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Accueil du site > Tribune Libre > Qu’est-ce qu’un système social ?

Qu’est-ce qu’un système social ?

Évidemment que c'est NOUS TOUS qui constituons et entretenons le "système". Mais le système est basé et alimenté sur et par l'idéologie dominante qui n'est jamais, comme l'a fait remarquer Durkheim, que l'idéologie des dominants.

Par ailleurs un système est une organisation complexe (en tout domaine mais ici social) d'où émergent des lois imprévisibles à partir des systèmes moins complexes sous-jacents. Donc le système, sans qu'il y ait une volonté particulière d'individus ou de groupes d'individus ou d'organisation institutionnelle, produit des lois inhérentes à sa complexité. Ainsi le maintien permanent d'un niveau de chômage élevé effectif (visible ou caché) est nécessaire au système.

Quoi qu'il en soit, le système social est basé sur une idéologie produite et véhiculée par les dominants.

La question est : peut-on transformer un système de l'intérieur VS peut-on transformer un système de l'extérieur ?

Perturber un système est évidemment possible (de l’intérieur comme de l'extérieur). Mais est-ce possible au point de le renverser ?

Un système n'est pas stable, il évolue et se complexifie (jamais ne se simplifie) un moment donné, lorsque la complexité a atteint un point critique, un point de basculement, le système se mute spontanément en un autre système d'où émergent de nouvelles lois. C'est l'effondrement du système.

Le système peut aussi s'effondrer sous le poids de ces contradictions dont le nombre croit avec sa complexité.

Mais changer de système, est-ce possible ?

Je pense que oui. Mais pas par la révolte ou le dictat, ça ne marche jamais à long terme. On peut changer le système en s'attaquant à l'idéologie fondatrice du système, en faisant vivre les idées, en semant des idées et propositions hétérogènes, qui germent puis s’essaiment, se disséminent, se diffusent en percolant la société. Alors ces idées métamorphosées par le débat atteignent un taux de pénétration des esprits à un point critique tel qu'émergent spontanément du corps social de nouvelles utopies d'où s’écoule naturellement une nouvelle idéologie dominante produisant un nouveau système. Cela à la manière d'une révolution scientifique.


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11 réactions à cet article    


  • Ecométa Ecométa 17 novembre 2018 12:36

    Je partage totalement la conclusion : il est effectivement possible de changer le système de la façon dont vous le proposer, par ce que j’appelle l’entendent et le bon sens qui s’opposent au dogmatisme et à tous ces termes en « isme » qui sont comme autant de paroxysmes...comme autant d’abus des choses.

    Une autre raison, une autre logique, un autre savoir, que tout ceci soit un peu plus en conformité avec le « principe d’humanité », avec l’ontologie, la déontologie, l’éthique et l’altérité, qu’avec ce technicisme rationaliste qui abuse tout ; tout ceci s’impose !

    « Quoi qu’il en soit, le système social est basé sur une idéologie produite et véhiculée par les dominants ».

    Non, il est dévoyé par des dominants prédateurs du système social qui ne leur convient pa, qu’ils ne veulent pas servir mais se servir pour satisfaire leurs seuls tenants er aboutissants capitalistiques ; un dogmatisme contre leques il faut se battre de la façon que vous proposez.

    « Le système peut aussi s’effondrer sous le poids de ces contradictions dont le nombre croit avec sa complexité ».

    Un système n’est pas crisique par nature, assez généralement il s’autorégule naturellement ! Ce qui fait qu’il est crisique c’est que sa nature est dévoyée par le dogmatisme comme pour le « capitalisme » qui n’est en rien un système économique au sens complexe du terme, mais un dogme qui réduit un système complexe comme l’économie au seul moyen qu’est le capital : il y a là en termes de systémie une véritable impossibilité  !

    Ainsi le capitalisme est crisique par nature, comme financiarisme, car ce sont des paroxysmes et en rien des sytèmes au sens complexe du treme.

    Nous vivons une civilisation paroxysmique qui abuse tout : la Nature et les états de nature dont notre propre nature humaine !


    • Olivier MONTULET Olivier MONTULET 17 novembre 2018 15:11

      @Ecométa

      Précision :
      J’ai identifié 3 façons (peut-être pas exhaustives) dont pouvait se transformer démocratiquement un système social.
      1.Par la complexité ;
      2.Par l’émergence ;
      3. Par le poids des contradictions propre au système.

      Les dominants font autant partie du système que les dominés. Ils en sont « victimes » autant que les dominants. Ce n’est que leur place dans le système qui est différente.
      Les dominants par leur position ont naturellement l’envie de se maintenir dans la position favorable dans laquelle ils sont et ont les moyens pour faire taire les opposants mais surtout pour répandre leurs messages, leur propagande justifiant leur position et les moyens du renforcement de leur position. Ils ont les moyens de légitimation. C’est particulièrement vrai, et c’est sa réussite, dans le système (néo) libéral.
      Tout système tend dès lors vers la dictature. La servitude est toujours volontaire . La servitude offrant plus d’avantages objectifs et subjectifs -au moins apparents- que d’inconvénients.

      Toute dictature, y compris la dictature de la démocratie-libérale, a besoin du consentement de la population. Sans consentement des citoyens toute dictature s’effondre.
      J’ai signalé que tout renversement de système par la violence était bancal. Dans ce cas le consentement est faible donc fragile. Le système ne parvient pas dans ce cas à se mettre en place.

      Dans tout système donc il y a un rapport de force (de classes) entre les dominants et les dominés. Dominés consentants majoritairement, opposants minoritairement.

      Le rapport de force permet aux dominés de modérer proportionnellement à sa force les prétentions des dominants. Mais quand ils sont suffisamment nombreux les dominés se révoltent. Mais comme dit plus haut c’est un renversement instable voué à l’échec. Aucune révolte na perduré par un changement de système cela d’autant que le seul moyen pour obtenir un consentement suffisamment fort dans la population pour faire la révolte est la famine (cela toujours) d’ailleurs quasi toujours occasionnée par des phénomènes naturelle (les dominants savent qu’il est périlleux et difficile de contenir une foule affamée).

      En général le système s’effondre à cause de sa complexification qui devient ingérable pour les dominants (de plus en plus de normes régulatrices par exemples).
      Le système s’effondre sous le poids de ses contradiction (à force de maximaliser son profit au détriment des dominés, les dominants se prive du marché que constituent les dominés par exemple).
      Par la percolation de nouvelles idées, le système peut basculer. C’est la révolution, c’est à dire un changement de paradigmes. De nouvelles perspectives apparaissent, de nouveaux besoins font jour, de nouveaux idéaux émergent et de nouvelles utopies peuvent éclore au sein du corps social.
      Bien sur les dominants feront tout pour rester au pouvoir (généralement ils y restent toujours, je ne vois aucun système dans l’histoire, sauf par une invasion génocidaire, où ce renversement ait eu jamais lieu). Mais les dominants seront eux aussi imbibé des nouvelles idées, des nouveaux paradigmes car ils sont prisonniers eux aussi du système qui désormais est fondé sur d’autres paradigmes. D’une telle émergence le nouveau système ressort plus égalitaire notamment du fait que les dominants, devant l’incertitude de la nouveauté, sont affaiblis par la peur de perdre leur position sociale. Les trente glorieuses n’ont été favorable aux ouvriers que par la peur du communisme qu’avaient les dominants (d’où l’importance pour les dominants de faire croire à « la fin de l’histoire »). De toute manière un système qui repose sur les paradigme du temps vaut mieux qu’un système qui repose sur des paradigmes obsolètes. Communisme et libéralisme sont d’un autre temps car reposant sur les mêmes paradigmes. Ce furent deux systèmes concurrents mais, de façon systémique, équivalents. Vouloir remplacer le libéralisme par le communisme est donc illusoire.

      Aujourd’hui le système (néo) libéral succombe de sa complexité (voyez l’UE, l’OMC, ONU...), du poids de ses contradictions (internationalisme-nationalisme par exemple), de son veuvage du communisme qui le temporisait, mais aussi de son inadéquation aux paradigmes contemporains (c’est pour cette raison que (Système communiste à disparu essentiellement). En effet, notamment, pour ce troisième point, le paradigme sur lequel reposent avant tout les systèmes libéral et le communiste, c’est la nation -invention du XIXe siècle, hors la nation n’est plus adaptées aux réalités du monde contemporain. C4est d’ailleurs pour ça que d’aucun fantasme de retourner à l’ère des nations, mais on ne revient jamais sur le passé. Vouloir retourné à la nation est réactionnaire comme conservateur. Cela de la même manière que vouloir maintenir le système en l’état. C’est impossible pour tout les deux, l’un étant retourner aux ancien paradigmes, l’autre étant de maintenir le système alors que les paradigmes ont changés.

      Ce qui fait la gauche, et qui fait que la gauche sont les seuls progressistes quand elle n’est pas réactionnaire et rêve de retourner à ses anciennes utopies, c’est de proposer de nouvelles utopies. Une telle proposition est révolutionnaire ce qui explique la ferme opposition (de la droite) des dominants et de leurs serviles soumis consentants (volontaires).


    • zygzornifle zygzornifle 17 novembre 2018 13:12

      Facile avec Macron on connait un système anti-social , hé bien c’est l’inverse ....


      • Sergio Sergio 18 novembre 2018 00:19

        Le système social c’est : tout pour un et rien pour tous !


        • Sergio Sergio 18 novembre 2018 00:20

          @Sergio

          Ah j’oubliais, c’est pas prêt de changer !


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 19 novembre 2018 11:09

          Le système social, c’est comme le corps humain. Actuellement jaunisse avec caillots de sang. Obstruction des vaisseaux et canaux,...


          • Monarque31 Monarque31 19 novembre 2018 16:21

            Par ailleurs un système est une organisation complexe [...] d’où émergent des lois imprévisibles à partir des systèmes moins complexes sous-jacents. Donc le système [...] produit des lois inhérentes à sa complexité. Ainsi le maintien permanent d’un niveau de chômage élevé effectif [...] est nécessaire au système.

            .

            Première question, de quel système parlez-vous dans ce paragraphe : du concept générique de système ou alors du « système » occidental moderne ?

            Aussi, je ne comprends pas le raisonnement. Pouvez-vous m’expliquer pourquoi " un niveau de chômage élevé effectif [...] est nécessaire au système. «  ?

            .

            lorsque la complexité a atteint un point critique, [...] le système se mute spontanément en un autre système

            .

            Pouvez-vous démontrer une telle affirmation ou est-ce seulement une »intuition«  ? Avez-vous des exemples historiques ? Considérez-vous cette »loi" comme universelle ou seulement comme une possibilité ?

            .

            Le système peut aussi s’effondrer sous le poids de ces contradictions dont le nombre croit avec sa complexité.

            .

            Quelles différences faites vous entre cette affirmation et la précédente ?

            .

            Mais pas par la révolte ou le dictat, ça ne marche jamais à long terme.

            .

            Idem : démonstration, exemples, définitions et différences entre révolte et dictat, qu’entendez-vous par long terme ?

            .

            Alors ces idées métamorphosées par le débat atteignent un taux de pénétration des esprits à un point critique tel qu’émergent spontanément du corps social de nouvelles utopies d’où s’écoule naturellement une nouvelle idéologie dominante produisant un nouveau système. Cela à la manière d’une révolution scientifique.

            .

            Comment conciliez-vous ce paragraphe avec le fait que l’idéologie dominante ne soit jamais que l’idéologie des dominants (cf. premier paragraphe) ? Pour préciser mon interrogation, dans le premier paragraphe vous semblez dire que ce sont les dominants qui décident de l’idéologie dominante dans un « système » donné, alors que dans ce dernier paragraphe vous semblez dire que les dominés peuvent changer, soit l’idéologie des dominants, soit les dominants eux-mêmes.

            Aussi, que vient faire la science à la fin de cette explication ?


            • Olivier MONTULET Olivier MONTULET 19 novembre 2018 19:09

              @Monarque31
              Je parle du système qui s’installe naturellement dans toute société. Un système est constitué de rapports de forces entre pouvoirs et contrepouvoirs, entre intérêts divergents, idéologies divergentes... Un système est un fait spontané dans toute société et quel que soit sa dimension ou son époque ou encore sa culture. Tout ceux qui vivent de près ou de loin dans le système est un constituant du système. Naturellement chaque système est fondé sur des idéologies, des croyances. Chaque système génère ses propres économies marchande, sociale, culturelle... et régimmes politiques et administratifs propres. Mais l’idéologie dominante régit ou du moins régule le système L’idéologie dominante est toujours l’idéologique des dominants parce que se sont les dominants qui possèdent les moyens de sa diffusion (voir Durkeim).
              Le système contemporain occidental est celui dans lequel nous vivons et auquel nous participons.

              Pour fonctionner le système (néo) libéral à besoin d’un taux de chômage élevé pour faire pression sur les travailleur afin de faire baisser le coût de la main d’œuvre.

              Les « lois » que j’ai identifiée me semblent universelles (mais qu’est-ce qui est universel ? Uniquement les grandes généralités). Pour expliquer les phénomènes on doit toujours les simplifier, les catégoriser.
              La complexité à deux effets apparemment contradictoires, d’une part, elle assure une grande redondance qui par nature est stabilisatrice et, d’autre part , de nombreuses failles difficilement contrôlables qui par effet de domino peuvent être très déstabilisatrices. La redondance cependant n’est jamais suffisante pour contrer un effet domino majeur, ou des effets domino concomitants. Un réseau électrique dont une centrale qui tombe en pane assurera son alimentation à partir des autres centrales qui surproduiront. Mais si plusieurs centrales tombent en pane simultanément tout le réseau surchauffe et toutes les centrales sont impactées au point d’être non seulement incapable de suppléer aux besoins mais aussi au point d’elle-même se mettre à l’arrêt par sécurité. C’est le blackout.

              Si un système est détruit il faut le remplacer (en fait il émerge un autre système). C’est une mutation car il ne sera jamais remplacer par le même système.

              Plus les divergences sont innombrable moins facile ment elles peuvent être gérer par le système ce qui constituent une accumulation de failles susceptibles de créer un effet domino.

              La révolte c’est le soulèvement du peuple (il n’y a jamais eu de soulèvement du peuple que quand il avait faim -jamais pour des idées même si des idéologues les ont récupérés-). Le dictat, ici reprend la mise en place de tout régime par l’usage de la force par les dominants ou les idéologues puissants (ce qui est une forme de dominants) qui ont su récupérer les révoltes.

              La révolte est un mouvement de foule, il peut obtenir des concessions des dominants mais les dominants ont toujours les moyens de la contrôler d’autant que la mobilisation des foules sur le long terme est toujours condamnée à s’éteindre, car l’individu doit retourner à son labeur quotidien c’est une question de survie ( les patrons l’on aujourd’hui bien compris).

              Tout régime politique pour survivre à besoin du consentement du peuple. Les dictatures elles aussi, elle obtiennent le consentement par la force et la propagande. Les démocratie obtient le consentement par la propagande subtile mais bien plus prégnante et bien plus difficile à identifier et combattre -par exemple la publicité-, par l’illusion du partage du pouvoir et par l’endormissement du peuple par le confort ronronnant du consumérisme et la menace qu’il pourrait être perdu. La grande réussite du système (néo) libéral est d’avoir pu faire croire (admettre au plus grand nombre qu’en dehors de lui, il n’y a pas de salut. Seul, lui peut répondre aux besoins de l’humanité et est légitime.

              Les dictatures ont l’inconvénient de reposer sur la peur et l’insécurité ce n’est pas tenable car même si l’idéologie qu’il prétend porter peut être défendable, l’insécurité qu’elle génère la rend indésirable. On impose pas une idéologie par la force. Ce type de système est non pérenne car il perd facilement l’adhésion au moment ou la peur est telle qu’elle n’a plus d’effet puisqu’il n’y a plus rien à perdre.

              Un système évolue. Lorsque de nouveau besoins génèrent de nouvelles idées, émergent des utopies qui rencontre ces nouveaux besoins (qui sont constitutifs de nouveaux paradigmes). Alors entre en concurrence ces utopies qui sont devenues idéologies. Durant un certain temps cette concurrence génère certes des conflit mais aussi des débats et un certain équilibre. Ensuite c’est l’idéologie, perçue par eux comme étant désirable, que les dominants adoptent, généralement les même dominants que ceux de l’ancien système (sorte d’héritage car tout nouveau système n’émerge pas de rien). C’est ensuite cette idéologie qu’ils diffusent et qui devient l’idéologie dominante jusqu’à la chute du système.

              Je compare révolution dans la science (ou dans l’art) et dans les systèmes sociaux., car pour qu’il y ait émergence d’une nouvelle vision permettant l’émergence de nouvelles idées, il faut que le corps social concerné ait intériorisé les nouveaux paradigmes et soit poussé à regarder les choses autrement, qu’il change de point de vue en remettant en cause ses certitudes acquises, son mode de pensées acquis.


            • Monarque31 Monarque31 20 novembre 2018 17:50

              @Olivier MONTULET


              « Un système est un fait spontané dans toute société »


              Un système de quoi ? Politique ? N’est-ce pas du rapport de dominance entre les hommes qu’émergent un système politique, qui est alors plutôt une adaptation de ceux qui souhaitent dominer qu’autre chose ? Un système idéologique ? Dans ce cas n’est-il pas basé sur l’interaction entre l’homme et son environnement ? Dans les deux cas ce n’est pas spontané mais bien une création mentale humaine, certes une réponse adaptative, mais bien un concept réfléchi.


              Vous semblez aussi dire dans cette phrase qu’un système découle d’une société, une société peut alors naître sans système ? Ou alors est-ce une apparition concomitante ? Dans ce dernier cas, une société serait selon vous d’apparition toute aussi spontanée ?


              Je pense qu’il est inutile de trop discuter de la suite tant que nous ne nous sommes pas compris sur ce point, notamment car vous énoncez nombres de contradictions dues, à mon sens, à un problème de définition à la base du problème. Par exemple, comment parler de changement de système dans une société alors que selon vous, un système est un fait spontané dans une société. Cette dernière affirmation obligerait à admettre qu’il faudrait exclusivement changer de société pour changer de système.


              Pour donner des pistes de réflexion sur la définition de système, il me semble qu’un système est tout simplement un point de vue limitatif de la réalité, se restreignant à un ensemble de faits ou de croyances dans le but d’accéder plus rapidement à un modèle représentatif approximatif de celle-ci. La compréhension étant plus rapide, même si elle est moins complète, l’action devient plus rapide à entreprendre.

              Pour exemple, la science moderne occidentale matérialiste découle d’un système ne prenant en compte que la majorité des faits mesurables par des instruments comme faisant parti de la réalité. Un système peut être dit politique, dans le sens où une organisation politique découlera du fait d’avoir au préalable choisit les faits sociaux à prendre en compte dans un système. Par exemple, notre démocratie représentative actuelle suppose un certain nombre d’hypothèses comme étant vraies. C’est donc d’un système de pensée que peut découler une façon d’apprendre le fonctionnement du monde qui nous entoure, ou une organisation politique.


              Je prendrais donc pour ma part à rebours votre affirmation : un système est un choix de représentation du monde fait par des hommes, et de lui découle tous les choix de société, et alors on peut affirmer que de tels hommes vivent en société.


            • Olivier MONTULET Olivier MONTULET 20 novembre 2018 22:16

              @Monarque31

              pour être clair, redéfinissons le système social :

              « Posons d’emblée l’hypothèse fondamentale du travail sociologique. Les faits relationnels qui constituent le social ne sont pas liés entre eux au hasard. Il y a des régularités dans ce tissu : les faits sociaux sont organisés en des ensembles qui constituent des systèmes. Les relations sociales s’y trouvent comme des facteurs interdépendants dont les rapports dynamiques sont en même temps la cause et le produit de l’existence du système considéré. A chaque variation d’un facteur correspondent une ou plusieurs variations d’un autre ou de plusieurs autres facteurs, variations qui tendent à maintenir le système en l’adaptant. Il s’agit de rééquilibrations successives dues à des processus d’auto-compensation. Ces processus sont l’expression de l’action et de la force intégratives du système qui tend à se maintenir. Entre le « tout » et les « parties » il y a donc une réciprocité d’influences, mais c’est le « tout » qui assure la cohérence de l’ensemble : si, en effet, l’influence des parties dépasse les marges tolérables pour que le « tout » reste ce qu’il est, en d’autres termes, si le quantum d’action des parties l’emporte sur le quantum de force intégrative de ce « tout », le système disparaît comme tel. Au contraire, si l’intégration l’emporte sur l’action transformatrice des parties, à la limite le système devient un ensemble figé et statique. Il perd son. Caractère dynamique qui est normal.

              Les systèmes peuvent donc changer mais ne restent eux-mêmes que si les changements ne dépassent pas certaines marges. Ce qui résiste le plus au changement, ce sont les structures qui sont faites des relations sociales les plus permanentes et les plus rigides. Les systèmes ne réagissent pas seulement à des changements internes de leurs facteurs mais à des modifications de leur contexte externe dont ils sont inséparables et avec lequel ils assurent un équilibre.

              Telle est l’hypothèse fondamentale du travail sociologique. Les rapports dynamiques des facteurs interdépendants, entre eux, par et avec le tout, sont non seulement la cause et le produit du système, mais ils en sont l’explication. S’il y a réciprocité d’influences, il y a en même temps réciprocité des perspectives.

              Au fond le jeu des systèmes sociaux est celui de l’boméostasis dans le sens que lui donnait le biologiste Cannon il y a déjà une trentaine d’années. A propos des organismes biologiques, un autre biologiste éminent, Lucien Cuénot, écrivait : "Les organismes, en effet, possèdent des propriétés régulatrices qui normalement corrigent dans une certaine mesure les troubles ou les déficiences qui surviennent dans le fonctionnement des organes à la suite d’un changement de milieu ou d’un accident. » Ils comportent à cet égard des « appareils compensateurs ». Les systèmes sociaux sont donc comme des organismes biologiques, mais ils sont discontinus, leurs unités composantes jouissant, au surplus, d’une autonomie propre, alors que les êtres vivants sont continus et étroitement intégrés. Telle est la grande différence.

              Les systèmes sociaux parmi les plus cohérents sont les sociétés globales. Et parmi les structures des systèmes, les plus marquées sont les institutions. Maurice Hauriou distinguait deux espèces d’institutions : "l’institution-groupe » et « l’institution-chose ». Ces institutions peuvent atteindre un degré d’intégration tel qu’elles constituent dans le système global des « subsystèmes ».

               Systèmes, subsystèmes et réseaux relationnels jouissant d’un degré marqué de stabilité et d’aptitude à résister au changement sont des structures. Le système est structure de la société globale, au plan de la totalité sociale. Les subsystèmes (l’économique ou le religieux par exemple) sont structurés au niveau qui est globalement significatif, mais sans chacun être la structure totale. Les réseaux relationnels stables sont des institutions-choses (perspective formelle) ou des institutions-groupes (perspective concrète) à des degrés divers de conscience sociale. Toute relation sociale, si peu que ce soit, est structurée ou structurable.

              La nature commune du système et des autres structures explique que chez certains auteurs on en trouve des définitions peu différenciées.  »

              « Alain Birou définit la structure comme un "mode d’agencement d’un ensemble de choses qui sont réunies de façon à caractériser un tout spécifique. Chaque fois que l’on parle de structures, on peut dégager la forme de cohérence d’un ensemble et son hétérogénéité par rapport à d’autres". Pour la structure sociale il précise : "Ensemble ou totalité sociale composée de parties organisées plus ou moins interdépendantes et reliées entre elles de façon durable’. " Cette définition convient mieux au système, structure particulière la plus globale qu’à la structure en général. Celle-ci nous paraît mieux caractérisée par Suavet : "Il s’agit toujours des dimensions et des relations qui, en raison de leur permanence relative, sont caractéristiques d’un ensemble donné. "  Cet ensemble sera une institution, un subsystème ou un système. » Henri JANNE, Le système social, pg 62.

              J’ajouterais que le concepte d’émergence s’applique aux systèmes. C’est-à-dire qu’a un niveau de complexité supérieur s’applique de nouvelles lois indéterminables du nouveau de complexité inférieur et non extrapolables à partir des lois du niveau de complexité inférieur. Chaque niveau de complexité constituant un système.


            • Monarque31 Monarque31 22 novembre 2018 16:22

              @Olivier MONTULET
              Ça m’apprendra à ne pas faire attention au titre, vous parlez ici uniquement de système social. Cela ne change pas mon propos, je dirais même qu’il aurait été profitable que lorsque vous parlez de système social, vous fassiez l’effort d’écrire « système social » et non pas seulement « système », cela peut porter à confusion, nous ne voyons que trop de raccourcis par soucis d’économie cognitive. Je vais vous montrer que mon argumentaire s’applique aussi à un système social.

              Pour ce qui est de cette définition, je ne pourrais que me mettre à dos tout sociologue qui se respecte, en déconstruisant cette hypothèse de base de la sociologie qui est d’oublier qu’une relation est déjà une abstraction. Cet oubli permet d’y rajouter le fait de voir une relation « comme un facteur », une nouvelle abstraction qui s’ajoute à la précédente. C’est à mes yeux rien d’autre qu’un choix restreignant le champ d’étude de la réalité, certes utile dans ses domaines d’application (loin de moi l’idée de dénigrer l’efficacité des applications de la sociologie dans la manipulation des masses), mais dangereux lorsqu’on en oublie les limites.

              En exemple je reviens sur mon argumentaire précédent en l’appliquant au sujet. Vous ne pouvez affirmer qu’un système social est un fait spontané dans une société qu’à condition de considérer que ce qui compose cette société est un ensemble d’éléments sans libre arbitre, et que toute relation entre ces éléments n’est rien d’autre qu’un produit inévitable et prévisible (à condition d’en résoudre la complexité je l’entends bien) de la confrontation entre deux éléments dans un environnement donné. Je réfute cette hypothèse et vous demande de l’argumenter si vous y tenez, si possible avec vos propres mots, cette longue citation ne pouvant en aucun cas me convaincre de votre compréhension du sujet.

              Après avoir écrit ma réponse, une rapide recherche m’a montré qu’Henri Janne est un docteur en philosophie et en lettre, qui a écrit le livre dont sort cette citation après avoir été un homme politique (1968). Cela ne fait que me conforter dans l’idée qu’une telle idéologie est liée au matérialisme que je combats, la politique moderne ne pouvant être l’affaire que de gestionnaires de bétail.

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