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Accueil du site > Tribune Libre > Les Balkans peuvent-ils échapper aux recommandations de Houellebecq (...)

Les Balkans peuvent-ils échapper aux recommandations de Houellebecq ?

A La Haye, le tribunal a jugé les actes de Ratko Mladić. Dont acte. Après cela, quelle garantie reste-t-il qu’un nouveau Srébrénica ne se reproduira pas puisque la cause subsiste et notamment en Bosnie et Herzégovine ?

Qu’en est-il de la cause ?

Comme toujours, les germes du drame s’éparpillent au gré des événements qui jalonnent l’histoire du territoire où se mêlent cultures donc religions, envahisseurs, guerres et massacres qui imprègnent la mémoire des peuples.

Quelques repères révèlent les causes et les origines de la déflagration.

En 1203, la Hongrie marque les Balkans de son empreinte catholique en imposant à différents courants religieux (principalement cathare), « la conversion ou la mort » reprenant à son compte la « loi du fer de Dieu » - le baptême ou la mort - imposée aux Saxons en 775 par Charlemagne.

Le catholicisme s’établit et ne sera supplanté que partiellement par l’islam des ottomans, l’instabilité religieuse s’installe.

Les musulmans utiliseront d’autres stratagèmes au milieu du XVe s. en Bosnie–Herzégovine, comme ailleurs. Les pratiques ottomanes (paiement du haraç, impôt supporté par les non musulmans et le devşirme, enlèvement organisé des enfants chrétiens destinés à devenir mercenaires notamment) se heurtèrent à la résistance des catholiques et orthodoxes qui représentent encore la moitié de la population quand ils se révoltent après quatre siècles d’occupation, en 1831 (Bosnie) et 1875 (Herzégovine). Les bachi-bouzouks, mercenaires musulmans massacrent alors les révoltés. S’ensuit, une guerre Russie et Autriche-Hongrie contre les ottomans, la Yougoslavie et ses événements...

En février 1992, un référendum d'autodétermination de la Bosnie est organisé. Seuls les Croates et les musulmans votent. Les serbes de Bosnie qui représentent un tiers de la population ne reconnaissent pas le résultat. Karadzić, Président de la République des Serbes de Bosnie et Herzégovine auto-proclamée, déclare alors « une guerre inter-ethnique et religieuse est inévitable ».

Le décor est planté, on connaît la suite mais peut-être pas la fin.

L’indélébile mémoire des antagonistes leur rappelle leur histoire dont les ressentis demeurent, ils nourrissent l’adversité et exacerbent les différences communautaires. En l’occurrence, l’envahisseur turc a marqué les Balkans et jusqu’à Vienne au XVIIe s. La conversion forcée des populations soumises, moins radicale que celles de l’empereur romain THÉODOSE Ier LE GRAND, qui impose en 380 le christianisme comme religion officielle de l'Empire, de Charlemagne ou de la Reconquista espagnole, laissera les ferments de la révolte à venir chez les non convertis.

Après des siècles, leurs héritiers éduqués des stigmates du passé se réveillent. A Srebrenica, Mladic parlera d’une « revanche contre les Turcs ». A Trebinje, petite ville dans le sud de la Bosnie-Herzégovine en 1992 ; les nationalistes serbes éradiquent toute trace du long passé ottoman de la région. Etc.

Pourquoi ces phénomènes de « mémoire collective » devraient-il disparaitre ici alors qu’ailleurs le « devoir de mémoire » s’impose ?

Alors comment prévenir ces désastres ? Qu’elle est la situation aujourd’hui ?

Après l’éclatement de la Yougoslavie en 2001, la Bosnie-Herzégovine décrète une « nation Serbe » au sein de la Fédération croato-musulmane qui devient dès lors la « Fédération de Bosnie et Herzégovine ».

L’enchevêtrement des territoires des cultures et des religions (50% musulmans, 45% orthodoxes et catholiques, 5% juifs et autres) ne pouvait pas garantir pour longtemps la stabilité de cette fédération.

Le statuquo actuel laisse émerger des signes avant-coureurs inquiétants qui se multiplient.

(**) Les églises bosniaques, croates et slovènes s’inquiètent des vieilles crispations qui demeurent. « L’Accord de paix de Dayton a mis fin au sang versé, mais il n’a généré ni justice ni équité pour l’ensemble des citoyens … il existe un conflit politique constant entre les sujets nationaux et les politiques qui rend l’État de la Bosnie-Herzégovine toujours plus instable et sans perspectives », écrivent dans un message les présidents des commissions Justice et paix de Slovénie, de Croatie et de Bosnie-Herzégovine.

Ils dénoncent « les privations des droits des citoyens et des peuples en Bosnie-Herzégovine, ainsi que l'organisation anti-démocratique, irrationnelle et dysfonctionnelle de cet état multi-ethnique né à Dayton ». Ils sont, en particulier, inquiets pour « la situation dramatique du peuple croate qui reste encore à 45% privé de ses terres, et à plus de 90% dans la dite "République de Serbie" ».

Ils demandent « pour tous les réfugiés et les déplacés (que) soient créés les conditions pour un retour sûr et soutenable », une réforme constitutionnelle qui irait dans le sens « du fédéralisme, d’une décentralisation, d’une subsidiarité, et de la représentation légitime des peuples constitutifs et des minorités nationales ». (*)

Les serbes de leur côté qui reconnaissent sept communautés religieuses, privilégient l’Église orthodoxe et mènent la vie dure aux musulmans, en mai juste avant le ramadan, une mosquée en construction à Zemun est détruite par les autorités de la ville. En 45 ans pas un seul édifice religieux musulman n’a été construit. Le premier ministre, Aleksandar Vucic, s’est déclaré « très inquiet pour l’avenir des Balkans » si Serbes et Bosniaques se montrent incapables de vivre ensemble en Bosnie-Herzégovine.

Miljenko Jergović, écrivain croate de Bosnie, met en garde contre un nouveau conflit et invite l’Union européenne à se réengager. S’agissant des liens entre la Bosnie-Herzégovine et la Turquie « Erdogan lui-même rappelle souvent que le père d’Izetbegovic… a déclaré sur son lit de mort qu’il plaçait la Bosnie-Herzégovine sous la tutelle de la Turquie. (***) Se rappeler l’ingérence turque à Chypre lorsqu’il s’est agi de « protéger » les musulmans et la partition de l’île qui s’en suivit, permet d’envisager la menace qui pèse sur le règlement Bosniaque.

Les exemples des tensions persistantes sont nombreux, leurs caractères ethniques et religieux manifestes mériteraient d’anticiper les événements qui couvent.

La partition de la Fédération de Bosnie et Herzégovine, sur une base ethnique et religieuse, est une nécessité urgente que son peuple fracturé et meurtri doit espérer. Cette fédération multiculturelle née après les ravages de la guerre et constituée de ses belligérants, développe inexorablement ses particularismes divergents sur fond de corruption. Le temps n’efface pas les cicatrices, les déchirements ethniques rémanents font craindre l’implosion d’une Fédération sans domination communautaire. Ce multiculturalisme dont les composantes se neutralisent illustre l’échec des décisions supranationales appliquées à des communautés qui se juxtaposent sans jamais s’intégrer. Leurs cultures s’appuient sur des histoires et des religions différentes, en l’occurrence, aucune n’est capable de s’imposer. L’intégration en matière culturelle dépend de la volonté des individus ou de la force qui les contraint.

Est-ce pour éviter cela que Houelllebecq préconise une religion d’Etat, c’est-à-dire dominante ? Cette idée semble à priori inconcevable dans une Europe qui a envisagé puis abandonné l’idée de mentionner ses origines chrétiennes dans ses textes fondateurs. Suggère-t-il, sans remettre en cause l’égalité des religions d’une façon générale, que leur déploiement égalitaire dans une société est une utopie, quelles que soient les sociétés ?

Cette même Europe a vanté un temps le multiculturalisme et s’est retournée en 2010 pour en faire le constat d’échec. (https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-multiculturalisme-est-il-une-187579). Le Conseil de l’Europe a alors envisagé timidement l’interculturalisme que Gérard Bouchard (Université de Québec) précise « L'interculturalisme reconnaît le statut de la majorité culturelle… » 

(https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/apres-l-echec-du-multiculturalisme-187608)

Les points de vue de Bouchard et de Houellebecq sont de la même veine.

La création d’Israël repose sur ce même principe aussi ; laisser une communauté de croyants se développer sur un territoire sous l’égide de sa religion d’Etat à l’écart de ceux qui s’y opposent. Que deviendrait Israël si des instances internationales décidaient la création d’une fédération à composantes juives et musulmanes à égalité de droits comme en Bosnie et Herzégovine ?

Les trois communautés de Bosnie et Herzégovine ont certainement la même espérance d’une séparation maîtrisée pour éviter une nouvelle guerre civile et s’épanouir.

Si les Balkans révèlent encore cette nécessité, y aurait-il alors une condescendance européenne à considérer que ces maux ne l’atteindront pas ?

 

 (*) https://www.la-croix.com/Monde/Europe/En-Bosnie-Herzegovine-tension-monte-avant-referendum-conteste-2016-09-22-1200790957

(**)http://fr.radiovaticana.va/news/2017/05/10/leglise_sinqui%C3%A8te_de_linstabilit%C3%A9_de_la_bosnie-herz%C3%A9govine/1311287

(***)http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/07/01/l-europe-va-t-elle-perdre-les-balkans_5154313_3232.html


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21 réactions à cet article    


  • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 27 novembre 2017 11:00

    "La partition de la Fédération de Bosnie et Herzégovine, sur une base ethnique et religieuse, est une nécessité urgente que son peuple fracturé et meurtri doit espérer."

    Et qu’en est-il chez nous ?


    • mmbbb 27 novembre 2017 20:12

      @Gilles Mérivac les petits copains de BHL les dirigeants de UCK du Kosovo se seraient rendus aussi coupable de crime contre l humanite Une commission d enquête européenne a révélé ces criles Mais il ne me semble pas qu un dirigeant n ait ete arrête et déferré devant le TPI . Desoramais le KOSOVO est devenu une base arrière d islamiste BHL est fort peu loquace comme sur la Lybie Quant a nous, il faut patienter encore un peu 25 ans ? 50 ans au plus le temps de remplacements des generations L immigration parachèvera l oeuvre 


    • Jelena Jelena 27 novembre 2017 20:53

      @mmbbb >> les petits copains de BHL les dirigeants de UCK du Kosovo
       
      Vous ne croyez pas si bien dire... Avant la guerre du Kosovo, Hashim Thaci et ses lieutenants ont passé quelques jours sur Paris, ils avaient discuté avec BHL, Kouchner et autres « intellectuels » du CRIF... Suite à cette guerre Hashim Thaci avait obtenu la nationalité française.
       
      Sur cette photo, celui au crane rasé, c’est un albanais, il était recherché par Interpol pour « crimes, tortures et viols ». Il fut arrêté en Colombie mais à la demande de Kouchner, il fut extradé en France et remis en liberté.


    • mmbbb 27 novembre 2017 21:00

      @Jelena merci je ne connaissais pas cette photo avec notre cher humaniste Kouchner


    • L'apostilleur L’apostilleur 29 novembre 2017 10:49

      @Gilles Mérivac


      Tout est question de temps. Suivant que l’intégration des arrivants sera réussie ou pas et du point de vue que l’on considère. 
      Exemple.
      S’agissant des musulmans en France, Tarik Ramadan expose la situation et décompose l’intégration en deux points de vue. Celui des musulmans, dont il dit qu’ « ….ils sont intégrés » et celui des français dont il considère qu’ « ils ont peur ».
      Il pense que « Les français ont changé la loi (à propos du voile) parce qu’ils avaient peur d’eux(=> les musulmans)… la France a changé, il faut qu’elle reconnaisse ces réalités plurielles »
      A propos des français de confession musulmane, « ….ils sont intégrés, c’est à vous de les intégrer (ndlr dans votre intellect). Les lois ne changent ni les mentalités ni les comportements. »

      Reste à voir si ce point de vue qui « décrète » unilatéralement la réussite de l’intégration est partagé pour qu’elle le soit réellement... 

    • Jelena Jelena 27 novembre 2017 11:17

      @l’auteur >> quelle garantie reste-t-il qu’un nouveau Srébrénica ne se reproduira pas
       
      1/ Serbie, Russie, Chine et autres pays traditionnellement hostiles à l’oncle Sam, ne reconnaissent pas ce « génocide ».
       
      2/ Demandez aux serbes de culpabiliser pour avoir tué des barbus à Srebrenica, ce serait comme demandez aux russes de culpabiliser pour avoir tué des nazis à Stalingrad.
       
      3/ Le patriarche (cad le représentant de l’Eglise de Serbie) a déclaré que le procès de Mladic fut « l’oeuvre du diable ».


      • OMAR 27 novembre 2017 18:37

        Omar9

        @Jelena
        .
        Il y en a tellement. Ça va être une immense fête. Vous allez avoir du sang jusqu’aux genoux",
        Ratko Mladic a propos des milliers prisonniers bosniaques, le 12 juillet 1995.
        http://www.france24.com/fr/20110526-ratko-mladic-genocidaire-contemplatif-crime-guerre-serbie-bosnie-croatie-guerre-balkan-tpiy
        Même Hitler ou Himler n’ont jamais prononcé telles horreurs et abominations au sujet des juifs..
        .
        Tiens Jelena pour toi, juste pour que tu puisses encore jouir du massacre des musulmans...
        https://www.youtube.com/watch?v=wNEdbJ768Xo
        Ainsi, tu pourras rencontrer le Diable tout en chaleur....


      • Jelena Jelena 27 novembre 2017 18:58

        @OMAR, la grosse truie salafiste : Si 4.000 serbes seraient morts à Srebrenica, tu aurais chanté « Allahu akbar ».


      • Montdragon Montdragon 27 novembre 2017 19:03

        @OMAR
        Momo tu défends les USA c’est trop kawai comme attitude es-tu au final un larbin saoudite ?


      • OMAR 28 novembre 2017 10:07

        Omar9

        @Jelena
        .
        Les algériens n’ont jamais oublié ce que les yougoslaves en général, et les serbes en particuliers ont fait comme sacrifice pour les aider à mettre fin à la colonisation française.
        Pour cela et pour d’autres raisons, ils étaient tristes de ce conflit qu’ils avaient espérer prendre une tournure pacifique et sans effusion de sang.
        Dommage, car la violence n’a jamais rien résolu de manière radicale, permanente et heureuse.
        .
        Alors, je chante « Allah Akbra » quand un bâtard sanguinaire est éliminé, qu’il soit blanc, basané, noir , musulman, chrétien, juif, bouddhiste, athée ou autre.
        Jamais, quand il s’agit d’innocentes victimes, quelque soit la race, la religion ou l’origine de ces victimes....


      • Jelena Jelena 30 novembre 2017 08:45

        @OMAR : Ma réponse précédente fut « expéditive », je reprends...
         
        >> qu’il soit blanc, basané, noir , musulman, chrétien, juif, bouddhiste, athée ou autre.
         
        Si les bosniaques étaient des chrétiens, je doute fortement que le sujet te préoccuperais autant.
         
        Toujours est-il que sans le soutien des USA-FR-UK ainsi que « des barbus exotiques » (sans parler de la complicité des casques bleus), il n’y aurait pas eu de guerre en Bosnie. Compte tenu de ça, ce n’est pas à la Serbie qu’il faut faire un procès.


      • njama njama 27 novembre 2017 11:41

        @l’auteur
        Ratko Mladić, commandant serbe condamné par le TPI
        Je n’ai pas suivi l’actualité, mais on se demande si le procès a été sérieux ou non, car Slobodan Milosévic a été blanchi de toutes accusations qui étaient portées portées contre lui
        http://arretsurinfo.ch/slobodan-milosevic-disculpe-tandis-que-lotan-passe-a-autre-chose/

        A se demander si on ne cherchait pas à tout prix un coupable ? pour un génocide qui ne semble pas avoir existé


        • Jelena Jelena 27 novembre 2017 12:53

          @njama : En RSK lors de « l’opération tempête », les croates (et mercenaires amerloques) ont tué minimum 2.500 civils. Que dit la « justice internationale » ? Manque de preuves.
           
          Cette « justice internationale » est aussi crédible que l’était celle du IIIème Reich.


        • covadonga*722 covadonga*722 27 novembre 2017 12:30

          vae victis


          • njama njama 27 novembre 2017 15:34

            La partition de la Fédération de Bosnie et Herzégovine, sur une base ethnique et religieuse, est une nécessité urgente

            ethnique ET religieuse ?

            mais ça ne tient pas la route ce que vous dites, au fil des siècles des personnes dans les Balkans s’étaient converties à l’Islam quand d’autres restèrent chrétiennes 
            même ethnie non ? 


            • L'apostilleur L’apostilleur 27 novembre 2017 18:35

              @njama


              Le mot ethnie dans son acceptation la plus récente se rapporte, pour faire simple, à un groupe de même culture. Il n’est pas employé ici, comme parfois en ce qu’il caractérise des « races ». C’est le sens qui convenait à la triste formule « nettoyage ethnique » utilisée pour parler des événements en ex-Yougoslavie et par le TPI à La Haye.

            • njama njama 28 novembre 2017 08:46

              @L’apostilleur

              ah, parce qu’ils ne parlent pas la même langue ? parce qu’ils n’ont pas partagé une même histoire politique, économique, depuis des siècles, ...

              Je sais bien que la langue serbe a quelques variantes, mais tous se comprennent assez bien à ce que j’en sais ... et ce qu’en dit Wiki
               https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_en_Serbie#Serbe

              Vouloir jouer sur des supposées incompatibilités religieuses c’est très néosioniste comme point de vue


            • L'apostilleur L’apostilleur 28 novembre 2017 09:27

              @njama


              Les groupes sociaux homogènes apprécient de vivre ensemble, ce n’est pas le cas en Bosnie et Herzegovine. On peut se comprendre et ne pas s’entendre. Je vous renvoie à la définition de l’UNESCO pour sa définition, que je partage, de la « culture » composante essentielle de vie des groupes sociaux.

              « La culture est au cœur de l’identité individuelle et sociale et elle constitue un élément majeur de la conciliation d’identités de groupe dans un cadre de cohésion sociale. »

              « ensemble des traits distinctifs spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social ... outre les arts et les lettres, les modes de vie, les façons de vivre ensemble, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ».

              S’agissant des sociétés islamiques, en Bosnie et Herzegovine comme ailleurs, l’histoire a démontré son incompatibilité avec les autres sociétés. https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-immiscibilite-historique-des-189285&nbsp ;

              Sauf a démontrer par un exemple le contraire... 

              Lire l’histoire n’a rien de néo-sioniste. 


            • njama njama 28 novembre 2017 10:01

              @L’apostilleur
              Lire l’histoire n’a rien de néo-sioniste.

              J’entends par ce qualificatif, une volonté délibérée de créer un apartheid une politique dite de « développement séparé » affectant des populations selon des critères raciaux ou ethniques dans des zones géographiques déterminées, ...
              telle qu’elle s’accomplit sous nos yeux en Israël après avoir affecté l’Afrique du Sud

              L’humain mérite mieux il me semble que ces dérives endogamiques archaïques, « ethnocentrées », qui vont à l’inverse complet d’une pensée humaniste
               https://fr.wikipedia.org/wiki/Endogamie

              enfin, c’est mon point de vue


            • L'apostilleur L’apostilleur 28 novembre 2017 11:19

              @njama

              En l’occurrence où doit aller la préférence, contenir des antagonistes dans une société hétérogène dont les tensions menacent son existence et celle de ces habitants ou organiser une meilleure vie pour chaque communauté dans un nouvel espace institutionnel accepté par tous ?
              Ce que vous percevez comme « apartheid » doit pouvoir être vu sous l’angle d’un pragmatisme politique capable d’éviter les conflits au lieu de na pas les régler ensuite. Il ne s’agit pas « d’affecter les populations » mais de les protéger les unes des autres. L’apartheid qui renvoie à l’Afrique du Sud notamment conserve un caractère traumatisant.qui peut être perçu différemment. Ce n’est pas une fin en soi, mais une étape rendue nécessaire par les événements dont on peut espérer qu’elle permettra une meilleure compréhension mutuelle après que les exacerbations se seront estompées. 
              Les individus doivent manifester leur volonté de vivre avec« l’autre », cela ne se décrète pas pour eux.
              Les indispensables ressorts et aspirations humanistes doivent être frottées aux réalités.
              Une visite en Israël et à Jérusalem en particulier et le constat s’impose rapidement du monde qui sépare pour longtemps les comunautés. Inutile d’avoir le niveau de perspicacité de Régis Debray pour avoir la même vision que lui dans « Un candide en Terre sainte ». 

            • njama njama 28 novembre 2017 09:00

              Sur la responsabilité des dirigeants serbes, au départ l’armée de la RFS de Yougoslavie s’en prend aux sécessionnistes, et donc son intervention est revêtue d’une certaine légitimité nationale.

              Remis dans le contexte du projet de construction €uropéenne, il fallait faire éclater le dernier « bastion communiste » qui subsistait encore sur le continent pour étendre l’€urope vers l’est > carte des États membres de l’UE en 1992
              Les histoires de rivalités ethniques (ou ethnico-religieuses) dans les Balkans ont servi à cet objectif avec la bénédiction et le concours des US et des €uropéistes.

              Mur de Berlin, date de destruction : 9 novembre 1989

              Le traité sur l’Union européenne (TUE) = traité de Maastricht, 7 février 1992

              Éclatement de la fédération
              Le 25 juin 1991, les républiques de Croatie et de Slovénie proclament leur indépendance ; En janvier 1992, alors qu’un cessez-le-feu croato-serbe a été conclu, la CEE et les États-Unis reconnaissent l’indépendance de la Slovénie et de la Croatie. L’ONU déploie une force d’interposition. En avril 1992, la communauté internationale reconnaît l’indépendance de la Bosnie-Herzégovine. La Yougoslavie n’est plus constituée dans les faits que par la Serbie et le Monténégro.

              (notons que le sécessionnisme est à géométrie très variable, en fonction des intérêts politiques, on le voit bien avec la Crimée, avec les républiques de Donetsk et de Lougansk, ou la question kurde).

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