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Accueil du site > Tribune Libre > La ville se meurt...

La ville se meurt...

 

...La ville est (presque) morte.
            On achève bien les centres-villes.
   Une ville peut se dépeupler, lentement ou rapidemet pour plusieurs raisons.
    Le cas de Détroit après la crise de 2008 et l'effondrement de l'industrie automobile en est un exemple récent.

  Mais ce qui pose problème aujourd'hui, de manière plus générale, c'est la perte de substance des centres des villes moyennes, depuis une vingtaine d'années, du fait de la disparition ou de l'exode massif des commerces de proximité au profit des espaces commerciaux extérieurs, qui drainent la clientèle là où "on trouve tout" facilement, de l'alimentation aux loisirs en passant par le bricolage et la restauration....et même ce à quoi on n'aurait pas pensé.
    No parking, no business. Le slogan américain a été suivi un peu partout, sans résistance des consommateurs.
  Il suffit de voir ce qu'est devenue une ville de 10 à 20.000 habitants : un quasi-désert. Des agences bancaires, immobilières, des coiffeurs, quelques services... Une activité réduite à une peau de chagrin. Des soirées assez sinistres, des week-end tristes. Des centres urbains désertés, sans vie.
    La surproduction de surfaces de vente en périphérie a créé les conditions de ce déclin, qui renforce une régression des relations de voisinage, de la vie associative, de la vie tout court. Parfois même le boulanger ou le boucher s'est exilé. Comme s'en plaint par exemple le maire de Perpignan : 
« ... La situation est catastrophique : sur les trois dernières années, 300 000 m2 de superficies commerciales ont vu le jour et 100 000 m2 sont déjà prévus pour la suite. Une multiplication des centres commerciaux aux effets dévastateurs : un quart des commerces du centre-ville ont déjà fermés. Cette concurrence exacerbée a des incidences directes sur l’emploi, avec une baisse de 10% des salariés, et fragilise la viabilité des commerces restant avec une baisse d’un tiers de leur chiffre d’affaires ».
Selon le parlementaire, une « spirale infernale » se met alors en place : la fréquentation du centre-ville diminuant, les commerces baissent en qualité, la ville perd en attractivité, « notamment auprès des classes moyennes et supérieures qui préfèrent partir emménager en périphérie », amplifiant d’autant plus la paupérisation du centre-ville.....
  L’étude PROCOS précise : « le nombre de commerces en cœur de ville reflue depuis 12 ans, il a diminué en moyenne de 3,7 %. Alors que dans le même temps, le parc des surfaces commerciales français a doublé, passant de 70 millions à près de 140 millions de mètres carrés »
     Les centres-villes sont donc en péril, ainsi que les villages environnants, mais on ne s'attaque pas aux causes principales. La proximité recule :

    Face à la disparition du commerce de proximité partout en France, et jusque dans des villes de taille conséquente comme Le Havre ou Saint-Etienne, le gouvernement s’apprête à annoncer une série de mesures. Mais pas question, bien entendu, d’instaurer un moratoire sur l’implantation de grandes surfaces en périphérie. Au nom de la liberté, Bercy s’y oppose. C’est la même comédie depuis la loi Royer de 1973. Régulièrement, les responsables politiques feignent de découvrir le problème et prennent quelques décisions pour masquer, en la matière, leur soumission au libéralisme sans limites. On ne voit pas de quelle liberté il s’agit quand une poignée de centrales d’achat imposent leur loi. L’Allemagne, l’Italie, la Suisse réglementent leur urbanisme commercial. Y vit-on moins libre qu’en France  ? (Xavier de Jarcy)
    Il est devenu urgent de changer de modèle :
  le dispositif d’autorisation préalable délivrée par les CDAC est notoirement peu efficace et, malgré ses remaniements successifs, n’a jamais permis de réguler la prolifération anarchique des zones commerciales dans les périphéries des villes.
   Et la question n'est pas seulement esthétique (la laideur des entrées de villes), elle est aussi immobilière et micro/macro-politique.
   Les promoteurs et les grands groupes de distribution ont gagné, avec la complicité d'élus locaux à courte vue et/ou intéressés électoralement, au nom d'une modernité naïvement proclamée.
  Il est bien tard pour revenir en arrière et toutes les incantations comme tous les colloques restent purement verbaux.


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63 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 19 décembre 2017 13:26

    Bonjour, Zen

    Je ne comprends pas sur quels éléments objectifs, un lecteur du site a pu donner une seule étoile à cet article qui acte une triste réalité ressentie sur tout le territoire. Dans la plupart des villes petites et moyennes, l’on fait le même constat, et c’est une calamité.

    J’avais d’ailleurs consacré en mars 2011 un article à cette question : L’agonie commerciale des quartiers centraux dans les petites villes : l’exemple de Parthenay.

    Depuis, la situation n’a fait qu’empirer. Il n’y a que dans les villes touristiques et les grandes métropoles que les centres-villes tirent leur épingle du jeu. Des grandes enseignes l’ont d’ailleurs compris qui se relocalisent en moyennes surfaces dans les quartiers centraux.

    Ailleurs, c’est un désastre, et en l’absence du moratoire attendu, cela continuera de s’amplifier, malheureusement !


    • Robert Lavigue Robert Lavigue 19 décembre 2017 13:50

      @Fergus

      Je ne comprends pas sur quels éléments objectifs, un lecteur du site a pu donner une seule étoile à cet article

      Probablement que l’éventuel lecteur n’avait pas connaissance de votre contribution indispensable au débat ! Mais est-ce seulement possible ?

      Peut-être que l’éventuel lecteur avait en mémoire cet article du New York Times. ? Du travail de pro sur le terrain ! Bien qu’ils omettent de vous citer. Nul n’est parfait.

      Peut-être que l’éventuel lecteur connaissait l’existence de ce blog. Du travail de pro. Autre chose que de vagues ressentis.

      Peut-être que l’éventuel lecteur ne voit pas le rapport entre une mégapole comme Détroit et les villes moyennes françaises, ni ce qui permet à un folliculaire mitoyen d’ignorer la différence entre l’urbanisme américain et celui des villes françaises.

      Peut-être que l’éventuel lecteur se lasse de billets qui se contentent d’aligner les lieux communs et quelques copier/coller aléatoires, dont le seul intérêt est d’être partagés dans l’entre-soi des comparses.

      PS : Ce ne sont que des hypothèses. J’ai autre chose à faire que de mettre des étoiles !


    • Fergus Fergus 19 décembre 2017 13:54

      Re-bonjour, Robert Lavigue

      « Peut-être que l’éventuel lecteur se lasse de billets qui se contentent d’aligner les lieux communs »

      Par chance, les auteurs desdits billets peuvent compter sur quelques visiteurs masochistes pour augmenter leur lectorat ! smiley


    • Fergus Fergus 19 décembre 2017 13:57

      Cela dit, je vous concède bien volontiers que le cas de Detroit, ville industrielle, est très différent de celui de nos petites villes impactées par les implantations de grandes surfaces.


    • ZEN ZEN 19 décembre 2017 14:12

      @Robert Lavigue


      Tout le monde n’a pas la perfection d’un professionnel donneur de leçon patenté comme vous, sur ce site comme sur Médisons...
      Si ce billet n’atteint pas les hauteurs espérés par votre hauteur, évitez de vous y attarder et ne gaspillez pas votre temps si précieux.
      J’ ai pour habitude de ne pas cacher mes sources, celles que je juge pertinentes, mais de les suggérer et de m’en inspirer sélectivement. C’est ma faiblesse. D’autres ont un savoir inné.
      Personnellement, j’ai appris quelque chose en faisant ce petit billet, en tant que citoyen de base, même si c’est bien incomplet, comme le remarque Foufouille....
      Mais nul n’est parfait... smiley

    • ZEN ZEN 19 décembre 2017 14:16

      @Fergus
      Bonjour

      Evidemment. J’aurais pu éviter celle allusion introductive...qui s’inscrit dans un contexte : ...pour diverses raisons, mais ;..etc...
      Mais il ne faut pas lire trop vite.

    • Robert Lavigue Robert Lavigue 19 décembre 2017 14:24

      @ZEN

      Fergus a donné son imprimatur à votre contribution. C’est bien l’essentiel.

      Pour ce qui est de la pertinence des sources, je remarque que vous ne manquez jamais de vous linker  !
      C’est aussi à ça que l’on reconnait les grands journalistes mitoyens...


    • Christ Roi Christ Roi 19 décembre 2017 14:44

      L’auteur se plaint d’une situation urbaine dont il apprécie et soutient les causes politiques.


      « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.  » Jacques-Bénigne Bossuet

    • ZEN ZEN 19 décembre 2017 16:55

      @Robert Lavigue
      Comme dit un écrivain célèbre : puisque vous le dites...

      Ou bien : on n’est jamais si bien servi que par soi-même... smiley

    • ZEN ZEN 19 décembre 2017 16:58

      @Christ Roi
      L’auteur se plaint d’une situation urbaine dont il apprécie et soutient les causes politiques.

       ??? Expliquez-moi.

    • mmbbb 19 décembre 2017 19:56

      @ZEN ce sont les bo bo qui ont fait mourir les centres villes La speculation immobiliere , la cherete des loyers a stratifié les couches sociales Le bas peuple ne peut plus aller en ville et va faire les courses dans les grandes surfaces . Il y a desormais une uniformisation des centres villes ou les magasins franchisés se retrouvent dans tous les centres villes . A Lyon il y des magasins Bio vendant des pommes 3.5 à euros le kg de pommes. Je ne pense pas que ces prix soit attractif De surcroit vos gentils maires font du racket avec le stationnement Donc je ne vais rarement en centre ville .


    • velosolex velosolex 20 décembre 2017 01:15

      @Fergus
      Lieux communs ?...Lapsus. ?  

      Précisément, c’est ce qu’il nous manque. Hormis les lieux communs sous leur aspect le plus trivial, les pissotières, tout a disparu dans certaines communes. Les derniers les plus lucratifs, restant les pharmacie et les opticiens ; C’est à croire que ce pays de malades cherchent à voir le mieux possible le vide qui lui est proposé. 

    • velosolex velosolex 20 décembre 2017 01:51

      @ZEN
      Le problème auquel vous risquez de vous trouver confronté, dans ce beau billet, est l’incompréhension de certains, n’ayant pas les mêmes repères, la mémoire des faits inhérents à une époque. 

      J’ai parfois été confronté à ce décalage, comme une marche qui se dérobe et qu’on a pas vu, et l’on est surpris...Les valeurs que vous avez ne sont plus celles de ceux qui vous entourent....
      De moins en moins de gens ont une vision claire du monde d’avant, ne serait ce que de l’avant internet...Comment pouvait on faire ?....C’est glaçant, cela sent la mort. Les valeurs d’échange et de compréhension tissées par 2000 ans de culture semblent disparaître ou muter étrangement....Sans doute vit on ce que nos grands parents on vécu, mais de façon encore plus redoutables. Car si eux furent confrontés à la disparition des chevaux, du travail paysan, ils s’en accommodèrent par le fait d’un confort amélioré. Mais le lien social de proximité, et la présence d’un état donnant du sens et des limites à l’appétit des prédateurs par des mécanisme tels que celui de la frontière, garantirent pendant longtemps une continuité. Le progrès avançait sous son jour le plus accommodant. Depuis 40 dirons nous je pense que ce n’est plus le cas. Il y a eut cette trahison des élites au libéralisme. Ils nous vendent sur la marché au renard libre. 

    • Ar zen Ar zen 20 décembre 2017 08:01

      @Robert Lavigue


      Puisque vous faîtes référence à du travail de « ’pro », je vous invite à regarder la conférence de Christian Jacquiau. Tout, tout, tout, vous saurez tout sur la « grande distribution » et comment celle-ci est parvenue à vider les centres villes de leurs petits commerces, et à agrémenter les abords de ces agglomérations de beautés architecturales à nulles autres pareilles. 




    • foufouille foufouille 19 décembre 2017 13:40

       " La surproduction de surfaces de vente en périphérie a créé les conditions de ce déclin, qui renforce une régression des relations de voisinage, de la vie associative, de la vie tout court. Parfois même le boulanger ou le boucher s’est exilé. Comme s’en plaint par exemple le maire de Perpignan : "

      rien à voir évidement avec le prix de vente du foncier ou le loyer, les prix des petits commerces bien plus cher, des salaires qui n’augmentent pas, etc.
       


      • Trelawney Trelawney 19 décembre 2017 17:51

        @foufouille
        Mais puisque l’on vous dit que c’est la faute aux grandes surfaces non de non !


      • foufouille foufouille 19 décembre 2017 18:04

        @Trelawney
        j’ajoute que j’en ai dans mon quartier mais que j’achète juste de temps en temps pour dépanner ou pour cause de fatigue.


      • Marc Filterman Marc Filterman 20 décembre 2017 12:59

        @Trelawney
        « puisque l’on vous dit que c’est la faute aux grandes surfaces non de non ! »
        Non, c’est la faute d’élus corrompus qui font la chasse au pots de vin.
        Comment on appelle un rond point dans le Morbihan, un backchich ! (ou un PdV)

        A Ploemeur nous avons 2 moyennes surfaces côte à côte, et ce n’est pas pour autant que les prix ont baissé, qui se sont installées sous la mairie socialiste à l’époque.
        A Lorient, le maire socialiste, à supprimé le parking Jule Ferry, beaucoup n’y vont plus, résultat, 12% des commerces ont fermé. Ah oui, mais il y a des parking soutarrain payant, mais personne n’y va. Certains pas contre se sont bien rempli les poches. Quant à Nayel ou tout le monde devait aller, encore une grosse erreur, ils ont été contraints de le revendre au chinois plus d’un milliard, mais là aussi les intermédiaires ont du se remplir les poches.
        Et ne parlons pas du Mont Saint Michel, et là aussi les commerçants ne sont pas contents, c’est le bordel depuis que le maire a sous-taité les parkings et navettes au groupe Vinci. En voilà un qui aux prochaines élections va avoir des surprises


      • Trelawney Trelawney 21 décembre 2017 09:23

        @Marc Filterman
        C’est automatique : lorsque vous voyez la construction d’une grande surface, il y a forcément un politique qui a touché un pot de vin.

        Les grands spécialistes du rapport ambigu entre les grandes surfaces et le politique sont en grande majorité les partis de gauche (PCF PS en tête). Allez faire un tour sur toutes les villes de gauche et vous constaterez que c’est là qu’il y a le plus de grandes surfaces.
        Mais la droite n’est pas en reste non plus

        Pour le Mont saint Michel et depuis que le nouveau parking est mis en place parce qu’un certain Mitterrand voulait que le Mont Saint Michel soit une île, alors qu’il ne l’a jamais été et qu’au moyen age les pèlerins traversaient à pied sec, Allez voir ce qu’il se passe au château de Chenonceau (château privé). A Chenonceau ils ont organisé les parkage des bus avec tellement d’intelligence que tous les tours opérateurs européen ont changé de destination et ont supprimé la destination Mont Saint Michel (état) au profit de Chenonceau (privé)

      • Diogène diogène 19 décembre 2017 14:20

        Cet article est un diagnostic juste, mais sans prescription, puisqu’il conclut : «  Il est bien tard pour revenir en arrière et toutes les incantations comme tous les colloques restent purement verbaux. » ce qui est juste également.


        Devant un phénomène de mutation sociologique aussi massif et généralisé, il est désarmant, quand on tient un gite rural, d’entendre les visiteurs demander quel jour est le marché ou l’adresse d’un petit restaurant de spécialités locales. Ces nostalgiques des années 50 doivent vivre sur la lune pour ne pas avoir constater que la campagne fait partie du pays dans lequel il vivent où les paysans qui venaient vendre leurs œufs ou leurs fromages non pasteurisés au marché ont disparu à pat=rt quelques diplodocus et que les restaurants non étoilés ne sont plus que des terminaux d’assemblage de produits semi élaborés fournis par l’industrie agro-alimentaire.

        La soupe aux choux, c’est fini. La Denrée ne viendra pas dans sa soucoupe volante et le Glaude ne sera pas enfermé dans un écomusée grillagé. 

        • si nick 20 décembre 2017 09:56

          @diogène
          Le problème est la grande hypocrisie des politiques, des élus.

          Il ont un discours pour le commerce de proximité, pour le dynamisme des centre ville...
          Mais excluent les voitures de ces centre villes, rendent l’accès et le stationnement difficile.
          Mais signent l’implantation des hyper marché
          Mais ont largement soutenu un monde de compétitivité, de laisser faire, ou l’e-commerce est maitre.

          Ce qui à causé la perte de nos usines touche aujourd’hui le commerce.
          Seul change le discours des « responsables » .
          Ils demandaient aux ouvriers de s’adapter : ils font mine de compatir au sort des commerces.
          Parfois sincèrement.
          Pas tant qu’ils soient sensible au sort de ces derniers mais « leur » ville ressemble à un no man’s land. Aussi moche et délabré que la périphérie.
           Ce à quoi ils sont habitués et résignés pour les « quartiers populaires » arrive à proximité de « leur » hotel de ville : insupportable. 


        • Mmarvinbear Mmarvinbear 19 décembre 2017 14:45

          L’ouverture des zones commerciales n’est qu’indirectement responsable de la fermeture des commerces de centre-ville.


          Le premier problème que les commerçants doivent affronter est l’inadéquation de leurs locaux, ainsi que la modification radicale des besoins de la population.

          Les commerces occupent en général le rez-de-chaussée d’un immeuble, ce qui limite dès le départ la surface disponible à moins d’investir l’étage du dessus.

          Ces magasins étaient conçus pour la vente de produits peu nombreux en terme de références différentes, ou alors il s’agissait de produits de petite taille ou faciles à ranger, comme des rouleaux de tissus.

          Mais maintenant, plus personne ou presque ne fait ses propres vêtements. Marchands de tissus, merceries et laineries ont disparu et leurs locaux, disponibles, ne sont pas faits pour accueillir des vendeurs de frigo, tout comme le plus souvent les rues adjacentes ne sont pas faites pour les moyens de livraisons actuels.

          Ces espaces sont donc voués à rester vide ou à devenir des locaux de services.

          Il y a aussi les cas des immeubles qui interdisent certains commerces dans leurs règlements internes pour des raisons sanitaires ou de confort des habitants qui n’ont pas envie par exemple d’entendre le boulanger travailler à 3 heures du matin sous eux.

          La désertification des commerces est aussi un contre-coup des modifications plus profondes de l’économie : des dizaines de milliers de bars et de restaurants ont fermé depuis les années 50 à cause de la mécanisation massive de l’agriculture. Quand on n’a plus besoin que de trois ouvriers au lieu de trente par ferme, un petit village ne peut plus faire vivre 5 bars et 4 restos comme avant. Il en restera au total un ou deux mais guère plus, et le reste ira nourrir les friches commerciales.

          Comment remédier à cela ?

          Ce n’est pas facile. Cela suppose de lourds investissements pour rénover et agrandir les locaux commerciaux, avec les difficultés techniques et légales que cela engendre.

          On peut aussi forcer les propriétaires à recycler leurs locaux abandonnés. Rien n’est pire pour une rue que de voir perdurer un magasin fermé pendant des décennies ou la façade affiche toujours son ancien numéro de téléphone à 6 ou 7 chiffres !

          Soit ils en font des habitations, soit ils en font des locaux associatifs, ce qui permet de refaire circuler de la population dans le quartier.

          Mais là on se heurte souvent à des règlementations municipales ou l’hostilité des riverains qui ne « veulent pas de cela chez eux ».

          Rien n’est simple...

          • Fergus Fergus 19 décembre 2017 16:56

            Bonjour, Mmarvinbear

            « L’ouverture des zones commerciales n’est qu’indirectement responsable de la fermeture des commerces de centre-ville »

            Même si le reste de votre commentaire pose des questions pertinentes, je pense que l’ouverture des centres commerciaux reste la cause principale du déclin rapide des centres-villes.

            Dans le cas de Parthenay, que j’ai abordé dans un article en lien plus haut, il n’a pas fallu plus de 18 mois pour que la presque totalité des commerce du centre disparaissent. Un phénomène qui s’est produit à l’identique dans de nombreuses petites villes


          • foufouille foufouille 19 décembre 2017 17:18

            @Fergus
            le boulanger qui ne vent pas de la bannette pourri hors de prix ne ferme pas.

            il faut aussi regarder le prix de vente du fond de commerce, les prix du petit commerce.

            tout le monde n’a pas les moyens de payer 12€ le kilo de steacks hachés .............
            sauf en se serrant la ceinture.


          • Mmarvinbear Mmarvinbear 19 décembre 2017 19:57

            @Fergus

            Normal, en terme de surface, le centre-ville ne fait pas le poids.

            Prenez un vendeur de vélo en centre-ville.

            Dans un 30 mètres carrés, il pourra aligner une cinquantaine de références avec un petit coin pour les pièces détachées et les accessoires.

            Son concurrent, en périphérie qui a 200 mètres carrés de surface, peut aligner des centaines de modèles, un atelier de réparation et des rayons entier de pièces détachées et d’accessoires.

            Le magasin de centre-ville, il n’a pas une chance contre cela.

          • Fergus Fergus 19 décembre 2017 22:38

            @ Mmarvinbear

            Le transfert vers la périphérie d’un commerce de vélos n’a guère d’importance car on n’achète pas un vélo tous les jours ni même toutes les semaines. Ce qui est plus problématique est la disparition du centre-ville des commerces alimentaires de proximité. C’est notamment pénalisant pour les personnes âgées, de plus en plus nombreuses, qui ne conduisent pas ou n’ont pas de voiture.


          • velosolex velosolex 20 décembre 2017 01:11

            @Mmarvinbear
            Vos arguments ne me semblant pas très pertinents...J’ai le souvenir des magasins de cycle de mon enfance, leurs vélos en exposition, et comment nous restions collés à la vitrine, gamins, sur le chemin de l’école....Tout cela a disparu, du commerce au gamin allant en bandes à l’école d’ailleurs....Mais on ne dira jamais assez combien ces vitrines, et ses centres villes foisonnant ont pu faire pour construire l’imaginaire des gamins. ...Et c’est bien triste de dire que cela date d’une époque que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaitre.......Outre la vitrine, les magasins avaient autant en boutique que dans l’arrière boutique un stock extraordinaire. Les quincailliers et les droguistes m’épataient particulièrement, tant leur stock coïncidait avec une connaissance encyclopédique du matériel....Nous avons maintenant l’exact opposition avec des grandes enseignes marchant à l’épate. Tout dans la vitrine, rien en stock....Mais je vous parle des magasins et je pourrais vous parler autant des hommes, tout en esbroufe.....


          • velosolex velosolex 20 décembre 2017 02:05

            @Fergus
            No problemo..

            .Il suffit de suivre la courbe des changements prodigieux, sans complexes, la modernité incarnée, ayant servi à tailler des croupières à tout ce qui nous semblait éternel, solide, pour penser que le problème des personnes âgées sera réglé, en terme d’ajustement nécessaire. 
            Bref, s’en débarrasser....Les japonais ont déjà délocalisé leurs vieux dans des pays à fort potentiel de développement, comme on dit en euphémisme. Ca serait la solution soft. La moins cool, serait l’aide à une euthanasie assistée. ..Bien sûr sous les meilleures intentions du monde. Celui de l ’assistance bien sûr....Rien à voir avec les nazis.
            Scénario de science fiction ???...On a bien achevé les chevaux, les paysans, les terres, ou ce qu’il en reste.
            Il y a vingt ans, viviane Forester écrivait l’horreur économique. Ce fut une révélation pour certains. Il y eut des débats.... Et puis on s’habitue au pire. 

          • goc goc 20 décembre 2017 06:03

            @Mmarvinbear
            Bonjour Mmarvinbear

            Des solutions, il en existe. On a même Des exemples de réussite.

            Votre constate sur les causes de cette désertification, est exact mais incomplet. Vous avez oublié aussi un autre problème qui chasse le client des centres villes, c’est le problème du parking. Ce problème avait, en son temps, été soi-disant réglé par des maires à courte vue, qui avaient décidé de rendre payant toutes les places de parking en centre ville, et ce sans avoir crée de nouveaux parking (gratuits).

            alors quelle solution ?

            Prenons un exemple assez connu de centre ville qui ne dépéri pas, c’est ... Monaco (on est prié de ne pas rire, et de réfléchir). Pourquoi cette ville arrive à garder son commerce (y compris de proximité ainsi que son marché) c’est parce qu’en face de chaque pole commercial, il y a un parking dimensionné en conséquence, et gratuit la première heure. Même le marché qui se tient à la place d’arme, possède son parking avec accès facilité et direct pour les handicapés et les ptites vieilles. Et s’il y a un Carrefour dans un centre commercial, il est juste à coté du centre ville (au pied du rocher) et aussi avec un grand parking, ce qui fait qu’il attire non seulement les résidents et les travailleurs monégasques, mais aussi les habitants des autres communes (un centre ville qui attire les autres villes).

            Alors je vais plus loin. Je me dis que peut-être voila un projet porteur qui servirait de locomotive économique à notre pays, à savoir, tel le baron Haussmann au XIXème siècle, on pourrait reconstruire les centres villes, abattre les vielles maisons, élargir les rues et reconstruire des habitations modernes aux normes écologiques, y compris des logements sociaux (ne serait-ce que pour reloger les anciens habitants), possédant leurs parking en sous-sol et leurs esplanades en surface, avec boutiques et zones de vie. Je vous conseille la visite des nouvelles zones autour de l’ancienne gare de Monaco avec leurs logements de 2/3 étages et leurs ascenseurs pour voir ce qu’on peut faire aujourd’hui en la matière.
            en plus un centre ville vivant attire les entreprises, donc cela permettrait d’une part, de faire baisser la tension sur l’immobilier de centre ville, et d’autre part, d’alléger les coûts des transports.

            Voila c’est une simple idée à creuser, qui a le mérite d’être déjà « expérimentée », et qui permettrait de stopper l’hémorragie, et surtout d’arrêter la folie des « cages à lapins » horizontales dénommées lotissements, repoussant le dit centre ville à plusieurs dizaines de minutes des nouveaux logements.


          • Ar zen Ar zen 20 décembre 2017 08:09

            @Mmarvinbear

            Je vous invite à visionner la conférence de Christian Jacquiau. Il est possible que votre opinion se modifie après avoir compris le fonctionnement de la grande distribution. 


          • Fergus Fergus 20 décembre 2017 09:14

            Bonjour, goc

            Il ne faut pas non plus exagérer l’importance des parkings. Dans le cas de Parthenay que j’évoquais dans mon article, les places de parkings ne manquaient pas, loin de là, en centre-ville ou a proximité immédiate (quelques centaines de mètres). Qui plus est, de nombreuses villes ont instauré depuis des années une franchise d’une demi-heure ou d’une heure sur les stationnements de centre-ville, précisément pour faciliter l’accès aux commerces.


          • Mmarvinbear Mmarvinbear 20 décembre 2017 12:04

            @velosolex

            Reconstruire et reconfigurer les centre-villes, ce serait une solution, oui.

            Mais vous pouvez compter sur les habitants, les défenseurs du patrimoine et les contestataires de tous poils pour hurler, manifester et encombrer les tribunaux de recours en cascade pour que cela ne se fasse pas.

            « Deux choses sont infinies. L’univers et la connerie humaine. Et pour l’univers j’ai des doutes. »

          • Spartacus Spartacus 19 décembre 2017 15:14

            Le tueur des commerce de centre ville est le parcomètre et le parking...

            Les taxes foncières...
            Le socialisme qui a stigmatisé le petit artisan commerçant comme un beauf ringard..
            La sécurité sociale du commerçant qui les ont achevés a cotiser en l’absence de revenus au trimestre...
            Les charges sociales du SMIC qui impose de payer des salaires plus élevés que a rentabilité des employés de petits commerces.
            Le fait que les commerçants soient une minorité, face a une majorité de salariés ou fonctionnaires.

            Détroit est morte de la municipalité qui par ses taxes a incité les constructeurs à aller ailleurs...

            C’est en économie la « tyrannie des choix public » décrite par le Nobel James Bucanan...

            Préférer taxer pour le court terme et se faire réélire, offrir des cadeaux aux associations ou groupes d’influence et ignorer que cela entraîne la fuite de ceux qui payent...

            • Diogène diogène 19 décembre 2017 17:36

              @Spartacus

              En 1971, la rue du Gros Horloge à Rouen est devenue la première rue « piétonne » France. Les commerçants riverains ont constitué une association de défense contre cette décision et quand ils ont constaté l’évolution de leur chiffre d’affaires, l’organisation s’est transformée en association de défense de la voie piétonne.


              Deux morales à l’histoire :

              - les convictions des petits commerçants sont dans leurs portefeuilles

              - d’autres rues et d’autres villes ont cru qu’il suffisait de supprimer les voitures pour faire des affaires. C’est comme croire qu’une puce devient sourde quand on lui coupe les pattes puisqu’elle ne saute plus quand on lui dit : « saute ».

            • Mmarvinbear Mmarvinbear 19 décembre 2017 20:01

              @Spartacus
              Détroit est morte de la municipalité qui par ses taxes a incité les constructeurs à aller ailleurs...


              Ce ne sont pas les taxes municipales ou fédérales qui ont poussé Ford, GM ou Chrysler à quitter la ville.

              Mais quand un ouvrier mexicain formé est rémunéré 2 dollars de l’heure contre 15 aux USA, les fabricants n’ont pas résisté une minute à la tentation.

            • Ar zen Ar zen 20 décembre 2017 08:11

              @Spartacus

              Pas bien certain que vous ayez compris le fonctionnement de la grande distribution et de ses nombreux bienfaits. 

              Une séance de rattrapage. 


            • si nick 20 décembre 2017 10:05

              @Spartacus
              "Le tueur des commerce de centre ville est le parcomètre et le parking... Les taxes foncières...
              Le socialisme "

              Curieux raisonnement
              En bon libéral vous demandez que des intérêts privés (les commerçants) bénéficient gratuitement de l’espace public (les places de stationnement)...en dénonçant le socialisme  !

              Une fois de plus votre dogmatisme crasse empêche la moindre logique...


            • Spartacus Spartacus 20 décembre 2017 21:36

              @diogène 


              « les convictions des petits commerçants sont dans leurs portefeuilles »

              Bel exemple qui précise et confirme ce que j’ai écrit juste au dessus :
              « Le socialisme qui a stigmatisé le petit artisan commerçant comme un beauf ringard.. »

              Aujourd’hui encore caricaturer et mépriser le petit commerçant est dans l’esprit des intellos de gauche.

            • bob14 bob14 19 décembre 2017 15:22

              La france est le pays en europe ou il y a le plus de grandes surfaces ?
              Alors heureux...


              • si nick 20 décembre 2017 10:12

                @bob14
                Oui.
                Que les poujadistes qui ont massivement érigé la mondialisation, le libéralisme, la compétitivité au rang de religion en payent les conséquences est finalement un juste retour des choses !
                Est-ce gravissime que les centres villes soient presque aussi moche que les périphéries, que les friches industrielles ? En quoi ce qui serait tolérable pour certains deviendrait intolérable pour d’autres ?

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