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Accueil du site > Actualités > Citoyenneté > Un autre regard sur les fonctionnaires et le service public

Un autre regard sur les fonctionnaires et le service public

Les fonctions publiques sont actuellement dans l’œil du cyclone. La Fonction Publique d’Etat essuie les plâtres depuis plusieurs années sur fond de Révision Générale des Politiques Publiques (R.G.P.P.). Cela s’accompagne de discours à l’emporte pièce de nos dirigeants et cela fait les gros titres d’une presse complaisante qui, au lieu de susciter le débat, se contente bien souvent de véhiculer des lieux communs.

Diminuer le nombre de fonctionnaires ! La fin de l’emploi à vie des fonctionnaires ! Payer les fonctionnaires à la performance ! Organiser la mobilité des fonctionnaires dont l’emploi sera supprimé ! Voici quelques thèmes d’actualité qui concernent les fonctionnaires de l’Etat.

Du côté de la Fonction publique Hospitalière, les choses sont un peu différentes mais ce n’est guère mieux et tout se passe sous couvert d’enveloppes budgétaires que l’on restreint et de remise en cause des organisations du travail, ceci se faisant bien entendu au détriment des personnes hospitalisées et pour le plus grand bonheur des établissements privés et des mandarins qui y exercent en pratiquant le dépassement d’honoraires.

Enfin, la Fonction Publique territoriale commence à subir les effets des restrictions budgétaires de l’Etat et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne sera bientôt plus un dogme dans les collectivités, même si les transferts de compétences en provenance de l’Etat, dans le domaine des personnes âgées par exemple justifierait amplement des créations d’emplois supplémentaires.

Le discours actuel consiste à dire et à répéter qu’il y a trop de fonctionnaires sans se poser la question préalable de la définition des besoins. Cela se traduira par le non remplacement de 100 000 fonctionnaires d’Etat d’ici 2013 et des redécoupages territoriaux (carte judiciaire, carte militaire, fermetures d’hôpitaux, de commissariats, de casernes de gendarmerie mobile), sans compter les fusions de service de l’Etat dont on cherche encore la cohérence.

Cela commence à se voir sur le terrain et même les fonctionnaires les plus fidèles ou les plus choyés jusqu’à présent commencent à ruer dans les brancards (police, justice, gendarmerie).

Pourquoi tant de haine ?

Il faut dire qu’avant, en période de plein emploi, pendant les trente glorieuses, on se foutait pas mal des fonctionnaires qui n’était pas considérés et qui étaient sous payés par rapport au privé. Les crises successives depuis 30 ans ont modifié cette image et les fonctionnaires en général sont devenus des nantis, et des trop payés (sauf bien sûr, lorsqu’on sonde les français, les infirmières, les enseignants, les policiers et tant d’autres qui représentent environ 90% des effectifs…Nous ne sommes pas à une contradiction près !).

En fait, toutes ces attaques sont essentiellement liées à deux choses : diminuer les dépenses de l’Etat pour faire bonne figure devant le jugement des agences de notation (et donc pouvoir continuer à endetter le pays) et, au passage, faire très plaisir au Medef en transférant au privé des missions jusqu’alors exercées par l’Etat ou les collectivités locales.

Les racines du mal

Tout n’est quand même pas rose dans la fonction publique et il serait exagéré de dire que tout fonctionne à merveille dans le meilleur des mondes. La fonction publique a aussi sa part de responsabilités dans la dégradation de son image, bien que cette dégradation soit essentiellement la traduction de la stratification du système par les parlementaires depuis la dernière guerre, du corporatisme qu’il induit, et du manque de courage des décideurs, surtout lorsque ceux-ci sont des élus, toujours soucieux de leur réélection.

On ajoutera à ce tableau l’inflation législative qui ne facilite pas le travail de terrain des fonctionnaires.

Tout cela peut induire des comportements individuels d’autant plus regrettables que les cadres de la Fonction Publique qui sortent des différentes écoles de la République qui les forment, sont en général aussi démunis qu’une poule qui a trouvé un couteau lorsqu’on leur demande de manager une équipe pour la première fois. Et quand par hasard, ils souhaitent s'impliquer dans ce domaine, il n'est pas rare que l'on bride leurs vélléités, au nom du maintien de la paix sociale.

Sans compter que les cadres « à haut potentiel », issus de l’ENA ou d’autres écoles similaires, en restent parfois au niveau du concept ce qui leur permettra de ne jamais se mouiller et de faire un brillant parcours dans la haute fonction publique, en singeant si possible les techniques managériales du privé.

Pour être complet, ajoutons à ce tableau l’inexistence du dialogue social qui ressemble plus au rapport entre les deux Corées, qu’à la recherche de solutions permettant de faire évoluer le service public de manière apaisée, pour le plus grand bien de ses usagers.

Combien ça coûte ?

Tout part du principe que les services transférés au privé seront mieux gérés et pour moins cher, encore faut-il s’interroger sur la nature du service délivré et sur le coût payé par l’usager devenu client et les marges bénéficiaires réalisées par les exploitants, toutes questions qui ne sont que très rarement évoquées, car susceptibles de fâcher.

Quelques exemples : les autoroutes, la restauration dans les écoles et les maisons de retraites, le fonctionnement des établissements pénitentiaires, les transports publics urbains et interurbains, sans compter toutes les études, audits, missions ou autres délégations de maîtrise d’ouvrage confiées à des cabinets privés et qui pourraient être réalisées en interne et pour beaucoup moins cher (les cadres à haut potentiel pratiquent, souvent en accord avec les élus, l’externalisation de ces études et missions : il est toujours bon d’avoir un fusible extérieur en cas de problème…).

En période de croissance, tout cela n’est pas très important puisque les impôts sont là pour payer les prestataires, mais en période de restriction budgétaire, comme celle que connaissent actuellement les collectivités locales, l’augmentation des impôts devient un sujet très sensible, et les contribuables commencent à ruer dans les brancards.

Le service public trop cher : un dogme mis à mal

Oui, les fonctionnaires sont indispensables, et pas seulement les infirmières, les enseignants ou les policiers, à condition qu'on les utilise à des missions qu'ils comprennent et dont l'utilité est avérée.

Comment peut-on expliquer par exemple, qu'en période de crise telle que celle que nous traversons, il y ait encore entre 40 et 50 milliards de fraude fiscale et sociale, (sinon par un manque de volonté politique) ?

Dans ce secteur, les moyens humains du fisc, de la Sécurité sociale et de l'URSSAF, sont notoirement insuffisants et mériteraient d'être renforcés, par redéploiement d'effectifs pour le moins.

Dans le domaine de la consommation, les services de la concurrence et de la consommation, désormais dissous dans de grandes directions administratives préfectorales, n'ont plus les moyens de contrôler les partiques commerciales illicites ainsi que le travail dissimulé. La aussi, le manque de volonté politique, voire la complaisance, sont patents.

Paradoxalement c'est des collectivités territoriales que pourrait venir l'espoir, à condition que celle-ci acceptent de faire leur autocritique et acceptent de se regrouper pour être plus efficace.

Certaines d'entre-elles, prises dans l'étau financier de l'Etat qui limite ses dotations, commencent à réflechir à exploiter elles-mêmes des services de transports interurbains. C'est le cas de l'Ille et Vilaine qui vient de créer une régie. De nombreuses communes ont choisi récemment de reprendre en régie la distribution de l'eau. Deux exemples démontrant que l'on peut se soucier de bonne gestion et ne plus faire une confiance aveugle au entreprises privées

Pour quelle raison observe-t-on ce type de revirement alors même que le secteur privé a toujours affirmé être en mesure d'apporter aux collectivités le meilleur rapport qualité/prix ? Tout simplement parce que ces entreprises, qui se sont regroupées au fil du temps contrôlent, par leurs filiales interposées des pans entiers de marchés des collectivités locales et se croient tout permis en matière de prix.

Il est temps de faire comprendre à ces profiteurs que la puissance publique a les moyens techniques et intellectuels de réaliser elle même les prestations de service public au profit des usagers : ce sont les agents publics. Il doivent saisir cette opportunité et dépasser certains blocages. C'est à ce prix qu'ils seront considérés et qu'ils pourront continuer à exister.


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131 réactions à cet article    


  • JL JL 9 février 2011 12:04

    Bonjour Michel Drouet, votre article, « Un autre regard sur les fonctionnaires et le service public » est intéressant.

     Milton Friedman proposait paraît-il de « larguer du cash depuis des hélicoptères » ! Il me semble qu’il serait plus intelligent de payer les profs et les hospitaliers ainsi que moderniser les Services publics. Mais c’est vrai : la gratuité, si elle est l’amie du capitalisme (les ressources naturelles, l’environnement, …) est la pire ennemie des vendeurs : comment vendre ce que l’on peut se procurer gratuitement ? Et sans commerce, pas de capitalisme !

    --------------------------------------------------------------------------------------------------------

    "Appel pour des États généraux du Service Public, réunis à Orly les 29 et 30 janvier 2011 :

    Le service public a pour objectifs la satisfaction des besoins prioritaires des populations, concrétisés par des droits (droits civiques, droits sociaux, droits économiques, droits environnementaux et culturels) et de l’intérêt général, défini démocratiquement par les citoyens et leurs élus, dans une volonté et une recherche de liberté, d’égalité, et de solidarité/Des services publics de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications, de la Poste, du logement, du crédit, de l’emploi sont à reconstruire/Tous les dispositifs de protection sociale doivent relever d’une logique publique dans leur évaluation, leur financement et leur gestion.

    Pour chaque service public, il convient de regarder quel est le niveau territorial le plus pertinent pour sa mise en œuvre.

    Nous refusons tout dispositif qui fasse perdre à la puissance publique le plein contrôle du service rendu, de sa tarification, des investissements à consentir, ainsi que des conditions de travail et d’emploi des agents et de la place effective pour les usagers dans la définition et l’évaluation du service.

    Les services publics, les politiques publiques doivent permettre une répartition des richesses qui garantit l’effectivité des droits. Le financement de services publics n’est pas une charge, c’est un investissement qui manifeste une confiance dans l’avenir et assure une redistribution des richesses.

    Il est nécessaire de sortir du « tout marchand », mais également de contrer tout État bureaucratique et technocratique coupé des besoins réels et du contrôle des populations. L’État doit être conçu comme un « faisceau de services publics » (Léon Duguit) et être fondé sur une réelle démocratie, représentative et participative. Si « Là où est la propriété là est le pouvoir ! » il convient que ce pouvoir soit celui du peuple.
     
    La caractéristique commune de tous et toutes les salarié-e-s du secteur public (le quart de la population active en France) est que leur situation est définie par la loi et non par le contrat au sens du code du travail. Il en est ainsi parce que les fonctions et activités exercées

    Notre bataille pour le Service Public s’inscrit dans le cadre français, européen et mondial. Notre époque est celle d’une prise de conscience par les peuples de l’unité de leur destin. Nombre de biens et de services sont appelés à entrer dans le patrimoine commun de l’humanité ce qui appelle une large appropriation sociale et la mise en œuvre de services publics partout dans le cadre d’une planification démocratique."

     


    • JL JL 9 février 2011 12:07

      @ la modération : on ne voit toujouyrs pas le titre ds articles dans la liste des commentaires. Est-ce voulu ? Si oui, pourquoi ?

      @ tous : pour ma part, pour une question de lisibilitéje vais essayer de mettre systématiquement en tête de mes posts, le titre de l’article auquel je réponds.


    • Michel DROUET Michel DROUET 9 février 2011 12:12

      Bonjour JL

      Je n’avais pas eu connaissance de cet appel, auquel je souscris pleinement.


    • JL JL 9 février 2011 12:30

      commentaire à l’article : « Un autre regard sur les fonctionnaires et le service public »

      Chacun des points que j’ai mentionnés n’est qu’une tête de chapître. Le texte complet se trouve sur le site Acrimed auquel renvoie mon lien.


    • JL JL 9 février 2011 13:20

      Selon JM Harribey : « Premièrement, ce sont les travailleurs du secteur capitaliste — et non pas les consommateurs — qui créent la valeur monétaire dont une partie sera accaparée par les capitalistes, et ce sont les travailleurs du secteur non marchand — et non pas les contribuables — qui créent la valeur monétaire des services non marchands….l’économie capitaliste est un circuit dont les deux actes fondateurs sont la décision privée d’investir pour produire des biens et des services marchands et la décision publique d’investir pour offrir des services non marchands. Autrement dit, les « prélèvements obligatoires » sont effectués sur un produit intérieur brut (PIB) déjà augmenté du fruit de l’activité non marchande. »

      « L’expression « les impôts financent les dépenses publiques » est trompeuse. L’ambiguïté provient de la confusion entre financement et paiement. La production capitaliste est financée par les avances de capital en investissements et salaires, avances dont la croissance sur le plan macroéconomique est permise par la création monétaire ; et les consommateurs paient. Quel rôle joue l’impôt vis-à-vis de la production non marchande ? Il en est le paiement socialisé. Le contribuable ne « finance » pas plus l’école ou l’hôpital que l’acheteur d’automobile ne « finance » les chaînes de montage d’automobiles. Car le financement est préalable à la production, que celle-ci soit marchande ou non marchande. Et le paiement, privé ou socialisé, lui est postérieur. Enfin, l’activité productive supplémentaire engendre un revenu et donc une épargne supplémentaire qui vient s’ajuster à l’investissement déclencheur, tant privé que public. Il convient donc d’apporter une réponse logique à un problème d’ordre également logique : l’économie capitaliste étant une économie monétaire, pourrait-on effectuer des prélèvements sur une base qui n’aurait pas encore été produite et, pis, qui devrait résulter de ces prélèvements ? Puisque c’est logiquement impossible, le retournement s’impose : la production non marchande et les revenus monétaires qui y correspondent précèdent les prélèvements. Autrement dit, et c’est là le point crucial pour renvoyer au musée des idéologies le discours libéral : les travailleurs des services non marchands produisent le revenu qui les rémunère. »


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 9 février 2011 12:21

      auteur , vous parlez de prix , pourriez-vous indiquer le montant de votre retraite et le nombre de trimestres travaillés ?


      Merci par avance . 

      • JL JL 9 février 2011 12:33

        Réponse à l’article : « Un autre regard sur les fonctionnaires et le service public »

        L’auteur parle d’un sujet qui concerne 60 millions de personnes, et un imbécile se préoccupe de sa situation financière !

        Dehors, les parasites qui polluent ce site !


      • Michel DROUET Michel DROUET 9 février 2011 12:49

        à rocla

        45 ans d’activité dont une partie dans le privé avec un début d’activité à 15 ans, faites le calcul vous-même.
        J’ajoute que tout ce que j’ai gagné a été déclaré et que j’ai toujours payé mes impôts et mes cotisations sociales et que je ne fais pas partie des fraudeurs dont je parle dans mon article.
        Je ne vous dois vraiment rien.


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 9 février 2011 12:59

        Le montant s’ il vous plait ? 




      • JL JL 9 février 2011 13:14

        Article : « Un autre regard sur les fonctionnaires et le service public »

        La bêtise insiste toujours : hier, avec Nicolas Sarkozy, celui-ci fustigeait la « dictature de la transparence », et le voilà qui maintenant exige que l’auteur lui fasse une déclaration de revenu, et de patrimoine pendant qu’on y est !

        Si seuls les déhérités étaient légitimes pour défendre les plus pauvres, alors il faudrait aussi que seuls les riches ne parlent que pour les riches. Il n’y aurait pas beaucoup de monde ici, vu que les riches ont d’autres chats à fouetter, et que des idiots utiles font le job à leur place !


      • JL JL 9 février 2011 13:38

        Article : « Un autre regard sur les fonctionnaires et le service public »

        Lire dans le post ci-dessus : « Il n’y aurait pas beaucoup de monde ici, pour défendre les riches et ce gouvernement de riches pour les riches »


      • sisyphe sisyphe 9 février 2011 15:32

        Et toi, l’ imbécile de rocla, tu veux nous dire combien tu as vendu ta boulangerie, après avoir roulé tout le monde dans la farine, en faisant payer les fournitures de boulangerie autant en €uros qu’en francs ? 



        Les boulangers ont été les plus gros escrocs du passage à l’€uro ; je rappelle que, juste avant le passage, une baguette valait 80 centimes de francs ; elle vaut aujourd’hui plus de 80 centimes d’€uro ; à savoir une multiplication par 6,6 en quelques années ; de même pour tous les produits de pâtisserie. 

        Et combien tu as encaissé d’argent sans le déclarer aux impôts ? 

        Et ce sont ces escrocs qui viennent sans arrêt chouiner après les fonctionnaires, présentés comme des « nantis » ! 
        Vraiment honte de rien.... 

        Les fonctionnaires remplissent un service public, GRATUIT (ils sont, certes, payés par les impôts, mais à des salaires équivalents bien moindres que ceux du privé), d’utilité publique, pour tous les citoyens, quand les commerçants, comme les entreprises privées, font payer non seulement leurs produits, avec leur marge, leur bénéfice, mais aussi leurs pseudo « services », comme les banques, à des prix exorbitants.

        La privatisation des services se fait TOUJOURS au détriment des usagers ; l’exemple de la gestion de l’eau par les communes, est, à cet égard, particulièrement édifiant. 

        Halte à la privatisation du monde et du vivant. 





         




      • JL JL 9 février 2011 16:10

        « Les fonctionnaires remplissent un service public, GRATUIT (ils sont, certes, payés par les impôts, » (Sisyphe)

        C’est une idée fausse !

        Selon Harribey :

        «  : L’expression « les impôts financent les dépenses publiques » est trompeuse. L’ambiguïté provient de la confusion entre financement et paiement. La production capitaliste est financée par les avances de capital en investissements et salaires, avances dont la croissance sur le plan macroéconomique est permise par la création monétaire ; et les consommateurs paient. Quel rôle joue l’impôt vis-à-vis de la production non marchande ? Il en est le paiement socialisé. Le contribuable ne « finance » pas plus l’école ou l’hôpital que l’acheteur d’automobile ne « finance » les chaînes de montage d’automobiles. Car le financement est préalable à la production, que celle-ci soit marchande ou non marchande. Et le paiement, privé ou socialisé, lui est postérieur. »

        pour renvoyer le discours libéral au musée des idéologies


      • JL JL 9 février 2011 16:35

        alchimie, lisez donc ce qu’on vous dit, sinon vous n’apprendrez jamais rien et serez condamné à polluer les débats ou à vous taire.

        Les services publics sont des biens qu’on ne peut pas ou qu’on ne veut pas facturer à la consommation : au kilo, au litre, à l’heure, etc ...

        A l’instar des spéculateurs qui voudraient que leurs bénéfices soient privatisés et leur pertes socialisées, les détracteurs des services publics veulent bien les consommer mais pas les payer !

        La vérité c’est qu’il n’y a plus que ça qui marche en France, puisque les emplois industriels foutent le camp. Et nos capitalistes hexagonaux lorgnent sur les plus performants de ces services captifs pour y investr leurs billets de Monopoly et en retirer des espèces sonnantes et trébuchantes !


      • mac 9 février 2011 18:18

        Et oui Alchimie, éduquer les jeunes ça coûte cher mais ramené au PIB par habitant, il ne me semble pas que les dépenses d’éducation soient spécialement élevées en France. Encore une fois on utilise le fait que l’éducation est centralisée pour nous parler d’effectifs pléthoriques et de budgets conséquents sans préciser que dans les autres pays les dépenses d’éducation région par région mises bout à bout n’ont rien à nous envier.
        Quant aux salaires des enseignants français, ils sont parmi les plus bas en Europe et stagnent voire régressent depuis 15 ans.
        Certes les résultats des élèves sont probablement en baisse mais est-ce normal de faire porter le chapeau uniquement aux enseignants à qui on impose des méthodes pédagogiques plus que discutables. Et que dire de la déliquescence sociale et familiale , de certains média de plus en plus abrutissants, de l’avènement des téléphones portables, des msn et autres facebook qui captent de plus en plus temps chez les jeunes, laissant de moins en moins de temps pour les devoirs ?
        Ne croyez-vous pas que tous ces facteurs influent largement autant sur la baisse des résultats que l’ incompétence de certains enseignants ?
        D’ailleurs que cherchez-vous ? A privatiser l’éducation à la manière anglo-saxonne où il faut parfois débourser le prix d’une maisons pour pouvoir faire une licence ?


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 9 février 2011 18:20

        si les boulangeries étaient tenues par des fonctionnaires non seulement ils seraient tous malades d’ avoir sué une goutte de transpiration , mais au bout d’ un mois ils demanderaient une pension d’ invalidité pour cause que c’ est trop dur de travailler debout . Ensuite si c’ étaient des personnel de l’ EN qui tiendraient au magasin , il n’ y aurait personne car elles seraient en réunion .... smiley

        les fonctionnaires c ’est bon pour faire des pets de nonnes .


      • sisyphe sisyphe 9 février 2011 18:31

        rocla, tu n’as pas répondu aux questions : 


        - comment le prix des produits de boulangerie et de pâtisserie a-t-il été multiplié par plus de 6 après le passage à l’euro ? 
        - combien d’argent perçu as tu dissimulé au fisc ? 
        - tes enfants n’ont pas profité de l’école libre et gratuite ? 
        - tu n’as jamais été soigné à l’hôpital public ? 
        - tu ne bénéficies pas de la sécurité sociale ? 
        - tu es pour la suppression des policiers ? 

        merci de répondre autrement que par des calembours ou des échappatoires, si tu en as le courage...


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 9 février 2011 18:37

        j’ peux pas répondre j’ suis en grève ..... smiley


      • mac 9 février 2011 21:40

        Dans la passé et jusqu’à l’ avènement du « néolibéralisme sauvage », les professions se respectaient à peu près. Le boulanger de Pagnol respectait monsieur l’instituteur qui était considéré comme un notable et non comme un parasite de la société et la réciproque était vraie car après tout il fallait de tout pour faire un monde.
        Actuellement les système broie les gens et fait en sorte qu’ils se bouffent le nez. Ce qui évite de regarder ceux qui leur vident copieusement (à coups de milliards et pas de milliers d’euros) les poches.
        « Quand le sage pointe la lune, l’idiot regarde le doigt » . Ce n’est pas nouveau mais les oligarques et les média qu’ils ont à leur botte ont réussit à le faire appliquer à merveille !

        Cette discussion en est la preuve...


      • Michel DROUET Michel DROUET 9 février 2011 22:29

        Bonjour Mac

        Merci pour votre commentaire.


      • sisyphe sisyphe 9 février 2011 23:10

        Par Siegfried (xxx.xxx.xxx.138) 9 février 22:02

        @ Sisyphe

        Les désaccords d’idées sont une chose, calomnier quelqu’un en est une autre. 

        Tu sais probablement que si tu fais ce genre de saleté sur une identité réelle et pas sur une personne sous pseudonyme, tu te retrouves au tribunal si le diffamé a envie de se plaindre. Et je n’irais pas pleurer sur ton sort.

        Je ne « calomnie » personne ; je ne fais qu’énumérer des FAITS et poser des questions, à rocla, dans un « retour de boomerang » puisque c’est lui, le premier, qui pose la question à un autre intervenant, sur sa retraite, et ses revenus.

        Questions auxquelles, d’ailleurs, il se défile, alors que son interlocuteur , lui, a répondu précisément. 

        Difficile de plaider la « calomnie » au tribunal.....

        Donc, rassure toi, tu n’auras aucune larme à verser... smiley 

        Serviteur 





      • sisyphe sisyphe 9 février 2011 23:12

        ... de plus, je m’adresse à quelqu’un qui a déclaré, ici même, que « le seul bon fonctionnaire est un fonctionnaire mort » ; donc, qui s’y connait très précisément en ......... « calomnie »..... 


         smiley

      • Nanar M Nanar M 10 février 2011 08:04

        Et alors ?


      • sisyphe sisyphe 10 février 2011 08:21

        Oui ???? 


      • BOBW BOBW 13 février 2011 21:21

        @sisyphe , et comme nombreux de ses collègues boulangers ,il a profité de son Europe libérale et de l’Euro pour nous jouer sa « Cène » avec sa multiplication des augmentations des  pains !  smiley tout ça pour ses « miches »


      • Nanar M Nanar M 9 février 2011 12:33

        Bien entendu sarko est le destructeur ultime des services publics mais les campagnes contre les fonctionnaires durent depuis des années dans les médias.
        Tout ça a été prévu et savamment orchestré par les tenants du libéralisme depuis longtemps.


        • Polemikvictor Polemikvictor 9 février 2011 12:34

          La fonction publique dans son ensemble a suffisamment de moyens….ce qui manque c’est les bons.

           

          Plus sérieusement elle se laisse représentée par des syndicats qui paraissent fermés a toute remise en cause et ne réagissent que par reflexe.

          Exemple : la dernière polémique sur la responsabilité des juges à Nantes, réaction immédiate : « c’est par ce qu’on manque de moyens ! » après quelques jours il semblerais qu’il n’y a pas eut de faute dans la partie justice donc l’argument peut se retourner contre eux :

          « Vous n’avez pas commis de fautes donc vous avez assez de moyens »

           ou

          "Vous avez commis une erreur de jugement en entrant dans le préjugé de votre présumée culpabilité, compte tenu de votre métier c’est gênant.

           

          Ce que j’aimerais en que citoyen français et contribuable c’est savoir que l’argent de mes impôts est bien utilisé, pour cela je voudrais que chaque administration publie tous les ans sur internet un « bilan social » :

          Effectif, comparaison avec nos principaux voisins européens.

          Performances par grand secteurs de résultats.

           Revenu ( pas salaire de base) par catégorie

           Dépense par poste en ordre décroissant ( un Pareto pour ceux qui connaissent)

          Plan d’amélioration avec des chiffres, reprenant notamment la façon de détecter les meilleures pratiques et de les généralisées, situation d’avancement régulière de ce plan.

           

           


          • taktak 9 février 2011 14:18

            1) la lolf vous permet de savoir exactement comment sont utilisés vos impots...
            2) les fonctionnaires releve d’un statut, il suffit de lire les statuts particulier pour avoir toutes les rémunérations

            3) concernant aussi bien le point 1 que 3 et 4 que vous abordez, vous tombez là dans l’erreur grossière de l’utilisation d’indicateurs/simplificateur.

            Je m’explique. les politiques publiques relevent de mode d’organisation extrémement complexes et imbriqués, avec des effets retroactifs particulièrement puissants. L’ensemble est donc difficilement modélisables d’une façon simple et monitorable par des indicateurs sans entrer dans un simplisme contrproductif.

            Je vasi prendre 1 exemple :
            -la comptabilité publique et chorus. Pour pouvoir suivre précisemment l’ensemble de sa comptabilité, et donc que Bercy puisse fliquer toute les dépenses jusqu’au moindre copec sans l’aide des ministères, mais aussi pour profiter des progrès de l’informatique, l’état a décidé de se doter d’un progiciel de comptabilité unique Chorus. Il permet en théorie de faire ce que vous demandez : indicateurs pour comparaison, mutualisation des bonnes pratiques, économie d’échelle... Le résultat est catastrophique. La mise en oeuvre en remplacement des progiciel développé par chaque ministère est un cataclysme (retard de paiement), c’est une usine à gaz qui oblige chacun à trouver les moyens pour adapter ses pratiques.... Sans compter que ça coute une fortune. Au final à oublier que la comptabilité de la 8e puissance économique mondiale est bien plus complexe et différente de celle de simple grandes entreprise, on a crée un monstre.....


          • Polemikvictor Polemikvictor 9 février 2011 19:40

            A Tak tak
             

            Synthétique, ne veut pas dire simpliste, la différence tient dans le niveau de celui qui mets en place les outils de suivi et la volonté qu’il a de s’en servir

             Vos remarques sur la complexité de notre système administratif renforce mon opinion qu’il est urgent de mettre en place les bons outils de pilotage. Si personne ne peut avoir une vision synthétique de son organisation il est impossible de prendre les bonnes décisions, d’où l’auto alimentation de l’immobilisme et le refus de progresser qu’on entend trop souvent .



          • Dzan 10 février 2011 11:28

            Combien de HAUTS FONCTIONNAIRES ? dans l’entourage du Rabot des Niches ???
            Non, mais il vaut mieux tomber sur l’instit de base, sur l’employé des Postes, etc...
            Comment se fait-il qu’un Flic commence avec un salaire bien supérieur à un instit, à une infirmière ?
            Paréto, j’ai connu, Ishikawa aussi ? Poletc...Z’auriez pas été chef ???


          • ali8 9 février 2011 12:56

            sans prendre parti, je ferais remarquer que c’est le 2ème article sur le même sujet après Chalot

            bref, l’islamophobie bat son plain

            nous allons voir les juluch & co rappliquer

            bonne journée, houaff houaff smiley


            • ali8 9 février 2011 12:58

              excusez moi, ce commentaire n’est pas à sa place smiley


            • Yohan Yohan 9 février 2011 13:07

              Pas étonnant, depuis trente ans, les effectifs de fonctionnaires ont été gonflés artificiellement pour faire reculer le chômage. Aujourd’hui, l’Etat est en faillitte, on l’oublie trop vite. Non seulement, il faut payer les actifs mais aussi les retraités de la FP.
              Sarko ou un autre n’ont pas d’autres choix face à la crise que de tailler drastiquement dans les effectifs, faute de quoi, il ne pourra bientôt plus payer les fonctionnaires. Certains pays ont connu cela, nous n’en sommes plus très loin. Et si je vous dis ça c’est que j’ai mes sources...


              • ZEN ZEN 9 février 2011 13:53

                Aujourd’hui, l’Etat est en faillitte, on l’oublie trop vite. Non seulement, il faut payer les actifs mais aussi les retraités de la FP.
                Sarko ou un autre n’ont pas d’autres choix face à la crise que de tailler drastiquement dans les effectifs, faute de quoi, il ne pourra bientôt plus payer les fonctionnaires. Certains pays ont connu cela, nous n’en sommes plus très loin

                Un extrait de F.Fillon ?
                Il faut citer ses sources... smiley


              • mac 9 février 2011 13:57

                 

                Non Yohan.
                L’état n’est pas en faillite parce qu’il a embauché des fonctionnaires pour masquer les chiffres du chômage ou pour payer des retraites.
                L’état est en quasi-faillite parce qu’il paye des intérêts (depuis 1973 en Fance) sur ses emprunts à des organismes financiers privés qui ne savent maintenant plus quoi faire de leur argent tellement on leur en a donné. Du coup ils achètent toutes nos entreprises publiques jusqu’à nos propres routes, ce qui diminue d’autant plus les ressources de l’état et augmente les leurs.
                Ces lois difficilement admissibles pour le contribuable avaient pour but d’éviter l’inflation qui n’a pourtant jamais été aussi élevée depuis qu’elles ont été adoptées.
                1300 milliards c’est à peu près ce que nous aurions pu éviter de payer si nous avions eu des gouvernants un peu plus responsables en gérant au mieux et surtout eux-mêmes l’argent public.
                Mais je comprends que ce dernier point déplaise à ceux qui profitent réellement de la politique suivie depuis près de 40 ans et qui se sont fait de C......S en or à un point tel qu’ils sont maintenant parfois plus puissants que les états qui les ont grassement nourris.
                Mais ceux- là on ne les montre pas du doigt, vaut mieux casser du fonctionnaire c’est tellement plus simpliste et facile.


              • sisyphe sisyphe 9 février 2011 15:34

                @ mac 


                excellente réponse ; pas mieux. 

              • Yohan Yohan 9 février 2011 18:35

                Ah oui, et pourquoi diable l’état doit-il emprunter sinon qu’il dépense plus qu’il ne gagne ?


              • sisyphe sisyphe 9 février 2011 19:02
                Par Yohan (xxx.xxx.xxx.115) 9 février 18:35

                Ah oui, et pourquoi diable l’état doit-il emprunter sinon qu’il dépense plus qu’il ne gagne ?


                L’état emprunte parce qu’il INVESTIT en fonction des projets à courte, moyenne et longue durée. 

                Et pourquoi les états n’avaient-ils pas de dette jusqu’en 1973 ? 

                Et combien de milliards échappent à l’état par le jeu des fraudes fiscales, des sociétés-écrans dans les paradis fiscaux, du bouclier fiscal, des niches fiscales, et autres magouilles ? 

                Et, surtout, combien coûte à l’état les INTÉRÊTS de la dette, qui n’existaient pas avant 1973, puisqu’ils empruntaient aux banques centrales, justement, sans intérêt ? 



              • Annie 9 février 2011 19:05

                C’est un point important. Aucune société privée ne pourrait investir, faute de capitaux ou de répondant, dans des projets à long terme comme l’état le fait, dans le réseau ferroviaire ou routier par exemple, ou dans l’industrie énergétique.


              • perlseb 9 février 2011 19:39

                Merci mac. Effectivement la loi de 1973 est une loi qui a été votée sans aucun référendum, qui n’a jamais été remise en question par les gourvernements suivants et qui est pourtant capitale.

                Elle est tout simplement responsable de la disparition de l’état et avec lui, des services publics. C’est surtout maintenant que l’on voit les effets de cette loi : en 1973, payer des intérêts sur 0, on ne voyait pas le danger (c’est pour ça que Giscard a fait immédiatement un emprunt de 7,5 milliards remboursés 90 : pour qu’il y aie autre chose que 0 et que les riches puissent investir dans des obligations d’états au lieu de payer des impôts).

                Nous sommes en train de vendre tous les biens publics pour rembourser cette dette-arnaque et cela n’empêche pas la dette d’exploser et nos gouvernements de dépenser sans compter (Air Sarko One, augmentation de salaire auto-proclamée,...) et de nous faire la morale. Dans une démocratie, la loi de 1973 n’aurait jamais pu être votée. La loi de 1973, c’est la fin de la société, la fin d’une certaine égalité et le début de la jungle, du chacun pour soi, du soit riche ou crève.

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