• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Déclaration commune pour l’Aide Active à Mourir

Déclaration commune pour l’Aide Active à Mourir

Les Associations soussignées : Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP), Conseil national des Associations Familiales (CNAFAL), Laïcité-Liberté, Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), Grande Loge Mixte de France (GLMF), Ligue du Droit International des Femmes (L.D.I.F) ,

Entendent donner leur point de vue dans le débat qui va s’ouvrir préalablement à la révision de la loi de bioéthique à propos de la revendication du droit de mourir dans la dignité.

La loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 garantit la liberté de conscience à tous les citoyens et constitue la clé de voûte de l’ensemble des libertés individuelles conquises durant le dernier quart du dix-neuvième siècle pour achever le processus d’émancipation politique engagé pendant la Révolution française qui a notamment dépénalisé le suicide. Elle assure à chacun la faculté de croire ou de ne pas croire dans un cadre juridique où l’Etat est étranger à toute influence cléricale. Dans ces conditions, dans tous les domaines de la vie civile, la loi devrait permettre à chacun d’exercer pleinement cette liberté de conscience, notamment dans celui le plus intime de la disposition de son corps, en levant les interdits qui en limitent la portée réelle.

Or, l’interruption volontaire de grossesse n’a été légalisée qu’au terme d’une mobilisation sans précédent ; la procréation médicalement assistée est enserrée dans les strictes conditions du seul traitement de l’infertilité de couples hétérosexuels et reste encore inaccessible aux personnes engagées dans des formes familiales nouvelles ; la recherche sur l’embryon, désormais autorisée, est soumise à tant d’exigences que son plein essor paraît encore devant nous.

Dans le pays où le suicide a été dépénalisé, dans la République où l’Etat est séparé des cultes depuis cent-douze ans, dans la nation dont certains des représentants ont parfois su faire preuve, en vain, de courage – nous pensons naturellement aux membres, toutes formations politiques confondues, de la commission des affaires sociales du Sénat en 2011 qui ont adopté une proposition de loi tendant à apporter une aide à mourir aux malades atteints d’une maladie incurable en phase terminale -, le législateur français est également resté sourd jusqu’à présent à la demande de la quasi-totalité des citoyens de disposer d’un droit à l’aide médicale à mourir. La loi du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie et instituant une « sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu’au décès, associée à une analgésie et à l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie » ne répond pas à cette exigence : elle ignore la liberté de conscience de l’individu en ce qu’elle lui laisse simplement le droit de demander l’interruption des soins.

La revendication d’une simple dépénalisation de l’acte d’euthanasie ne saurait davantage répondre à l’exigence démocratique de laisser à chacun le choix de sa fin de vie. A titre de comparaison, l’histoire de la répression de l’interruption volontaire de grossesse est éclairante. L’article 317 du Code pénal de 1810 condamnait à la réclusion ceux qui pratiquaient l’avortement et aux travaux forcés les praticiens y ayant concouru. Néanmoins, de 1897 à 1908, plus de 100 000 avortements sont pratiqués chaque année à Paris et les jurés populaires acquittent largement les prévenus : le taux de relaxe est alors de 72%. Pour le faire baisser, la Chambre « bleu horizon » adopte la loi du 27 mars 1923, qui complète celle de juillet 1920 réprimant toute incitation à l’avortement et à la contraception, correctionnalise l’avortement. C’est l’objet de la loi du 27 mars 1923. Elle complète celle de juillet 1920 qui réprime toute incitation à l’avortement et à la contraception. Entre 1925 et 1934, le taux de relaxe tombe à 19%. Les magistrats professionnels se sont montrés moins cléments que les jurés populaires. La loi du 15 février 1942 (sous le Régime de Vichy) fait de l’avortement un crime contre la sureté de l’Etat passible de la peine capitale. Il faut attendre la loi Simone Veil du 17 janvier 1975 pour donner aux femmes la liberté de disposer de son corps : aux termes de l’article L. 2212-1 du Code de la santé publique « La femme enceinte qui ne veut pas poursuivre une grossesse peut demander à un médecin ou à une sage-femme l’interruption de sa grossesse »

La simple dépénalisation de l’acte d’euthanasie ne peut offrir les garanties nécessaires à la liberté de conscience. Il convient donc d’ouvrir en faveur des individus un véritable droit à mourir dans la dignité, ce qui est le principe, ET de mettre en œuvre une aide active à mourir qui en serait l’outil.

C’est pourquoi les associations soussignées revendiquent qu’à l’occasion de la révision de la loi dite de « bioéthique », ce droit soit reconnu par le législateur. Celui-ci pourrait s’inspirer des législations étrangères comme la loi belge du 28 mai 2002 qui permet au médecin de pratiquer une aide médicale active à mourir à la demande volontaire, réfléchie et réitérée des personnes majeures ou émancipées en fin de vie en proie à des souffrances psychiques et/ou physiques qu’elles considèrent comme étant insupportables.

Les associations soussignées demandent au législateur d’établir une loi permettant de mourir dans la dignité, permettant une fin de vie apaisée.

Les associations qui souhaitent rejoindre cette Déclaration commune peuvent le faire en envoyant leur signatures à : CEFourmetot@orange.fr


Moyenne des avis sur cet article :  3.19/5   (16 votes)




Réagissez à l'article

61 réactions à cet article    


  • Christian Labrune Christian Labrune 6 mars 11:25

    Vive les Joyeux bouchers d’AgoraVox !

    Vive les Joyeux bouchers d’AgoraVox !

    Vive les Joyeux bouchers d’AgoraVox !

    VIVA LA MUERTE !


    • Ben Schott 6 mars 11:29

      @Christian Labrune
       

       
      Tu as les fils qui se touchent, Labrune, caaaalme-toi... smiley
       
       


    • Julien Esquié Julien Esquié 6 mars 11:59

      @Christian Labrune

      Et ceux qui souffrent les pires souffrances dans leurs derniers moments, les malades d’Alzheimer, les cancéreux qui endurent les douleurs les plus atroces, ceux qui demandent à mourir, et non les autres évidemment, que leur dit-on ?
      On ne leur dit mot - on leur adresse un monumental doigt d’honneur, parce que du côté de C. Labrune, on est capable d’endurer.


    • V_Parlier V_Parlier 6 mars 14:03

      @Julien Esquié
      Il y a déjà la loi Leoneti pour ces cas là. Ce qui est réclamé par ces nouveaux humanistes cités dans l’article, c’est d’étendre ce « droit » (autrement dit contraindre les médecins par la loi à appliquer des euthanasies sur tout candidat. Et après ils vont nous faire des pleurnicheries sur la peine de mort).


    • phan 6 mars 14:20

      @Ben Schott
      Avez-vous vu le bond de la crune ?


    • Julien Esquié Julien Esquié 6 mars 16:59

      @V_Parlier

      Je ne fais, pour ma part, aucune sorte de « pleurnicherie » sur la peine de mort, qui ne me pose aucun problème théorique. Exemple : A. Eichmann a été pendu, il a eu ce qu’il méritait, et c’est très bien.
      Je ne visais que le propos de C. Labrune, lequel est opposé à l’euthanasie sous toutes ses formes et ferait, très volontiers, emprisonner quiconque l’aurait pratiquée, volontairement, et ce quelles que soient les circonstances.


    • Julien Esquié Julien Esquié 6 mars 17:03

      @Julien Esquié

      J’ajoute que, sauf erreur de ma part, la notion de « clause de conscience » continue d’exister, tant et si bien qu’on ne saurait obliger un médecin, ni quiconque, à pratiquer un acte qui serait contraire à sa conscience.


    • Alren Alren 6 mars 19:57

      @Christian Labrune

      « VIVA LA MUERTE ! »

      Pas besoin de reprendre la devise des franquistes massacreurs pour réaffirmer que c’est vous qui, au nom de vos convictions religieuses, contrôlez la liberté d’autrui de mettre ou nom fin à leurs jours d’une manière qui ne les fait pas souffrir et non pas eux-mêmes selon la déclaration des Droits humains.

      On sait que le point commun à toutes les religions c’est de retirer son libre arbitre aux fidèles pour laisser la décision sur leur vie aux divinités ... représentées sur terre par d’autres hommes (pas de femmes !) autoproclamés interprètes de la parole divine.
      Mais cette soumission n’est plus en France que le fait d’une minorité même par ceux qui déclarent avoir des convictions religieuses.

      Plus loin dans les commentaires, on va jusqu’à prétendre que les médecins vont « trucider » des malades qui veulent vivre. Pour qui donc prend-on ces hommes et ces femmes dont la santé et la vie d’autrui est la passion ?

      Bien entendu la demande d’euthanasie ne peut être satisfaite par compassion que devant une demande expresse, constante du malade condamné ou s’il ne peut plus s’exprimer que par le témoignage de la personne de confiance qu’il a désignée qu’il ne souhaite pas un vain acharnement thérapeutique. Qui ne lui fera gagner que quelques jours de vie supplémentaires.
      Car on parle ici de malades n’ayant aucun espoir de guérison, pratiquement tous âgés et ayant donc leur vie derrière eux.

      Je regrette que l’auteur de l’article n’ait pas évoqué la proposition de loi de la France Insoumise sur la fin de vie contre laquelle ont voté mécaniquement contre les députés godillots macroniens. 


    • Christian Labrune Christian Labrune 7 mars 17:19

      c’est vous qui, au nom de vos convictions religieuses, contrôlez la liberté d’autrui de mettre ou nom fin à leurs jours d’une manière qui ne les fait pas souffrir et non pas eux-mêmes selon la déclaration des Droits humains.

      @Alren
      Je suis athée autant qu’on peut l’être, rationaliste en diable, et des expressions telles que « transcendance » ou « spiritualité » n’ont pour moi aucune espèce de sens. Si des religieux sont d’accord avec moi, c’est probablement pour d’autres raisons. C’est leur affaire, mais cela ne me dérange pas outre mesure.

      Je ne prendrai pas le temps de répondre au reste de votre intervention : d’un point de vue philosophique, ça n’a ni queue ni tête. Euthanasier, c’est tuer, même si ça vous défrise, et qui pratique l’euthanasie est forcément un assassin présentant toutes les dispositions mentales pathologique propres à cette catégorie d’individus. Je l’ai déjà expliqué plus longuement dans une autre intervention beaucoup plus bas. Au reste, vous vous voyez, vous, en train de tuer un de vos semblables ? Moi, pas du tout. C’est là-dessus qu’il conviendrait toujours de s’interroger avant de raconter n’importe quoi.


    • Julien Esquié Julien Esquié 7 mars 18:30

      @Christian Labrune

      Le sens de l’intervention est à peu près : quand on tue, on tue, quelles que soient les circonstances, DONC on est un assassin. Ce qui vaudrait pour les bourreaux. Mais aussi pour les gendarmes, les policiers, les militaires dans l’exercice de leurs missions.
      Assassins !
      Assassins !
      Un C. Labrune en pince pour l’armée : planqué derrière son ordinateur, expédier des gars ad patres, ou mettre en pratique leurs « dispositions mentales pathologiques », sur les futurs front turc, iranien, etc. - très bien ! Mais quand c’est un peu plus près de lui, une montée de moraline le contraint au demi-tour.
      Après tout, il nous aura expliqué que l’idée même de condamner à mort puis d’exécuter un assassin aussi atroce qu’A. Abaoud lui serait odieux, tandis que l’abattre dans un combat équilibré en plein centre de St.Denis lui semblait tout à fait acceptable. Il finira peut-être par accepter l’idée de l’euthanasie, à la condition qu’on donne une arme aux agonisants, pour qu’ils fassent mine de se défendre. On formera peut-être une nouvelle catégorie de médecins, les euthanasistes, à la guérilla urbaine.
      Pendant ce temps, des gens, des familles souffrent. Les C. Labrune s’en branlent : je ne vois pas d’autre mot.


    • Cateaufoncel 6 mars 11:37

      Pourquoi pas tout simplement l’euthanasie ?

      Ca fait trop IIIe Reich ?

      Comme le pacs a été le premier pas en direction du mariage « pour tous » et de l’homoparentalité, l’« aide à mourir » sera le premier pas sur le chemin de la liquidation des malades mentaux, des infirmes, des grabataires, des plus de 80 ans, des enfants handicapés, en gros de tous ceux qui coûtent à la société beaucoup plus qu’ils ne lui rapportent.

      Ceux de la CNAFAL s’insurgeront tous comme s’insurgeaient les invertis qui, la main sur le coeur, affirmait ne vouloir que le pacs et rien d’autre. On connaît la suite.


      • Nicolas_M bibou1324 6 mars 13:58

        @Cateaufoncel

        C’est quoi le problème ? Pour vous la vie est sacrée ? C’est votre vision des choses. Ne l’imposez pas aux 90% des français qui sont pour le suicide assisté et l’euthanasie.

        Une très très large majorité des français est pour la mort dans la dignité. Zéro pourcent est pour l’élimination systématique des grabataires et autres infirmes. Donc votre vision du futur est une pure affabulation, faut arrêter la fumette.

        Permettre aux gens de décider de se tuer est simplement l’expression de la volonté de la majorité.

      • Christian Labrune Christian Labrune 6 mars 14:50

        Permettre aux gens de décider de se tuer est simplement l’expression de la volonté de la majorité.
        ............................................................
        @bibou1324

        Je ne pense pas que votre interlocuteur se soit prononcé contre le suicide. C’est une question entre soi et soi, et chacun est évidemment tout à fait libre de mettre fin à ses jours s’il considère que ce qui lui reste à vivre ne mérite pas d’être vécu.
        Se suicider est une chose. Demander à quelqu’un d’autre de vous trucider, et par conséquent de devenir un tueur, c’est le comble de la lâcheté même s’il y a pas mal de pervers, y compris probablement dans le monde médical, qui sauteraient sur l’occasion. Comme ces gens, après la mort d’un Exécuteur des Hautes oeuvres de la république mort sans descendance, qui avaient écrit au Garde des Sceaux des lettres de motivation : ils aimaient bien tuer des animaux, ils faisaent ça très bien, ils présentaient toutes les dispositions souhaitables pour embrasser la carrière de bourreau.

        En tout cas, ce sont là des sortes d’individus que je range au nombre des assassins et que je ne tolèrerais pas de rencontrer.

        Par ailleurs, la question de la « dignité » n’a rien à voir avec la mort. On pouvait autrefois rêver de mourir sur les champs de bataille « navré d’une grand’plaie au bord de sa province », comme dit Ronsard, mais la mort naturelle au fond d’un lit, c’est toujours un peu répugnant, et je ne vois pas où serait la dignité d’un chien qui crève parce qu’on est en train de lui injecter un poison par intraveineuse. Or, le type de dignité que les psychopathes de la funeste association proposent, c’est celle du vieux chien qu’on pique. Crever « comme un chien », c’est quand même une drôle de promotion quand on est un homme et qu’on a été formé à l’école des stoïciens de l’antiquité, lesquels savaient mourir.

        Asiaticus, comme d’autres, fut condamné par Néron à disparaître. Le soir où il a prévu de se suicider, raconte Tacite, il réunit une dernière fois ses amis pour un banquet. Avant cela, il va voir au fond du jardin le bûcher qu’on est en train d’édifier pour faire brûler son cadavre. Le bûcher est proche de très grands et très beaux arbres qui pourraient souffrir de la chaleur. On pourrait se dire : qu’est-ce que ça peut lui faire puisqu’il ne les verra plus. Eh bien non, il fait déplacer le bûcher, va dîner, puis se suicide. Pour moi, mourir dans la dignité, c’est ça.

        Plus tard -c’est à chacun son tour !-, Néron voit arriver la fin de son règne. Il est pourchassé, il se réfugie dans une maison abandonnée, veut se suicider pour échapper à ce qui l’attend, mais il n’ose pas. Il demande à un esclave de le frapper, mais par derrière, parce qu’il a peur- Quel artiste le monde va perdre ! Il n’a pas même le courage d’Agrippine sa mère, échappée au naufrage qu’il lui avait fait préparer, retrouvée quelques heures plus tard par les soldats et qui leur dit à peu près (je cite de mémoire) : « frappez au ventre, soldats, c’est par là que doit mourir une mère ».

        S’il y a un ars moriendi, il s’est bien perdu. Je ne vois dans ces sortes de débats que des naïfs terrorisés comme des nourrissons pris d’une rage de dent, crevant de trouille en face d’une échéance qui les terrifie et qu’ils n’ont jamais été capables d’envisager froidement.

        On peut méditer sur sa mort et son éventuel suicide. La mort des autres, c’est pareillement leur affaire et cela ne nous regarde pas. Si on a peur de ne pas être capable de se suicider, il reste à vivre avec cette trouille de la manière la moins indigne, et à en supporter éventuellement les conséquences. Sur l’opportunité de la mort d’autrui, il n’y a rien à dire. La seule chose qu’on puisse faire en l’occurrence, c’est fermer sa gueule.


      • Julien Esquié Julien Esquié 6 mars 16:56

        @Christian Labrune

        Contribution on ne peut plus lamentable, méprisable même.
        Il ne s’agit pas d’imposer quoi que ce soit à qui que ce soit. Si C. Labrune est le genre de bonhomme qui a le courage de se suicider, tant mieux pour lui. Sil entend, jusqu’au bout, endurer les pires douleurs, cela ne concerne que lui.
        Tout le monde n’est pas C. Labrune.


      • Xenozoid Xenozoid 6 mars 16:58

        @Julien Esquié

        il a vu la vierge


      • Julien Esquié Julien Esquié 6 mars 17:05

        @Cateaufoncel

        Merci de m’instruire. Je n’avais pas compris que les auteurs du texte exigeaient qu’on donne, à des professionnels, le droit de décider qui on allait tuer, et quand.


      • Cateaufoncel 6 mars 17:15

        @bibou1324

        « C’est quoi le problème ? Pour vous la vie est sacrée ? »

        Non, non. Dans certains cas, je serais même pour la peine de mort. Contre les terroristes islamistes par exemple, pour éviter que d’autres jihadistes ne prennent des otages, des enfants « de préférence », menaçant de les exécuter un par un, si les prisonniers ne sont pas remis en liberté. Ici, ce serait un principe de précaution si vous voulez, et la suppression de gens de peu, de très peu…

        « C’est votre vision des choses. »

        C’est exact et je ne l’explique pas. Bien qu’étant agnostique, je suis également gêné par l’avortement – une répugnance incoercible... Comme vous le fait remarquer Labrune, à aucun moment je ne parle du suicide, mais uniquement du suicide assisté.

         

        « Ne l’imposez pas aux 90% des français qui sont pour le suicide assisté et l’euthanasie. »

        A aucun moment non plus, je ne parle d’imposer quoi que ce soit à qui que ce soit.

        Une anecdote : vous ne le savez peut-être pas, en Suisse, où les gens sont aussi largement favorables au suicide assisté, les associations d’aide au suicide cherchent des locaux dans des zones industrielles, parce que personne ne veut de leurs « activités » dans les zones habitables. Etonnant, non ?

        « Zéro pourcent est pour l’élimination systématique des grabataires et autres infirmes. »

         Ca, c’est vous qui le dites. A ma connaissance, il n’y a jamais eu de sondage sur l’euthanasie des infirmes et malades mentaux. Attali est pour (voir ci-dessous), et il est assurément loin d’être le seul

         « Donc votre vision du futur est une pure affabulation, faut arrêter la fumette. »

        C’est amusant, quand j’écrivais qu’il fallait dire non au pacs, pour ne jamais avoir à dire non au mariage homo et à l’homoparentalité, on m’opposait le même genre de réponses puissamment argumentées.

         

         

         



      • Cateaufoncel 6 mars 17:18

        @Julien Esquié

        Pourriez-vois citer le passage en question, moi-même qui suis censé l’avoir écrit, je ne le retrouve pas ?


      • Julien Esquié Julien Esquié 6 mars 17:21

        @Cateaufoncel

        Relisez-vous.


      • Julien Esquié Julien Esquié 6 mars 17:23

        @Cateaufoncel

        Je ne vois pas plus crématoriums dans les centres urbains. Ils sont dans les périphéries.
        Et alors ?


      • Cateaufoncel 6 mars 17:57

        @Julien Esquié

        « Ils sont dans les périphéries. »

        Y compris le crématorium du Père-Lachaise, rue des Rondeaux, dans le 20e arrondissement ?

        « Et alors ? »

        On en restera là...


      • foufouille foufouille 6 mars 18:04

        @Julien Esquié
        demande au docteur bonnemaison, il t’expliquera.


      • Christian Labrune Christian Labrune 6 mars 21:47

        @Cateaufoncel

        Les joyeux bouchers d’AgoraVox devraient lire le roman de Houellebecq intitulé La carte et le territoire. Ca les ferait un peu réfléchir. Je n’ai pas une immense admiration pour le style du romancier, mais sur le plan philosophique, Houellebecq est en général tout à fait capable de poser sur l’état des choses un regard critique extrêmement lucide.
        Le père du personnage principal, vieux et malade, s’est rendu en Suisse pour se faire euthanasier. Le fils l’apprend trop tard et fait là-bas une petite enquête qui lui donne la nausée. On trouvera à cette page un très long extrait du roman, dont je recommande surtout la fin.

        http://enpassant-englanant.blogspot.fr/2011/02/en-glanant-houellebecq-et-leuthanasie.html


      • Christian Labrune Christian Labrune 6 mars 21:56

        « Zéro pourcent est pour l’élimination systématique des grabataires et autres infirmes. »
        ...................................................................... ...................
        @Cateaufoncel
        Je n’en suis pas si sûr ! Il y a bien quinze ans, j’avais dû consulter le premier médecin que j’avais trouvé dans ma rue. Comme il avait affaire à un nouveau client, il convenait de bavarder un peu, pour faire connaissance.

        Je me souviens qu’entre autres choses (à l’époque j’étais encore dans la force de l’âge !) il m’avait dit ceci, que je peux reproduire presque au mot près : « Je sais bien que quand on parle d’euthanasie, on pense tout de suite au nazisme, mais les hospices et les hôpitaux, aujourd’hui, sont remplis de gens qui sont grabataires ; souvent même, ils ne savent plus trop qui ils sont. C’est un vrai problème... »

        Inutile de préciser que je n’ai plus jamais appuyé sur le bouton de la sonnette à la porte de son cabinet !


      • pipiou 6 mars 22:14

        @Christian Labrune
        Il y a des vérités que l’on du mal à regarder en face.
        C’est pour cela que ces grabataires sont cachés bien à l’abri du regard du citoyen qui peut dormir l’esprit tranquille, certain de sa grande humanité.


      • Cateaufoncel 7 mars 12:27

        @Christian Labrune

        « ...je recommande surtout la fin. »

        Il me paraît difficile de mieux restituer l’aspect sordide du processus.

        Merci (quand même) pour le lien.


      • Cateaufoncel 7 mars 12:31

        @Christian Labrune

        « Zéro pourcent est pour l’élimination systématique des grabataires et autres infirmes. »

        Ca, c’est ce qu’affirmait bibou1324.

        Votre anecdote ne me surprend pas le moins du monde. Plus rien, pour tout dire, ne me surprend en ces matières, depuis que deux bioéthiciens, professeurs d’université, les docteurs Alberto Giubilini (Turin) et Francesca Minerva (Melbourne), ont publié, en 2012, dans le Journal of Medical Ethics du 2 mars, un plaidoyer en faveur de l’avortement post-partum, sous le titre After-birth abortion : why should the baby live ?

        L’argument principal de ces deux voltigeurs de pointe du progressisme, était que le nouveau-né n’a pas un état de conscience plus développé que celui du fœtus. Et l’avortement post partum était préconisé pour tous les cas où les parents le décideraient : « Nous estimons donc que le fait de tuer un nouveau-né devrait être admissible d’un point de vue éthique, et ce dans toutes les circonstances où l’est l’avortement. Ces circonstances comprennent les cas où le nouveau-né serait en mesure de mener une vie (à tout le moins) acceptable, mais représenterait un risque pour le bien-être de sa famille. »

        J’imagine qu’ils pensaient à une injection létale, parce qu’ils n’auront pas osé pousser le vice jusqu’à préconiser l’étranglement à mains nues.


      • Diogène Diogène 6 mars 11:53

        Petite piqûre de rappel :



        • Cateaufoncel 6 mars 13:04

          @Diogène

          Quoi qu’il en soit, l’euthanasie sera légalisée. Jupiter y voit déjà un facteur de popularité dans l’optique des sondages.

          Et il pense peut-être aussi à sa minette de 65 ans, qui ne pourra pas indéfiniment se vautrer dans le jeunisme.

          Et puis la suite viendra, comme je l’ai décrite ci-dessus. Ce n’est pas que je puisse prévoir l’avenir, c’est que je connais bien la tactique du salami.

          Et Attali n’a-t-il pas déjà dit : "Je suis pour ma part en tant que socialiste contre l’allongement de la vie. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures... "

          On commence donc par faire miroiter aux yeux du bon peuple la perspective rassurante d’une fin sans souffrances... Les Pays-Bas et la Belgique ont déjà un palier supplémentaire (tactique du salami), en autorisant l’euthanasie des mineurs. Dès 12 ans, chez les Bataves, sans limite d’âge outre-Quiévrain.


        • Julien Esquié Julien Esquié 6 mars 17:13

          @Cateaufoncel

          « un facteur de popularité dans l’optique des sondages »

          Pour une raison tout à fait évidente : les gens sont pour.


        • Cateaufoncel 6 mars 17:19

          @Diogène

          « ...les gens sont pour. »

          Quelqu’un aurait affirmé le contraire ?


        • Julien Esquié Julien Esquié 6 mars 17:24

          @Cateaufoncel

          En ce cas, tout va bien.


        • Christian Labrune Christian Labrune 6 mars 22:26

          Quoi qu’il en soit, l’euthanasie sera légalisée. Jupiter y voit déjà un facteur de popularité dans l’optique des sondages.
          -----------------------------------------------------------
          @Cateaufoncel

          Qui accepterait de se faire soigner par un « médecin » qui aurait déjà refroidi quelques dizaines de ses clients ?

          A cause du développement de l’intelligence artificielle, beaucoup d’emplois vont disparaître. Ce sera peut-être l’occasion de créer un nouveau métier, celui de tueur des Centres d’Euthanasie. Tueur des Hôpitaux, ça ferait vraiment mauvais genre, et de toute façon, une opération de cette nature n’a évidemment rien à voir avec un acte médical. Les médecins dignes de ce nom mettront un point d’honneur à refuser qu’on associe les deux pratiques. Souvent, non loin des hôpitaux, et pour de tristes raisons qu’il n’est pas nécessaire d’expliciter, on trouve les entreprises des pompes funèbres. Par souci de commodité et de proximité, c’est à elles qu’il reviendra de développer et de promouvoir ces sortes d’activités.

          Ce qu’il y aura quand même de très bien, pour le personnel peu qualifié chargé de ces opérations c’est que, des conditions d’asepsie, si emmerdantes pour le personnel hospitalier à cause des infections nosocomiales, il ne sera même plus nécessaire de tenir compte. Pas besoin de seringues stériles, on pourra, très économiquement, utiliser toujours la même, voire récupérer celles qui traînent sur les trottoirs fréquentés par les toxicomanes : attraper la vérole ou le sida sur son lit de mort, ça n’a plus vraiment beaucoup d’importance : la mort met à l’abri de toutes les maladies. La voie du salut, enfin, pour tous les hypocondriaques !


        • Cateaufoncel 7 mars 13:31

          @Christian Labrune

          « ...une opération de cette nature n’a évidemment rien à voir avec un acte médical. »

          S’il y a absorption de poison, un médecin n’est là que pour constater le décès.

          Un « détail » dont on n’entend jamais parler : y a-t-il des candidats à la mort qui renoncent au dernier moment ? Et, le cas échéant, leur facture-t-on le dérangement occasionné ?


        • Christian Labrune Christian Labrune 7 mars 16:53

          y a-t-il des candidats à la mort qui renoncent au dernier moment ? Et, le cas échéant, leur facture-t-on le dérangement occasionné ?
          ...................................................................... ..............
          @Cateaufoncel
          Cela doit nécessairement arriver. En bas de page, j’avais recopié la fable de La Fontaine intitulée La mort et le bûcheron. « Plutôt souffrir que mourir / C’est la devise des hommes », écrit l’auteur en conclusion. Et de fait, si ce n’était pas le cas, les gens atteints de pathologies chroniques douloureuses se suicideraient en masse, mais c’est plutôt rare.

          Evidemment, il doit y avoir dans les familles bien des pressions affectueuses et pleines de sollicitude : « C’est vraiment pas une vie, de souffrir comme ça ! Et à ton âge, hélas, ça ne risque pas de s’améliorer avec le temps. Moi je crois bien que s’il fallait que je me trouve un jour dans une pareille situation, je préfèrerais »partir« avant que ça devienne vraiment trop insupportable » etc.

          Insupportable, mais pour qui ? C’est vrai que c’est atroce, de voir vieillir et souffrir des proches. S’il y avait un moyen tout à fait radical d’empêcher cette sorte d’inconfort tragique, ce serait bien : les témoins de de ces sortes de déchéances se sentiraient tout de suite beaucoup mieux.


        • Rmanal 6 mars 11:58

          Bravo pour votre action qui rappelle à quel point la morale, la religion et les intégristes de tout poil nous privent tous les jours de nos libertés fondamentales à disposer de nous mêmes.
          Vous vous battez contre des murs d’idiotie politico-religieux mais les Français sont avec vous.


          • V_Parlier V_Parlier 6 mars 13:59

            @Rmanal
            Personne n’a jamais été privé de suicide. Pas besoin d’obliger un médecin par des moyens juridiques à exécuter les suicidaires. (Comme c’est le cas maintenant pour les avortements. Le médecin n’a même plus le droit de laisser faire ça à d’autres, on peut l’y contraindre).


          • petit gibus 6 mars 19:59
            @Rmanal 

            « les Français sont avec vous. »

            mais malheureusement la vieille réac est encore bien influente smiley

          • hunter hunter 7 mars 10:24

            @V_Parlier
            Vous avez raison, mais vous perdez votre temps ! Ce débat reflète bien une certaine mentalité française de lâcheté généralisée : on a pas le courage de se flinguer soi-même, corde, flingue, médocs les méthodes sont multiples, alors on demande que la loi autorise un praticien médical ( « Primum, non nocer... » première ligne du serment d’Hypocrate !!!), de faire le boulot, et pour ça, qu’il soit « couvert » par une loi !

            @ tous les obsédés de la mort :

            Pauvre pays peuplé en grande partie de vieux lâches, voulant toujours que le sacro-saint état (mot pour lequel je ne mets pas de majuscule, humble hommage de mon profond mépris, voire de ma haine intrinsèque) règle leur problème !

            Si une loi me dédouane, sachez que demain je serai « euthanasieur », statut autoentrepreneur, et je me ferai un plaisir de faire un boulot propre, pas cher et de qualité en vous foutant une bonne bastos dans votre pauvre tête de lâche....restera juste à vos héritiers à nettoyer les cochoncetés, avant de brader votre baraque pour ensuite s’acheter le dernier smartphone à la mode !

            Quel pays ! de toute façon ne vous inquiétez pas, vous n’aurez pas le temps d’atteindre les âges de déchéance....les invasions muzz sont en cours, et les adeptes de la « religion de paix et d’amour », vous égorgeront en masse pour vous remplacer, comme de bons mécréants que vous êtes !

            Vous souhaitez « mourir dans la dignité » ? c’est vrai qu’un bon coup de Katana séparant votre tête du reste de votre corps, ça peut être considéré digne.....bien que très salissant !

            Mais bon ça ne sera plus votre problème  !

            Adishatz, et crevez bien comme ce que vous êtes, des pauvres moutons qu’on mène à l’abattoir.....

            Adishatz

            H/


          • astus astus 6 mars 12:18

            Même avec les meilleurs soins du monde la mort advient nécessairement. Or la mort s’oppose à la naissance, non à la vie dont elle permet au contraire le renouveau. Mais il convient de lui donner du sens et de respecter les volontés de la personne. Pour cela il faut des passeurs et des accompagnants vers cet âge adulte (ad ultimus) ou s’exprime le libre arbitre du sujet. Les soins de fin de vie ne sont pas la cause fondamentale de la mort mais seulement un prélude pour éviter cet horizon chimérique des soignants comme des familles qui conduit tout droit à des maltraitantes inacceptables, comme dans le cas Lambert. Il n’y a donc rien de révoltant à ce que quelqu’un confie de son vivant à des personnes de confiance, et seulement pour lui-même, la manière dont il souhaite vivre ses derniers moments. Si l’euthanasie, qui signifie « bonne mort », n’est pas le seul mode envisageable, elle en fait partie. Et la préparation mentale du décès avec sa réalisation apaisée peuvent aider les survivants à mieux élaborer la souffrance de leur deuil qui est  un processus psychique complexe. Le mot de tuer est ici inadapté car la mort du patient s’origine dans son propre désir qui est le coeur de son être. Même les animaux ont droit à ce respect de leur vie. Et ceci est dans le droit fil des acquis humanistes du 20ème siècle. Si aider à donner la vie puis en prendre soin est probablement à l’origine de toute action morale puisque sa finalité vise le bien de l’être, alors aider à bien mourir est la suite ultime de ce geste inaugural parce que son but est d’éviter le mal par le libre choix d’accepter cette échéance inévitable tout en refusant la déchéance évitable.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès