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Accueil du site > Tribune Libre > La séparation du Bien et du Mal

La séparation du Bien et du Mal

Depuis l'aube de l'Humanité, nous cherchons à bien détacher la notion du Bien de celle du Mal. Ces deux catégories ont été diversement normées selon les temps et les moeurs. Elles ont toujours été normées au sein de systèmes d'opposition : le bien contre le mal. Les hommes civilisés contre les barbares, les gens éduqués contre les sauvages, la patrie contre l'ennemi, les croyants contre les mécréants, les gens normaux contre les gens anormaux (incluant les "monstres"), etc.

Ce qui frappe surtout, c'est que l'homme ne s'est pas contenté des divisions naturelles entre le bien et le mal qui sont issues de la vie d'un côté (source du bien) et de la mort (source du mal). L'esprit de l'homme a ajouté des catégories qui n'existent nulle part dans la nature.

Pour mieux expliciter mon propos, j'ai réalisé le tableau ci-joint. J'ai recensé 7 catégories issues de la nature (déduites de l'affrontement universel et perpétuel entre la Vie et la mort) et 7 catégories spécifiquement humaines construites autour du Bien et du Mal (dualité inconnue des animaux). J'aurais pu y faire figurer le péché mais il s'agit d'une notion exclusivement chrétienne et redondante par rapport à celle de valeur qui comprend aussi les saints opposés aux simples mortels.

Après avoir inventé la dualité du bien et du mal, dualité qui se superpose à celle, naturelle, de la vie et de la mort, l'être humain a voulu affiner les notions, les adapter au mieux aux intérêts de chaque époque et aux idéologies dominantes qui se sont succédé dans l'Histoire.

Il existe des constantes cependant. La séparation du Bien et du Mal se fait toujours sur un fondement dualiste : positif / négatif, ou supérieur / inférieur, ou conforme / non conforme.

Dans la Grèce antique, un certain bon sens semblait dominer. On exerçait ses vertus pour mériter le bien recherché. C’est de l’âme vertueuse que naissent les autres biens pour l’homme, mais aussi son bonheur. C’est à partir de cette pensée qu’il faut comprendre le principe socratique « Personne ne fait le mal volontairement ». Les Grecs restent proches de la nature en opposant Eros (désir) à Thanatos (mort). Dans Le Banquet de Platon, Eros est décrit comme la quête philosophique de la beauté de la connaissance. Les vertus cardinales sont : la sagesse, la persévérance, la modération, la justice. Là aussi, nous pouvons dire que les catégories restent raisonnables. On peut néanmoins relever déjà une certaine dérive consistant à faire remonter le Beau au Bien. Le perfectionnement de l'âme doit accompagner la recherche du bonheur « …car toute mon occupation est de vous persuader, jeunes et vieux, qu’avant le soin du corps et des richesses, avant tout autre soin, est celui de l’âme et de son perfectionnement. Je ne cesse de vous dire que ce n’est pas la richesse qui fait la vertu ; mais, au contraire, que c’est la vertu qui fait la richesse, et que c’est de là que naissent tous les autres biens publics et particuliers. » (Apologie de Socrate)

Dans la Chine antique, Confucius enseigne le précepte "appliquez-vous à garder en toute chose le juste milieu." Cette recommandation à faire preuve de tempérance et de modération est commune aux civilisations grecque et mésopotamienne. Les autres choses considérées comme bonnes moralement sont la piété envers les dieux et les parents, ainsi que l'amour de la patrie. Les hommes se sont socialisés ; ils ont besoin de catégories qui complètent les catégories naturelles, qui subsistent néanmoins.

Avec la religion catholique, un renversement se fait en dépit du bon sens issu et de la loi naturelle. Les catégories du plaisir, de l'agréable, du désir et de la force, passent dans la colonne du Mal et, inversement, le Bien comprend désormais la souffrance, l'effort, voire (pour les saints) le mépris total de sa santé. Spinoza dénoncera ces excès et fera un retour au naturel, à la catégorie primordiale du bien et du mauvais. Spinoza dévalorise toutes les valeurs au profit du bon et du mauvais. Sage attitude ! « Aucune action considérée en soi seule n’est bonne ou mauvaise ». Bon-mauvais : ce sont les deux sens de la variation de la puissance d’agir : la diminution de cette puissance (tristesse) est mauvaise, son augmentation (joie) est bonne (Ethique, IV, 41). Est bon ce qui augmente ou favorise notre puissance d’agir. « Si les hommes naissaient libres, ils ne formeraient aucun concept de chose bonne ou mauvaise aussi longtemps qu’ils seraient libres. » Le bien n’est rien puisqu’il n’y a ni bien ni mal.

Nietzsche reprendra l’idée. « Cela du moins ne veut pas dire par-delà le bon et le mauvais ». Nietzsche, fait la généalogie de la morale. Ainsi à propos des concepts du « bien » et du « mal », il ne saurait être question de savoir ce qu’ils sont (toute question d’essence échoue), mais seulement de repérer les divers déplacements dont ils sont l’effet second après coup, d’indiquer de quels rapports de force ils sont la conséquence sublimée et déplacée, de marquer les différentes représentations où ils se sont exprimés. Nietzsche démontre surtout que les catégories du bien et du mal sont le terreau d'une morale qui ne cesse d'enfler et de s'enfler d'apparences, de mensonges. Il y a une morale de maîtres et une morale d’esclave. Celle-ci est entretenue par les chrétiens, lesquels sont pleins de ressentiment à l'égard de la Vie. Ils détestent la vie, la nature, le corps. Tout leur système d'évaluation est fondé sur ce ressentiment. Et c'est pourquoi, dit Nietzsche, il nous faut aller au-delà du bien et du mal.

Mais Nietzsche, qui dénonce l'assimilation ancestrale des catégories nobles / vulgaires (populace) avec celles de bon et de mauvais, reproduit cette forme de dualité en créant une opposition radicale entre le surhomme, le vrai homme, et les esclaves nourris de ressentiment. C'est encore une dérive aristocratique en matière de jugement moraux, comme cela exista dans l'Antiquité. 

Le génie de l'Homme, par rapport aux autres créatures de la nature, est son art du mensonge (1). "Avouer que le mensonge est une condition vitale, c’est là, certes, s’opposer de dangereuse façon aux évaluations habituelles ; et il suffirait à une philosophie de l’oser pour se placer ainsi par de là le bien et le mal." (Nietzsche) Ce génie particulier du mensonge qui fait la spécificité de l'Homme conduit ce dernier à changer souvent de système d'évaluation de ses actions.

L'homme a-t-il cessé de créer des catégories artificielles pour séparer la catégorie du Bien de celle du Mal ? Je ne le pense pas. Aujourd'hui apparaissent d'autres dualités comme : l'être et l'avoir. On dirait un cercle sans fin. Personnellement, je suis favorable à la démarche spinoziste qui consiste à se rapprocher le plus possible des divisions naturelles.

(1) Je soutiens en effet, contre Bergson, que ce n'est pas le rire qui est le propre de l'homme mais le mensonge. Le rire n'est que le résultat du choix de l'Homme de se prendre au sérieux (de créer des valeurs). Ce qui fait que, quand ce sérieux est soumis à une trop forte brutalité du réel, le ridicule se crée et déclenche le rire.

 


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65 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 25 septembre 16:04

    Char lie CHAPLIN : 7 plus 7 


    • Taverne Taverne 26 septembre 09:38

      @Mélusine7

      Kant déjeunait tous les jours à une heure précise et le nombre de ses convives (exclusivement masculins) étaient toujours un nombre compris entre 3 et 9. 


    • Taverne Taverne 26 septembre 12:26

      @Shawford

      Il ne fallait prendre le Kant à rebours.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 25 septembre 16:15

      Dit autrement : elle a une paire de faux à fâner les couilles. smiley))


      • Taverne Taverne 26 septembre 10:21

        @Mélusine7

        Kant explique le 7 dans Anthropologie d’un point de vue pragmatique, § XXXVIII. Il parle aussi du 9 qui est de ses nombres fétiches.

        Le cours de la lune étant divisé suivant les quatre phases (la nouvelle lune, le premier quartier, la pleine lune et le dernier quar­tier) en un nombre rond de 28 jours (et les Arabes ayant par là même divisé le zodiaque en 28 maisons de la lune), dont un quart comprend 7 jours, le nom­bre 7 a reçu de là une importance mystique, de telle sorte que la création du monde elle-même a dû être réglée en conséquence ; d’autant plus qu’il devait y avoir (suivant le système de Ptolémée) sept planètes, comme sept tons de la gamme, sept couleurs simples dans l’arc-en-ciel, et sept métaux.— De là encore sont venues les périodes climatériques (7 ? 7, et comme le nombre 9 est aussi un nombre mystique chez les Indiens.


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 26 septembre 12:39

        @Taverne


        Ne négligez pas le 8

      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 26 septembre 12:42

        @Mélusine7

        J’attends la date du 7 octobre (signe de la Balance associée à la maison 7).

      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 26 septembre 12:53

        @Mélusine7
        Le signe sept a une double signification comme le signe de la balance : vie et mort. Si je m’en réfère à ma propre vie, le 7 octobre 1983, je perdais l’être aime et LE même jour (authentique) mourait le médecin avec lequel je devait faire des recherches sur le mort subite du nourrisson. Ceci n’est pas de l’humour. Le sept a AUSSI la forme d’une FAUX.


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 26 septembre 12:58

        @Mélusine7

        Le signe de la balance est gouverné par SATURNE (la mort) et Vénus (la vie). Au Tarot (THORA), La carte est celle du chariot qui montre deux directions opposées (celle du bien et celle du mal). 

      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 26 septembre 18:26

        @Mélusine7
        Et aussi : SETH


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 25 septembre 16:23

        Ile de Luzon. Métisses Tagalo-Chinoises ( Sangleye).https://www.pinterest.fr/pin/254171972690577514/


        • Robert Lavigue Robert Lavigue 25 septembre 16:40

          Je soutiens en effet, contre Bergson, que ce n’est pas le rire qui est le propre de l’homme

          Vous pourriez le soutenir (éventuellement) contre Rabelais !
          Bergson, lui, limitait son ambition à analyser « le rire spécialement provoqué par le comique » lequel comique serait propre à l’humain... du moins si j’en crois ce qu’il a écrit !

          Mais ici, nous sommes en terres mitoyennes où les fadaises sont mises aux voix des comparses ! Une autre occasion de franche rigolade...


          • Taverne Taverne 25 septembre 16:44

            @Robert Lavigue

            « franche rigolade... » Sans vous, elle ne serait jamais complète.


          • Xenozoid Xenozoid 25 septembre 16:48

            @Robert Lavigue


            Mais ici, nous sommes en terres mitoyennes où les fadaises sont mises aux voix des comparses ! Une autre occasion de franche rigolade...


            tu es tellement prévisible dans ta formulation,vous êtes tous masos ?

          • arthes arthes 25 septembre 19:11

            Je n’aurais pas mis cruauté/bienveillance comme commun aux animaux et à l’homme.


            Nietsche a t il vraiment écrit que les chrétiens détestaient la vie, la nature et le corps ???

            Le rire, comme les larmes n’est il pas une soupape de défoulement psychique ? ’Je ris, donc je jouis"

            • Taverne Taverne 25 septembre 19:31

              @arthes

              Ma classification n’est peut-être pas encore totalement au point. Mais pourquoi ne classez-vous pas le couple « cruauté / bienveillance » comme commun aux animaux et aux êtres humains ? Cela se discute dans doute, mais je ne vois pas les raisons.


            • arthes arthes 25 septembre 21:23

              @Taverne

               smiley


              Vous me retournez la question.
              Je vois cela comme de l’antrhopomorphisme , une projection...Je ne voix pas qu’un animal puisse élaborer un sentiments de plaisir à en faire souffrir un autre, le chat est injustement taxé de cruauté mais il est surtout myope , bigleux, il ne voit bien pas sa proie et au point que si elle ne bouge pas, c’est le plus sur moyen pour elle de s’en sortir ; il est sensible au mouvement.
              Quant à la bienveillance, je l’assimilil à la sagesse animale, une sagesse instinctive, innée, chez tous, qui se manifeste selon la sociabilité des espèces et le temperament des individus..

            • Taverne Taverne 25 septembre 23:01

              @arthes

              Je ne dis pas que l’animal est cruel ; c’est nous qui le voyons cruel et qui pouvons nommer cela le « mal ». L’animal n’agit que par instinct et ne commet donc pas le mal. Je me demande quand même s’il n’y pas ici et là quelques exceptions. Par exemple, un chien dressé par un maître cruel...L’homme en revanche est cruel lorsqu’il commet le mal volontairement et d’une manière spéciale que l’on dit cruelle.

              Je crois en revanche à la bienveillance animale : on peut la constater chez les primates ou dans les troupeaux de mammifères (éléphants, par exemple).


            • kalachnikov kalachnikov 25 septembre 23:06

              @ Taverne

              Il y a un point commun entre le chien et l’homme. Ce sont des animaux domestiques.


            • kalachnikov kalachnikov 25 septembre 21:53

              Non, on est passé de faste/néfaste à bien/mal. Exemple : la coucherie avec maman (inceste). Au départ, ce qu’on redoute c’est la conséquence de cette coucherie (la peur de répercussions surnaturelles). Puis, on passe à l’anathème lancé sur l’acte en soi et à la criminalisation de la sexualité. Dans le premier cas, on éduque ; dans le second on punit. (il faudrait d’ailleurs peut-être voir l’Histoire selon cet angle : une formidable décadence, une perte de sens abyssale.)

              ’La séparation du Bien et du Mal se fait toujours sur un fondement dualiste : positif / négatif, ou supérieur / inférieur, ou conforme / non conforme.’ : il manque une constante, le criterium. Ce n’est jamais supérieur en soi mais par rapport à.

              La différence entre l’homme et l’animal, c’est que l’animal agit de façon égoïste en fonction du vouloir vivre tandis que l’homme peut agir contre cela mais jamais de son propre chef. Par le dressage que l’on nomme pompeusement éducation et qui n’est jamais qu’un conditionnement. La différence entre l’homme et l’animal, c’est que l’animal enseigne à sa progéniture des habitus à portée immédiate tandis que l’homme peut enseigner à la sienne une morale y compris comme tu le dis antinaturelle et à visée lointaine. C’est pour cela que l’animal ne va pas se sacrifier pour son prochain tandis que des millions d’hommes peuvent mourir dans des tranchées pour rien et en croyant que c’est juste. Du coup, je vais faire mon nietzschéen ; je suppose qu’un gros abruti va me sortir que je suis contre l’empathie, que je suis un psychopathe puisque dans la cervelle de ce larbin questionner, voir un problème c’est déjà avoir basculé du côté obscur ; ce à quoi, je répondrais : ’eh bien, crève dans les tranchées, cloporte ; mais ne viens pas pleurnicher, ça me gâche la voix de Maman qui chante sa berceuse terrible à mon oreille’.

              Tu es superficiel concernant Nietzsche. Surhomme, ce n’est pas supérieur à l’homme, c’est au-delà de l’homme, l’après homme. Et quand on parle d’esclave, on induit implicitement la notion de maître. C’est qui les maîtres, ils règnent comment ? Mais ce sont eux qui légifèrent (= édictent la morale), eux qui la commandent, eux qui la font respecter.

              Ce qui me permet de dire à Arthes : Nietzsche s’est peu penché sur les dogmes mais plus spécialement sur le prêtre et son usage du dogme, à des fins de terreur et en vue de dominer. A ma connaissance, il ne fait mention que deux fois du Christ ; par cette phrase ’Rien n’empêcherait à notre époque à quelqu’un de vivre comme le premier Chrétien (cf le Christ)’ Et via l’apparition d’un nouveau concept ’le Crucifié’, apparu dans ses derniers billets et demeuré obscur*. notons que antechrist ne signifie pas anti christ mais avant christ. Nietzsche reprochait à Platon d’avoir introduit le poison du christianisme dans la pensée grecque.

              *l’idéal nietzschéen est de type ascétique, sobre, tourné vers l’esprit et la connaissance, la contemplation et la solitude. On devine que ce concept du crucifié est péjoratif, qu’il entend ce que l’on a fait de la doctrine de libération christique, à savoir l’adoration d’un machin sanguinolent cloué sur un bout de bois. C’est cette saloperie qui a été érigée en exemple, comme type idéal, à adorer.

              PS Taverne, l’esprit, les livres, c’est bien. Mais on a un corps aussi. Et donc, toi, as-tu toujours été un animal moral ? ’Connais toi toi-même’.


              • Taverne Taverne 26 septembre 09:43

                @kalachnikov

                L’exemple que vous donnez de l’inceste illustre bien la distinction que fait Kant entre l’impératif hypothétique et l’impératif catégorique. L’impératif hypothétique repose sur des propositions avec des « si...alors... » : le respect de la règle morale est subordonné à la crainte des conséquences. L’impératif catégorique au contraire commande d’appliquer la loi morale indépendamment de toute considération d’intérêt et de conséquences. L’inceste, d’abord« impératif hypothétique » est devenu « impératif catégorique ».


              • Taverne Taverne 26 septembre 11:31

                @kalachnikov

                « Et donc, toi, as-tu toujours été un animal moral ? ’Connais toi toi-même’. »

                La juxtaposition ici de la question morale et du précepte « connais-toi toi-même » signifie l’application du précepte du seul point de vue moral. Entendu ainsi, il peut se traduire par « regarde-toi toi-même » (sous entendu avant de juger les autres). On retrouve cette idée dans la Bible (une histoire de paille et de poutre, par exemple). Mais le précepte a une valeur bien plus étendue que cela.


              • Sozenz 26 septembre 15:44

                @kalachnikov
                La différence entre l’homme et l’animal, c’est que l’animal agit de façon égoïste
                .Vous n avez jamais regardé vivre les animaux . personnellement ils m ont beaucoup appris spirituellement .
                ce que nous avons en plus sur les animaux c est la conscience ou la possibilité de la conscience
                .
                soit nous suivons notre nature et notre chemin , soit nous nous fourvoyons et nous tentons de manipuler les choses ( et nous vivons dans le mensonge , je pense qu il est là le vrai symbole du mensonge )


              • kalachnikov kalachnikov 26 septembre 22:28

                @Sozenz

                Déjà, j’aurais dû faire la distinction entre animal sauvage et animal domestique. Pour le reste, j’ignorais que les animaux avaient une sorte de conscience de l’espèce. Si non, ben, ça n’a rien d’insultant d’être égoïste et enfermé dans une sorte de mécanique liée au vouloir vivre, à l perpétuation aveugle, etc.

                Il faut se méfier des projections, quand même. Mais spécialement vous, je n’ai aps envie de vous peiner. D’ailleurs, je vous vouvoie, ce qui est inhabituel, pour cette raison.


              • kalachnikov kalachnikov 26 septembre 22:44

                @Taverne

                C’est une pirouette ? Tu es toi-même un animal moral ; donc d’où viens-tu ? As-tu procédé à ta propre vivisection de conscience (comme dirait Nietzsche) ou bien te contentes-tu de colporter des idées étrangères ?

                Voilà ce que je voulais signifier.


              • kalachnikov kalachnikov 26 septembre 22:56

                @ Taverne

                Nietzsche tenait Kant pour malhonnête.

                ’Il est vrai que quelque chose est nécessaire ; il n’est pas nécessaire que cette chose soit vraie’ = à un effet réel, on prête une cause incorrecte. C’est faire injure à nos inaugurateurs qu’ils se sont levés un matin avec, comme pris d’une envie subite de pisser, l’idée fixe de prohiber certaines relations sexuelles. Inévitablement, cela repose sur le réel. A un déplaisir de nature x, on a donné une cause et par conséquent fixé une conduite pour que ce déplaisir ne se reproduise pas.

                Quant à l’impératif catégorique : au début il y a l’erreur mais ce n’est pas grave, n’en parlons plus.

                Et je ne crois pas me tromper en émettant l’idée que ce genre d’acrobate se réclame de l’intelligence.


              • Sozenz 26 septembre 23:42

                @kalachnikov
                ma phrase
                ce que nous avons en plus sur les animaux c est la conscience ou la possibilité de la conscience

                la votre .
                j’ignorais que les animaux avaient une sorte de conscience de l’espèce.

                euh ...

                je pense que vous avez mal lu ...m enfin , pas grave . ce que je dis sera oublié dans peu de temps.


              • kalachnikov kalachnikov 26 septembre 23:47

                @ Sozenz

                Donc, s’ils n’ont pas une conscience de l’espèce, ils ne sont pas altruistes. Donc, ils sont forcément égoïstes. Si le mot vous déplait, disons plutôt ’enfermés par la nature dans une logique individuelle’


              • Taverne Taverne 27 septembre 09:09

                @kalachnikov

                Les animaux sont souvent bien plus respectueux de leurs semblables que nous le sommes envers les nôtres. « Égoïsme » vient de « ego » et l’ego est humain. L’ego est sans limites dans ses ravages alors que l’animal a ses limites.


              • kalachnikov kalachnikov 27 septembre 13:19

                @ Taverne

                Le terme était mal choisi ; je voulais signifier non altruiste. comme tu le sais, Nietzsche a toute une poésie là-dessus, ’le troupeau’, ’l’animal de troupeau’. Car, en effet, la morale, ne se conçoit que dans un cadre grégaire (ou social). elle n’a théoriquement pas de sens si l’individu est seul.


              • UnLorrain 25 septembre 22:07

                J’crois qu’y a un mec qui a dit « qui se connait connait aussi les autres car chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition »

                D’un vieux mec,Chilon si mes dendrides divergent pas.


                • kalachnikov kalachnikov 26 septembre 22:58

                  @ UnLorrain

                  Cela est et Nietzsche vouait une passion à Montaigne.


                • Taverne Taverne 27 septembre 11:23

                  @kalachnikov

                  Ce soir sur Arte passe une émission sur Nietzsche : sa folie et aussi comment on a fait de lui un précurseur de l’idéologie après sa mort. Alors que ses écrits sont clairs :

                  Ecce homo (« POURQUOI J’ÉCRIS DE SI BONS LIVRES - 1 ») - « Le mot « Surhumain », par exemple, qui désigne un type de perfection absolue, en opposition avec l’homme « moderne », l’homme « bon », avec les chrétiens et d’autres nihilistes, lorsqu’il se trouve dans la bouche d’un Zarathoustra, le destructeur de la morale, prend un sens qui donne beaucoup à réfléchir. Presque partout, en toute innocence, on lui a donné une signification qui le met en contradiction absolue avec les valeurs qui ont été affirmées par le personnage de Zarathoustra, je veux dire qu’on en a fait le type « idéaliste » d’une espèce supérieure d’hommes, à moitié « saint », à moitié « génie »..... D’autres bêtes à cornes savantes, à cause de ce mot, m’ont suspecté de darwinisme ; on a même voulu y retrouver le « culte des héros » de ce grand faux monnayeur inconscient qu’était Carlyle, ce culte que j’ai si malicieusement rejeté. »

                  Il écrit aussi ailleurs : « le darwinisme et sa doctrine incompréhensiblement boiteuse de la »lutte pour la vie"


                • kalachnikov kalachnikov 27 septembre 13:35

                  @ Taverne

                  Merci de me le dire mais je n’ai pas la téloche. Quelqu’un mettra peut-être ça en ligne.

                  Il y a un aphorisme, dans Crépuscule des idoles, dont le titre est ’anti-Darwin’. L’idéal nietzschéen, c’est le Philosophe, mais au sens où lui l’entendait. L’aérnaute de l’esprit ,comme il dit dans Aurore. quelque part, il écrit que le degré le plus élevé de laVolonté de puissance se trouve chez le philosophe mais intellectualisé. Sublimé, dirait un freudien.

                  Concernant son rapport au nazisme, Nietzsche trouva un père de substitution chez un certain Wagner, compositeur de son état mais aussi théoricien qui écrivit entre autres un joli torchon qui s’intitule ’du judaïsme en musique’. Pour Wagner, le Juif ne peut faire de musique, il n’a pas d’âme en quelque sorte. Ce genre de livres a contribué à alimenter l’idée que le Juif était une sorte de sous-homme, parasite, etc. Non seulement Nietzsche avait de la fraternité pour Spinoza mais en plus, pour enquiquiner Wagner, il disait apprécier en musique Mendelsshon. Il a cette phrase quelque part, dans le cas Wagner peut-être : ’Depuis que j’étais rentré en Allemagne, Wagner condescendait à tout ce que je méprise, y compris l’antisémitisme’. Concernant le rapport de Nietzsche aux Juifs, une dénommée Sarah Kofmann a écrit un livre qui s’intitule ’le mépris des Juifs’. (c’est un titre ironique ; Nietzsche ne méprise personne mais il n’a pas d’idolâtrie pour autant).

                  La propre soeur de Nietzsche a joué un mauvais rôle à ce propos. Elle s’est mariée avec un agitateur pré nazi, un dénommé Förster je crois, et partit avec lui au Paraguay fonder une colonie aryenne (comme quoi, quand on examine ce genre de fait, Wagner, etc, on voit bien que Hitler n’est pas survenu par hasard) . Nietzsche se refusait à serrer la main de ce type, tellement il le méprisait. Plus tard, cette soeur collecta des morceaux choisis de Nietzsche qu’elle rassembla sous le titre ’la Volonté de puissance’ et ce livre fut distribué parmi les nazis (cf. le film de Riefenstahl ’der Wille zu macht’). Elle alla même jusqu’à offrir la canne de son frère à Adolf lui—même.


                • Ratatouille Ratatouille 25 septembre 23:36

                   dualité , bien, mal ,des personnes réfléchissent.moi non ,mais d’autre oui ,mais moi non ,

                  https://www.youtube.com/watch?v=bwtcWCenBq4&t=95s


                  • Taverne Taverne 26 septembre 09:45

                    @Ratatouille

                    Dès que vous commencez à réfléchir, il y a dualité. Vous dédoublez votre Moi par la réflexivité : une partie de votre Moi s’adresse à l’autre partie et lui dit « tu as mal agi ». La dualité du bien et du mal est en vous !



                    • Armelle Armelle 26 septembre 09:52

                      @Taverne bonjour,
                      "Je soutiens en effet, contre Bergson, que ce n’est pas le rire qui est le propre de l’homme mais le mensonge. Le rire n’est que le résultat du choix de l’Homme de se prendre au sérieux (de créer des valeurs). Ce qui fait que, quand ce sérieux est soumis à une trop forte brutalité du réel, le ridicule se crée et déclenche le rire« 

                      ça me parle, ...comme un sentiment de »déjà vu" ici même dans certains échanges...

                      Votre texte m’a rappelé celui-ci ;
                      https://www.dialogus2.org/EIN/toutcequetuasdit.html


                      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 26 septembre 09:57

                        Le livre de KABALEB : le tarot de l’Arbre Séphirotique décrit la différence entre le BIEN ET LE MAL. Le mal est TOUJOURS du côté de l’ignorance et le bien : l’inverse.


                        • Armelle Armelle 26 septembre 10:25

                          @Mélusine7
                          ça me plaît bien comme interprétation, et pourrait même être complémentaire à cette autre vision qui supposerait que l’un se révèle par l’absence de l’autre et vice versa.
                          L’obscurité n’existe pas, c’est peut être juste l’absence de lumière

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