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Accueil du site > Tribune Libre > Vers la refondation du système monétaire international. La Chine (...)

Vers la refondation du système monétaire international. La Chine aura-t-elle à jouer le rôle que joue l’Allemagne en zone euro ?

 Le problème qui se pose aujourd’hui sur le plan économique mondial et les divergences entre les grandes puissances économiques du monde au sein desquelles les États-Unis qui sont le pays-centre de l’économie mondiale et remettent en cause l’ordre économique mondial par le protectionnisme, nous interpelle à plus d’un titre. Alors que la Chine pose en « champion du multilatéralisme », au moment où l'administration Trump est critiquée pour son approche unilatéraliste des affaires du monde. Et la Russie se fait aussi le chantre du multilatéralisme, accusant les Etats-Unis, de recourir au « chantage politique, à la pression économique et à la force brutale  » pour empêcher l'émergence de puissances mondiales rivales. La question est pourquoi cette inquiétude des États-Unis qui passent au protectionnisme tout azimut ? Craignent-ils qu’ils soient détrônés par la Chine sur la scène mondiale ? Ou y a-t-il d’autres causes qui ne sont pas révélées au grand public ?

 

L’Europe, le Canada, le Mexique n’échappent pas à la décision unilatérale des États-Unis d’imposer des tarifs sur leurs exportations. Et tous sont unanimes tant en Europe, en Chine, au Canada... pour dire que les mesures protectionnistes prises par l’administration Trump sont injustifiées. Et qu’elle ne leur laisse pas d’autre choix que d’imposer, en représailles, des droits de douanes sur des produits américains.

 

Et cette hausse du prix du baril de pétrole, comment l’expliquer ? La première remarque essentielle que l’on doit dire d’abord est que le programme projeté par Trump vient en droite ligne de la politique économique d’Obama durant ses huit ans de mandature. En clair, Donald Trump doit la réalisation à venir de son programme à l’héritage économique et financier que lui a laissé son prédécesseur. Sans la sortie de la crise financière de 2008, et sans les Quantitative easing (QE) opérés par la Banque centrale américaine (Fed), c’est-à-dire les liquidités créés ex nihilo, qui sont venues à la fois relancer l’économie occidentale et du monde et dégonfler la dette extérieure américaine, le programme du nouveau président américain serait irréalisable. Donald Trump ne pourrait ajouter de la dette à la dette extérieure. Les États-Unis seraient tout simplement en faillite vis-à-vis du reste du monde. Ils ne pourraient répondre au service de a dette externe sauf à créer de l’inflation, ce qui signifierait le déclin, voire la fin du dollar.

 

Ce qui nous fait dire que c’est l’héritage d’Obama qui permettra à Donald Trump de réaliser son programme. Ouvrant ainsi un nouveau cycle de financement. Comment va s’opérer ce nouveau cycle ?

 

Tout d’abord, les États-Unis enregistrent année après année des déficits jumeaux, budgétaire et courant. Pour l’année 2015, « Le déficit des finances de l'Etat fédéral s'est établi à 587 milliards de dollars sur la totalité de l'exercice clos fin septembre 2016 contre 439 milliards en 2015.  » Quant au déficit courant, pour l'ensemble de l'année 2015, il a atteint 484,1 milliards de dollars, le plus important depuis 2008. (Reuters France)

Dès lors, la seule issue pour réaliser le programme de Trump, ce sont des injections monétaires comme ont procédé ses prédécesseurs, c’est-à-dire Bush junior et Obama. On peut postuler que la politique américaine tout en étant restrictive sur le plan du taux d’intérêt sera très expansive sur le plan monétaire. Ce processus a commencé en 2017. Dans un premier temps, le dollar va s’apprécier par rapport aux autres monnaies avec la hausse du taux d’intérêt de la Fed, mais les injections de liquidités qui s’opèreront sur injonction de Trump feront forcément baisser le dollar par rapport à l’euro, la livre sterling et le yen. Une dépréciation du dollar qui sera inévitable, comme dans les années 2002 à 2008 sous Bush, et 2008 à 2014, sous Obama.

 

Pour éviter une dépréciation continue et risquée pour le dollar, le recours à l’augmentation du cours du pétrole est lui aussi inévitable. C’est une condition sine qua none pour la réalisation de l’ambitieux programme du nouveau président qui veut créer 25 millions d’emplois. Et cela passe par une financiarisation de l’économie américaine que la Réserve fédérale (Fed) nolens volens sera obligée d’opérer. Il faut le répéter « Sans ces liquidités massives, il est strictement impossible pour Donald Trump de remplir ses promesses. » Par conséquent, le prix du pétrole sera probablement porté à la fin de l’année 2018 à plus de 90 dollars. Evidemment tout dépendra de l’application programme économique qui, bien qu’il ne soit pas divulgué, est connu dans ses grandes lignes. On peut penser que Trump cherchera à accélérer le processus.

 

En 2018, le prix du pétrole pourrait même atteindre 100 dollars le baril si Donald Trump augmente rapidement les dépenses publiques et la baisse d’impôts pour les entreprises américaines. Les baisses d’impôts s’apparentent à des subventions pour doper la compétitivité des entreprises américaines. Qui seront évidemment contrebalancées par des émissions monétaires conséquentes par la Fed. Le relèvement du taux d’intérêt directeur de la Fed sera probablement porté à 3 % fin 2018, ou au premier semestre 2019. Il ne constituera pas un frein à la croissance pour l’économie américaine. Cependant, si normalement, comme par le passé, il devra attirer des liquidités du monde entier vers les places financières américaines, ce qui, par le recyclage, permettra de pondérer la politique monétaire américaine, il demeure un dilemme pour les États-Unis, c’est la guerre qu’ils livrent à leurs partenaires commerciaux. Les achats d’obligations souveraines américaines par la Russie, par la Chine vont forcément s’amenuiser eu égard à cette guerre commerciale. Déjà, le portefeuille en obligations américaines de la Russie a été divisé par deux. De même, la Chine a fortement baissé ses achats en bons de Trésor américain.

 

Dès lors, les pays achetant du pétrole en d’autres monnaies mettront en difficulté les États-Unis pour financer leurs déficits extérieurs. Moins de dollars émis absorbés par les pays du reste du monde ne fera que pousser les États-Unis à augmenter le prix du pétrole obligeant ainsi les pays importateurs de pétrole à acheter plus de dollars pour régler leurs importations pétrolières.

 

On comprend dès lors que les États-Unis, détenant le libellé monétaire du pétrole, c’est-à-dire la monnaie de facturation des transactions pétrolières, le prix du pétrole va flamber. Il va fortement augmenter, et probablement en décembre 2018, il atteindra les 100 dollars. Le prix du pétrole continuera certainement à progresser, en 2019, et 2020, probablement au-dessus des 100 dollars, hormis quelques rares exceptions de chute qui ne seront pas durables. »

 

Donc, ce qu’on peut dire sur la hausse du pétrole, c’est la conjoncture économique qui l’appelle. Et surtout l’échec sur toute la ligne de la stratégie militaire au Moyen-Orient. Une stratégie menée pour maintenir, à travers la mainmise sur le pétrole moyen-oriental, l’hégémonie US sur le monde. Sauf, qu’il y a les contingences de l’histoire. De plus, cette volte-face avec la montée protectionniste aux États-Unis est en complète opposition avec les chantres de la dérégulation financière et la globalisation que furent Ronald Reagan et Margaret Thatcher dans les années 1980 ? Les temps ont visiblement changés ? De même, les réticences des pays européens de revenir au régime de sanctions contre l’Iran. Alors que la Chine et la Russie considère l’Iran comme leur chasse gardée. Et que représente l’Iran dans l’imbroglio au triple plan économique, financier, monétaire et militaire au point que Donald Trump a invité à rencontrer le président iranien Rohani, et celui-ci a refusé compte tenu de la virulence des propos de Trump contre son pays.

 

Et si l’Iran est le talon d’Achille de l’Amérique ? Et c’est l’Iran auquel on peut joindre le Venezuela qui va faire, dans les années à venir, pièce à l’ordre américain dans le monde. En libellant leur pétrole en monnaies autres que le dollar, l’Iran rebattra forcément les cartes du monde. L’Inde, par exemple, achète le pétrole iranien en roupies. La Chine également en Yuans. Les Européens ont déjà annoncé qu’ils instaurent un troc pour échapper aux sanctions américaines contre l’Iran. Comme l’annonce est diffusée par l’AFP.

 

« Nations unies (Etats-Unis) (AFP) - Les Européens ont annoncé la création d'un système de troc afin de préserver leur commerce avec l'Iran tout en échappant aux sanctions américaines, défiant Donald Trump, qui a appelé mardi à « isoler » le régime « corrompu » de Téhéran.

Cette initiative vise à sauver l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, malgré la sortie fracassante des Etats-Unis de ce texte en mai. « Concrètement, les Etats membres de l'Union européenne vont instaurer une entité légale pour faciliter les transactions financières légitimes avec l'Iran », a expliqué la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Federica Mogherini, dans une déclaration lue lundi soir conjointement avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, à New York.

« Ce système permettra aux compagnies européennes de continuer à commercer avec l’Iran (...) et pourrait être ouvert à d'autres partenaires dans le monde », a-t-elle ajouté à l'issue d'une réunion des six pays encore parties à l'accord.

Depuis la tribune de l'ONU, Donald Trump n'a pas répliqué à cette initiative, mais il a demandé mardi à « toutes les nations d'isoler le régime iranien tant que son agression se poursuit » et à celles qui importent du brut iranien de "réduire substantiellement » leurs achats à ce pays.

Le « véhicule dédié » européen (Special purpose vehicle - SPV) fonctionnera comme un système de troc ou une bourse d'échanges à partir de la vente de pétrole iranien, première ressource du pays.

- Chambre de compensation -

« Cela ressemblera à une chambre de compensation. Lorsque que nous importerons du pétrole d'Iran, l'argent sera versé au SPV. Si ensuite une machine est vendue par une société européenne en Iran, le paiement interviendra via le SPV », a expliqué un diplomate européen à l'AFP. Ce mécanisme vise à « immuniser » acheteurs et vendeurs en évitant des transactions en dollars qui pourraient les exposer à des sanctions américaines, a expliqué une source diplomatique française.

« Le pétrole est la seule contrepartie que l'Iran peut donner (...) Il permet aux recettes du pétrole d'être utilisées pour importer des biens », selon cette source. L'accord conclu en 2015 est censé empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique tout en le sortant le pays de son isolement économique grâce à une levée des sanctions qui l'étranglaient. » (1)

 

Pour comprendre ce qui se passe en 2018, et les rebondissements sur le retour des sanctions contre l’Iran, il faut remonter aux forces historiques qui ont donné la conjoncture économique mondiale très spéciale d’aujourd’hui. Une conjoncture qui s’apparente à un début de la fin d’un processus qui a commencé il y a longtemps en 1944, avec la signature des accords de Bretton Woods. Et même ces accords constituent une réponse aux accords issus de la Conférence de Gênes, qui regroupa, rappelons-le, 34 pays et s’est tenue du 10 avril au 19 mai 1922. La Conférence de Bretton Woods qui s’est tenue en au printemps de1944, en pleine guerre mondiale – une année avant la fin –, elle a réuni 44 nations et duré trois semaines. Les accords sortis de cette conférence qui ont donné le système monétaire international actuel sont visiblement dépassés, vu les guerres commerciales et monétaires que se livrent les puissances aujourd’hui. Déjà amputés de l’étalon-or en 1971 et le passage aux changes flottants, tout semble pousser par les crises économiques et financières et les guerres qui n’en finissent pas à une nouvelle conférence internationale pour repréciser l’ordre monétaire international. 

Évidemment, les États-Unis font de la résistance comme d’ailleurs l’Europe parce qu’elle a aussi à perdre si le système financier et monétaire international venait à être changé. Mais le monde est en train de changer avec de nouveaux acteurs comme la Chine et la Russie qui font pièce au système financier et monétaire qui a été imposé, rappelons-le, par l’Occident, dans la première moitié du XXe siècle, à l’époque où les États-Unis sont devenus avec le système de Bretton Woods, seul maître du monde. Même l’amputation du dollar-or en 1971, le système Bretton Woods a continué à fonctionner avec l’accord tacite de l’Arabie Saoudite de libeller ses exportations en dollars, et monnaie qui s’est étendue aux transactions pétrolières des autres membres des pays d’OPEP.

 

Certes, cette mesure n’a pas été négative puisqu’elle a permis aux États-Unis, aux pays européens qui détiennent des monnaies internationales et aux pays exportateurs de pétrole qui détiennent le pétrole de s’ériger en « moteur pour l’économie mondiale. » Mais avec l’avènement de la Chine et des pays du BRICS, et leur poids sur l’économie mondiale, la situation économique du monde a complètement changé. L’Occident n’est plus maître de l’évolution du monde. D’autant plus que la conférence de Bretton Woods a 74 ans, et la première conférence qui lui a permis de naître pour régir le monde, c’est la conférence de Gênes de 1922, il y a 96 ans.

 

Et nous sommes en 2018, et tout pousse à dire qu’il faut revenir à la première conférence tenue entre les puissances de 1922, pour repréciser le nouvel ordre monétaire mondial. Le monde va certainement se diriger vers une conférence de Gênes-bis, pour refonder l’ordre monétaire mondial. Bien entendu, le système monétaire international qui en ressortira ne reposera pas sur le dollar américain, en tant que monnaie-centre dans le système monétaire international, ni sur le retour de l’étalon-or mais sur un étalon de change neutre, le DTS, les droits de tirage spéciaux que gère le FMI. Une monnaie internationale neutre reposant sur les grandes monnaies internationales, à savoir le dollar, l’euro, le yen, la livre sterling et le yuan. Le yuan chinois, pour rappel, n’a accédé qu’en octobre 2016

 

Bien sûr, la gestion du futur DTS qui donnera la vraie valeur, c’est-à-dire la part réelle de chaque monnaie internationale dans le panier de monnaies qui le constitue, relèvera du FMI ou d’une autre institution que les grandes puissances désigneront. Cette institution sera la « Banque centrale des grandes Banques centrales du monde », aujourd’hui au nombre de cinq, à savoir, la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne, la Banque du Japon, la Banque de Chine et la Banque du Royaume-Uni.

 

Nous ne donnons cet aperçu que pour montrer que le monde se dirige inéluctablement dans les années à venir, probablement moins dans moins de 20 ans, à l’horizon 2030, vers un nouveau système monétaire international. Il n’y a pas de solution. Une conférence internationale calquée sur celle de Gênes-bis et non de Bretton Woods qui a vu le dollar US, qui cherchera des rapports équilibrés, plus neutre, ne favorisant pas une nation par rapport aux autres, sera nécessaire pour sortir de cette situation qui va devenir dans les années à venir de plus en plus instable et dommageable pour l’économie mondiale.

 

Et les accords qui ressortiront de la conférence Gênes-bis donneront une organisation du système financier et monétaire mondial similaire au système européen de Banques centrales (SEBC) de la zone euro des 19 membres composé de la Banque centrale européenne (BCE) et du réseau des 27 banques centrales nationales (BCN). Le Royaume-Uni étant sorti de l’Union européenne, l’UE est passée de 28 à 27 membres. Donc, à l’instar du SEBC, le monde se transformera lui-même en une zone monétaire mondiale composée des cinq grandes puissances monétaires, disposant d’une Banque centrale supranationale constituée des cinq grandes Banques centrales (États-Unis, Chine, zone euro, Japon, Royaume-Uni) et du réseau des Banques centrales du reste du monde qui y sera affilié. Tout pays qui remplit les conditions d’entrée peut accéder au groupe mondial des Cinq, et peut adjoindre sa monnaie au DTS, monnaie mondiale.

 

La Banque centrale mondiale sera chargée de l’émission d’une unité de compte mondiale, le DTS, qui sera calculée sur la base des monnaies des cinq grands pays membres qui la constituent. La gestion et le contrôle de l’émission de l’unité monétaire mondiale est du ressort de la Banque centrale mondiale (BCM). Pour la stabilité du panier de cinq monnaies qui constituent l’unité mondiale, les mêmes critères de ceux de Maastricht, à savoir un faible taux d’inflation, un endettement et un taux d’intérêt proche de la moyenne de ses pays membres, doivent être évidemment de mise. Si écart important arrive pour une monnaie, il est clair qu’il va se traduire par une diminution de la part dans le calcul de la monnaie mondiale. Enfin, le DTS peut être renommé en « mondo », «  bancor »... à l’appréciation des grandes puissances.

 

Un dernier point et celui-ci est central dans la future conférence internationale de Gênes-bis est qu’il existe un risque que la situation soit comparable à la situation actuelle dans l’Union européenne, et en Zone euro. C’est le pays le plus puissant économiquement qui sera le leadership du consortium mondial. Et dans la zone euro, c’est l’Allemagne la plus grande puissance à la fois économique, exportatrice, financière et monétaire, accumulant sans cesse des excédents commerciaux et prêtant aux autres pays membres.

 

Forcément, la Chine, par sa puissance économique, financière et exportatrice de biens et services dans le monde va devancer les États-Unis et l’Union monétaire (zone euro). Combien même tous les pays des 27 de l’Union européenne et le Royaume-Uni qui réintègrent l’UE et entrent tous dans la zone euro, ils seront toujours dominés par la Chine qui a un réservoir immense de main d’œuvre – une population de 1,390 milliards de Chinois –, et en compétitivité dans le commerce mondial. Même si le coût de la main d’œuvre a augmenté en Chine, il reste toujours inférieur au coût en Occident pour une même qualité.

 

Précisément c’est là où les États-Unis font de la résistance et ne veulent pas être détrônés par la Chine. Ils ne veulent pas d’une organisation mondiale où la Chine aura le rôle de ce qu’a l’Allemagne aujourd’hui en zone euro. Où le dollar passera en deuxième voire en troisième position si la puissance de l’Union européenne dont les membres ont tous adoptés l’euro viendra surplomber les États-Unis.

 

Par conséquent, le seul moyen pour ne pas arriver à la situation où se trouve la zone euro avec l’Allemagne jouant le rôle de leadership, et surtout charriant une grande partie des richesses vers elle et devenir le premier créancier de la zone euro est de penser des règles pour que la Chine, combien même elle joue le rôle de leadership dans la zone monétaire mondiale, ne soit pas à abuser de sa position. Cette règle évitera ce qui se passe en zone euro où le couple franco-allemand et, en réalité, en dernier ressort, l’Allemagne qui a le dernier mot sur toute décision qui engage l’avenir de l’Union européenne monétaire.

 

Medjdoub Hamed
Auteur et chercheur spécialisé en Economie mondiale,
Relations internationales et Prospective.
www.sens-du-monde.com

 

Notes :

1. « Les Européens instaurent un troc pour échapper aux sanctions américaines contre l'Iran », par AFP. Le 25 septembre 2018

https://www.afp.com/fr/infos/335/les-europeens-instaurent-un-troc-pour-echapper-aux-sanctions-americaines-contre-liran-doc-19f1ty1

 


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14 réactions à cet article    


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 1er octobre 2018 19:31
    A l’auteur.

    Très bon papier.

    Cordialement,

    Renaud Bouchard

    • Hamed 1er octobre 2018 20:40

      @Renaud Bouchard

      Merci

    • Alren Alren 2 octobre 2018 16:15
      @Renaud Bouchard

      « Très bon papier. » En effet.

      Cependant le pétrole et le prix du pétrole participent de l’économie réelle et non du jeu de casino du quantitative easing.

      Pour que le pétrole soit acheté 100 dollars de le baril, il faut qu’il soit utilisé par les acheteurs pour qu’ils acceptent de payer une pareille somme. Car ils ne feront pas des stocks, au contraire !

      Or un coût excessif du pétrole peut amener un ralentissement de l’économie mondiale -et donc une baisse de la demande- surtout dans les pays à forte population mais faible pouvoir d’achat comme l’Inde où l’on a déjà connu des révoltes contre le prix jugé trop élevé du carburant.

      Par ailleurs une flambée du prix du pétrole ferait les affaires d’ennemis des USA, le Venezuela et la Russie qui disposeraient de moyens l’un pour lutter contre la rareté des marchandises dans le pays et l’autre en gagnant des moyens supplémentaires pour faire pièce aux USA et pas seulement en Syrie.

      Le « choc pétrolier » de 1973 a été dû à une baisse des exportations de pétrole par l’Arabie Saoudite en protestation à la victoire israélienne de Kippour.
      Mais aujourd’hui, elle n’a plus cette toute puissance sur les tarifs en modulant ses exportations. D’autant plus qu’une baisse des exportations non compensées par un prix du pétrole élevé pourrait compromettre un budget qui devient déficitaire.

    • Hervé Hum Hervé Hum 1er octobre 2018 23:19
      J’ai lu que la première partie de l’article, celle traitant du dollar.


      Une remarque déjà, c’est que vous semblez ne pas voir ou vouloir voir, que la refonte du système monétaire international signifie de facto, la faillite du dollar actuel. C’est inévitable !

      Puisque, comme vous le soulignez au début, le dollar actuel se maintient en raison de sa position centrale dans le commerce international, où on peut surtout voir que les européens ne sont pas si rebelles qu’il y parait, puisqu’ils ne vont pas jusqu’à échanger le pétrole contre l’euro. Cela prouve bien qu’ils soutiennent malgré tout activement le dollar !

      Et aussi, parce que les USA en tant que nation solidaire, ne peut pas payer la dette accumulée par la possession de dollar par les nations étrangères et réciproquement d’ailleurs.

      Mais ce que vous omettez, c’est qu’au delà des détenteurs disons institutionnels de dollar, il y a les détenteurs particuliers et à travers le monde, je serais curieux de savoir la somme que cela représente ! Rien que là où je me suis rendu en Amérique du Sud, j’ai pu voir de tout petits disons « épargnants », placer sa réserve en dollar ! 

      C’est donc un cataclysme monétaire phénoménal et que l’on peut apparenter à une sorte de reset monétaire, suivi par une politique de rigueur, dans tous les pays, pour les plus pauvres et touchant les classes moyennes, les retraités et bien sûr, les salariés.

      En fait, pour l’instant, cette seule idée doit donner de terribles sueurs froides à tous les dirigeants politiques, mais aussi économiques que sont les grands actionnaires et les grands argentiers.

      Mais tout le monde sait que tôt ou tard, la tumeur devra être opérée.

      Quel est donc l’élément déclencheur qui pourrait précipiter la fin du système actuel ?

      Pour l’instant, aucun dirigeant ne veut être désigné comme responsable de l’effondrement et la situation peut se résumer au jeu de la barbichette. Donald Trump essai de faire rire les autres, mais tout le monde se retient bien de rire !

      Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que le système capitaliste a besoin d’un monde au minimum bipolaire pour maintenir l’état d’urgence permanent. Ceci, parce que si le système pousse à la mondialisation de l’économie, il n’est pas compatible avec la mondialisation sociale. Le hic, c’est que l’économie tire ou pousse selon les cas, son pendant qu’est le volet social de tout pays.

      la mondialisation économique amène donc inévitablement la question de la mondialisation sociale, mais plutôt que de la prendre à son compte, ceux qui se présentent comme progressistes, militent pour revenir et donc se maintenir dans le système actuel en appelant au protectionnisme.

      Les chantres du multilatéralisme, sont les mêmes qui se désolent du non respect des lois internationales par les dirigeants US, alors même que c’est la condition d’existence du principe du multilatéralisme !

      En effet, on ne peut pas, à un même niveau ou échelle, être souverain et en même temps, obéir à des internationales, c’est totalement antinomique, contradictoire.

      Soit, on obéit aux lois internationales institués avec son accord et on y est soumis, donc, on abandonne sa souveraineté, soit on conserve cette dernière et les lois internationales sont morte née, sont caduque.

      Pour finir, je n’ai pas lu votre partie parlant de ce que devrait être ce nouvel ancien système monétaire, parce que de mon point de vue, il repose sur le même système économique, et sur une vision du monde figé au XIXème siècle, c’est à dire, avec les citoyens de tous les pays se faisant perpétuellement la guerre au profit de leurs maîtres.Car pour moi, si les pays existent en tant que personne représentant un ou des peuples, les seuls ayant intérêt à les maintenir divisés, en guerre permanente, sont les tenants du système actuel.

      En faites vous partie ???









      • Hervé Hum Hervé Hum 1er octobre 2018 23:27
        J’oubliai, le pire ennemi des tenants du système comme un Donald Trump, ce n’est pas l’Iran ou le Venezuela évidemment, ni même la chute du dollar, mais l’essor de l’économie dites « collaborative » ou « participative » ou encore, le commerce dit « équitable ».

        Ceci, parce que le principe de base est celui du communisme !

        Et plus la crise écologique s’aggrave, plus le principe de base du communisme s’impose de lui même. Ce principe de base étant la responsabilité de chacun vis à vis d’autrui, là où le capitalisme repose sur l’irresponsabilité de chacun vis à vis d’autrui, sur la seule recherche du profit pris sur autrui.




        • Hamed 2 octobre 2018 10:54

          @Hervé Hum

          Je crois que vous n’avez pas bien saisi mon analyse Vous dîtes : « Mais ce que vous omettez, c’est qu’au-delà des détenteurs disons institutionnels de dollar, il y a les détenteurs particuliers et à travers le monde, je serais curieux de savoir la somme que cela représente ! Rien que là où je me suis rendu en Amérique du Sud, j’ai pu voir de tout petits disons « épargnants », placer sa réserve en dollar ! 

           

          C’est donc un cataclysme monétaire phénoménal et que l’on peut apparenter à une sorte de reset monétaire, suivi par une politique de rigueur, dans tous les pays, pour les plus pauvres et touchant les classes moyennes, les retraités et bien sûr, les salariés. »

           

          Non, il n’y aura pas de cataclysme monétaire. Certes, forcément, en cas de créations d’une monnaie mondiale commune, le dollar ne disparaîtra pas, ni l’euro, ni le yen, ni le yuan. On peut penser que la livre sterling intégrera l’euro parce que sur le plan mondial, elle a plus intérêt à renforcer l’euro face aux autres quatre monnaies internationales.

           

          A suivre


        • Hamed 2 octobre 2018 10:56

          @Hervé Hum

          Si vous voulez la monnaie mondiale ne jouera essentiellement qu’en monnaie centrale du monde. Comme d’ailleurs aujourd’hui, les banques commerciales européennes, américaines, japonaise, ou autres, privées qui créent de la monnaie scripturale privée, ces liquidités qui ont cours dans chaque bloc monétaire, restent confinés justement dans chaque bloc. Si un pays, par exemple, le Brésil de la viande à la France, ou l’Algérie du gaz à la France, leurs exportations sont réglées par de la monnaie Banque centrale que la BCE émet, et non la monnaie scripturale que les banques françaises émettent.

           

          Si, par exemple, le Brésil ou l’Algérie accepte la monnaie scripturale par exemple du Crédit Lyonnais ou BNP Paribas, et qu’une de ces banques font faillites, et ces pays lui doivent de l’argent, le Brésil ou l’Algérie enregistrent des pertes. Et c’est la raison pour laquelle « seule la monnaie centrale que créée la BCE a cours dans les règlements internationaux.  »

           

          Donc, il n’y a pas de cataclysme phénoménal. Tout se joue en monnaies centrales. Une Banque centrale mondiale aura l’avantage de superviser les taux de change des grandes monnaies sur les marchés internationaux. C’est là l’importance d’une monnaie Banque centrale mondiale. Ce que ni les Américains, ni les Européens, ni les Anglais, ni les Japonais, ne veulent parce qu’ils détiennent encore le privilège exorbitant d’émission des monnaies mondiales. Et avec le yuan, le monde a cinq monnaies internationales, ou cinq monnaies mondiales.

           

          Mais c’est sont surtout les États-Unis avec le libellé monétaire du pétrole en dollar qui en ont la plus grande part de ce privilège. Bien sûr, si les Chinois rendent convertible leur monnaie, le yuan, et continuent leur lancée dans l’accumulation d’excédents commerciaux, il viendra un jour où ils détrôneront les États-Unis. Et ce système monétaire international va forcément changer.

           

          Et là vous avez entièrement raison. Si cela arrive, je parle du changement sur le plan monétaire, et probablement ce seront les États-Unis, les pays d’Europe, le Japon qui le demanderont face à la Chine, ils doivent néanmoins se préparer à des politiques de rigueur drastiques, un peu comme celle que la Grèce a vécue.

          Ceci étant, j’essaierais d’expliciter ma pensée dans un prochain article. Et c’est la raison pour laquelle, Hervé, vous avez certainement compris mais pas tout à fait.  



        • Hervé Hum Hervé Hum 2 octobre 2018 13:22

          @Hamed


          Nous ne sommes pas d’accord et l’avenir dira qui a raison,voir aucun de nous deux.

          Notamment sur le fait que de mon point de vue, ce n’est sûrement pas les dirigeants US ou européens qui vont le demander, mais plutôt les dirigeants chinois et russes, tout simplement parce que le statut quo actuel profite aux occidentaux et non aux autres.

          En effet, faire tourner la planche à billet sans contrepartie en terme de solvabilité, consiste tout simplement à échanger des biens contre du papier cul, sauf tant que ladite monnaie reste la monnaie d’échange du pétrole et conserve la confiance des petits épargnants du monde entier.

          Actuellement, aucun gouvernement ne tient à être désigné à la vindicte populaire, à commencer par la sienne.

          Vous ne voyez pas de cataclysme phénoménal, pourtant, se retrouver du jour au lendemain avec son épargne au pire réduite à néant, au mieux ayant perdu 90% de sa valeur, ne va sûrement pas se faire sans que les citoyens demandent des comptes à leurs dirigeants.

          Il faut donc un bouc émissaire, un événement qui fasse office de disjoncteur.

          C’est donc le gros problème des dirigeants chinois ou russes, le fait qu’ils ne peuvent pas demander de but en blanc une telle refonte, sans être accusés d’êtres responsables de l’effondrement de leur épargne. C’est le principe du jeu de la barbichette !

          Conséquence, chacun pousse petit à petit ses pions, mais en faisant attention de ne pas provoquer la crise, donc, en continuant à accepter la monnaie. La preuve en est que malgré la planche à billet, malgré les tensions ou pseudos tensions internationales, les problèmes écologiques, climatiques et sociaux, le commerce international continue sans avoir l’air d’être réellement affecté par tout cela.

          Le plus important pour tous les dirigeants actuels, consiste à sauver le système capitaliste et donc, la vision actuelle de ce qu’est la monnaie, c’est à dire, une fausse idée.

          C’est à dire, voir la monnaie comme moyen d’échange des marchandises, alors qu’elle est depuis le début, le moyen d’échange du temps de vie des êtres.

          Une marchandise, ce n’est que du temps de vie dédié à sa réalisation, rien d’autre, mais faire voir la monnaie comme la valeur d’échange des marchandises à l’immense avantage de cacher la part de profit ou plus-value prélevé par tous les intermédiaires et autres propriétaires des moyens de productions.

          une autre manipulation, consiste à faire croire que la propriété sert à autre chose que de permettre l’exploitation du prolétariat et de faire croire à ces derniers qu’il suffit d’être propriétaire de sa maison pour ne plus être prolétaire et devenir capitaliste. Ou d’avoir une petite épargne, voir quelques actions, alors que c’est le meilleur moyen de s’assurer de leur soumission et servitude volontaire.

          Enfin, de croire que la propriété est ce qui permet et la productivité et la responsabilité, alors que si elle permet la productivité, c’est au détriment des salariés (hors cadres dirigeants) et interdit de manière absolue la responsabilisation, sauf de manière fortuite.

          Il y a tellement de chausses-trappes et de mensonges sur l’économie (notamment de croire que l’or doit servir d’étalon et de voir la monnaie de crédit comme responsable des dettes), dont les « spécialistes » de tous bords, y compris de ceux qui se présentent comme des opposants au système actuel, sont les pires colporteurs, qu’en dehors d’un choc d’une ampleur planétaire, rien ne pourra changer réellement.

        • Laulau Laulau 2 octobre 2018 06:55

          Tout ça à cause du gaz et du pétrole de schiste que les américains produisent malgré un coût d’extraction exorbitant. Les producteurs américains se sont endettés bien au delà du raisonnable. Alors pour arriver à s’en sortir il faut qu’ils puissent vendre ce pétrole sans se ruiner. Pour cela il faut que le prix du baril s’envole, on interdit donc aux autres producteurs de vendre leur production, la politique américaine c’est aussi simple que ça !


          • Hamed 2 octobre 2018 11:10

            @Laulau

            En partie, vous avez raison, Laulau. S’ils exportent, ils peuvent faire des bénéfices. Mais ils importent aussi parce qu’ils consomment plus qu’ils ne produisent. « S’ils sont endettés au-delà du raisonnable », c’est simplement qu’ils ont le dollar, et les pays du monde entier en demandent des dollars. Donc vous voyez le topo, s’endetter qu’en créant des dollars qui ne leur coûte pas beaucoup et les pays du monde entier savent que les États-Unis sont le pays le plus endetté du monde, et pourtant, le dollar constitue une monnaie refuge.

             

            Et comme vous dîtes « la politique américaine, c’est aussi simple que ça » Mais cette politique ne peut rester indéfiniment. Viendra un temps où ça changera.






          • Hervé Hum Hervé Hum 2 octobre 2018 13:32

            @Hamed


            "et les pays du monde entier savent que les États-Unis sont le pays le plus endetté du monde, et pourtant, le dollar constitue une monnaie refuge.« 

            Non, pas les pays du monde entier, seulement une partie de leurs dirigeants !

            Analyser la politique internationale à partir des pays est prendre des vessies pour des lanternes et sert surtout à faire confondre les classes sociales antagonistes, autrement dit, une formidable manière pour le loup de se cacher dans la bergerie.

            En effet, on ne peut pas à la fois stigmatiser le pouvoir de l’oligarchie financière et en même temps, rester sur une analyse politique basé sur le nationalisme.

            Anatole France le résumait très bien en disant »on croit se battre pour la patrie et on se bat pour les industriels", aujourd’hui on dira les financiers ou oligarques, mais fondamentalement, ce sont les mêmes !

            Non qu’il n’y ait pas des industriels ou financiers attachés à l’idéal national, mais ils restent minoritaires et servent surtout de paravent pour les autres.

          • Hamed 2 octobre 2018 17:28

            @Hervé Hum

            Je ne peux vous répondre par un simple commentaire. Le fond du problème monétaire au niveau mondial est, vous devez le comprendre, éminemment complexe. Vous dîtes des choses qui sont justes, mais vous ne touchez pas les tenants et aboutissants guerres économiques siliencieuses qui se jouent entre les grandes puissances. Et qui ont rapport aux guerres au Moyen-Orient depuis 70 ans, depuis la création de l’Etats d’Israël en 1948. 

            Or, aujourd’hui, nous sommes dans une période de transition, ce qui explique les mesures protectionnistes par Trump et nous n’en sommes qu’au début. La BCE va commencer à augmenter son taux d’intérêt directeur, elle a divisé déjà par deux ses quantitative easing, la Fed est à 2,5 % pour son taux directeur. Le prix du baril de pétrole est à 83 dollars, il sera en décembre à 100 dollars, et en 2019, à plus de 100 dollars, et c’est fini, il ne va pas descendre au moins pour dix ans, Donc vous ne pouvez pas comprendre. Vous n’avez pas d’éléments précis pour juger.

            Par conséquent, je vais essayer de vous répondre par une autre analyse. Il demeure cependant que les pays européens comme d’ailleurs les Etats-Unis vont obligatoirement passer par programmes économiques de rigueur. Et vous avez raison de le penser. 

            D’autre part, beaucoup de profanes pensent que c’est Trump qui a décidé des mesures protectionnistes contre l’Europe, le Canada, le Mexique, la Chine. C’est complètement faux. Hillary Clinton, à sa place, aurait pris les mêmes mesures. Ce n’est ni Hillary ni Trump qui décident de l’économie mondiale, ni Draghi qui a décidé une politique monétaire ultra expansive en 2015. Non, c’est la conjoncture économique mondiale. En 1929, si une bonne partie du monde a perdu ses économies et des millions d’hommes et de femmes au chômage, surtout aux Etats-Unis et en Allemagne, elle le devait là encore à la conjoncture mondiale.

            Attendez que je sois plus explicite et j’essaierais. Et ensuite posez vos réponses.Contentez-vous de cette analyse, et posez si vous avez des questions uniquement sur cette analyse, si vous le voudrez, 





          • Hervé Hum Hervé Hum 2 octobre 2018 23:11

            @Hamed


            la complexité n’est peut être pas là où vous le croyez.

            Historiquement, les guerres économiques sont la suite logique des guerres territoriales, c’est à dire, celles de la noblesse.

            On peut le résumer en disant « Les guerres économiques sont à la bourgeoisie, ce que les guerres territoriales étaient à la noblesse et le reste toujours, via l’armée.

            Ce qui relie les deux (sans considérer le cas du religieux), c’est la défense du même système de régulation des rapports socio-économiques à l’intérieur des communautés, donc politique, c’est à dire, le capitalisme.

            La complexité telle que le principe de causalité me l’enseigne, me dit que la noblesse et la bourgeoisie ont pour même principe directeur, l’exploitation du temps de vie d’autrui à leur profit, mais différent seulement par la forme ou moyen utilisé pour y parvenir. La souveraineté pour la noblesse, la propriété pour la bourgeoisie. La primauté du devoir pour la noblesse, celle du droit pour la bourgeoisie. Sauf que lorsque le devoir domine le droit, il n’a pas obligation d’appliquer le droit (s’obliger à lui même) et lorsque le droit domine le devoir, il n’implique pas un devoir correspondant (pour la même raison).

            Il faut l’équilibre des deux et seuls les êtres responsables sont en équilibre relatif.

            Les »tenants et les aboutissants« , des guerres économiques, c’est donc la justification de la domination d’une élite sur le reste de la population, soit, les fameux »premiers de cordée« de Macron.

            De mon point de vie, la complexité de l’analyse, consiste à voir que d’un coté il y a des populations qui croient en la défense de leur patrie au motif d’une unité culturelle et plus ou moins historique,et de l’autre, des manipulateurs qu’on appelle aussi des stratèges, qui utilisent ces passions nationalistes pour les contrôler, jusqu’à provoquer des guerres afin de réduire plus ou moins fortement les populations hostiles lorsque  »nécessaire". Que ce soit les populations extérieures ou ’intérieures, mais avec des méthodes différentes selon la conjoncture du moment.

            Jje suis bien d’accord avec vous sur le fait que c’est la conjoncture qui décide et non Trump ou un autre. Mais toujours par rapport aux intérêts de l’élite dominante. Et de comprendre que les rivalités vraies ou fausses entre oligarques, entre dirigeants politiques des pays, participe pleinement à la défense du système, 





          • Laulau Laulau 3 octobre 2018 09:46

            @Hamed

            Nous sommes d’accord, mais à propos des hydrocarbures de schiste je doit préciser ma pensée. La création monétaire gigantesque a généré beaucoup de bulles financières mais celle du gaz de schiste (qui n’est finalement que du gaz de dollars) risque fort de provoquer l’explosion du système. Pour diminuer la pression il faut arriver à vendre ces hydrocarbures malgré leurs prix de reviens exorbitants.
            D’où les pressions sur les producteurs (Iran, Russie, Venezuela ...) et même sur les consommateurs (Europe). Trump a même reproché à l’Allemagne de préférer acheter du gaz russe alors que du gaz américain livré en Europe devrait couter trois ou quatre fois plus cher.

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