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Accueil du site > Tribune Libre > Eloge de la désobéissance

Eloge de la désobéissance

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire », A. Einstein.
Lorsque l’on s’intéresse un tant soit peu à ce que l’homme fait effectivement sur terre, à la manière dont il a notamment façonné notre époque (XXe et début du XXIe siècle), on en vient inexorablement à se demander comment on a pu en arriver à diffuser de telles horreurs sur la planète...
Si j’ai bien suivi mes cours de statistiques, de démographie, de psychologie... la population « suit une loi normale », selon l’expression consacrée.
Cette loi nous apprend qu’à peine 2 à 5 % des hommes sont affublés de diverses pathologies notoires et dévastatrices (sadisme, paranoïa et autres joyeusetés).
On peut s’interroger alors sur les raisons qui font qu’à des moments de notre histoire (très fréquemment) ceux-là mêmes que la morale de la grande majorité des hommes désapprouvent, gagnent la partie et font subir aux autres leurs délires dont ils ont seuls le secret - les bêtes ne s’adonnant pas à de tels divertissements...
 
Depuis mon plus jeune âge, je me suis toujours demandé comment moi-même j’aurais réagi pendant la Seconde Guerre mondiale...
Je me demandais quel « supra pouvoir » étrange était le leur pour ainsi imposer leur vision maladive.
Je me disais bien que, compte tenu du nombre finalement minime d’« hallucinés », ce n’était pas tant eux le problème si on savait les circonscrire, que ceux qui les ont portés au pouvoir, ceux qui ont cru pouvoir les manipuler dans leurs propres intérêts, tous les « schizophrènes » en herbe qui les ont suivis sans prétendre renier leur propre morale, ceux qui s’en sont désintéressé et qui ont laissé faire, tous ceux qui ont regardé la menace enfler en se disant – souvent consciemment, mais sans volonté de nuire – qu’ils n’étaient pas concernés ou qu’ils n’y pouvaient rien... bref, que c’est cette passivité assourdissante qui génère les enfers...
 
Je me disais confusément que cela devait toucher quelque part à quelque chose d’intouchable, d’inaccessible, peut-être de « sacré » pour arriver à surpasser toutes les philosophies et les commandements religieux ! Je savais bien que certains appelaient cela la « nature humaine », mais je n’ai jamais perçu 95 % de l’humanité comme irrémédiablement démoniaque et tortionnaire.
 
Loin de vouloir donner des leçons à quiconque, cette interrogation est devenue tour à tour et même simultanément obsédante, déprimante, intéressante, intrigante, déroutante...
 
Les lectures d’Hanna Arendt, de Primo Lévi, de Stanley Milgram, de Michel Terestchenko, d’Alexandre Soljenitsyne, les expériences relatées de Philip Zimbardo m’ont beaucoup apporté, mais sans me donner pour autant toutes les réponses à mes questionnements.
Une amie m’a récemment parlé d’un livre : L’Eloge de la désobéissance de Rony Brauman, je ne l’ai pas encore lu, mais son titre nous renvoie à l’urgence de déconditionnement et de désintoxication de toute propagande...
 
Aujourd’hui « LA crise » et les élections américaines (en ce qu’elles pourraient potentiellement mettre fin aux dérives de la « guerre contre le terrorisme ») de ce début de XXIe siècle nous offrent l’opportunité une fois encore d’essayer de comprendre ce mécanisme et surtout de nous pencher sur ce qui nous permettrait à l’avenir de nous prémunir de cette terrifiante apathie.
 
Pour ce faire, il me semble devoir – avec le maximum d’honnêteté et de recul humainement possibles – faire un premier travail d’introspection collective en identifiant nos croyances et les conséquences qui en découlent, en permettant de détailler les discours manipulatoires et en proposant des pistes d’amélioration dont la plupart relèvent de l’éducation et de la transmission tant il est vrai que cela reste le moyen privilégié de passer du stade de « barbare » à celui de « civilisé ».

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93 réactions à cet article    


  • zelectron zelectron 28 octobre 2008 11:38

    Oui, hélas.

    Je préfère être un vivant illégal, qu’un mort légal ? *




    * le point d’interrogation adouci ?




    • appoline appoline 28 octobre 2008 13:09

      Comme disait le chanteur : "on ne saura jamais ce qu’on a vaiment dans nos ventres, cachés derrière nos apparence, l’ême d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau". Cette phrase d’Einstein résume à elle seule le cancer de l’humanité : ne rien faire ou laisser faire. Toujours le rapport entre les loups et les moutons. Les valeurs sont parties, les loups plus nombreux, quant aux moutons, ils moutonnent de plus belle.


      • Caramelle 28 octobre 2008 14:37

        Je persiste à penser qu’il y a des valeurs. A nous de les démasquer et de les rendre explicites...


      • norbert gabriel norbert gabriel 28 octobre 2008 17:19

        c’est pas tellement les loups le problème, mais la résignation de plus en plus consternante des moutons...Surtout les moutons à qui on fait croire que le gigot pour tous est au bout du scrutin....


      • cathy30 cathy30 28 octobre 2008 13:18

        5% de psychopathes et le reste qu’il ne faut pas déranger (% inconnu).

        Pendant la seconde guerre mondiale, les français étaient en majorité pétainistes avec un sens très aïgu de la "citoyenneté" jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de pain.

        Hé oui, à chaque fois c’est pareil, les tyrans se retournent toujours contre leurs adorateurs qui ne servent plus à rien une fois le pouvoir mis en place, c’est con non ?

        Guerres, paix, cycle perpétuel exclusivement humain et entre de grands hommes tels que vous citez qui changent le cours de l’histoire. Nous pouvons tous trouver une raison à l’existence de nos vies, l’amour, l’amitié, la connaissance, le combat, la survie, trouver de la nourriture, la liste est inépuisable


        • Traroth Traroth 28 octobre 2008 14:17

          Un point de vue intéressant. Le problème est évidemment toujours de détecter les 5% de "méchants".


          • Caramelle 28 octobre 2008 14:42

            Je ne pense pas que ce soit le plus difficile... En revanche, s’attaquer à l’inertie...


          • Traroth Traroth 28 octobre 2008 14:47

            Ah ? Et comment feriez-vous ?


          • Caramelle 28 octobre 2008 14:58

            Il me semble (subjectivement) que quand un Adolph ou un Augusto (Pinochet) ou un Cicéron pour parler d’une autre époque par exemple prend le pouvoir, on peut assez rapidement comprendre ce qui se joue... D’ailleurs pour moi, le problème n’est pas tant le pouvoir que les garanties mises en place pour qu’il ne dérape pas c’est à dire quels contre pouvoirs met-on en place pour prévenir et circonscrire les dérives...


          • Traroth Traroth 28 octobre 2008 15:17

            Oui, les cas les plus tranchés, c’est toujours facile. Mais Bush (qui a quand même provoqué la mort d’un bon demi-million d’Irakiens, sans compter les Afghans et ses propres compatriotes) ? Mais Thabo Mbeki ? Mais Lech Walesa ? Vous allez m’objecter qu’ils ne sont pas les inspirateurs du mal qu’ils ont fait, et je dirais : justement ! Les inspirateurs sont hors de portée, dans ces cas. Combien de Milton Friedmann pour un Adolf Hitler ?


          • Caramelle 28 octobre 2008 15:46

            Vous prêchez une convaincue... j’ai lu le dernier bouquin de Naomi Klein "La stratégie du choc" La montée d’un capitalisme du désastre, lecture que je vous recommande si vous ne l’avez pas encore lu.

            Il m’a rappelé mon DEA d’économie dans les années 80 où Milton Friedmann était célébré comme l’apôtre du capitalisme triomphant... A l’époque j’avais proposé comme sujet de thèse "la notion de Dieu dans les théories économiques" pensant parler du mythe de la main invisible, des Physiocrates, de Stuart Mill... et de Friedmann. Mon sujet n’a pas été accepté à l’époque. Cela me revient en boomerang aujourd’hui... J’en parle d’ailleurs dans un de mes précédents articles...

            Pour répondre à votre question... soyons conscients que derrière toute théorie il y a une idéologie, des présupposés, des postulats. Attardons nous à leur étude pour mettre à plat les prémices sur lesquelles tous les propos reposent. Soyons attentifs à la terminologie employée et donnant du sens aux mots, nous parviendrons par touches successives à déterminer l’idéologie ou les présupposés sous-jaçants et partant , nous aurons une idée plus précise de ce que Primo Lévi appellait "les zones grises".


          • Traroth Traroth 28 octobre 2008 16:38

            Oui, "La stratégie du choc" est un must. Friedmann était une ordure.


          • Moonz 28 octobre 2008 18:47

            > Friedmann était une ordure. Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas d’accord avec lui (entre nous, bien que libéral, je ne suis pas non plus d’accord avec Friedman...) qu’il mérite d’être insulté, vous savez. Je ne suis pas d’accord avec Marx, Sorel, Hegel, Proudhon, Keynes, Bakounine, Rousseau, ça m’autorise à les appeler « ordures » selon vous ? (quoique Sorel pourrait objectivement le mériter ;))

            > A l’époque j’avais proposé comme sujet de thèse « la notion de Dieu dans les théories économiques » pensant parler du mythe de la main invisible Et vous avez eu votre diplôme ? Je dis ça, parce que pour voir un signe divin dans « la main invisible », faut vraiment avoir mal compris Adams Smith (ou encore en avoir lu une version déformée par ses adversaires...)

            > soyons conscients que derrière toute théorie il y a une idéologie J’aurais dit précisément l’inverse :) Derrière toute idéologie (prenons quatre exemples : le libéralisme, le communisme, l’interventionnisme, le militarisme) il y a une théorie (l’harmonie des intérêts bien compris dans un régime de liberté et de droit pour le libéralisme ; certaines théories économiques disant que l’optimal économique est atteignable par l’action de l’état pour l’interventionnisme ; la théorie de l’appauvrissement des masses pour le communisme ; la théorie que dans un échange il y a nécessairement un gagnant et un perdant pour le militarisme) discutable par la raison (c’est pour cette raison que Bastiat et Proudhon ont — hélas sans grand succès — débattu publiquement dans un journal populaire ; que Hayek (libéral, pour les incultes) a dédicacé son livre « la route de la servitude » à « tous les socialistes du monde »)...

            On ne discute pas d’une idéologie, mais des théories qui la supportent (enfin, ça dépend du sens que l’on attache au mot « idéologie », bien sûr)

            Si ce sujet vous intéresse, je ne peux que vous conseiller la lecture de « maudit argent ! » (http://bastiat.org/fr/maudit_argent.html ). Il montre comment une erreur économique courante et apparemment innocente (confondre richesse avec argent) peut amener (entre autres) à une idéologie nationaliste guerrière (et au keynésianisme ;)). De ce point de vue, ce n’est pas l’idéologie nationaliste guerrière qui a créé la théorie manifestement erronée de l’identité entre monnaie et richesse, mais bien l’inverse...

            Cette idée a aussi beaucoup été développée par Mises dans « Le gouvernemnt omnipotent ». Il développe aussi l’idée qu’une même théorie peut engendrer plusieurs idéologies (il donne comme exemple l’idéologie nationaliste comme une interprétation alternative des théories sous-tendant à l’idéologie socialiste — socialisme de son époque, bien évidemment)


          • Traroth Traroth 28 octobre 2008 19:54

            Friedmann n’a pas été qu’un théoricien. Il a conseillé de manière très directe Pinochet et Deng Xiaoping, notamment. Ce type a du sang sur les mains, et je maintiens donc ce qualificatif d’ordure.

            Petit florilège de citation de ce grand homme :

            "Ce qui compte vraiment, dans le dossier chilien, c’est que la libéralisation des marchés a donné naissance à une société libre"

            "Je ne crois pas en la démocratie absolue ; personne ne croit en la démocratie absolue"

            Quel sale type !


          • Moonz 28 octobre 2008 20:12

            > Il a conseillé de manière très directe Pinochet

            Légende urbaine. Il s’est rendu deux fois au Chili pour y faire des conférences. Même des sites comme revolution-socialiste.info (qui à mon avis peut difficilement être accuser de partialité pro-friedman) le confirment : « Friedman lui-même n’a jamais été un conseiller officiel de Pinochet » (par contre, des professeurs de l’université de Chicago l’ont été)

            > et Deng Xiaoping

            Désolé de faire mon wikipédien de base : référence nécessaire

            > Ce qui compte vraiment, dans le dossier chilien, c’est que la libéralisation des marchés a donné naissance à une société libre

            Contexte nécessaire

            > Je ne crois pas en la démocratie absolue ; personne ne croit en la démocratie absolue

            Pareil, contexte nécessaire

            J’ajouterai d’ailleurs que le crime de lèse-démocratie n’est pas un crime, justement, qu’il faudrait voir la définition de la « démocratie absolue » (Stirner, qu’on peut difficilement accuser de tyran, ne croyait pas en la liberté absolue. Ne pas croire en une démocratie absolue ne signifie pas être anti-démocratique) ensuite, et enfin qu’on peut tout à fait discuter des points faibles et forts de la démocratie sans être tyrannique...

            Après, je dis pas que c’est un ange non plus, ou qu’il ne mérite pas après enquête détaillée le qualificatif d’ordure. Juste que justement, la présomption de culpabilité, le délit d’intention/de sale gueule, c’est pas très vraiment démocratique non plus...


          • Traroth Traroth 28 octobre 2008 23:09

            Référence : "La stratégie du choc", de Naomi Klein. Je ne peux que vous recommander la lecture de cet ouvrage.


          • Gilles Gilles 29 octobre 2008 11:06

            Oui mais :

            • nombre de gens aiment à avoir un de ces loups chtarbé pour les diriger, les émuler !
            • nombre de ces moutons ont été éduqué comme des loups et croient en être. Ils s’imaginent une place dans la meute (les loups sont extrêmemnt hisrarchisés..) aux ordres du chef
            • nombre de loups se cachent derrière un masque bêlant et se parent de vertus ovines. (cf le petit chaperon rouge)

            Lisez les commentaires de certains ici et vous verrez que ces "moutons", destinés à le rester, espèrent qu’un loup prendra le pouvoir pour faire ce que eux n’osent pas faire

            Pourquoi aussi quand un régime inique arrive au pouvoir et lance des massacres innomables, des génocides, (Rwanda, Serbie..) une partie de la population, en nombre souvent non négligeable, les appuie et participe à la curie ? Pourquoi une fois les crimes révélés, ces loups sont toujours soutenus ? Phénomène d’entrainement de groupes...de formatage de la pensée

            Non, la réponse ne vient pas de comportements individuels de résistance face à cette cruelle adversité, mais à des collectifs structurés

          • saint_sebastien saint_sebastien 28 octobre 2008 14:17

            Merci pour cet article.

            L’homme est incapable de dépasser sa condition , comme un chien reste un chien même apprivoisé. L’homme ne peut donc échappé à sa nature d’animal intelligent et refera inéluctablement les mêmes erreurs encore et encore.

            Ne vous souciez donc pas du devenir de l’humanité, profitez des instants paisibles qu’ils vous restent en famille car le déluge c’est pour bientôt , vous ne pourrez absolument rien y faire.

            Du changement naitra le chaos ou une société différente , mais peu importe les cartes ne seront jamais redistribuées en votre faveur.


            • foufouille foufouille 28 octobre 2008 14:36

              ca, c’est ton opinion


            • Caramelle 28 octobre 2008 14:48

              Je ne suis pas aussi déterministe que vous.
              Je pense que nous pouvons apprendre à nous regarder dans une glace sans avoir à "regarder nos pompes". Vous semblez sous-entendre qu’il faut mieux ne rien faire car il n’y a plus rien à faire... Je pense que cette manière de voir m’aurai amené à ne pas "cacher de juifs (ou des Tziganes...)" pendant la guerre...
              Merci quand même


            • Traroth Traroth 28 octobre 2008 15:02

              Si l’Homme avait dû voler, Dieu lui aurait donné des ailes...

              Ah ben, il l’a fait quand même, tiens... smiley


            • Traroth Traroth 28 octobre 2008 15:05

              J’ajouterais que je continuerais la lutte jusqu’au dernier moment. Vous trouvez ça dérisoire, et moi je trouve que si on n’y arrive pas, finalement, ça sera parce que vous trouvez ça dérisoire et que vous ne faites pas comme moi.


            • Caramelle 28 octobre 2008 15:07

              Ben oui...


            • poison-social poison-social 12 novembre 2008 04:15

              Absolument d’accord, je pense que l’histoire se répète, mais jamais de la même manière ; j’ai téléphoné récemment à Raymond Aubrac qui l’a dit "cette fois-ci, l’ennemi est beaucoup plus dur à définir" ; eh oui, à l’époque, les risques étaient majeurs, mais la résistance convergeait vers un ennemi extérieur ; aujourd’hui, nous sommes de plus en plus épuisés moralement par cette avancée insidieuse et pourtant phénoménale de l’injustice sous toutes ces formes ; l’époque est décisive, j’en suis sûr, il n’y aura pas de solution bâtarde à ce fléau : ou nous nous mobilisons pour un idéal planétaire (car les notions de nations, de valeur-travail, etc... sont de toute évidence dépassées, ou nous coulons inexorablement à force de soumission et d’apathie, MAIS : il peut y avoir de l’avenir pour tout le monde, seulement la (r) évolution, c’est dans la tête et le coeur, c’est à chaque seconde, c’est un combat contre soi-même avant tout.
              Et je suis d’accord avec l’idée que de toute façon, l’être humain évolue en conscience ; trop lentement, nous dira t’on ? nous venons seulement d’arriver sur une terre de plusieurs milliards d’année, l’Humain est un bébé qui casse ses jouets, et doit apprendre à les respecter.


            • Mr Mimose Mr Mimose 28 octobre 2008 14:52

              Caramelle, je vous propose de regarder ce reportage pour vous montrer que parfois la masse sait se mobiliser ! Y’a de l’espoir !

              http://video.google.fr/videoplay?docid=7658830544320971019


              • Caramelle 28 octobre 2008 15:04

                La vidéo n’est pas accessible pour l’instant... Quoiqu’il en soit gardons espoir c’est certain, je crois encore à l’apprentissage de l’esprit critique et à la conscience individuelle mais cela me semble difficile par les temps qui courrent... (dérives sémantiques de tous bords...)



              • Mr Mimose Mr Mimose 28 octobre 2008 15:08

                Bizarre, le lien marche pour moi, il s’agit du reportage, "la revolution ne sera pas télévisé" ou coup d’état contre Hugo Chavez.


              • Caramelle 28 octobre 2008 15:15

                La guerre de l’eau est en effet la suivante sur la liste. Elle a déjà commencé d’ailleurs... j’y fais allusion dans un de mes précédents articles...


              • Traroth Traroth 28 octobre 2008 15:19

                Oh oui, au Golan, au Kurdistan et ailleurs !


              • cathy30 cathy30 28 octobre 2008 15:58

                Caramelle
                53% des votants pour sarkosy, tout cela sur fond de racisme, de non partage des richesses pour les plus pauvres, on a du souci à se faire, non ?
                Avez vous remarqué comme la jeune génération parle, on dirait des robots.


                • Caramelle 28 octobre 2008 17:42

                  Disons que le jeune génération n’y ai pour rien... elle vit dans un contexte social qui la rend telle et la génération au-dessus (la mienne) n’a sans doute pas été à la hauteur de l’enjeu d’éducation... Le sujet est complexe et j’espère un jour faire un article sur ce thème...


                • jakback jakback 28 octobre 2008 16:02

                  et a part ça ! quoi de neuf ?


                  • Caramelle 28 octobre 2008 17:44

                    Pas de rédaction d’article et des commentaires toujours navrants. Si vous n’avez vraiment rien à dire, regardez la télé ?!?!!


                  • Annie 28 octobre 2008 16:07

                    Je ne peux m’empêcher de repenser à cette expérience qui avait été faite dans une université américaine. Je suis sûre que tout le monde sait de quoi je parle. Personnellement je l’ai découverte avec le film I comme Icare, et rien ne m’a vraiment choqué avant la chute et la découverte que les spectateurs faisaient partie de cette expérience. Cela m’a amené depuis ce temps à me demander si je n’aurai pas aussi succomber à un chant de sirènes, pour peu qu’il ait été séduisant. 
                    C’est pour cela que ce ne sont pas les dits monstres qui me font peur, mais les gens normaux qui sont catapultés dans des situations exceptionnelles.
                    Deux livres pour aider comprendre le cheminement mental de l’accoutumance à l’horreur et la mémoire sélective : la mort est mon métier de Robert Merle, et la biographie de Rudolph Hess par Gitta Sereny.


                    • Traroth Traroth 28 octobre 2008 16:42

                      Vous voulez parler de l’expérience de Milgram ?

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram


                    • Annie 28 octobre 2008 16:51

                      Oui tout à fait.
                      Merci.


                    • Annie 28 octobre 2008 17:01

                      En fait, je repense aussi à une autre expérience, qui s’appelait je crois the eye of the cyclone. Il s’agissait de cette institutrice qui avait séparé ces enfants en deux groupes selon la couleur de leur yeux. L’un était le groupe supérieur et l’autre inférieur. Bien qu’elle ait fait cette expérience pour illustrer le racisme aux Etats-Unis, elle avait été stupéfaite de voir ces charmants enfants qu’elle connaissait très bien se transformer en petits monstres cruels prenant plaisir à torturer mentalement leurs congénères qui n’avaient pas la chance d’avoir la bonne couleur d’yeux.
                      Je trouve cette question tout à fait fascinante : à partir de quel point se produit-il chez quelqu’un un déclic qui lui fera dire non ?


                    • Caramelle 28 octobre 2008 17:15

                      Cette expérience est tout à fait exceptionnelle dans tous les sens du terme... Elle est relatée en détail dans le livre de Stanley Milgram dont je parle dans l’article et qui s’appelle "Soumission à l’autorité"...
                      Renseignez-vous et tâchez de le trouver (ce n’est pas si facile en France), il a été réédité en 1995 mais je ne sais s’il en reste...
                      Il interpelle chacun d’entre nous sur notre capacité à nous "délivrer" de notre conformisme social. Chacun veut se sentir reconnu et appartenir à un groupe. Chacun veut bien faire. C’est la "banalité du mal" développé par les auteurs que je cite dans mon article.
                      Nous cherchons tous à être "bien avec" nos semblables. Pour la plupart ce besoin se transforme en un conformisme confondant qui nous fait choisir le confort de l’appartenance au détriment de notre conscience propre, nos valeurs fondamentales, notre morale...
                      D’autres expériences en psychologie sociale "similaires" ont existé à cette même époque. P.Zimbardo (ex collègue et ami de S.Milgram) à suivi un groupe d’étudiants dans une expérience "carcérale". Les résultats sont tout aussi édifiants. Son livre (non encore traduit) s’intitule "The Lucifer effect". Il a publié ce livre tout récemment (mars 08) quant il a découvert les images d’Abou Graib à la télévision... Cela lui a remémoré son expérience... Allez voir, il y a des vidéos sur le net US...


                    • Caramelle 28 octobre 2008 17:17

                      Alors lisez aussi de Michel Terestchenko "Un si fragile vernis d’humanité" !!!

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