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Accueil du site > Actualités > Economie > Crise systémique : USA, game over

Crise systémique : USA, game over

Dans mon dernier article Crise systémique : le trou noir j’avais expliqué que les produits dérivés (des métastases selon Paul Jorion) par effet domino, détruiraient l’économie mondiale. Je vais ici m’attarder sur un malade en phase terminale, les USA.

En effet, le 30 juin 2008 , l’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques) déclarait le 30 juin 2008 que les USA possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés (Barack Obama, dernier président des USA) soit un tiers de ces « armes de destruction financière massive » comme dirait Warren Buffet.

Ces produits financiers, tel le chat de Schrödinger, sont à la fois vivants et morts, c’est à dire qu’ils ont une valeur lorsque tout va bien, valeur réduite à zéro lors d’une crise majeure comme aujourd’hui. La nation américaine ne s’en relèvera pas. D’ailleurs, le LEAP/E2020 évalue à 10 000 milliards de dollars les « actifs fantômes » des banques que le gouvernement US devra « éponger ».

Nous en sommes donc à la 77 ème faillite bancaire depuis le début de l’année et donc, la FDIC (Le Federal Deposit Insurance Corporation) une agence indépendante du gouvernement fédéral américain qui assure les dépôts des particuliers dans les banques est ruinée.

Frédéric Lordon, économiste et directeur de recherche au CNRS ose dire : « on va voir débouler, sous peu, toute une série de « paquets » de dettes avariées, dont les défauts n’ont pas encore explosé, mais c’est pour bientôt ».

Simone Wapler Rédactrice en chef, MoneyWeek, déclarait le 13 août 2009, « La crise financière, loin d’être résorbée, va s’aggraver » (Trois arguments pour une hausse de l’or).

Ce « cancer » financier est ainsi en train de détruire l’économie US.

Au mois d’octobre 2008, Abderrahmane Mebtoul, un des plus grands économiste algérien me demandait de lui faire une analyse précise concernant les bons du trésor US car, visionnaire, il s’interrogeait alors sur le devenir des USA et donc des placements de l’Algérie. Nous étions arrivés à l’époque à la conclusion que l’Amérique était en train de sombrer. Il avait d’ailleurs écrit plus tard « La fin de la primauté du dollar » (EDITORIAL EDITORIAL EDITORIAL).

Ainsi, la Fed ayant déjà racheté 1700 milliards de bons du trésor (elle monétise sa dette, ubuesque !) sera obligée de recommencer cette opération avant la fin de l’année. Krugman chiffrait les besoins des USA à 2100 milliards de dollars pour 2009 dans le New York Times du 9 janvier 2009. Il était donc loin de la réalité et j’avais encore une fois de plus raison car j’avais annoncé le chiffre de 3500 milliards à l’époque : Destruction du dollarExplications.

2010 sera pire. La fin du dollar est proche, très proche.

Selon le cabinet spécialisé Realty Trac, nous avons eu aux USA un nouveau record des saisies immobilières en juillet et nous sommes passés, là-bas, de 11 000 saisies par jour à 11 600. USA : nouveau record (+7,0%) des saisies immobilières en juillet ...

C’est vrai, la crise est terminée.

Plus inquiétant encore, personne ne se pose la question de ce que deviennent la plupart de ces maisons qui ne se retrouvent pas sur le marché de peur qu’il s’effondre. Seul le quotidien San Francisco Gate a osé donner un chiffre qu’il évaluait à 600 000 au mois d’avril. Banks aren’t reselling many foreclosed homes.

Or, les saisies immobilières battent tous les records depuis, avec une moyenne de 300 000 par mois. Nous avons donc largement dépassé le million de maisons qui ne sont pas mises en vente. Acculés à la faillite, les organismes financiers américains devront se débarrasser de ces biens encombrants, et, à ce moment là, nous assisterons à l’effondrement du marché immobilier US, un cataclysme économique gigantesque !

De plus, 16.000 entreprises ont déposé leur bilan d’avril à juin aux USA : Hausse spectaculaire du nombre de faillites aux Etats-Unis.

Sur le front de l’emploi donc, contrairement à ce que l’on vous dit, les choses ne vont pas mieux. Selon l’AFP, le nombre de nouveaux chômeurs inscrits aux Etats-Unis a progressé lors de la semaine achevée le 8 août » : USA - Hausse des inscriptions au chômage à 558.000.

En août il est prévu 600 000 chômeurs arrivant en fin de droits aux USA (26 semaines). Et cela sera valable tous les mois.

Ainsi, le chômage semblera se stabiliser car ils disparaîtront des statistiques.

Seize états (bientôt le double) , ruinés, payent maintenant les allocations avec de l’argent emprunté.

"Le système d’assurance chômage avant la récession était aussi vulnérable que la Nouvelle Orléans était avant Katrina," a dit le Représentant Jim McDermott, le Démocrate de Washington. Source : The New York Times : http://www.nytimes.com/2009/07/24/us/24unemploy.html?_r=1&hp

Il faut tout de même le rappeler, 1,5 millions d’enfants étaient SDF aux USA au mois de mars. Source : http://mwcnews.net/content/view/29970. J’ai d’ailleurs réalisé une étude à ce sujet que vous pouvez lire sur mon blog (Crise systémique : le chaos).

Que vont devenir tous ces être humains ? La rue sera sûrement le chemin tout tracé. Les USA vont donc devenir le pays le plus instable du monde avec une situation sociale totalement explosive.

Depuis 2007, le maire de New York a trouvé une solution « miraculeuse » : il paie aux sans-abri des billets d’avion, sans retour, vers la destination de leur choix. « Le maire de New York exporte la pauvreté ». Un nouveau concept est né, la délocalisation des pauvres.

Dans les rues on rejoue « Orange Mécanique » et, tous les quinze jours, un SDF décède, agressé par certains pour lutter contre « l’ennui », par « amusement », voire pour « le frisson » : USA/rapport : violence vis-à-vis des SDF : Collectif SDF Alsace. Tel est le bilan publié lundi 10 août par la National Coalition for the Homeless (NCH).

Quant au système de retraite, il va totalement s’effondrer car c’est un système basé sur la capitalisation et l’on devra travailler jusqu’à sa mort pour se nourrir (si l’on trouve du travail !) : rapport GAO du 17 janvier 2008

Igor Panarin, ancien analyste du KGB, spécialiste des USA qui enseigne aux futurs diplomates de la Russie a déclaré en décembre 2008 qu’il y aurait une guerre civile aux USA. Le LEAP / E2020 a d’ailleurs repris la même analyse. Pour Panarin, la guerre civile démarrerait à l’automne 2009, et en juin 2010, le pays serait divisé en 6 blocs. Sergueï Rogov directeur de l’Institut des études américaines et canadiennes pense que ce scénario est probable. Crise systémique – Les solutions (n°4 : régions et monnaies ...

Le chaos social s’installe donc car, ne l’oublions pas, une crise majeure suit irrémédiablement la même chronologie : Etape 1 : crise financière, Etape 2 : l’économie réelle est sinistrée, Etape 3 : crise sociale. L’exemple le plus connu étant celui de l’Allemagne et de la république de Weimar, nous savons comment cela s’est terminé.

Pour l’étape 4, je vous laisse le choix, mais plusieurs options semblent se dégager : une guerre civile avec la mise en place d’une dictature, voire un troisième conflit mondial, au pire les deux (c’est mon avis). Barack Obama sera donc le dernier président des USA tels que nous les avons connus.

Ne l’oublions pas cependant, face à la destruction de la nation américaine, il existe une solution politique et monétaire de rechange : la North American Union (lire : Crise systémique : les solutions (n°3 : un nouveau dollar ...) et surtout la création du grand marché transatlantique (Crise systémique : le chaos), qui ne résoudra pas le problème économique et social.

Pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi tous nos billets en euros possèdent un pont traversant l’Atlantique, vous avez maintenant la réponse.

En conclusion, « très peu d’hommes savent se forger une opinion par eux-mêmes. Aussi répètent-ils ce que leur ont dit leurs parents, puis leurs professeurs et enfin ce qu’ils ont entendu aux informations du soir, et ils finissent par se convaincre qu’il s’agit là de leur opinion personnelle, au point de la défendre ardemment face à d’éventuels contradicteurs. Il suffirait pourtant qu’ils tentent d’observer par eux-mêmes, de penser par eux-mêmes et ils découvriraient le monde tel qu’il est et non pas comme on les conditionne à le voir. »

Nous, les dieux, Bernard Werber, éd. Le Livre de Poche, 2006, chap. 103, p. 429.

  

 

 Gilles Bonafi


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  • Alpo47 (---.---.---.51) 19 août 2009 11:49
    Alpo47

    « Qui sème le vent, récolte la tempête ».

    Depuis la deuxième guerre mondiale, les USA ont mené une politique impériale sur le reste du monde. Qui sait que ceux ci ont environ 1000 bases militaires en dehors de leur territoire ?
    Révolutions coordonnées par la CIA, assassinats d’opposants, pillages des richesses, soutien aux pires dictatures, influence délétère, partout ...
    J’ai la faiblesse de croire qu’il y a une forme de « justice » qui gouverne ce monde. Le « karma » des orientaux , et c’est bien ainsi.

    Pour ce qui est de la situation actuelle, je pense également qu’elle est à haut risques. L’économie US ne tient que par quelques fils, de plus en plus ténus. L’empire est à bout de souffle.
    Il est cependant doté d’une grande faculté de résistance. La plus facile est de « changer les règles » . Ils l’ont déjà fait, actuellement en modifiant les règles comptables des banques, ils pourraient bien recommencer, par exemple, en « annulant » tous les produits toxiques, ou en laissant venir une hyper-inflation qui annulerait rapidement leur endettement.
    Ce ne sont que deux exemples.

    Donc, oui, les USA sont au bord du gouffre, mais ils ne sont pas encore tombés dedans.

    Souci, leur chute nous entrainerait avec eux.

  • abelard (---.---.---.171) 19 août 2009 12:05

    En gros, mon gentil de Llabrés ce que tu ne comprends pas c’est pourquoi Paul Jorion n’a pas profité de ses postes pour taper dans la caisse et se constituer un beau matelas de dollars ?

    Tu appelles ça de « l’imprévoyance monétaire » moi je trouve qu’il s’agit d’honnêteté...

    Tu appelles mendicité le fait de demander à ses lecteurs de payer un peu pour un travail d’analyse lucide ? Moi j’appelle ça gage d’indépendance.

    Dans un monde de rats qui élève le cynisme et la rapacité au rang des beaux-arts, on a les valeurs que l’on peut, n’est ce pas ? Et tu as tout à fait le droit d’estimer que le seul but d’un intellectuel reconnu est de se remplir les fouilles au plus vite. Mais tu me laisseras celui de penser que la dignité ne se monnaye pas.

    Paul Jorion est donc un homme honnête, lucide et digne.

    Autant de mots incompréhensibles pour toi...

  • Alpo47 (---.---.---.217) 19 août 2009 12:41
    Alpo47

    La première défection est venue des crédits immobiliers « à risque » qui ont fait défaut aux USA.
    Le gouvernement US a alors choisi UNE des options qui s’offraient à lui, c’est à dire soutenir les banques. Je trouve étonnant (je ne suis pas du tout économiste) que personne n’ait proposé une autre option, pour moi évidente : Soutenir les emprunteurs.
    Prime à l’achat, garanties, maintien de taux bas ... les possibilités étaient nombreuses et ... PERSONNE NE L’EVOQUE. Etonnant, non ?
    La crise serait bien moindre, l’endettement US sans commune mesure avec l’actuel, les effets systémiques réduits.

    Pourquoi ne l’a t-on pas fait ?
    Je pense qu’il faut donner raison à Naomi Klein, cette crise est voulue, créée, afin d’imposer un système encore plus PREDATEUR et OPPRESSEUR ;

    Pour nous, seul importe maintenant, de réfléchir et trouver les moyens se « passer au travers » et défendre notre liberté, tant individuelle que collective.

  • John Lloyds (---.---.---.191) 19 août 2009 13:26
    John Lloyds

    Arfff Llabres, toujours dans les choux à chercher des poux dans la tête aux derniers bastions de l’indépendance médiatique qui nous permettent encore de comprendre les arts de l’escroquerie impérialiste et qui ne bouffent pas encore dans le ratelier des lécheurs de bottes. Jorion est un modèle de Don Quichotte contemporain, et son petit modèle de dernier village village gaulois devrait jeter la honte sur les lobbies des petits écrans et autres canards tous droits sortis des officines de propagande occidentale.

    Excellent article, l’auteur, et même s’il est toujours difficile de s’engager en terme de date dans l’effondrement prochain, c’est toujours un exercice de haut niveau de s’engager dans de la spéculation à moyen et court terme ; il est en effet presque impossible de rentrer dans la caboche satanique de nos élites, et d’imaginer les folies dont il sont capables pour maintenir quelques mois de plus un système déjà condamné. Faire des tours de Pise sur des tours de Pise, c’est leur seule capacité.


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100 réactions à cet article

  • Jean-Pierre Llabrés (---.---.---.82) 19 août 2009 11:12
    Jean-Pierre Llabrés

    à l’auteur
    « Dans mon dernier article Crise systémique : le trou noir j’avais expliqué que les produits dérivés (des métastases selon Paul Jorion) par effet domino, détruiraient l’économie mondiale ».

    Paul Jorion ! ? Encore ! ? ...

    à Gilles Bonafi (xxx.xxx.xxx.189) 7 août 01:00

    À votre invitation implicite, je me suis rendu sur le site de ECCE.
    La première phrase de la page d’accueil est :
    « Proposition de site collaboratif en articulation avec le Blog de Paul Jorion »

    Je me suis donc intéressé à Paul Jorion en me rendant sur son blog où il se présente ainsi :
    "Paul Jorion est Docteur en Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles. Il est diplômé en sociologie et en anthropologie sociale. Il a enseigné aux universités de Bruxelles, Cambridge, Paris VIII et à l’Université de Californie à Irvine. Il a également été fonctionnaire des Nations-Unies (FAO), participant à des projets de développement en Afrique.
    Paul Jorion a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il avait préalablement été trader sur le marché des futures dans une banque française. Il a publié un ouvrage en anglais relatif aux répercussions pour les marchés boursiers de la faillite de la compagnie Enron : Investing in a Post-Enron World (McGraw-Hill : 2003). Il a publié plus récemment, Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007), L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce “la crise des subprimes” (Fayard : 2008) et La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard : 2008).
    Paul Jorion est « Visiting Scholar » du Programme Interdépartemental Human Complex Systems de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA)« .

    De son côté Wikipédia apporte les informations suivantes :
     »Paul Jorion né le 22 juillet 1946, est anthropologue et sociologue, spécialisé dans les sciences cognitives et l’économie.
    Il a enseigné dans les universités de Bruxelles, Cambridge, Paris VIII et l’université de Californie à Irvine. Il a également été fonctionnaire des Nations Unies (FAO), participant à des projets de développement en Afrique« .

    À 63 ans, Paul Jorion semble avoir conduit une carrière honorable.

    C’est donc une surprise de découvrir sur son blog un appel à la générosité financière de donateurs :
     »Faire une donation
    Vous avez la gentillesse de louer mon indépendance : je ne travaille en effet pas pour une entreprise, je n’enseigne pas non plus, ni ne veut (veux) bénéficier de la publicité – qui n’est pas ma tasse de thé ! Je vis exclusivement de mes droits d’auteurs et de vos contributions. Je pourrai continuer d’écrire comme je le fais aujourd’hui tant que vous m’y aiderez.
    Je refuse d’opérer parmi vous une sélection par l’argent : je veux que l’accès à mes textes reste gratuit parce que j’entends continuer de m’adresser à ceux pour qui tout ce qui n’est pas gratuit est trop cher. Et il me faut du coup compter sur d’autres qui pourraient contribuer davantage – mais sur une base strictement volontaire.
    Pour qu’il n’y ait pas d’abus de ma part, je publierai mes comptes tous les six mois, ce qui vous permettra de juger la manière dont j’utilise ces fonds. Si la formule produit plus que le nécessaire – on peut rêver ! – les sommes seront redistribuées dans le même esprit : pour le développement d’une presse « alternative » : en faisant monter à bord d’autres « journalistes presslib’ » (et pourquoi pas vous ?)« .

    Il ajoute :
     »Donation : objectif
    Avec 2.000 € je peux me débrouiller – qui ne pourrait ? – la somme est un peu arbitraire et, franchement, a été déterminée en fonction des dons qui furent effectivement versés au cours des mois d’avril et de mai («  La liberté est l’amour de la nécessité », Kant).
    Alors voici : pour mai : 2.374 €
    Pour juin : 3.099 €
    Pour juillet : 2.022 €
    Somme (brute) reçue à ce jour (7 août) : 1381 €« 

    Arrivé à ce stade, il est difficile de comprende qu’à 63 ans, Paul Jion ne soit pas parvenu, pendant sa belle carrière (d’écomiste), à se constituer un patrimoine ou, au pire, des droits à retraite par répartition ou par capitalisation, qui seraient les garants de son absolue indépendance financière, et qu’il doive en quelque sorte s’en remettre à la quasi mendicité pour remédier à son imprévoyance financière...

    Cité en toute première page d’accueil du site ECCE, il est donné à penser que Paul Jolion constitue une pièce maîtresse du Projet ECCE, à savoir :Espace Collaboratif vers une Constitution pour l’Economie
    Cet ensemble de considérations, comme par exemple la »redoutable efficience" de la FAO, bien connue de ceux qui l’ont pratiquée, génère une immense perplexité quant à la crédibilité des objectifs et des modalités du Projet ECCE en matière d’élaboration d’une Constitution pour l’Économie.

    Personnellement, si ma curiosité est relancée, je ne manquerai pas d’approfondir les informations du site ECCE afin que leur pertinence puisse effacer cette immense perplexité.

    • abelard (---.---.---.171) 19 août 2009 12:05

      En gros, mon gentil de Llabrés ce que tu ne comprends pas c’est pourquoi Paul Jorion n’a pas profité de ses postes pour taper dans la caisse et se constituer un beau matelas de dollars ?

      Tu appelles ça de « l’imprévoyance monétaire » moi je trouve qu’il s’agit d’honnêteté...

      Tu appelles mendicité le fait de demander à ses lecteurs de payer un peu pour un travail d’analyse lucide ? Moi j’appelle ça gage d’indépendance.

      Dans un monde de rats qui élève le cynisme et la rapacité au rang des beaux-arts, on a les valeurs que l’on peut, n’est ce pas ? Et tu as tout à fait le droit d’estimer que le seul but d’un intellectuel reconnu est de se remplir les fouilles au plus vite. Mais tu me laisseras celui de penser que la dignité ne se monnaye pas.

      Paul Jorion est donc un homme honnête, lucide et digne.

      Autant de mots incompréhensibles pour toi...

    • Jean-Pierre Llabrés (---.---.---.82) 19 août 2009 12:31
      Jean-Pierre Llabrés

      à abelard (xxx.xxx.xxx.171) 19 août 12:05

      "En gros, mon gentil de Llabrés ce que tu ne comprends pas c’est pourquoi Paul Jorion n’a pas profité de ses postes pour taper dans la caisse et se constituer un beau matelas de dollars ?
      Tu appelles ça de « l’imprévoyance monétaire » moi je trouve qu’il s’agit d’honnêteté..."

      Vous avez une curieuse notion de la malhonnêteté. J’ai écrit :
      Arrivé à ce stade, il est difficile de comprende qu’à 63 ans, Paul Jorion ne soit pas parvenu, pendant sa belle carrière (d’écomiste), à se constituer un patrimoine ou, au pire, des droits à retraite par répartition ou par capitalisation, qui seraient les garants de son absolue indépendance financière, et qu’il doive en quelque sorte s’en remettre à la quasi mendicité pour remédier à son imprévoyance financière...
      Personnellement, je considère que constituer un patrimoine ou/et des droits à retraite aurait été parfaitement légitime et prévoyant.
      Mais, vous, vous considérez que se constituer une retraite (capitalisation ou/et répartion) serait « taper dans la caisse ». Votre interprétation est excessive... Et, comme tout ce qui est excessif...

    • abelard (---.---.---.171) 19 août 2009 12:55

       A force de faire des prédictions qui se réalisent, je vais finir par acheter une roulotte à la foire du trône, histoire d’étoffer mon petit capital...
      Comme prévu, cher Llabrès, tu ne comprends rien à ce que j’ai écrit. Nous ne pouvons en effet nous comprendre...
      Je n’ai aucune notion de la malhonnêteté, mais de l’intégrité si et ellee est absolue ou n’est pas.

      Peux tu essayer de comprendre que tout le monde n’a pas comme toi une vision de la vie d’aide-comptable assuré à « l’abeille prévoyance » ?
      Non, bien sûr, tu ne peux pas, il faudrait pour cela soulever au moins une de tes oeillières, acte terrifiant s’il en est.

      Mais ta mentalité de ramasse-petit n’est pas la raison de mon agacement.
      Ce qui m’horripile, c’est que tu prennes argument de ta médiocrité digne de « Bouvard et Pécuchet » pour attaquer la crédibilité de Paul Jorion.
      Les attaques ad hominem n’ont rien de particulièrement glorieux, mais quand elles reposent sur des arguments de cette nature elles touchent les sommets de l’imposture.

      Si je te suis bien, et a contrario, sarkozy est un excellent président puisque sa première mesure a été de s’augmenter lui même de 172%.
      Voilà quelqu’un de prévoyant donc digne de foi...

    • John Lloyds (---.---.---.191) 19 août 2009 13:26
      John Lloyds

      Arfff Llabres, toujours dans les choux à chercher des poux dans la tête aux derniers bastions de l’indépendance médiatique qui nous permettent encore de comprendre les arts de l’escroquerie impérialiste et qui ne bouffent pas encore dans le ratelier des lécheurs de bottes. Jorion est un modèle de Don Quichotte contemporain, et son petit modèle de dernier village village gaulois devrait jeter la honte sur les lobbies des petits écrans et autres canards tous droits sortis des officines de propagande occidentale.

      Excellent article, l’auteur, et même s’il est toujours difficile de s’engager en terme de date dans l’effondrement prochain, c’est toujours un exercice de haut niveau de s’engager dans de la spéculation à moyen et court terme ; il est en effet presque impossible de rentrer dans la caboche satanique de nos élites, et d’imaginer les folies dont il sont capables pour maintenir quelques mois de plus un système déjà condamné. Faire des tours de Pise sur des tours de Pise, c’est leur seule capacité.

    • le naif (---.---.---.202) 19 août 2009 14:06
      le naif

      Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt

      L’important n’est pas la situation personnelle de Monsieur Jorion, mais son propos.
      Dans la situation de mensonges institutionnalisés dans laquelle nous sommes, il est tout de même réconfortant de pouvoir lire des avis éclairés et indépendants.
      Si vous n’aimez pas Jorion, il y a Jovanovic ( que vous trouverez surement ésotérique) Lordon ( trop imbu de sa liberté pour se compromettre dans les médias) Bill Bonner ( lui il a une lettre confidentielle à vendre) etc......

      Sinon essayer Marc Fiorentino ou Touati..........

    • wesson (---.---.---.62) 19 août 2009 14:26
      wesson

      @john lloyds,

      Bonjour John

      « Faire des tours de Pise sur des tours de Pise, c’est leur seule capacité. »

      Et de temps en temps les faire effondrer pour que ça reparte pour un tour ....

  • Vladivostok 1919 (---.---.---.114) 19 août 2009 11:48
    Vladivostok 1919

    Très bonne synthèse, qu’on peut mettre en parallèle avec ce titre, pioché ce matin dans Yahoo news, tiré du Figaro :

    « Pour le FMI, la reprise mondiale « a commencé » »Puis dans l’article
    "’Pour que cette reprise s’opère convenablement, il faut que l’économie américaine, « à l’origine de la crise », soit « au centre du rebond ».

    Arff Arff... Le « centre du rebond » ... J’imagine la scène

    On pouvait éventuellement consulter la rubrique « Insolite » des news Yahoo, pour se marrer, entre 2 pages web.
    La rubrique « Economie » fait désormais l’affaire.

  • Alpo47 (---.---.---.51) 19 août 2009 11:49
    Alpo47

    « Qui sème le vent, récolte la tempête ».

    Depuis la deuxième guerre mondiale, les USA ont mené une politique impériale sur le reste du monde. Qui sait que ceux ci ont environ 1000 bases militaires en dehors de leur territoire ?
    Révolutions coordonnées par la CIA, assassinats d’opposants, pillages des richesses, soutien aux pires dictatures, influence délétère, partout ...
    J’ai la faiblesse de croire qu’il y a une forme de « justice » qui gouverne ce monde. Le « karma » des orientaux , et c’est bien ainsi.

    Pour ce qui est de la situation actuelle, je pense également qu’elle est à haut risques. L’économie US ne tient que par quelques fils, de plus en plus ténus. L’empire est à bout de souffle.
    Il est cependant doté d’une grande faculté de résistance. La plus facile est de « changer les règles » . Ils l’ont déjà fait, actuellement en modifiant les règles comptables des banques, ils pourraient bien recommencer, par exemple, en « annulant » tous les produits toxiques, ou en laissant venir une hyper-inflation qui annulerait rapidement leur endettement.
    Ce ne sont que deux exemples.

    Donc, oui, les USA sont au bord du gouffre, mais ils ne sont pas encore tombés dedans.

    Souci, leur chute nous entrainerait avec eux.

  • Forest Ent (---.---.---.205) 19 août 2009 12:03
    Forest Ent

    Il y a pas mal de choses intéressantes dans cet article, et à mon avis souvent vraies.

    Toutefois, il me semble délicat d’avoir sur la conjoncture des prévisions trop précises, surtout en termes de timing. Ce n’est pas pour dire mais, à chaque fois qu’il a avancé une date précise, le LEAP s’est trompé. Par exemple, selon lui, la guerre US-Iran devait commencer en 2007.

    • abelard (---.---.---.171) 19 août 2009 12:21

      @Forest Ent,

      Je suis de votre avis (ce qui vous fait un belle jambe) en ce qui concerne les prévisions trop précises. La complexité de la réalité la rend extrèmement sensible au hasard.

      Toutefois (j’aime bien toutefois, et vous l’employez avec bonheur), toutefois donc, je ne suis pas certain que la guerre USA/Iran n’ait pas commencée en 2007.
      Il faudra dans cinquante ans ouvrir les archives de la CIA pour savoir si certains attentats commis en Iran ces dernières années n’ont pas une origine un peu moins spontanée que leur présentation dans la presse mainstream veut le faire croire...

  • pyralene (---.---.---.31) 19 août 2009 12:07
    Pyrathome

    .....En effet, le 30 juin 2008 , l’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques) déclarait le 30 juin 2008 que les USA possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés (Barack Obama, dernier président des USA) soit un tiers de ces « armes de destruction financière massive » comme dirait Warren Buffet.....

     Une bombe à retardement que l’on a simplement caché sous le tapis......chaque jour qui passe rapproche de plus en plus les USA et nous-mêmes ,vers le centre du trou noir...........le plus difficile étant de prévoir le coup de gràce inévitable,juste une question de « timing »...octobre 2009 ??..

  • le naif (---.---.---.202) 19 août 2009 12:24
    le naif

    @ Alpo47

    Je cois que changer les règles, créer des bads banks pour y mettre les actifs toxiques etc...
    ne change rien au problème. Le capitalisme pour survivre à besoin de croissance et de consommation. Or à l’image d’un avion qui décroche, cette crise fabrique à grande échelle et à grande vitesse des millions de pauvres, qui non seulement ne peuvent plus soutenir le système mais contribuent (à leurs corps défendant) à le plomber définitivement.
    Les financiers ont oublié dans leur cupidité le principe cardinal du capitalisme : Celui qui ne peut pas acheter, ruine celui qui ne peut pas vendre.
    La crise systémique est plus présente que jamais, sauf que ce coup-ci les plans de relances gouvernementaux seront impossibles pour deux raisons :
    1) Les sommes en jeu pour sauver le système sont trop colossales pour permettre une socialisation des pertes.
    2) Après les récents épisodes des bonus et les discours lénifiants des gouvernements annonçant benoitement que la crise était derrière nous, je doute que l’opinion publique accepte sans broncher de nouveaux sacrifices pour sauver les banques.

    L’année dernière on nous a expliqué qu’on ne pouvait absolument pas laisser tomber la finance, c’était surement vrai, étais-ce une raison pour organiser ce gigantesque holdup consistant à permettre aux banquiers de se servir directement dans les poches des États, c’est à dire en définitive dans la notre ?

    Concernant le stock de maisons saisies, la réponse a déjà été trouvée, puisqu’on préfère les détruire pour éviter l’effondrement du marché immobilier !!!! On jète à la rue des millions d’américains car il ne peuvent plus payer leurs traites et on détruit leurs maisons car elles sont invendables. L’absurdité de ce système et surtout son iniquité annonce sa mort prochaine. Les peuples sont long à se révolter, sauf quand ils n’ont plus rien à perdre.

    • pyralene (---.---.---.31) 19 août 2009 12:43
      Pyrathome

      et oui, et ce système n’a rien à envier à la gabegie du stalinisme et du communisme ...........il faut le détruire à jamais !

    • le naif (---.---.---.202) 19 août 2009 14:14
      le naif

      @ Pyralene

      Nous n’aurons même pas besoin de le détruire, il est en train de s’effondrer de lui même sous le poids de ses propres contradictions.

      Marx disait : « Le capitalisme vendra jusqu’à la corde pour se pendre »

  • Alpo47 (---.---.---.217) 19 août 2009 12:41
    Alpo47

    La première défection est venue des crédits immobiliers « à risque » qui ont fait défaut aux USA.
    Le gouvernement US a alors choisi UNE des options qui s’offraient à lui, c’est à dire soutenir les banques. Je trouve étonnant (je ne suis pas du tout économiste) que personne n’ait proposé une autre option, pour moi évidente : Soutenir les emprunteurs.
    Prime à l’achat, garanties, maintien de taux bas ... les possibilités étaient nombreuses et ... PERSONNE NE L’EVOQUE. Etonnant, non ?
    La crise serait bien moindre, l’endettement US sans commune mesure avec l’actuel, les effets systémiques réduits.

    Pourquoi ne l’a t-on pas fait ?
    Je pense qu’il faut donner raison à Naomi Klein, cette crise est voulue, créée, afin d’imposer un système encore plus PREDATEUR et OPPRESSEUR ;

    Pour nous, seul importe maintenant, de réfléchir et trouver les moyens se « passer au travers » et défendre notre liberté, tant individuelle que collective.

    • le naif (---.---.---.202) 19 août 2009 13:49
      le naif

      Alpo47

      Un économiste ( à ma connaissance) a évoqué cette option qui aurait été de loin la plus pertinente, il s’agit de Fredéric Lordon (Il y a une vidéo très intéressante sur ce sujet)

      Cette solution avait beaucoup d’avantages
      1) Il était moralement beaucoup plus justifié d’aider les ménages victimes de l’escroquerie des subprimes que de sauver les escrocs
      2) Le coût de ce plan aurait été beaucoup moins important et cent fois plus efficace pour juguler la crise.
      3) En refinançant les ménages au frais des banques (allongement des durées, renégociation des taux variables en taux fixes etc...) il était possible de« punir » les banques sans mettre à mal le système dans son ensemble.
      4) Le coût de l’aide aux ménages aurait été étalé sur 10,15, 20 voir 30 ans ( le temps de la durée des prêts) ce qui laissait le temps de voir venir et de procéder à des réformes en profondeur du système ce que l’urgence ne permet pas.
      5) Cerise sur le gâteau ces prêts n’auraient plus été toxiques, puisque refinancés !!! CQFD

      Alors pourquoi ne pas avoir choisi cette solution ? poser la question est déjà y répondre.
        CETTE CRISE EST VOULUE ET ENTRETENUE SOIGNEUSEMENT

      Question subsidiaire, que Bush en fin de mandat ait voulu soutenir Wall Street contre le peuple, rien d’étonnant. Qu’Obama en début de mandat avec l’engouement et le soutient de la population persiste dans la même politique, voilà qui est très inquiétant. Le monde avait mis en cet homme (à tord ou à raison) tellement d’espoir, que la désillusion n’en est que plus grande. Entre l’amour et la haine n’est-ce pas......

      Ceci étant dit, si la crise n’avait pas commencée par les subprimes, elle serait partie d’ailleurs, le capitalisme porte en lui les germes de sa propre destruction, un système infini dans un monde fini n’est pas durable tout simplement.
       

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