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La question palestinienne et le défaut d’alternatives

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Les campagnes de calomnie et de dénigrement perturbent le débat rationnel sur les mesures stratégiques et les alternatives possibles pour traiter un problème historique complexe tel que la question palestinienne.

Tant que les parties gagnantes seront convaincues que la situation actuelle est à leur avantage et qu’aucune démarche n’est entreprise pour faire le moindre effort de réflexion innovatrice sur d’autres options possibles qui n’ont pas encore été essayées, l’approche démagogique restera dominante dans les dialogues actuels et futurs sur la question.

Tous s’accordent à dire que la cause palestinienne a connu toutes les formes de conflit dans l’histoire. Son parcours est marqué par le sang et les sacrifices endurés par le peuple.

Elle a également enregistré de nombreuses démarches pour poursuivre des voies pacifiques qui ont cherché des formules de coexistence, de sécurité et de stabilité. Cependant, ces voies ont toujours été confrontées à des cris de trahison et de perfidie de la part des trafiquants de la cause sur les marchés de la politique régionale et internationale.

La génération actuelle de dirigeants palestiniens, en particulier les dirigeants de l’Autorité palestinienne, soit favorable à l’accord d’Oslo. Le président Mahmoud Abbas est l’un des principaux architectes de cet accord. Malgré ça, leur réaction aux accords de paix signés par les États arabes avec Israël est peu flatteuse.

Ils se sont pas laissés quelques heures pour une réflexion objective et tranquille. Au contraire, ils ont partis directement chercher dans un long dictionnaire des accusations assez récurrentes dans l’histoire de la question.

Je pense que le problème est que de nombreux dirigeants palestiniens ne sont plus en mesure de continuer à jouer leur rôle. Les négociateurs palestiniens, tant majeurs que secondaires, sont à court de ressources. Ils n’ont plus d’idées à mettre sur la table.

La négociation de questions aussi pointues que la question palestinienne est un match marthénien entre des esprits capables de générer des idées, des alternatives et des solutions, avec du courage, des manœuvres et des approches de solutions sous différents angles et approches.

Mais maintenant, tout le monde est devenu prisonnier de l’impasse dans laquelle le processus de négociation actuel s’est enlisé, ou est tombé dans le piège des organismes et États sponsors du terrorisme et de l’extrémisme, avec tout ce que cela implique, à savoir la promotion de la violence et de faux slogans de résistance, dont les conséquences ne peuvent être supportées que par les innocents Palestiniens, Libanais et autres.

Les dirigeants palestiniens n’ont tout simplement plus le courage d’emprunter des voies novatrices pour trouver un règlement juste pour une cause juste. Voilà qui explique la décision de l’Autorité palestinienne de renoncer à son droit de présider la session actuelle du Conseil de la Ligue arabe.

Lors d’une conférence de presse tenue au siège du ministère à Ramallah, le ministre palestinien des affaires étrangères, Riad Al Maliki, a révélé que cette décision est intervenue «  après que le secrétariat général de la Ligue ait adopté une position de soutien aux EAU et au Bahreïn, qui ont normalisé leurs relations avec Israël, en violation de l’initiative de paix arabe.  »

«  Certains pays arabes influents ont refusé de condamner l’entorse à l’initiative de paix arabe. La Ligue ne prendra pas donc de décision dans un avenir prévisible, en faveur de la condamnation de l’entorse à ses décisions.  »

Les propos précédents signifient simplement que la partie palestinienne aurait exercé son droit à la présidence du Conseil de la Ligue arabe si une résolution avait été adoptée conformément à sa vision des décisions souveraines prises par les Émirats arabes unis et le Royaume de Bahreïn de nouer des liens de paix avec Israël.

Le contraire voudrait dire abandonner l’exercice d’un droit qui consiste essentiellement à exprimer une voix et à défendre les intérêts du peuple palestinien, non pas un privilège accordé à ses représentants à la ligue. Ce n’est pas de la politique comme celle que nous connaissons.

La diplomatie a un grand nombre de définitions conceptuelles, mais n’inclut pas de favoriser le retrait à la confrontation dans les arènes de débat politique et de dialogue quand il s’agit des intérêts et du destin des gens.

Le retrait peut être une expression de colère et de protestation dans une situation particulière. Mais même le choix des moyens reste dépendant et même contraint par les conditions et le contexte de décision.

Je ne considère pas du tout que les Palestiniens aient le luxe de se retirer du sommet de la scène politique arabe. La Ligue arabe, malgré toutes les observations et réserves que les articles lui consacrent, reste une plateforme vitale pour exprimer la position arabe et palestinienne en particulier.

Elle reste un tremplin pour maintenir l’unité du groupe arabe et son alignement derrière la première question centrale de tous les peuples et pays arabes sans exception.

Ce qu’il faut maintenant, c’est faire parler la raison. Les dirigeants palestiniens peuvent se rendre compte qu’«  une révision de la direction ne signifie pas nécessairement un changement d’objectifs, mais une approche différente,  » comme l’a déclaré Son Excellence Anwar Gargash, ministre d’État aux affaires étrangères.

Ce que notre région et notre cause traversent est le produit de moyens, de stratégies et d’options qui n’ont pas prouvé leur efficacité. Tout le monde, y compris Israël, n’a pas d’autre choix que de créer de nouveaux points de départ qui peuvent offrir de nouvelles opportunités pour apporter la sécurité, la stabilité, la paix et la prospérité à des millions de jeunes arabes qui rêvent d’un avenir meilleur.


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5 réactions à cet article    


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 9 octobre 14:26

    Mais maintenant, tout le monde est devenu prisonnier de l’impasse dans laquelle le processus de négociation actuel s’est enlisé, ou est tombé dans le piège des organismes et États sponsors du terrorisme et de l’extrémisme, avec tout ce que cela implique, à savoir la promotion de la violence et de faux slogans de résistance, dont les conséquences ne peuvent être supportées que par les innocents Palestiniens, Libanais et autres.

    Le « processus de négociation actuel » : je te vole ta maison, et ensuite j’ouvre des négociations pour déterminer si tu peux continuer de dormir à la cave. Et gratuitement, parce que je suis très tolérant ! Tu ne veux pas négocier ? Eh ben, c’est pas civilisé çà... Tu ne fais pas d’effort. Les gens raisonnables, eux, sont pour le dialogue, la négociation. Vous voyez bien, braves gens, que ces gens sont des animaux. Refuser le dialogue... Avec leur voleur et violeur...

    Mieux vaut mourir debout que de vivre à genoux.

    الموت لأمريكا ! الموت لإسرائيل !


    • Amanite phalloïde 9 octobre 14:51

      Les Palestiniens choisissent systématiquement d’être du mauvais côté de l’histoire.
      Ils sont du côté des perdants dans ce différend, ils se sont plantés dans un coin, et la façon dont ils peuvent en sortir est de coopérer tranquillement avec Israël sur les problèmes quotidiens.
       
      La reconnaissance et la normalisation avec Israël sont la clé pour sortir du problème. Il est hautement improbable qu’il y ait un progrès à moins que les Palestiniens ne fassent ce que les Émirats arabes unis ont fait, c’est-à-dire reconnaître qu’il existe un peuple juif et une civilisation juive.
       

      Tant qu’Abbas sera le dirigeant palestinien, très peu de changements se produiront


      • phan 9 octobre 17:56
         Les mots « la plupart des Juifs sont des voleurs », « n’ont pas été prononcés par un dirigeant antisémite, un haineux juif ou un néonazi, mais par le fondateur de l’État d’Israël, deux mois après sa création. »

        • L'apostilleur L’apostilleur 10 octobre 10:06

          Au départ la Ligue arabe était composée de pays arabes concernés par le problème palestinien au motif principal qu’ils étaient « frères », arabes.

          Le panarabisme de Nasser a tenté de donner vie à cette réalité sans succès, mettant en évidence l’incapacité des arabes à s’unir pour une cause. Les palestiniens se déchirent pour leur propre cause et maintenant leurs « frères » arabes s’entendent avec les israéliens.

          La messe est dite pour eux.

          Leur avenir passera par une entente avec l’occupant israélien pour leur survie dans un chaudron démographique qui ne leur laisse aucun avenir. Leurs « frères » arabes les laissent tomber les uns après les autres, réalistes ils ont compris le sens inéluctable de l’histoire en Palestine.

          La ligue a grossi jusqu’à 22 pays pour devenir une « ligue musulmane », aucun des nouveaux entrants n’étant arabes. Le nouvel amalgame était une erreur. En quoi les Comores ou le Yémen sont-ils concernés par le conflit israélo-palestinien ?

          Les arabes ont réutilisé leur ancienne méthode consistant à convaincre les convertis à l’islam qu’ils devenaient arabes et à les enroler dans leurs batailles au nom du jihad. Ça n’a pas marché.

          Les tribus arabes ont été unies par l’anglais Lawrence contre les musulmans ottomans. Leurs descendants turcs les regardent en ayant en tête un califat perdu, sans s’impliquer vraiment.

          Ben Gourion avait dit « Si j’étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël... » (*)

          Le temps lui donne tort.

          (*) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-legitimite-historique-de-203458


          • Jonas 10 octobre 13:34

             « Ceux qu ont crevé les yeux du peuple , lui reprochent d’être aveugle ». (J.Milton) 

            On peut aujourd’hui s’élever contre les responsables palestiniens , critiquer leur manque de sens politique et pragmatique. 

            Mais si l’on remonte a la genèse du problème palestinien , les pays arabes sont responsables et doivent faire leur mea-culpa , d’avoir , soutenu et trompé , les dirigeants palestiniens dans leur intransigeance et leur étroitesse d’esprit.Ce sont les pays Arabes , qui ont encouragé les palestiniens dans leur rigidité. 

            Pourquoi ? Parce que tous les pays arabes , je dis tous , avaient besoin des palestiniens pour détourner l’attention de leur peuple des problèmes quotidiens. 

            Quelques faits , qui montrent la responsabilité des pays arabes dans ce conflit israélo/palestinien. D’abord , les quatre guerres d’Israël , ont été faites contre les pays arabes et non contre les palestiniens. 

            1. Lors du partage du restant de la province de la Palestine , après la création de la Transjordanie , par les britanniques ,ce sont pays arabes qui ont refusé et rejeté la Résolution 181, du 29 novembre 1947, a l’ONU, et non les palestiniens , qui n’étaient pas présents en tant qu’Etat , mais représentés par une vague délégation noyée , dans les délégations des pays arabes.
            2. Après la déclaration de l’indépendance d’Israël en mai1947, ce ne sont pas les palestiniens qui ont attaqué israël avec leur armée , mais bien cinq pays arabes , Egypte-Syrie-Liban-Irak et la Transjordnie. 
            3. Au moment de l’armistice ( fin des hostilité et non fin de la guerre) L’Egypte s’est attribuée Gaza et la Transjordanie a annexé la Cisjordanie et Jérusalem -est , de 1949 à juin 1967 , sans créer d’Etat Palestinien , alors qu’ils avaient toute la possibilité de le faire ,puisqu’ils détenaient les territoires , qu’ils réclament aujourd’hui, pour un Etat Palestinien. 
            4. A aucun moment , la Ligue Arabe , n’est intervenue a l’ONU ,pour exiger de l’Egypte et de la Jordanie de remettre les territoires aux palestiniens. Pas une seule résolution de leur part a l’ONU dans ce sens. 
            5. Après la défaite suite à la guerre des six jours , (du 29 août au 1er septembre ) les dirigeants arabes se sont réunis , à Khartoum, ( Soudan ) pour proclamer les « trois non » : pas de paix avec israël. Pas de négociation avec Israël et pas de reconnaissance d’ Israël. 
            6. Des années après , les situations géopolitiques et économiques ont tout chamboulé. Et les Etats privilégient leurs intérêts aux grandes prises de positions.

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