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Accueil du site > Tribune Libre > Moutons, pigeons, dindons... Le Cheptel de Macron ?

Moutons, pigeons, dindons... Le Cheptel de Macron ?

Trop, c'est trop... Passe encore d'avoir dû se farcir une énième campagne présidentielle digne d'un grand carnaval comme le chantait si bien notre ami François Béranger dans son album Magouille Blues (1), mais depuis que le " grand homme " est élu, les médias continuent à nous gaver d'intoxs doublées d'une hagiographie galopante de Macron le seul, le bon, le vrai, capable de redresser ce pays envers et contre tous. 

Revenons un peu à son élection. Du grand art. Vraiment ! Pour qui connaît le club très fermé des "relations publiques et des réseaux", chapeau bas. Comment faire passer quelqu'un du stade "inconnu au bataillon" au sommet de l'état en quelques mois ? Voici la recette. 

- Avoir un noyau dur : 
L'institut Montaigne (fondé par Bébéar, avec entre autres Gérard Collomb, maire de Lyon et piloté aujourd’hui par Henri de Castries), et le think-tanks Terra Nova. On passe sur des ex-conseillers de DSK en 2006, pour atterrir à Julie de la Sablière, patronne de l'agence de communication Little Wing (spécialiste du digital) et Adrien Taquet de l'agence de publicité Jésus et Gabriel. Quelques soutiens de plusieurs députés PS doublés de personnalités de la société civile. Entre autres, Marc Simoncini, fondateur de Meetic et le patron de Mozaik RH, Saïd Hammouche. (2)

- Être propulsé par des réseaux : 
À sa sortie de l'ENA en 2004, il débute au sein du cabinet de Jean-Pierre Jouyet, qui le propulse ensuite dans le giron de la fondation Saint-Simon, puis la banque Rothschild. Ensuite, Jouyet est devenu ministre de Nicolas Sarkozy, puis secrétaire général de l'Élysée de François Hollande. (Un petit coup à droite, un petit coup à gauche... Pourquoi se gêner, la soupe est bonne) 
En 2006, il rejoint le PS et la fondation Jean-Jaurès dont le financement est assuré en partie par des trotskistes néo-conservateurs de National Endowment for Democracy, (NED). 
Puis en 2007, il entre chez les Gracques, un groupe d'anciens patrons et hauts fonctionnaires. En 2010, il rejoint l'équipe de campagne de François Hollande adoubé par Attali. 
En 2012, il devient Young leader de la French American Foundation, qui a deux administrateurs connus (Philippe Manière, directeur de l'institut Montaigne et Alain Minc (trésorier de la fondation Saint-Simon). Alain Minc, le propulse Research Fellow à la London School of Economics lorsqu'il quitte l'Élysée en 2014.
( Quand Macron quitte la banque en mai 2012, il a atteint son objectif : il est « à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours », confie-t-il une fois à l’Elysée. La transaction de 9 milliards d’euros qu’il vient de boucler pour le compte du PDG de Nestlé, Peter Brabeck, avec lequel il a sympathisé à la commission Attali, porte à 2,5 millions d’euros ses revenus bruts sur les dix-huit mois précédents.)

En mai-juin 2014, Emmanuel Macron est invité à la réunion annuelle du Groupe de Bilderberg. Cette institution a été crée en marge de l’OTAN qui en assure directement la sécurité, quel que soit le pays où elle se réunit. Son président actuel est le Français Henri de Castries, PDG d’AXA et président de l’Institut Montaigne. (vous remarquerez que c'est toujours les mêmes)

En 2016, dans les locaux de l’Institut Montaigne, Emmanuel Macron créé son propre parti, En Marche !, avec l’aide d’Henry Hermand (un des principaux mécènes de la Fondation Saint-Simon, puis de Terra Nova) . Après s’être largement expliqué sur les plateaux de télévision, l’homme décède en novembre 2016, à 92 ans

L’originalité de ce parti est que, durant ses huit premiers mois, il n’aura ni programme, ni proposition, juste un candidat à la présidentielle. 

Cela ne l’empêchera pas d’être rejoint par toutes sortes de personnalités politiques qui n’eurent pas besoin qu’on leur précise ce qu’elles savaient déjà : le programme de Macron, c’est celui de Delors et de Strauss-Kahn. En février 2017, la girouette François Bayrou, apporte son soutien à Emmanuel Macron

- Soutien inconditionnel des médias à la solde des grands patrons du CAC 40 et des réseaux :
Pour exemple, Libération, l'Obs, le Monde et l'Express totalisent plus de 8000 articles évoquant Macron entre janvier 2015 et janvier 2017. 
Alors que la totalité des articles évoquant Mélenchon, Montebourg et Hamon dans les mêmes quotidiens ne s'élève qu'à 7400. (3)
Même François Fillon qui déchaînait les "passions" n'arrivait pas à surclasser le jeune poulain. Une descente aux enfers sur médiatisé. Impossible d'échapper aux tirs de DCA éditoriaux. 

En 2016, Macron était très peu connu. Mais il a été choisi. Par les réseaux, les grands patrons, et l'intelligentsia politique. Tout ce beau monde a ordonné aux médias de mettre le turbo et l'injection. Et pour éviter un éventuel essoufflement, il y avait en réserve les fameuses bonbonnes de protoxyde d'azote destiné à transformer en bolide n'importe qu'elle banale Dacia. 
Le parachute ascensionnel était en marche. (tiens, c'est le même nom que son parti). Pourquoi lui ? Parce qu'il est assez bright et qu'il représente aux yeux des Français une voie de sortie d'une gauche/droite molle et inconsistante dont plus personne ne veut. 

C'est très fin. Comment garder le pouvoir avec les mêmes tout en présentant soi-disant un Homo Novis en politique ? Avec son élection, nous y sommes. Nous gardons les mêmes au pouvoir, mais sans que ce soit clairement annoncé. Terminé, le clivage gauche/droite. Nous sommes dans un parti unique Républico/libéralo/socialo//bobo. 1/4 de chaque, dans un shaker. Bien mélanger le tout et servir frais avec glaçons. 

Et le FN dans tout ça ? Comme d'habitude, il se saborde. À chaque élection, c'est la même chose. Sabordage. On se demande s'ils ne sont pas payés pour cela. C'est, en effet, très étrange. Marine Le Pen aurait pu faire son entrée à l'Élysée, mais voilà, elle a agité le spectre de la sortie de l'Euro. La seule chose à ne pas faire. Comment effrayer (à juste titre d'ailleurs) la classe moyenne ? En agitant le retour au franc. Comme repoussoir, rien de mieux. Alors qu'il fallait juste annoncer que le retour au franc ne se ferait qu'avec l'assentiment de la majorité des Français avec un référendum ? 
Dernier coup de Jarnac pour MLP, sa nièce qui à la veille des législatives se retire de la vie politique. Exit le FN, jusqu'à la prochaine présidentielle ou ce dernier rejouera la même partition. 

Reste Mélenchon. Ma foi. Outre le fait que c'est un bon tribun, il est au Grand Orient de France depuis 1983… Est-ce vraiment le candidat le mieux placé pour faire voler en éclats un système vérolé alors que ce même système a fait de lui un millionnaire ? Je ne le pense pas non plus. 

Cette république est complètement verrouillée. Comment se sortir de tout ce micmac ? 
Redonner le pouvoir à des gens de la société civile, qui savent gérer un budget, et qui ne seraient là que pour servir le peuple. Car après tout, tel est normalement le but d'un politicien. 

En attendant, nous sommes encore les dindons de la farce et on va devoir faire avec. Reste la contestation, avec comme devise : je râle donc je suis...

https://www.youtube.com/watch?v=9pMM8IquS0g (1)

http://lvsl.fr/medias-ont-fabrique-candidat-macron (2)

https://www.challenges.fr/politique/ceux-qui-se-cachent-derriere-la-start-up-macron_29092 (3)

https://www.contrepoints.org/2016/09/28/267204-macron-derniere-sortie-tempete

http://www.voltairenet.org/article196012.html

 


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115 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 11 mai 08:35

    « il y avait en réserve les fameuses bonbonnes de protoxyde d’azote destiné à transformer en bolide n’importe qu’elle banale Dacia. »


    Image intéressant. La question est de savoir jusqu’à quel point un moteur de Dacia peut supporter ce genre de traitement. La bonne nouvelle, c’est que tout dopage produit des effets secondaires. La mauvaise nouvelle, c’est qu’entre temps, on peut gagner 7 tours de France d’affilée, comme Lance Armstrong.



    • babelouest babelouest 11 mai 08:41

      @Jeussey de Sourcesûre

      Lance.... Lance.... Lance..... Attrape.... blam, ah zut la bicyclette elle est cassée. La machine à pédaler aussi.

      REPARO.... non, ça ne marche pas.


    • Bernard Lermite Bernard Lermite 11 mai 13:25

      @Jeussey de Sourcesûre
      « ... tout dopage ... »
       
       Le
      protoxyde d’azote est plutôt un anesthésiant (Wikipédia est notre ami)


    • Bernard Lermite Bernard Lermite 11 mai 13:51

      @Bernard Lermite
       
      ... l’auteur a vraisemblablement confondu avec le « peroxyde d’azote » qui est, effectivement, un comburant pour fusées.


    • Bernard Lermite Bernard Lermite 11 mai 14:06

      @Bernard Lermite

      ... mais le peroxyde d’azote, qui est un comburant, ne conviendrait donc pas non plus à une Daccia ! Pour une Dacia, le nitro-méthane serait + indiqué.
       
      Mais je m’éloigne du sujet de l’article  smiley


    • Clojea Clojea 11 mai 19:21

      @Jeussey de Sourcesûre : Ca améliorerait les Dacia...Et puis cela permettrait de mesurer la résistance de ses moteurs... smiley


    • Clojea Clojea 11 mai 19:37

      @Bernard Lermite : C’est vrai, autant pour moi. Il y a de l’azote dans les deux, mais l’utilisation n’est pas la même... smiley


    • Bernard Lermite Bernard Lermite 12 mai 11:56

      @Bernard Lermite
      « Le protoxyde d’azote est plutôt un anesthésiant »
       
      Houps ! 
      Le protoxyde d’azote peut aussi être utilisé comme comburant dans les moteurs d’auto !

      source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Protoxyde_d%27azote#Usage_dans_les_moteurs_.C3.A0_combustion_interne
       
      Excuses à l’auteur et je moinsse donc moi même ma (petite) calomnie.


    • babelouest babelouest 11 mai 08:38

      De toute façon, je suis persuadé que le problème de sabordage pour MLP n’est PAS de vouloir sortir de l’euro. Au contraire, c’est de ne pas assortir cette mesure accessoire d’une base bien plus essentielle : mettre en place les conditions politiques, puis économiques et monétaires de cette sortie sans plus de risques que de rester sous la tutelle de ce Deutschmark déguisé.

      Bien entendu, cela demande que des explications claires puissent être données aux Français sans les interférences vicieuses des présentateurs de télé. Dans les conditions actuelles de température de l’air et des humeurs, de pression atmosphérique, acoustique et « propagandatique », c’est mission quasi impossible. Autant proposer un concert de musique de chambre dans un atelier de chaudronnerie.

      Mais oui, la solution existe : là où ils ont pu se présenter, les candidats du Pardem à la législative auront à cœur de mettre en avant ce programme, le seul de son genre en fait.
      http://www.pardem.org/programme/intitule-des-10-parties-du-programme

      Il n’est pas certain que « les Autorités » les aideront avec bienveillance à pouvoir déployer cette présentation dans des conditions sereines.


      • Bernard Pinon Bernard Pinon 11 mai 13:24

        @babelouest
        Et encore une division de plus... Le Pardem pourrait se rapprocher de l’UPR (et réciproquement) plutôt que de la jouer solo (et réciproquement). A force d’assembler des cabines téléphonique, on finira peut-être par avoir un parti souverainiste digne de ce nom.


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 mai 17:35

        @babelouest
        Le Pardem a de bonnes idées, dommage qu’il n’explique jamais comment on fait tout ça ?

        Pour l’ UPR, c’est clair : on se rassemble provisoirement et on sort de l’ UE par l’article 50, comme les Britanniques. Mais le Pardem ne veut pas de l’article 50 ! Alors il veut en sortir comment de l’ UE ? Mystère et boules de gomme.


        Faire un programme intéressant est la portée du premier couillon venu.
        Ce qui importe, c’est comment on le met en oeuvre.

      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 mai 17:39

        @Bernard Pinon
        En 2011, Asselineau a proposé à Nikonoff une alliance avec l’ UPR. Refus.

        Le Pardem, qui s’appelait alors le M’PEP, est allé pendant des années, coller aux fesses du FDG, en pure perte !

        PS : Ne confondez pas le Pardem, qui a quelques centaines d’adhérents, et l’ UPR qui en a 27 500 !


      • babelouest babelouest 11 mai 17:40

        @Bernard Pinon
        Le Pardem a tenté de se rapprocher de l’UPR il y a quelques années : la réponse a été : « Vous me suivez », y compris dans la méthode. Comme le Pardem la trouvait, et la trouve toujours, mauvaise, rien n’a pu se faire.


      • babelouest babelouest 11 mai 17:45

        @Fifi Brind_acier
        Vous avez lu le programme du Pardem ?


      • Robert Lavigue Robert Lavigue 11 mai 17:46

        @Fifi Brind_acier

        En 2011, Asselineau a proposé à Nikonoff une alliance avec l’ UPR

        Nikonoff refusa et il ne manqua que 7 335 986 voix au gourou pour être au second tour en 2017 !


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 mai 18:46

        @babelouest
        Evidemment, l’article 50 est le seul moyen légal et pacifique de sortir de l’ UE, et vous n’en voulez pas.
        Dites -nous clairement comment vous comptez sortir de l’ UE !


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 mai 19:11

        @babelouest
        Je vous repose la question : puisque vous ne voulez pas sortir de l’ UE de manière légale, expliquez nous comment vous voulez en sortir ?? En claquant la porte ?


        Sortir sans négocier, cela signifie :
        - Ne pas récupérer le solde versé au budget européen, plusieurs milliards d’euros !

        - Ne pas se soucier du sort des milliers de fonctionnaires français qui travaillent dans les Institutions européennes. Ils ne seront plus payés, ça va leur faire plaisir !

        - Du mépris vis à vis des 26 autres pays européens avec lesquels les Traités ont été signés. Les Traités n’ont pas été signés avec Merkel ou avec Bruxelles, mais bien avec chacun des 26 pays. Et ils relèvent du Droit International. Il n’y a que les dictatures qui violent le Droit International.

        - Lorsque la France voudra signer des accords de coopération avec eux, ils nous enverront bouler !

        - Il sera impossible de mettre sur pied de nouveaux accords commerciaux avec eux.

        - Violer les Traités est passible d’une condamnation auprès de la Cour européenne de Justice et/ ou du Tribunal Pénal International....
        La France sera condamnée.... à appliquer l’article 50, on sera bien avancés !

        -Comment comptez vous reprocher à certains pays de faire de l’ingérence militaire sans mandat des Nations Unies, quand vous même, violez le Droit International ?

        - Les négociations peuvent durer de 6 à 8 mois. S’il est impossible de se mettre d’accord, la sortie au bout de 2 ans est automatique.
        Si depuis 10 ans, nous étions rassemblés, la sortie serait acquise depuis longtemps !

      • Clojea Clojea 11 mai 19:23

        @Fifi Brind_acier : Sauf que les Anglais n’ont pas le même problème...Ils sont toujours restés à la Livre. Nous on est passés à l’Euro et je doute fort qu’un retour au franc soit profitable aux sans dents cher à Hollande...


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 mai 19:45

        @Clojea
        Bonsoir,
        La livre a été dévaluée de 10 %, le chômage est au plus bas en GB depuis 1975.
        La monnaie n’est pas la seule raison du chômage en France et dans les pays du sud de l’ Europe, mais s’est une cause importante. L’euro est trop fort / $, pour les entreprises françaises, mais il ne peut pas être dévalué.


        La seule autre façon de rendre des produits compétitifs, c’est de faire baisser le prix du travail. C’est ce que préconisent tous les Mamamouchis européens.
        D’où la Loi El Khomri et celles qui suivront avec Macron : fin des acquis sociaux, fin du droit du travail, fin des CDI, baisse des indemnités chômage etc

        « La tragédie de l’ euro »


        La zone euro est la région la plus plombée de la planète, si l’euro était une réussite économique, cela se verrait ! En fait, l’euro n’a pas été une décision économique, mais politique.

        Il s’agissait d’obliger les Gouvernements « à envoyer les Etats Providence aux égouts ».


      • Bernard Pinon Bernard Pinon 11 mai 19:47

        @Fifi Brind_acier
        Je suis entièrement d’accord avec vous,la seule solution juridique est la sortie par l’article 50.

        Et je ne confond pas les cabines téléphoniques avec les bureaux de poste.
        La démarche d’Asselineau me paraît la plus cartésienne et la plus censée. Le problème est de briser les bloquages irrationnels. Le M’PEP, Nikokoff, le PRCF et autres sont victimes de ce que J.L. Beauvois appelle la théorie de l’engagement. La question, c’est comment briser ces blocages et arriver enfin à une union des souverainistes de tout bord : d’abord on se libère des chaînes, ensuite, on s’engueule fraternellement ; ça demande des concessions de tout bord. Y compris, désolé, de la part de l’UPR.

      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 mai 07:13

        @Bernard Pinon
        Il n’y a rien à discuter, la France a signé tous les Traités européens, dans lesquels la clause de sortie est l’article 50. La France accepté et signé : si elle voulait sortir de l’ UE, ce serait par l’article 50 !


        Et tous les autres pays européens ont signé la même chose. Il n’y a pas d’autre moyen d’en sortir en respectant les autres pays avec lesquels les Traités ont été signés. Si vous ne comprenez rien au Droit International, informez-vous. La GB a les meilleurs juristes du monde, elle sort de l’ UE par l’article 50 !

        Ne vous laissez pas prendre au piège, ceux qui chipotent, sont en fait des gens qui n’ont l’intention de sortir de rien du tout !
        Nikonoff en 2005 se déclarait « pour Une Autre Europe », et pas du tout pour en sortir.


      • BA 11 mai 09:03

        Comment Macron m’a séduit, puis trahi.

        EN 2010, LE JOURNAL LE MONDE EST AU BORD DE LA FAILLITE ET EMMANUEL MACRON PROPOSE SON AIDE « BÉNÉVOLE » AUX JOURNALISTES. MAIS LE BANQUIER D’AFFAIRES ROULAIT EN FAIT POUR UN DES GROUPES QUI VOULAIT RACHETER LE JOURNAL…

        Je suis Adrien de Tricornot, je suis journaliste au Monde. En 2010, le groupe Le Monde avait de grosses difficultés financières et j’étais vice-président de la Société des Rédacteurs du Monde.
        Nous les journalistes, au travers de la Société des Rédacteurs du Monde, étions les principaux actionnaires du groupe *. Nous savions que nous allions devoir faire appel à de nouveaux investisseurs, et voir nos parts diminuer. Nous allions perdre le contrôle actionnarial du journal. Il fallait nous entourer de spécialistes : avocats, banquiers d’affaires.

        C’est à ce moment là qu’Emmanuel Macron, jeune banquier chez Rothschild, fait savoir à une journaliste, qu’il est prêt à nous aider « pro bono ».


        Emmanuel Macron se présente à nous comme un banquier d’affaires qui fait de l’argent, mais n’y trouve pas du sens, membre de la Fondation Jean Jaurès, voulant défendre la liberté de la presse, ancien assistant de Paul Ricoeur… Et donc prêt à nous aider bénévolement.


        Et Emmanuel, puisque c’est comme ça qu’on l’appelait à l’époque, devient vite un conseiller important pour nous. On allait le voir le soir chez Rothschild, quand tous ses collègues étaient sortis ou dans des cafés pour se tenir au courant discrètement. On le trouvait formidable, super brillant…

        Le 2 septembre 2010 après-midi, on se retrouve une nouvelle fois dans le bureau d’Emmanuel Macron. On lui rend compte de l’état de nos négociations. On s’apprête à conclure avec l’offre Bergé-Niel-Pigasse, qui n’était pas la direction vers laquelle il nous avait conseillé d’aller. Mais l’entretien reste très cordial.


        Le 3 septembre au matin, nous avions une réunion avec les conseillers de Pierre Bergé [un des futurs repreneurs du Monde], 10 avenue George V. La coïncidence, c’est qu’à la même adresse, il y a les bureaux… d’Alain Minc. Or Minc, ancien président du Conseil de Surveillance du Monde, conseille à l’époque le groupe Prisa qui est un des autres candidats au rachat de notre journal.

        Après notre rendez-vous, nous discutons quelques minutes entre nous avec Gilles Van Kote, président de la Société des rédacteurs du Monde, notre avocat et sa collaboratrice, en bas de l’immeuble. Je vois la porte de l’immeuble s’ouvrir. Un petit groupe sort autour d’Alain Minc, pour aller déjeuner ; le dernier à sortir est Emmanuel Macron. Je croise son regard, il me semble qu’il me voit également  ; il échange quelques mots avec Minc tout en restant sur le pas de la porte, puis Macron disparaît derrière la porte cochère et ne sort pas.


        Là je dis à mes collègues : «  vous n’allez pas me croire, mais avec Minc, il y avait Macron ». Mes amis me disent que je suis peut-être un peu fatigué, mais que ça n’est pas possible.

        Je décide d’aller voir si Macron est toujours derrière la porte. Je ne vois personne dans l’entrée, personne derrière la porte, personne dans la cour.
        Je reviens sans l’avoir trouvé. Mais avant que nous nous séparions, je décide de faire une autre tentative, et je demande aux autres de m’attendre.
        Je monte à l’étage et je sonne au bureau de Minc, mais tout le monde est parti manger. Et je me dis, tiens, si j’allais monter voir aux autres étages.
        J’avais une sorte de pressentiment. J’avais vu que Macron se cachait, or quelqu’un qui se cache doit continuer à se cacher.

        Je monte les marches. Mon téléphone sonne en appel masqué. Je n’ai pas su qui c’était, j’ai raccroché.

        Et puis j’arrive au dernier étage de l’immeuble. Je vois que la porte de l’ascenseur est bloquée – et effectivement quand j’avais essayé de prendre l’ascenseur, il n’était pas dispo. Et tout au bout de l’étage, sur le palier, il y avait Emmanuel Macron qui s’était bien « replié » au moment où il m’avait vu !


        Il avait bloqué la porte de l’ascenseur, et je ne sais pas si c’est lui qui m’avait appelé en masqué pour savoir si c’était moi qui montait les marches. On s’appelait beaucoup à l’époque, mais pas en appel caché ! Ceci dit, c’est peut-être juste un hasard.
        Surtout, étrangement, quand j’arrive sur le palier du dernier étage, Macron regarde ses pieds et a son portable à l’oreille et fait comme s’il ne me voyait pas. Et précisément au moment où j’arrive sur le seuil du dernier étage, j’entends « Oui allô c’est Emmanuel… » : Il se met à démarrer une conversation au téléphone. Pile au moment où j’arrive. Je ne sais pas s’il y avait vraiment quelqu’un à l’autre bout du téléphone…
        Et moi je vois ce type juste devant moi, qui fait comme si je n’étais pas là. Je suis totalement sidéré. Je pourrais être en colère de la trahison, car on voit bien qu’il a essayé de nous cacher quelque chose, mais je suis assez content de l’avoir trouvé !


        Je me rapproche à quelques centimètres de lui, mais toujours rien… il continue à « parler » au téléphone.


        Je lui tends la main et lui dis : «  Bonjour Emmanuel. Tu ne nous dis plus bonjour ? Mes autres collègues t’attendent en bas ».

        J’ai senti à ce moment l’angoisse en lui. Il avait du mal à respirer. Son cœur battait à 200 à l’heure.
        Je lui demande ce qu’il fait là. Il me répond :
        «  – J’attends des clients »
        « – Tu attends des clients, comme ça, sur le pas de la porte ? Pourquoi tu ne rentres pas ? »
        «  – Bah, parce qu’en fait on nous prête des locaux ici, mais j’ai pas encore la clé… »
        « – En tout cas mes collègues t’attendent en bas, ça serait bien que tu descendes leur dire bonjour »
        « – Non je ne peux pas, j’attends des clients…  »
        Finalement, je lui force la main pour qu’il descende dire bonjour à mes collègues. Macron retrouve petit à petit son aplomb, pendant qu’on redescend au rez-de-chaussée.

        Je repasse la porte d’entrée de l’immeuble, cette fois avec Macron. Là, mes amis, goguenards, s’attendaient à me voir revenir bredouille. Ils passent de l’état goguenard à celui de la sidération. Parce qu’effectivement Macron était bien là !


        Macron discute quelques instants avec notre petit groupe. Parmi mes collègues, notre avocat d’affaires, qui est assez rompu aux négociations d’affaires, sait que dans ce domaine tout est permis, mais était sidéré.


        Et Gilles Van Kote [à l’époque président de la société des rédacteurs du Monde, puis directeur du journal de 2014 à 2015], qui était aussi présent ce jour-là, m’avait dit un jour : 
        « On a été trahis par tellement de gens que si même Emmanuel nous trahit, c’est à désespérer de l’humanité. »
        Quelques minutes plus tard après être parti, Gilles Van Kote m’envoie ce texto :
        « Tant pis pour l’humanité.  »

        Je pense que Macron a été se cacher parce qu’il a été surpris. Le fait qu’il soit surpris avec Alain Minc est une sorte d’aveu qu’il a des relations qui ne sont pas connues de nous avec lui. Or Macron est notre conseiller. Il a le droit de rencontrer Minc, pour des dossiers qui ne nous concernent pas et où il ne parle pas de nous. Mais s’il parle de notre dossier, il doit nous en rendre compte.
        Cela signifie que, pendant la négociation, Macron avait déjà eu des relations avec Minc, sans nous le dire. Or Minc était le soutien d’une offre qui nous paraissait particulièrement dangereuse, celle de Prisa !

        https://www.streetpress.com/sujet/1486723160-macron-le-monde


        • babelouest babelouest 11 mai 09:24

          @BA
          Une trahison ? Tiens donc ! Il a dû y en avoir beaucoup.

          Quand il s’agit du « fonctionnement » normal d’une personne, il est difficile de l’appeler traître. Cela va beaucoup plus loin.


        • babelouest babelouest 11 mai 09:32

          @BA
          Il serait intéressant de pouvoir consulter le nombre de lecteurs du Monde depuis, disons dix ans. Il n’est pas certain que son embrigadement dans une telle structure financière ait permis de raffermir le lectorat, bien au contraire.

          Quand un journal ne fournit plus que des papiers au moins discutables, au pire carrément faussés, il vaut mieux qu’il n’ait plus pour lecteurs que ceux qui commanditent cette propagande (soit une dizaine d’exemplaires, au maximum).


        • JC_Lavau JC_Lavau 11 mai 13:25

          @BA. Li Monde, c’est le journal qui nous bassine de « Réchauffement Climatique Anthropique », « pauvres ours blancs ! », « submersion des atolls ! », « La banquise arctique aura disparu en 2012 ! », « Saleté de Bachar el Assad et ses bidons ! », « Salopards de terroristes pro-russes, qui réclament une enquête sur le Boeing malaisien ! ».

          Hubert Beuve-Méry est très très mort. A présent quand on ouvre Li Monde, on lit le point de vue de Tel Aviv et de la C.I.A.

        • Croa Croa 11 mai 16:59

          À babelouest « Quand il s’agit du « fonctionnement » normal d’une personne, il est difficile de l’appeler traître. Cela va beaucoup plus loin. »
          *
          Effectivement !
          C’est un pantin. Ce n’est pas un Président de la République mais un Directeur pour la République Française. Il n’a pas de programme, c’est celui préparé par Bruxelles et Washington qu’il devra appliquer.


        • Clojea Clojea 11 mai 19:24

          @BA : Oui, les réseaux sont puissants et vieux comme le monde


        • Clojea Clojea 11 mai 22:17

          @BA : Merci pour le témoignage 


        • lloreen 12 mai 11:03

          @ BA
          "Finalement, je lui force la main pour qu’il descende dire bonjour à mes collègues."
          Vous avez l’air d’apprécier les jeux de dupe. Comment pouvez-vous alors vous étonner d’être trahi ?


        • Etbendidon 11 mai 09:07

          EXCELLENT SUPERBE ANALYSE BRAVO Clojea
          Hier soir dans un bistrot je me suis fait un pote qui est ILLUMINATI
          Il m’a dit tout ça et meme que MACRON (dans le macron tout est bon) aura sa majortité absolue, tout est déjà dans les tuyaux !
          Du coup je viendrai tous les jours sur le site en vous parlant de mon vieux pote illuminati, ça changera du vieil ami africain de cabanou !
           smiley


          • Clojea Clojea 11 mai 19:26

            @Etbendidon : Merci beaucoup. J’ai planché pas mal pour trouver les liens, les réseaux et toutes les connections...Enfin, après quelques tasses de café et quelques heures de boulot, on y arrive.


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 mai 19:49

            @Clojea
            Meyssan a fait la liste des Fondations et autre Think tanks qui ont oeuvré à l’éclosion du Rouleau de Printemps...


          • ricoxy ricoxy 11 mai 09:45

             
            Un seul mot, une seule action : révolution !
             


            • bernard29 bernard29 11 mai 10:50

              Pour la star academy de la présidentielle, les autres concurrents n’étaient pas à la hauteur. Donc Macron a gagné logiquement.


              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 mai 17:48

                @bernard29
                Merci de cracher sur l’ UPR au passage ! Ya pas de petits profits chez les « gentils virus »...

                Votre gourou Chouard, n’ est pas très courageux ! Il est bien d’accord avec Asselineau sur la sortie de l’ UE, mais il n’a pas bougé le petit doigt pour le rejoindre, participer à la campagne, appeler à voter pour lui, bref s’investir et mettre les mains dans le cambouis !


                Pareil pour Onfray, Sapir, Todd, et Berruyer ! C’est la Résistance en pantoufles ! Nos grands intellos passent leur temps à critiquer l’UE, mais dès qu’on parle de Frexit, c’est « sauve qui peut ! »

              • Lugsama Lugsama 11 mai 12:32

                Encore du Macron-bashing alors qu’il n’est pas encore en fonction, mais le mouton ceux sont ses électeurs, amusant.


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 11 mai 17:53

                  @Lugsama
                  Vous avez lu le programme que la Commission européenne impose à Macron ? Cela ne vous concerne pas ? Demandez donc autour de vous si tout le monde a bien compris de quoi il s’agissait ?


                  Et si vous avez des retraités autour de vous, bonne nouvelle, au dessus de 1200 euros, la CSG va augmenter, et pas qu’un peu !

                • Claire29 Claire29 11 mai 12:50

                   N’oublions pas aussi qu’il a dans son entourage très proche Sébastien Auzières fils de Brigitte Macron,vice président de la société Kantar Health,société à capitaux qataris qui a racheté l’institut de sondage SOFRES !

                  http://bellaciao.org/fr/spip.php?article154435

                  Pour en savoir plus sur les liens de la société Kantar Health avec l’industrie pharmaceutique :

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