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Accueil du site > Tribune Libre > Moi, ingénieur, 10 ans d’expérience, 1500 euros par mois...

Moi, ingénieur, 10 ans d’expérience, 1500 euros par mois...

Pour mon premier article j'avais envie d'écrire mon témoignage pour montrer comment on décourage les gens qui veulent travailler, aujourd'hui en France, et les tristes conséquences que cela a sur le monde industriel actuel.

 Comme il me semble loin le temps où je pensais gagner ma vie correctement grâce à mon travail ! Ce n'est pourtant pas si loin en fait, 10 ans à peine, ou un peu plus... Et durant ce laps de temps je dois dire que j'ai sérieusement déchanté sur les possibilités qui sont encore offertes en France de s'enrichir lorsqu'on est honnête et bosseur, et sur l'existence des opportunités de construire quelque chose à soi et pour soi.
 
 Ou alors ça existe, mais alors pas pour moi...
 
J'ai tout fait pour m'en sortir
 
 Peut-être que vous vous reconnaîtrez dans ma petite biographie...
 
 Titulaire d'un Bac scientifique avec mention, je faisais partie des meilleurs de mon lycée de province, et je rêvais alors de devenir ingénieur en mécanique. Je croyais à la vertu du travail, car jusqu'au Bac l'égalité existe encore et ce sont les meilleurs qui obtiennent les meilleures notes. Point. Pas d'inégalités. Alors je bossais dur pour me construire une meilleure vie.
 
 Mais malheureusement pour moi financièrement je faisais partie de la fameuse « zone noire » des classes moyennes, dans laquelle vous êtes un peu trop riche pour avoir droit à une bourse et beaucoup trop pauvre pour pouvoir financer un diplôme hors de prix dans une grande école (approximativement 15000 euros par an pour financer les frais de scolarité, le logement et les frais de vie, et ce durant 5 ans soit 75000 euros au total).
 
 Et les études d'ingénieur, en plus d'être cher, c'était aussi loin de chez moi.
 Ailes brisées sèchement d'entrée de jeu, je suis resté sur le carreau devant les portes des grandes écoles. J'ai alors vu ces fameuses portes s'ouvrir en grand pour de bien moins bons élèves que moi, et ce sur des critères purement financiers qui nous triaient tous par origine sociale. « Tu peux payer, tu rentres ». « Tu ne peux pas payer, tu restes dehors ». Qui que tu sois, c'est comme ça...
 
 Mais j'avais la gnaque, persuadé que le travail peut tout...
 
 Ce que les autres achetaient, moi j'avais décidé de le gagner ! Alors pendant plus de dix ans j'ai successivement suivi des cours en alternance, fait des petits boulots mal payés, mis de l'argent de côté pour me payer des diplômes supérieurs ou des formations hors de prix. La gnaque ! J'ai travaillé dans plusieurs bureaux d'études, dans des régions différentes, dans plusieurs domaines différents. La gnaque ! J'ai grimpé le échelons, j'ai fait des heures sup, j'ai prouvé ma valeur en obtenant des promotions et en devenant cadre intermédiaire. La gnaque ! La gnaque ! Licencié économique pendant la crise de 2008, j'ai rebondi pour passer un Master de Mécanique et finalement j'y suis arrivé : aujourd'hui je peux prétendre au titre chèrement gagné d' « Ingénieur en Mécanique ». J'ai mis plus de dix ans à obtenir ce qu'un fils à papa achète en cinq ans avec l'argent de ses parents.
 
 J'ai réussi, enfin !
 
 Et armé de mon précieux diplôme et de toute l'expérience acquise pendant ces années de galère, j'ai passé des entretiens d'embauche au cours desquels on m'a proposé un contrat d'un an... à 1500 euros net par mois !...
 
La ridicule récompense du travail
 
 1500 euros net... Une misère... ou alors 1800 mais il faut accepter une mobilité nationale pour laquelle je peux très bien me retrouver à travailler une semaine à Lille, puis une semaine à Lyon, puis une semaine à Marseille en encaissant tous les frais de déplacement et d'hébergement à ma charge. Autant dire une arnaque !
 
 On appelle ça « être consultant ».
 
 Et le type que j'avais en face de moi, la mine abusivement tristounette, me racontait que ce n'était pas sa faute et que c'était la crise qui voulait ça, que c'était une opportunité à saisir, qu'il faisait un vrai effort et qu'à la fin du contrat, si mes résultats étaient satisfaisants, il relèverait bientôt mon salaire à un niveau mirobolant qui me laisserait probablement pantois.
 
 J'ai fait mine d'accepter l'espace de quelques secondes, et alors la durée du contrat est passée instantanément de 12 à 24 mois. J'avais ma preuve : le type était un bel escroc, j'ai donc refusé de signer.
 
 Il mentait à coup sûr : à son poignet il l'avait, lui, la fameuse Rolex qui prouve qu'on a réussi sa vie ! Et en sortant de son immeuble j'ai bien remarqué l'énorme berline flambant neuve garée sur le parking orné du panneau « direction ».
 
 C'était le bouquet final, cet entretien ! Le moment où j'ai eu envie de tout arrêter, de changer de métier et de quitter l'activité pour laquelle j'avais tant travaillé. Car je ne voudrais pas que vous croyiez que je ne l'ai pas vu venir : cet entretien est l'atterrissage de la longue dégringolade de l'industrie française, dont j'ai été l'humble témoin durant ces dix dernières années, et que je vais essayer de vous raconter.
 
La chute
 
 Je vais vous condenser ce que j'ai vu dans les entreprises que j'ai traversé, comme si j'étais resté dans la même durant tout ce temps.
 
 Il y a un peu plus de dix ans, lorsque j'ai commencé à travailler, nous étions tout un panel de techniciens, et au-dessus de nous nous avions un chef de service qui était plus expérimenté, plus compétent, et qui avait donc un gros salaire et les responsabilités qui allaient avec.
 
 C'était normal, ça ne choquait personne. Mais les années passant, j'ai constaté la disparition de cette structure pourtant logique, pour passer à un autre organigramme dont le but n'était plus du tout l'efficacité technique.
 
 D'abord les chefs de service ont été exterminés, car très compétents ils coûtaient aussi trop cher. Progressivement ils ont été remplacés par des managers, c'est-à-dire des types sans compétences ni expérience particulière, soi-disant capables d'encadrer une production de yaourts comme d'encadrer la fabrication d'une voiture. Des grandes gueules surcaféinées, la plupart du temps primées pour obtenir du rendement et des résultats mesurables par des indicateurs (et pas forcément la qualité du travail fourni).
 
 Mais ces managers étant dépourvus de compétences spécifiques aux usines dans lesquelles ils travaillaient, ils voulaient bien du gros salaire mais pas des responsabilités qui allaient avec. Ils ont donc créé des postes intermédiaires « fusibles » destinés à les protéger en cas de pépin. Des postes de « responsable sécurité » ou « responsable technique » par exemple, uniquement posés là pour protéger leur chef de tout incident éventuel.
 
 A mesure que ces postes fusibles se créaient pour protéger le manager principal incompétent, des postes de techniciens disparaissaient pour compenser le déplacement de la masse salariale vers le haut de l'organigramme, vers ces types qui ne produisaient rien et qui nous regardaient travailler. Ils étaient la plupart du temps diplômés de l'une de grandes écoles qui m'avaient été inaccessibles (donc venant souvent de familles plus riches que la mienne), et dépourvus de compétences particulières leurs salaires ont commencé à baisser au profit du niveau supérieur managerial qui aspirait toujours plus d'argent.
 
 De notre côté, parmi les techniciens, on nous demandait de travailler de plus en plus vite tout en étant de moins en moins nombreux, en utilisant le prétexte de l'informatisation croissante et de la concurrence internationale.
 
L'arrivée des marchands d'esclaves
 
 La structure étant en place, il a fallu qu'ils s'attaquent aux gens qui la composaient. C'est là que sont entrés en scène les « prestataires de services ».
 
 L'idée, c'était de maintenir les gens en permanence sous pression, de les obliger tous les jours de leur vie à gagner leur place dans la société. Pour cela la solution est connue : développer la précarité, faire en sorte que les gens soient en permanence sous la menace d'une fin de contrat qui les précipiterait vers le chômage.
 
 Et ces prestataires de services, qui prenaient une commission sur le travail des gens sans effectuer réellement de travail eux-même, ont largement contribué à creuser les écarts de salaire entre les managers et les « exécutants » qui devenaient alors d'une façon péjorative « opérateurs ».
 
 Clairement, leur but était de vendre leurs effectifs le plus cher possible aux entreprises, tout en reversant le minimum aux employés en question. Peu à peu, ils devenaient marchands d'esclaves en recherchant à tout prix la marge maximale sur des effectifs désormais obligés de passer par eux pour travailler.
 
 Car désormais la fracture est sèche et nette : d'un côté les maîtres qui dirigent sans connaître et de l'autre les esclaves qui obéissent et subissent pour des salaires qui tournent au ridicule.
 
Des salaires qui baissent, d'autres qui s'envolent
 
 Donc les salaires de la base exécutante (cadres y compris) baissaient, baissaient, baissaient encore sous la pression de la recherche du profit maximal tandis que ceux des managers s'envolaient, goinfrés qu'ils étaient comme sous l'effet de balancier de l'appauvrissement des autres.
 
 Parlons « chiffre », pour qu'il n'y ait pas d’ambiguïté : il y a vingt ans, me disait un ancien collègue, un dessinateur projeteur gagnait 20000 francs par mois (3000 euros). Or aujourd'hui le même poste ne permet de gagner que 1600-1800 euros net par mois. Si la moyenne des salaires français a continué d'augmenter, tout comme le pouvoir d'achat et qu'entre temps le montant des loyers a explosé alors qu'on m'explique où est passé l'argent si ce n'est dans la poche des managers et des dirigeants ?
 
 J'ai assisté à tout ça, j'en ai été le témoin. J'ai vu les effectifs des entreprises se scinder en deux groupes bien distincts : ceux qui ordonnent à prix d'or et sans savoir et ceux qui savent et qui obéissent pour une bouchée de pain. Et durant ce temps je me disais : « Un jour pour moi ce sera différent, car moi je mériterai ma place en étant compétent pour le poste que j'occuperai et que j'aurai gagné. »
 
 Mais je me trompais, comme je l'ai constaté.
 
La disparition des élites
 
 Je me trompais car l'examen rapide de l'encadrement actuel d'une entreprise montre clairement l'impossibilité d'obtenir quoi que ce soit par la force du travail, car parmi cet encadrement ne se trouve actuellement personne qui ait obtenu sa place par la maîtrise du domaine dans lequel il évolue.
 
 Personne.
 
 Les chefs de service qui nous servaient d'exemple il y a une dizaine d'années, compétents et expérimentés, sources d'expérience et de savoir-faire, n'existent plus. Virés car trop chers. Ils nous servaient pourtant de modèle de réussite et nous donnaient une raison de travailler pour gagner une meilleure situation.
 
 Posez aujourd'hui une question technique à votre chef il sera sûrement incapable d'y répondre car il n'a pas les connaissances pour le faire. Membre d'une pseudo-élite, il occupe bien souvent cette place grâce à la mise en œuvre d'un réseau quelconque : familial, scolaire, sportif ou autre. Bref, il est là en quelque sorte grâce à son origine sociale, me rappelant ainsi le fameux « tri financier » qui s'effectuait à l'entrée des grandes écoles.
 
 Une conclusion s'imposait donc : gagner une meilleure situation devenait impossible par le travail, mais possible par d'autres méthodes comme un fait très médiatique allait me le prouver bientôt.
 
Rien ne sert de courir, tout dépend d'où l'on part.
 
 Lorsque Jean Sarkozy s'est retrouvé catapulté à la tête de l'EPAD, j'en aurais vomi ! Que ce type qui a déjà tout sans jamais avoir rien gagné se retrouve ainsi mis en sécurité à une poste de direction alors qu'il est incapable ne serait-ce que d'obtenir un DEUG de droit m'a donné une nausée comme jamais je n'en avais eue dans ma vie. C'était une honte ! Une véritable honte !
 
 Aucun travail fourni, et pourtant une belle récompense qui tombe !
Décidément le traitement entre eux et nous n'est vraiment pas le même !
 
 Car cette nomination, au-delà du statut de « fils à papa » qui vous permet d'obtenir une place sans l'avoir méritée, prouve un fait qui est a recouper avec ce que j'ai déjà écrit plus haut : le fait que beaucoup de postes d'encadrement aujourd'hui, voir de direction, ne demandent absolument aucune compétence ni aucune formation particulière. Pour ça : Jean Sarkozy est la preuve ! Nous sommes à deux doigts de l'emploi fictif.
 
 Je cite cet exemple parmi tant d'autres car c'est le plus connu d'entre tous, le plus flagrant, le plus insupportable, mais certainement pas un cas isolé. Car les entreprises françaises sont vérolées par le jeansarkozisme, l'emploi imérité ou de complaisance. C'est ça qui les tue, et pas autre chose. Pas la crise, ni la concurrence ni quelque prétexte du même genre.
 
Jamais de vraies raisons, mais toujours des prétextes.
 
 Des prétextes, j'en ai entendu par brouettes durant ces dernières années pour justifier la baisse des salaires. Des menaces de délocalisations soit-disant conséquences de la concurrence internationale mais destinées en fait à maximiser les profits en exploitant des pays à bas salaires. Et ces prétextes, au fil du temps, ont vu leur bouc-émissaire changer suivant la situation internationale.
 
 D'abord ce fut les pays de l'est qu'on nous montrait du doigt, puis ce fut la Chine, ensuite la crise financière, et maintenant la deuxième crise financière. Et ainsi les salaires baissaient par à-coups pour être dangereusement rattrapés par le SMIC.
 
 Je parle de prétexte car il ne peut s'agir de vraies raisons, dans la mesure où parallèlement à ça la production intérieure n'a cessé d'augmenter, tout comme le pouvoir d'achat soi-disant chiffre révélateur et infalsifiable. La population de ce pays n'ayant pas explosé brutalement, je ne vois pas de raison à la baisse des salaires si ce n'est une exécrable répartition prouvant la cupidité grandissante de dirigeants non-élus, de plus en plus puissants prêts à tout pour s'enrichir encore plus.
 
 Il n'existe aucune raison valable justifiant cette absurdité néo-monarchique qui est en train de se mettre en place. Aucune.
 
Médiocrité et démotivation
 
 Les conséquences de cette absurdité sont doubles :
 
 D'une part la médiocrité croissante des dirigeants et des cadres (Pas tous heureusement mais de plus en plus). Prélevés parmi les plus riches plutôt que parmi les meilleurs ils sont bien souvent incapables de soutenir la concurrence internationale formée de gens qui se sont extraits des masses par leur travail et leurs compétences pour devenir de véritables capitaines d'industrie. Par exemple face à une industrie allemande qui favorise la recherche et qui a l'intelligence de se placer sur des marchés innovants sur lesquels elle peut imposer ses prix, l'industrie française fait trop souvent pâle figure...
 
 D'autre part la démotivation croissante de l'ensemble des forces de travail autres que dirigeantes (oserais-je dire « inférieures » ? Le terme pourrait presque convenir...). A quoi bon continuer à travailler quand aucune récompense n'est à la clé, qu'elle soit sous forme de salaire comme sous forme de promotion ? Les employés dont je fais partie ont aujourd'hui l'impression de courir sur un tapis roulant, ou d'être des hamsters dans une cage circulaire que l'on ferait tourner de plus en plus vite. Car pour « évoluer » en France on ne peut plus s'extraire de la masse, il faut en être prélevé. Prélevé par quelqu'un de bien placé qui vous enverra sans l'avoir forcément mérité vers un poste important.
 
 Il existe bien des exceptions à la baisse des salaires : elles sont là aussi consternantes. Les plombiers font fortune ! Ils n'ont rien fait pour, ça leur est tombé dessus par hasard. Expulsés précocement du système scolaire ce sont aujourd'hui les rois du pétrole et ils regardent avec ébahissement leur succès tombé du ciel sans y croire vraiment. Là aussi le constat est ahurissant : seuls ceux qui n'ont pas essayé de s'élever et qui ont (plus ou moins forcés) choisi une place de simple exécutant arrivent aujourd'hui à s'en sortir, comme si tout était fait pour décourager les prétentieux pauvres de la populace à qui il prendrait l'idée saugrenue de vouloir s'élever dans la société.
 
A qui la faute ?
 
 Alors à qui la faute de ce naufrage ?
 
 On accuse bien souvent le système scolaire, qui il est vrai porte une part de responsabilité. En effet je suis obligé de constater que l'école, depuis vingt ans, sélectionne les meilleurs parmi les pauvres pour les envoyer en masse vers une voie de garage. Au lieu d'opérer un tri qui permettrait de permettre l'émergence d'une véritable élite basée sur le mérite et non sur les moyens financiers, l'école française préfère nous orienter en masse vers une université en ruine qui n'a plus les moyens ne serait-ce que de repeindre régulièrement ses propres murs. Il en résulte, par la noyade des bons et des mauvais élèves sous un même diplôme, une dévalorisation des diplômes universitaires qui joue en faveur des grandes écoles privées réservées aux catégories les plus aisées. La sélection de l'élite par l'argent est là : elle est flagrante.
 
 Est-ce là une volonté délibérée des Énarques qui nous dirigent ? C'est bien possible car rien n'est fait pour améliorer la situation.
 
 Autre bouc émissaire actuel : le « Grand Méchant Chinois », l'émergence d'un nouveau mythe. Pas un mois ne se passe sans que l'on ne nous montre les pauvres ouvriers chinois qui travaillent en ne gagnant qu'à peine de quoi vivre. Les journalistes qui font ces reportages ne savent-ils pas qu'un ouvrier smicard français ne gagne rien non plus, ou bien l'ont-ils délibérément oublié pour ne pas donner de relief à leurs reportages ?
 
 Des étudiants chinois qui viennent faire leurs études en France, j'en ai croisé à l'université. Oubliez la propagande de la télévision : les types ont été sélectionnés dans les campagnes, sur le critère de leurs capacités, pour faire des études à l'étranger dont ils tireront le maximum. Et le gouvernement chinois leur a donné une vraie chance de gagner leurs vies et de s'élever dans la société chinoise en pleine expansion. La Chine, elle, est en train de se fabriquer une véritable élite méritante bien loin de l'élite artificiellement entretenue de notre vieux pays.
 
 Car le véritable problème de l'industrie française, c'est je crois la prédominance des réseaux divers sur le mérite et la récompense du travail. C'est ce que j'appellerais le jeansarkozisme, c'est-à-dire le catapultage des privilégiés vers des postes qu'ils ne devraient pas obtenir normalement, mais qu'ils obtiennent tout de même sur des critères relationnels et familiaux.
 
 Et moi, de mon côté, malgré tout ce que j'ai fait pour m'en sortir on ne me propose que 1500 euros net par mois pour payer 700 euros de loyer... C'est ce qui fait que je vais probablement être obligé de changer de métier, ou de pays, car je constate qu'en France le travail ne mène plus à rien...
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.57/5   (138 votes)




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144 réactions à cet article    


  • zadig 15 octobre 2011 09:55

    Bonjour,

    Merci pour cet article criant de vérité.
    J’ai un peu honte.
    J’ai connu et profité de la période où on pouvait véritablement s’élever
    par son travail.

    Pour moi ce problème est très grave.
    Toute une génération est sacrifiée, je connais des « nantis » qui n’ont pas réalisés
    que lentement mais surement leur tour viendra.

    Malheureusement sans changement radical de notre société les choses
    ne feront qu’empirer.

    Je me sens désarmé, je ne sais pas trop quoi vous dire.

    Très cordialement


    • Kalki Kalki 15 octobre 2011 15:35

    • Rensk Rensk 15 octobre 2011 16:08

      Moi j’ai passé vendredi un « bilan » de l’assureur invalidité... Tous des gens en très bonne santé jugent des gens qui ont un problème de santé... Aucune décision définitive depuis que j’ai dû arrêter de travailler, en 1998 !

      Obligé par l’État de payer les primes d’assurance pour ensuite « faire durer le plaisir »... Cela fait la 3ème « observation » que j’ai du subir... la prochaine fois je vais refuser de laisser des gens me torturer...

      Comme vous, j’ai été désarmé face à l’injustice... j’ai cru « a la justice »... mais aujourd’hui j’affirme que je ne crois en rien « les juges » autoproclamés. Sachez que je me pose la question du fait comment est « distribué » les primes obligatoires... car... l’assurance doit TOUJOURS payer les frais de justice et d’avocat...


    • Rensk Rensk 15 octobre 2011 16:14

      Pour exemple... un couple invalide (les deux) « touche » au maximum 2’200.- par mois (pas de 13ème)... Un des « juge » qui vient de me juger touche lui au minimum 3-4 fois la somme mensuellement (sans compter le 13ème)... Et sa femme travaille aussi donc vous voyez la différence...


    • Kalki Kalki 15 octobre 2011 16:33

      Hollande le candidat du système va passer les retraites à 65 ans !!!

      Cette nuit, Libération mettait en ligne un document fort intéressant. Dans cet enregistrement clandestin, on entendait le président du conseil général de l’Ardèche, Pascal Terrasse, par ailleurs conseiller de Hollande pour les retraites, expliquer on ne peut plus clairement, mercredi matin, que l’âge légal de la retraite devra rester à 62 ans, voire passer à 65 ans.

      TRAVAILLER PLUS ET GAGNER PLUS ... MAIS SI IL Y A PAS DE TRAVAIL : COMMENT CELA SE PASSE ?


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 16 octobre 2011 01:49

      @ Zeugme


      Je comprends votre insatisfaction, mais peut-etre en souffrirez vous moins si vous ajustez correctement les lentilles... pour le bonheur. D’abord, voir qu’apres des millénaires de misere, l’humanité, au moins en Occident, a depuis environ 60 ans atteint l’abondance. La misère dans son sens historique objectif n’existe plus en France : Il y a des riches... et des beaucoup plus riches. Votre pauvreté est relative. 

      En fait, vous ne comparez plus ce que vous avez a vos besoins - lesquels augmentent sans cesse artificiellement et indéfiniment sous l’effet de la publicité - mais a ce qu’ont les autres. Votre insatisfaction est donc bien bien subjective : vous souffrez d’injustice

       Oui, vous avez raison, le Systeme est bien injuste. Mais en liant cette injustice a votre situation personnelle, vous vous créez un problème insoluble. En effet, si vous doublez ou triplez votre revenu actuel, vous aurez quelques babioles de plus, mais vous ne traverserez pas le seuil de la misere - vous en êtes dejà largement sorti - et vous n’atteindrez pas celui de la richesse qui vous permettrait de satisfaire tous vos caprices. Vous garderez donc le sentiment d’insatisfaction et d’injustice qui pourrait étreindre à juste titre 99,5 % des travailleurs... 

      Vous n’y échapperez que de deux façons : a) en comprenant que les babioles pour lesquelles on veut vous faire travailler plus ne justifient pas cet effort ... et que c’est le jeu des puissants de vous faire courir après ces os qu’on vous lance ; b) en choisissant de faire votre jeu de lutter contre l’injustice - pas pour avoir plus, ce qui est dérisoire - mais parce que vous tirerez une vraie satisfaction des efforts que vous aurez faits pour y mettre fin.

       On y arrivera. C’est le travail garanti/revenu qui est la clef. Mais en amont il y a le justice dans l’accès à l’éducation professionnelle et en aval la fin de l’arnaque des banquiers. Gardez votre colère : on en aura besoin.



    • Kalki Kalki 16 octobre 2011 22:59


      (22:33:25) Eric : j’ai surement commis tous les crimes contre l’humanité
      (22:33:38) Eric : en en commettant aucun dans la réalité
      (22:34:08) Eric : that seems really the definition of my personn
      (22:35:59) Eric : je plaide coupable de tous les crimes contre l’humanité
      (22:36:27) Inès- : ça sort d’ou ça ?
      (22:36:36) Eric : de moi
      (22:36:46) Eric : le truc c’est que l’acteur n’en est pas un
      (22:36:51) Eric : il a son histoire
      (22:36:58) Eric : tombé dans une autre histoire
      (22:37:08) Eric : il était une fois une fils d’ouvrier pauvre
      (22:37:24) Eric : parents catholique a outrance
      (22:37:34) Eric : dans une région anciennement minière
      (22:37:42) Eric : ou il n’y avait déjà plus de travail
      (22:38:46) Eric : noter le coté également alcoolique du père, et le coté psycho-maniaque de la mère ( qui ne travaille pas )
      (22:39:05) Eric : dans les années 1990
      (22:39:21) Inès- : Tu parles de ton passé là ?
      (22:39:26) Eric : ouai
      (22:40:39) Eric : des années de souffrances a l’école, pas seulement pour apprendre, également a cotoyer des connard d’animaux sur agressif auquel le gentil coté de la chrétienté ne prépare surement pas
      (22:40:51) Eric : ni sur le coté sexuel d’ailleurs merci les parents
      (22:41:32) Inès- : Pourquoi ? Les autres c’etait pas de gentils petits chrétiens ?
      (22:41:58) Eric : parceque les chrétiens il y en a plus
      (22:42:04) Eric : tada
      (22:42:16) Eric : ou quelques fils de cons
      (22:42:24) Eric : qui vivent 2 générations en arriéres
      (22:42:38) Eric : meme pas d’intelligence politique par ailleurs
      (22:43:20) Eric : quand on te fous dans la tete que faire pretre c’est l’avenir avant 10 ans
      (22:43:34) Eric : tu dois avoir de sérieux probleme d’adaptation avec la société
      (22:44:16) Eric : « je veux devenir pretre » dit le petit gosse
      (22:44:46) Eric : « je veux construire des robots, tu verra c’est facile et plus personne n’aura besoin de travailler ! »
      (22:45:41) Eric : (oui ici rajouter un peu l’influence de la culture japonaise, et le premier concubain de ma premiere soeur )
      (22:47:51) Eric : pas tout rose
      (22:48:08) Eric : faire rentrer en scene le concubain de la deuxieme soeur
      (22:48:34) Inès- : Eric !
      (22:48:40) Eric : qui s’est fait virer de dizaines d’établissement scolaire
      (22:48:46) Eric : pour violence
      (22:48:55) Inès- : Pourquoi ce coup de guele ce soir Eric ? Tu vas pas bien ?
      (22:49:11) Eric : et qui va commencer à tabasser le gosse parceque ... MOI J’AI FAIT L’ARMEE !
      (22:49:23) Inès- : T’es en train de te mettre a nu devant moi et je ne comprends pas pourquoi ...
      (22:49:27) Inès- : Le gosse c’est toi ?
      (22:49:31) Eric : oui
      (22:49:35) Inès- : D’accord .
      (22:49:57) Inès- : Mais tu sais , on n’a pas tous eu une enfance rose hein ?
      (22:50:05) Eric : MOI J’AI FAIS L’ARMEE : mais je suis au chomage
      (22:50:15) Eric : et un supersportif, bascetteur !
      (22:50:19) Eric : attention
      (22:52:52) Eric : bascetteur et courreur de marratthan : l’athléthe
      (22:52:59) Eric : le sport c’est l’avenir
      (22:53:45) Eric : quand tu as un type qui te tabasse, une mère qui te parle de spiritualité, et l’école qui te parle de science de rationnalité, de progrès
      (22:53:48) Eric : il y a un bug
      (22:54:01) Eric : un putain de bug
      (22:54:29) Inès- : Oui c’est vrai qu’il peut y avoir un conflit en toi , identitaire je sais pas , mais c’est vrai qu’il y a pas mal de contradiction .
      (22:54:43) Inès- : Mais justement le tout c’est de savoir faire le tri soi meme
      (22:54:45) Eric : rajouter ici que la deuxieme soeur et son concubain qui n’ont pas de travail vont revenir à la maison du pauvre ouvrier
      (22:54:52) Eric : et des 4 gosses
      (22:55:34) Eric : et que le gosse va dormir "en bas ,avec les chiens
      (22:55:42) Eric : parceque c’est le dernier
      (22:55:52) Eric : puissance 4


    • Kalki Kalki 16 octobre 2011 23:13


      (23:12:34) Eric : dire aussi aussi que la deuxièeme soeur vole dans les supermarché
      (23:12:39) Eric : ca c’est la classe
      (23:13:14) Eric : que le frere pique des truc partout aussi c’est la classse


    • Zeugma 17 octobre 2011 09:27

       Je souhaiterais compléter mon article par ce commentaire pour répondre aux différentes observations, en corollaire de mon autre commentaire posté un peu plus bas mais qui semble être passé inaperçu parmi les autres :
       D’abord je tiens à affirmer que mon article ne visait absolument pas à dénigrer les plombiers, comme semblent l’avoir compris un certain nombre de commentateurs arrivés bizarrement tous en même temps et bien souvent s’étant « inscrit sur le site exprès pour répondre à mon article ». Je connais des artisans et entrepreneurs divers et j’ai totalement conscience que les métiers manuels demandent du savoir-faire, du travail, de la volonté et que l’entreprenariat est une entreprise risquée financièrement. Mon exemple du plombier visait à mettre en relief le fait qu’aujourd’hui, et contrairement à ce qui était le cas il y a une dizaine ou une vingtaine d’années, les études longues sont aujourd’hui génératrices de bas-salaires pour les gens issus des classes moyennes qui souhaiteraient gagner une meilleure place dans la société.
       Je n’affirme en aucun cas qu’un diplôme devrait donner un droit sur une quelconque place privilégiée, mais je constate qu’il existe une absurdité dans la répartition des positions hiérarchiques au sein même d’une société, indépendante des compétences réelles, qui ne peut s’expliquer que par la prédominance des réseaux. Un diplôme n’ouvre pas de droit divin les portes de l’ascenseur social mais une absence de diplôme est bien pire encore, les employeurs arguant toujours cet argument pour refuser une promotion à des gens méritants (ça je l’ai vu et revu un certain nombre de fois pour d’excellents ouvriers ou techniciens). 
       Ensuite j’ai l’impression qu’il existe une confusion dans la comparaison des différents parcours qui sont évoqués ici, que je pourrais classer en trois catégories : les confusions dans le temps, les confusions dans l’espace et les confusions de domaine.
       Les confusions dans le temps comparent des parcours commencés il y a une vingtaine d’années avec une situation postérieure ou actuelle. Or peut-on réellement prétendre que quelqu’un qui a réussi en partant de rien il y a vingt ans réussirait aujourd’hui dans les mêmes conditions ? Car les loyers, les possibilités offertes, le coût de la vie en général sont des données qui ont radicalement changé et qui influent énormément sur les possibilités de réussite sociale. La meilleure preuve de cette mutation est je crois le développement effarant de la prostitution étudiante en France, régulièrement rappelée par les médias.
       Les confusions dans l’espace sont à relier avec l’origine sociale des gens. En effet j’ai bien précisé que je venais de province et que j’appartenais à la zone noire des classes moyennes. Or il s’agit je crois de la pire des conditions des départ car là où un habitant de banlieue parisienne habitant en HLM pourra bénéficier de tout l’attirail social réservé aux boursiers (argent, logement prioritaire, conseils d’orientation et proximité avec les bonnes prépas et les grandes écoles dans ce cas précis), un habitant de province appartenant aux classes moyennes n’aura droit à aucune aide et devra donc se payer un appartement avec ses petites économies (sans APL si non-conventionné), ou tenter de trouver un logement universitaire dans des résidences surpeuplées. C’est là un boulet que seuls comprendront ceux qui ont vécu cette situation.
       Les confusions de domaine consistent à comparer des réussites dans des secteurs porteurs avec des parcours dans des secteurs en crise. J’ai choisi ce métier pour des raisons affectives, parce que j’aimais l’idée de créer des ensembles mécaniques, et je dois bien reconnaître que j’aurais peut-être dû m’orienter dans l’informatique ou la finance et faire un choix d’intérêt.
       Ensuite à ceux qui prétendent que je suis sûrement « bon à rien » je répondrais : bien au contraire, et c’est bien ça mon problème aujourd’hui. Car travaillant dans un secteur en crise dans lequel les compétences se font rares mes qualifications sont recherchées, et lorsque je postule à un emploi quelconque je me retrouve de ce fait immédiatement attaché à un poste d’exécutant car je suis, malheureusement pour moi, capable de faire. Or comme je l’ai déjà dit je ne vois que rarement dans l’encadrement des gens capables de faire à la place d’un technicien. Mes compétences techniques deviennent, de ce fait, un handicap à une quelconque promotion.
       Enfin à ceux qui me conseillent de « me remuer » je souhaiterais préciser que ce n’est plus mon cas aujourd’hui, car je me suis épuisé durant toutes ces années pour finalement ne rien obtenir et cela m’a porté un sérieux coup au moral. Ceci est, je le reconnais, l’un des facteurs qui explique la faiblesse des salaires que l’on me propose. Je n’ai plus envie de retourner travailler, je n’ai plus cette « gnaque » aveugle des années où je croyais pouvoir gagner une meilleure situation.
       Voilà donc ma réponse, en complément de mon autre commentaire antérieur qui se trouve un peu plus bas. Si vous n’avez pas trouvé de réponse à vos remarques dans ce commentaire, c’est sûrement que j’ai déjà répondu dans mon commentaire précédent.


    • JFF06 24 juin 2016 09:42

      @Rensk
      Ça me fait de la peine pour vous car dans mon immeuble HLM il y a une flanquée de personnes 100% valides cumulant RSA et pension d’invalidité (sic)

      bon courage

    • La mouche du coche La mouche du coche 17 mai 2017 20:44

      Bon. En même temps, on ne va pas trop plaindre les ingénieurs. Ils passent leur vie à inventer des machines qui mettent de plus en plus de gens au chomage, il est juste et bon que leur tour vienne un jour. Tout va bien. smiley


    • Ariane Walter Ariane Walter 15 octobre 2011 10:13

      Bel article. La tragédie, ce sont ces milliards d’hommes qui ont du talent, des pouvoirs d’action et de création et qui ne sont pas utilisés ou si peu.
      Pour travailler, en effet, il faut faire partie d’un clan. le clan au pouvoir. Et la fermer.

      J’ai trouvé cette phrase que j’ai aimée sur Fb :

      « Un jour les pauvres n’auront plus que les riches à manger. »


      • lsga lsga 15 octobre 2011 13:13

        oui, enfin, 1500€/mois ce n’est pas la misère. 


        Si on doit changer la société, ce n’est pas pour en faire un paradis de petits bourgeois consommateurs. 

        Écraser la société de consommation, anéantir les rêves de consommateurs, vider les super-marché de leur superflu, mettre fin à l’habitat individuel au profit de l’habitat collectif, éliminer la voiture individuelle... 

        Voilà à quoi ressemblera l’avenir post-révolutionnaire, et il n’a rien à voir avec les rêves d’un ingénieur petit bourgeois qui voulait un écran plat, une grosse voiture, et un pavillon pour ’réussir sa vie’. 


      • Rensk Rensk 15 octobre 2011 15:35

        @ Ariane,

        Et la femme de l’année ?
        http://www.fhs.ch/fr/news/news.php?id=702
        http://www.femmes-entrepreneurs.ch/fr/prix/

        Juste pour dire qu’en tant qu’homme j’aurais préféré que vous nous écriviez « ces milliards d’humains » plutôt que...

        Ach... ne croyez pas quand ont dit « homme » que je regarde mon « zizi » smiley


      • Rensk Rensk 15 octobre 2011 15:47

        Pas la misère... bof... si quand-même car si ont fait le change c’est du 3’000 (en gros ces temps ci)... Les syndicats demandent au moins 4’000.- minimum par mois... pour sortir les centaines de milliers de « working-poor » des œuvres social des communes et des cantons et de l’État fédéral...
        (cela coûte pas mal en impôts ce « soutiens aux patrons »...)

        Faite en gros le retour « du change »... nous ont parle de 2’000 € par mois AU MOINS (sans compter le 13 salaire !)


      • Rensk Rensk 15 octobre 2011 15:54

        Aïe, mon "change date... 1’500 € c’est du 1’209.9394 CHF aujourd’hui... donc : La France est très pauvre !!!


      • herbe herbe 15 octobre 2011 20:18

        Ariane quand j’ai lu votre commentaire, j’ai été saisi qu’il vienne comme en écho à une de mes récentes lectures dont je vous donne l’extrait :

        "Nous voulons seulement répéter ici ce que nous avions suggéré par ailleurs, qui est aussi l’un des messages du physicien David Deutsch (lire notre chronique The beginning of Infinity) : il y a dans la jeunesse actuelle suffisamment de matière grise disponible pour que l’immense stock de connaissances accumulé depuis quelques années par les sciences ne puisse être utilisé à autre chose qu’à développer des armements et des systèmes de contrôle. Sur ce plan proposer des scénarios détaillés permettant de remplacer Wall Street et les systèmes de domination analogues par des processus de recherche-production mutualisés associant les pauvres et les moins pauvres de ce monde devrait devenir une priorité pour des hommes politiques résolument décidés à sortir du Système, même si celui-ci les a nourris et financés jusqu’à ce jour. Mais de tels hommes politiques existent-ils ?"

        Pour ceux qui ont un peu de temps voici la source :
        http://www.dedefensa.org/article-dialogues-24_sortir_du_systeme_12_10_2011.html


      • Rosalu Rosalu 16 octobre 2011 09:19

        C’est bien triste de gagner aussi peu après tant d’efforts... mais il y a une part de désinformation dans cet article...

        Dans ce parcours, il y a surtout eu un déficit d’information. Car en France, malgré ce qu’on dit, on peut ENCORE intégrer à l’issue d’une prépa publique une école d’ingénieur publique dont la scolarité est gratuite. L’auteur nous dit qu’il a fait le choix de travailler (plutôt que d’intégrer une prépa) alors qu’il avait un BAC avec mention. Apparemment, il n’était pas dans une détresse telle qu’il était impossible de financer l’hébergement et la nourriture pour une prépa (dont la scolarité est gratuite) puisqu’il n’avait pas droit à une bourse.... L’erreur a été de ne pas aller en prépa et tous les déboires découlent de là... Aller en fac pour devenir ingénieur est un très mauvais choix...

        En tant que prof, j’ai vu beaucoup d’élèves issus de milieux modestes intégrer des écoles d’ingénieurs PUBLIQUES .
        La crainte, à l’heure actuelle, c’est que ces structures publiques disparaissent au profit d’écoles payantes....

        Extrait du Magazine l’ETUDIANT :

        La plupart des quelque 230 écoles d’ingénieurs reconnues par la CTI (Commission des titres d’ingénieur) sont publiques. La scolarité y est alors gratuite, hors frais d’inscription. Dans les écoles dites universitaires, le coût de la formation reste abordable (il est défini chaque année par l’Education nationale, et s’élève à 500 € par an). Enfin, dans les écoles privées, les tarifs varient considérablement d’une école à l’autre : les élèves peuvent débourser jusqu’à 6 500 € par an, voire plus.


      • K K 16 octobre 2011 10:59

        Monsieur le professeur de sup, les frais pour une année scolaire ne se limitent pas aux frais de scolarité. Il convient d’ajouter l’hébergement, les fournitures, les transports.... Et si les boursiers peuvent s’en sortir, ceux qui sont juste audessus du seuil n’ont d’autres choix que de travailler.


      • xbrossard 17 octobre 2011 11:24

        @Ariane Walter


        « Un jour les pauvres n’auront plus que les riches à manger. »

        On a coutume de dire, et je le crois assez, que les thèmes des films de science-fiction sont souvent représentatifs de l’époque où les films sont sortis ; ainsi la mode des petits hommes vert de la planète rouge (les communistes quoi...) pour les fims des années 50-60 en pleine période de guerre froide. Or, qu’est ce qui est à la mode actuellement ? les films de zombies, où « littéralement » la plèbe dévore les survivants (voir à ce propos le film emminemment politique à la base de tout les autres : « zombie » de Romero.
        Accessoirement, l’autre thème très à la mode, les vampires, qui viennent sucer la vie des survivants....une métaphore des riches et puissants qui aspirent la vie du peuple...
        d’ailleur, souvent les victimes des vampires deviennent des zombies smiley


      • Xtf17 xtf17 15 octobre 2011 10:37

        Tellement vrai !
        Rien à ajouter, sinon que certaines grosses boites rusées (et qui peuvent se le permettre) ont adopté la tactique d’acheter la paix sociale avec des salaires un peu plus élevés que la moyenne.
        Mon parcours personnel similaire à celui de l’auteur m’a permis d’entrer dans une telle boite (sinon que moi je suis chercheur « de base » à bac+8, je suis aussi ingénieur d’une grande école, 6 ans d’expérience supplémentaire, payé 3000€ dans une très grosse boite du CAC40, avec 5 échelons hiérarchiques au dessus et 1 au dessous...).
        Pas le droit de se plaindre en quelque sorte. Déprimant.
        Du coup je suis maintenant délégué du personnel pour essayer de faire bouger les lignes, et j’apprends à mes collaborateurs à ne pas se laisser faire par le système.
        Un point qui remonte le moral : les syndicats ont fait le plein en début d’année, même chez les cadres !


        • Rosalu Rosalu 16 octobre 2011 09:01

          C’est bien triste de gagner aussi peu après tant d’efforts... mais il y a une part de désinformation dans cet article...

          Dans ce parcours, il y a surtout eu un déficit d’information. Car en France, malgré ce qu’on dit, on peut ENCORE intégrer à l’issue d’une prépa publique une école d’ingénieur publique dont la scolarité est gratuite. L’auteur nous dit qu’il a fait le choix de travailler (plutôt que d’intégrer une prépa) alors qu’il avait un BAC avec mention. Apparemment, il n’était pas dans une détresse telle qu’il était impossible de financer l’hébergement et la nourriture pour une prépa (dont la scolarité est gratuite) puisqu’il n’avait pas droit à une bourse.... L’erreur a été de ne pas aller en prépa et tous les déboires découlent de là... Aller en fac pour devenir ingénieur est un très mauvais choix...

          En tant que prof, j’ai vu beaucoup d’élèves issus de milieux modestes intégrer des écoles d’ingénieurs PUBLIQUES .
          La crainte, à l’heure actuelle, c’est que ces structures publiques disparaissent au profit d’écoles payantes....

          Extrait du Magazine l’ETUDIANT :

          La plupart des quelque 230 écoles d’ingénieurs reconnues par la CTI (Commission des titres d’ingénieur) sont publiques. La scolarité y est alors gratuite, hors frais d’inscription. Dans les écoles dites universitaires, le coût de la formation reste abordable (il est défini chaque année par l’Education nationale, et s’élève à 500 € par an). Enfin, dans les écoles privées, les tarifs varient considérablement d’une école à l’autre : les élèves peuvent débourser jusqu’à 6 500 € par an, voire plus.


        • eric 2 novembre 2011 20:46

          Bonjour,

          J’ai également le même profil, ingénieur de recherche dans une boite du CAC40, plus de 10 ans d’expérience, payé 3500 Euros net. J’ai constaté la même dérive du management qui, ne maitrisant plus rien et surtout pas la technique, se replie derrière son écran d’ordinateur et ses chiffres. Le paradoxe est que sans être manageur je fais plus d’encadrement qu’eux en travaillant avec les doctorants, post-doctorants, stagiaires, prestataires et développeurs de mon équipe. Etant autonome dans mon travail et fixant mes propres objectifs (que mon manageur se contente d’approuver) je me sens en fait beaucoup plus responsable que lui. Je suis ma propre petite entreprise et tant qu’elle tourne et produit des résultats tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mes recherches ont récemment donné lieu à un produit commercial, pensez-vous que j’aurais obtenu une promotion ? Que né-ni ! La promotion des gens qui créent n’est plus à l’ordre du jour dans nos grandes entreprises gangrénées par l’incompétence technique et managériale, ce qui met d’ailleurs en péril l’entreprise elle-même. Les actionnaires devraient peut être s’en inquiéter ! En attendant, j’incite les salariés à se syndiquer pour créer un contre pouvoir salutaire.


        • le poulpe entartré 15 octobre 2011 10:42

          Bonjour Zeugma,

          Avec votre diplôme durement acquis et bien consolidé par votre parcours professionnel, vous auriez à priori toutes vos chances au Québec, voir au Canada si vous êtes anglophone (sans être traducteur-interprète).

          Voici le site qui vous permettra d’évaluer vos chances :

          http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/index.html

          et celui de l’agence de l’emploi Canadienne :

          http://emploiquebec.net/index.asp

          Prenez garde toutefois à ne pas partir sur un coup de tête, un ras le bol passager. Dites vous bien qu’une fois là bas, vous repartirez de zéro c’est à dire :

          -refaire un cercle social, des amis, des copains autres que les collègues du boulot.
          -s’adapter à des horaires de travail parfois « élastiques » mais au vu de votre article cela ne vous effraie pas.
          -une alimentation assez différente mais on s’y fait très vite.
          -des relations de travail cordiales mais requérant de l’efficacité (pas de brêle afficionados de la machine à café) et de la ponctualité (on acceptera que vous soyez une fois en retard par trimestre et encore).
          -trouvez un logement (relativement aisé, en plus ils sont spacieux), s’acheter des meubles (mais ikéa existe aussi là bas (oui, c’est terrible)).
          -s’adapter au climat car l’hiver il fait vraiment froid mais les vêtements conçus pour ce faire sont vraiment efficaces.

          Si votre moral accepte l’éloignement de vos proches (neuf heures d’avion+décalages horaires) alors bonne chance. Vous méritez mieux que 1500 € par mois. Votre article est d’une lucidité rare, félicitations.


          • sleeping-zombie 15 octobre 2011 10:44

            Hello,

            quelle colère, quelle colère...

            Mais je pense que tu devrais faire un peu le tri dans tes propos. Tu commences à écrire que le système scolaire est juste, pour conclure en disant qu’il est pourri. Tu fustiges le retour de la monarchie, pour après cracher sur les plombiers qui ne sont rien à tes yeux, puisqu’ils n’ont pas le diplôme d’ingénieur. Désolé, mais croire que posséder un titre doit induire une position sociale, c’est justement ça l’esprit de la monarchie.
            Même dans ta conclusion, tu fustiges le mythe du « grand méchant chinois » pour le ressortir 10 lignes plus loin.

            Enfin bref. Le jeansarkosysme est un fléau, mais qui ne date pas d’aujourd’hui. Il sévissait déjà à l’époque « bénie » ou les ingénieurs pouvaient croire qu’ils n’étaient pas fait de la même merde que les ouvriers, vu qu’ils gagnaient plus.

            Ah, au fait, ce que tu décris, ça s’appelle le déclassement social. C’est pas nouveau : début 1900 un instituteur gagnait autant qu’un notaire, et était considéré comme un « notable ».

            Mais bon, comme visiblement, ça te fait mal au cul de gagner autant que la moitié des français, sous prétexte que tu t’imagines bosser plus (« la gnaque ».. pff...), va bosser ailleurs, ou devient toi-même marchand d’esclave. Et si tu crois qu’une fiche de paie où il y a marqué 3000 plutôt que 1500 signifie que tu es un meilleur homme, je te plains.

            Mais bonne chance quand même. sincèrement.


            • sleeping-zombie 15 octobre 2011 10:46

              Flûte, j’oubliais : tu peux aussi envisager de devenir plombier...


            • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 15 octobre 2011 22:54

              Excellent commentaire qui traduit ma pensée.


            • jacques lemiere 16 octobre 2011 17:51

              C’est assez vrai....le problème de cet article est que l’auteur est convaincu d’une supériorité...


              En outre , il n’explique pas les raisons de la désindustrialisation, ces managers ont sans doute accompagné ce phénomène mais n’en sont pas la cause , qui est justement une absence de politique industrielle de production. 

               ET puis je trouve qu’il est toujours dangereux de se qualifier de meilleur puis d’échouer ;...meilleur à l’école ? et alors ?
              on pourrait trouver ton jumeau qui, ayant quant à lui « réussi »,serait persuadé que ses qualités sont les raisons de son succès et qui conclurait ceux « qui veulent bosser s’en sortent toujours »...

              Le témoignage sur l’évolution de l’industrie est toutefois intéressant, ainsi que l’injustice « boursière ».

               

            • JFF06 24 juin 2016 10:19

              @jacques lemiere

              Le fond est mal exprimé mais vous n’avez rien saisi à son propos et je partage l’opinion de l’auteur.
              Ce dont il se désespère, c’est l’effondrement de la classe productrice de richesse. En 1900, un cadre productif (souvent ingénieur) gagnait autant si ce n’est plus qu’un notable. Et pour cause, ce dernier, bien que utile et nécessaire, ne produit aucune richesse. Or aujourd’hui on a « assisté », (au passé car c’est trop tard) à la paupérisation des forces productives supérieures en France. Les cadres ingénieurs sont largement sous payés par rapport à leurs aînés d’il y a 30 ans, et on a vu du coup disparaître le tissu industriel français (sic). De plus, on assiste à une hémorragie des « talents » français qui fuient la France (faute de salaire décent pour un cadre cela s’entend).Alors certes, je gagne 2.5 SMIC nets, mais j’ai fait 5 ans d’études supérieures et j’ai aujourd’hui 20 ans d’expérience professionnelle dans une profession qui ne connaît pas la crise (informatique). Malgré ça tous mes débouchés sont « bouchés » par des SSII qui vampirisent le marché, les employeurs trop effrayés par la rigidité du CDI préfèrent LES payer cher pour me virer du jour au lendemain plutôt que ME payer cher et prendre le risque d’un prud’homme éventuel.
              J’ai beaucoup de respect pour mon déménageur qui n’a fait aucune étude et gagne lui 3 SMIC nets. Vous me répondrez que si je ne suis pas content, je n’ai qu’a devenir déménageur. Mais en discutant avec lui, LUI ne souhaite pas demain d’une société de déménageurs et de plombiers, car il est bien conscient que le monde en dehors de la France ne tourne pas qu’avec des plombiers et des déménageurs.
              Quelles conséquences pour la France ? Vous ne le ressentez pas vraiment mais vous en entendez parfois parler : aujourd’hui plus d’1/3 du capital français (sociétés, immobilier,...) appartient à des fonds étrangers. Les fameux chinois rachètent en masse les terrains agricoles français. Oui, la disparition de l’industrie vient de la paupérisation de ses cadres productifs. Et la conséquence d’un tissu économique orienté vers le tout service, c’est le morcellement du capital (dur) français.
              C’est grave ? Pas dans l’immédiat. On peut vivre avec, mais si vous pensez que confier la propriété de vos sols, murs et sociétés au Qatar et à la Chine ne vous changera pas demain de société, alors dormez tranquille...

            • Perverseau 15 octobre 2011 10:45

              Salut l’ami, nous avons à peu de chose près le même parcours et les mêmes expériences (mécanique, chaudronnerie, construction métallique, ...) et je sais combien il est dure de ce faire valoir dans ce monde qui privilégie la rentabilité plutôt que l’excellence humaine.

              L’industrie est réservé au faire valoir et autres calculateurs, tu pers ton temps, mon expérience te conseille des secteurs d’activités ou l’on privilégie encore la compétence car ceux-la sont dépendant de l’évolution technologique constante (je pense au bâtiment et ces capacités d’adaptation rapide) et de ce fait peu malléable au objectif d’une rentabilité prévisionnelle à moyen terme, mais ceci est valable que pour les PME de petite taille (effectif de 50 à 100 employés), donc éviter des boites tel que Bouygues ...

              Pour exemple le dernier emploi que j’occupai en bureau d’étude (technico-économiste en construction métallique) était rémunéré environ 45-50 K€/an, de plus j’ai pratiquement toujours eu beaucoup de liberté et peu de contrainte (surtout au poste de métreur/dessinateur). J’ai quitté mon emploi volontairement pour vivre ma passion celle d’être au contact de la nature et j’ai repris les études (chères études) et donc je suis actuellement un troisième cycle universitaire en biologie végétale et écologie fondamentale, cela juste pour te dire de ne jamais douté et toujours avancé droit devant soi, ...

              En ce qui te concerne, tu as de l’expérience et il te faudrait pas grand chose pour que ta vie soit meilleure et plus valorisante si tu accepte de changer d’orientation et peut être envisager un peu de mobilité, tu aurais beaucoup à y gagner. ESSAYE la piste construction métallique/serrurerie/métallerie et il est fort à parier que ta vie évolue positivement. Les postes à pourvoir son ceux de métreur/deviseur/projeteur/conducteur de travaux/calculateur, etc. La transition est possible pour un mécano, il te faudra juste quelques petites adaptations de tes connaissances et compétences actuelles, alors je te le conseille vivement, c’est une piste sérieuse à suivre.

              Ne doute jamais de toi et invente ton avenir et ne te laisse pas abuser émotivement par un système qui de toute évidence finira par ce solder d’une faillite....


              • kama kama 15 octobre 2011 11:18

                Je vais être un peu dur, mais c’est pour ton bien camarade :

                BTS Compta, 15 ans passés à galerer en banque et à m’accrocher.... un gamin (bonjour les finances tu peux imaginer), et puis finalement à 35 ans le MBA que je me suis payé (40.000€ sans les frais). Aujourd’hui sans revenus, en train de dépenser mes économies parceque pas de droit au chômage... et ce que tu payes en loyer je le lâche en pension pour mon gamin !
                Avant j’aurai réagi comme toi, ce qui a changé ajourd’hui, c’est que je sais que les ressorts nécéssaires pour me sortir de ma situation, je les poss`de en moi, je me le suis démontré (toi aussi d’ailleurs, tu as fait plus déjà que beaucoup de tes camarades....)

                Les militaires te diraient (je fais partie de cette génération qui a fait le service :S ) : ’sort toi les doigts du cul !!’, autre façon de dire arrète de te plaindre.
                Car si aujourd’hui tu aspires à mieux, tu vaux aussi mieux que la majorité de tes concitoyens, parceque tu as démontré ta capacité à rebondir. Alors bien sur, tu en trouveras des profiteurs et des aigrefins, mais nul doute que ta patience sera récompensée. Et pour cela une règle : ne pas se laisser aller à considérer que le monde est pourri, que la vie est dure, mais bien chercher encore et encore les moyens de faire mieux. ta vie aurait-elle été plus facile à une autre époque ? Sans doute n’aurais-tu même pas eu le loisir de faire des études....
                Et si tu crois que tu n’as pas de chance dans la vie, je te passe la vidéo d’un de mes profs, ça aura au moins le mérite de te faire bouger un peu j’espère. (par ailleurs je recommande cette vidéo à tous ceux qui ne comprennent pas pourquoi la vie ne leur réussit pas.....) :


                Enfin une devise que je garde sur mon bureau en permanence, et qui me rappelle que rien n’est perdu : ’le chemin se fait en marchant’, 
                Et moi je n’ai pas fini de marcher. Toi ?


                • mixx 15 octobre 2011 11:33

                   Cet article est vraiment criant de vérité, je suis revenu en France au mois de juin après avoir travaillé 18 mois au Canada. Et, j’ai pu constaté que le système français est fait pour appauvrir les classe moyennes et empêcher les individus d’en sortir.

                   Je peux vous dire une notre chose, il me tarde vraiment de repartir à l’étranger car quand on voit « l’esclavage » que l’on subit en France et ce que l’on gagne à l’étranger pour le même job. On ce dit qu’il faut ce sauver

                  • kemilein 15 octobre 2011 12:19

                    - sur les possibilités qui sont encore offertes en France de s’enrichir lorsqu’on est honnête et bosseur [..]
                    - A quoi bon continuer à travailler quand aucune récompense n’est à la clé [..]
                    - Les employés ont aujourd’hui l’impression de courir sur un tapis roulant, ou d’être des hamsters dans une cage circulaire que l’on ferait tourner de plus en plus vite.

                    et c’est bien la le triste drame de vos existences. vous courrez après vos chimères et ne comprenez toujours pas pourquoi elles vous échappent.
                    Dans un système capitaliste ce sont les tares cupidité et avidité, qu’on nomme pudiquement « intérêts personnels » qui gouvernent vos vies, et avec le libéralisme en prime c’est une absence totale de règlementation.
                    Ces concepts ne sont pas des abstractions économiques, mais des réalités comportementales, a l’échelle individuelle (psychologique) et collective (sociologique). En d’autre terme vous êtes condamner a le subir tant que vous ne changerez pas vous même la vision que vous avez de votre vie, de votre existence.

                    il existe bien d’autre façon de produire sans désir d’enrichissement : faire des cadeaux a ceux qu’on aime. si on « aimait » (était soucieux) d’un peu plus de monde, l’intérêt général qu’on appel ça, on pourrait fort bien « travailler » (avoir une/des activité/s) uniquement pour la bonne conduite de notre collectivité humaine, sa prospérité, son confort raisonné et son bonheur global. Ce qu’est normalement une famille (bien que là il soit plus question d’égoïsme parental, de conditionnement d’éducation et de conformisme d’affichage social)

                    -

                    - Je croyais à la vertu du travail, car jusqu’au Bac l’égalité existe encore et ce sont les meilleurs qui obtiennent les meilleures notes. Point. Pas d’inégalités. Alors je bossais dur pour me construire une meilleure vie.

                    c’est d’autant plus malheureux de confondre école élitiste avec école égalitaire.
                    et l’école française à toujours été une école
                    obtenir une bonne note parce qu’on est un bon élève n’a rien avoir avec l’égalité, ca a avoir avec le mérite... après de nombreuse études, il est même démontré que les profs on l’obligation par leur hiérarchie, mais aussi dans leur propre vision de ce qu’est l’école de classer les élève. Dans une classe de surdoué, ils ont fait le teste, la prof avait classé les élèves (alors que tous étaient bien plus intelligent qu’elle même) et certain se payait des sales notes.

                    l’école n’est pas une institution égalitaire, elle ne donne pas sa chance, c’est une trieuse, entre ceux qui vont survivre et ceux qui vont périr. et avec une norme sociétale acceptée par tous qui est le productivisme, seul ceux qui pourront servir au mieux l’intérêt doctrinal (profit, production) seront sauvé.


                    • kemilein 15 octobre 2011 12:21

                      et l’école française à toujours été une école élitiste


                    • perlseb 15 octobre 2011 17:20

                      obtenir une bonne note parce qu’on est un bon élève n’a rien avoir avec l’égalité, ca a avoir avec le mérite

                      Je ne suis même pas d’accord avec ça. J’étais bon élève, je ne travaillais pas plus que les autres, et j’ai fini ingénieur (contrairement à l’auteur, j’étais boursier dans une école publique bon marché). Mais le mérite ne se trouve pas dans le fait d’avoir des meilleures aptitudes dans certains domaines. Une société civilisée devrait déceler les aptitudes des gens plutôt que de les sélectionner sur des aptitudes limitées choisies comme fondamentales (mathématique par exemple).

                      « Inégalité, espoir, soumission ». Tant qu’il y a des inégalités, il y aura des gens comme l’auteur qui auront l’espoir de faire partie des plus riches par le travail. L’inégalité est là pour renforcer l’espoir, et l’espoir est toujours une composante forte de la jeunesse qui refait systématiquement les mêmes erreurs naïves, car sans expérience. Un espoir fort favorise la soumission (et l’esclavage).

                      Moi, j’ai arrêté de travailler, non pas que je gagnais mal ma vie, mais je trouvais mon travail sans intérêt, improductif et quelque part amoral. C’est cela que je trouve le plus grave dans cette société : l’absence de morale au travail. Que ce soit en étant en haut d’une pyramide, en faisant un métier improductif ou malsain (agriculture industrielle toxique ou obsolescence programmée de l’industrie), le travail nous rend coupable d’office : coupable vis-à-vis de ceux qui sont au chômage et qui n’ont pas moins de compétences, coupables vis-à-vis de ceux qui vont consommer nos produits toxiques ou précaires ou être imposés par une nouvelle législation pour que l’on effectue une peu plus de contrôles improductifs...

                      La révolution, la seule possible, c’est de vouloir l’égalité. Ou au minimum, l’égalité horaire (avec une facteur multiplicatif pour les métiers que personne ne veut faire : une femme de ménage devrait être bien mieux payée qu’un manager). En fait un manager, dans une démocratie, ça ne devrait pas exister. On confond trop expertise et prise de décision dans nos sociétés élitistes où le cinéma nous fait croire qu’un homme seul peut renverser le cours de l’histoire. Si certaines personnes sont plus douées que les autres dans certains domaines, et bien qu’elles foment les autres et qu’elles travaillent dans ce domaine. Pour la prise de décision, on devrait toujours informer la masse des gens qui va subir la décision, et c’est cette masse qui doit décider à la majorité.

                      Soit on est démocrate et on refuse l’inégalité, l’élitisme en tout genre, toutes les pyramides (en gros toute la société actuelle), soit le monde tel qu’il est est le meilleur possible (une fois sorti d’affaire, ne souhaiteriez-vous pas que votre fils incompétent soit avantagé, protégé, c’est quand même votre fils). Quelque part, l’injustice et les privilèges, c’est malheureusement humain (en fait, parfaitement animal). Et à mon avis (pour une société meilleure), il faut combattre cette partie de l’humain : égoïsme et esprit de famille.

                      Soit on croit en en société civilisée et on cherche à l’être, soit on reste animal et c’est chacun pour soi. Notre société barbare est un mélange des deux (on sait bien que tout seul on n’arriverait à rien, mais on veut quand même plus que les autres).


                    • kemilein 15 octobre 2011 18:06

                      ca a avoir avec le mérite... après de nombreuse études, il est même démontré que les profs on l’obligation par leur hiérarchie (...) de classer les élève. Dans une classe de surdoué, ils ont fait le teste, la prof avait classé les élèves (alors que tous étaient bien plus intelligent qu’elle même) et certain se payait des sales notes.

                      j’avoue c’est pas clair, je voulais dire qu’effectivement le mérite c’est pas ça non plus dans l’institution scolaire. en fait y’a des victimes expiatoire qui servent de martyre dissuasif.

                      le bien noté l’est peut être parce qu’il a fait (pas forcément bien) son travail, parce que le juge (prof) décide de sa sanction selon sa perception subjective du devoir, et enfin parce qu’un prof a l’obligation de classer ses élèves.

                      l’école c’est l’école de la vie

                      elle vous apprend soit a voir des victimes sacrificielles dès votre plus jeune age, soit a voir des « collabo » récompensé, comme on donne un sucre a un chien quand il réussi a lever la patte. les deux faces de notre société actuelle, castratrice et sacrificielle sont les deux conditions pour que survive pareil système. vous devez travailler dur pour avoir quelque chose (sacrifice) et réciproquement en attendant vous devez prendre votre mal en patience (castration). Et plus on vous impossible l’accès a ce que vous désirez (castration)plus vous vous échinez a la tâche (sacrifice)

                      la motivation par la récompense est vraiment un mode de fonctionnement primitif, primaire... bestial, bref, l’humanité toute crachée (reu teu peuh)

                      -

                      persleb, nous partageons la même vision

                      - l’absence de morale au travail. Que ce soit en étant en haut d’une pyramide, en faisant un métier improductif ou malsain (agriculture industrielle toxique ou obsolescence programmée de l’industrie), le travail nous rend coupable d’office
                      - La révolution, la seule possible, c’est de vouloir l’égalité.
                      - Soit on est démocrate et on refuse l’inégalité, l’élitisme en tout genre, toutes les pyramides (en gros toute la société actuelle)

                      - Quelque part, l’injustice et les privilèges, c’est malheureusement humain (en fait, parfaitement animal)

                      constat que je fais depuis un certain temps (plus de 14 ans... ce qui est plus que la moitié de mon age)


                    • perlseb 15 octobre 2011 19:29

                      Merci pour cet éclaircissement. Effectivement, nos avis sont proches.


                    • Rosalu Rosalu 16 octobre 2011 09:12

                      Qu’est-ce que cela veut dire « j’ai arrêté de travailler » ? A moins d’être rentier, arrêter de travailler correspond à dire qu’on choisit de vivre sur le dos de ceux qui travaillent...


                    • kemilein 16 octobre 2011 11:15

                      avoir une vieille bâtisse (fermette/bergerie) retapé main avec environ 1.000 2.000 m² de terre cultivable par 2 personnes par an en permaculture (avec des variétés « exotique » style tomate de sibérie).

                      je peux te garantir que tu peux vivre sans travailler. faut juste s’occuper de sa bouffe.
                      après si t’aime quand même t’acheter un microonde payer l’électricité et quelques fringues... faut te prostituer au système de temps en temps, notamment pour les impôts.

                      le seul problème ? bah de suite pour taffer faut une voiture... donc le mieux c’est encore de vivre en tribut-secte a partir de deux (un couple et au delà) et éviter de faire des gamins : ca vous bousille une vie et c’est ingrats, vous êtes égoïste d’en faire parce qu’ils auront une vie de merde, bref toute les raisons de pas se faire chier avec des gamins.


                    • perlseb 16 octobre 2011 20:39

                      Qu’est-ce que cela veut dire « j’ai arrêté de travailler » ?

                      Comme j’ai vécu presque 3 ans de chômage (aucune expérience en début de « carrière »), j’ai pris très jeune (sur le marché du travail après un service bidon à 23 ans) l’habitude de me contenter de peu. Bricoler (chez ma mère divorcée et donc en grande difficulté financière elle aussi) par manque d’argent, s’habituer à une vie chiche, ...

                      Après, quand on trouve un travail, on n’a pas envie de faire la fête et de faire des enfants, même si on finit par gagner bien. En fait, on est conscient qu’il n’y a aucune justice. Je n’ai jamais touché d’allocations chômage (chômeur avant d’avoir travaillé), jamais touché d’indemnités maladies (jamais été malade pendant mes 10 ans de vie professionnelle), et je sais que je peux tirer une croix sur la retraite. Pourtant mes cotisations étaient loin d’être nulles.

                      J’ai mis un peu d’argent de côté, mais effectivement, si on cherche à être autonome, il n’y a pas besoin de tant que ça. Il faut juste un peu de courage et surtout pas d’enfants. Je ne dépends de personne, je me moque de l’assurance maladie, les impôts d’une maison en Aveyron avec 1000m2 de jardin sont très faibles par rapport à la vie en ville.

                      Il est clair cependant qu’à ma place, n’importe qui d’autre aurait mené une vie bien différente (course à l’immobilier-location pour « s’enrichir » avec effet de levier ou dépenses pour frimer et mener une « vie de riche »). En fait, quand on voit l’intérêt du travail aujourd’hui, je préfère nettement utiliser mon temps pour mon jardin et pour le bricolage, sans aucun chef sur le dos. Et peut-être arriverai-je aussi à programmer quelque chose en open-source avec le peu de temps qu’il me reste (énormément d’occupations par ailleurs : piano, sport, informatique,...).

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