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Accueil du site > Tribune Libre > Évangile de Matthieu, preuve historique, l’erreur de lecture du (...)

Évangile de Matthieu, preuve historique, l’erreur de lecture du Pape

Je ne suis pas juge. Ce n'est pas à moi de juger de la lecture que Joseph Ratzinger, pape sous le nom de Benoit XVI, théologien de l'Église, fait des évangiles (1). Cela relève du jugement de l'Histoire. Certes, on peut se demander pourquoi j'interviens alors que je ne pratique plus depuis la réaffirmation des dogmes par Vatican II. Et pourtant, je ne peux m'empêcher de penser à tous ceux qui auraient souhaité une autre orientation. Je pense à M. André Dupont-Sommer qui fut critiqué parce qu'il avait écrit que les nouveaux textes mis au jour révèlaient que l’Église chrétienne primitive s’enracinait, à un degré que nul n’aurait pu soupçonner, dans la secte juive essénienne (2). Je pense à l'éminent hébraïsant Claude Tresmontant, auteur d'un remarquable Christ hébreu et des meilleures traductions existantes, qu'on laissa mourir sans lui accorder le débat qu'il aurait tant voulu avoir (3). Je pense à mes deux Histoire du Christ que je n'ai pas voulu confier à une maison d'édition, préférant avertir auparavant le magistère de l'Église, et pour lesquelles, je n'ai reçu qu'un accusé de réception. 

Archéologues, aveugles que vous êtes, qui ne voulez pas voir Bibracte à Mont-Saint-Vincent ; vous qui refusez de "voir" l'antique fresque judaïque voisine de Gourdon, et gravitant autour du trône du Dieu inconnu, les quatre archanges Jean, Marc, Luc et Matthieu ; vous qui avez condamné le Juste... (4) 

Matthieu est un pseudonyme ; c'est celui sous lequel la communauté essénienne, ou son prolongement dans le christianisme, a écrit le quatrième évangile, le dernier, le plus réfléchi, le plus achevé.

Matthieu commence son évangile en donnant la généalogie de Jésus. Il est absurde de penser que ces "patriarches", dont certains vivaient plus de cent ans, aient été des individus. En toute logique, dans l'esprit de l'époque, ces noms ne pouvaient désigner que des clans, ou plutôt, des conseils de chefs dont les membres étaient élus par les dits clans ou par les oligarchies dominantes. Abraham, honorable pasteur à la barbe blanche plus que centenaire, suivi de ses brebis bêlantes, assurait en fait l'ordre égyptien en pays de Canaan ? Sarah, trop belle épouse que le pharaon désira ? laissez-moi rire ! (5)

Les merveilleuses statuettes sumériennes que nous qualifions d'idoles, ne seraient-elles pas la représentation de ces patriarches dans l'amour portée à la cité ? Le conseil aime sa population et est aimé d'elle comme l'époux aime l'épouse et l'épouse, l'époux. Et si l'époux et l'épouse sont larges de corps, ne serait-ce pas parce que le premier représentait les sept membres (?) d'un conseil et l'épouse, une population plus ou moins nombreuse ? (6). Si Salomon avait 700 femmes et 300 concubines, ne serait-ce pas parce qu'il était un conseil et ses épouses des alliances avec des populations qu'il protégeait ? Et si Jésus s'inscrit dans la descendance du conseil David, dans une généalogie de conseils, non par le sang mais par l'esprit, ne pourrait-on pas en déduire qu'il était un conseil ?

Qui étaient les esséniens qui ne se sont jamais appelés ainsi, se qualifiant plutôt de pieux, voire de saints ? Des juifs revenus de l'exil de Babylone qui se seraient réinstallés dans le nord de la Palestine ? qui voulaient reconquérir leur terre... et surtout Jérusalem ? Implantés en petites communautés, ils étaient dirigés par un grand conseil, ou assemblée dite de Dieu, composé de très nombreux initiés admis après un stage de deux ans, les nombreux. Le conseil restreint était composé de 12 membres représentant les tribus de l'ancien Israël et de trois prêtres représentant les lévites (7). Ce "conseil de Dieu" des esséniens ne se comportait-il pas déjà comme le représentant de Dieu sur terre ?

Comme je l'ai expliqué dans mon précédent article (8), c'est la répression d'Hérode qui a déclenché l'affaire "Jésus". Exilé et en fuite, Jacob, souvenir de l'ancien Israël, ne pouvait rester sans réaction. Son livre qu'Origène connaissait sous le nom de "Livre de Jacques" est un appel du 18 Juin, plaidoyer et prophétie pour que naisse un mouvement de résistance qui reviendra aux portes de Jérusalem confondre la dynastie hérodienne, avec un sauveur nommément désigné : Yeschoua, Jésus, celui que Thomas "voyait" dans ses logias. (9)

Accomplissant la prophétie annonciatrice de Jacques, les auteurs des quatre évangiles ont-ils joué l'équivoque : une lecture pour les gens intelligents et une autre, littérale, pour les gens simples ? Peut-être, mais certainement pas de mauvaise foi. Ils ne faisaient que suivre un processus qui avait fait ses preuves et qui remontait à des temps plus anciens... au temps de Sumer ? au temps des pharaons ? 

Des prophéties et des prophètes, Dieu sait qu'il y en avait en ce début de millénaire où, en interrogeant le Livre, on croyait sincérement que quelque chose d'important allait se passer. L'historien Flavius Josèphe décrit un monde en folie. Des charlatans, qui se disaient inspirés par Dieu, prêchaient dans le désert et des foules les suivaient. Pour arrêter cette hémorragie de prophéties, les prêtres avaient décrété que seuls étaient crédibles celles qu'un prophète proclamait juste avant d'être mis à mort et sachant qu'il allait l'être. (10)

Jean est un personnage historique important, cité par Flavius Josèphe (11). Marc dit de lui qu'il prêchait dans le désert et que, conversant avec Hérode Antipas, celui-ci ne savait que penser (12). Ce projet de Jean, surnommé Baptiste après sa mort, n'aurait-il pas été de soulever sa communauté essénienne des bords de la mer Morte contre le paganisme romain, jusqu'à la faire monter sur la croix, et cela avec le Jésus qui vivait en elle... en espérant qu'Il s'y révèle ? L'Archéologie témoigne, mais c'est par le fer que la communauté a été décimée. Qumrân est rasé.

Trois ans après l'évangile de Jean, trois ans après la décapitation du Baptiste, les rescapés qui ont échappé au massacre accomplissent la prophétie. C'est l'évangile de Marc, véritable résurrection. Les rescapés montent sur la croix avec Jésus qui est en eux. "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?" Ce sont leurs dernières paroles !

Trois ans plus un an après, Luc, c'est-à-dire Paul, réécrit l'évangile de Marc, mais en recherchant un esprit de réconciliation avec le pouvoir en place. C'est un échec. L'évangile de Matthieu qui suit, quelques années après, s'élève contre tous les partis au pouvoir, Sadducéens et Pharisiens rassemblés pour la première fois dans le même sac de l'opprobre : « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites ! serpents, engeance de vipères ! » (13)

Matthieu reprend l'histoire de la communauté essénienne depuis Jean. Il y ajoute sa prédication, celle des Esséniens du Nord, Simon Pierre, jusqu'alors réticents. Nous sommes dans un rite à deux phases. comme dans les précédents évangiles. Ce n'est que lors du dernier repas - la fameuse cène - que Jésus se révèle en faisant l'offrande du pain. C'est Lui qui monte sur la croix, porté par les martyrs. Par delà la mort, Jean-Baptiste a finalement réussi à convaincre le conseil de Dieu des esséniens à proclamer solennellement la foi d'Israël en mourant sur la croix. Et pour la première fois, Flavius Josèphe témoigne, en les nommant, que d'importantes personnalités ont été crucifiées. Bien évidemment, en ces temps reculés, on ne nommait pas les milliers et les milliers de crucifiés plus ou moins anonymes. L'affirmation de Josèphe est on ne peut plus claire. Il écrit : « Tibère Alexandre fit crucifier Jacques et Simon, fils de Juda de Galilée, qui du temps que Cyrénius faisait le dénombrement des Juifs, avait sollicité le peuple à se révolter contre les Romains » (14). Nous sommes en l'an 48. Tout concorde. En proclamant ce quatrième évangile face au paganisme romain et au pouvoir en place, le conseil des apôtres se condamnait à la crucifixion, mais, en même temps, il authentifiait son évangile en faisant monter ses membres sur la croix, et de nouveau, Jésus qui était en eux. L'épître aux Hébreux témoigne : "Souvenez-vous de vos chefs qui vous ont annoncé la parole de Dieu. Méditez sur leur vie et sur leur mort. Prenez exemple sur la foi qui les animait" (He, 13, 7). Et encore : "Mais celui qui a été abaissé un moment au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons maintenant couronné de gloire et d'honneur (dans le ciel), parce qu'il a souffert la mort : il fallait que, par la grâce de Dieu, au bénéfice de tout homme, il goûtât la mort." (He 2,9). C'est clair : Jésus est descendu du ciel pour "goûter" la mort dans les apôtres crucifiés, puis, il est remonté au ciel pour trôner "en gloire" à côté du Père.

Arrivé à ce point de mon article, j'entends déjà mes détracteurs s'indigner et crier "au fou". Ils ne savent pas que dans un monde de fous, c'est celui dont on dit qu'il l'est qui ne l'est pas. Loin de moi, l'idée de vouloir dénigrer cette histoire. Les milliers et plus de crucifiés incitent au respect, et même à l'admiration. Ils ont voulu forcer le plafond de verre. C'était prématuré. Reste l'interrogation qu'ils ont lancée vers le ciel. Reste le mystère de la conscience intérieure qui nous anime, cet indéfinissable qui nous fait distinguer entre le bien et le mal...

La Bible est un chef d'oeuvre dans lequel des prophètes ont essayé de discerner la parole de Dieu qui descend du ciel dans les consciences. Ce n'était pas facile de s'y retrouver étant donné la distance et les perturbations atmosphériques. Il fallait deviner, interpréter, parfois corriger, pour finalement mettre par écrit une pensée orthodoxe et suivie. Que Joseph Ratzinger y voie un plan de Dieu, rien d'étonnant puisque c'est ce que les auteurs ont voulu y mettre.

Reste le témoignage d'une pensée qui a éclairé l'humanité durant des siècles.

Emile Mourey, 21 juin 2017

 

Renvois :

1. Joseph Ratzinger : Jésus de Nazareth : éditions Flammarion, 2007. L'enfance de Jésus, éditions Flammarion 2012.

2. André Dupont-Sommer : Les Écrits esséniens découverts près de la mer Morte, Payot, 1959

3. Claude Tresmontant : Le Christ hébreu, éditions O.E.I.L., 1983 et suivantes. Voir également le Blog Claude Tresmontant http://www.claude-tresmontant.com/

4. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-gaulois-dieu-le-ciel-et-les-173651

5. http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/la-peregrination-d-abraham-17269

6. http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/adam-et-eve-une-autre-facon-de-17079

7. Dans son effectif réduit et probablement permanent, le conseil de Dieu des Esséniens était représenté par quinze hommes (douze laïcs représentant les douze tribus et trois prêtres représentant les lévites). Ils se donnaient le nom de membres du conseil de Dieu. (Qumrân, Rouleau de la Règle VI, 14 -20)

8. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/jesus-une-conscience-projetee-dans-194007

9. http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/jacques.htm

10. Référence oubliée. Merci de m'aider à la retrouver.

11. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVIII, V, 2)

12. Parce que hôrôdôs [lui] il craignait iôhanan
et il savait que [c'était] un homme juste et saint
et alors il le protégeait et il l'écoutait
et il faisait souvent [ce qu'il disait]
et il aimait à l'entendre (traduction Cl. Tresmontant, Mc 6, 20)

13. Évangile de Matthieu, chapitre 23.

14. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XX, chapitre III

 


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92 réactions à cet article    


  • Leonard Leonard 22 juin 2017 09:53

    Dire qu’on vit dans un pays laïque et que des gens croient encore que Mickey est né dans l’an 0


    • poussière 22 juin 2017 10:30

      @Leonard

      Votre irrespect est insultant, du niveau de votre inculture. nul prosélytisme dans ce texte ne justifie votre trollage.


    • MagicBuster 22 juin 2017 11:33

      @poussière

      Votre message de cul bénit est aussi ridicule que vos croyances.

      Faire un article sur les polémiques du moyen age ....


    • poussière 22 juin 2017 12:29

      @MagicBuster

      Apprenez donc à lire, les mots ont un sens. Je ne fais pas étal de mes croyances, je parle de respect. Toutes choses égales par ailleurs, c’est à dire que je sois athée, agnostique, monothéiste ou même polythéiste, la laïcité ne consiste pas à chier sur les religions. Nos sociétés modernes sont la construction de faits historiques que vous le vouliez ou non, et c’est bien l’objet de cet article. Que ce texte ne vous intéresse pas je le comprends, pour le reste passez votre chemin ou bien argumentez sur les propositions de l’auteur.



    • poussière 22 juin 2017 12:42

      @MagicBuster

      Ha oui, le moyen age commence au 5em siècle !

    • Tribidule Tribidule 22 juin 2017 19:55

      @poussière .......qui regrette le temps béni de l’inquisition
      Les délires révélés sont toujours à se plaindre d’être insultés....
      Qu’y peut-il y avoir de respectable dans les fantasmes et autres superstitions de fanatiques attardés  ?
      Que le très saint spaghetti volant vous accorde la lumière


    • mmbbb 22 juin 2017 22:19

      @poussière je suis un ancien enfant de choeur et j’ai assez chié sur cette religion . Par ailleurs Staline etant un ancien seminariste j ai compris pourquoi il a eut la dent dure envers les pops Le temps a fait son oeuvre je suis passe a autre chose et si l eglise de mon village qui est desormais occupé par des Trucs, devient une mosquée je n’en ferai pas une jaunisse puisque l islam sera la religion conquérante . D’ailleurs le recteur de la mosquée de Paris serait pour la conversion des églises désormais vides . J ai visionné la serie documentaire sur Arte, l origine du christianisme de Prieur et de Mordillat Serie tres logue mais néanmoins bien construite sans dogmatisme ou beaucoup d exégètes de différents pays intervenaient. ( Belge Suisse Lyon et Israel ) . In fine cette religion qui me fut rentree dans le cràne avec dogmatisme et certitude absolue oscille toujours entre réalité historique et mythe Comme cet auteur dans ces articles, des interprétations tres différentes d auteurs et surtout des exégetes sont diamétralement opposé a l enseignement religieux des bigots. Je respecte Mourey mais ces articles sont des articles comme ceux d historiens pointus reserve a une élite dont le sujet d ’etude est precis et sur un domaine particulier. Je reprendais cette phrase de M Pierre Nora « l histoire est une construction incompléte et problématique » Par analogie la religion c’ est la même chose. Si l on m eût enseigne plus intelligemment cette religion peut etre que mon esprit ne serait pas devenu « révolutionnaire » et que par defaut je chais sur les cures et a une autre epoque j’aurais emboite le pas des zigouilleurs de cures en les envoyant au rasoir national . Quoi qu il en soit, l epoque des lumieres a mis l ’infâme ( l eglise selon Voltaire ) en dehors du séculier et c’est tres bien ainsi .


    • MagicBuster 22 juin 2017 13:26


      La laïcité c’est le droit au blasphème !
      Chaque fois qu’on nous emmerdera avec une religion - ce sera la même.

      Vous pouvez parler « moyen-age » au sein de votre secte - sans nous polluer.
      Bonne journée.


      • La mouche du coche La mouche du coche 22 juin 2017 13:44

        @MagicBuster
        MagicBuster est un mougeon smiley


      • MagicBuster 22 juin 2017 14:06

        @La mouche du coche

        Excellente ironie ;-D

        Les adeptes des religions ne sont pas des moutons - ni des pigeons.
        (C’est un point commun avec les sectes)


      • poussière 22 juin 2017 14:11

        @La mouche du coche




      • Sozenz 22 juin 2017 23:31

        de Sozenz @MagicBuster
        si vous faites des raccourcis des textes religieux comme des définitions de ce qu est la laïcité et des droits ; je comprends que vous ne saisissiez pas grande chose. donc au lieu de venir blasphémer , passez votre chemin . ça ne changera pas votre vie ( quoique , vous serez plus paisible ) et ce sera lus constructif pour les autres ..


      • JBL1960 JBL1960 22 juin 2017 17:24

        Les mots ont un sens, c’est sûr ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/06/22/les-mots-la-realite-et-lempire-americain-dans-lere-trump-par-steven-newcomb/

        Steven Newcomb qui a remis au Pape une énième demande de répudiation des bulles Inter Caetera, qui a toujours cours aujourd’hui ne dirait pas le contraire !

        Les frères Ratzinger, n’étaient pas des enfants de chœur cependant et ce n’est pas Georges Carlin, en VOSTFR dans les 2 cas qui aurait dit le contraire...

        Je me permets de faire passer à l’auteur, la dernière retranscription de la vidéo du Dr. Ashraf Ezzat ► https://jbl1960blog.wordpress.com/2017/06/07/lesclavage-netait-pas-une-pratique-frequente-en-egypte-dr-ashraf-ezzat/

        Je sais qu’il a la courtoisie de me lire, et même s’il n’est pas du tout d’accord, comme je le fais moi-même à chaque fois et bien que je ne sois pas d’accord avec lui !


        • Emile Mourey Emile Mourey 22 juin 2017 18:26

          @JBL1960

          Merci pour votre commentaire. Cela change par rapport aux précédents de ce fil. C’est vraiment décourageant. 

          Non, je ne connais pas le Dr Ashraf Ezzat. Je comprends ses réactions vis à vis de la Bible mais je ne puis être d’accord avec lui. Bien sûr que les Hébreux n’ont pas été vraiment esclaves en Égypte puisqu’ils s’y sont réfugiés pour fuir la famine qui régnait alors en pays de Canaan. Il est vrai que les Égyptiens les ont fait travailler, mais ils étaient bien nourris puisqu’au début de l’exode, ils regrettaient les copieux chaudrons de viande et alors qu’ils ne pouvaient survivre qu’en recevant la manne du Seigneur (il faut comprendre en pillant les pays traversés). Tout cela est dit dans la Bible mais en pointillés ; on ne peut pas demander à des auteurs de ne pas mettre en exergue le peuple dont ils étaient membres. 

          Bien sûr que la construction des pyramides n’était pas un bagne ; Elle donnait du travail aux chômeurs pendant les mortes saisons. Je ne suis pas crédule et je sais reconnaître une « Écriture » quand elle est orientée.

          Mon présent article correspond justement à ce souci de retrouver la vraie réalité, mais sommes-nous en droit de juger, plus de 2000 ans après, des hommes qui vivaient dans un contexte autre que le nôtre ? Comme je l’écris dans mon article, les innombrables crucifiés de cette époque demandent le respect, mais aussi l’effort pour essayer de les comprendre.

        • Emile Mourey Emile Mourey 22 juin 2017 18:52

          @JBL1960


          Quant à la fuite en Égypte, ils faut remarquer qu’elle n’est évoquée que dans le quatrième évangile, celui de Matthieu. Il faut savoir qu’il existait alors une importante communauté juive en Égypte et qu’elle a dû sérieusement rouspété en constatant que les premiers évangiles ne parlaient pas d’elle. Matthieu répare ce malheureux oubli.


        • Antenor Antenor 22 juin 2017 19:06

          Communauté juive d’Egypte au sein de laquelle les Oniades, descendants légitimes de la dynastie des grands prêtres jouaient un rôle majeur.

          @ Emile

          Comment expliquer que la mort de Simon-Pierre ne soit pas mentionnée dans les Actes des Apôtres alors que celle de Jacques l’est ? C’est peut-être à un autre apôtre, Simon le Zélote, que Flavius Josèphe fait référence. 


        • Emile Mourey Emile Mourey 22 juin 2017 20:12

          @Antenor

           En Act 1, 13, il y a deux Jacques. En Act 12, 2, Hérode fait mourir par l’épée un Jacques, frère de Jean. En 15, 13, un Jacques prend la parole. En 21, 18, Paul se rend chez un Jacques. 

          Agrippa Ier, parfois appelé Hérode Agrippa, né vers 10 av. J.-C. et mort vers 44 à Césarée, petit-fils d’Hérode le Grand, est le dernier roi juif de Judée.

          Les Actes des Apôtres dont je dis qu’il est l’oeuvre de Paul, ainsi que l’évangile de Luc qui l’accompagne, se termine par l’entrevue de Paul avec le roi Agrippa avant qu’il ne parte à Rome. Donc Paul ne peut pas relater la crucifixion de Simon et de Jacques qui a eu lieu en 48.

          Cela signifie donc que Paul a fini d’écrire les Actes des Apôtres à Rome, en n’emportant avec lui que les trois premiers évangiles, jean, Marc et Luc.

          Comme il termine son récit en disant qu’il a habité à Rome pendant deux ans et si on part du principe qu’il est parti de Palestine alors qu’Agrippa était encore vivant (+ 43/44), on peut supposer qu’il achève son écrit avant 48, et donc, avant la crucifixion de Simon Pierre et de Jacques.

          Reste la question des épîtres de Paul, de leur datation et de leurs liens avec les évangiles.

        • Antenor Antenor 25 juin 2017 00:02

          @ Emile

          C’est Agrippa II, frère de Bérénice, que Paul rencontre alors que Porcius Festus est procurateur de Judée vers 60.

          Et auparavant, c’est Hérode Agrippa 1er qui fait tuer « par le glaive » Jacques, frère de Jean avant 44 et jeter Simon-Pierre en prison.

          Chez Flavius Josèphe, c’est Tibère Alexandre, procurateur de Judée entre 46 et 48, qui fait crucifier Jacob et Simon, fils de Judas de Gamala.


        • Emile Mourey Emile Mourey 25 juin 2017 02:51

          @Antenor

          Merci d’avoir rectifié. J’avais complètement perdu le fil. Je viens de lire la page de Wikipédia sur Agrippa II. Il y est expliqué en détail qu’en 58, Paul, au retour d’une de ses missions, avait été reçu très froidement par Jacques le Juste, chef des Nazoréens (juifs chrétiens), frère du Seigneur. Tout se remet en ordre. Si ce Jacques est qualifié de « juste », c’est pour le distinguer du Jacques crucifié avec Simon en 48. Mais nous sommes dans le même puissant mouvement nazaréen qui n’est rien d’autre que le mouvement chrétien. Nazaréen = chrétien. Avec deux courants qui s’opposent : celui de Paul plutôt pro-romain, partisan d’une évolution, et celui du Jacques de Jérusalem qui y est hostile. Le père Gallez se trompe en inventant un puissant mouvement judéo-nazaréen qui existerait en même temps qu’un christianisme naissant.

          Si ce Jacques se dit le frère du Seigneur, c’est une formule qui remonte à l’époque essénienne ou post-essénienne où les communautés du mouvement se disaient « frères » de la communauté de Marc crucifiée dans l’évangile de ce nom.                             

        • Decouz 22 juin 2017 22:14

          Il y a plusieurs Jacques, Jacques le Mineur, Jacques le Majeur, Jacques le frère du seigneur, sans qu’il soit possible de toujours les différencier.
          Le cas de Jacques, frère du Seigneur, pose le problème des frères et soeurs de Jésus, qui pour les uns sont des frères de sang, pour les autres des frères au sens de cousin, ce qui peut se justifier par l’usage linguistique, mais les tenants des frères de sang avancent que le contexte de l’Evangile ne se prête pas à cette interprétation, des biblistes sérieux et même catholiques penchent maintenant pour des frères de sang, sans que cela remette en cause la virginité de Marie pour la conception de Jésus, en tout cas le point de vue diverge entre catholiques, protestants et orthodoxes.
          L’importance relative de Jacques frère du Seigneur, Jacques le Juste est aussi à mettre en relation avec l’importance de l’Eglise de Jérusalem dont il était le chef, ce groupe avait gardé l’observance des rites juifs, d’où les controverses à la fois avec Paul et Pierre, controverses qui sont été tranchées en faveur de l’abandon de ces rites.
          Il est possible que l’occultation relative de Jacques frère du Seigneur provienne de ces deux facteurs conjugués.

          https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A8res_de_J%C3%A9sus


          • Emile Mourey Emile Mourey 22 juin 2017 23:23

            @Decouz


            Selon moi, c’est à la fois compliqué et simple. Jean, c’est un individu cité par Flavius Josèphe, également par les autres évangiles mais c’est aussi le nom qui désigne sa communauté des bords de la mer Morte. Dans le Protévangile de Jacques, c’est le nom sous lequel il a désigné, globalement, les jeunes gens victimes de la répression d’Hérode, lors de l’affaire de l’aigle d’or. Comme vous le faites remarquer, il y a plusieurs Jacques, c.a.d. Jacob, mais les frères du Seigneur, il n’ y a pas de doute pour moi, ce sont des communautés esséniennes.

          • Emile Mourey Emile Mourey 22 juin 2017 23:28

            @Decouz


            ou des chefs de communautés

          • Antenor Antenor 23 juin 2017 19:13

            @ Decouz et Emile

            Entre les Actes des Apôtres et Flavius Josèphe, trois Jacques sont mis à mort :

            Jacques, frère de Jean (Ac 12.2) par Hérode

            Jacob, frère de Simon, fils de Judas le Galiléen (Ant 20.5.2) par Tibère Alexandre

            Jacques, frère du Seigneur (Ant 20.9.1) par Hanan


          • Pascal L 24 juin 2017 16:31

            @Decouz
            « des biblistes sérieux et même catholiques penchent maintenant pour des frères de sang »

            Dans l’Evangile de Jean, il y a un passage qui s’oppose à cette interprétation. Jésus sur la croix confie sa mère à Jean : Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. (Jean 19, 26-27). Si Jésus avait eu des frères, il aurait été de la responsabilité de ceux-ci et non d’un étranger de s’occuper de leur mère. 
            Pour que exégètes catholiques suivent l’hypothèse des frères de sang, il faudrait au moins des faits nouveaux importants pour invalider ce passage de l’Evangile de Jean.

          • Emile Mourey Emile Mourey 24 juin 2017 17:48

            @Pascal L


            Merci de revenir débattre. Bien que votre commentaire ne s’adresse pas à moi, je me permets cependant d’intervenir au sujet de votre interprétation dont vous dites qu’elle est de biblistes sérieux. Cette interprétation est infantile et n’est pas à la hauteur du drame qui se joue.

            Jésus sur la croix, c’est le conseil révolutionnaire clandestin (?) de Nazareth qui est crucifié ou dont l’évangéliste prophétise qu’il va l’être. Jean, c’est la communauté essénienne des bords de la mer Morte. Elle est au pied de la croix des martyrs alors que Simon, la communauté essénienne de Galilée, citadelle Gamala, ville Betsaïde, est aux abonnés absents. Marie, ce sont les Galiléens, très pieux, dont Flavius Josèphe dit qu’ils sont en perpétuelle effervescence. Ce sont ces insurgés qui ont enfanté le conseil qui est destiné ou déjà sur la croix. En toute logique, Jésus demande à Jean, la communauté essénienne des bords de la mer Morte de donner asile aux réfugiés galiléens et il enlève à un Simon absent, les esséniens du nord, sa légitimité à conduire le mouvement.

            Oui, je sais que c’est un peu compliqué, mais la pensée juive, c’est comme ça.



          • Montagnais Montagnais 22 juin 2017 22:15
            Omnes stulti, et deliberatione non utentes, omnia tentant 


            « Magicbuster » est un couillon

            .. rien que son nom en dit long ..

            En plus, il serait « ingénieur informatique » .. « ânes et mulets » en plus

            C’est dire, c’est gratiné , c’est complet

            Y devrait pas lire Emile Mourey ce Brebis .. y sait pas lire, pas penser, pas réfléchir 

            Et pour le paraphraser, cette flûte à l’ognon, affirmons nous aussi : 

            Quote

            La spiritualité c’est le droit au mépris !


            Chaque fois qu’on nous emmerdera avec des conneries - ce sera la même.


            Vous pouvez parler « mickey land » au sein de votre troupeau de pourceaux - sans nous polluer.


            Bonne journée.


            Unquote


            • Emile Mourey Emile Mourey 22 juin 2017 23:03

              @Montagnais

              Bonjour et merci pour votre soutien. 

            • ykpaiha ykpaiha 23 juin 2017 01:04

              Monsieur Mourey.

              Beaucoup de contradictions dans votre prose et meme si tout cela semble teinté de sincérité, une mise en perspective s’impose a moi lors la lecture.

              Le sujet abordé de l’historique essénienne des apôtres, ne semble pas etre corroborée par les études des manuscrits, et surtout par le mode de vie essénien en complète contradiction avec ce qui a été , tout au moins d’apres les témoignages évangéliques y compris par les apocryphes de nag hammadi.

              Que cette inspiration eut été cela va sans dire, cette période troublée et agitée, comme vous le dites ne pouvait qu’engendrer un renouveau salvateur, voila qui est le propre de tous les peuples. parfois jusqu’a leur destruction meme, mais dans le cas des évangiles certainement pas syncrétique.

              Les 4 évangiles restant le canon des églises orthodoxes et romaines ont toutes étés écrites en grec, ceci laisse a penser que leur diffusion populaire n’était pas l’objectif principal, Seul matthieu dont il est sujet ici ,fait référence a ses propres écrits en araméen il est le seul aussi a décrire l’apocalypse de la mort de Jésus. 

              Si la periode christique était turbulente que dire de la naissance des églises prechrétienne, tous ces sujets y compris la deification de Jésus, furent alors abordés commentés et meme mis au pinacle par toute sorte de textes révélés justes ou non.

              Bien que répudiés les Judeonazaréens et autres niceens, ariens, nestoriens auront eux aussi leur part d’histoire en fondant plus tard l’islam une autre version .....des évangiles.(=bonne nouvelle=grec évangiles= arameen ha-bishara=arabe al bishara = annonciation).

              Au commencement était le verbe, et le verbe était avec Dieu, et le verbe était Dieu.
              Il était au commencement avec Dieu.
              Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui.
              En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes.

              Un vrai agnostique ce Jean.


              • Emile Mourey Emile Mourey 23 juin 2017 03:20

                @ykpaiha

                Ma réponse à votre commentaire est dans mon article. André Dupont-Sommer qui est celui qui a le mieux étudié et compris les textes esséniens dit bien que le christianisme s’inscrit dans leur suite. Mais si vous lisez bien mes articles, vous devriez comprendre que si les évangiles s’inscrivent bien dans cette suite, c’est en la réformant. Les exemples sont nombreux : alors que les textes esséniens interdisaient jusqu’à ramasser les grains dans les champs, le jour du Sabath, les disciples les ramassent et le Jésus de l’évangile va jusqu’à guérir les malades ce jour-là, alors qu’il était interdit de faire quoique ce soit, scandale !!!

                Ma deuxième référence est l’éminent hébraïsant Claude Tresmontant ; il affirme, tout en le démontrant, que les évangiles ont été écrits en hébreu en pensant “hébreu”. Ces versions en hébreu ont été traduites en grec pour être diffusées.

                Quant à l’islam, le Mahomet de La Mecque ne s’inscrit, au début, que dans la suite d’une pensée judéo-nazaréenne.

                Quant au « verbe » du prologue de l’évangile de Jean, Tresmontant traduit par “le parler” après avoir pensé “parole créatrice”. Pour moi, c’est beaucoup plus simple vu que Dieu a commencé par créer en prononçant des paroles… “que la lumière soit etc… etc…

                On sait aujourd’hui que la création n’a pas commencé comme cela.

              • ykpaiha ykpaiha 23 juin 2017 15:15

                @Emile Mourey
                Plusieurs elements dans votre réponse.
                1) Non les évangile n’ont pas été ecrit en hébreux du fait que les dialecte parlés n’avaient aucune unification, et tres pauvre linguistiquement, seul le grec était admis comme langue véhiculaire et de commerce.
                2) A mon humble avis , votre confusion vient de la symbolique et non du fond de la philosophie portée par les apotres ; afin de colporter et d’imprimer le Texte dans les sociétés traversées, d’ou les
                différence entre les textes dont la symbolique correspondait au repères de chacuns., autant que les missionaires bien apres eux.
                Matthieu dont il est question ici a adapté les ecrits de marc pour se conformer a son évangélisation des juifs de palestine, en se reposant sur leurs références idéalisees, d’ou également par exemple la marque de « son » Jésus contre les pharisiens.
                3) « On sait aujourd’hui que la création n’a pas commencé comme cela »
                Pas tres scientifique que cela je dirais plutot...il est admis aujourd’hui que.....rasoir d’okham ou est tu ?


              • Emile Mourey Emile Mourey 23 juin 2017 15:58

                @ykpaiha


                1. Voyez Tresmontant. Les quatre évangiles ont été écrits en ancien hébreu, l’écriture sacrée de la tradition juive et il ne pouvait en être autrement. Son oeuvre est actuellement reconnue par le monde universitaire. Je pense que vos références datent d’avant.

                2. Idem. L’idée que Paul et les évangélistes se seraient partagés le travail, l’un écrivant pour les gentils, Matthieu pour les juifs etc... , c’est leur prêter un machiavélisme politique qui est celui de notre époque mais qui n’était certainement pas dans l’esprit de ces apôtres et disciples qui montaient courageusement sur la croix.

                3. Je plaisantais.

              • ykpaiha ykpaiha 24 juin 2017 00:59

                @Emile Mourey
                Merci pour ce bref aparté que vous me sembler apprécier, rien de bien convaincant, en effet au dela de la démonstration du volontarisme culturel du sacré, Tresmontant a en effet a l’instar de l’abbé Carmignac essayé cette double retranscription.
                grec > hebreux ou aramééen plutot
                Ils sont tombés tous deux sur les memes conclusions qu’en effet les evangiles s’ils étaient écrits en grec il ne l’étaient pas de maniere classique mais avec les tournures hebreux (un peu pour simplifier ce que font nos enfants ou certains avec l’anglicisation aujourd’hui).
                Ce qui a laissé pour ainsi dire planer le doute.
                Mais les deux restent formels : c’est bien le grec qui a été le véhiculaire des évangiles, contrairement a l’affirmation de wikipedia battue en breche par les historiens.
                De plus je vous conseillerais la lecture de Jean Carmignac sur le sujet (
                CARMIGNAC, Jean, La naissance des évangiles synoptiques) dont s’est inspiré Tresmontant en validant la démarche.Vous en trouverez ici les notes de fin.

                ..........« Autrement dit : le grec des Évangiles n’est pas un mauvais grec, ni un grec maladroit ; c’est le bon grec d’un traducteur respectueux d’un original sémitique, qui en conserve la saveur et le parfum » (p. 12).".......

                Donc ni oui ni non bien au contraire....

                Bien a vous, sans acrimonie aucune



              • ykpaiha ykpaiha 24 juin 2017 01:17

                @Emile Mourey

                Je voulais répondre a votre second point mais en plus bref.
                Non pas a priori les évangélistes n’ont pas écrit selon leur destin future mais en schématisant a l’extrême a partir d’un ou plusieurs scribe de base (certains pensent a Marc) ils l’ont élaborés selon les contraintes rencontrées afin d’en adapter non pas le message mais la compréhension.

                Pour sourire un peu j’imagine Jean en Grece, avec son petit Jésus sous le bras essayer d’impressionner le panthéon avec ses Gorgones et autres Metis, les grecs ayant inventé Marvel bien avant les ricains.


              • Emile Mourey Emile Mourey 24 juin 2017 04:29

                @ykpaiha

                Traduction en grec à partir de l’hébreu, oui. Le KGB l’avait pensé, que Jésus était « né » dans la diaspora, mais il n’avait pas trouvé où... dans les fresques de Gourdon. Mais comme ce n’était pas « correct », il a bien fallu rectifier en le faisant naître à Bethléem, ville de David, d’où les évangiles, et comme il fallait en avertir l’importante diaspora pour avoir son soutien, il a bien les traduire en grec pour qu’ils soient lus par les « Étienne » (nom code générique pour désigner les Grecs convertis de Jérusalem et de la diaspora). Nous sommes d’accord.

              • Pascal L 24 juin 2017 17:37
                @ykpaiha
                Les esséniens n’ont jamais eu une grande importance et c’est un groupe parmi beaucoup à cette époque. C’est un peu l’arbre qui cache la forêt des Judéonazaréens. Les derniers parchemins de la mer morte nous mène plutôt dans la direction des Judéonazaréens (hérésie messianique).
                Quand aux évangiles, nous disposons maintenant des Evangiles originaux de Matthieu et Luc en araméen et partiellement pour Marc en Hébreu. Ces évangiles ont probablement été écrits vers les années 50, soit à une époque où les témoins directs étaient encore vivant. Les textes grecs sont nettement postérieurs et sont tout-à-fait conformes aux originaux.
                Les apocryphes de Nag hamadi ne peuvent être qualifiés de témoignages. Ils sont très postérieurs et imprégnés de l’hérésie gnostique.

                « Si la période christique était turbulente »
                C’est le moins que l’on puisse dire. Les messianismes se multipliaient depuis déjà le 2ème siècle avant J.C. et on retrouve une grande partie de ces attentes dans les écrits intertestamentaires. Ces documents sont difficiles à manier car ils portent les traces de nombreuses interpolations qui se sont faites sur une durée de 5 siècles environ. La plupart des Juifs attendaient un royaume de Dieu sur Terre et se battaient pour purifier Jérusalem des corps étrangers (Romains...). En 68, les Romains excédés ont évacué de Jérusalem les groupes qui ne posaient pas trop de problèmes (Les Judéo-Chrétiens principalement) et ont fini par détruire le temple en 70. En 135, rebelote avec la révolte de Shimon bar Kokhba et la destruction de la ville. Ces groupes messianistes attendaient principalement 2 messies : un messie guerrier de la tribu de Juda et un messie prêtre de la tribu de Lévi. Le fait que Jésus, de la tribu de Juda, ait refusé de chasser les Romains est considéré comme un échec ou une trahison par beaucoup de ces groupes messianistes. Les Judéonazaréens ont supposé que Dieu s’était trompé (il faut le faire) et qu’il avait mis Jésus de côté pour un retour lorsque les temps seraient plus favorable. Cette hérésie a débouché sur l’Islam et c’est la seule qui a conduit à l’Islam. Muḥammad, de son vivant prêchait un retour imminent de Jésus sur Jérusalem et faisait tout son possible pour reconquérir la ville afin de purifier le temple et permettre le retour de Jésus. 

                « Un vrai agnostique ce Jean. »
                Cela reste votre interprétation. Si Dieu existe, il est possible d’en avoir des signes encore aujourd’hui, sinon cela signifierait que Dieu est mort et donc qu’il n’est pas Dieu. Les Chrétiens n’arrêtent pas de témoigner de ces signes, mais si vous voulez vous faire votre propre avis, il y a quelques règles à suivre. Les Chrétiens vous diront les signes de Dieu s’adressent toujours à des individus, jamais à une foule. Dieu ne vous adressera aucun signe s’il sait que cela ne servira à rien.

              • Antenor Antenor 24 juin 2017 23:24

                @Pascal L

                Esséniens et Judéo-nazaréens sont exactement la même chose. Essénien était leur nom grec et Judéo-nazaréen (pléonasme d’ailleurs) est une appellation récente qui ne change strictement rien sur le fond. Le terme d’Ebionite convient également. Dans les manuscrits de la Mer Morte, ils se disaient membre du Yahad. Il s’agit de Juifs hostiles aux Pharisiens et aux Sadducéens et appliquant la Loi à la lettre. Chez Paul, on voit clairement que Jacques, le « frère du Seigneur » appartenait à cette mouvance. Les premiers Chrétiens se sont divisés sur cette question. Ceux qui ont suivi Paul ont fini par donner naissance au Catholicisme et ceux qui ont suivi Jacques se sont vus marginalisés aux confins de la Syrie et de l’Arabie sous le nom de Nazoréens et d’Ebionites, avant sans doute qu’une partie d’entre eux ne participe à la naissance à l’Islam. C’est pour cela que l’Eglise d’Occident a tenté de minimiser l’importance de ce Jacques en le mélangeant avec Jacques d’Alphée et en le renommant Jacques le Mineur.

                Dans les Evangiles, la fin du monde est violente sans parler de l’Apocalypse. Pendant son ministère, Jésus ne commet pas d’action violente mais son retour y est annoncé comme sanglant.


              • Pascal L 25 juin 2017 21:00

                @Antenor
                « Ceux qui ont suivi Paul ont fini par donner naissance au Catholicisme »

                Ça c’est un affirmation un peu méchante des protestants qui ont repris une théorie créée par les Juifs et les Musulmans. Cette affirmation ne tient pas la route lorsque nous relisons les textes. 
                Si les Judéonazaréens peuvent être issu du Judéo-Christianisme de Jacques, c’est relativement à la marge. Les Judéonazaréens sont d’abord des Juifs attaché au temple et c’est la destruction du temple en 70 qui a provoqué la scission définitive avec les Chrétiens. Les Jacobites sont rentrés à Jérusalem après 70 alors que le Judéonazaréens ne le pouvaient pas. Par ailleurs, ils ont développé une vision eschatologique avec un retour imminent de Jésus qui vient terminer son travail qui ne peut être chrétienne. Le messianisme des Judéonazaréens n’est pas Chrétien, on peut plutôt le rapprocher du foisonnement des écrits inter-testamentaires.
                Le terme de Nazoréen ou Nazaréen est leur propre revendication. Les Chrétiens ont abandonné très tôt cette appellation.
                « Jacques le Mineur » Le patron de l’Eglise de Jérusalem est plutôt un autre Jacques : Jacques le juste, cousin de Jésus. Celui-ci est mort en martyr et son enseignement est tout à fait conforme à celui de Jésus. Les hérésies, en particulier gnostiques, apparaissent plus tard.

                La fin du monde ne peut être que violente, sinon ce ne serait pas la fin du monde. Il n’est écrit nulle par que cette violence serait le fait du Christ. On parle d’Antichrist ou de Satan, mais en fait je n’en sais rien. Le Christ est dit venir juger les hommes, mais je crois plutôt que ce sont les hommes qui se jugeront eux-mêmes. L’amour du Christ est absolu et il nous offre son pardon. Il ne peut donc revenir sur ce pardon et nous juger ensuite, mais pour nous, le plus difficile est d’accepter ce pardon et ce sera plus difficile, voir impossible pour ceux qui, connaissant le Christ, passent leur temps à le nier.

              • Emile Mourey Emile Mourey 26 juin 2017 10:29

                @Pascal L


                Vous ne citez pas vos références. Si vous les citiez, vous devriez vous rendre compte qu’elles datent pour la plupart d’après la chute de Jérusalem. Comment se fait-il que cela ne vous saute pas aux yeux qu’autant la situation est assez bien connue par les textes, avant, et très confuse après ?

                Il y a une continuité de l’Histoire que vous ne voulez pas voir, notamment en ne voulant pas comprendre comment le mouvement essénien a évolué en se réformant pour devenir le christianisme. Vous imaginez, sans preuves crédibles, des dates de rédaction des évangiles postérieures à 70 sur la foi d’hypothèses de « pères de l’Église » écrivant près de deux siècles après. Irénée de Lyon, c’est vers 200, et en plus, il est de Lyon et c’est un Romain de langue grecque. Tout cela n’est pas fiable.

                Les évangiles sont des textes soigneusement écrits par des communautés, lesquelles ne peuvent être qu’esséniennes, dont l’existence est attestée par les textes, et comme je l’ai indiqué dans mon article précédent, pour être immédiatement diffusés, et en Palestine et dans la diaspora à des fins de prosélitisme, et cela avant 70. Ou alors, donnez les éléments qui vous autorisent à dire le contraire.

                Juste avant 70, les choses sont claires. Il y a des Juifs, nazaréens, nazoréens, dont certains, à Antioche, se disent chrétiens, qui, avec des Grecs et des gentils convertis, affirment que jésus est descendu dans les évangiles, et il y a ceux qui, dans le dit Apocalypse de Jean, pensent qu’il n’est pas encore venu et espèrent qu’il va descendre lors de la guerre de Jérusalem. 

                Après 70, vous semez la confusion de même que Flavius Josèphe aurait semé la confusion, avant, s’il avait fait l’inventaire de toutes les petites communautés esséniennes, en citant le nom sous lequel elles écrivaient leurs textes (exemple : épître de Jude, frère du Seigneur...)

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