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Accueil du site > Tribune Libre > « L’affaire Grégory ! » Merci à Laurence Lacour, honneur d’un (...)

« L’affaire Grégory ! » Merci à Laurence Lacour, honneur d’un journalisme qu’il faut réhabiliter

Oh ! Cette affaire de la Vologne ! Elle n’est pas qu’historique, bien qu’elle soit du passé. Laurence Lacour, qui a pris des cheveux blancs, était hier soir sur France 3. Géniale et courageuse . Laurence, reviens ! Le (bon) journalisme a besoin de toi... Tu es trop belle, et trop honnête, pour que ta vérité s’impose. Tu es l’honneur de ce métier.

medium_Laurence_Lacour.jpgBizarre, cette impression de voir et d’écouter quelqu’un que l’on a connu sous les traits d’une autre, avec la voix d’une autre ! C’est Laurence Lacour, et non l’excellente Constance Dolle, que j’ai vue et entendue en regardant les six épisodes de L’affaire Villemin sur France 3. Comme ce n’est pas François-Régis Marchasson que je voyais dans le rôle du journaliste « au regard en coin », « multi-carte » et avide de scoops, avec lequel il m’est arrivé de travailler aussi...

Cela montre en tout cas que les personnages de cette fiction ont bien compris les personnalités de cette réalité horrible, terrifiante, et... toujours d’actualité, puisque la Justice reste très réformable, et puisque le traitement du faits divers dans les médias demeure un vrai problème. Plus grave peut-être qu’à l’époque de ce sinistre et insensé « feuilleton de la Vologne ». Aujourd’hui, il n’y a pas que Paris-Match « qui paye ». Pour une photo, une interview, une indiscrétion. L’info-spectacle, ou la négation de l’information...

Outreau-sur-Vologne : quel raccourci !

Cette fiction ne dépasse pas la réalité. Dans aucune de ses composantes. Elle l’éclaire. Dans toutes et sous toutes ses coutures. Et elle donne de la police, de la gendarmerie, de la Justice, et de la presse, les images qu’elles méritent. Pauvres enquêteurs ! Pauvres juges ! Pauvres experts ! Pauvres avocats ! Pauvres journalistes ! Pauvres rédacteurs en chefs et responsables d’édition !

Les mots éthique et déontologie deviennent subitement non seulement vides de sens mais riches d’hypocrisies et débordants de viles et bêtes lâchetés. « Dans le pire, on peut toujours faire mieux », lâche un juge...

Je sais : ce téléfilm a déjà nourri bien des polémiques. Et peut encore en susciter. Le genre n’est pas simple. Ses règles ne sont pas tout à fait claires, entre respect des personnes et des faits, devoirs d’informations et liberté de la création.

Raoul Peck, co-scénariste (avec Pascal Bonitzer) et réalisateur, a fait un travail fantastique. Merci à France 3 de lui avoir fait confiance.

Merci à lui, surtout, d’avoir su si bien traduire non seulement les faits, mais cette atmosphère sans laquelle on ne comprend rien ni à l’affaire Grégory, ni à toutes les injustices qui peuvent être commises. Par la police, la justice et la presse... Par les politiques, aussi. Et par ce « mimétisme de masse » que René Girard a si bien décrit, analysé, décortiqué.... Ce sont des corbeaux qui ont entraîné Ponce-Pilate à céder devant la foule qui réclamait la mort d’un juif nommé le Christ...

« C’est l’une des affaires les plus lourdes et les plus médiatisées de ces soixante dernières années », dit Raoul Peck. « Il n’y a qu’à voir la polémique qui entoure la sortie du téléfilm. Mais en ce qui me concerne, mon approche est toute personnelle : je ne me suis pas intéressé à l’affaire en tant que cinéaste, celle-ci est venue à moi. Il y avait urgence pour les époux Villemin : ils étaient terrorisés à l’idée qu’une chaîne de télévision ne s’empare de l’affaire pour réaliser des audiences mirifiques. C’est pourquoi je m’y suis consacré [...] Nous avons travaillé durant plus de trois ans en toute discrétion. Certaines personnes, toujours les mêmes, se sont inquiétées de ce que nous faisions... Elles devaient se sentir menacées par la diffusion du film. S’il doit y avoir des poursuites judiciaires, qu’il y en ait. Mais nous avons travaillé avec une dizaine d’avocats pour adopter le comportement le plus digne possible, sans blesser inutilement les personnes impliquées dans ce drame. On ne peut pas parler de la souffrance des uns et ignorer celle des autres. »

C’est réussi. Bravo et merci. La bonne télévision existe. France 3 en a donné la preuve, avec cette « série » qui sera rediffusée sur Arte l’an prochain. Et qui devrait être diffusée dans les écoles de journalisme, dans les facs de droit et, surtout, dans la très digne Ecole de la magistrature...

Laurence Lacour était, à l’époque, jeune et séduisante, sans ostentation. Intelligente et sérieuse. Consciencieuse. Elle fait partie des « victimes de l’affaire Grégory », puisqu’elle a renoncé au (bon) journalisme après cette expérience (mauvaise).

Merci, Laurence, pour ton témoignage. Et pour ton intégrité. Chez toi, les mots éthique, morale, déontologie ont un vrai sens et une vraie valeur. Les vrais adeptes d’un journalisme « responsable » regrettent ton « absence ». Merci à toi d’être toi. J’ai relu ton livre en regardant France 3 : c’est un vrai manuel pour étudiants en journalisme... et en droit. En sciences politiques et à l’ENA aussi...

On résume : en 1984, jeune journaliste à Europe 1, Laurence Lacour arrive dans la vallée de la Vologne pour couvrir l’assassinat de Grégory

En quelques semaines, ce fait-divers devient un feuilleton national. L’instruction se déroule à ciel ouvert. Partie pour deux jours, Laurence Lacour reste quatre ans dans les Vosges. Traumatisée par ce qu’elle a vu et vécu, elle quitte le journalisme pour écrire ce livre.

Le bûcher des innocents est à la fois une enquête de haut vol et le récit de l’initiation d’une jeune journaliste aux démons des médias. Avec pudeur, humanité et dans un souci extrême de vérité, Laurence Lacour a écrit un livre unique, qui saisit le lecteur dès les premières pages et ne le lâche plus.

Alors que l’affaire reste aujourd’hui encore une énigme, il apporte toutes les pièces du puzzle, de l’assassinat du premier suspect, Bernard Laroche par le père de Grégory poussé à bout par les médias, aux rumeurs contre Christine Villemin, transformée en personnage de fiction, diabolique et manipulateur.

Laurence Lacour démonte l’engrenage de passions, d’intérêts, d’incompétences et de folie qui ont donné sa démesure à l’affaire. D’une plume tendre et humaine, elle retrace la chronique d’une passion française et raconte l’amour inaltérable qui a sauvé les parents de Grégory, tout au long du cauchemar.


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42 réactions à cet article    


  • Daniel RIOT Daniel RIOT 31 octobre 2006 13:12

    Complément d’information qui était attentdu et qui date de ce matin.Je reprends les ageces de presse:L’avocat de la famille Laroche, Gérard Welzer, a indiqué, mardi matin 31 octobre, qu’il allait porter plainte pour « violation de présomption d’innocence » à la suite de la diffusion par France 3 de L’affaire Villemin. « Nous allons déposer cette semaine une plainte au tribunal de grande instance pour violations de la présomption d’innocence, de la vie privée et du droit à l’image », a précisé Me Welzer. Il a également indiqué qu’il allait saisir dès « cette semaine » le Conseil supérieur de l’audiovisuel afin de « demander des sanctions contre la chaîne publique ». France 3 a diffusé « une fiction médiatique contraire à la vérité des faits et à la vérité judiciaire », a-t-il estimé.

    « LA SÉRIE VISE À DÉMONTRER QUE BERNARD LAROCHE EST COUPABLE »

    « Toute la série vise à démontrer que Bernard Laroche est coupable » de l’assassinat de Grégory Villemin, a poursuivi l’avocat. « C’est contraire aux témoignages recueillis dans le dossier. »

    Le corps de l’enfant de 4 ans et demi avait été retrouvé le 16 octobre 1984 dans une rivière des Vosges. Mis en examen pour son assassinat et écroué en novembre 1984, Bernard Laroche avait été remis en liberté en février 1985. Il a été tué en mars suivant par Jean-Marie Villemin, condamné en 1993 pour ce meurtre.

    « Il est quand même regrettable que vingt-deux ans après les faits, et pour des motifs dont les enjeux financiers ne sont visiblement pas étrangers, on rallume les passions avec des motifs inexacts », a affirmé l’avocat de la famille Laroche. « Il est évident que si les autorités laissent ce genre de pratique s’instaurer, il n’y a plus de justice en France. »

    En septembre, Marie-Ange Laroche et de ses deux fils ont tenté d’obtenir de la justice un report de la diffusion du film.


    • Antoine Diederick (---.---.185.110) 31 octobre 2006 15:49

      En septembre, Marie-Ange Laroche et de ses deux fils ont tenté d’obtenir de la justice un report de la diffusion du film.

      Oui, mais au nom de la liberté d’expression le tribunal n’a pas suvi....

      Des rebondissements ne sont pas à exclure, à mon sens...


    • Daniel RIOT Daniel RIOT 31 octobre 2006 13:55

      je dpuvre avec retard un témoignage interressant dans l’expres : http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=5663 Le « gendarme de l’affaire », . Etienne Sesmat, capitaine à l’époque, a publié un livre sans faux fuyants, « Les deux affaires Grégory » (ed. Belfond).


      • MrPiment (---.---.4.9) 31 octobre 2006 14:54

        Ce qui me choque le plus, outre le comportement totalement irresponsable, irrespectueux et, disons le, monstrueux de certains journalistes ou personne ayant participé à créer et envenimer ce scandale médiatique, c’est qu’aucun des acteurs périphériques à l’affaire n’est été le moins du monde inquiété...

        Outre le procès que certains aurait mérité et qu’ils n’ont pas eu, les blâmes qui aurait du pleuvoir pour diffusion d’informations mensongères (reprendre des infos sans même chercher à les vérifier pour publier au plus vite) et les excuses qui aurait du être faites... RIEN.

        Le train-train a repris son cours, on peut continuer à voir certains des journalistes coupables de faute graves (en témoigner et l’avouer sans ciller) s’exprimer sur le sujet sans le moindre remords ! (voir même ne pas réaliser le mal qui a été fait).

        Cette impunité est très mauvaise pour la santé de notre société française... espérons que les gens ne voteront pas pour la continuité (Sarko/Ségo).

        Je pense par ailleurs que nombre d’entre eux ne font que suivre la meute, le règne de l’info-scoop doit se terminer.


        • patrick (---.---.203.207) 3 novembre 2006 14:12

          Alors, vous ne manquez pas d’air !

          réussir dans un commentaire sur ce très bon article à « caser » Sego/Sarko, il faut oser !

          Voulez vous me dire où ils etaient à cette époque ?

          soyez donc honnête et ne mélangez pas tout !

          Soit dit en passant le melange, l’amalgamme, les conclusions hâtives , c’est exactement ce que l’on peut reprocher aux acteurs de ce drâme judiciere et médiatique..

          De temps en temps, il faur raison garder ..


        • Antoine Diederick (---.---.185.110) 31 octobre 2006 15:45

          Merci Monsieur Riot pour cet article....

          C’est réussi. Bravo et merci. La bonne télévision existe

          La bonne télévision existe c’est sûr et nous avons la preuve avec ce téléfilm.

          J’ai le vu, sobriété,retenue, très bien joué, etc bref...bcp de qualité.

          Ensuite, nous voyons que cette affaire reste d’actualité alors que d’autres « affaires » ont connues des débordements semblables , ces dernières années.

          De plus, il n’y a pas encore prescription et des suites pourraient suivre.

          La Télévision, (je mets ici une majuscule, pour souligner l’importance que j’accorde à son rôle)nous propose ainsi de nous interroger tous, sur nos comportements et aussi de jouer un rôle social et civique avec sobriété.


          • Thucydide (---.---.101.8) 31 octobre 2006 17:40

            Excellent feuilleton, en effet, qui rétablit bien des choses, puisque beaucoup de gens dont je suis, exaspérés par le battage médiatique et les conclusions hâtives, avaient renoncé autrefois à s’intéresser à cette affaire.

            La réalité donne froid dans le dos, puisque, malgré certaines scènes romancées et un éclairage orienté dans le sens des convictions des réalisateurs, certains faits sont forcément avérés et dûment consignés.

            Ce qu’on retient avant tout, plus que les incompétences des uns et des autres, c’est le comportement de charognard des journalistes et photographes. A la décharge de la plupart d’entre eux (mais pas de ceux qui se sont acharnés), ce comportement est souvent un impératif de survie dans leur métier. Mais alors, comment instaurer des garde-fous sans obliger certains, comme Laurence Lacour, à en changer ?


            • Daniel RIOT Daniel RIOT 1er novembre 2006 01:26

              Bonne question. je n’ai pas de réponse...Mais cette réponse, il faut que nous la trouvions. Personnellemnt, je suis entré en journalisme comme on entre en religion : je me sens de plus en plus sinon mécréant ou athé, du moins sceptique. Confidence...


            • (---.---.162.15) 1er novembre 2006 08:09

              Vous semblez bien connaître cette affaire alors que je n’y comprends rien et que je n’ai pas fait l’effort de comprendre en me disant « A quoi bon, puisque la Justice elle-même ne comprend pas ? ».

              Donc, à vous écouter, je me demande si vous n’êtes pas plus fort que la Justice et avez réussi à comprendre.

              Il y a toutefois des choses simples qui sont avérées et sur lesquelles je peux me prononcer :

              - - Un homme a été assassiné (B. Laroche), son meurtrier (avec préméditation) est connu (J.-M. Laroche) et la Justice a été d’une exceptionnelle clémence avec lui.

              - - Ce téléfilm sort et d’après la famille de B. Laroche, il mettrait en cause un présumé innocent (B. Laroche). La Justice a refusé que cette famille bénéficie d’un pré-visionnage, malgré son insistance et ses craintes apparemment justifiées.

              - - Les médias sont très élogieux sur ce téléfilm et personne ne se scandalise qu’un présumé innocent soit mis en cause et personne (apparemment) ne dit qu’il n’est pas mis en cause.

              Je trouve que ceci est très malsain. Oui, il est très malsain qu’un présumé innocent soit désigné comme coupable par le comportement indirect de la Justice et des médias.

              Am.


              • Daniel RIOT Daniel RIOT 1er novembre 2006 14:06

                Personnellement, je n’ai pas vu d’acharnement contre qui que ce soit dans cette excellente fiction-docu. Je cite ici une ITW de Raoul Peck dans « affaires criminelles » "- Qu’est-ce qui fait la singularité de l’affaire Villemin ?
                - C’est l’une des affaires les plus lourdes et les plus médiatisées de ces 60 dernières années... Il n’y a qu’à voir la polémique qui entoure la sortie du téléfilm. Mais en ce qui me concerne, mon approche est toute personnelle : je ne me suis pas intéressé à l’affaire en tant que cinéaste, celle-ci est venue à moi. Il y avait urgence pour les époux Villemin : ils étaient terrorisés à l’idée qu’une chaîne de télévision ne s’empare de l’affaire pour réaliser des audiences mirifiques. C’est pourquoi je m’y suis consacré.

                - Une affaire complexe... ou très simple, au contraire ? Cette affaire paraît embrouillée alors qu’elle est limpide. Mon propos n’est pas d’accuser telle ou telle personne. Jusqu’ici, il fallait être pour ou contre Christine Villemin ou Bernard Laroche. Une stratégie qui permettait aux avocats de brouiller les pistes, et de cacher des choses peu avouables. Mais quand on se donne la peine d’enquêter, on trouve. Et les arrêtés de justice sont clairs... Celle-ci n’a pas abdiqué comme certains le pensent. Il est trop facile de croire pouvoir se faire une opinion à partir de quelques articles parcourus dans la presse. Et peu de journalistes ont fait leur mea culpa, après avoir commis l’inacceptable : avoir véhiculé le doute à propos de Christine.

                - Insister sur l’innocence de Christine Villemin était l’un de vos objectifs ?
                - C’est l’une des résultantes du film, mais ce n’est que le reflet de la réalité : la justice n’a pas trouvé de preuves à son encontre et s’est excusée pour l’avoir mise en cause injustement. Christine accusée, cela permettait qu’on ne désigne pas le vrai coupable. Pascal Bonitzer et moi avons simplement suivi les documents à notre disposition, traité des erreurs des uns et des autres. Quand on suit la chronologie de l’affaire, on se rend compte des moments où gendarmes, juges et policiers ont fait leurs erreurs. C’est au téléspectateur de se forger son opinion à partir de ces faits, pas à nous de leur imposer le coupable. La machine judiciaire, devenue folle, a fabriqué un faux coupable en la personne de Christine. Dire qui a tué Grégory, c’est le rôle de la justice... Ceux qui veulent des accusations plus nettes liront le livre publié par le colonel Sesmat. Pour beaucoup, ce sera une vraie découverte...

                - Les atermoiements judiciaires de ces dernières semaines vous ont gêné ?
                - Nous avons travaillé durant plus de trois ans en toute discrétion. Certaines personnes, toujours les mêmes, se sont inquiétées de ce que nous faisions... Elles devaient se sentir menacées par la diffusion du film. S’il doit y avoir des poursuites judiciaires, qu’il y en ait. Mais nous avons travaillé avec une dizaine d’avocats pour adopter le comportement le plus digne possible, sans blesser inutilement les personnes impliquées dans ce drame. On ne peut pas parler de la souffrance des uns et ignorer celle des autres.

                - Les acteurs sont physiquement très ressemblants, mais leurs noms ont été changés...
                - Notre objectif n’était pas d’arriver à une telle ressemblance, même si ça peut sembler absurde. Nous sommes partis sur certains types de visages et, sans trop le vouloir, pour une bonne partie des protagonistes la ressemblance est plus vraie que nature. Nous voulions juste approcher au plus près la réalité de ce drame.

                - Qu’ont pensé les époux Villemin de votre travail ?
                - Ce sont les seuls dont on traite de la vie privée. Leur montrer le téléfilm était donc une évidence, presque une responsabilité légale vis-à-vis d’eux. La vision des épisodes fut pour eux une confrontation avec la terrible histoire qu’ils ont vécue. Avec « Le bûcher des innocents », le livre de Laurence Lacour, ce film est ce qui se rapproche le plus de leur réalité. Ils m’ont fait part de leur impression que Grégory revit à travers ce film. On oublie souvent qu’il est avant tout question d’un petit garçon qui aurait aujourd’hui 25 ans...

                - Laurence Lacour est toujours hantée par ce drame ?
                - C’est une histoire qui ne va jamais la quitter... Après avoir passé sept années à écrire ce livre, elle est toujours hantée par le drame. Son ouvrage est une véritable bible consacrée à l’affaire. Après l’avoir écrit, elle a décidé d’abandonner son métier. Elle ne croit plus au métier de journaliste... Sur le mode privé et professionnel, c’est une des seules à avoir publiquement réfléchi à son attitude pendant l’emballement médiatique.

                - La récente affaire d’Outreau vous a rappelé les errements de 1984 ?
                - Le mécanisme médiatique et judiciaire s’est révélé assez similaire. Ceux qui sont venus témoigner lors de l’enquête parlementaire ont expliqué comment cette machine s’est emballée. La structure de la justice est évidemment en cause. Outreau ne m’a pas étonné... Dans le téléfilm, un ministre explique : « Pour l’affaire Grégory, c’est trop tard, mais je vais m’atteler à la réforme de la justice ». Le ministre français qui a prononcé cette phrase est malheureusement parti sans réaliser la réforme en question..."


              • (---.---.162.15) 1er novembre 2006 15:16

                Daniel Riot, je ne comprends pas votre réponse. Vous avez l’air de croire que j’accusais Christine Villemin. Non, la justice l’a innocentée, je considère que c’est aussi vrai que la décision de Justice qui rend son mari meurtier.

                Relisez-moi, mon propos est autre et votre réponse pas bien nette conforte mon impression que justice et médias ont une attitude malsaine en accusant indirectement un présumé innocent.

                Ce qui est soit-disant limpide ne s’énonce pas du tout de façon limpide. On serait censé lire entre les mots : non la Justice et les médias n’ont pas à colporter des non-dits.

                Am.


              • Daniel RIOT Daniel RIOT 1er novembre 2006 17:04

                Réponse à Am ; je n’ai jamais pensée que vous mettiez en doute l’innocence de C.V. En revanche, vous pensez dites que le téléfilm de respecte pas la présomption d’innocence d’un autre protagoniste. Moi je n’ai pas vu cela en regardant les six épisodes. C’est tout et c’est beaucoup. Peut-être ne sais-je pas lire...Ou alors nous n’avons pas la même conception de la « limpidité ». Ce qui est le plus « malsain », ce sont les procès-d’arrières pensées ou d’intentions. L’avez-vous vu ce film ? Ce que vous affirmez comme « avérés » n’ont rien d’évidence. Attendons que la Justice tranche sur la plainte que doit déposer l’avocat des Laroche (info que je me suis empressé de relayer dans une note complémentaire à mon article). Merci de votre attention. Les « choses simples » que vous mettez en relief sont plus complexes que vous vous le dites. Personnellement, je me garderai bien que désigner qui que ce soit comme « coupable ». Mon regret (que j’espère partagé), c’est que une « génération » après la justice soit toujours incapable de trouver la vérité. Ce n’est pas la seule affaire non-élucidée. Mais tout n’est pas perdu. La production de France 3 Peut peutêtre amener quelques langues à se dénouer. C’est l’espoir des Villemin que la France entière a considéré comme des « monstres ».En partie à cause de gens (de justice et de presse)qui étaient contre la suppresion de la peine de mort... Ce ne sont pas les dommages que l’Etat français a dû leur versé, grâce la Cour européenne des droits de l’Homme qui peuvent réparer les dégats. Les débats sur l’art et la manière de traiter les faits divers soont loin d’être clos.


              • Daniel RIOT Daniel RIOT 1er novembre 2006 17:07

                C’est d’une drôlerie...On fait mieux en matière de brêves de comptoir. La veille du « jour des morts » n’est sans doute pas le jour des mots. Bonne fête tout de même puisque c’est la fête de tous les saints...


              • (---.---.162.15) 1er novembre 2006 18:02

                Une fois de plus, vous parlez d’une façon très opaque comme « celui qui sait » à quelqu’un qui ne sait pas. Vous ne faites que renforcer l’opinion que j’avais déjà, tout ce qui se dit autour de cette affaire n’est pas sain et la Justice se trouve en porte-à-faux. Vous trouvez ça drôle, pas moi.

                Am.


              • chantecler (---.---.146.146) 1er novembre 2006 10:29

                @ Daniel Riot:je n’ai jamais douté de ton engagement dans le vrai journalisme (encore qu’il soit bien difficile de s’exempter de toute subjectivité) et tes interventions me font plaisir.Seulement,il me semble que tu te trouves bien isolé,face à des médias qui n’ont pas tes scrupules.D’où une mise en garde à ton égard,concernant certains sujets. Je n’ai pas vu le film,et je pense que je ne le regarderai pas.Je ne suis pas d’accord pour transformer des faits divers ou des biographies en fiction.Il me semble que des scénaristes auraient pu s’inspirer de l’affaire Grégory pour créer un film, tout comme Simenon et tant d’autres,parcouraient les faits divers pour en faire films et bouquins.Amitiés.


                • Daniel RIOT Daniel RIOT 1er novembre 2006 13:39

                  Pour ou contre la « fiction docu » ? C’est un vrai débat.En l’occurence, les Villemin ont donné leur accord (ils l’ont dit dans une ITW à La Croix) pour coupé l’herbe sous les pieds à un projet de film produit par une chaine privée qui appremment n’avait ni le sérieux ni l’honnêté de ce qi a été fait...Sur le journalisme,je ne cache pas mon isolement. Nous sommes sans doute dans une crise de croissance (ou de régression) médiatique. D’une crise, on doit sortir...Je tiens à citer ici un extrait du prologue du livre que Denis Robert a publié sur cette affaire (Mémoires d’un rat, aux éditions Hugo) : « J’ai appris le journalisme au bord de la Vologne. Je l’ai désappris aussi. C’est sous la ligne bleue des Vosges que tout s’est joué pour moi entre 1984 et 1985. Un stage de formation ultra-intensif. J’ai été pris dans un shaker médiatico-judiciaire dont je ne suis pas sorti indemne. Même si, contrairement à d’autres, j’en suis sorti... Combien étions-nous à avoir fréquenté le petit hôtel de Brouvelieure ? La maison de Lépanges, la gendarmerie de Bruyères ou le tribunal d’Épinal ? Deux cents ? Trois cents ? Quatre cents ? Des rats. Des homo-micros aux dents acérées, des homo-stylos se nourrissant de charogne, des homo-éditos pétris de certitudes. Mon copain Eric Darcourt de Y AFP avait raison quand il expliquait que tout cela n’était qu’une histoire d’argent. Il avait tort aussi. L’argent gagné par les avocats ou les patrons de presse ne peut expliquer seul l’acharnement collectif. Il y avait le corbeau qui nous narguait et les visages angéliques de Christine Villemin et de son fils Grégory. Cette folie qui s’est emparée du collectif. Grand corps malade. J’aurais beau jeu de confier que j’ai réussi à échapper à toutes les saloperies faites là-bas au nom de la liberté de la presse. La folie s’était emparée de moi aussi. Depuis que je suis revenu de la Vologne, combien de fois m’a-t-on demandé si je croyais vraiment que la mère était innocente ? Si j’étais sûr que Christine n’avait pas d’amants ? Combien de théories bidon ai-je entendu sur la manière dont elle s’y était prise pour noyer son fils ? Je me suis fermé. Si j’avais dû mettre des gifles chaque fois que quelqu’un m’a donné sa version de l’histoire, j’aurais des mains en corne aujourd’hui. Je tiens à le dire ici une fois pour toutes. Eh bien oui, Christine Villemin était innocente. Parfaitement, entièrement innocente. »


                • François (---.---.82.54) 1er novembre 2006 11:04

                  Bonjour,

                  Affaire Grégory, affaire Outreau, même combat !!!


                  • cestpaspermis (---.---.4.192) 1er novembre 2006 13:55

                    @ François:ben oui et non:dans l’affaire d’Outreau on sait qui sont les vrais coupables,en fait une sordide histoire d’inceste dans un cercle familial élargi,et les vrais innocents,dans l’affaire Grégory,bien difficile d’avoir le mot de la fin,à moins que.....

                    Dans les deux cas une justice privée de moyens.


                  • Daniel RIOT Daniel RIOT 1er novembre 2006 14:11

                    Oui, l’affaire Grégory ? outreau-sur-Vologne...Faiblesse de la justice, mais aussi force du « mimétisme de masse ». Cela ne date pas d’aujourd’hui : « Qu’on le cruxifie ! ». Les moins jeunes se souviennent sans doute de l’affaire de Bruay en Artois...


                  • patrick (---.---.203.207) 3 novembre 2006 14:22

                    @ l’auteur..

                    Gregory, Outreau et , bien sur Bruey ! Un resultat commun , une drâme humain et une cata judiciere et un "coupable commun (au moins) un petit juge ...


                  • patrick (---.---.203.207) 3 novembre 2006 15:02

                    Les moyens ne sont pas le problème dans ce cas précis !!!!

                    A moins que vous ne parliez des moyens intellectuels du petit juge !!!


                  • Rocla (---.---.226.1) 1er novembre 2006 14:05

                    De la même façon que lorsqu’ on dit « les promesses n’ engagent que ceux qui les écoutent » on peut se faire une opinion soi-même sur ce qu’ on nous présente comme informations . Et ce n’ est pas toujours facile . Si l’ on se souvient comment on nous parlait de l’ URSS à l’ époque , combien ont pris pour argent comptant les paroles de différents intervenants , journalistes , orientés ou non . Propagande est un mot non encore rayé du dico .

                    En tous les cas , merci Monsieur Riot pour la clarté de la présentation de votre article .

                    Rocla


                    • Daniel RIOT Daniel RIOT 1er novembre 2006 14:17

                      Merci à vous. Vous avez raison. Confidence : l’un de mes reportages en URSS, à l’éoque de Brejnev, m’avait valu une pluie d’insultes.« Tous les anti-communistes sont des chiens », avait dit Sartre...Je suis en train de livre l’excellent livre de souvenirs de Pierre Juquin, « De battre mon coeur n’a jamis cessé de battre » (ed L’Archipel).Un ouvrage remarquable, exclu du PC parce qu’il refusait la propagande officielle. Séparer l’info-intox de l’information n’est pas toujours simple. Mais c’est (ou devrait être) le premier devoir des journalistes et des citoyens


                    • Bref de comptoir (très très court) (---.---.93.127) 1er novembre 2006 15:25

                      « L’affaire gregory ,encore un coup des plombiers volognais ! »

                      Robert dit « Bob L’épanges »


                      • Daniel RIOT Daniel RIOT 1er novembre 2006 17:12

                        Une fois encore,j’ai été trahi par les « sauts » des commentaires d’agoravox (ou j’ai fait une maladresse de frappe).Ma réponse a votre « mot » est plus haut dans la colonne, mal placée.Pardon


                      • Bref de comptoir (très très court) (---.---.241.133) 1er novembre 2006 17:35

                        Plus sombre est l’instant ,pire est l’humour !

                        Comme dit Woody Allen :

                        A Fort Alamo,ils sont tous mort mais « la blague du chewing-gum qui pince quand on on veut le prendre »a beaucoup détendu l’atmosphere !


                        • Daniel RIOT Daniel RIOT 1er novembre 2006 21:02

                          Pour éclairage, et pour ceux qui n’ont pas eu le bonheur de lire le livre de Laurence Lacour, je reprends ici son prologue repris dans le dossier de presse de son éditeur : " Les goûters de mon enfance surgissent soudain de ma mémoire. Un parfum de chocolat saupoudré en copeaux sur une tranche de pain frais et beurré. Ce souvenir gourmand, depuis longtemps oublié, me surprend à l’instant où je fixe la pendule de la voiture à l’arrêt : il est 16 heures. L’heure du goûter. L’enfant qui m’a conduite ici, lui, ne goûtera plus jamais, car il est mort. Assassiné, avant-hier soir. Les salissures du pare-brise ressortent sous le soleil des Vosges. Denis Robert de Libération et moi avons un peu tâtonné pour trouver ce village de Lépanges-sur-Vologne, puis, sur une colline, la maison isolée des parents du petit garçon. Sur mon carnet de notes, de vagues indications collectées auprès d’un confrère local :

                          « Lépanges-sur-Vologne : gros village vosgien. Jean-Marie, le père, contremaître. Elle, ouvrière. Ont construit une jolie maison. Hier la mère va chercher le gosse à l’école. Le laisse jouer dehors. Voiture de couleur verte. »

                          Denis voyage avec moi par commodité. Un autre reportage nous attend à Strasbourg en fin de soirée. Nous ne nous attarderons donc pas ici : le temps de recueillir une interview des parents ou, à défaut, des grands-parents de la victime, deux ou trois informations sur un corbeau - apparemment l’assassin- traqué par les gendarmes et quelques réactions dans le village. Nos rédacteurs en chef ne tiennent pas à s’appesantir sur ce meurtre, qu’ils trouvent sordide. Tant mieux, nous non plus.

                          Pendant quelques secondes nous nous taisons, peut-être par respect instinctif pour l’objet, tragique, de notre déplacement. Autour de nous, les collines dévalent vers une rivière, mêlant prés étagés et cultures en terrasses. Des bordures rousses séparent les grands carrés de terre. Dans les prairies, les arbres fruitiers, sous la brise automnale, se balancent avec nonchalance. L’endroit embrasse toute la vallée, jusqu’aux crêtes hérissées d’ifs et de sapins.

                          J’hésite à descendre de voiture et Denis ne m’y engage pas. Il estime incongrue ma quête d’interview des parents de l’enfant mort. Pourtant, RTL a diffusé ce matin quelques mots du père, recueillis peu après le drame par le journaliste Jean-Michel Bezzina. Nous occupons tous deux la même fonction de correspondant dans l’Est, lui depuis quinze ans pour RTL et moi depuis un an pour Europe 1. Une concurrence atavique oppose nos deux radios, l’une devant toujours faire plus ou mieux que l’autre. Je suis donc là pour obtenir quelques propos de la mère endeuillée.

                          A contrecœur, je gravis une voie pentue, entre deux pâturages. Ma terreur est de devoir m’incliner devant la victime. A 27 ans, je n’ai jamais vu de cadavre. Je ne veux pas voir un enfant mort. Le corbillard vient de ramener le corps et les jeunes parents dans la maison neuve. Des sanglots me parviennent de l’intérieur où le cercueil sera veillé pendant deux jours et deux nuits. Je me fige à l’entrée du jardin, et à peine ai-je reculé d’effroi qu’une femme, surgie en larmes, me repousse d’un geste cassé :
                          - Fichez-leur la paix. S’il vous plaît ! Denis me voit revenir rapidement. Soulagés, nous regagnons le centre du village en roulant lentement pour détailler la maison du deuil éclairée par un insolent contre-jour.

                          L’assassinat du petit garçon a révulsé le village de Lépanges. Dans la rue principale, des mères pressent leurs enfants au retour de l’école. Bar de l’Est, dans les effluves de vin et de café refroidi flottent des relents de vengeance. Là, je peux enregistrer quelque chose et coller bout à bout ces bribes de haine et de colère :
                          - Ici, on est mille cent, éructe un ouvrier, celui qui a fait ça, on va l’attacher à un poteau sur la place et on lui donnera chacun un coup de couteau !

                          L’image du châtiment peau-rouge me glace mais déclenche en moi un rire nerveux. Cette atmosphère de lynchage s’oppose au silence qui régnait plus tôt autour de la maison de l’enfant. Un grondement secoue le bistrot, jailli d’hommes et de femmes parlant à tort et à travers d’un drame dont ils ignorent tout. Bientôt, nous ferons comme eux. A 18 heures, Europe 1 diffuse ces réactions viscérales, faute de pleurs familiaux car j’ai aussi renoncé à ma visite chez les grands-parents. J’ai envie de fuir. Denis aussi. Hélas, la consigne de nos rédactions a changé en quelques heures : il faut rester sur place jusqu’à l’arrestation de l’assassin. Et, si possible, le chercher soi-même." Laurence Lacour Tout ce qui est arrivé y est...Concurence médiatique ! La recherche de l’audience (de l’audimat, dit-on à la TV) avant le souic de la vérité et le respect des protagonistes....


                          • (---.---.162.15) 1er novembre 2006 21:27

                            En quoi croyez-vous que ça éclaire ? Moi, je ne vois pas...

                            On le sait depuis le début qu’il y a eu une surmédiatisation mal placée. Cette affaire nous a longtemps rabattu les oreilles et vous continuez, comme pas mal d’autres journalistes, à nous en parler pour ne pas dire grand chose...

                            Am.


                          • Claude94 Claude94 9 mars 2008 03:15

                            En réponse à un commentaire dont le pseudo est absent :

                            Mieux vaut ne pas dire grand chose que de ne rien dire du tout... ! Tous les témoins directs de cette affaire, sont restés muets...ou presque...dommage... ! S’ils avaient dit quelques bribes de ce qu’ils savaient, l’affaire Grégory aurait très certainement avancé un peu...et "un peu" dans cette affaire c’est déjà beaucoup...

                            Cela fait 24 ans que je suis cette affaire de très près, d’extrêmement près...Cela fait 24 ans que je ne dors pas sachant qu’un enfant a été pris au jeu du : "Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette...". Grégory a prit la tapette, et son assassin court encore...ou son (es) complice (s)..prudence... ! Ou encore à celui des "7 familles"...Dans la famille Villemin je demande le fils...Le problème est qu’on ne l’a jamais rendu... ! Je connais cette histoire sur le bout de mes...artères...J’ai participé activement à cette enquête, de loin...Lépanges, pour moi, n’était pas accessible...Mais à l’époque, le téléphone existait déjà (sic). Sans jouer au corbeau, j’ai récolté quelques renseignements interêssants.

                            Par l’intermédiaire de mon site, je mettrai en ligne les pages que j’ai rédigé. J’attends l’accord de la famille Villemin et celui de quelques uns des journaux auxquel j’ai "emprûnté" des photos...

                            2011 approche à grands pas...lugubre date (fatidique) de clôture définitifve de l’affaire.

                            Ce dossier doit être réouvert...coûte que coûte...La magistrature fait (parfois) des miracles. Elle a les moyens, je le sais... ! Et des éléments de ce dossier peuvent être repris afin d’éclaircir certaines ombres, jusqu’alors ombragées...

                            Afin que justice soit rendue à Grégory...

                             


                          • Rocla (---.---.226.1) 1er novembre 2006 21:16

                            Certains jours feraient mieux de ne pas avoir lieu .Ni la mort d’ un gamin de cet âge , ni tout ce qui entoure la suite . Des vies foutues pour un peu d’ orgueuil mal placé .

                            Rocla


                            • Gilles Louïse Gilles Louïse 2 novembre 2006 11:37

                              Cet enfant a-t-il été assassiné ?

                              Je me suis toujours posé la question et n’y ai jamais trop cru.

                              Le fait que l’autopsie conclue à une noyade n’est pas suffisant, il se pourrait qu’il se soit noyé accidentellement et que cet accident ait été ensuite maquillé d’une part, pour ne pas avoir à et reconnaître et donc assumer une faute, à savoir un défaut de surveillance ou une maladresse quelconque, et d’autre part, à la faveur des haines tenaces entre familles, pour impliquer des personnes qu’on a « dans le nez ». Les médias et les incompétences diverses et variées ont tôt fini de noyer le poisson, ce qui n’est pas pour déranger le malheureux maladroit dans cette hypothèse.

                              Le résultat escompté aurait été obtenu, le dogme l’emporte : l’enfant est mort assassiné.

                              Tout récemment, on a condamné un certain Michel Quesne à 17 ans de réclusion criminelle pour des viols sur sa fille alors qu’il n’y a pas le moindre début de preuve et que c’est « parole contre parole ». Dossier totalement vide du point de vue de la défense. Sa condamnation prouve simplement que sa fille a plus ému que lui-même et sans doute, étant plus cultivée, maniait mieux la langue française. Son phrasé d’agriculteur a dû être insuffisant. Elle a su convaincre.

                              Je me suis intéressé il y a quelques temps à une pièce de théâtre considérée comme la plus problématique de toute la dramaturgie classique et qui traite à mon avis de la question du « dogme » sur fond d’erreur judiciaire possible, c’est Hamlet de Shakespeare. À partir du moment où Claudius est désigné comme étant l’assassin de son frère, il a été impossible pendant quatre siècles d’envisager son innocence. Ce n’est que tout récemment qu’une telle hypothèse a été étudiée (« Enquête sur Hamlet » dont le point de départ est probablement un écrit japonais qui met manifestement Claudius hors de cause). Pour ceux que ça intéresse : Wikipedia, Hamlet, Prince de Danemark : « autre vision de ce qui a pu se passer à Elseneur ».

                              À bientôt

                              Gilles


                              • Bienf (---.---.252.68) 2 novembre 2006 12:28

                                je voulais réagir, à la diffusion du téléfilm, qui nous fait nous poser un certain nombre de questions, ce qui est déjà beaucoup.

                                Ce qui me frappe, même si je trouve cette dénonciation des médias par le biais de ce téléfilm intéressante, c’est qu’il y ait une hypothèse de fin à cette histoire qui accable cette femme rousse, Muriel Bolle, devant le nombre de témoignages qui contredisent les siens, séquence assez longue, dans le dernier épisode.

                                Donc nous avons une réhabilitation de la famille Vuillemin, cela semble mérité, mais Muriel Bolle est du coup, devant la france entière - à son tour - présentée comme une complice idéale, ou coupable (?)

                                Il y a alors un parti pris de l’équipe de réalisation d’aller dans ce sens... ce qui pose la question, du pouvoir des fictions par dessus la justice, je suis étonné que la France entière, puisse assister à çà, nous ne savons pas, dans le téléfilm, si il y a eu d’autres éléments contradictoires.

                                Au final ce qui est dénoncé dans ce téléfilm, est utilisé dans son dénouement (certes les preuves existent apparemment), ce qui permet de s’interroger réellement.... Cette fois ci ce n’est pas la presse, mais la télévision, par le biais d’une fiction !

                                Donc ... (? ??)... je reste dubitatif à cause de cette fin

                                Bienf


                                • patrick (---.---.203.207) 3 novembre 2006 14:36

                                  Je voudrais dire très simplement à l’auteur dont je ne partage pas toujours les analyses qui j’aime son article comme j’ai profondement aimé le téléfilm qui avait la pudeur et le recul que les protagonistes n’avaient point.

                                  La faillite de cette affaire que je crois assez simple au départ vients , sans doute, d’un petit juge totalement perdu au milieu d’un « monde » dur, refermé, porteur de haine familiale et de voisinage. Un monde un peu frustre à l’image d’une région triste et pauvre. Je suis allé , pour d’autres raisons, à Lepange. j’ y ai senti une chappe de misère, intellectuelle souvant, réelle surement. ce n’est qu’un ressenti pas une affirmation ni une vérité.

                                  En tous cas cette affaire est un bel exemple de faillite absolue comme l’ont été Bruey en Artois et Outreau. Une situation incomprise par un juge incompetant, un emballement de la machine, une incapacité à se remettre en cause...

                                  Vous m’avez donné envie de lire , le livre, j’ y cours


                                  • Daniel RIOT Daniel RIOT 4 novembre 2006 23:56

                                    Merci pour votre appréciation


                                  • (---.---.229.32) 4 novembre 2006 23:36

                                    Monsieur Riot

                                    Je n’ai pas regardé le film car je trouve l’exercice en soi malsain .Je trouve qu’il est fait trop de violence à trop de monde dans ce telefilm.

                                    A un presque bébé assassiné dont on parle comme...je n’ai pas de mot

                                    A un mort assassiné (B Laroche)dont on n’exalte guère le rôle de victime , serait-ce parce qu’on prononce à son sujet une accusation et un jugement bien aventureux.

                                    A un assassin avéré qui a été l’objet d’une singulière clémence de la part du tribunal.Lui aussi méritait une autre justice .

                                    Enfin à la justice elle même transformée en pantomime à l’époque par le coupable jamais découvert, les media unanimes et par elle même bien trop souvent.

                                    L’éthique aurait voulu que 20 ans plus tard on n’en remette pas une louche de la machine à brouzoufs...Un livre , un telefilm, un plateau tele....et tout ça « à l’oeil » bien sûr.

                                    Bin voyons

                                    Encore une fois the show must go on....Quelque soient vos convictions intimes ne trouvez vous pas M. Riot qu’il y a ici de la part des média une auto absolution sous couvert de fausse repentance.....

                                    Gregory petit cadavre bleui dans l’eau froide de la Vologne ne pèse pas bien lourd face à l’hypocrisie et l’esprit de lucre.Une justice non rendue , quelle importance !

                                    Le lucre , la seule raison de cette funeste soirée.

                                    Le furtif


                                    • Le furtif (---.---.229.32) 4 novembre 2006 23:39

                                      Si je pouvais savoir pourquoi mon pseudo et mon IP n’apparaissent pas ????

                                      Merci

                                      Le furtif


                                    • Daniel RIOT Daniel RIOT 4 novembre 2006 23:53

                                      Vous n’avez pas vu le filml est donc difficile d’en parler avec vous. Pour moi, cette émission est l’occasion de s’interroger sur ce que vous déplorez:une justice qui bne sait pas dégager la réalité, des protagonistes qui sont « cgosisés » voire « marchandisés », une presse qui n’en tiré aucune leçon, des gens marqués à vie. Les cénaristes et ralisateurs n’en ont pas « remis une couche » : ils ont crevé la chappe de silence, d’hypocrisie et d’amnésie... Outreau-su-Vologne reste d’une actualioté brûlante.


                                    • Sardanapal (---.---.6.203) 5 novembre 2006 06:18

                                      Tiens, ça me rppelle le 11 septembre cette affaire. Là encore ;, félicitons ces admirables journalistes pour le boulot fantastique d’investiation qu’ils ont mené pour nous faire connaître la vraie vérité sur cet attentats des terroristes cachés dans des grotes à Tora Bora !


                                      • hepotcirk (---.---.149.216) 5 novembre 2006 21:54

                                        Cette affaire Villemin, du moins pour ce qui concerne le transfert sur la mère, ressemble incroyablement à ce qui s’est passé (et se passe encore) à Cogne au sujet d’Anna Maria Franzoni (là aussi on ne connait pas le coupable). Les memes suites d’erreurs faites par l’instruction, la presse etc...en gros, une dynamique très similaire.


                                        • Humaniste (---.---.80.111) 19 novembre 2006 14:41

                                          Je viens tardivement sur le forum après avoir vu une émission que j’avais enregistré « complément d’enquête » sur « peut-on tout oublié ». J’ai également vu le téléfilm sur « l’affaire Villemin ». Mais mon commentaire sera accès sur Laurence Lacour, pour la féliciter de sa déontologie journalistique car elle est de la trempe des personnages avec un grand P.

                                          Membre de l’association « Stop à l’oubli » (affaire Alègre), nous apprécierions que les journalistes puissent avoir son charisme et que la détresse de toutes ses familles des victimes puisse être entendu de l’ensemble des citoyens, ce qui est loin d’en être le cas.

                                          Je sais que vous avec Sebastien et Guy vous êtes notre porte parole et diffusez nos actions lorsque celles-ci relèvent d’un caractère national, mais le quotidien n’est jamais relayé par aucun média sauf quelques fois FR3.

                                          Si Laurence Lacour veut s’intéresser à notre cause elle sera la bien venue.

                                          Encore merci à sa droiture, son incorruptibilité, du type Michel Roussel.

                                          www.stopaloubli.org

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