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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise systémique : USA, game over

Crise systémique : USA, game over

Dans mon dernier article Crise systémique : le trou noir j’avais expliqué que les produits dérivés (des métastases selon Paul Jorion) par effet domino, détruiraient l’économie mondiale. Je vais ici m’attarder sur un malade en phase terminale, les USA.

En effet, le 30 juin 2008 , l’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques) déclarait le 30 juin 2008 que les USA possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés (Barack Obama, dernier président des USA) soit un tiers de ces « armes de destruction financière massive » comme dirait Warren Buffet.

Ces produits financiers, tel le chat de Schrödinger, sont à la fois vivants et morts, c’est à dire qu’ils ont une valeur lorsque tout va bien, valeur réduite à zéro lors d’une crise majeure comme aujourd’hui. La nation américaine ne s’en relèvera pas. D’ailleurs, le LEAP/E2020 évalue à 10 000 milliards de dollars les « actifs fantômes » des banques que le gouvernement US devra « éponger ».

Nous en sommes donc à la 77 ème faillite bancaire depuis le début de l’année et donc, la FDIC (Le Federal Deposit Insurance Corporation) une agence indépendante du gouvernement fédéral américain qui assure les dépôts des particuliers dans les banques est ruinée.

Frédéric Lordon, économiste et directeur de recherche au CNRS ose dire : « on va voir débouler, sous peu, toute une série de « paquets » de dettes avariées, dont les défauts n’ont pas encore explosé, mais c’est pour bientôt ».

Simone Wapler Rédactrice en chef, MoneyWeek, déclarait le 13 août 2009, « La crise financière, loin d’être résorbée, va s’aggraver » (Trois arguments pour une hausse de l’or).

Ce « cancer » financier est ainsi en train de détruire l’économie US.

Au mois d’octobre 2008, Abderrahmane Mebtoul, un des plus grands économiste algérien me demandait de lui faire une analyse précise concernant les bons du trésor US car, visionnaire, il s’interrogeait alors sur le devenir des USA et donc des placements de l’Algérie. Nous étions arrivés à l’époque à la conclusion que l’Amérique était en train de sombrer. Il avait d’ailleurs écrit plus tard « La fin de la primauté du dollar » (EDITORIAL EDITORIAL EDITORIAL).

Ainsi, la Fed ayant déjà racheté 1700 milliards de bons du trésor (elle monétise sa dette, ubuesque !) sera obligée de recommencer cette opération avant la fin de l’année. Krugman chiffrait les besoins des USA à 2100 milliards de dollars pour 2009 dans le New York Times du 9 janvier 2009. Il était donc loin de la réalité et j’avais encore une fois de plus raison car j’avais annoncé le chiffre de 3500 milliards à l’époque : Destruction du dollarExplications.

2010 sera pire. La fin du dollar est proche, très proche.

Selon le cabinet spécialisé Realty Trac, nous avons eu aux USA un nouveau record des saisies immobilières en juillet et nous sommes passés, là-bas, de 11 000 saisies par jour à 11 600. USA : nouveau record (+7,0%) des saisies immobilières en juillet ...

C’est vrai, la crise est terminée.

Plus inquiétant encore, personne ne se pose la question de ce que deviennent la plupart de ces maisons qui ne se retrouvent pas sur le marché de peur qu’il s’effondre. Seul le quotidien San Francisco Gate a osé donner un chiffre qu’il évaluait à 600 000 au mois d’avril. Banks aren’t reselling many foreclosed homes.

Or, les saisies immobilières battent tous les records depuis, avec une moyenne de 300 000 par mois. Nous avons donc largement dépassé le million de maisons qui ne sont pas mises en vente. Acculés à la faillite, les organismes financiers américains devront se débarrasser de ces biens encombrants, et, à ce moment là, nous assisterons à l’effondrement du marché immobilier US, un cataclysme économique gigantesque !

De plus, 16.000 entreprises ont déposé leur bilan d’avril à juin aux USA : Hausse spectaculaire du nombre de faillites aux Etats-Unis.

Sur le front de l’emploi donc, contrairement à ce que l’on vous dit, les choses ne vont pas mieux. Selon l’AFP, le nombre de nouveaux chômeurs inscrits aux Etats-Unis a progressé lors de la semaine achevée le 8 août » : USA - Hausse des inscriptions au chômage à 558.000.

En août il est prévu 600 000 chômeurs arrivant en fin de droits aux USA (26 semaines). Et cela sera valable tous les mois.

Ainsi, le chômage semblera se stabiliser car ils disparaîtront des statistiques.

Seize états (bientôt le double) , ruinés, payent maintenant les allocations avec de l’argent emprunté.

"Le système d’assurance chômage avant la récession était aussi vulnérable que la Nouvelle Orléans était avant Katrina," a dit le Représentant Jim McDermott, le Démocrate de Washington. Source : The New York Times : http://www.nytimes.com/2009/07/24/us/24unemploy.html?_r=1&hp

Il faut tout de même le rappeler, 1,5 millions d’enfants étaient SDF aux USA au mois de mars. Source : http://mwcnews.net/content/view/29970. J’ai d’ailleurs réalisé une étude à ce sujet que vous pouvez lire sur mon blog (Crise systémique : le chaos).

Que vont devenir tous ces être humains ? La rue sera sûrement le chemin tout tracé. Les USA vont donc devenir le pays le plus instable du monde avec une situation sociale totalement explosive.

Depuis 2007, le maire de New York a trouvé une solution « miraculeuse » : il paie aux sans-abri des billets d’avion, sans retour, vers la destination de leur choix. « Le maire de New York exporte la pauvreté ». Un nouveau concept est né, la délocalisation des pauvres.

Dans les rues on rejoue « Orange Mécanique » et, tous les quinze jours, un SDF décède, agressé par certains pour lutter contre « l’ennui », par « amusement », voire pour « le frisson » : USA/rapport : violence vis-à-vis des SDF : Collectif SDF Alsace. Tel est le bilan publié lundi 10 août par la National Coalition for the Homeless (NCH).

Quant au système de retraite, il va totalement s’effondrer car c’est un système basé sur la capitalisation et l’on devra travailler jusqu’à sa mort pour se nourrir (si l’on trouve du travail !) : rapport GAO du 17 janvier 2008

Igor Panarin, ancien analyste du KGB, spécialiste des USA qui enseigne aux futurs diplomates de la Russie a déclaré en décembre 2008 qu’il y aurait une guerre civile aux USA. Le LEAP / E2020 a d’ailleurs repris la même analyse. Pour Panarin, la guerre civile démarrerait à l’automne 2009, et en juin 2010, le pays serait divisé en 6 blocs. Sergueï Rogov directeur de l’Institut des études américaines et canadiennes pense que ce scénario est probable. Crise systémique – Les solutions (n°4 : régions et monnaies ...

Le chaos social s’installe donc car, ne l’oublions pas, une crise majeure suit irrémédiablement la même chronologie : Etape 1 : crise financière, Etape 2 : l’économie réelle est sinistrée, Etape 3 : crise sociale. L’exemple le plus connu étant celui de l’Allemagne et de la république de Weimar, nous savons comment cela s’est terminé.

Pour l’étape 4, je vous laisse le choix, mais plusieurs options semblent se dégager : une guerre civile avec la mise en place d’une dictature, voire un troisième conflit mondial, au pire les deux (c’est mon avis). Barack Obama sera donc le dernier président des USA tels que nous les avons connus.

Ne l’oublions pas cependant, face à la destruction de la nation américaine, il existe une solution politique et monétaire de rechange : la North American Union (lire : Crise systémique : les solutions (n°3 : un nouveau dollar ...) et surtout la création du grand marché transatlantique (Crise systémique : le chaos), qui ne résoudra pas le problème économique et social.

Pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi tous nos billets en euros possèdent un pont traversant l’Atlantique, vous avez maintenant la réponse.

En conclusion, « très peu d’hommes savent se forger une opinion par eux-mêmes. Aussi répètent-ils ce que leur ont dit leurs parents, puis leurs professeurs et enfin ce qu’ils ont entendu aux informations du soir, et ils finissent par se convaincre qu’il s’agit là de leur opinion personnelle, au point de la défendre ardemment face à d’éventuels contradicteurs. Il suffirait pourtant qu’ils tentent d’observer par eux-mêmes, de penser par eux-mêmes et ils découvriraient le monde tel qu’il est et non pas comme on les conditionne à le voir. »

Nous, les dieux, Bernard Werber, éd. Le Livre de Poche, 2006, chap. 103, p. 429.

  

 

 Gilles Bonafi


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100 réactions à cet article


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 août 2009 11:12

    à l’auteur
    « Dans mon dernier article Crise systémique : le trou noir j’avais expliqué que les produits dérivés (des métastases selon Paul Jorion) par effet domino, détruiraient l’économie mondiale ».

    Paul Jorion ! ? Encore ! ? ...

    à Gilles Bonafi (xxx.xxx.xxx.189) 7 août 01:00

    À votre invitation implicite, je me suis rendu sur le site de ECCE.
    La première phrase de la page d’accueil est :
    « Proposition de site collaboratif en articulation avec le Blog de Paul Jorion »

    Je me suis donc intéressé à Paul Jorion en me rendant sur son blog où il se présente ainsi :
    "Paul Jorion est Docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles. Il est diplômé en sociologie et en anthropologie sociale. Il a enseigné aux universités de Bruxelles, Cambridge, Paris VIII et à l’Université de Californie à Irvine. Il a également été fonctionnaire des Nations-Unies (FAO), participant à des projets de développement en Afrique.
    Paul Jorion a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il avait préalablement été trader sur le marché des futures dans une banque française. Il a publié un ouvrage en anglais relatif aux répercussions pour les marchés boursiers de la faillite de la compagnie Enron : Investing in a Post-Enron World (McGraw-Hill : 2003). Il a publié plus récemment, Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007), L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce “la crise des subprimes” (Fayard : 2008) et La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard : 2008).
    Paul Jorion est « Visiting Scholar » du Programme Interdépartemental Human Complex Systems de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA)« .

    De son côté Wikipédia apporte les informations suivantes :
     »Paul Jorion né le 22 juillet 1946, est anthropologue et sociologue, spécialisé dans les sciences cognitives et l’économie.
    Il a enseigné dans les universités de Bruxelles, Cambridge, Paris VIII et l’université de Californie à Irvine. Il a également été fonctionnaire des Nations Unies (FAO), participant à des projets de développement en Afrique« .

    À 63 ans, Paul Jorion semble avoir conduit une carrière honorable.

    C’est donc une surprise de découvrir sur son blog un appel à la générosité financière de donateurs :
     »Faire une donation
    Vous avez la gentillesse de louer mon indépendance : je ne travaille en effet pas pour une entreprise, je n’enseigne pas non plus, ni ne veut (veux) bénéficier de la publicité – qui n’est pas ma tasse de thé ! Je vis exclusivement de mes droits d’auteurs et de vos contributions. Je pourrai continuer d’écrire comme je le fais aujourd’hui tant que vous m’y aiderez.
    Je refuse d’opérer parmi vous une sélection par l’argent : je veux que l’accès à mes textes reste gratuit parce que j’entends continuer de m’adresser à ceux pour qui tout ce qui n’est pas gratuit est trop cher. Et il me faut du coup compter sur d’autres qui pourraient contribuer davantage – mais sur une base strictement volontaire.
    Pour qu’il n’y ait pas d’abus de ma part, je publierai mes comptes tous les six mois, ce qui vous permettra de juger la manière dont j’utilise ces fonds. Si la formule produit plus que le nécessaire – on peut rêver ! – les sommes seront redistribuées dans le même esprit : pour le développement d’une presse « alternative » : en faisant monter à bord d’autres « journalistes presslib’ » (et pourquoi pas vous ?)« .

    Il ajoute :
     »Donation : objectif
    Avec 2.000 € je peux me débrouiller – qui ne pourrait ? – la somme est un peu arbitraire et, franchement, a été déterminée en fonction des dons qui furent effectivement versés au cours des mois d’avril et de mai («  La liberté est l’amour de la nécessité », Kant).
    Alors voici : pour mai : 2.374 €
    Pour juin : 3.099 €
    Pour juillet : 2.022 €
    Somme (brute) reçue à ce jour (7 août) : 1381 €« 

    Arrivé à ce stade, il est difficile de comprende qu’à 63 ans, Paul Jion ne soit pas parvenu, pendant sa belle carrière (d’écomiste), à se constituer un patrimoine ou, au pire, des droits à retraite par répartition ou par capitalisation, qui seraient les garants de son absolue indépendance financière, et qu’il doive en quelque sorte s’en remettre à la quasi mendicité pour remédier à son imprévoyance financière...

    Cité en toute première page d’accueil du site ECCE, il est donné à penser que Paul Jolion constitue une pièce maîtresse du Projet ECCE, à savoir :Espace Collaboratif vers une Constitution pour l’Economie
    Cet ensemble de considérations, comme par exemple la »redoutable efficience" de la FAO, bien connue de ceux qui l’ont pratiquée, génère une immense perplexité quant à la crédibilité des objectifs et des modalités du Projet ECCE en matière d’élaboration d’une Constitution pour l’Économie.

    Personnellement, si ma curiosité est relancée, je ne manquerai pas d’approfondir les informations du site ECCE afin que leur pertinence puisse effacer cette immense perplexité.


    • abelard 19 août 2009 12:05

      En gros, mon gentil de Llabrés ce que tu ne comprends pas c’est pourquoi Paul Jorion n’a pas profité de ses postes pour taper dans la caisse et se constituer un beau matelas de dollars ?

      Tu appelles ça de « l’imprévoyance monétaire » moi je trouve qu’il s’agit d’honnêteté...

      Tu appelles mendicité le fait de demander à ses lecteurs de payer un peu pour un travail d’analyse lucide ? Moi j’appelle ça gage d’indépendance.

      Dans un monde de rats qui élève le cynisme et la rapacité au rang des beaux-arts, on a les valeurs que l’on peut, n’est ce pas ? Et tu as tout à fait le droit d’estimer que le seul but d’un intellectuel reconnu est de se remplir les fouilles au plus vite. Mais tu me laisseras celui de penser que la dignité ne se monnaye pas.

      Paul Jorion est donc un homme honnête, lucide et digne.

      Autant de mots incompréhensibles pour toi...


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 août 2009 12:31

      à abelard (xxx.xxx.xxx.171) 19 août 12:05

      "En gros, mon gentil de Llabrés ce que tu ne comprends pas c’est pourquoi Paul Jorion n’a pas profité de ses postes pour taper dans la caisse et se constituer un beau matelas de dollars ?
      Tu appelles ça de « l’imprévoyance monétaire » moi je trouve qu’il s’agit d’honnêteté..."

      Vous avez une curieuse notion de la malhonnêteté. J’ai écrit :
      Arrivé à ce stade, il est difficile de comprende qu’à 63 ans, Paul Jorion ne soit pas parvenu, pendant sa belle carrière (d’écomiste), à se constituer un patrimoine ou, au pire, des droits à retraite par répartition ou par capitalisation, qui seraient les garants de son absolue indépendance financière, et qu’il doive en quelque sorte s’en remettre à la quasi mendicité pour remédier à son imprévoyance financière...
      Personnellement, je considère que constituer un patrimoine ou/et des droits à retraite aurait été parfaitement légitime et prévoyant.
      Mais, vous, vous considérez que se constituer une retraite (capitalisation ou/et répartion) serait « taper dans la caisse ». Votre interprétation est excessive... Et, comme tout ce qui est excessif...


    • abelard 19 août 2009 12:55

       A force de faire des prédictions qui se réalisent, je vais finir par acheter une roulotte à la foire du trône, histoire d’étoffer mon petit capital...
      Comme prévu, cher Llabrès, tu ne comprends rien à ce que j’ai écrit. Nous ne pouvons en effet nous comprendre...
      Je n’ai aucune notion de la malhonnêteté, mais de l’intégrité si et ellee est absolue ou n’est pas.

      Peux tu essayer de comprendre que tout le monde n’a pas comme toi une vision de la vie d’aide-comptable assuré à « l’abeille prévoyance » ?
      Non, bien sûr, tu ne peux pas, il faudrait pour cela soulever au moins une de tes oeillières, acte terrifiant s’il en est.

      Mais ta mentalité de ramasse-petit n’est pas la raison de mon agacement.
      Ce qui m’horripile, c’est que tu prennes argument de ta médiocrité digne de « Bouvard et Pécuchet » pour attaquer la crédibilité de Paul Jorion.
      Les attaques ad hominem n’ont rien de particulièrement glorieux, mais quand elles reposent sur des arguments de cette nature elles touchent les sommets de l’imposture.

      Si je te suis bien, et a contrario, sarkozy est un excellent président puisque sa première mesure a été de s’augmenter lui même de 172%.
      Voilà quelqu’un de prévoyant donc digne de foi...


    • John Lloyds John Lloyds 19 août 2009 13:26

      Arfff Llabres, toujours dans les choux à chercher des poux dans la tête aux derniers bastions de l’indépendance médiatique qui nous permettent encore de comprendre les arts de l’escroquerie impérialiste et qui ne bouffent pas encore dans le ratelier des lécheurs de bottes. Jorion est un modèle de Don Quichotte contemporain, et son petit modèle de dernier village village gaulois devrait jeter la honte sur les lobbies des petits écrans et autres canards tous droits sortis des officines de propagande occidentale.

      Excellent article, l’auteur, et même s’il est toujours difficile de s’engager en terme de date dans l’effondrement prochain, c’est toujours un exercice de haut niveau de s’engager dans de la spéculation à moyen et court terme ; il est en effet presque impossible de rentrer dans la caboche satanique de nos élites, et d’imaginer les folies dont il sont capables pour maintenir quelques mois de plus un système déjà condamné. Faire des tours de Pise sur des tours de Pise, c’est leur seule capacité.


    • le naif le naif 19 août 2009 14:06

      Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt

      L’important n’est pas la situation personnelle de Monsieur Jorion, mais son propos.
      Dans la situation de mensonges institutionnalisés dans laquelle nous sommes, il est tout de même réconfortant de pouvoir lire des avis éclairés et indépendants.
      Si vous n’aimez pas Jorion, il y a Jovanovic ( que vous trouverez surement ésotérique) Lordon ( trop imbu de sa liberté pour se compromettre dans les médias) Bill Bonner ( lui il a une lettre confidentielle à vendre) etc......

      Sinon essayer Marc Fiorentino ou Touati..........


    • wesson wesson 19 août 2009 14:26

      @john lloyds,

      Bonjour John

      « Faire des tours de Pise sur des tours de Pise, c’est leur seule capacité. »

      Et de temps en temps les faire effondrer pour que ça reparte pour un tour ....


    • Vladivostok 1919 Vladivostok 1919 19 août 2009 11:48

      Très bonne synthèse, qu’on peut mettre en parallèle avec ce titre, pioché ce matin dans Yahoo news, tiré du Figaro :

      « Pour le FMI, la reprise mondiale « a commencé » »Puis dans l’article
      "’Pour que cette reprise s’opère convenablement, il faut que l’économie américaine, « à l’origine de la crise », soit « au centre du rebond ».

      Arff Arff... Le « centre du rebond » ... J’imagine la scène

      On pouvait éventuellement consulter la rubrique « Insolite » des news Yahoo, pour se marrer, entre 2 pages web.
      La rubrique « Economie » fait désormais l’affaire.


      • Alpo47 Alpo47 19 août 2009 11:49

        « Qui sème le vent, récolte la tempête ».

        Depuis la deuxième guerre mondiale, les USA ont mené une politique impériale sur le reste du monde. Qui sait que ceux ci ont environ 1000 bases militaires en dehors de leur territoire ?
        Révolutions coordonnées par la CIA, assassinats d’opposants, pillages des richesses, soutien aux pires dictatures, influence délétère, partout ...
        J’ai la faiblesse de croire qu’il y a une forme de « justice » qui gouverne ce monde. Le « karma » des orientaux , et c’est bien ainsi.

        Pour ce qui est de la situation actuelle, je pense également qu’elle est à haut risques. L’économie US ne tient que par quelques fils, de plus en plus ténus. L’empire est à bout de souffle.
        Il est cependant doté d’une grande faculté de résistance. La plus facile est de « changer les règles » . Ils l’ont déjà fait, actuellement en modifiant les règles comptables des banques, ils pourraient bien recommencer, par exemple, en « annulant » tous les produits toxiques, ou en laissant venir une hyper-inflation qui annulerait rapidement leur endettement.
        Ce ne sont que deux exemples.

        Donc, oui, les USA sont au bord du gouffre, mais ils ne sont pas encore tombés dedans.

        Souci, leur chute nous entrainerait avec eux.


        • Traroth Traroth 19 août 2009 15:28

          Mouais, enfin si ça pète, les vrais responsables se mettront à l’abri dans un autre pays pendant que les pauvres s’entre-buteront. Voir là une justice est illusoire.


        • Alpo47 Alpo47 23 août 2009 12:12


          Et une interview de Noam Chomsky, toujours édifiant :


        • pissefroid pissefroid 23 août 2009 17:39

          Entretien de Chomsky très pertinent au regard de l’article.


        • Forest Ent Forest Ent 19 août 2009 12:03

          Il y a pas mal de choses intéressantes dans cet article, et à mon avis souvent vraies.

          Toutefois, il me semble délicat d’avoir sur la conjoncture des prévisions trop précises, surtout en termes de timing. Ce n’est pas pour dire mais, à chaque fois qu’il a avancé une date précise, le LEAP s’est trompé. Par exemple, selon lui, la guerre US-Iran devait commencer en 2007.


          • abelard 19 août 2009 12:21

            @Forest Ent,

            Je suis de votre avis (ce qui vous fait un belle jambe) en ce qui concerne les prévisions trop précises. La complexité de la réalité la rend extrèmement sensible au hasard.

            Toutefois (j’aime bien toutefois, et vous l’employez avec bonheur), toutefois donc, je ne suis pas certain que la guerre USA/Iran n’ait pas commencée en 2007.
            Il faudra dans cinquante ans ouvrir les archives de la CIA pour savoir si certains attentats commis en Iran ces dernières années n’ont pas une origine un peu moins spontanée que leur présentation dans la presse mainstream veut le faire croire...


          • Pyrathome pyralene 19 août 2009 12:07

            .....En effet, le 30 juin 2008 , l’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques) déclarait le 30 juin 2008 que les USA possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés (Barack Obama, dernier président des USA) soit un tiers de ces « armes de destruction financière massive » comme dirait Warren Buffet.....

             Une bombe à retardement que l’on a simplement caché sous le tapis......chaque jour qui passe rapproche de plus en plus les USA et nous-mêmes ,vers le centre du trou noir...........le plus difficile étant de prévoir le coup de gràce inévitable,juste une question de « timing »...octobre 2009 ??..


            • le naif le naif 19 août 2009 12:24

              @ Alpo47

              Je cois que changer les règles, créer des bads banks pour y mettre les actifs toxiques etc...
              ne change rien au problème. Le capitalisme pour survivre à besoin de croissance et de consommation. Or à l’image d’un avion qui décroche, cette crise fabrique à grande échelle et à grande vitesse des millions de pauvres, qui non seulement ne peuvent plus soutenir le système mais contribuent (à leurs corps défendant) à le plomber définitivement.
              Les financiers ont oublié dans leur cupidité le principe cardinal du capitalisme : Celui qui ne peut pas acheter, ruine celui qui ne peut pas vendre.
              La crise systémique est plus présente que jamais, sauf que ce coup-ci les plans de relances gouvernementaux seront impossibles pour deux raisons :
              1) Les sommes en jeu pour sauver le système sont trop colossales pour permettre une socialisation des pertes.
              2) Après les récents épisodes des bonus et les discours lénifiants des gouvernements annonçant benoitement que la crise était derrière nous, je doute que l’opinion publique accepte sans broncher de nouveaux sacrifices pour sauver les banques.

              L’année dernière on nous a expliqué qu’on ne pouvait absolument pas laisser tomber la finance, c’était surement vrai, étais-ce une raison pour organiser ce gigantesque holdup consistant à permettre aux banquiers de se servir directement dans les poches des États, c’est à dire en définitive dans la notre ?

              Concernant le stock de maisons saisies, la réponse a déjà été trouvée, puisqu’on préfère les détruire pour éviter l’effondrement du marché immobilier !!!! On jète à la rue des millions d’américains car il ne peuvent plus payer leurs traites et on détruit leurs maisons car elles sont invendables. L’absurdité de ce système et surtout son iniquité annonce sa mort prochaine. Les peuples sont long à se révolter, sauf quand ils n’ont plus rien à perdre.


              • Pyrathome pyralene 19 août 2009 12:43

                et oui, et ce système n’a rien à envier à la gabegie du stalinisme et du communisme ...........il faut le détruire à jamais !


              • le naif le naif 19 août 2009 14:14

                @ Pyralene

                Nous n’aurons même pas besoin de le détruire, il est en train de s’effondrer de lui même sous le poids de ses propres contradictions.

                Marx disait : « Le capitalisme vendra jusqu’à la corde pour se pendre »


              • Alpo47 Alpo47 19 août 2009 12:41

                La première défection est venue des crédits immobiliers « à risque » qui ont fait défaut aux USA.
                Le gouvernement US a alors choisi UNE des options qui s’offraient à lui, c’est à dire soutenir les banques. Je trouve étonnant (je ne suis pas du tout économiste) que personne n’ait proposé une autre option, pour moi évidente : Soutenir les emprunteurs.
                Prime à l’achat, garanties, maintien de taux bas ... les possibilités étaient nombreuses et ... PERSONNE NE L’EVOQUE. Etonnant, non ?
                La crise serait bien moindre, l’endettement US sans commune mesure avec l’actuel, les effets systémiques réduits.

                Pourquoi ne l’a t-on pas fait ?
                Je pense qu’il faut donner raison à Naomi Klein, cette crise est voulue, créée, afin d’imposer un système encore plus PREDATEUR et OPPRESSEUR ;

                Pour nous, seul importe maintenant, de réfléchir et trouver les moyens se « passer au travers » et défendre notre liberté, tant individuelle que collective.


                • le naif le naif 19 août 2009 13:49

                  Alpo47

                  Un économiste ( à ma connaissance) a évoqué cette option qui aurait été de loin la plus pertinente, il s’agit de Fredéric Lordon (Il y a une vidéo très intéressante sur ce sujet)

                  Cette solution avait beaucoup d’avantages
                  1) Il était moralement beaucoup plus justifié d’aider les ménages victimes de l’escroquerie des subprimes que de sauver les escrocs
                  2) Le coût de ce plan aurait été beaucoup moins important et cent fois plus efficace pour juguler la crise.
                  3) En refinançant les ménages au frais des banques (allongement des durées, renégociation des taux variables en taux fixes etc...) il était possible de« punir » les banques sans mettre à mal le système dans son ensemble.
                  4) Le coût de l’aide aux ménages aurait été étalé sur 10,15, 20 voir 30 ans ( le temps de la durée des prêts) ce qui laissait le temps de voir venir et de procéder à des réformes en profondeur du système ce que l’urgence ne permet pas.
                  5) Cerise sur le gâteau ces prêts n’auraient plus été toxiques, puisque refinancés !!! CQFD

                  Alors pourquoi ne pas avoir choisi cette solution ? poser la question est déjà y répondre.
                    CETTE CRISE EST VOULUE ET ENTRETENUE SOIGNEUSEMENT

                  Question subsidiaire, que Bush en fin de mandat ait voulu soutenir Wall Street contre le peuple, rien d’étonnant. Qu’Obama en début de mandat avec l’engouement et le soutient de la population persiste dans la même politique, voilà qui est très inquiétant. Le monde avait mis en cet homme (à tord ou à raison) tellement d’espoir, que la désillusion n’en est que plus grande. Entre l’amour et la haine n’est-ce pas......

                  Ceci étant dit, si la crise n’avait pas commencée par les subprimes, elle serait partie d’ailleurs, le capitalisme porte en lui les germes de sa propre destruction, un système infini dans un monde fini n’est pas durable tout simplement.
                   


                • goc goc 19 août 2009 18:54

                  Pour ma part, j’aurais preferé une solution encore plus radicale, c’est celle d’effacer toutes les dettes immobilieres des particuliers

                  cela aurait puni les banques, le coût n’aurait pas ete si elevé que cela, compte tenu qu’on n’aurait pas assisté a l’effondrement de l’immobilier, et enfin cela aurait relancé la consommation

                  surtout que l’idée de ré-étaler la dette des menage, ne peut etre envisagé que si cette dette reste raisonnable et surtout isolée. Hors la plus part des subprimes etaient de veritables escroqueries avec des valeurs de remboursement delirantes, et qu’a cela, il faut rajouter les credits a la consommation, donc le re-echelonnement ne serait aussi efficace que cela


                • le naif le naif 19 août 2009 20:54

                  @ Goc

                  Réechelonner à taux fixe de 0 à 4% c’est à dire au même taux que l’État prête aux banques, c’est jouable....
                  Il y a tout de même un esprit de justice à conserver vis à vis de ceux qui remboursent leurs crédits et qui ne se sont pas endettés plus que de raison pour acheter ce qu’ils ne pouvaient pas s’offrir.
                  Que les subprimes soient une escroquerie, nous sommes d’accord, il ne faudrait tout de même pas les transformer en primes à la connerie.


                • goc goc 19 août 2009 23:03

                  Attention il ne s’agit pas de supprimer uniquement les dettes du type subprime. Mon idée etait plus une espece de depot de bilan general (pour les particuliers) avec effacement des dettes (meme si, on pourrait envisager par exemple, un remboursement de la dette en cas de revente). tout ceci afin de repartir sur des bases plus saines

                  De plus il faudrait autoriser uniquement que les prets a taux zero (avec frais de dossiers)

                  bref, on ne redemerrera qu’en revenant aux fondamentaux, a savoir : l’argent est un outil et non une finalité, et il doit etre gratuit. Enfin il faut fermer toutes les bourses de type speculatif, c’est dire basées sur une fluctuation des prix en fonction de l’offre et de la demande. Les prix des matieres premieres en echanges internationnaux, et nationnaux, doivent etre fixes.


                • nortydal 20 août 2009 05:20

                  Deux trois chiffres pour remettre les choses à leur place :

                  10% des consommateurs américains (les plus riches, 100Kusd et plus) representent plus 40% de la consommation du pays.

                  40% des consommateurs américains (pauvre, moins de 40Kusd) representent 12% de la consommation...

                  le reste c’est la classe moyenne (40 à 90Kusd).

                  Pas étonnant que tout soit fait pour soutenir cette partie de la population quitte à sacrifier une bonne partie de pauvre...

                  Tout sera fait pour soutenir les 10% de riche peu importe le cout pour la majorité. La guerre est finit, la domination est totale... reste à occuper toute cette masse de pauvre (qui consomme peu, travail peu), le temps de trouver un moyen « civilisé » pour réduire cette source de nuisance.

                  Je vous conseil de lire cet article qui detail très bien ce qu’est le consommateur américain —>
                  http://www.zerohedge.com/article/detailed-look-stratified-us-consumer

                  si quelqu’un à un lien vers une analyse similaire pour la france...


                • aetius320 20 août 2009 09:34

                  Nortidal dit : " reste à occuper toute cette masse de pauvre (qui consomme peu, travail peu), le temps de trouver un moyen « civilisé » pour réduire cette source de nuisance. « 

                  Je l’ai dit de nombreuse fois sur de nombreux blog, les causes de la pauvreté sont structurelles de notre système socio-économique. Même en adoptant un point de vue complètement cynique si ce n’est »illuminatiste", l’éradication des pauvres ne servira strictement à rien tout simplement car immédiatement après cette dernière, les survivants riches et classes moyennes (s’il en reste encore, allez on y croit tous un petit effort) formeront une population qui reprendra très rapidement la même stratification sociale qu’antérieurement. Le bas de la classe moyenne basculera dans la pauvreté. Si on recommence, on obtiendra toujours les mêmes résultats.

                  Ne pas oublier que la richesse n’existe pas en tant que telle si elle n’est pas soutenue par l’ensemble de la structure sociale.


                • xa 20 août 2009 12:54

                  "Pour ma part, j’aurais preferé une solution encore plus radicale, c’est celle d’effacer toutes les dettes immobilieres des particuliers

                  cela aurait puni les banques, le coût n’aurait pas ete si elevé que cela, compte tenu qu’on n’aurait pas assisté a l’effondrement de l’immobilier, et enfin cela aurait relancé la consommation"

                  Ouh là. J’avais du mal, déja, avec le commentaire de Naif, mais la ...

                  Pour info, rien que pour la France, cette idée aurait annulée 730 milliards de crédit immobilier.

                  3 solutions.

                  1) Annulation pure et simple des dettes par une loi. Les banques passent 730 milliards de pertes exceptionnels et 30 milliards de chute du CA.

                  2) Remboursement immédiat par l’Etat de ces dettes. Perte de CA pour les banques de 30 milliards dégressif par an pendant 18 ans, perte de 4 milliards dégressif pour les assureurs, déficit annuel de l’Etat cette année d’annulation de 730 milliards + les 40 traditionnels.

                  3) prise en charge par l’Etat de ces crédits, soit 70 milliards de dépenses annuelles dégressives en plus, pendant 18 ans.

                  Je vous laisse évaluer les impacts.

                  Pour le naif, du point de vue de la titrisation, la raison de la disparition de la dette n’a aucun intérêt. Le titre devient sans valeur si les mensualités disparaissent, que ce soit sur saisie du bien ou sur remboursement anticipé. Les solutions 1 et 2 auraient entrainé la crise de titrisation.


                • le naif le naif 20 août 2009 14:12

                  @ Xa

                  Je ne comprend pas votre raisonnement.
                  Si un emprunteur, ne peut plus rembourser un emprunt de 100.000 € à 7% variable sur 15 ans.
                  La banque saisie le bien qui ne vaut plus que 50.000€ voir beaucoup moins du fait de la chute de l’immobilier Résultat la banque perd au minimum 50.000€ ainsi que les intérêts prévus initialement.

                  Si ce même emprunteur redevient solvable pour sa créance de 100.000€ mais à 4% fixe et sur 20 ou 25ans.
                  La banque perd sur les intérêts certes, mais elle recouvre le capital, la créance n’est plus douteuse.

                  Le marché de l’immobilier ne s’effondre pas. par conséquent tous les autres crédits ne subissent pas de dépréciations ( ce qui est le cas actuellement sur les crédits primes)

                  Point non négligeable l’ État ne se retrouve pas avec des déficits colossaux et des rentrées fiscales diminuées, sans parler du coût social.

                  Il n’est pas évident que le système n’aurait pas craqué ailleurs, mais il me semble qu’il aurait été plus logique de tenter cette approche plutôt que celle qui a été suivie, consistant à sauver les banquiers plutôt que leurs clients engeandrant une spirale dont il semble aujourd’hui impossible de sortir.


                • xa 20 août 2009 16:11

                  Vous ne pouvez pas raisonner sur un seul emprunt.

                  Pour mon commentaire, je répondais à Goc, qui propose que TOUS les credits soient ANNULES. En une opération globale. Il ne s’agit pas d’un seul crédit dans un coin, mais de tous.

                  Ce qui veut dire une opération financière concernant, pour la France seule, 730 milliards d’encours. Les impacts sont monstrueux. S’il s’agissait d’aider Mr dupont uniquement, ca passerait. S’il s’agissait d’aider 50 familles, soit une dizaine de millions de crédit, ca passe encore. Mais on parle, dans sa proposition, de 3 fois le budget de l’Etat !

                  Pour votre commentaire initial.

                  L’idée de l’Etat qui soutient les familles entre dans le même piège : un problème d’échelle.

                  Si l’Etat paye les mensualités, à la place des emprunteurs, il offre les logements à ces emprunteurs. Eventuellement, il prend une dette dessus, et donc un risque associé. Si le risque est réalisé, l’Etat a payé 2 fois le logement : une fois en remplacant le débiteur pour les paiements initiaux, et une fois en renoncant à récupérer cet argent auprès de ce débiteur.

                  Sur quelques centaines ou quelques milliers de logements, c’est envisageable. Mais sur quelques millions, ca fait un gros trou budgétaire, sans compter le problème d’égalité de traitements des contribuables américains.

                  Plus simplement. L’Etat francais décide de verser 400 euros à 1 million de foyer les plus pauvres. Ca fait 4 milliards, ca peut passer sur un an, sur plusieurs années, c’est déjà plus difficile.

                  Mais peut il le faire pour 12 millions de foyers ? ca revient à le faire pour 1 million de francais, mais tous les mois. C’est, en gros, ce que vous proposez. Selon l’échelle, c’est faisable ou non.

                  Ici on parle de l’Etat américain se mettant à rembourser plusieurs milliards par mois en lieu et place des foyers ne pouvant plus payer, et ce tant que ces foyers ne pourraient pas prendre le relais.

                  Vous me direz, l’Etat peut rembourser par anticipation ces prêts. On retombe dans l’idée de Goc, avec ses problèmes. Avec en plus, pour le cas spécifique des prêts titrisés, que les titres sont automatiquement annulés par un refinancement (la crise de titrisation aurait alors eu tout autant lieu).

                  Vous pouvez ponctuellement annuler des dettes (c’est en gros ce qu’on fait en commission de surendettement). Mais sur un gros volume de personne ....

                  Sur votre deuxième commentaire.

                  Primo, vous raisonnez en terme francais. Le problème des subprimes, c’est qu’il est destiné à des foyers qui ne peuvent pas emprunter en temps normal. En subprime, un smicard peut emprunter 100000 euros. En prime, il ne peut pas. Peu importe que vous rameniez le taux à 4 ou même à 0.

                  Il faudra donc payer une partie du prêt à sa place (ce que vous proposez). Partie qu’il devra rembourser par la suite (ce qui augmente sa dette), ou que l’Etat devra passer en pertes pures (ce qui augmente doublement la dette de l’Etat).

                  Deuzio, vous dites que cela n’aurait aucun impact sur le marché immobilier. C’est faire une bien grosse supposition.

                  Reprenons la France. Le simple fait d’annoncer une « aide » de 4 milliards pour l’acquisition des logements a eu un impact général sur les prix. Et vous pensez que plusieurs dizaines de milliards de dollars n’auront pas d’impact sur les prix des crédits et de l’immobilier ?

                  N’oubliez pas que les US pratiquent énormément le crédit hypothécaire. Le moindre éternuement sur le marché de l’immobilier à des impacts dans tous les secteurs (ce qu’on voit actuellement)

                  "Point non négligeable l’ État ne se retrouve pas avec des déficits colossaux et des rentrées fiscales diminuées, sans parler du coût social."

                  Pour les déficits colossaux, je ne suis pas sur que dépenser 100 milliards chaque année pendant 15 ans + les intérêts de cette dette + les pertes de non remboursement par les emprunteurs soutenus ne constitue pas des déficits colossaux.

                  Le cout social est nul ... si toutes vos hypotheses précédentes se réalisent. sinon, il n’est pas nul. En particulier, 100 milliards de déficit supplémentaires par an, cela veut dire des prélèvements quelque part, ce qui a un impact sur tous les foyers solvables. Et puis il faudrait évaluer l’impact d’une telle mesure en terme de prêt pou r l’Etat fédéral (les investisseurs continueraient il sà lui prêter de l’argent dans cette situation ?).

                  Loin d’être aussi simple que ce que vous dites.

                  Votre idée n’est pas mauvaise en soit, et c’est pour ça que jusqu’à la position de goc, je m’étais abstenu. Elle souffre d’un peu de naivete sur l’absence d’impacts, et il est vrai qu’il est difficile d’évaluer tous ses impacts, mais elle n’aurait pas été neutre, comme vous le présentez. Vous n’en voyez pas les impacts, ca ne veut pas dire qu’ils n’existent pas.

                  Je ne suis pas sur que votre solution ait été meilleure .... mais je ne suis pas sur qu’elle aurait été pire non plus.


                • le naif le naif 20 août 2009 17:07

                  @ Xa

                  Entendons nous bien, ce n’est pas ma solution mais celle dont parlait Fredéric Lordon, n’étant pas économiste, j’ai surement mal retranscrit sa pensée, malheureusement je recherche depuis hier la vidéo de cette intervention, mais je ne l’ai pas encore retrouvé, dès que j’ai le lien, je me ferais un plaisir de vous le transmettre.

                  Nous sommes bien d’accord que le solution préconisée aurait peut-être échoué, fallait t-il pour autant ne pas l’envisager et se contenter de faire ce qui a été fait ??
                  Lordon ne dit pas que le coût n’aurait pas été élevé, mais il avait l’avantage de s’étaler sur dix, quinze ans ou plus.
                  Le « sauvetage » de Fannie Mae & Freddy Mac avoisine déjà près de 100 milliards de dollars et au dernières nouvelles il faudrait en rajouter 10 de plus !!
                  Idem pour AIG la note s’élève à 180 milliards de dollars.
                  Les différents plans de relance se chiffrent à peu près à 2000 Milliards de dollars
                  Question coût, je ne pas certain que cette solution aurait couté beaucoup plus cher et moralement c’était beaucoup plus défendable que de sauver des escrocs. Mais nous sommes également d’accord que la morale à peu de place dans cette affaire.


                • xa 20 août 2009 19:02

                  Encore une fois, c’est un peu plus compliqué que cela. Mais bon.

                  Lorsque vous dites « les différents plans de relance ont couté », vous additionnez des dépenses pures, et des engagements de dépenses. Un peu comme ceux qui disent que la France a dépenser 400 milliards pour les banques.

                  Il faut comparer les dépenses pures ensembles. Les engagements de dépenses s’analysent en fonction des impacts des dépenses pures.

                  La solution de Lordon (puisqu’elle viendrait de lui) est constituée de dépenses directes et réccurentes, le temps que les emprunteurs soient en état de prendre le relai. Nous n’avons aucune idée du cout total de cette idée dans la durée. Pour la première année le cout directe est sensiblement celui de Fannie Mae et de Freddy Mac.

                  Il reste les 17 années suivantes à estimer et surtout est-ce que ca aurait eviter AIG, Lehman, etc...

                  Ex d’un cas subprime : un couple avec 14k de revenus, passé à 17k lors des 3 ans de leur emprunt subprime. 100k empruntés, aucun capital remboursé sur les 3 premières années.
                  A la date anniversaire, la mensualité du prêt passe à 1100 dollars (9% de taux sur ce prêt). C’est un cas parfaitement réel.

                  Ils ne peuvent pas payer. Ils ne peuvent pas refinancer.

                  Si l’Etat les aide, il doit leur fournir 500 dollars d’aide mensuelle. Au bout des 18 ans, s’ils n’ont pas réussi à augmenter leur capacité de remboursement pour diminuer l’aide de l’Etat, ils sont propriétaires de leur logement, mais doivent techniquement 120000 dollars à l’Etat. Ils sont donc encore plus endettés qu’initialement. Alors on peut supposer que leurs revenus progresseront (c’est l’origine des subprimes : ce pret coute cher, mais dans 3 ans vos revenus permettront de le refinancer à bon compte). Mais on peut tout autant supposer que leur revenus disponibles baisseront, et que cette aide ne pourra pas diminuer.

                  Dans l’hypothèse ou cette aide est stable, suite à l’évolution de leurs revenus et de leurs dépenses contraintes, au bout de ces 18 années, soit l’Etat abandonnde la dette, et leur offre définitivement leur maison (est-ce moral vis à vis de ceux qui ont du, eux, la payer intégralement ?), soit ils vendent le logement pour solder la dette auprès de l’Etat. Ils sont techniquement dans la même situation que s’ils sont saisis aujourd’hui.

                  Parallèlement, et dans les deux cas, pendant ces 18 années, les banquiers ont touchés leurs intérêts normalement, grace à l’aide fournie par l’Etat, et les titres adossés ont générés des rentes pour les investisseurs. C’est moral ça ?

                  Vous voyez que ce n’est pas si simple


                • le naif le naif 20 août 2009 21:27

                  @ Xa

                  Voici le lien ou Lordon expose sa thèse
                  http://www.dailymotion.com/video/x8mjav_frederic-lordon-partie-1_news
                  http://www.dailymotion.com/video/x8mjav_frederic-lordon-partie-2_news

                  Concernant l’effacement de la dette des ménage je suis sur la même ligne que vous, je vous invite à relire ma réponse à Goc sur ce sujet.

                  Cette solution n’aurait peut-être pas marché non plus, nous ne le saurons jamais, mais une chose est sure c’est que celle qui a été retenue n’empêche pas la gangrène de continuer à se propager et je vois mal ce qui pourrait enrayer cette spirale infernale.


                • xa 21 août 2009 18:53

                  Je suis allé voir cette vidéo, et je suis allé consulté les dires de Lordon sur le sujet.

                  Vous avez parfaitement retranscrit son idée, telle qu’il l’a présentée.

                  Mais il semble qu’il ait raté la faille que je craignais : en choisissant la voie du soutien des ménages sans impacter les banques, il choisit la voie du maintien du système, et de la rémunération des spéculateurs par l’Etat qui vient compléter les mensualités des ménages ...

                  1) Je ne suis pas convaincu que ce soit plus moral, pour sauver les 5 millions de foyers concernés, de continuer à enrichir des spéculateurs.
                  2) Le système ne se casse pas la figure, donc se maintient ... Que se passe-t-il alors sur le marché des subprimes ? Il n’y a pas de défaillances. Certes, dans le même temps on aurait fait passer un texte pour encadrer un peu plus les sub, mais dans l’ensemble, on aurait continuer à mettre en place des sub à tour de bras.

                  Ce n’est que reculer pour mieux sauter.

                  Sur la moralité, je ne suis, en outre, pas convaincu par sa position. Aider un foyer solvable qui devient, à cause de la crise, insolvable (ce qu’il semble vouloir faire quand il expose son idée) n’est pas soutenir des foyers insolvables avant la crise et qui avait parié sur le fait d’être solvable 3 ou 4 ans plus tard et qui ont perdu leur pari (ce qu’il propose en réalité de faire).

                  Je ne suis pas sûr que Lordon ait bien compris qui étaient les emprunteurs subprimes. Par ailleurs, je suis surpris qu’un sociologue comme lui n’ait pas analysé l’impact de sa mesure : 5 à 6 millions de foyers pauvres deviennent par son soutien massif (plusieurs milliers de dollars par foyer et par an) propriétaire, alors que les autres 95 millions de foyers doivent se débrouiller. Comment vont réagir ceux qui sont de fait exclus de cette aide ? Faut-il alors la généraliser, quitte à voir son coût tripler ?


                • le naif le naif 21 août 2009 19:27

                  @ Xa

                  Bonsoir

                  Je crois que Lordon voulait surtout avec ce plan donner le temps de souffler au système bancaire sans avoir le couteau sous la gorge et enrayer l’hémorragie.
                  il préconise également des réformes profondes du système bancaire.
                  Vous savez maintenant ou trouver ses vidéos...

                  De toute façon dans cette affaire, je crois qu’il n’y a pas vraiment de solution idéale, mais plutôt des mauvaise et de très mauvaise, l’avenir nous dira si celle retenue était la bonne, j’en doute fortement.

                  Bonne soirée


                • goc goc 23 août 2009 10:12

                  @xa

                  vous defendez les interets des banquiers, c’est votre droit, mais il faut « penser » dans la globalité d’un pays en crise, et arreter de croire qu’un pays n’est dirigé que par ses banques.

                  Quelque soit le montant des pertes dues a l’abondon des dette (immobilieres uniquement), cela ne represente qu’une faible partie des pertes qu’enregistrera ce meme pays lorsque la crise touchera le fond, et que les 3/4 de ses habitants seront « insolvables ».

                  si vous croyez que le plus important pour un pays, ce soit que ses banquiers restent proprietaire hypothecaire de bouts de papiers, alors c’est que vous n’avez pas encore compris les raisons profondes de cette crise.


                • persea 23 août 2009 20:53


                  Je ne pense pas que cette crise soit voulue, ou si elle l’a été elle a dérapé.
                  Je crois qu’aucune solution n’était plus viable, il ne restait qu’a remettre le système à plat, effacer l’ardoise et recommancer.

                  Le système est tout simplement arrivé à sa fin, la dette est gigantestque, certains s’en sont mis plein les poches sans travailler, ceux qui ont travaillé sont restés pauvres.

                  Reste à savoir maintenant si on le reconstruit, comment et avec qui.

                  Je ne peux m’empêcher de trouver que la grippe (et la vaccination tant décriée) arrive fort à propos, pour maintenir par ex. les gens chez eux, les rendre malades donc incapables d’aller manifester et réclamer justice.

                  Ca m’inquiète vraiment tout ça.



                • xa 24 août 2009 12:08

                  Goc,

                  ce que vous ne comrenez pas, c’est le fonctionnement du monde bancaire.

                  Prenons votre solution. 730 milliards de pertes immédiates sur les banques fancaises. Ce qui signifie toutes les banques francaises en faillite. Meme en négligeant l’impact sur nos voisins, et en restant franco francais, les impacts sont loin d’être minces.

                  La disparition totale des banques (vous les mettez toutes en faillites), signifie la disparition des comptes bancaires de tous les francais.

                  Ce qui signifie pour les francais 4000 milliards de pertes par la disparition de cet argent. Du jour au lendemain, vous vous retrouveriez avec uniquement ce que vous possédez en liquide.

                  Je vous entends : « lEtat est garant de cet argent ». En théorie oui. Mais l’Etat peut il inventer 4000 milliards du jour au lendemain ?

                  On est très loin de la version « sauver les banquiers ». Il s’agissait avant tout de sauver l’existence des comptes en banque, avec l’argent qui est dessus. L’Etat ne pouvait pas laisser les banques couler.

                  Et il n’y presque pas eu de défaut de paiement en France. Les crédits ont été suspendu, les PME sont ennuyées parce que les banques restreignent les conditions d’utilisation de l’escompte, des découverts, des lignes de crédits, etc... Mais dans l’ensemble, on est loin d’avoir connu comme aux USA 5 à 7 % de propriétaires expulsés pour défaut de paiement.

                  On peut discuter de la méthode pour sauver ces comptes en banque (et c’est ce qu’a on fait avec Naif). On peut discuter des règles qui auraient dû être prise en parallèle de ce sauvetage et des contreparties de ce sauvetage (ex : la France aurait du prendre une part de propriété dans les banques aidées, mais elle n’en a pas eu le cran).

                  Votre méthode aurait rendu insolvable tous les francais ne disposant que de comptes en France, soit 95% de la population.

                  Libre à vous de croire que cela aurait été moins grave.


                • Ysild Vilanui Ysild Vilanui 19 août 2009 13:43

                  C’est vraiment rassurant toutes ces prévisions. Surtout si l’on songe que nos chères élites s’évertuent à nous enfoncer dans les nasses de l’American Way of Life depuis de nombreuses années, et avec toujours plus de zèle. 
                  Ceux qui vont relever les nasses connaissent bien leur boulot : dépouiller les cadavres avant de s’en débarasser et monter des élevages avec les survivants. Yes they can ! 


                  • le naif le naif 19 août 2009 14:18

                    Dans tout plan trop bien huilé, il suffit parfois d’un grain de sable.....

                    Nous ne sommes que des grains de sable, mais sans nous la plage n’existerai pas.

                    (proverbe taoïste)


                  • Ysild Vilanui Ysild Vilanui 19 août 2009 16:28

                    @ le naif

                    Un grain de sable d’autant plus difficile à insérer dans les rouages, que le plan bien huilé a déjà lancé sa grosse machine sur les bons rails. 
                    En étant pessimiste on image plus facilement des moutons dans les wagons que des grains de sable dans les rouages de la loco... 
                    En étant optimiste on peut toujours espérer qu’il y aura quelques kangourous parmi les moutons, avec leur poche pleine de sable, qu’ils sauront utiliser à bon escient. 
                    Be positive ! 


                  • le naif le naif 19 août 2009 17:43

                    @ Ysild Vilanui

                    Le propre du sable est de s’insinuer partout, parfois juste apporté par le vent.
                    Les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on n’a pas mené.
                    Je ne suis ni d’un optimiste béat, ni d’un pessimisme noir, je me dis juste que la partie n’est pas encore perdu et que d’un mal ( l’effondrement de ce système ) peut naître un bien.

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