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Accueil du site > Tribune Libre > Les rythmes scolaires version Benoît Hamon

Les rythmes scolaires version Benoît Hamon

Le feuilleton de la fantasque réforme des rythmes scolaires des élèves du primaire a vécu un nouveau rebondissement avec l'arrivée de M.Hamon à la tête du ministère de la rue de Grenelle. Inutile, sans intérêt pédagogique, pleine d'arrière-pensées et coûteuse la mise en place d'une semaine d'école sur quatre jours et demi par l'intransigeant Vincent Peillon est un fiasco complet qu'il fallait de toute urgence rattraper. Les exemples de projets mis en place depuis la rentrée de septembre n'ont aux dernières nouvelles eu aucun effet sur les "performances" de nos chètes têtes blondes à l'école, où les difficultés concrètes (beaucoup d'enfants violents et/ou perturbés, cas sociaux, instabilité et tensions aux seins des "équipes" enseignantes...) sont constamment écartées au profit de thèmes de délestage. Car Vincent Peillon était bel et bien hors sujet... 

Quand on impose de force un décret afin de transformer l'institution scolaire en garderie nationale pour cantonner les enfants de milieux pauvres à l'école du matin au soir, on obtient de légitimes réactions de défiance. Il fallait proposer, traiter au cas par cas en fonction des réalités locales, et surtout de la volonté d'aménager les emplois du temps. La fable de la "chronobiologie", ou plutôt les interprêtations malhonnêtes de certains travaux de chercheurs ont conduit certaines communes a imposé des projets farfelus avec horaires décalés et temps de cantine allongé. Résultat dans la commune où je réside : des enfants livrés au désoeuvrement plus longtemps le midi après la cantine, donc excités en classe l'après-midi et aucune activité proposée en fin de journée... intérêt pédagogique nul. On comprend que de nombreuses communes refusent d'appliquer ces tartufferies... 

Soyons toutefois optimistes et prenons note de la volonté de Benoit Hamon de faire avancer le "schmilblick". En proposant d'échanger l'école le mercredi-matin contre un après-midi libéré en entier il reprend des propositions élablorées par certains conseils d'école. Ainsi le centre de loisir du mercredi-matin serait reporté au vendredi après-midi par exemple. Coût financier neutre donc, enfants pouvant partir plus tôt en week-end et enseignants soulagés d'une fin de semaine difficile où la dernière demi-journée n'est qu'une partie de discipline et de rappel à l'ordre d'élèves énervés et fatigués. Chacun y trouverait son compte. Ajoutons que madame Aubry à Lille avait proposé cette version, de même que les communes de Bourges et d'Auneau (28). Autre piste de recherche lucide ouverte par M.Hamon, celui du raccourcissement de la semaine (expérimentations sur 22 heures) en échange de jours de vacances en moins ; il s'agirait ici de se rapprocher de ce qui se fait ailleurs en Europe. Mais ce chantier risque de se heurter aux habitudes culturelles des uns et des autres... le ministre a pourtant raison d'ouvrir la voie à des négociations locales quand l'ensemble de la communauté éducative est partante. Proposer, discuter, échanger, expérimenter. Tout le contraire de la méthode Peillon, autoritaire, sectaire et méprisante (merci pour la gazage de la manif des maîtresses d'école en février 2013 !).

A chacun sa conception des rythmes scolaires. Ceux du passé sont révolus, on ne reviendra pas aux années 50 où trente-cinq gamins s'entassaient du lundi au samedi dans les classes des écoles casernes qui ne conduisaient que peu d'entre eux au collège, besoin en main d'oeuvre ouvrière oblige. Une époque où les parents travaillaient cinquante heures par semaine et ne pouvaient s'occuper de leur progéniture, où les instituteurs habitaient dans les écoles où ils enseignaient. La France a changé et seul le futur compte.

Il faut être juste. J'ai été instituteur durant seize ans et je pense qu'il doit être possible de faire avancer les choses dans le respect mutuel. Ajoutons qu'à une époque où les difficultés à recruter des professeurs d'école persistent malgré le chômage des jeunes diplômés et que l'école subit de plein fouet le climat de violence et les incivilités d'une société en crise, on ne peut que réformer avec prudence...

Pour ma part j'ai choisi d'évoluer vers d'autres fonctions professionnelles. J'ai suffisamment donné, ma santé en a d'ailleurs trinqué, pour le premier degré. Place aux jeunes enseignants ! Qui, malgré des salaires portugais, auront le soutien d'une population altruiste, généreuse et toujours volontaire pour gratifier et récompenser ses fonctionnaires. Je vous laisse en conclusion un lien vers les statistiques du dernier concours de recrutement de PE, édifiant... Bon courage à vous Monsieur Hamon.

http://www.snuipp.fr/875-postes-non-pourvus-au-concours


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16 réactions à cet article    


  •  C BARRATIER C BARRATIER 9 mai 2014 19:03

    Je ne suis pas du tout d’accord avec la sollicitation des enseignants qui demanderaient que les activités pédagogiques aient lieu le vendredi après midi, eux-mêmes ayant pu encore grignoter un bout de week end après les deux de mi journées du samedi.

    Les réformes surcharge en intensité du travail scolaire à l’école primaire et en perte de 6 h hebdo d’activité avec enseignant formé et connu des enfants toute l’année, ces pseudo réformes ont été dictées par les syndicats d’enseignants et les vendeurs de loisirs du week end, au détriment des enfants.

    Il s’agit lentement de diminuer la qualité du service public pour faciliter sa privatisation, dans la logique des penseurs de l’OCDE qui ont déjà fait le nécessaire dans les hôpitaux.

    Voir en table des news :

    OCDE, conseils pour casser les services publics et privatiser

     http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=231

    Si HAMON qui après DARCOS, CHATEL, PEILLON veut casser un peu plus, il pourrait plus finement dire que le mardi après midi sera consacré à ces activités. Faire travailler les enfants en bourrage de crâne intensif sur les programmes du lundi au vendredi midi constituerait une ânerie plus bête encore que l’ânerie PEILLON qui, comme les rats a quitté le navire avant qu’il ne sombre !


    • Jehan Fulbert de Chartres 9 mai 2014 22:39

      @M.Barratier : Donc si on vous suit il faudrait transformer les écoles en internats et transformer les maîtresses en tutrices délestant les familles de leurs charges éducatives. Pourquoi ne pas fournir aussi un bivouac de fonction pour camper dans les classes ? De plus non, ce ne sont pas les syndicats qui ont fait cette réforme. On peut se demander si vous avez réellement exercé le métier d’instituteur... chef d’établissement est une chose, gérer une classe en est une autre.


    • mmbbb 10 mai 2014 08:47

      le service public francais est toujours mis en avant nous pensons que nous sommes les meilleurs comme toujours J’ai 49 ans et déja il y avait de grosses lacunes dans le syteme scolaire francais Il est un de nos defaut nous aimons la generalite jamais les cas pratiques J’ai toujours pense que notre systeme etait beaucoup selectif que d’autres ( ce que confirme la cour des comptes ) et que malheureusemnt deja a mon epoque les multiples reformes venaient semer le trouble... D’autre part la qualite de l’enseignement est tres variable j’ai eu des profs de remplacement math et francais nuls apres quelques mois d’absence la rentree des classes n’avait pas pu etre fait par les titulaires depression qui est une seconde nature ) L’egalite des chances me fait bien rigoler Si j avais ete fils de notaire ou de medecin j’aurais eu des cours de rattrapage afin de ne pas perde l’annee scolaire Maintenant le systeme a empire Que se passe t il existe desormais une selection officieuse qui en fonction de sa categorie socio professionnelle permet d’acceder a des bons etablissements J’habite pres de Lyon la majeure partie des etablissements public intra muros sont prives et bonne qualite la faculte catholique dispense des cours serieux A contrario j’ai accompagne ma compagne a la faculte de Bron c’etait une porcherie tag papier une faculte militante en somme Le peuple est amuse par l’ideologie qui a gangrene cette institution L’elite de gauche la premiere ne mettra pas ses gosses dans les banlieues pourtant elle qui se fait le chantre de la proximite sociale. En resume nous nous croyons toujours les meilleurs que nous avons les meilleures institutions le meilleur service public et que nous dépensons jamais trop Entre les murs eut la palme d’or a Cannes cela laisse perplexe sur l’appreciation de la qualite de notre enseignement.Tout ceci n’est pas tres grave nous avons assez d’ingenieurs et de prix nobels et notre industrie florissante 


    •  C BARRATIER C BARRATIER 10 mai 2014 08:53

      La première spoliation des enfants a été le fait du ministre Edgar FAURE qui a accordé au syndicat SNI PEGC un week end plus long en échange d’un gel provisoire des traitements.L’accord négocié ne coûtait rien à l’état, seulement aux enfants.

      Si supprimer des cours ne portait pas préjudice à l’apprentissage, alors supprimons les tous puisqu’ils ne serviraient à rien et que les enseignants coûtent.
      Les enseignants ont tellement scié la branche sur laquelle ils étaient assis que leur corps disparaîtra, le métier est devenu un repoussoir, même en période de chômage. Ce n’est qu’un début.

    • Jehan Fulbert de Chartres 10 mai 2014 10:45

      La France a changé depuis Edgar Faure, ses habitudes culturelles et les mentalités surtout...


    •  C BARRATIER C BARRATIER 10 mai 2014 14:05

      La France n’a pas changé et continue à spolier les enfants ! Les enseignants n’ont pas changé et veulent toujours plus de vacances.

      Les Français, même les chômeurs, pensent d’abord à leurs vacances (les jobs d’été ne trouvent pas facilement preneurs...on fait venir des travailleurs motivés d’ailleurs !) La France à l’image de son école actuelle se complaît dans la paresse !Même nos députés ne fichent rien à BRUXELLES (sauf quelques perles trop rares)

    • Jehan Fulbert de Chartres 10 mai 2014 19:43

      En fait il n’y a que vous de compétent et de travailleur... félicitations donc. Mais au fait, avez-vous été un jour chargé de classe primaire ? C’est peu probable, ou alors vous avez changé avec l’âge ; on peut vous comprendre vue la triste évolution de notre histoire scolaire.


    •  C BARRATIER C BARRATIER 13 mai 2014 10:39

      Bien sûr que j’ai eu des classes, et même que des classes uniques, du CP au Certificat d’études de l’époque, avec classe du lundi au samedi 16 h 30 inclus. On circule des petits qui apprennent à lire, à PAQUES il savent, aux COURS élémentaires1 et 2, au CM1 et 2, au certificat d’études...Mes garçons et mes filles obtenaient le certif. Je gardais après la classe ceux qui avaient des difficultés, et qui aimaient bien bosser encore...J’ai eu des premiers de canton ! J’avais mes élèves le jeudi avec d’autres pour les activités sportives USEP (matches), j’étais spécialiste du hand ball. Ce qui fait que je bossais 6 jours par semaine. L’été j’encadrais des colos de vacances...2 séjours, les vacances de printemps j’encadrais des stages de formation de moniteurs.
      En ce temps là, instituteurs et élèves adoraient ce qu’i’ls faisaient.On n’avait pas encore inventé l’école de la paresse.


    • Jehan Fulbert de Chartres 13 mai 2014 13:33

      @M.Barratier : J’ai moi-aussi appris à lire et à compter à des élèves de CP en ZEP, et mes élèves ont aussi pratiqué (à partir du CM1) le hand-ball. Vous oubliez qu’à votre époque vous n’aviez pas à gérer les « intégrations » d’élèves présentant des troubles graves du comportement avec en prime des parents agressifs... C’est d’abord la composition du public qui prime avant la pédagogie. Une équipe de hand-ball composée d’asociaux et de voyous pourrait-elle gagner un championnat malgré le meilleur entraîneurMerci du monde ? La France a hélas changé en trente ans...


    •  C BARRATIER C BARRATIER 13 mai 2014 20:05

      A l’époque les enseignants étaient formés (4 ans pour les promos d’école normale, avec de la pédagogie appliquée dès la 1ère année). Ils n’étaient pas riches et descendaient allumer le poêle avant l’arrivée des enfants en toute simplicité.Le personnel de service n’existait pas à la campagne. Les habitans trouvaient qu’ils bossaient bien.
      Les enseignants étaient respectables et respectés, avec un bac (dur à l’époque c’est vrai) pour tout bagage + la formation professionnelle.
      les enseignants respectés, j’en connais pas mal aujourd’hui autour de moi. Les familles difficiles et les enfants difficiles ne le sont pas également avec tous.
       Rien n’est jamais perdu, mais c’est vrai que dnas un monde embourgeoisé, les gens qui auraient été considérés très aisés autrefois (ils ont le téléphone, la télé, la radio, la voiture, autrefois ni les enseignants ni les habiants n’avaient tout cela) se croient lésés et pauvres, ils en veulent à tout le monde. Dommage.


    • Jehan Fulbert de Chartres 13 mai 2014 22:41

      @M.Barratier : je partage cette fois-ci votre commentaire. Mais que croyez-vous ? J’ai eu droit à trois ans de fac avant de passer le CRPE. Des postes en zone « violence » (sic) en début de carrière où je campais dans ma classe de 8h à 18h (je préparais sur place). Des pauvres gamins que les collègues me refilaient avec des directeurs déprimés ou planqués quand ils étaient déchargés de classe. Mais entre les incivilités des collègues, les bonnes vâcheries de l’administration et de la hiérarchie, la lâcheté et l’égoisme ambiant sans parler des parents de plus en plus immatures et irresponsables (observez autour de vous...) je vous assure que la profession est devenue anxiogène ! Triste constat, c’est toute la société qui est à changer. Dans ces conditions vous comprendrez que les « rythmes scolaires » semblent « hors sujet »... Pour ma part je reste dans l’EN mais avec d’autres fonctions. Le métier d’instituteur (ou PE) devient irrespirable...


    • Jehan Fulbert de Chartres 10 mai 2014 19:45

      Un article équilibré où j’ouvre des perspectives « moinssé » à 67% !!! On aura tout vu. On aimerait savoir quelles sont les propositions des spécialistes de l’EN qui cassent ce genre d’article ?


      • sylvie 11 mai 2014 12:33

        - 70% aujourd’hui proche des niveaux de Sylvain.


      • Valou33 27 mai 2014 18:32

        M. barratier vous parlez d une époque révolue et d’enfants qui n’existent plus. je sui sur une classe maternelle. J ai 30 enfants de moyens/ grands et ce soir, je suis exténuée. pourtant, on a fait des gâteaux pour les anniversaires de mai, on a fait des ateliers, on a fait des ateliers, j ai lu des histoires mais ils étaient tellement énervés que j’ai plus officié dans le brouhaha que dans un silence serein et agréable. Arrêtez de nous traiter de fainéant. Nous voulons bien aider chaque enfant mais pas en criant pour qu ils nous écoutent. Vous ne voyez pas du tout la génération d’enfants à qui on a affaire et c’est facile de venir nous faire la morale. Oui, moi aussi, quand je regarde des reportage sur des enfants d Afrique qui sont à 50 dans les classes et qui attendent gentiment les consignes et qui écoutent, je bave d’envie. La profession est anxiogène car notre société l’est autant. Et le respect n’existe plus.


        • Valou33 27 mai 2014 18:38

          Une petite de 3 ans a même traité une dame de la cantine de « grosse », ce qui ne serait pas arrivé il y a quelques années. Les enfants respectaient les adultes. Moi aussi, j’ai 44 ans et je ne comprends pas trop cette génération car j ai été élevée dans le respect, quand je suis en réunion péda, je me tais quand le conférencier parle, et j’essaie d’élever mes enfants dans ce respect là. Mais beaucoup d’enfants aujourd hui coupent la parole, nous tapent sur les bars pour qu,on les écouté ou baillent sans mettre la main devant la bouche et on doit leur rappeler les règles élémentaires de la politesse. Et pourtant je suis dans un milieu socio culturel normal, ni de banlieue parisienne , ni de Neuilly.


          • Valou33 27 mai 2014 18:39

            Sur les bras, pas les bars

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