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Accueil du site > Tribune Libre > Le langage imagé des coureurs cyclistes

Le langage imagé des coureurs cyclistes

Dans tous les métiers il existe un jargon professionnel, et la course cycliste ne fait pas exception à la règle. Le langage imagé de ceux que Maurice Génin avait, en 1906, surnommé « les forçats de la route »* est particulièrement savoureux. Pour s’en convaincre, voici, en cette période de Tour de France, un petit florilège haut en couleurs...

Photo maxppp (La Voix du Nord) {JPEG}

Lorsqu’il est au départ d’une épreuve cycliste, le coureur de renom n’a qu’un objectif : « avoir la bise » (d’une accorte hôtesse) à l’arrivée, si possible après avoir « fumé la pipe » (roulé sans effort), autrement dit avoir eu « la chaussette légère », voire « la socquette en titane », durant la course. Une aisance qui peut également se traduire en montagne par « monter sur une seule jambe ». En plat, l’idéal pour « avoir le bouquet » est évidemment de « poser une mine » décisive pour éviter de « gagner à l’emballage », le sprint étant toujours aléatoire pour les non-spécialistes.

Cela dit, il n’est pas toujours facile de « poser une mèche » (placer un démarrage) dans le peloton quand on « porte une pancarte » de favori signalé. Et même les champions n’ont pas toujours un état de forme qui leur permet de « chatouiller les pédales » (rouler facilement) et d’« en mettre un coup sur la meule » (attaquer sèchement) pour « enrhumer les adversaires », rapport au coup de vent induit par la vitesse du fuyard.

En course, le mieux est d’« en garder sous la pédale » (se ménager) pour pouvoir, au moment choisi, « emmener la braquasse » (rouler sur un grand braquet) et « faire parler la classe » afin de « faire le ménage » dans le peloton. Au besoin, le toubib de l’équipe est là pour, discrètement, « saler la soupe » (user de produits interdits) avant la course afin de pouvoir « pédaler dans l’huile » sans crainte de « passer par la fenêtre » au moment crucial. On dit alors d’un coureur dopé qu’il est « une chaudière », à l’image de Lance Armstrong pour toute son œuvre, ou bien encore de Richard Virenque qui, lors de l’affaire Festina en 1998, l’avait été « à l’insu de [s]on plein gré » pour reprendre la boutade des Guignols de l’Info (lien) !

Peu de risques pour un leader d’avoir les jambes molles au point de « scier du bois », de « rouler en croustille », de « rouler sur la jante », ou bien encore de « pédaler avec les oreilles » comme un coureur épuisé qui dodeline de la tête. Tel est plutôt le sort des équipiers les plus modestes qui, dans la bagarre, participent au « concours de grimaces », les plus éprouvés étant réduits à « faire de l’huile » (comme une mécanique en mauvais état), à « compter les pavés » (tant leur vitesse est lente) en queue de peloton, voire à « rester collé au goudron ».

Il faut en outre compter avec la malchance, bref subir les sorts jetés par la « la sorcière aux dents vertes », pourvoyeuse de crevaisons et autres incidents de course inopportuns, ou être assommé par « l’homme au marteau » lors de l’ascension de l’un des redoutables « juges de paix » (les cols mythiques). Le coureur maladroit peut également « aller brouter la luzerne » en sortant de la route pour cause de gravillons ou de mauvaise « lecture de la trajectoire ». « Descendre en patapon », autrement dit d’une manière mal assurée, est à cet égard très risqué, de même que « descendre à tombeau ouvert » un col de montagne. Cela dit, « rouler dans le jardin », c’est-à-dire mordre sur le bas-côté peut également réserver de mauvaises surprises.

Qui dit cyclisme dit, comme dans toutes les activités humaines, pratiques interdites (outre le dopage). Ainsi un sprinteur peut « avoir de la laine sous les ongles » lorsqu’il tire le maillot d’un adversaire pour le ralentir et se lancer lui-même. « Être dans le coffre », autrement dit profiter de l’abri et de l’aspiration d’un véhicule, est également interdit, de même, a fortiori, que « becqueter de l’aile », le coude appuyé plus que nécessaire sur la voiture d’un directeur sportif ou d’un soigneur.

D’autres pratiques ne sont pas interdites, mais à juste titre réprouvées. « Courir en rat », « faire de la patinette », ou bien encore « sucer les roues » consistent à laisser les adversaires faire les efforts pour mieux les « flinguer ». Pas élégant, c’est le moins que l’on puisse dire !

On peut encore citer « arroser les fleurs » (pisser sur le bas-côté), « prendre le bon wagon » (s’intégrer dans la bonne échappée) et, a contrario, « prendre l’autobus », autrement dit se placer dans un groupe de battus pour éviter les délais d’élimination en montagne. « Être dans la mafia » consiste à s’entendre entre équipiers rivaux pour neutraliser un adversaire commun. Un coureur peut encore « rouler en chasse patates », isolé entre le peloton et un groupe d’échappés qu’il ne parvient pas à rejoindre, ou bien « se refaire la cerise » après un passage à vide. Enfin, un coureur à l’attaque peut avoir... « la selle dans le trou du cul » (une position avancée sur le bec de selle) !

Il existe bien d’autres expressions, dont certaines plus techniques, et par conséquent moins accessibles au public. De plus, les temps changent, et de même que la langue commune, le langage du vélo est évolutif : des expressions nouvelles apparaissent, d’autres ne sont plus que rarement utilisées, certaines sont même complètement tombées en désuétude. Mais toutes ces expressions ont incontestablement leur charme et contribuent, pour notre plus grand plaisir, à alimenter légende des cycles !

* Cette expression a été faussement attribuée à Albert Londres en 1924. Contrairement à ce qui est souvent affirmé, il ne l’a jamais utilisée.

JPEG - 1.3 Mo
Dessin de Pellos

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54 réactions à cet article    


  • arioul arioul 26 juillet 08:07

    Bonjour mon Révérend : Alors on fait dans la pédale aujourd’hui , vous avez raison , y a que çà de vrai . Je suis sur que Mr Macron n’ayant pas pu se rendre sur le Tour ,il apprécierait votre article , surtout « la selle dans le trou du cul ».


    • Fergus Fergus 26 juillet 09:20

      Bonjour, arioul

      Je me fiche de ce que Macron apprécie ou pas.

      On peut néanmoins observer qu’il apprécie beaucoup les médias lorsqu’ils lui servent de marchepied et lui servent la soupe, et qu’il les vilipende lorsqu’ils mettent le doigt sur son inconséquence relativement au cow-boy Benalla, et sur les dissimulations qu’il a orchestrées pour étouffer l’affaire.

      C’est tout à la fois amusant et consternant !


    • bob14 bob14 26 juillet 08:50

      bof..dopés et suceurs de roues..y a pas...Branquignols ?


      • Fergus Fergus 26 juillet 09:11

        Bonjour, bob14

        « dopés et suceurs de roues..y a pas »

         ???


      • bob14 bob14 26 juillet 09:23

        @Fergus...Si avant chaque injection... smiley


      • Fergus Fergus 26 juillet 09:41

        @ bob14

        Les injections d’EPO, cela semble dépassé, les coureurs utilisent désormais le plus souvent des patches et des gels de testostérone pour augmenter leur masse musculaire et leur résistance à la douleur dans l’effort.

        Le problème du dopage - qui n’a évidemment pas été éradiqué des pelotons - est que les officines au service des groupes sportifs ont toujours un temps d’avance sur la réglementation et les protocoles de recherche des labos de dépistage.


      • ZEN ZEN 26 juillet 09:04

        Avec la canicule qui règne ici, je n’ai plus de jus...


        • Fergus Fergus 26 juillet 09:15

          Bonjour, ZEN

          « Plus de jus », c’est le cas de beaucoup de Français.

          Même en Bretagne où l’on attend 33° aujourd’hui en Île-et-Vilaine. Personnellement, j’étais hier à Paris, et cette chaleur (33° également) était très pénible. Je plains sincèrement les Parisiens qui vont devoir supporter cet après-midi 36 à 37°.


        • arioul arioul 26 juillet 10:25

          @ZEN
          Bien que sur votre fil vous ayez décidez de partir sous d’autres cieux ne perdez pas le moral , il y aura toujours des imbéciles comme moi à mettre en boite. Haut les cœurs , la démission n’est pas une option favorable.


        • velosolex velosolex 26 juillet 11:37

           La dernière partie à mon avis est la plus intéressante, car elle touche à l’évolution de la langue et des pratiques, le langage cycliste faisant l’objet de tant d’articles que l’on peut trouver en tapant jargon + cycliste

          Les expressions et jargon du cyclisme - Top Vélo
           Les expressions souvent datés comme « tricoter des jambes », « le nez dans le guidon » datent d’une époque non encore aseptisée, ou chaque coureur avait son style particulier, reconnaissable entre tous. Que dire de ce défilé de robots identiques, boostés par les pratiques maisons, à grosse technologie ajoutée. Ne me parlez pas des forçats de la route, déjà dopés. Ces gens là étaient des amateurs, se dopant souvent de façon contre productive. Il en est du vélo comme de tout. Il git maintenant dans un bocal de formol, avec des commissaires de course ressemblant à des croque-morts. 
          Jadis, c’était un objet parfait, demandant peu d’entretien, et entretenant la santé, jusqu’au moment où on la démolit de perversions ajoutées. Les coureurs du tour ont lutté un moment contre les freins à disques, terriblement dangereux. Mais les marques leur imposent, car l’objet du champion est acheté ensuite par les pappys friqués exigeant le même vélo « qui gagne »forcément amélioré....De même le changement de vitesse électronique, exigeant pile et technologie que le mécano du coin ne pourra pas réparer....Poulidor avait gagné ses premières courses sur le vélo de sa mère....Nous perdons la naïveté. Où sont les magasins de cycles d’antan avec les enfants envieux collés le nez à la vitrine ?


          • Fergus Fergus 26 juillet 11:54

            Bonjour, velosolex

            Je suis évidemment d’accord avec tout ce que vous avez écrit, moi qui ai été un grand admirateur des coureurs cyclistes dans les années 50 à 80. Un temps où l’on voyait de vraies bagarres en montagne, parfois lancées sur plusieurs cols et non réduites à une confrontation de favoris dans les derniers hectomètres de la dernière difficulté. Entre le blocage de la course par l’équipe favorite et le dopage, pas étonnant que les gens se détournent de ce sport.

            Il m’arrive encore, de temps à autre, de regarder des classiques, telles Paris-Roubaix, le Tour des Frandres et Liège-Bastogne-Liège, ou bien des étapes de montagne du Tour, mais nettement plus pour les paysages où j’ai crapahuté que pour le déroulement de la course, très largement soumise au rouleau compresseur de la formation dominante, autrement dit la plus friquée, celle qui a pu s’assurer les services de puissants équipiers.

            Pour ce qui est de l’allure, celui qui m’a le plus marqué a été Pollentier, totalement atypique.

            Merci pour lien.


          • velosolex velosolex 26 juillet 14:03

            @Fergus
            Quelques mesures simples et impossibles à envisager résoudraient le problème. Il est consternant de s’apercevoir avant de les évoquer que des simples mesures de bon sens, sur une épreuve sportive sont impossbiles à mettre en place. Que tout se bloque même pour une cause si secondaire est effrayante, car cela inaugure rien de bon pour ce qui est primordiale, la survie de l’humanité, et des mesures qui devraient être prises. Parlons par exemple de l’interdiction des pesticides, ce lent suicide qui semble n’effrayer personne, sur fond d’extinction du vivant, des vers de terre aux oiseaux, et à l’’explosion des tics, qui n’ont plus de prédateurs....

            Bon, nous parlions vélo, galéjades. Voilà mes propositions
            -Retour aux équipes nationales, limitées à sept coureurs maximum
            - Suppression des écouteurs, de la moitié des voitures suiveuses
            -Vélo et matériel fourni par l’organisation du tour, ainsi que le suivi médical
            - Courir certaines étapes au pignon fixe.... ;Ou pourquoi pas en VTT sur des chemins
            Liste non exhaustive, mais qui aurait pour mérite de rétablir frisson et sensation, et humanité...Ainsi le public reviendrait en nombre sur 

          • Aristide Aristide 26 juillet 14:31

            @Fergus


             moi qui ai été un grand admirateur des coureurs cyclistes dans les années 50 à 80. Un temps où l’on voyait de vraies bagarres en montagne, parfois lancées sur plusieurs cols et non réduites à une confrontation de favoris dans les derniers hectomètres de la dernière difficulté. Entre le blocage de la course par l’équipe favorite et le dopage, pas étonnant que les gens se détournent de ce sport.

            Vous semblez oublier deux phénomènes assez évidents du cyclisme depuis bien avant 1960 :

            - la course par équipe a toujours été de même nature qu’aujourd’hui, les Anquetil, puis Mercx, Hinault, et bien d’autres ont toujours bénéficié d’équipiers les plus efficaces. Même si SKY utilise cette stratégie à un niveau assez étonnant, cela existait bien avant ...

            - le dopage n’est pas l’apanage des années 1980 à nos jours. La différence ? Surement un public moins informé malgré des pratiques généralisées, qui ne se souvient de la mort de Tom Simpson, vacillant dans le Ventoux, emphétamines et autres substances, ... plus le soleil. Anquetil et autres champions alignant exploit sur exploit, ....

            La nostalgie embellit bien des choses, un tour de France avec des coureurs qui carburaient à l’eau minérale, des attaques incessantes, ... C’est vrai qu’en ce temps, la télévision ne retransmettait que les derniers kilomètres. La retransmission intégrale des étapes, assez agréable pour la sieste, rend le spectacle moins attractif. Mais bon, comment se plaindre du dopage de demander de « vraies bagarres ». 

          • velosolex velosolex 26 juillet 17:03

            @Aristide

            Désolé de vous apporter la contradiction, mais non, l’arrivée de l’EPO a fait office de bombe atomique dans le peloton, cela potentialisé par l’arrivée de grands groupes, dont Tapie, le manager de la « vie claire » sera l’initiateur. des sortes de parrains très riches qui ont totalement changé la nature du cyclisme. Deux liens utiles, pour parler de l’évolution. Alors oui, si auparavant on ne pouvait pas changer un mulet en cheval de course, maintenant on le peut. Les sprinter devenus grimpeurs hors pairs sont en effet quelque chose d’inédit.   On a retrouvé… Gilles Delion - Le Monde
            Ne parlons pas de l’arrivée des technologies, études en soufflerie, oreillettes, moteur électrique, puçage faut il dire des cyclistes. Avant 80, c’est encore du bricolage. Bien sûr les amphétamines la cortisone sont dans le peloton, tout comme le fameux ’pot belge’, qui envoie parfois des cyclistes dans le fossé. L’alcool même est utilisée par certains, c’est dire l’empirisme....Le film « le vélo de ghislain lambert » quoique caricatural est un bon témoignage sur l’époque. Si le pot belge booste les coureurs, c’est de l’ordre de 5 pour cent, avec l’EPo on passera à 25%, voir plus, mais tous les coureurs ne le supportent pas, ce qui contredit la banalisation de certains disant que si tous se dopent, le résultat est le même. D’ailleurs, non, tous ne se dopent pas. 10 à 15% des coureurs maximum. Maintenant nous nous enfonçons dans la nuit des docteurs Mabuse, qui tue chaque année un cycliste ou deux, au moins. Les équipes ont une grande part de responsabilité dans le suivi de jeunes coureurs influençables....Pour avoir été coureur moi même, quoique au niveau amateur, j’ai grand respect pour les coureurs du tour, tous des athlètes de très haut niveau. Contrairement à d’autres sports, la qualité spécifique initiale est primordiale....Comme dans tant d’autres sports, à force de chasser le hasard, on chasse l’intérêt, et la possibilité de s’identifier aux sportifs. ...Le peuple n’est pas dupe, et les sifflements sur l’équipe sky, tristes défilé de robots interchangeables, qui pourraient sans doute prendre les trois premières places du tour s’ils le voulaient sont révélateurs de la situation. Sans coté épique le sport n’est plus rien

          • Fergus Fergus 26 juillet 17:31

            Bonjour, Aristide

            Je partage totalement les observations de velosolex, tant sur le dopage que sur l’organisation des équipes. Et je suis bien entendu complètement d’accord avec sa conclusion « Sans coté épique le sport n’est plus rien ».


          • Fergus Fergus 26 juillet 17:38

            @ velosolex

            Pour ce qui est des propositions évoquées ci-dessus, je suis d’accord. J’en ai moi-même faite une à la direction du Tour lorsque sont apparues les roues lenticulaires et les casques profilés lors des contre-la-montre : obliger tous les coureurs à courir la totalité de l’épreuve avec le même type de matériel.

            Seul point de désaccord : les équipes nationales, par trop désavantageuses pour les petites nations de vélo et sources de conflits entre favoris de même nationalité.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 juillet 18:01

            @Fergus

            Bonjour. Suis pour la suppression des contre la montre , tant individuels que par équipes. Inintéressants au possible.


          • Fergus Fergus 26 juillet 18:06

            @ Aita Pea Pea

            Je trouve moi aussi ces exercices peu intéressants, et par trop avantageux pour les grosses formations. Cela dit un CLM d’une trentaine de kilomètres sur terrain accidenté pourrait être attractif.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 juillet 18:26

            @Fergus

            Les CLM sont trop casse pipe ...le tour c’est de l’endurance pas de la formule 1 sur circuit. Samedi l’organisation l’a promis pour les punchers ...on verra. Sinon Quintana nous a fait un beau numéro hier ...mérité.


          • velosolex velosolex 26 juillet 19:31

            @Aita Pea Pea
            Les ex équipes régionales pourraient renaître avec intéret. En Bretagne, comme dans le limousin, tout à fait possible de faire des équipes de sept coureurs plus qu’ honorables. L’équipe nationale existe bien en foot, avec le succès qu’on connait. Les egos trop forts se marginalisent bien plus que dans les équipes sponsorisés, où règne un culture maison et un leadership. .On se souvient de l’année 1967, ou Poulidor, après une chute occasionnée par un motard se mit au service de Roger Pingeon, ......Bien loin de fermer la porte aux petites nations qui n’ont pas d’équipes sponsorisés, les équipes nationales permettraient au contraire une représentation.


          • velosolex velosolex 26 juillet 19:35

            @Aita Pea Pea
            Reste que la représentation de Froome n’a pas étonné vraiment certains...Il faut faire gagner le soldat Thomas, Froome étant trop sulfureux. Il a à mon avis volontairement décroché, pour donner une image humaine un tant soi peu à cette équipe. Mais Pools s’il le voulait qui s’est éclipsé lui aussi comme d’habitude après le dernier relai qui a fait laché prisé à l’immense majorité des coureurs, avait le potentiel...pour arriver avec les vainqueurs.....Mais l’image des quatre sky en tête au début du dernier col avait en lui quelque chose de si improbable, que même jalabert en était géné....


          • Fergus Fergus 26 juillet 19:40

            @ velosolex

            Pas d’accord ! Avec des équipes nationales, Roche (Irlande), Riis (Danemark), Ulrich (Allemagne), Scleck (Luxembourg), Evans (Australie), et sans doute Lemond (Etats-Unis) n’auraient jamais gagné le Tour ! 


          • Fergus Fergus 26 juillet 19:51

            Et puis qui dit « équipes nationales » dit au mieux « chauvinisme » et au pire « nationalisme ».

            Quant à la référence au football, elle démontre précisément que de grands noms de ce sport n’ont aucune chance de gagner une Coupe du Monde, ni même une Coupe continentale, du fait de leur nationalité pénalisante en regard de leur immense talent.

            C’est notamment le cas de joueurs comme le Gallois Bale et les meilleurs africains et asiatiques.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 juillet 19:51

            @velosolex Je me pose la question de comment virer la Sky ...comme auparavant l’US Postal ou Festina .Si le public français en a marre, le public international je sais pas . L’UCI n’est pas claire là dessus...et c’est un euphémisme.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 juillet 20:08

            @Fergus

            Compliqué de faire émerger les divers talents. Néanmoins le tour de France a un tel impact sur le cyclisme mondial que je trouve bizarre que la fédé nationale s’écrase face à l’UCI .


          • velosolex velosolex 26 juillet 23:15

            @Fergus
            La différence avec le foot comme vous ne l’ignorez pas, c’est que le vélo est un sport individuel, pratiqué au sein d’une équipe. La dynamique d’équipe n’a rien à voir avec le foot. La montagne permet l’émergence de champions d’exceptions et le rôle de l’équipe est relativement marginale....Warren Barguil cette année n’ a pas pu suivre, quelque soit le rôle des équipiers dévoués, tout autant que Bardet, préférant sans doute tous deux se taire plutôt qu’être ostracisés.... Lemond, aurait gagné le tour, car il avait de la classe, et les coureurs américains étaient de valeur, d’ailleurs... Même dans le sprint, spécialité qui a besoin de lanceurs, les gros calibres parviennent à s’imposer sans aide, comme Sagan. C’est en tout cas la montagne et les contre la montre qui font la différence,...Les équipes comme l’us postal hier, ou la sky, est là juste pour laminer la concurrence, et assurer précisément ce train d’enfer qui lamine les énergies avant les cols. une sorte d’autobus roulant à un train démentiel. 

            C’est ce qu’il faut justement liquider. Les Froome et consort seraient déstabilisés par une succession d’attaques, possibles par la non suprématie d’un leadership mortifère. . C’est ce qu’il faut de nouveau faciliter. Les pures grimpeurs auraient de nouveau leur chance et feraient des différences. Quand au nationalisme, ce n’est pas le vélo qui l’a inventé, et le chauvinisme n’a pas besoin d’un maillot bleu blanc rouge pour sortir le bout de son nez. Bien inoffensif quand il s’agit d’encourager un coureur. L’esprit libéral et cynique qui entoure les pratiques de corruption autour de ce sport m’inquiète bien plus qu’un gamin qui encourage son champion. Il faut savoir en tout cas ce que l’on veut, continuer ces tours qui ressemblent à des enterrements de première, et qui provoque d’ailleurs haine et mépris, ou trouver des solutions audacieuses. 

          • velosolex velosolex 26 juillet 23:24

            @Aita Pea Pea
            L’uci est le copie collé de l’ufea et des instances pourries qui s’arrangent avec les princes et les puissances d’argent. Froome n’aurait jamais du prendre le départ, mais l’argent et les avocats l’ont imposé et descridité un sport qui n’en avait pas besoin. 

            En dehors de cela voilà longtemps que bien des mécanismes que j’ai évoqué ont enrayé la magie. Il faut un certain âge pour apprécier ce qui se passait avant, et qui était encore une aventure intéressant les gamins, amenant à des excès et ds bataillés homériques...Il arrivait qu’un tour soit ennuyeux, mais pas dix de suite. La seule chose qui peut changer la donne, c’est la désaffection. A voir les routes du tour, de moins en moins garnies, on n’en est pas loin. 
            L’espoir viendrait il de la gendarmerie nationale.... ?
            Tour de France : À vélo, Chris Froome est plaqué par un gendarme qui ...

          • velosolex velosolex 26 juillet 23:37

            @Aita Pea Pea


            J’ai cru un moment que c’était Benalla qui faisait encore des siennes...
            VIDEO - “Fuck you” : Chris Froome plaqué au sol par un gendarme ...


          • Fergus Fergus 26 juillet 23:47

            @ velosolex

            Je suis très loin d’être convaincu par les équipes nationales, et de toute façon cela ne reviendra pas.

            Mais le fait est qu’il faudrait redynamiser la course en mettant fin à la suprématie de formations comme la Sky.

            Supprimer les CLM et augmenter les bonifications des étapes de montagne apporterait déjà des pistes intéressantes car cela contribuerait à redistribuer les cartes, par exemple en redonnant leur chance à des coureurs comme Quintana.


          • Aristide Aristide 27 juillet 12:29

            @velosolex
            Le film « le vélo de ghislain lambert » quoique caricatural est un bon témoignage sur l’époque. Si le pot belge booste les coureurs, c’est de l’ordre de 5 pour cent, avec l’EPo on passera à 25%, voir plus, mais tous les coureurs ne le supportent pas, ...


            Je comparai amphétamine et EPO, qui ont des résultats identiques de ce que vous dites, c’est là :

            Comparaison entre Anquetil qui ne se cachait pas et EPO : 
            « Cette évaluation effectuée sur une épreuve chronométrée italienne, le Grand Prix de Forli, avait donné – en l’absence de Bomba (dynamite) – une détérioration de la vitesse moyenne de 2,5 km à l’heure sur un parcours de quatre-vingt-sept kilomètres, soit 5,7 % de débours. A titre de comparaison, signalons que Jean-Marie Leblanc, patron du Tour de 1989 à 2006, évaluait à trois kilomètres/heure le gain de vitesse moyenne procuré par l’ÉPO. »

            Donc des résultats très proches, autour de 6%, soit 3 km/h de moyenne ce qui est déjà énorme(*), Le 25 % !!! Allons, une source plus fiable que le film belge ....

            (*) Sur une course de 4h, 12 km dans la vue pour des coureurs de qualité identique !!!!



          • velosolex velosolex 27 juillet 13:35

            @Aristide
            Je préférerais ne pas avoir comme vous sans doute à développer ce thème assez abject de la performance douteuse, centrifugée à mon avis, et pas seulement au mien, par l’EPO, à des sommets stratosphériques. 

            Les liens ne manquent pas pour montrer et rappeler ce que fut cette révolution mortifère, de l’athlétisme au cyclisme, où les tocards tout à coup dépassèrent les champions. 
            Jalabert, sprinter exclusif devint grimpeur hors pair, tout comme Amstrong dont il n’est pas besoin de parler....Les effets psychologiques liés à ces drogues entraînent parfois mégalomanie et pétage de plomb, pour ne pas parler de morts inexpliquées. 
            « Face à ces vrais professionnels du dopage, on ne peut rien faire »
             Des seconds couteaux qui se font prendre et paient la note pour ceux qui sont intouchables et utilisent d’autres produits, comme l’aicar, un toxique notable. Mais l’EPO est toujours utilisé, sous de nouvelles formes, à très petites doses, indécelables aux contrôles. Ne parlons pas des auto transfusions...Les accidents dus à des thromboses ont défrayés un moment la chronique
            Je ne me battrais pas sur les chiffres, les pourcentages, mais de l’avis des coureurs comme Hamilton, Landis, ou Hervé, qui ont utilisé l’EPO, son effet est tellement remarquable et étonnant qu’il est très difficile de s’en passer ensuite. D’ou addiction dégénérant sur la vie privée, comme le cas Pantani.

          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 27 juillet 13:45

            @velosolex

            Bonjour. Il y a eu un bon papier sur Avox il y a quelques jours, sur l’EPO.


          • gueule de bois 26 juillet 11:53
            Excellente compilation, c’est savoureux !


            • Fergus Fergus 26 juillet 11:55

              Bonjour, gueule de bois

              Merci à vous !


            • cevennevive cevennevive 26 juillet 12:06

              Salut Fergus et tous !


              Juste pour sourire : ma mère (aujourd’hui partie pour un autre monde) appelait les photocopies des « Fausto Coppi »... J’avais beau la reprendre, à chaque fois qu’elle avait un document à photocopier, elle me disait : "Tiens, fais-moi une fausto coppi.

              Il faut dire que dans la jeunesse de mes parents, ce coureur avait marqué les esprits.

              Pour ma génération, c’est plutôt Anquetil ou le gentil Poulidor.

              Fergus, il fait bien chaud sur les pentes du Lozère...


              • Fergus Fergus 26 juillet 12:57

                Bonjour, cevennevive

                Coppi a effectivement fortement marqué les esprits. Amusante, cette anecdote sur les photocopies. smiley

                J’ai toujours été un fan de Poulidor (un paysan comme les membres de ma famille) contre Anquetil.

                « il fait bien chaud sur les pentes du Lozère »

                Et sans doute encore plus dans les vallées. je me souviens de jours de fournaise à Florac ou au Pont-de-Montvert.


              • damocles damocles 26 juillet 14:34

                @Fergus


                 Bonjour Fergus

                Bravo pour cet article et toutes ces expressions qui fleurent bon la poesie populaire

                La rivalité Anquetil-Poulidor avait divisé la France « sportive » en deux clans irréductibles !

                J’etais « anquetiliste » admirateur du style parfait et inimitable de maître Jacques

                Rivaux et même ennemis pendant leur carriere ,ils s’ etaient reconciliés à leur retraite sportive

                Poulidor raconte que lors d’une visite à Anquetil hospitalisé pour un cancer qui devait l’emporter, ce dernier, se sachant condamné , lui a dit :

                     « Tu vois Raymond , tu vas encore faire deuxième ! »

                ….la classe …..




              • Gasty Gasty 26 juillet 15:29

                @cevennevive

                « Pour ma génération, c’est plutôt Anquetil ou le gentil Poulidor. »

                Pourquoi gentil ? Parce qu’il est bon second ?


              • cevennevive cevennevive 26 juillet 15:45

                @Gasty, Bonjour,


                Il est effectivement gentil (lisez mon commentaire plus bas). Il n’a pas « la grosse tête » du tout.

                Mais le fait qu’il soit un éternel second lui a peut-être donné une modestie chaleureuse et amicale envers ses semblables ?
                 


              • Fergus Fergus 26 juillet 17:42

                Bonjour, damocles

                Merci pour votre commentaire.

                Comme je l’ai indiqué à cevennevive, j’étais pour ma part résolument « poulidorien ». J’ai d’ailleurs toujours eu un faible pour les coureurs issus de la terre, à l’image d’Agostinho.

                Cela dit, Anquetil était effectivement capable de gestes de grande classe.

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