-vérité !

                    Maurice AUDIN avait moins de chance que JANSON et c’est tout ... Il avait péri dans l’exercice de ses « fonctions ». En étant au contact de deux « organisations » que nous n’avons plus besoin de qualifier aujourd’hui, l’une d’elle l’avait supprimé...Personne ne connaîtra jamais la vérité. Dans tout ce que vous avez dit (vous reprenez ce que d’autres avaient déjà raconté des milliers de fois), cependant vous ne mentionnez pas le nom du terroriste JANSON que Di Goule le Grand chameau avait sauvé en 1962 en annulant son procès ! Je vous rappelle donc ce que j’ai dit des centaines de fois : Le vrai problème aujourd’hui est que les Français se croient encore les plus intelligents ! Non vous ne l’êtes pas, vous ne le serez jamais ! Je vous mets dans le même sac qui contient cette catégorie « Algériens » qui parlent des « Amis de l’Algérie » et je vous invite à lire ici https://www.facebook.com/M.A.Madjour l’une de mes réactions suite aux histoires sur « l’affaire AUDIN »...

                    Mais si vous voulez comprendre l’histoire française en Afrique du Nord, ne plongez surtout pas dans les archives pourries... Lisez ma « SYNTHÈSE DES ÉVÉNEMENTS HISTORIQUES » de 2003 et vous apprendrez à garder le silence devant les plus grandes « HAUTES TRAHISONS » !

                    Voulez-vous retenir ce verdict : Ou la « Question algérienne » est remise sur la table pour qu’elle soit solutionnée par la Vérité historique et la Justice, où les Deux Rives ne connaîtront jamais la paix !

                    • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 18 septembre 13:34

                      @Renaud Bouchard


                      Suite publiée sur facebook le 15 septembre suite au torchon du faux journal algérien.

                      Ma réaction suite à : https://www.lesoirdalgerie.com/actualites/macron-brise-un-tabou-11173


                      «  »ON SE DEMANDE POUR QUI TRAVAILLENT CES JOURNALISTES IGNORANTS«  » !

                      «  »Cette affaire n’est pas l’arbre qui cache la foret : C’est la charpente métallique parisienne qui cache la Galaxie !

                      - D’abord Maurice AUDIN était un Français, il était membre du PCA (Parti Communiste Algérien) d’avant 1962, c’est-à-dire le Parti Communiste de l’Algérie Française. NOUS, nous étions des indigènes !

                      - Ensuite Maurice AUDIN en tant que Français était victime du régime français sans que personne ne sache aujourd’hui de quoi il s’agissait vraiment. Affaire d’Etat !!! On regrette l’acte de l’assassinat mais on n’a rien à voir dans une affaire franco-française !

                      - Enfin, Maurice AUDIN était citoyen français et Macron vient de faire semblant de régler une « affaire criminelle d’Etat » qui intéresse d’abord la famille de la victime et ensuite l’opinion publique française qui ne sait rien de ce qui s’était passé dans les années cinquante du siècle dernier. La Vérité de cette affaire regarde exclusivement le peuple français !

                      Conclusion : Est-ce un événement ? L’ETAT FRANÇAIS VEUT CLASSER UNE AFFAIRE D’ÉTAT QUI HANTE LA MÉMOIRE DES FRANÇAIS DEPUIS PLUS D’UN DEMI-SIÈCLE ! Réussira t-il, ou pas ce n’est pas notre affaire !

                      Ceci dit :

                      - Est-ce que Macron accepte de reconnaître que la France avait torturé des milliers de Mohammed, de Kader, d’Ali, de Slimane, de Belkacem, de Said, de Messaoud, d’Arezki, de Djaffar... ?

                      - Est-ce que Macron accepte de reconnaître que la France avait appliqué le terrorisme barbare en Algérie ?

                      ALORS Macron !!! ET LES MORTS NORD AFRICAINS ???«  »



                      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 13:58
                        @Mohammed MADJOUR
                        Bonjour Monsieur,

                        Calme, recul et sérénité.

                        Je vous invite à éviter toute passion malvenue en intervenant dans un forum d’échange et de discussion qui, vous l’aurez remarqué, s’attache à respecter les contributions de chacun en dehors de tout ressentiment et de tout propos excessif envers quiconque.

                        Dans le cas contraire je serai obligé de vous mettre hors débat.

                        Cet avis n’appelle aucun commentaire en retour de votre part.

                        Bien à vous,
                        Renaud Bouchard

                      • nono le simplet nono le simplet 18 septembre 14:24

                        @Renaud Bouchard

                        Je vous invite à éviter toute passion malvenue en intervenant dans un forum d’échange et de discussion
                        surprenant de dénoncer une chose qui risque de réveiller les passions et, en même temps, de demander à un intervenant de faire preuve de calme et de sérénité sous peine d’être viré des commentaires... j’y vois comme une contradiction d’autant que l’intervention de @Mohammed MADJOUR bien que véhémente soit correcte et argumentée ...
                        je ne vous salue pas M. Bouchard !

                      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 14:48
                        @nono le simplet

                        Hé bien moi je vous salue, Cher Monsieur.
                        Par simple politesse.
                        Intervention correcte et argumentée, bien que véhémente, écrivez-vous.
                        Il s’agit précisément de cela, encore que le reproche que vous faites à M. Madjour ( que je lis avec attention), me semble excessif.
                        Mais je vois que vous avez parfaitement saisi ce dont je parle : nulle véhémence, pas de mouvements d’humeur et encore moins de propos déplacés.

                        Bien à vous,
                        Renaud Bouchard

                      • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 18 septembre 15:07

                        @nono le simplet

                        Et moi je vous félicite pour avoir remis à sa place monsieur Bouchard. 
                        Je ne comprends vraiment pas ce qui fait croire à certains de se conduire encore au XXI siècle comme des instituteurs aux pays indigènes !!!

                      • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 18 septembre 15:15

                        @Renaud Bouchard

                        «  »Cet avis n’appelle aucun commentaire en retour de votre part.«  »

                        Vous n’êtes pas à la hauteur pour me faire taire, monsieur Bouchard. Ni vous ni aucun intellectuel, ni aucun historien et ni aucun scientifique Français. Si vous avez peur de la Vérité avouez-le, si vous essayez de m’intimider sachez que je ne crains personne. 

                        Devant tous les lecteurs d’Agoravox, je vous demande de justifier votre réaction trop inappropriée suite à ma PERTINENCE ! 

                        J’ai bien écrit sur ma fiche : Au service de la Vérité et de la Justice.


                      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 18 septembre 15:16
                        @Mohammed MADJOUR
                        Elève Madjour, pénalty !
                        Vous n’avez pas compris la règle du jeu.
                        Bon vent !
                        Renaud Bouchard

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