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Accueil du site > Tribune Libre > Georges Brassens ou la mort lente des idées et de l’engagement

Georges Brassens ou la mort lente des idées et de l’engagement

 

 
 
 "Mourir pour des idées, d'accord ! mais de mort lente."
 
 Brassens aimé ! Brassens adulé  ! Brassens célébré ! Brassens, en veux-tu en voilà  ! France Culture, France Inter, RTL, Arte, France 2... Brassens est partout. Tout le show business a chanté et chante un Brassens irréprochable, un Brassens tellement "futé", tellement caustique et drôle à la fois, un Brassens impertinent aussi... tenez : un Brassens anarchiste.
 
 Personne ne s'est jamais offusqué lorsque notre icône nationale s'est vanté avec une bonhomie désarmante de n'avoir rencontré pas un seul uniforme allemand durant l'occupation : il avait alors 19 ans à l'arrivée des troupes allemandes et 25 ans à leur départ : "L'uniforme vert-de-gris et vermoulu de tous ces bonshommes vous dites ? Jamais vu ! Non, jamais !"
 
Un véritable exploit ! C'est sûr !
 
 A propos de la cécité toute particulière de ce troubadour nonchalant, le texte de la chanson présenté plus haut devrait nous éclairer : dans cette chanson, Brassens prend le parti d'assimiler tout engagement à caractère politique, toute philosophie morale, à du fanatisme : les engagés sont des enragés ; les considérations morales et éthiques... de la moraline de la pire espèce ; tour de passe-passe bien commode quand on a pour "petite philosophie de vie" une seule préoccupation majeure : garder ses distances, se tenir éloigné de tout échauffement cérébral à caractère politique et/ou intellectuel.
 
 Sans doute Brassens a-t-il pensé qu'il suffisait d'être antimilitariste et anticlérical ( la belle affaire !) pour se dire "anarchiste" et tenir debout en tant qu'homme. D'autres, en revanche, savent quel prix il faut payer pour le rester " Homme" dans la paix comme dans la guerre, face à ceux qui veulent faire de vous un esclave.
 
Mais alors : anti-intello primaire Brassens ? Philistin Brassens ? Il est vrai qu'il s'est aussi vanté de connaître par cœur le répertoire de Louis Mariano et de Tino Rossi : l'Espagne et la Corse : anisette farniente - 40° à l'ombre ; de quoi contraindre tout un chacun à l'immobilité et à l'indifférence : "Trop chaud, trop, vraiment trop chaud !"
 
 Après sa remarque à propos d'un occupant introuvable car invisible, notre Brassens, figure national, aura réussi, mine de rien, subrepticement pour ainsi dire, à l'insu de tous, de son public en particulier, cet autre tour de force qui consiste à passer à côté de son époque, de toutes les époques : dès 1940 donc. Comme quoi, on prend vite le pli quand on commence tôt : en effet, dans ses textes, on ne trouvera rien qui puisse nous ramener aux années 60 et 70 : aucune actualité, aucun de leurs enjeux sociétaux et politiques ( un Alain Souchon aura fait mieux, beaucoup mieux dans ce domaine, c'est vous dire !).
 
 Aussi, rien de surprenant le fait que Brassens fasse l'unanimité et qu'il soit si souvent célébré année après année, il réconcilie toutes les insouciances, tous les égoïsmes, toutes les indifférences, les bourgeois et tous les imbéciles heureux car, manifestement, Brassens ne s'est dérangé pour personne et n'a dérangé que quelques grenouilles de bénitier et autres culs serrés, contrairement à cette autre voix, symphonique celui-là et fort en gueule : Léo Ferré. Scandaleusement ignoré des grands médias , absent des célébrations, boudé par la jeune génération du show-business, Léo Ferré aura épousé tous les soubresauts de notre société - de la guerre d'Algérie à Mai 68, du monde du travail, d'une jeunesse à la recherche d'une cause à défendre à l'abêtissement de la société de consommation -, il aura été de toutes les époques, témoin et pourfendeur...
 
 Et puis aussi, et puis surtout, il aura été le seul poète, authentiquement poète, sans rival excepté chez les plus grands (Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, Césaire, Char), que la chanson, le music-hall, la scène et une production discographique d'une richesse sans égale, aient jamais porté jusqu'à tous les sommets.
 
 Si un train peut en cacher un autre, Brassens, c'est le recours contre la célébration et la transmission de l'œuvre d'un "artiste total" finalement bien encombrant.
 
 
 

 
Pour prolonger, cliquez  : Quand Léo Ferré est sans égal ni rival...

 


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95 réactions à cet article    


  • Jeekes Jeekes 25 novembre 2017 17:45

    ’’Mourir pour des idées...’’
     
    J’ai le sentiment que ce n’était pas sa tasse de thé.
    Alors, quoi encore ?
     
    ’’Les imbéciles heureux, qui sortent de leur trou pour mourir à la guerre...’’
     
    Veut aussi dire quelque chose.
    Peut-être plus encore...
     
    Après ça, les faux révoltés, les tous du cul bien-pensants, on en trouve à foison dans le show-biz et les médias.
    En ont-ils fait plus, et mieux ?
    J’sais pas. Mais me souvient d’avoir vu une ’’bio’’ d’un autre monstre sacré qui est courageusement parti se planquer chez les ricains pour faire la guerre... Sur une pinasse de la marine marchande.
     
    Courageux mais pas téméraire.
    Ok, j’en rajoute un peu, mais pas tant que ça quand même.
     
    Réfléchissons, si Brassens n’a pas vu d’uniformes, au moins ça prouve qu’il n’est pas allé se produire en spectacle pour ’’occuper nos occupants’’ et ça y’en a pas lourd qui ne sont pas allés ’’faire leur boulot d’artiste’’, pas beaucoup qui se sont réellement battus.
    Quoi qu’ils aient pu en laisser accroire une fois le danger passé !
     
    Bon, après ça, j’dis ça, hein ?
    Moi qui suis viscéralement anti-militariste, je ne crois pas que j’aurais eu grande envie d’aller me faire trouer la peau pour le plus grand bonheur des politiques et des banquiers...
     


    • files_walQer files_walQer 25 novembre 2017 20:11

      Nous protestons contre la censure dont a été victime l’article du 17/11/2017 de Doctorix sur les 11 obligations vaccinales.

      Lettre de Doctorix


    • Serge ULESKI Serge ULESKI 26 novembre 2017 09:59
      @files_walQer

      Protestez, protestez, il en restera toujours quelque chose !

    • gogoRat gogoRat 26 novembre 2017 17:43

      ’ ... pensé qu’il suffisait d’être antimilitariste et anticlérical ( la belle affaire !) pour se dire « anarchiste » et tenir debout en tant qu’homme. ’
       
       Etonnant de constater à quel point les bien-pensants qui se dressent contre les Religions culturellement et historiquement reconnues ... se révèlent incapables de la considération élémentaire suivante :
       - si le ’Bon Dieu’ ne servait qu’à une seule chose, à savoir que n’importe quel ’T’es-rien’ ne veuille prendre sa place parce qu’il pisserait plus loin que les autres, chanterait plus longtemps, marcherait mieux au pas, ou chierait plus gros ... alors ce ’Bon Dieu’, quel qu’il soit, ne pourrait rendre à l’humanité que d’inestimables et irremplaçables services  !
       
       à noter que même de célèbres chantres du concept démocratique ont été tentés de vouloir matérialiser une voie de concrétisation de leur ’démonCratie’ par la construction artificielle d’une Religion d’Etat ( cf, dans notre Histoire de France le déplorable épisode du Culte de la Raison et de l’Etre Suprême ...
       Gardons-nous de croire que ceci n’est qu’un accident fortuit de l’Histoire, qui serait dépassé par notre ’progrès’  : nous avons déjà constaté ici-même que cette tentation se retrouve chez certains aspirants à un Nouvel Empire ...


    • gogoRat gogoRat 26 novembre 2017 17:57

       D’ailleurs, en France même, comment expliquer autrement que par cette pirouette de la ’Raison’ cette lubie de voir en un simple élu, un individu susceptible d’incarner la France et toutes les Françaises et tous les Français !!
       
      cf lien plus haut :
      ’On peut rapprocher ces cultes d’un jacobinisme radical,
      surtout dans le cas du culte de l’Être suprême.
      Hannah Arendt, dans le chapitre V de son Essai sur la révolution, rapproche ce culte d’une recherche d’un absolu légitimant la Loi.
      Elle le nomme « Grand Législateur Universel ».
      En effet, à la suite de l’échec de l’instauration d’une constitution remplissant le même rôle que la Constitution américaine, il fallait trouver un absolu qui soit une « sanction transcendante dans le domaine politique ».
       Il s’agit donc pour elle d’un héritage de l’absolutisme français.’

       


    • Dzan 27 novembre 2017 12:42

      @Jeekes

      "Mais ce que l’’on savait moins, c’est qu’’un peu plus tôt, Marcel Lepoil avait joué un rôle déterminant. En mars 1944, à la faveur d’’une permission, Brassens était revenu du STO (Service du Travail Obligatoire), en Allemagne. Pour ne pas y retourner, il s’’était refugié chez Marcel et Jeanne, la couturière amie de sa tante. Mais pas seulement. Et c’est ce que révèle aujourd’hui Janine : "Il a passé trois mois chez nous, 7 rue Malibrau, à Cormeilles-en-Parisis, à 15 km de Paris. J’étais petite, j’avais 13 ans et lui 23. Il était assez timide. Il craignait surtout de se faire repérer, car il y avait une Kommandantur de l’’autre côté du trottoir. Et un Allemand, Hans, qu’’on appelait Neuneuil, venait régulièrement chez nous écouter la BBC. Je revois encore mon père, Georges et Neuneuil réunis autour du transistor. Mais par chance, Hans était très gentil, et sans doute anti-nazi. On a toujours soupçonné qu’’il savait très bien que Georges était recherché. Mais il n’a jamais rien dit...".


    • #Shawford Shawford 25 novembre 2017 17:58

      Il se dit en tout cas que le gorille de Brassens se serait bien gardé de toucher à la guenon de Ferré, trop mondaine et acariâtre, qu’il aurait dit ?

      Le joli bestiaire musical des uns vaut bien souvent l’enfer de la jungle urbaine des autres ! ^^


      • Serge ULESKI Serge ULESKI 26 novembre 2017 10:01
        @Shawford

        smiley 

      • Clark Kent Jeussey de Sourcesûre 25 novembre 2017 17:59

        Brassens était souvent provocateur et toujours ironique, mais il servait l’acide enrobé de miel.


        Des uniformes allemands, il en avait vu plus d’un, puisqu’il a été envoyé au STO où il n’est pas retourné après une perm’. Et ensuite, quand il vivait dans la clandestinité, il écoutait la BBC avec un SS anti-nazi... (lien)

        Pour pouvoir porter des jugements sur le courage de quelqu’un, il faut avoir été confronté aux mêmes situations et pouvoir mettre en avant ses propres actions, sinon, tout le monde peut participer au grand déballage de la vie des autres.

        • Fergus Fergus 25 novembre 2017 18:18

          Bonjour, Jeussey de Sourcesûre

          100 % d’accord ! Serge Uleski a raté une bonne occasion de se taire, tous les textes de Brassens n’étant évidemment pas strictement autobiographiques, mais alimenté par un goût pour la provocation.


        • Serge ULESKI Serge ULESKI 25 novembre 2017 19:47
          @Fergus

          STO ? vous avez dit STO.... justement..... vous devriez savoir que le STO était vécu comme un honte après la guerre ; des milliers d’hommes ont pris le maquis pour échapper au STO. Les autres, n’en ont pas parlé. En ce qui concerne Brassens, des années durant cet épisode est resté tu.

          Ce qui a retenu mon attention à propos de Brassens : le texte de la chanson présentée... en lien direct avec ceci :

          2 - Son activité durant l’occupation

          3 - Le fait qu’il fasse l’unanimité dans tous les milieux de la chanson et dans la bourgeoisie : petite, moyenne et grande bourgeoisie - en revanche, quasiment ignoré chez l’ouvrier des années 60 et 70.

          4 - Le « bilan » à la fois artistique de sa production.

          5 - Les publics respectifs de Brassens et de Ferré ne s’y sont pas trompés : ces deux publics ne se fréquentaient pas : difficile dans les années 70 de concilier Le Forestier et Lavilliers.

          Le sujet de mon billet c’est sa conclusion :

          1 - Brassens ne s’est dérangé pour personne et n’a dérangé que quelques grenouilles de bénitier et autres culs serrés

          2 - Si un train peut en cacher un autre, Brassens, c’est le recours contre la célébration et la transmission de l’œuvre d’un « artiste total » finalement bien encombrant : Léo Ferré 

          Je ne m’en excuserai pas.

        • Serge ULESKI Serge ULESKI 25 novembre 2017 19:50
          @Serge ULESKI

          Et puis ceci : Brassens aura réussi, à l’insu de tous, de son public en particulier, cet autre tour de force qui consiste à passer à côté de son époque, de toutes les époques.

        • Rincevent Rincevent 25 novembre 2017 23:26

          @Serge ULESKI

          le STO était vécu comme un honte après la guerre  ; Oui, après la guerre. Le temps était venu, surtout pour les résistants de la 25 ème heure, de poser des jugements sur tout et sur tous, mais pendant ? Qui pouvait se permettre d’échapper au STO en partant au maquis, à part ceux qui étaient sans attaches ou familles sur qui les représailles seraient tombées ?

          De part son orientation anarchiste, Brassens ne s’est pas senti concerné, c’est un fait, mais qu’a fait de plus, à cette époque, un Léo Ferré ? Rien. Et quand à le prendre, plus tard, pour un artiste dérangeant, là c’est de l’illusion complète. Un alibi du système, éventuellement… Si je n’ai jamais vu sur scène le « dérangeant » monégasque, c’est bien parce que le prix de la place était complètement hors de portée du budget du jeune homme que j’étais.

          Les publics respectifs, etc.
          Il faut vraiment avoir besoin d’une appartenance à tout prix pour raisonner comme ça. Personnellement, j’ai été capable d’apprécier les uns et les autres, mais pas dans les mêmes périodes de ma vie, bien sûr.


        • Rincevent Rincevent 25 novembre 2017 23:29

          PS : cet autre tour de force qui consiste à passer à côté de son époque, de toutes les époques. Il l’a toujours revendiqué

          - Excuser moi Prince, si je
          - suis foutrement moyenâgeux


        • Clark Kent Jeussey de Sourcesûre 26 novembre 2017 08:12

          @Serge ULESKI

          Cliquez sur le petit triangle dans le cercle sous lequel est écrit 8 mn et mettez le son, ça remet les choses en place.


        • Clark Kent Jeussey de Sourcesûre 26 novembre 2017 09:23

          @Serge ULESKI

          A la chanson de Brassens, vous préférez peut-être ce texte d’Aragon (intellectuel « engagé ») de 1935 :

          « Je veux parler de la science prodigieuse de la rééducation de l’homme, qui fait du criminel un homme utile, de l’individu déformé par la société d’hier, par les forces des ténèbres, un homme du monde de demain, un homme selon l’Histoire. L’extraordinaire expérience du canal de la mer Blanche à la Baltique, où des milliers d’hommes et de femmes, les bas-fonds d’une société, ont compris, devant la tâche à accomplir, par l’effet de persuasion d’un petit nombre de tchékistes qui les dirigeaient, leur parlaient, les convainquaient que le temps est venu où un voleur, par exemple, doit se requalifier, dans une autre profession – Cette extraordinaire expérience joue par rapport à la nouvelle science le rôle l’histoire de la pomme qui tombe devant Newton par rapport à la physique. Nous sommes à un moment de l’histoire de l’humanité qui ressemble en quelque chose à la période du passage du singe à l’homme. Nous sommes au moment où une classe nouvelle, le prolétariat, vient d’entreprendre cette tâche historique d’une grandeur sans précédent : la rééducation de l’homme par l’homme. »

        • JP94 26 novembre 2017 18:51

          @Jeussey de Sourcesûre

          Désolé mais oui Aragon lui aussi subit encore aujourd’hui la hargne de France Culture. Engagé oui dans chacun de ses actes et de ses textes.et cela on ne le lui pardonne toujours pas.
          Une haine de classe inextinguible face à l’homme qui fait que des esprits étroits s’essaient piteusement à réduire son oeuvre immense. 
           Résistant aussi avec Elsa, dans la clandestinité.
          Résistant aussi à la Guerre coloniale ,aux côtés des « étrangers et nos frères pourtant » car l’Affiche rouge, tout comme pas mal de ses poèmes, s’ils évoquent par exemple la Résistance durant la 2ème GM,ont été conçus pour lutter au présent et l(Affiche rouge est contre la Guerre d’Algérie, dénonçant le racisme qui sert à légitimer la politique colonialiste.

          Idem pour Jean Ferrat et naturellement pour Léo Ferré, , les deux ayant popularisé les poèmes d’Aragon , des poèmes pourtant pas si facile. 
           Est-ce ainsi que les hommes vivent, tiré du Roman inachevé ... qui a lu le Roman inachevé ? eh bien grâce à Ferré des millions de personnes en connaissent des strophes et ce poème dénonce l’avilissement de l’Homme par la Guerre, mais concrètement, car il fait comprendre le dégoût que ressentit Aragon a voir un simple soldat Allemand - à être humilié durant la 1ère GM , lâchement ... donc ça va bien plus loin que la haine indifférenciée de l’uniforme ... et quel uniforme ? si c’est celui d’une armée de libération, rien à voir avec celui d’un GI qui va massacrer les Vietnamiens ...

          Aragon est d’une toute autre trempe que Brassens aussi. Il sait qu’il va s’en prendre « plein le tronche » mais il le fait, comme il l’a toujours fait.

          Dans la Mise à mort, il évoque des Marocains, chair à canon de la France en 14 ... c’est autre chose que de hurler « mort aux vaches » ...

          Effectivement comme le dit SU, Brassent ne dérange personne. et ça explique son succès - à part tout de même qu’il était un excellent compositeur de mélodies. 
          Il y a pas mal de bons sentiments, c’est très consensuel.

          Et en France, on est anticlérical même Clémenceau l’était et il n’avait rien d’un révolutionnaire. 
          Donc aucun risque. 

          Pour le coup, SU semble déranger l’unanimisme autour de Brassens. 

        • vesjem vesjem 26 novembre 2017 19:15

          @Serge ULESKI
          Non, serge, brassens était de toutes les époques ; tous ses textes et ceux qu’il a empruntés en témoignent ;
          Tout le monde ne peut être De gaulle ou Moulin ; d’ailleurs on peut compter le nombre de résistants à cette époque ; qu’aurions-nous fait ?
          « mourir pour des idées » n’est pas un réquisitoire contre l’engagement, mais montre de façon originale, poétique et caustique, le cynisme des meneurs de foules et des va-t-en guerre ; cette chanson est on ne peut plus d’actualité à notre époque où provocateurs et commanditaires discrets de guerres sont à l’oeuvre ;
          Je prétends, au contraire, qu’elle devrait être chantée de nombreuses fois dans les écoles et lieus de culture


        • vesjem vesjem 26 novembre 2017 19:42

          @JP94
          pourquoi vouloir mettre en opposition brassens, arragon, ferrat, férré ? soit créer un antagonisme qu’on dénonce par ailleurs !
          chacun à sa manière restera dans l’ Histoire, en y déposant avec génie un peu de sagesse


        • Parrhesia Parrhesia 27 novembre 2017 08:34

          @Serge ULESKI
          Passer à côté de toutes les époques, et plus particulièrement de la malodorante époque actuelle, ne serait-ce pas, au bout du compte, une bénédiction ???


        • Nycolas 27 novembre 2017 12:06

          @vesjem

          Il y en effet de nos jours un goût certain, tous les jours nourris, pour la division, le « choisir son camp » et une pensée négative qui fait écho au positivisme ambiant, d’ailleurs tout aussi manipulatoire et malsain. C’est précisément de ces pièges qu’un auteur comme Brassens nous alertait, entre autres. Le besoin de l’opposer de manière si véhémente à ferré, je ne le comprends pas, et étant stéphanois, j’y vois le même genre de bêtise que lors des derby OL-ASSE, où chacun se définit suivant un camp auquel il choisit de s’identifier.

          Pour moi cet article baigne dans une hystérie bien de notre temps, où l’on pointe du doigt à tout va, où chacun, du haut de sa souris, bien branché sur son twitter, son facebook ou son agoravox, s’invente chaque jour sa petite croisade dérisoire. Si seulement on pouvait enfin passer à autre chose...


        • Dzan 27 novembre 2017 12:44

          @Jeussey de Sourcesûre
          J’ai pianoté trop vite. Désolé je ne vous avais pas lu.


        • vesjem vesjem 27 novembre 2017 15:09

          @Nycolas
          En effet, sur les radios-fronce, les émissions de fronce-culture sentent la mort à tous les étages, Celles de fronce inter atteignent en permanence une joyeuse débilité
          Toutes 2 , encadrées par des « intouchables » aux manettes (inverses de ceux qui vivent en indes)


        • JL JL 27 novembre 2017 15:45

          @vesjem
           
           un grand bravo à Sophia Aram pour sa chronique de ce matin sur France Inter, en présence du ministre de l’Éducation nationale : elle est un rayon de lumière après les deux heures pénibles accaparées par Nicolas Demorand.
           
           
          A écouter attentivement et à voir le site recommandé : viensvoirmontaf.fr


        • JL JL 27 novembre 2017 15:48

          Géniale aussi sa chronique de la semaine précédente : « ça va mon poulet ? »


        • vesjem vesjem 27 novembre 2017 16:42

          @JL
          j’écoutais dans un temps récent ferroni et aram, les dames un peu « décapantes », ; suis passé à l’étape non pas supérieure mais différente ; idem pour le canard qui ne traite en principe que des chats écrasés de la république en daubant de temps à autres sur nos amis les démons trump, poutine et d’autres gentils méchants
          toussa, ne sont qu’exutoires ou chiffons rouges pour détourner l’attention


        • leypanou 25 novembre 2017 18:23

           Aussi, rien de surprenant le fait que Brassens fasse l’unanimité et qu’il soit si souvent célébré année après année, il réconcilie toutes les insouciances, tous les égoïsmes, toutes les indifférences, les bourgeois et tous les imbéciles heureux  : ce n’est pas complètement faux en général.

          N Mandela aussi par exemple faisait l’unanimité en sa faveur car il n’a pas voulu s’attaquer de front au capitalisme tout en regrettant les conséquences du capitalisme sur la vie des gens dans ses propos ultérieurs une fois qu’il a quitté le pouvoir.


          • oncle archibald 25 novembre 2017 18:38
            Serge Uleski : vous oubliez l’essentiel :

            Encor s’il suffisait de quelques hécatombes
            Pour qu’enfin tout changeât, qu’enfin tout s’arrangeât
            Depuis tant de « grands soirs » que tant de têtes tombent
            Au paradis sur terre on y serait déjà
            Mais l’âge d’or sans cesse est remis aux calendes
            Les dieux ont toujours soif, n’en ont jamais assez
            Et c’est la mort, la mort toujours recommencée
            Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
            D’accord, mais de mort lente

            O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres
            Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
            Mais de grâce, morbleu ! laissez vivre les autres !
            La vie est à peu près leur seul luxe ici bas
            Car, enfin, la Camarde est assez vigilante
            Elle n’a pas besoin qu’on lui tienne la faux
            Plus de danse macabre autour des échafauds !
            Mourons pour des idées, d’accord, mais de mort lente
            D’accord, mais de mort lente.

            Brassens savait prendre du recul, regarder le monde tel qu’il est et se tenir à distance de tous les « ismes », fustiger en quelques mots toujours parfaitement choisis toutes les hypocrisies .... C’est probablement ce que vous ne lui pardonnez pas.


            • Rincevent Rincevent 25 novembre 2017 19:35

               : « L’uniforme vert-de-gris et vermoulu de tous ces bonshommes vous dites ? Jamais vu ! Non, jamais ! » Pourriez-vous nous donner la source de cette déclaration étonnante, SVP ?


              • Serge ULESKI Serge ULESKI 25 novembre 2017 19:51
                @Rincevent

                Ce n’est pas une citation : c’est une paraphrase (La paraphrase s’attache à rendre le sens par des équivalents pour mieux le faire comprendre et est très utilisée en littérature)....

              • Rincevent Rincevent 25 novembre 2017 22:45

                @Serge ULESKI

                OK. Donc il n’a jamais dit ça, c’est votre vision des choses.



                • Serge ULESKI Serge ULESKI 25 novembre 2017 19:56

                  Texte dans lequel Brassens refuse d’opposer le chasseur de Juifs et de Communistes et le Résistant à l’occupant : ces deux oncles.


                  • jesuisdesordonne 26 novembre 2017 00:22

                    @Serge ULESKI
                    Georges ne parle à aucun moment des résistants individuels mais des deux camps organisés avec des armées. Pour mieux comprendre la nuance :
                    https://www.nidieunimaitre.ovh/pacifisme/article/may-picqueray-anarchiste-et-pacifiste
                    Et plus sur ce qu’a été la guerre dont-il parle :
                    https://www.nidieunimaitre.ovh/histoire/article/le-mythe-de-la-bonne-guerre-par-jacques-r-pauwels
                    https://www.nidieunimaitre.ovh/histoire/article/hellstorm-the-real-genocide-of-nazi-germany


                  • Serge ULESKI Serge ULESKI 26 novembre 2017 10:03
                    @Serge ULESKI

                    « ses »... propres oncles...

                  • oncle archibald 26 novembre 2017 16:20

                    @Serge ULESKI : Jean Rochefort aussi a connu les « collabos » et les "résistants ... Il en parlait encore il n’y a pas si longtemps ....

                    https://www.youtube.com/watch?v=TpdsKcMU6p0

                    Vous lui auriez aussi cherché des poux ? Vos œillères vous empêchent de voir que le monde n’est pas automatiquement ou blanc ou noir, c’est dommage. Brassens lui l’avait bien vu et bien dit, c’est certainement ce qui vous le rend méprisable.


                  • vesjem vesjem 27 novembre 2017 15:54

                    @Serge ULESKI
                    Brassens se situe dans une autre philosophie de vie et de pensée que la notre ; il échappe à notre compréhension ; çà ne fait pas de lui un collabo
                    Dans les « 2 oncles », qui a un rapport au temps qui passe, il fustige toutes les guerres, en mettant en scène les parcours opposés et les destins communs (la mort) de deux oncles qui, dit-il, auraient pu chanter cette même chanson ;
                    Il ne se met pas en scène mais condamne toutes les guerres

                    Un exemple : le philosophe Alain dit : « on agit tous par intérêt »
                    Pris au premier degré, çà fait de nous des arrivistes mercantiles 
                    Compris comme une phrase philosophique, çà signifie dans son extrême acception : mère Thérésa aide les pauvres en indes parce que réduire la misère des nécessiteux leur fait du bien, et lui fait du bien à elle, parce que leur situation lui est insupportable 

                    Donc brassens nous fait un cours de philo tout comme alain ; ne le prenons pas au premier degré, mais pour son sens humaniste universel
                    Il ne nous viendrait pas à l’idée de critiquer Alain personnellement pour ce qu’il a dit
                     


                  • Bertrand Loubard 25 novembre 2017 20:37

                    Merci pour cet article. Pour Brassens et tous les autres ... Alain Resnais pour « Nuit et Brouillard » et « Hiroshima mon amour ». A Jean Ferrat, évidemment ... Mais tout le reste ne devrait-il pas être ... que silence.... ? . Et pourquoi ne pas référencier celle qui a « tagué » le tableau repris dans votre billet d’une prétentieuse signature « AE911 « ... Qu’est-elle devenue.... ???? Elle qui croyait, sans doute, que mourir pour des idées...Bien à vous.


                    • Plus robert que Redford 25 novembre 2017 20:45

                      Compliqué de juger ceux qui furent nos parents, hein, monsieur le donneur de leçons ! Mais pas pour vous, apparemment.. J’ai eu (paix à leurs âmes) une mère, normande qui a vécu « l’exode » en 40, qui a été « sollicitée » pour planter les Asperges de Rommel, et a vu sa maison réduite en cendre en juin 1944 ; et un père né en 1920, enrôlé donc comme mécanicien d’aviation, peu volubile sur ce qu’il appelait « le grand Rallye Dijon-Bordeaux » (la Luftwaffe au cul), démobilisé et ayant évité de peu le STO grace à une péritonite providentielle. La guerre, leur guerre, ils n’en ont que très peu parlé, même pas à leurs enfants qui une fois l’adolescence passée, étaient plutôt avides de témoignages de toute première main... Ce que j’en retiens, maintenant, après avoir beaucoup lu sur le sujet, et de tous les horizons possibles, c’est la coexistence hexagonale de trois types de français Les collabos - profiteurs de guerre Les résistants (effectivement fugitifs du STO ou des autres mesures coercitives du gouvernement de Vichy) Et puis, l’immense majorité du reste de la population, assommée par la super-branlée de 1940, faisant le gros dos et essayant d’esquiver les coups de botte de nos Germains Cousins... Survivre, c’était leur préoccupation quotidienne, et la recherche des moyens de chauffage l’hiver, et de nourriture en toute saison, leur raison d’exister. N’oublions pas que l’occupant s’est livré à un pillage en règle de la nation, que vous, nous n’imaginons même pas dans la société d’aujourd’hui ! Et c’était pas du flan ! Par ici, (on est à deux pas de ce qui fut un temps la Ligne de Démarcation) les routes de campagne sont régulièrement ornées de jolis petits monuments commémorant les fusillades sommaires de nombre de nos concitoyens.... La honte pour les vainqueurs de 1918, de voir le pays s’effondrer en quelques semaines, puis de se faire botter le cul pendant quatre longues années... Qui êtes -vous, misérable petit trou du cul, pour juger ces gens et leur comportement ???


                      • Serge ULESKI Serge ULESKI 26 novembre 2017 10:09
                        @Plus robert que Redford

                        Le sujet de ce billet ne consiste pas à juger l’attitude de Brassens durant l’occupation... mais sa discographie (deux chansons en particulier) et l’idée que s’en font son public, les gens du métier et les médias : ce que l’on a cherché à nous vendre avec Brassens ; un Brassens aujourd’hui omniprésent. Brassens adulé face à Ferré ignoré... ce n’est évidemment pas un accident ; la raison, on la trouve dans les chansons de Brassens et dans l’œuvre de Ferré. Aucune prise de risque , aucune mise en danger chez Brassens, il y a chez lui quelque chose qui relève de l’imposture et de la recherche d’un grand confort.

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