• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > François Bayrou et l’illusion religieuse centriste

François Bayrou et l’illusion religieuse centriste

Tout le pari politique de F. Bayrou repose sur une triple croyance. Or, rien ne permet d’affirmer que ces croyances ne soient pas des illusions et que son pari politique ne repose pas sur des présuppositions tout à fait irréalistes. Je voudrais ici exposer les arguments forts ce qui me semble pouvoir les invalider.

(FB est François Bayrou, SR est Ségolène Royal, NS est Nicolas Sarkosy et JMLP est Jean-Marie Le Pen)

- La première croyance est que FB pourrait être élu seul contre les deux autres partis de gouvernement (en excluant JMLP avec qui personne ne peut faire alliance sans se compromettre définitivement en France et en Europe), sans s’allier donc sur un programme politique qui ne serait plus tout à fait le sien avec l’un ou l’autre des formations de droite ou de gauche de gouvernement ; et ainsi qu’il pourrait ne pas avoir à choisir en conséquence entre le centre droit et le centre gauche, selon la position de son adversaire au deuxième tour ; ce qui me semble totalement irréaliste. Toute alliance suppose, en effet, négociation, et donc la reformulation du programme ou projet du candidat, d’autant que nul ne voudrait plus du type d’alliance qui s’est faite autour de J. Chirac en 2002 et qui n’était "légitime ", aux yeux par exemple du PS et du PC que pour s’opposer à JMLP. Il est clair que FB est un républicain, ce que n’était le chef du FN pour tous les électeurs de gauche qui avaient voté pour l’actuel président de la République.

- La seconde croyance est qu’il (FB) pourrait, après son (éventuelle ) élection au deuxième tour et dans sa foulée, constituer en vue des élections législatives, ou tout de suite après, un grand parti démocratique du centre. Or, cette croyance repose à son tour sur l’hypothèse que son élection entraînerait nécessairement les ralliements de droite et de gauche qui lui permettraient de former le grand parti apolitique de techniciens compétents à son service (ni à droite, ni à gauche). Mais ceci supposerait l’éclatement des deux formations que sont l’UMP et le PS. Or, nulle personnalité de premier plan, dans aucun de ces partis, n’a intérêt vis-à-vis de ses électeurs à rompre avec son parti sauf à se couper de ses fondements idéologiques de légitimité et du soutien de la formation politique dont il est issu. Tout donne à penser, au contraire, que les formations (de droite ou de gauche), victimes de ces ralliements, feraient tout pour enrayer un tel processus de rupture, en menaçant ceux-ci de représailles extrêmement efficaces (au regard des élections futures ) contre les ralliés. Aucun (ex)adversaire au sein du PS de SR ne voudrait pas, par exemple, ne pas profiter de la défaite (très éventuelle) de celle-ci au premier tour, pour l’emporter sur elle au sein du parti, en vue de préparer à son avantage son éviction pour les futures élections cinq ans après. Et il en est de même au sein de l’UMP. Nul n’a donc d’intérêt de se soumettre au leadership de FB au risque de ne pouvoir prétendre se présenter aux élections majeures suivantes comme son successeur à la plus haute fonction. Seuls donc des ralliements de seconds ou troisièmes couteaux aux ordre exclusifs de FB seraient envisageables, lesquels ne permettraient pas de résister longtemps aux tirs de barrage permanents qu’ils subiraient de la part de leur ancienne formation (et les ralliements dans le sens de l’UMP et venant de l’UDF - et non le contraire - sont là pour nous le montrer dès aujourd’hui).

- La troisième croyance, plus profondément, est qu’il serait possible dans notre pays de renoncer au débat démocratique entre la droite et la gauche et que l’on pourrait se dispenser de renouveler la gauche en un sens plus libéral pour fonder une alternance démocratique crédible (et quoiqu’en pensent certains, c’est bien le sens des efforts de SR) dont toute démocratie a besoin. Le rêve d’un gouvernement de techniciens neutres soumis à l’homme providentiel qu’est FB est un rêve dangereux pour la démocratie elle-même. Notre pays, comme tous les pays démocratiques, connaît de profondes divisions sociales qui obligent à faire des choix courageux entre les intérêts des uns et des autres et/ou à trouver des compromis qui ne peuvent convenir tout à fait, ni aux uns, ni aux autres. et donc qui doivent trouver des majorités alternatives difficiles pour pouvoir être effectués ou sanctionnés par les électeurs dont on ne pourrait, par la grâce d’un président tout puissant, faire disparaître comme par enchantement (et il y a de l’enchantement dans le démarche de FB) . Rien n’indique qu’une politique centriste ne soit pas autre chose qu’une politique immobiliste ou un mirage unanimiste absurde en démocratie. Un tel unanimisme politique ferait probablement le lit de l’extrémisme de gauche ou de droite

Ces trois croyances sont donc, si j’ose dire, un acte de foi, de nature religieuse, dans une société réconciliée qui n’existe que dans l’esprit du chef de l’UDF et de celui de ses amis (bien instables du reste) et sous le pouvoir exorbitant dont il rêve de faire cesser le conflit gauche/droite ; elle est d’ailleurs à relier avec la volonté de FB de renforcer les pouvoirs du président de la République qui, dans son projet de VIe République, deviendrait seul responsable de la politique concrète indissociable de celled’introduire une part du suffrage proportionnel aux élections législatives. Cela, loin de réduire le pouvoir du chef de l’Etat, ferait qu’il serait seul à même d’effacer, mais d’une manière très instable, les clivages politiques à son profit exclusif.

Le rêve de FB réside donc dans sa volonté de faire de celle-ci l’expression d’une pensée unique dans une société à son image : celle de la paroisse des croyants dans une réconciliation généralisée de tous les citoyens, paroisse qui serait telle qu’elle confierait à un seul le pouvoir de dépasser, dans une même communauté de croyants, la politique et son théâtre (ou pouvoir de représentation) en tant qu’expression régulée des luttes sociales.


Moyenne des avis sur cet article :  2.33/5   (228 votes)




Réagissez à l'article

112 réactions à cet article    


  • Jean-François (---.---.99.52) 5 mars 2007 12:05

    Voir aussi l’article d’aujourd’hui de De ço qui calt ?

    http://blog.360.yahoo.com/quicalt

    François Bayrou, candidat entre deux eaux et à coloration variable « Tous contre Bayrou », titre la une du Journal du Dimanche. Le candidat de l’UDF se présente comme une cible traquée. S’agirait-il d’un révolutionnaire ? Pour l’UMP, « Bayrou fait du Sarkozy en moins bien ». Le sénateur socialiste Jean-Marie Bockel n’est pas opposé à l’idée d’un gouvernement d’union nationale défendue par l’UDF. Mais le citoyen peut demander : l’union nationale, pour quoi faire ? François Bayrou s’en prend à une « guerre perpétuelle » entre le PS et l’UMP qui accablerait le pays. Cependant, la continuité de la politique française depuis trois décennies, au milieu de cohabitations et d’alternances, semble infirmer ces propos. Sur l’essentiel, les médias parlent peu de la politique que préconise vraiment François Bayrou et des intérêts qu’il représente. Y a-t-il vraiment une différence entre la « droite », la « gauche » et le « centre » ? Le candidat de l’UDF n’est, semble-t-il, ni de « droite », ni de « gauche », mais tout le contraire. Seulement, en quoi incarnerait-il une rupture avec la « politique unique » ?

    « Pax in nomine Domini

    Fetz Marcabrus los motz e.l so.

    Aujatz que di... »

    François Bayrou n’a pas eu besoin de quitter la Gascogne pour découvrir cet appel à la paix civile, composé par l’un des plus grands poètes du XII siècle. Mais le troubadour Marcabru, auteur du poème et de la musique qui l’accompagne, chante en réalité un devoir de guerre : celui d’une croisade pour laver nos pêchés. C’est pourquoi on appelle souvent ce texte « Vers del Lavador ».

    La croisade, première entreprise « européenne » ? Après l’Empire d’Occident de Charlemagne, ce fut la montée du théocratisme sous le Pape Grégoire VII et, juste après, le « Deus lo volt ! » de Clermont-Ferrand qui acclama l’appel d’Urbain II à la première croisade...

    (...)

    Huit siècles après la Croisade Albigeoise, dans une Europe qui a connu entre autres le fascisme, le nazisme et deux guerres mondiales, deux traits médiévaux s’affirment de manière inquiétante : la banalisation des partis par la politique et la pensée « uniques », et la mise en place controversée d’un pouvoir européen où les lobbies de la grande finance ont remplacé l’Eglise toute-puissante de jadis.

    A son tour, cet « ordre européen » s’inscrit de plus en plus ouvertement dans le cadre d’un futur « ordre mondial » qui ressemble fort au schéma de gouvernance préconisé par des cercles d’influence comme la « Commission Trilatérale ». A savoir, une direction à trois composantes (Amérique du Nord - Europe - puissances de l’Asie) des affaires planétaires, comme déjà envisagé dans les premiers documents de travail de cette Commission ou dans les comptes rendus de ses réunions annuelles. Le monde, gouverné par une théocratie de l’argent ? C’est ce que suggèrent la composition, les objectifs et le mode de fonctionnement de ce genre d’organisations fort éloignées des citoyens mais très actives et influentes.

    (...)

    Mais François Bayrou, membre également de la Trilatérale jusqu’en 2005 et héritier autoproclamé de la tradition « centriste », ajoute un troisième ingrédient à connotation médiévale à l’actuel panorama politique : l’appel à la paix civile, dans un pays où règne d’après lui : « Perpétuellement la guerre entre le PS et l’UMP, perpétuellement en embuscade l’un contre l’autre ». Raison pour laquelle, poursuit notre homme providentiel : « J’ai vu mon pays décliner, s’appauvrir ». Rien de moins. La mondialisation, les élargissements de l’Union européenne, le méga-espace économique du Conseil de l’Europe, les exportations de capitaux, les délocalisations, le marché mondial de la main d’oeuvre, le dumping social... n’y sont semble-t-il pour rien. Toute la faute revient à la « guerre entre le PS et l’UMP »... Curieux, dans ce cas, qu’on ait tant de mal à trouver des textes d’une législature franchement désavoués par la législature suivante après une « alternance ».

    (...)


    • machinchose machinchose 5 mars 2007 12:28

      C’est un peu comme cette histoire de nouveau parti, le PD de François Bayrou est il censé nous convaincre qu’il offrira une vraie alternative au PS de Royal et à l’UMP de Sarkozy ? Croit on vraiment en cet espèce de mythe réconciliateur ? je ne sais pas. Ce que je crois c’est que Bayrou est le cache sexe qui justifie l’impossibilité mysogine de voter pour une femme ou le désir profond et un peu honteux de de s’autoriser un absence de choix et d’un certain immobilisme.


      • Soif (---.---.135.140) 6 mars 2007 02:07

        ouais c’est clair, votez Chirac


      • Romain (---.---.10.200) 5 mars 2007 12:41

        « La troisième croyance, plus profondément, est qu’il serait possible dans notre pays de renoncer au débat démocratique entre la droite et la gauche »

        Alors la laissez moi rire. Débat democratique entre la droite et la gauche. Depuis un an qu’on nous rabache les oreilles avec sego par ci sarko par la y a pas eu un seul débat et je doute qu’il y en ai un ! Ce serai trop dangereux politiquement pour les 2 protagonistes et ca leur permet de dire n’importe quoi pendant leurs discours et de se voler des idées, c’est dire comme ils sont éloignés idéologiquement... La démocratie c’est avoir le choix entre la peste et le cholera c’est ca ?


        • (---.---.37.71) 5 mars 2007 13:03

          Débat ne signifie pas plus recontre physique qu’économie de marché n’implique que vous alliez faire votre marché au marché...


        • (---.---.37.71) 5 mars 2007 12:52

          « en excluant JMLP avec qui personne ne peut faire alliance sans se compromettre définitivement en France et en Europe »

          Compromettre dans quoi ? Ridicule ! On peut parfaitement faire alliance avec Le Pen, comme d’ailleur le PS fait alliance avec l’extréme gauche stalinienne dite Anti-mondialiste ! Personnellement, je ne vois que des avantage à cette alliance, du moment qu’elle est négociée fermement. Aprés tout, la Droite ne peux pas ecarter comme ca 20% de son electorat !

          « Or, nulle personnalité de premier plan, dans aucun de ces partis, n’a intérêt vis-à-vis de ses électeurs à rompre avec son parti sauf à se couper de ses fondements idéologiques de légitimité et du soutien de la formation politique dont il est issu. »

          Exact. Je menace l’UMP : si vous participez à un gouvernement sous Bayrou, si vous voter une seule de ses Lois, JE VOTE FN. Et je serais loin, trés loin d’être le seul. ===>Bayrou, démission !

          « Rien n’indique qu’une politique centriste ne soit pas autre chose qu’une politique immobiliste »

          Arf ! BAYROU=NINI !

          La démocratie, c’est le plus fort qui décide et impose son choix à la minorité, tout en respectant ses droits naturels bien sur (1789), c’est pas le consencus ou je ne sais qu’elle purée tolérante d’ouverture à l’autre et autre conneries socialistes pour intimider une vrai politique de droite.

          « Ces trois croyances sont donc, si j’ose dire, un acte de foi, de nature religieuse, dans une société réconciliée qui n’existe que dans l’esprit du chef de l’UDF »

          Ne prenez pas Bayrou pour un con. Il sait tout ca parfaitement, tout comme Mitterand savait parfaitement que son election allée jeté à la rue des millions de nouveaux chomeurs et de nouveaux pauvres, mais il s’en tape. Pareil pour Ségoléne, prisoniére de son parti. Démocratie, c’est le nouveau nom de l’ancien nom, Demagocratie.

          Bref, Reboul, je suis d’accord avec vous.

          La gauche c’est plus d’impots, de taxe, de dette, de fonctionnaire, de parasite sociaux, de Loi, moins de liberté, de richesse, de culture, l’abrutissement égalitaire, la destruction de la grandeur de l’homme, l’immigration, et la fin de la France.

          La droite, c’est le contraire. Il ne peut y avoir aucun compromis. La gauche, c’est le Mal. Lutter contre la gauche, qui s’est tant compromise dans le Léninisme et l’Hitlérisme, est un devoir moral.

          VIVE LA FRANCE ! MORT AU SOCIALISME !


          • rdu (---.---.250.217) 5 mars 2007 22:29

            Amusant cette véhémence

            Pourquoi dites vous que Bayrou est NINI ?

            Parce que cseule la gauche et la droite doivent exister ?

            Que vous le vouliez ou non il va falloir considerer 3 partis et non plus deux. Enfin on verra bien a l avenir, mais je pense que le binarisme gauche/droite capote


          • (---.---.43.81) 5 mars 2007 12:56

            Me trompé-je, ou vous limitez-vous dans votre (long) article à développer vos raisons de ne pas croire au succès de M. Bayrou ?

            Libre à vous de penser ainsi, quand bien même de plus en plus d’électeurs se mettent à penser - et, ce faisant, à confirmer - l’inverse.


            • (---.---.37.71) 5 mars 2007 13:08

              Vous voulez dire que de plus en plus d’electeurs son cons ? Effectivement, c’est un puissant argument !

              reboul à parfaitement raison. Il faut être trés naif, ignorant des réalités, pour s’imaginer que quoi que ce soi de bon peu sortir d’une éventuel election de Bayrou ; A part donner le pouvoir au FN (c’est paut être votre but ; faut voir alors).


            • rdu (---.---.250.217) 5 mars 2007 22:30

              vous voulez dire que les electeurs sont naifs (ou en tout cas 20% d apres les sondages) ?


            • (---.---.73.200) 7 mars 2007 18:00

              «  »son cons «  »

              On dit son cons si on veut ; mais on écrit « son con », au singulier !

              C’est con !


            • marc (---.---.76.3) 5 mars 2007 13:07

              J’ai du mal à comprendre qu’on soit le président de l’UDF(ex parti de VGE, ex bras droit de Chirac) et se dire de gauche, en votant des lois avec la majorité de l’UMP et de temps en temps voter contre ; M.BAYROU est une vraie girouette, une vraie marionnette et j’ai beaucoup de mal à comprendre ou il veut emmener le pays ( la 4 eme république de M.BAYROU nous fait retourner 50 ans en arrière et la 6 eme république de Segolene ROYAL va nous propulser 10 ans en avant... Segolene c’est Bayrou en plus pragmatique.


              • veronique (---.---.76.3) 5 mars 2007 13:32

                Segolene sera présidente parce que Bayrou est une girouette ( il est centre droit et veut incarner la nouvelle centre gauche) et Sarkosy a fait parti d’un gouvernement qui n’ a rien fait pour réduire la fracture sociale et pour les + faibles. Segolene = femme(une autre vision de faire de la politique = economie associé à l’écologie = respect envers ce qui souffre en France = vrai convaincue Européenne Vraiment on ne le regrettera pas, car elle ne fera pas les erreurs du passé du PS.


              • nathaile (---.---.76.3) 5 mars 2007 13:37

                J’ai l’impression que les hommes sont tres machos en ce qui concerne la politique. Segolene ferait une exellente présidente !!!!!!!!Mes enfants ne souffrirons pas avec elle. Bande d’égoistes et de nombrilistes


              • Eric 5 mars 2007 14:30

                C’est le contraire, Segolene Royale c’est Bayrou en plus acrobatique.

                Lors des primaires PS, il y avait deux lignes claires que l’on pourrait qualifier de droite et de gauche. Le parti a choisi de ne pas choisir. Meme si SR ferait sans doute une poliitique plus a la Strauss kahn qu’a la Fabius. Mais elle ne s’est pas fait elire la dessus mais sur, « avec moi vous aurez les deux... »C’est bien d’ailleur parce qu’elle s’est placee sur le terrain qui est depuis toujours celui des democrates chretien, du liberal avec du social tout en ne se debarassant pas des archaisme pour ne pas deseperer billancourt qu’elle perd du terrain sur sa droite sans en gagner sur sa gauche.


              • rdu (---.---.250.217) 5 mars 2007 22:31

                Si je me les coupes tu votes pour moi ?


              • Philippe (---.---.63.162) 5 mars 2007 13:13

                Sur le même sujet, mais avec une approche bien différente, je vous renvoie à mon article publié aujourd’hui aussi sur Agoravox : « le pari démocrate ».

                http://www.AgoraVox.fr/article.php3?id_article=20188


                • Bruno G (---.---.246.253) 5 mars 2007 13:17

                  Je ne vois pas en quoi M. Bayrou s’appuie sur des croyances.

                  M. Bayrou fait de la politique, de la vraie politique, celle qui prétend changer les choses.

                  Après 20 ans de lutte partisanne, et de confiscation du pouvoir dès les élections terminées, il est tant donner aux français la possibilité de peser sur la vie politique de façon constructive.

                  Il ne s’agit pas de s’affronter stérilement au nom de grands principes dit de droite ou de gauche mais de débatre et de décider en fonction du possible et de l’interêt général. C’est cela la vrai démocratie, un débat d’idées sans a priori dogmatique.

                  Dire que l’on ne peut pas changer les choses et que l’action de M. Bayrou est sans espoir, c’est vraiment nier la capacité des français à la démocratie et affirmer que la politique est inutile. Ne serait ce pas un aveu à peine voilé du totalitarisme rampant de ces oracles ?


                  • Jean-François (---.---.99.52) 5 mars 2007 13:21

                    C’est curieux, ou j’ai mauvaise mémoire ou il y a de plus en plus d’auteurs qui avant ne nous disaient pas qu’ils étaient à l’UDF et soudain, ils le font. Ce n’est peut-être pas fini. Ce qui expliquerait la « densité » des votes négatifs dès que quelqu’un ose s’exprimer un peu.

                    Avant, c’est au PC qu’on attribuait cette technique des « sous-marins ».


                    • rdu (---.---.250.217) 5 mars 2007 22:36

                      chacun a le droit de s’exprimer et tes commmentaires ne sont pas censurés.

                      S il y a beaucoup de sympatisants de Bayrou c est un fait.


                    • Voltaire Voltaire 5 mars 2007 13:38

                      La chasse au Bayrou est belle et bien ouverte, mais l’on comprend naturellement la nervosité des sympathisants des trois camps les plus menacés, PS, UMP et FN. Cette nervosité est à l’origine de différents arguments destinés à limiter l’attrait de la candidature de François Bayrou envers leurs propres sympathisants. Rien que de très naturel et de bonne guerre. L’un de ces arguments (j’en ai repéré 4 principaux) est celui de l’impossibilité pour François Bayrou de se libérer des clivages traditionnels droite-gauche, et donc de gouverner le pays sur son projet. Voici qui fait l’objet de cet article. Je ne commenterai que brièvement les deux premiers chapitres (j’ai une idée d’article sur le sujet en préparation), pour me concentrer sur le troisième. François Bayrou ne pourrait donc être élu au second tour sans une alliance avec l’un des deux autres « grands partis ». Ces deux grands partis seraient donc incontournables dans le paysage politique français. Je suggère vivement à l’auteur de regarder de plus prêt les résultats des élections récentes : à eux deux, ces « grands partis » ont réalisés 35% des voix en 2002... (et ne parlons pas des inscrits...). Et ils n’ont guère fait beaucoup mieux lors des élections européennes et régionales. Ceci m’amène à faire le lien avec le second chapitre. Point d’éclatement possible de ces « deux grandes formations » dites-vous ? Déchiré entre aile sociale-démocrate pro-européenne et aile anti-libérale anti-européenne, le PS serait donc à l’abris de toute recomposition ? N’y aurait-il pas moins de différences en tre l’UDF et cette aile sociale-démocrate qu’entre ces deux courants du PS ? Et côté UMP, résultat d’une OPA manquée sur l’UDF, est-il si utopique de penser que tous ces responsables, qui s’adorent, ne puissent comme à leur habitude aller là où se trouve la soupe ? Ces gaullistes historiques s’entendent-ils si bien avec les sarkozystes chantres du modèle anglo-saxon, ou avec des ex-UDF chrétiens démocrates ? Et quel sera l’autorité des leaders respectifs, F. Hollande-S. Royal et N. Sarkozy, sur leur parti en cas de défaite ? Mais le plus « choquant » pour moi est votre troisième partie. Faut-il que vous ailliez des oeillères si épaisses pour ne pas apprécier le désir de changement des français ? N’avez-vous donc pas discuté autour de vous ? Quand ceux-ci, sondages après sondages, élections après élections, crient leur raz le bol du système actuel, de cette organisation bipolaire stérile, de ces mesquineries de bas étages. « ASSEZ ! Cessez ces attitudes d’enfants gâtés, qui salive devant la sucette du pouvoir, et qui pour rien au monde n’imaginerait de partager le gâteau avec quiconque quelle qu’en soient les conséquences » disent-ils. Et vous voudriez faire comme si de rien n’était ? Et vous accusez François Bayrou de faire le lit des extrêmes ? Les français ont vu le résultat qu’un gouvernement avec plus de pouvoir qu’aucun gouvernement n’a jamais eu a obtenu. Pensez-vous vraiment qu’ils souhaitent refaire la même chose avec un autre gouvernement PS ? Les méprisez-vous à ce point pour penser qu’ils ne voient dans la proposition d’un gouvernement de rassemblement, et non pas de ni-ni ou de techniciens, que la caricature que vous leur faites ? Bien entendu ils se rendent compte de la difficulté, des chausse-trappes, qui attendent ce gouvernement. Bien entendu ils jugent, évaluent, les capacités de Mr Bayrou à réussir ce pari. Mais rendez-lui justice, à cette majorité de français qui approuve cette démarche de rassemblement : elle n’est ni stupide ni ignorante, elle connaît les difficultés de la France, et ne souhaite qu’une chose, que les responsables politiques, tous les responsables politiques, fassent enfin leur travail, celui pour lequel ils sont payés, pour mettre en place des solutions qui soient efficaces et concernent tous les français, et pas seulement la petite minorité d’un clan. Quant à vos allusions religieuses à propos de Mr Bayrou, ne les trouvez-vous pas un peu mesquines ?


                      • Voltaire Voltaire 5 mars 2007 13:39

                        Désolé, le commentaire est parti par erreur sans les espaces. Le revoici de façon plus lisible

                        La chasse au Bayrou est belle et bien ouverte, mais l’on comprend naturellement la nervosité des sympathisants des trois camps les plus menacés, PS, UMP et FN.

                        Cette nervosité est à l’origine de différents arguments destinés à limiter l’attrait de la candidature de François Bayrou envers leurs propres sympathisants. Rien que de très naturel et de bonne guerre.

                        L’un de ces arguments (j’en ai repéré 4 principaux) est celui de l’impossibilité pour François Bayrou de se libérer des clivages traditionnels droite-gauche, et donc de gouverner le pays sur son projet. Voici qui fait l’objet de cet article.

                        Je ne commenterai que brièvement les deux premiers chapitres (j’ai une idée d’article sur le sujet en préparation), pour me concentrer sur le troisième. François Bayrou ne pourrait donc être élu au second tour sans une alliance avec l’un des deux autres « grands partis ».

                        Ces deux grands partis seraient donc incontournables dans le paysage politique français. Je suggère vivement à l’auteur de regarder de plus prêt les résultats des élections récentes : à eux deux, ces « grands partis » ont réalisés 35% des voix en 2002... (et ne parlons pas des inscrits...). Et ils n’ont guère fait beaucoup mieux lors des élections européennes et régionales.

                        Ceci m’amène à faire le lien avec le second chapitre. Point d’éclatement possible de ces « deux grandes formations » dites-vous ? Déchiré entre aile sociale-démocrate pro-européenne et aile anti-libérale anti-européenne, le PS serait donc à l’abris de toute recomposition ? N’y aurait-il pas moins de différences en tre l’UDF et cette aile sociale-démocrate qu’entre ces deux courants du PS ?

                        Et côté UMP, résultat d’une OPA manquée sur l’UDF, est-il si utopique de penser que tous ces responsables, qui s’adorent, ne puissent comme à leur habitude aller là où se trouve la soupe ? Ces gaullistes historiques s’entendent-ils si bien avec les sarkozystes chantres du modèle anglo-saxon, ou avec des ex-UDF chrétiens démocrates ?

                        Et quel sera l’autorité des leaders respectifs, F. Hollande-S. Royal et N. Sarkozy, sur leur parti en cas de défaite ?

                        Mais le plus « choquant » pour moi est votre troisième partie. Faut-il que vous ailliez des oeillères si épaisses pour ne pas apprécier le désir de changement des français ? N’avez-vous donc pas discuté autour de vous ? Quand ceux-ci, sondages après sondages, élections après élections, crient leur raz le bol du système actuel, de cette organisation bipolaire stérile, de ces mesquineries de bas étages. « ASSEZ ! Cessez ces attitudes d’enfants gâtés, qui salive devant la sucette du pouvoir, et qui pour rien au monde n’imaginerait de partager le gâteau avec quiconque quelle qu’en soient les conséquences » disent-ils. Et vous voudriez faire comme si de rien n’était ? Et vous accusez François Bayrou de faire le lit des extrêmes ?

                        Les français ont vu le résultat qu’un gouvernement avec plus de pouvoir qu’aucun gouvernement n’a jamais eu a obtenu. Pensez-vous vraiment qu’ils souhaitent refaire la même chose avec un autre gouvernement PS ? Les méprisez-vous à ce point pour penser qu’ils ne voient dans la proposition d’un gouvernement de rassemblement, et non pas de ni-ni ou de techniciens, que la caricature que vous leur faites ?

                        Bien entendu ils se rendent compte de la difficulté, des chausse-trappes, qui attendent ce gouvernement. Bien entendu ils jugent, évaluent, les capacités de Mr Bayrou à réussir ce pari. Mais rendez-lui justice, à cette majorité de français qui approuve cette démarche de rassemblement : elle n’est ni stupide ni ignorante, elle connaît les difficultés de la France, et ne souhaite qu’une chose, que les responsables politiques, tous les responsables politiques, fassent enfin leur travail, celui pour lequel ils sont payés, pour mettre en place des solutions qui soient efficaces et concernent tous les français, et pas seulement la petite minorité d’un clan.

                        Quant à vos allusions religieuses à propos de Mr Bayrou, ne les trouvez-vous pas un peu mesquines ?


                      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 5 mars 2007 14:53

                        @Voltaire

                        Là où nous divergeons en effet, c’est que si je ne suis pas satisfait de la division actuelle entre la gauche et la droite et que j’approuve la reformulation de chacune des grandes tendances de notre démocratie (qui traversent du reste tous les pays qui s’en réclament),je ne pense pas du tout qu’un gouvernement ni droite ni gauche fasse avancer les choses dans un sens ou dans l’autre. De plus je ne pense pas que l’intérêt général, fut-il définit par FB, puisse se dispenser d’un débat entre des attitudes conservatrices en matière d’inégalités réelles et des attitudes progressistes qui visent à les réduire en soutenant un amélioration des conditions de vie de ceux qui en souffrent.

                        A vrai dire il y a toujours plusieurs définitions possibles et en conflit de l’intérêt général, car notre société est profondément divisée quant à la hiérarchie à établir entre des valeurs toujours en tension (liberté, égalité, solidarité ; vous remarquerez que je ne cite pas la fraternité qui pour moi n’est pas une valeur publique, mais privée) ; c’est pourquoi en démocratie la principe de l’alternance entre centre droit et centre gauche est une nécessité vitale. Sinon nous serions dans le cadre du vichysme de la première heure... Ce qui n’est souhaitable, ni pour vous, ni pour moi (mais peut-être pour un autre troisième homme) pour la démocratie et ne répond pas aux conditions de l’heure si tant est que Vichy permettait de répondre à l’agression allemande ; ce dont je doute tout à fait !)

                        Au fond vous ne faites avec quelque talent qu’exprimer votre dégoût de la politique tensionnelle ou alternative réelle, voire de la politique tout court dont cett alternative est la dynamique, au profit d’une vision religieuse et infra politique de la politique et d’un intérêt général transcendant communautaire, sinon communautariste.

                        Merci de votre intervention qui nous permet de clarifier les termes d’un débat de fond sur la philosophie politique de la démocratie.


                      • Voltaire Voltaire 5 mars 2007 15:28

                        @l’auteur

                        Merci pour ces commentaires. Mais vous faites me semble-t-il une erreur assez fondamentale sur la proposition de Mr Bayrou : ce n’est pas le ni droite ni gauche mais le et droite et gauche qu’il propose, ce qui change tout. A mon avis, cela ne peut fonctionner en effet que par un système d’alliances, qui peut alterner suivant les mandatures. Mais, si il reste a démontrer de façon pratique, ce système présente des avantages bien supérieur à celui du ni-ni ou du droite ou gauche. Les élections successives pourront toujours donner à ce type d’alliance un point d’équilibre plus ou moins social ou libéral, mais l’expérience européenne démontre que seules ces coalitions ont réussies à effectuer les réformes profondes nécessaires d’un pays.


                      • rdu (---.---.250.217) 5 mars 2007 22:43

                        Non désolé mais la finalité de la politique n est pas la lutte au couteau tiré. Vous ignorerez donc : les dernieres elections l’idée d une union est utilisée dans d autres pays et ca marche semble t il.

                        Enfin, il ne faut pas se voiler la face, pour la grande majorité, voter a droite c est pour ne pas avoir la gauche et vice versa. Quel parti peut se vanter d’être considéré comme un moindre mal. Pour moi cela ne répond pas a l’idée de république et de démocratie


                      • Zenest (---.---.216.52) 5 mars 2007 13:47

                        Ce qui me fait vraiment sourire c’est que vous nous expliquez très concrètement que si jamais Bayrou est élu, il ne pourra pas gouverner parce qu’il est idéaliste et que les « grands partis » pour lesquels vous semblez vouloir continuer à voter vont s’acharner à démolir le sien pour le punir de les avoir privé du pouvoir...

                        Vous allez donc voter pour ces gens qui se moquent de l’intérêt général et qui ne votent qu’en fonction de l’influence que pourrait gagner leur parti.

                        Bravo.


                        • Eric 5 mars 2007 14:22

                          Libéral et de droite, je ne crois pas non plus a la possibilité que Bayrou, élu puisse apporter des solutions aux problèmes du pays pour des raisons qui me sont propres.

                          En revanche vos arguments me paraissent discutables voir contradictoires.

                          Il y des précèdent a des gouvernements d’un Président candidat d’un parti non majoritaire a priori.

                          Il n’y a pas eu d’alliance au 2eme tour en 2002 entre Chirac et la gauche en tous cas d’alliance comme vous la définissez c’est-à-dire avec négociation autour d’un programme. Malgré un faible score relatif au premier tour Chirac a bel et bien obtenu une forte majorité parlementaire. Il y a d’autres précédents. Giscard (centriste justement). En 58 la moitie des députés socialistes ont voté pour l’investiture de De gaulle.

                          Le non choix droite gauche au sens traditionnel n’est pas rédhibitoire et vous en etes partisan.

                          « On ne pourrait se dispenser de renouveler la gauche en un sens plus libéral pour fonder une alternance démocratique crédible dont toute démocratie a besoin. » dites vous.

                          Pourquoi l’alternance ne devrait elle avoir lieu qu’entre libéraux ? N’etes vous pas en train de nier la pertinence d’une différence droite gauche traditionnelle ? Ou sa restriction fort peu démocratique a un débat entre différents type de libéraux comme aux états-unis ?

                          « Ségolène essaierait de libéraliser la gauche quoi qu’en pensent certains ? »

                          Certains pensent ainsi parce que le choix lors de la primaire était de libéraliser, réellement, avec DSK ou de rester sur des positions plus traditionnelles avec LF, choisir l’entre deux sans choisir avec une candidature gadget. Le PS a fait le choix interne d’un Bayrou feminin ! Ni sa droite ni sa gauche. Comme quoi le ni-ni peut permettre de gagner des élections !

                          Si pour la seconde fois consécutive, la gauche socialiste de gouvernement ne devait pas être au second tour des présidentielle, je ne doute pas qu’une partie au moins décidera de faire le choix que vous préconisez et que le parti n’a pas voulu faire. Un choix plus clairement libéral et social.

                          Surtout que depuis le referendum sur le traite constitutionnel, la « troisième » composante du PS ( en gros les cathos) en a lourd sur la patate.

                          Immobilisme centriste....

                          Etes vous en train de dire qu’au vu de leurs résultats, le gouvernement Jospin a été un vrai gouvernement de gauche ou la présidence Chirac une vrai présidence de droite ? Dans les deux cas, il y a eu traitement des urgences et mesurettes symboliques.

                          Démocratie

                          Avec 15-20% de Fn, 10% de gauche antilibérale a tous le moins 10% d’irréductibles à l’UMP et au PS. Une union centriste aurait en face d’elle une opposition divisée mais représentant en gros la moitié des français. Donc il y aurait une alternative démocratique potentielle. Comme ces gens ont en commun notamment une certaine vision de l’autorité , on ne peut même pas exclure qu’ils se rapprochent. Apres tous, le PC russe ne défile plus sans un pope orthodoxe antisémite et xénophobe a ses cotes. Ce serait une autre segmentation. Par exemple dialoguistes participatifs contre autoritaires actifs. Elle n’en serait pas moins démocratique.

                          Enfin et peut être surtout, il y a un certain masochisme dans votre article.

                          On comprend bien dans le style et le titre qu’il s’agit de rappeler à qui de droit que l’UDF, c’est les « t-a-la » avec toutes ces allusions aux « croyances « de FB. Mais justement c’est ceux la au sein de la gauche qu’il faut convaincre de ne pas voter Bayrou. Insister sur leur principal proximité avec lui me parait ressortir de l’acte manqué. Comme si vous vous étiez en train de voir les catho fuir le PS et que vous leur reprochiez d’être catho pour les convaincre de rester. Avec des habilites pareilles, je ne sais pas si FB gagnera, mais je criant que SR ne perde.....


                          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 5 mars 2007 15:04

                            Merci de votre commentaire

                            Je ne crois pas que la cohabitation ait été un gouvernement de coalition, je ne pense pas que le gouvernement De Gaulle doite/ gauche, en 58 ait été bien durable sur le plan politique

                            Si la grande coalition est possible en Allemagne c’est pour une raison institutionnelle : le vote en grande partie proportionnel du Bundestag et pour un raison politique : le fait que les deux partis sont deux variantes de la social-démocratie dans leur majorité et aussi du fait du fédéralisme. Du reste le conflit centre droit et centre gauche pers dure en Allemagne sur des points essentiels du programme social.

                            Donc je maintiens mon point de vue : toute vision d’une société réconciliée entre la droite et la gauche ne peut être que dangereuse pour l’alternance démocratique et donc la démocratie elle-même.

                            Donc comparaison n’est pas raison

                            Voire aussi ma réponse à Voltaire


                          • RemiZ (---.---.178.10) 5 mars 2007 17:10

                            Merci pour vos commentaires et votre article. Celui-ci est argumenté et original. Faut-il pour autant que les supporters de Bayrou ne supportent pas la critique de leur champion ? Peut-être agissons-nous tous ainsi mais que cela ne se voit que pour les votants UDF, majoritaires sur Agoravox.

                            Toujours est-il que cette manie est en train d’étouffer les débats politiques. Les posteurs non UDF s’énervent (avec raison) et il faudrait que chacun pense à se canaliser avant de ne voter que pour ses préférences.

                            Ce commentaire est-il constructif ??

                            et non

                            êtes-vous d’accord avec ce commentaire.

                            D’avance merci.


                          • Eric 5 mars 2007 22:52

                            De Gaule sur la base de son succes initial a cree une force politique plus ou moins nouvelle a droite et qui a quand meme un peu dure...

                            Gauche droite, certes, de toute facon, mais comme Bayrou en theorie n’est pas beaucoup moins social que Blair et Shroeder (L’abbe pierre c’est quand meme le MRP meme si a la fin il s’est fait piquer ses HLM par la CFDT), dans le cadre de votre hypothese, une gauche unissant democrates chretiens et troisieme composante du PS contre une droite plus liberale sarkosyste remplirait les conditions d’un affrontement democratique, avec aux deux extremes, le front d’un cote et les traditionalistes du ps regroupes avec leurs camarade du PC de la ligue et quelques ecolos purs et durs qui n’auront pas ete a la soupe. Le non dit de vos commentaires est celui du PS. Entre les centristes du genre Bayrou et le PC le "vrai socialiste choisira toujours le PC (ou ses formes mutantes) meme si il ne sait pas pourquoi.

                            Je ne croit pas personellement que cela puisse changer a court terme mais je ne vois pas pourqoi vous excluez l’ hypothese d’un gauche centriste regroupee autour de Bayrou qui irait dans le sens de vos analyses sauf a nouveau si le facteur laique est la pierre de touche de votre engagement a gauche.


                          • non666 non666 5 mars 2007 14:29

                            Faisons l’autopsie de vos 3 arguments.

                            1)La première est qu’il ne pourrait etre elu contre les deux autres.

                            Il y a un precedent : VGE.

                            2) Il devrait generer un rassemblement autour de lui aux legislatives. Je vous rappelle que c’est exactement l’hypothèse de travail de Sarkozy-Royal qui n’ont comme arguments de campagne qu’un vaste programme de gouvernement et font l’impasse sur tout sujet 100% presidentiel. Vous ne pouvez denier a Bayrou ce que vous validez par ailleurs aux deux siamois.

                            Je vous rappelle egalement que la gouvernance au centre, vaste projet de VGE sensé rassembler « deux français sur trois » a d’abord été critiqué par le PS et le RPR avant d’etre mis en pratique par ces deux partis.

                            Je crois egalement que vous sous-estimez grandement le raz- le bol envers les deux partis qui se refilent le pouvoir depuis 1981 et le fait que la Rupture que veulent les citoyens n’est pas celle qui est clamée par Sarkozy et Royal et cela pour une bonne raison : les citoyens souhaitent un renouvellement complet de nos politiciens et nos deux siamois sont tout sauf des vierges immaculées fraichement venues a nous.

                            3) Renoncer au debat entre la droite et la gauche ?

                            Vaste fumisterie puisque de toute façon, ce que nous avons n’est qu’une caricature de ce debat avec une gauche qui ne sait plus si elle est encore marxiste après nous avoir expliqué pendant 80 ans que c’etait la le point de diffrence entre elle et la droite...

                            Quand a la droite version Sarkozy, c’est une droite liberale qui a juste reussit son OPA sur la droite gaulliste et nie la droite chretienne democrate.

                            Bref aucun argument n’est recevable mais vous avez raison de nous montrer que Sarkozy a de bonne raisons d’avoir peur.

                            Entre Bayrou chez les chretiens democrates et Lepen, chez les nationalistes, tout son potentiel electoral risque d’exploser vers l’un ou l’autre. Entre le simulateur et les deux authentiques, les electeurs choisiront forcement...

                            Faites vous une raison, il restera quand meme les liberaux, les amis d’Israel et quelques telespectateurs de TF1 pour croire au messie des etats unis. Vous pouvez donc raisonnablement compter sur 5% qui ne devraient pas bouger du vote UMP...


                            • Emmanuelle (---.---.9.87) 5 mars 2007 14:56

                              1°Ce que M. Reboul n’a pas l’air de comprendre c’est que si aujourd’hui l’opposition droite/gauche paraît si importante à beaucoup de monde c’est justement qu’elle ne va plus de soi. Il aura peut-être fallu presque vingt ans pour tirer les conséquences de la chute du mur. Faut-il rappeler à un « philosophe » que « l’oiseau de Minerve prend son envol au crépuscule », Hegel dixit. Marchais était-il de Gauche et Giscard de Droite pour sauvegarder l’opposition droite/gauche ? Bien sûr que non ! Ces choses là allaient de soi à l’époque et les tentatives centristes ne menaient nulle part.

                              2°L’opposition droite/gauche est-elle une condition nécessaire à la démocratie ? En tout cas on n’en trouve aucune trace ni dans la constitution, ni dans la déclaration universelle des droits de l’homme. Ce que est sûr c’est que Bayrou devra faire face, s’il est élu, à une opposition à sa droite et à sa gauche. Ceux qui mettent la pluralité des opinions au dessus de tout devraient donc se réjouir à cette perspective !

                              3°Enfin qu’y a-t-il donc de « religieux » dans le projet politique de Bayrou ? Si la vision du candidat centriste peut-être dite « religieuse » alors n’importe quel projet peut l’être aussi, à commencer par celui qui consiste à défendre l’opposition droite/gauche ! Tout candidat à la présidence vise à rassembler. Pourquoi seul le candidat Bayrou aurait-il vocation à rassembler des « croyants » ? en quoi les électeurs de Bayrou mériteraient-ils ce qualificatif plus que les électeurs de Royal par exemple. S’il s’agit d’une métaphore, elle est inepte. S’il s’agit de s’attaquer subrebticement au christianisme de Bayrou, c’est indigne.


                              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 5 mars 2007 16:36

                                Je parle de croyants dans une société réconciliée sous le sage gouvernement d’un homme supérieur qui saurait concilier sur les question sociales le MEDEF et la CGT, pendant que les citoyens pourraient assister, figurants passifs, au mariage de d’amour entre le capital financier et le travail . Un beau conte de fée, en effet...


                              • Emmanuelle (---.---.222.73) 5 mars 2007 17:22

                                S’il s’agit d’un conte de fées, où est le danger pour la démocratie ? Est-ce parce que comme dirait l’autre « les fées sont têtues » ?

                                D’autre part, en quoi est-il utopique de croire que les partenaires sociaux pourraient négocier en ayant en vue l’intérêt général du pays, surtout si l’électorat en exprime, par son vote, la volonté ? En quoi en outre, les citoyens seraient-ils des « figurants passifs [sic] » si justement ils acceptent de négocier les uns avec les autres ?


                              • rdu (---.---.250.217) 5 mars 2007 22:49

                                On peut même aller plus loin en comparant la déclaration des droits de l’homme et les dix commandements

                                Pourtant personne ne vas dire que les droits de l homme sont religieux. Jusqu a present chacun a le droit de pratiquer une religion. De plus chez Bayrou cela reste dans la sphere privée. Peut etre faudrait il un homme qui prie le dimanche et vole le reste de la semaine pour etre sur que l on a pas un religieux a la tete du pays ?


                              • Emmanuelle (---.---.222.73) 6 mars 2007 10:22

                                Il me semble particulièrement étrange de parler d’illusion « religieuse » à propos du projet de Bayrou. Le conflit existe dans toutes les sociétés et il est de la responsabilité des hommes politiques de proposer un projet qui rassemble plutôt qu’un projet qui divise. Considérez-vous comme plus honorable un projet qui réanime la lutte des classes (opposition riches/pauvres) ou la xénophobie (opposition bon français/étrangers) parce que nous nous situerions dans la sphère du politique (nécessairement conflictuelle) plutôt que dans la sphère du religieux (réconciliatrice). Mais vous vous faites une idée angélique (c’est la cas de le dire) de la religion qui elle aussi fut plus souvent qu’à son tour et au moins dans l’époque historique placée sous le sceau de la division fondatrice. En étant charitable on parvient à dégager de votre texte une conception du politique qui rappelle celle du juriste et philosophe nazi Carl Schmitt : la politique est fondée sur la distinction de l’ami et de l’ennemi. Est-ce cela que vous proposez pour la France, et quelle serait la distinction ami/ennemi qui vous semble adéquate en France aujourd’hui ?


                              • machinchose machinchose 6 mars 2007 10:34

                                votre commentaire est particulièrement méprisable en ce que vous réduisez la démocratie à ce qui divise quand il s’agit de ce qui propose et de ce qui choisit.

                                Vous ne répondez à aucune objection et vous refugiez derrière des clichés et pour finir derrière une attaque d’une bassesse sidérante.

                                après le recours à la révolution orange particulièrement déplacé voilà la négation de l’idée démocratique qui s’abrite derrière une sorte de perfection autoproclamé qui n’a aucun sens.

                                ce recours médiocre à un nazi pour une phrase d’un consternant vide est indigne du débat.

                                l’UDF se revèle de plus en plus comme un mouvement totalement immature et capricieux à travers ses militants.


                              • Emmanuelle (---.---.222.73) 6 mars 2007 10:42

                                Apparemment vous ne connaissez rien de Carl Schmitt. S’il fut nazi sa philosophie politique est importante et difficilement réfutable. Elle est encore très discutée par des gens de tous les bords politiques. Je suis charitable lorsque j’accorde à l’auteur de cet article particulièrement mal écrit une telle profondeur de pensée. C’est lui qui parle « d’illusion religieuse » à propos du projet de Bayrou, comme si un projet politique devait nécessairement reprendre à son compte les divisions qui travaillent la nation. Mais la question est : quelle division est aujourd’hui légitime ? Les seules divisions assumées par les hommes politiques aujourd’hui se trouvent aux deux extrêmes : opposition français/étrangers (Le Pen) et opposition riches/pauvres (extrême-gauche). Le reste cherche à rassembler, et Bayrou semble le faire mieux que tout le monde. renseignez-vous avant de lancer des anathèmes ridicules.


                              • machinchose machinchose 6 mars 2007 11:16

                                Emmanuelle, au delà de votre sidérante condéscendance qui ne sert pas votre combat, je vous demande de ne pas trop me prendre pour un con. Je ne suis sans doute pas une lumière comme vous l’êtes sans doute. Mais je sais trop bien qu’on ne place pas « nazi » dans une phrase pour rien. Si vous ne vous en rendez pas compte alors vous êtes soit totalement stupide soit d’une naïveté coupable. Il me semble que vous revendiquez une intelligence bien supérieure que je veux bien vous accorder puisque ça ne me coute rien. Mais alors assumez !

                                Donc ravalez donc votre insuportable prétention et cessez de faire campagne vous allez effrayez les supporters de saint Bayrou.


                              • Emmanuelle (---.---.222.73) 6 mars 2007 11:28

                                Je ne « revendique » aucune intelligence. Depuis quand l’intelligence se revendique ? Est-ce une nouvelle mesure au programme de Mme Royal par exemple ? L’intelligence pour tous ! Un beau programme et pas conflictuel pour un sou en effet ! Je vous demande juste de vous renseigner avant de vous mettre à hurler. Carl Schmitt était effectivement nazi, et par ailleurs il a défendu l’idée que le politique était fondé sur la distinction ami/ennemi. Cette idée apparaît en creux de l’article que nous commentons. Point.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès