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Accueil du site > Tribune Libre > Se comprendre ou s’entretuer : question de logique ?

Se comprendre ou s’entretuer : question de logique ?

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré » (Albert Einstein).

« Quel est le paradoxe contemporain ? Un accroissement considérable des moyens de communication induit peu de communication (au sens de “compréhension”). Pourtant, il s’agit là d’un enjeu décisif pour que nous puissions éventuellement sortir de la barbarie de la communication humaine. » (Edgar Morin, 2008, « L’enjeu humain de la communication », in La communication, état des savoirs, ouvrage collectif).

Je ne sais pas si, comme moi, vous vous êtes souvent demandé pourquoi lors d’une discussion, d’un débat, d’un échange, etc. l’expression du moindre désaccord tourne vite au « pugilat » avec notre contradicteur. Les idées et les concepts ne sont plus discutés en tant que tels, mais sont « analysés » sous l’angle de la personnalité « supposée » de notre répondant qui devient très vite un « opposant ». Bref, sur quelques sujets que l’on « débatte », nous ne parvenons plus à nous comprendre. Plusieurs phénomènes s’entrecroisent pour expliquer cela, mais il en est un que je souhaiterais partager avec vous, car il passe bien souvent inaperçu, même pour les professionnels chargés d’étudier ces phénomènes.

Éclairons ce propos par la parabole des « aveugles et de l’éléphant » :

Six hommes d’Inde, très enclins à parfaire leurs connaissances, allèrent voir un éléphant (bien que tous fussent aveugles) afin que chacun, en l’observant, puisse satisfaire sa curiosité. Le premier s’approcha de l’éléphant et perdant pied, alla buter contre son flanc large et robuste. Il s’exclama aussitôt : « Mon Dieu ! Mais l’éléphant ressemble beaucoup à un mur ! » Le second, palpant une défense, s’écria : « Ho ! Qu’est-ce que cet objet si rond, si lisse et si pointu ? Il ne fait aucun doute que cet éléphant extraordinaire ressemble beaucoup à une lance ! » Le troisième s’avança vers l’éléphant et, saisissant par inadvertance la trompe qui se tortillait, s’écria sans hésitation : « Je vois que l’éléphant ressemble beaucoup à un serpent ! » Le quatrième, de sa main fébrile, se mit à palper le genou. « De toute évidence, dit-il, cet animal fabuleux ressemble à un arbre ! » Le cinquième toucha par hasard à l’oreille et dit : « Même le plus aveugle des hommes peut dire à quoi ressemble le plus l’éléphant ; nul ne peut me prouver le contraire, ce magnifique éléphant ressemble à un éventail ! » Le sixième commença tout juste à tâter l’animal, la queue qui se balançait lui tomba dans la main. « Je vois, dit-il, que l’éléphant ressemble beaucoup à une corde ! » Ainsi, ces hommes d’Inde discutèrent longuement, chacun faisant valoir son opinion avec force et fermeté. Même si chacun avait partiellement raison, tous étaient dans l’erreur.

Bien que cette analogie illustre magistralement les raisons de nos désaccords, ces derniers ne sont pas uniquement fondés sur l’observation de la réalité que chacun d’entre nous fait. La physique quantique l’a démontré : la qualité des observations produites est corrélée de façon indissociable à l’observateur. Or, nous n’appréhendons pas tous la réalité avec les mêmes outils, tant de façon subjective qu’objectivement. C’est en ce point de conjonction situé entre la subjectivité et l’objectivité que les choses commencent à devenir intéressantes, car un même sujet d’étude peut-être décrit par plusieurs systèmes logiques différents qui peuvent être antagonistes et/ou complémentaires selon la façon que nous avons de les exprimer.

Schématiquement, nous reconnaissons que notre cerveau possède des aptitudes différentes qui ont été conceptualisées de bien des manières et ont donné lieu à diverses théories : conscient et/ou inconscient (Freud) ; communication analogique ou digitale (Watzalawick, 1972) ; cerveau droit /cerveau gauche (Hermann, 1992) ; système 1 / système 2 (Khaneman et Tversky, 2012) ; etc.

Toutes ces conceptions tentent de rendre compte des processus mentaux par lesquels nous exprimons nos idées. Il n’en est aucune de fausse et aucune qui ne soit totalement vrai également. Cependant, nous avons tendance à opposer ces modes de pensée en les présentant sous une dualité raison Vs émotions ou raison Vs passions.

Mais il existe différentes manières d’explorer la « réalité ». Celles-ci peuvent être individuelle et/ou relationnelle, abstraite et/ou concrète. Selon ces critères, la connaissance fait appel à un formalisme spécifique tel que résumé par le schéma suivant :

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Schéma 1 :
Les quatre manières de « connaître » issues de la nature abstraite/concrète et individuelle/collective de notre monde. Chacune d’elles fait appel à un formalisme spécifique (Luc Bigé, La force du symbolique).

À chaque cadran sa méthode et ses lois. Chaque domaine du savoir pourrait, idéalement, être envisagé de quatre manières distinctes selon la logique qui la détermine :

  • 1. La connaissance analytique met l’accent sur l’observation et la description. C’est le domaine de la science qui s’efforce de découvrir l’identité objective du monde concret et répond à une logique causale et linéaire. Sa pensée objective l’homme et son idéal est la réussite personnelle figurée par le robot. Elle répond à la question du « quoi » par une observation attentive de son objet d’étude pour le reproduire.
  • 2. La connaissance « écologique ou systémique » décode les interactions qui lient et délient des objets. C’est le domaine de l’analyse systémique avec ses boucles de rétroactions. Sa logique est celle d’une causalité circulaire. Elle explique les phénomènes d’autoorganisation. Sa pensée écologique socialise l’homme et a pour idéal la reconnaissance sociale représentée par le citoyen. Elle répond à la question du « comment » en mathématisant les relations et tente de prévoir l’évolution des ensembles.
  • 3. La connaissance symbolique décode le sens exprimé par la multiplicité des formes. Son domaine est celui des valeurs, des qualités et de la signification. Sa logique est symbolique. Sa pensée aide à la compréhension et donne sens à la vie humaine. Son idéal est la connaissance de soi incarnée par le sage. Elle répond à la question du « pourquoi » et perçoit ce qui est derrière la forme pour en révéler son sens caché.
  • 4. La connaissance opérative est transcendantale. C’est le domaine des archétypes et elle cherche à en découvrir la nature. Sa logique est analogique. Sa pensée intègre l’homme dans l’univers et son idéal est l’harmonisation avec le tout personnifié par l’initié. Elle répond à la question du « où » et transforme l’être afin de le relier plus efficacement aux autres niveaux de réalité.

Le risque que nous courons en ne tenant compte que d’un seul mode de pensée parmi ceux évoqués ci-dessus serait de nier une part de la réalité de nos interlocuteurs qui n’interagissent pas avec la même logique que la nôtre. Cela nous entraîne irrémédiablement dans ce que Paul-Claude Racamier nomme un « mouvement perversif » (ou « mouvement pervers narcissique »). Or « la perversion consisterait à réduire l’ensemble de ces lectures à une seule en l’affirmant unique détentrice de la vérité. C’est ainsi que s’élaborent trop volontiers des “pensées uniques” prisonnières à leur insu – mais c’est souvent confortable – d’une logique restrictive et hélas, performante. […] Or toute attitude monomaniaque qui ne juge et ne jure que par l’une des quatre facettes de notre réalité conduit vers la fabrication d’un monde pervers et déséquilibré […][1] »

Actuellement, l’exemple le plus flagrant de cette « perversion de la pensée unique » nous est donné par les idéologies qui gravitent autour du transhumanisme. Celles-ci développent une vision du monde essentiellement centrée sur une connaissance analytique dont la finalité, implicite ou exprimée, est la suppression de l’homme au profit de l’homme « amélioré » et du robot. Ce qui signerait la suppression totale de l’humanité. Mais laissons là de côté ce problème pour l’instant et revenons au sujet de cet article : que se passe-t-il au niveau de la communication pour que nous ne parvenions plus à nous comprendre ?

Afin de répondre à cette question, rappelons à cet effet que l’étymologie du mot « communication » est empruntée au latin classique communicare qui signifie « avoir part, partager », puis « entrer en relation avec ».

Si nous ne savons plus à communiquer, autrement dit si nous ne sommes plus capables d’entrer en relation avec autrui, comme nous pouvons désormais l’observer de plus en plus sur les réseaux sociaux, c’est bien souvent parce que nous ne développons qu’un seul de ces quatre modes de pensée. Le problème des débats qui tournent rapidement au pugilat réside souvent dans le fait qu’une personne communique selon ses propres connaissances acquises d’après l’une des quatre logiques schématisées ci-dessus et que son contradicteur lui répond par une autre.

Le drame, dans bien des situations, c’est que ni les uns ni les autres des protagonistes ne sont conscients des différences propres à chaque mode de pensée dans lequel chacun s’exprime. Bien qu’il n’existe pas de frontière hermétique entre toutes ces logiques : « il est aussi inutile est dangereux de juger d’une forme de pensée à l’aune des critères élaborés par une autre. Une telle attitude ne conduirait qu’à de fâcheuses mésententes, à une guerre idéologique en vue d’une “victoire finale” de la conception dominante, mais ce ne serait certes pas un questionnement pour l’acquisition de la connaissance, dans les quatre sens de ce terme[2]. »

Cette situation est parfaitement illustrée en sciences humaines. En effet, quatre grands courants prédominent dans ces disciplines et chacun d’eux peut être affilié à une logique spécifique :

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Schéma 2
Les quatre grands courants des sciences humaines ne sont pas hermétiques.

Si l’on prend en compte l’avertissement du danger stipulé plus haut, on comprend aisément que l’absence de compréhension mutuelle provient d’un excès de croyance en une seule forme de pensée qui vient en opposition à celle qu’utilise notre contradicteur. Bien des quiproquos qui apparaissent lors de discussions pourraient être évités si nous apprenions à tenir compte de ces différentes logiques.

Dans la première moitié du XXe, utilisant un autre modèle qui complète parfaitement bien notre exposé, Alfred Korzybski avait essayé de pallier ce manque de reconnaissance mutuelle en développant l’aphorisme « la carte n’est pas le territoire ». Il avait alors développé une Sémantique Générale qui situait correctement le problème et tenté d’y remédier en y apportant une réponse opérationnelle.

Pendant des millions d’années d’évolution, notre cerveau s’est parfaitement adapté pour survivre en milieu hostile, mais la rapidité à laquelle notre environnement a changé n’a pas laissé suffisamment de temps à notre système nerveux pour opérer les modifications nécessaires aux changements de vie qui se sont produits durant les derniers siècles. Par ailleurs, notre raisonnement est conditionné par une logique aristotélicienne comprenant les principes d’identité, du non contradictoire et du tiers exclu. Ces principes qui ont rendu de nombreux services jusqu’à présent sont toutefois dépassés dans le sens où ils ne permettent plus de penser la complexité du monde tel qu’il est aujourd’hui.

C’est en posant ce constat et en réfléchissant sur la façon de produire un mode de raisonnement adapté aux réalités de notre monde contemporain qu’Alfred Korzybski a développé sa discipline qui, bien qu’ayant inspiré de grands penseurs (Henri Laborit et Edgar Morin s’en sont inspirés pour développer le concept de « pensée complexe »), n’a pas eu le succès escompté au regard des objectifs visés : celui d’apporter une meilleure compréhension entre être humain.

Notre schéma des logiques qui sous-tendent les différentes sciences humaines s’éclaire plus facilement grâce aux concepts d’A. Korzybski.

Illustrons ce qui précède par un exemple.

Chacun des quatre grands courants des sciences humaines dessine une carte en employant ses propres symboles et autres codes qui donneront une légende de la carte permettant de la lire pour s’orienter sur le territoire qu’elle représente. Il ne viendrait l’idée à personne de prendre une carte des Pyrénées pour trouver son chemin dans les Alpes. De même que pour parcourir les Pyrénées ou les Alpes par les chemins de randonnée, vous n’allez pas vous repérer avec une carte des réseaux routiers. Ça tombe sous le sens du plus « abruti » d’entre nous (passez-moi l’expression, vous allez comprendre pourquoi en lisant ce qui suit). N’est-il pas ?

Et bien, figurez-vous que c’est très exactement ce que font la plupart des « scientifiques » qui acquière une spécialité dans un domaine donné lorsqu’ils s’adonnent à la critique d’un collègue qui n’appartient pas à la même spécialité que lui.

Cette posture aux conséquences délétères incalculables envers les relations interindividuelles n’est pas l’exception, mais la règle. Cette confusion entre carte et territoire qu’alimentent nombre d’esprits critiques interroge à plusieurs titres. En effet, outre le manque de respect, la perversion (déni d’altérité), les méprises, etc. que cela génère, cela pose également un éminent problème d’éthique : dans quelles mesures peut-on s’accorder le droit de critiquer les conceptions d’autrui sans avoir préalablement pris soin de les comprendre, ne serait-ce qu’en nous référant aux textes de bases des théories critiquées ?

Cela soulève encore un autre problème majeur qui est celui de considérer que toutes les opinions se valent, y compris même celles qui s’expriment par la voix de la bêtise.

Vous ne me croyez pas et n’imaginez pas que les scientifiques puissent se livrer à ce genre de pratiques ? Et pourtant…

Selon Maximilien Bachelart[3], inutile de chercher un ouvrage ou un enseignement « multiréferenciel » établissant un lien entre toutes les disciplines des sciences humaines susmentionnées selon une approche « intégrative ». Il n’en existe pas : « En France sont souvent évoquées des “guerres de religion” lorsque l’on décrit les conflits entre écoles de psychothérapies, guerres dans lesquelles certains cherchent à établir une trêve, en brandissant parfois le drapeau de la paix. […] les guerres, entre principalement la TCC et la psychanalyse, ont bien rapidement tourné à la caricature, chacun montrant du doigt des textes datant de plusieurs décennies si ça n’est pas d’un siècle, ignorant que les pratiques de notre époque ne sont pas le reflet de textes qui, pris seuls, posent bien évidemment question par leurs limites. La psychanalyse ne s’arrête pourtant pas à Studien über Hysterie de 1895 et le comportementalisme à Psychology as the behaviorist views it de 1913 ! Les griefs deviennent donc ridicules, non pas toujours mensongers, mais d’une mauvaise foi décrédibilisant les échanges. » Cette attitude ne peut que réveiller des conflits stériles d’un « campanilisme » hors d’âge. Elle est malheureusement la règle générale quel que soit le champ d’investigation considéré, que ce soient des sciences, y compris même les sciences « dures » ou des rapports humains. Et cela ne date pas d’hier.

Après Rabelais et son célèbre aphorisme « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme, Edgar Morin s’était penché sur le problème de la transdisciplinarité, autre mot pour désigner ce que peut être l’intégration en science humaine. Son livre Science avec conscience paru en 1982 est plus que jamais d’actualité. Sa présentation en quatrième de couverture annonçait déjà la couleur : « Les sciences humaines n’ont pas conscience des caractères physiques et biologiques des phénomènes humains. Les sciences naturelles n’ont pas conscience de leur inscription dans une culture, une société, une histoire. Les sciences n’ont pas conscience de leur rôle dans la société. Les sciences n’ont pas conscience des principes occultes qui commandent leurs élucidations. Les sciences n’ont pas conscience qu’il leur manque une conscience. Mais de partout naît le besoin d’une science avec conscience. Il est temps de prendre conscience de la complexité de toute réalité – physique, biologique, humaine, sociale, politique – et de la réalité de la complexité. Il est temps de prendre conscience qu’une science privée de réflexion et qu’une philosophie purement spéculative sont insuffisantes. Conscience sans science et science sans conscience sont mutilées et mutilantes. »

Pour cet auteur : « Il n’y aura pas de transformation sans réforme de pensée, c’est-à-dire révolution dans les structures mêmes de la pensée. La pensée doit devenir complexe[4]. » Ce concept exprime une forme de pensée imbriquant les différentes logiques les unes aux autres selon une méthodologie transdisciplinaire et intégrative.

Cependant, si les scientifiques ne sont eux-mêmes pas capables de générer de telles synthèses, qui le pourra ?

La question reste entière, car selon Edgar Morin, ce qui se joue à l’heure actuelle n’est ni plus ni moins que de la survie de l’humanité. (Il faut vraiment lire l’ouvrage d’Edgar Morin qui nous explique parfaitement bien que les sciences sont désormais utilisées comme une arme pour supplanter tous les autres pouvoirs de nos sociétés « démocratiques ». Il me semble que c’est un point capital que tous les citoyens soucieux de préserver la démocratie ignorent que trop.)

En outre, comme pour simplifier les choses, changer de mode de penser nécessite impérativement une capacité que notre société a toujours réprimée : je veux bien sûr parler de l’empathie (cf. « Empathie, conscience morale et psychopathie – Le développement moral » en trois parties). Cette aptitude que nous devons développer pour entrer dans les représentations d’autrui est d’autant plus indispensable que selon la matière, les disciplines enseignées ou la profession pratiquée, un même mot peut évoquer (symboliser) des formes, des objets, des idées, etc. forts différents d’un champ d’études à l’autre, d’où incompréhension, mésentente, confusion, etc.

Philippe Vergnes


[1] Bigé, Luc (2003), La force du symbolique, Paris : Dervy, 235p. p. 41.

[2] Ibid., p. 35.

[3] Bachelart, Maximilien (2017). L’approche intégrative en psychothérapie, Paris : ESF, 303 p.

[4] Morin, Edgar (1982), Science avec conscience, Paris : Seuil, 320 p.


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99 réactions à cet article    



    • Taverne Taverne 1er septembre 12:09

      Cet article est vraiment très intéressant et utile.

      Ainsi, nos cerveaux se sont développés durant des millénaires dans un environnement hostile. C’est pour cela que nous percevons de l’hostilité dans l’altérité et que, plutôt que d’essayer de comprendre et de communiquer, nous imposons notre point de vue pour anticiper notre défense et nous agressons. On ne cherche pas la vérité dans un dialogue, on cherche à se défendre et à avoir raison.

      Deux interlocuteurs ne se rencontrent pas parce qu’ils ne sont pas sur un même registre, dites-vous. On reconnaît bien la pensée de Kant dans le premier schéma : le 1 (pensée analytique) et le 4 (pensée transcendantale). A ce propos, tout le monde n’étant pas familier de ces concepts, peut-être est-il bon de souligner la différence entre « transcendant » et « transcendantal » :

      L’usage transcendantal de l’entendement vient de ce que celui-ci dépasse ses propres limites, (nous dépassons les données de l’expérience pour créer un corpus de connaissance a priori. Par exemple des principes physiques « tout ce qui arrive a une cause » ou les notions comme « toujours », « jamais » qui n’ont pas de sens dans la vie réelle). Tandis que l’usage transcendant de la raison nous enjoint de franchir les limites de l’entendement.


      • Philippe VERGNES 1er septembre 14:03

        @ Bonjour Taverne,


        Merci pour votre appréciation et votre commentaire.

      • Daniel Roux Daniel Roux 1er septembre 12:31

        Qu’une partie de la société veuille conserver ses privilèges aux dépends des autres est une constante de l’histoire. Au long des siècles, ils ont utilisé divers moyens dont la force brute, les mythes, la religion, plus récemment, la « représentation démocratique », c’est à dire une escroquerie dans la mesure où ceux qui sont soi-disant les représentants du peuple, ne représentent en réalité ceux qui l’exploitent.

        La dernière tendance pour garder à tout prix le pouvoir est la suppression des quelques libertés publiques accordées à la suite de quelques défaites historiques, par la création d’un ennemi aussi cruel qu’insaisissable, le terroriste !

        Peu importe la réalité, il suffit des quelques attentats spectaculaires et meurtriers, de faits divers, marginaux, pour faire voter des lois d’exceptions qui deviendront permanentes, réduisant les libertés individuelles de millions de personnes sous prétexte de renforcer la sécurité. Ces lois seront évidemment abusivement utilisées pour empêcher la contestation du pouvoir en place, comme nous l’avons vu sous Hollande et le verront prochainement sous Macron.

        Sinon, concernant le mode de pensée et de formation de la conviction, même en laissant de côté, les luttes d’egos, la jalousie, les mensonges, la mauvaise foi, les intérêts partisans, les fausses certitudes, les ententes, etc.., il faut avoir à l’esprit que, quelque soit le sujet examiné, la réalité objective pleine et entière est inaccessible à l’être humain, tout simplement parce qu’il est naturellement limité alors qu’elle est infinie.


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 1er septembre 12:43

          Comment les dieux se rencontrent : Mélanippe, Mélusines7 (lire mes commentaires sur le bolg : Phénix,....


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 1er septembre 12:47

            J’invite un psy à analyser l’échange qui a eu lieu sur le Blog de Gruni, hier, jour de la mort de Diana : sur une question aussi burlesque que : Combien de temps dure l’acte sexuel ?,....Nous avons franchi le cap de 266 comment-ne-pas-taire,...une explosion de bonheur, à l’écart des bruits du monde dit contemporains,...


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 1er septembre 13:06

              Livre à lire : Hermès trismégiste de Festugière. Le tarot cabalistique de Kabaleb et aussi la gématrie. La majorité des individus (comme avec un appareil radio,...) fonctionnent en mode binaire (le chiffre 2). Les initiés fonctionnent dans des ondés supérieures inaccessibles : le chiifre 8, mais surtout le onze,... Ces ondes ne communiquent pas entre elles ou que très rarement. après le septième ciel, on passe au huitième, et les suivants : surtout la vibration 11, la Force au tarot (liée comme par synchronicité à de nombreux attentats djihadistes, dont celui du 11 mars,...). Tous les niveaux sont nécessaires. Fonctionner trop dans certaines ondes trop élevées erst assez dangereux pour ceux qui sautent les étapes précédentes,...un table est bien une table et pas un pipe. Une femme, une femme et pas un homme,....


              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 1er septembre 13:17

                Etant d’une nature très synchronistique (les psychologues ont étudié ce phénomène, nous ne rencontrons jamais les individus par hasards, comme les animaux, nous émettons des ondes inconscientes (rien à voir avec les phéromones sexuels) qui attirent les mêmes personnes entre elles. Vous pouvez par exemples marcher dans la rue et passer inaperçus par les personnes qui fonctionnent comme la plupart en ondes deux (matérialistes,...). Ce serait une théorie intéressante à développer sur internet. J’ai lu un livre un peu bizare sur le sujet mais qui est intéressant : Les psychorakers,...qui tentent d’influer les décisions dans le monde (comme les élection). Vous imaginez les interactions entre ceux qui rêvent d’un monde comme dans le film : « Demain » et son contraire "genre Zuckerberg, Président des Etats-Unis, ou pire Monsanto. Heureusement les ondes élevées sont plus puissantes (comme la fameuse note dite diabolique d’un musicien, appelée TRITON,...).,.. ;)


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 1er septembre 13:35

                  La note du diable, Phillipe Jaroussky https://www.youtube.com/watch?v=WX83BSR0mug&list=RDJ8HuTVSB4Yw. Mon amie lui a fait un shiatsu, La vache,.... smiley))


                  • bibou1324 bibou1324 1er septembre 13:37

                    Ca me rappelle beaucoup de bouquins que j’ai lu sur la PNL (rien à voir avec le groupe de rap), le mentalisme et l’empathie.


                    Celui qui est suffisamment caméléon pour s’adapter à la façon de s’exprimer son interlocuteur est aujourd’hui un dieu. Alors que c’est tout bête : il suffirait de quelques heures de cours et de TD pour que toute la prochaine génération soit de meilleurs communicants.

                    L’empathie et la maîtrise de la communication sont à mon avis beaucoup plus utile que l’intégralité de ce qui est enseigné à l’école, lecture et écriture compris.

                    • Philippe VERGNES 1er septembre 14:02

                      @ bonjour bibou1324,


                      Je ne me suis jamais trop intéressé à la PNL ou au mentalisme (en fait pas le temps d’explorer toutes les sources possibles d’inspiration). Par contre j’ai beaucoup travaillé sur l’empathie (cf. ma série d’articles sur le sujet) et effectivement, je vous rejoins tout à fait dans votre constat : l’empathie et la maîtrise de la communication sont beaucoup plus utile que l’intégralité de ce qui est enseigné à l’école. Quant à la lecture, qui permet entre autre chose de nourrir et de développer l’un des plus hauts stades de l’empathie, je ne serais pas aussi catégorique que vous dans le sens la connaissance d’un vocabulaire riche est également nécessaire à l’empathie. Si nous n’avons pas un répertoire de mots pour nous comprendre, ou bien si nous négligeons la polysémie du langage, cela ferme quelques portes pour exercer correctement son empathie (c’est en gros le principe de la novlangue d’Orwell dans 1984). D’où l’utilité de la lecture. Pour l’écriture, c’est différent.

                    • JC_Lavau JC_Lavau 1er septembre 18:33

                      @bibou1324. Depuis trente et un jours, depuis le 1er août,  jamais bibou1324 n’a justifié par des faits expérimentaux ses affirmations délirantes empruntées à la propagande carbocentrique.

                      http://www.agoravox.fr/commentaire4965257



                      • JC_Lavau JC_Lavau 1er septembre 14:15

                        Zéro études d’heuristique en fac de sciences dures.

                        Quasi zéro en discipline d’interdisciplinarité.

                        • Philippe VERGNES 1er septembre 15:04

                          @ Bonjour JC_Lavau,


                          Bah en même temps... à suivre votre exemple et voir ce que ça donne... l’apprentissage des sciences dures ne donnent pas trop envie. Il semblerait qu’à force de s’y cogner la tête, on finisse par réussir à se fendre le crâne. Et comme le disait Jésus (ou je sais plus trop qui, je vous laisse trouver tout seul comme un grand) : « Heureux soient les fêlés, car ils laissent passer la lumière ».

                          Si vous avez des cours à me communiquer qui ne soient pas vos articles de blog dont vous n’avez de cesse de faire la propagande ici ou là de façon quasi hystérique, je suis preneur. Non pas que vos écrits soient inintéressants, mais plutôt qu’ils ne m’ont rien appris que je ne connaisse déjà.

                          Ne vous gênez surtout pas de me faire connaître votre grande culture que j’apprécie par ailleurs quand vous ne sombrez pas dans vos divagations « imbitables » et que vous faîtes un effort pour rendre vos écrits accessible au quidam moyen tel que moi.


                        • Philippe VERGNES 1er septembre 18:54

                          @ JC_Lavau,


                          C’est quoi un « instruit » et c’est quoi une « guerre » ?

                        • JC_Lavau JC_Lavau 1er septembre 19:54

                          @Philippe VERGNES. Comme chez Rantaplan, chez toi cela semble ancestral : faut que lui courre sus en aboyant.


                        • JC_Lavau JC_Lavau 1er septembre 19:59

                          @Philippe VERGNES. Comme chez Rantaplan, chez toi cela semble ancestral : il faut que tu lui courres sus en aboyant.

                          Il manquait le pronom ’tu" et le s de 2e personne. Mes excuses !

                        • Philippe VERGNES 1er septembre 21:38

                          @ JC_Lavau,


                          Ne vous formalisez pas pour l’orthographe avec moi, je ne suis guère vigilant moi-même. J’en laisse toujours passer quelques unes dans mes articles et plus encore dans mes commentaires n’ayant pas la tête à une relecture.

                          En tout état de cause, merci pour vos interventions et vos références qui viennent enrichir cet article. (C’est qui Rantanplan ? Vous avez le titre de l’ouvrage qu’il a écrit pour le partager ici avec nous ?)


                          Bien à vous

                        • JC_Lavau JC_Lavau 1er septembre 22:06

                          @JC_Lavau. Morris et Goscinny. Rantanplan est le chien du pénitencier.
                          Soudainement, dans « la guérison des Dalton », Rantanplan a une crise d’intelligence et sait retrouver la clé des menottes. Mais ça ne dure pas, il tombe en syncope et à son réveil est redevenu aussi idiot qu’avant.

                          Son instinct ancestral de courir après les chats est stoppé net par Ma Dalton qui lui crie « Couché ! », et Rantanplan reste couché jusqu’à la fin de l’album.

                        • Philippe VERGNES 1er septembre 22:16

                          @ JC_Lavau,




                          N’ayant jamais imaginé que vous me répondriez de façon si détaillée et comme vous me tendez la perche, j’ose vous le dire même si je vous aime bien : « Couché ! »



                        • JC_Lavau JC_Lavau 1er septembre 22:21

                          @Philippe VERGNES. Tu n’es pas Ma Dalton, et je ne suis pas ton chien.

                          Pourquoi est-il nécessaire de te le rappeler ?

                        • Philippe VERGNES 1er septembre 22:34

                          @ JC_Lavau,


                          Probablement parce que j’aime vous entendre aboyer !

                        • JC_Lavau JC_Lavau 2 septembre 08:00

                          @Philippe VERGNES. Voir par exemple Agafia hurler sa rage que l’irréductible village gaulois ne fasse pas soumission :
                          https://www.agoravox.fr/commentaire4988288


                        • JC_Lavau JC_Lavau 2 septembre 08:04

                          @Philippe VERGNES. Je rappelle ma critique précédente au sujet des enseignements de sciences dures :

                          Zéro études d’heuristique en fac de sciences dures.

                          Quasi zéro en discipline d’interdisciplinarité.


                          Visiblement le grand gourou indiscutable et ombrageux avait compris exactement le contraire de ce que j’ai écrit.
                          Il est vrai qu’il est furieux que ces irréductibles gaulois ne présentent toujours toujours pas leur humble soumission.

                        • Philippe VERGNES 2 septembre 09:03

                          @ JC_Lavau,


                          A moins que je ne vous eusse pas compris, il me semble vous avoir donné la réponse appropriée à votre « critique au sujet des enseignements de sciences dures », mais si vous confondez sciences dures et sciences humaines, je comprends mieux le « ca-cafouillis » de votre esprit.

                          Mais dites-moi, tel César, parlez-vous de vous à la troisième personne du singulier ?

                          Parce que c’est vraiment l’impression que vous donnez.

                          Dans ce cas, je compatis... mille excuses votre grandeur !

                        • JC_Lavau JC_Lavau 2 septembre 09:11

                          @Philippe VERGNES. Et c’est ça qui donne des leçons de comportement et de compréhension !


                        • Philippe VERGNES 2 septembre 09:58

                          @ JC_Lavau,


                          Aucune leçon à donner... simplement des avis à partager, mais le seul fait que vous traduisiez cela par « Et c’est ça qui donne des leçons de comportement et de compréhension » témoigne à quel point vous envisagez les relations humaines : elles ne sont pour vous que relation de pouvoir. Or, les personnes qui sont molles du bulbe question QE sont malheureusement irrécupérables passées un certain âge. Alors, à défaut de pouvoir discuter sérieux, autant s’amuser un peu.

                          Mais puisque vous insistez, je vais vous le dire. Vous me faites penser à ce type : « Je suis un psychopathe ». Et c’est pas depuis hier, c’est depuis que j’ai vu ce reportage peu de temps après avoir lu vos articles de 2006. C’est dire !

                          Toutefois, si vos « symptômes » sont identiques, je doute fort que la cause le soit. Ce qui rend ce trouble de la personnalité vraiment intéressant, car c’est comme si une même maladie pouvait être provoquée par plusieurs virus.

                          A un moment de la vidéo, et je ne l’ai pas vu depuis longtemps, le spécialiste allemand dit de Sam Vaknin (QI de 185 tout de même), qu’il a une très bonne connaissance de la psychopathie, meilleure que celle de certains professionnels, mais aucune théorie d’ensemble. Pas de synthèse en quelque sorte.

                          C’est ce qui apparaît, entre autre, dans votre dernier article (et dans celui que vous aviez écrit en 2006 sur les shootés à la joie de nuire, je ne me souviens plus du titre exact) sur la dépression majeure dans l’espace de modération. Bien que l’aillant plussé (comme la plupart de vos articles), je crains qu’il ne soit pas publié. Non pas que je veuille le commenter, mais simplement pour vous donnez également droit à la parole. Mais tout bien considéré et à bien y réfléchir, je suis en train de me demander si votre article de 2006 n’était pas qu’une simple projection.

                        • JC_Lavau JC_Lavau 2 septembre 12:31

                          Philippe VERGNES exhibe un comportement strictement reptilien et territorial.
                          Les noyaux gris centraux lui suffisent.


                        • Philippe VERGNES 2 septembre 13:39

                          @ JC_Lavau,


                          Ha bon ??? Nous ne sommes pas chez vous ici ?

                          Ben merde alors... j’ai du louper un épisode. Mais comme le dit l’adage, « les chiens aboient, la caravane passe ».


                        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine7 1er septembre 14:28

                          A Lavau, le diable est là,... toujours le signe que le sujet est très dangereux,...et bon.. Merci Lavau, un peu comme la censure : attention, là tu vas trop loin,...Ce qui bien sûr m’invite à poursuivre,..Mélusine ou la robe de SAPHIR de FRANZ HELLENS, celle que rien n’arrête,... A bon entendeur,...


                          • Ciriaco Ciriaco 1er septembre 15:01

                            C’est bien de s’intéresser à ces choses là. Personnellement très enrichissant.


                            Mais à d’autres points de vue c’est aussi un peu vain. Edgar Morin (un des hommes à la fois les plus aimés et les moins écoutés - un exemple de l’articulation entre pouvoir et connaissance à notre époque) disait lui-même qu’aucun changement ne viendrait de France. Où que vous regardiez, les connaissances les plus pertinentes ont été produites pour améliorer radicalement les choses. Toutes les clés sont dans la culture. Que se passe t-il donc ^^

                            Grande amertume pour les amoureux de la lumière.

                            • covadonga*722 covadonga*722 1er septembre 15:05

                              yep , moi je veux bien comprendre et dialoguer avec l’autre , sauf que plus je dialogue plus je le comprend et plus j’ai envie de le tuer !


                              • Taverne Taverne 1er septembre 17:26

                                @covadonga*722

                                Grâce aux explications de cet article, on apprend que l’on s’entretue, d’accord mais avec logique.


                              • JC_Lavau JC_Lavau 2 septembre 12:30

                                @Taverne. « Logique » strictement reptilienne et territoriale.
                                Les noyaux gris centraux suffisent.


                              • Claudec Claudec 1er septembre 17:33

                                « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré » (Albert Einstein).

                                Merci à l’auteur pour son article et pour cette citation que je ne puis m’empêcher – puisse-t-il excuser mon sans-gêne – d’employer à propos de la question dont quelques habitués d’AgoraVox auront remarqué qu’elle me tient particulièrement à cœur et qui peut, appliquée à nos actuels problèmes de société, se résumer ainsi : Pas d’avenir qui vaille pour la planète Terre et ses habitants, sans rééquilibrage et contrôle de la démographie humaine.

                                Pendant que 100 millions d’êtres humains supplémentaires déferlent sur Terre chaque année, la plupart des experts continuent en effet, dans un conformisme affligeant, de proposer des théories qui n’en tiennent aucun compte, « se satisfaisant des modes de pensée les ayant engendrées ».

                                Or qui peut prétendre traiter de sciences humaines et de l’environnement en omettant – voire en refusant – de considérer et a fortiori de traiter le problème factuel de population humaine comme le préalable incontournable à toute spéculation d’ordre sociologique, économique et écologique, et sa solution comme hautement prioritaire


                                • covadonga*722 covadonga*722 1er septembre 17:52

                                  @Claudec
                                  « Pas d’avenir qui vaille pour la planète Terre et ses habitants, sans rééquilibrage et contrôle de la démographie humaine. »

                                  mon cher votre questionnement obsessionnel et réaliste ne peut trouver comme réponse que ma solution obsessionnelle et toute aussi réaliste :
                                   d’infliger un hiver nucléaire aux sources de nos maux .
                                  Je sais ça n’est guère chrétien mais caedites eos etc........... 

                                • Krokodilo Krokodilo 1er septembre 18:10

                                  Cet article concerne le mode de pensée et la compréhension entre individus parlant la même langue mais, à l’échelle mondiale, nous sommes avant tout isolés par la barrière des langues, le mur de Babel, bien avant tout autre considération.


                                  • JC_Lavau JC_Lavau 1er septembre 20:01

                                    Je dirais même plus : C’est transcendantal et bouleversifiant !

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