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Accueil du site > Actualités > Economie > Immobilier : après les taux bas, un réveil difficile ?

Immobilier : après les taux bas, un réveil difficile ?

A première vue, les taux de crédits particulièrement bas sont favorables aux emprunteurs. Ils permettent d’acheter soit plus grand, soit sur une période plus courte. Ils autorisent également les renégociations de prêts contractés il y quelques années à des taux plus de deux fois supérieurs. Une situation qui semble donc tout à l’avantage de l’emprunteur. Est-ce vraiment le cas ? Analyse.

Depuis 2008 et la crise dite des subprimes, l’économie mondiale est fragilisée.

En raison de l’ampleur de la crise, les banques centrales ont pris des mesures exceptionnelles, consacrant des centaines de milliards d’euros pour acheter des dettes souveraines.

C’est ainsi que la Banque Centrale Européenne (BCE), avait annoncé en janvier 2015 qu’elle injecterait, jusqu’en septembre 2016, 1140 milliards d’euros pour acheter de la dette publique et privée. Depuis, ce plan a été prolongé jusqu’en mars 2017. Ce sont désormais 80 milliards d’euros mensuels qui sont engloutis dans le Quantitative Easing. Il est probable que la BCE annoncera, en décembre de cette année, la prolongation de ce plan bien après mars 2017.

Parallèlement à cette politique de rachat des dettes d’Etats et de sociétés privés, la BCE a ramené progressivement son taux directeur à 0%. Ce taux interbancaire sert à déterminer le taux auquel les banques prêteront aux entreprises et aux particuliers. 

Pour inciter les banques à ne pas thésauriser leurs liquidités, la BCE a également diminué son taux de dépôt. En principe, ce taux est positif et rémunère les dépôts d’argent des banques auprès de la BCE. Depuis juin 2014, ce taux est négatif. Actuellement, il est de -0.4% pour inciter les banques à prêter plus aux entreprises et aux ménages à dessein de stimuler l’activité économique.

Les objectifs de cette politique monétaire

Très concrètement, les objectifs de la BCE sont multiples :

  • Favoriser l’accès aux crédits des entreprises afin de soutenir les investissements ;
  • Favoriser l’accès aux crédits des particuliers pour relancer la croissance ;
  • Lutter contre le risque de déflation et approcher l’objectif communautaire d’une inflation annuelle proche des 2%.

Ce plan repose uniquement sur l’afflux de liquidités pour les banques censées injecter tout cet argent dans l’économie réelle.

Jusqu’ici tout va bien

Les effets de la politique d’assouplissement monétaire de la BCE sont donc concrets, pour une partie de la population, puisqu’emprunter, en vue d’acheter un bien immobilier, n’a jamais été aussi bon marché.

En octobre 2016 malgré un ralentissement dans la baisse des taux de crédit, il ressort que le taux minimum sur 20 ans est de 1.08 %. A priori, aucune raison de s’en plaindre, n’est-ce pas ?

Dans cette ambiance d’euphorie générale, les renégociations des anciens prêts vont bon train, comme le montre cette note d’octobre de la Banque de France.

En 2015, ils représentaient la moitié de ces nouveaux crédits. Après la stagnation de la baisse des taux et leur légère remontée durant l’été, les dossiers portant sur des demandes de renégociations de crédits avaient baissé.

En 2016, le mouvement a repris en raison de la baisse continue des taux depuis novembre 2015, passant de 2.36%, toutes durées confondues, à 1.72 % en août 2016. Cela a donc fait grimper de plus de 20 points la part des dossiers de renégociations de crédits, passant de 28.5 %, en mars, à 49.9 %, en août de la même année.

Jusqu’à présent, cette situation semble donc profiter aux acheteurs qui bénéficient de conditions exceptionnelles pour emprunter. Cela contribue également à augmenter le pouvoir d’achat de ceux qui ont un crédit plus ancien. Renégocier son prêt permet de gagner beaucoup d’argent, soit en remboursant plus vite son crédit, soit en allégeant le montant de ses mensualités.

Le revers de la médaille ?

Derrière ces relatives bonnes nouvelles pour les emprunteurs, il y a un os. Les résultats de l’assouplissement monétaires de la BCE ne sont malheureusement pas à la hauteur des attentes. La BCE révisant d’ailleurs ses objectifs de croissance et d’inflation aussi bien pour 2016 que pour 2017. La même BCE qui s’attend désormais à une hausse du PIB de la zone euro de 1.4 % au lieu de 1.5 % en 2016. Pour 2017, la prévision de hausse n’est plus que de 1.7% au lieu de 1.9%.

Concernant l’inflation, les projections de la BCE pour la zone euro affichent une baisse très nette par rapport aux prévisions précédentes. Ainsi, pour 2016, la hausse attendue est ramenée à 0.1% au lieu de 1%. En 2017, la hausse attendue passe à 1.3% au lieu de 1.6%

Quelle conséquence pour l’immobilier ?

Si une grande majorité des acteurs de la profession verse dans le déni de réalité et dans l’autosatisfaction la plus manifeste, certains professionnels, plus avisés, tirent la sonnette d’alarme.

Ainsi, Sébastien de Lafond, explique depuis des mois que le marché immobilier est sous « perfusion massive », gavé aux taux bas, mais également au PTZ et au Pinel. Les points clés de la note de « Meilleursagents.com », de septembre 2016, détaillent tous ces points.

Henry Buzy Cazaux, dans sa tribune de Capital, constate également cette jubilation collective et pointe du doigt un problème qui arrive à grand pas : la santé financière des banques face à l’érosion de leurs marges. S’il est difficile de verser une larme pour ces dernières, il faut comprendre qu’une banque est une entreprise comme une autre et que son objectif est d’engranger des profits. Avec une politique de taux bas, elles se retrouvent coincées.

Les taux bas n’apportent pas de remède et deviennent la cause principale du problème. Le marché immobilier a une épée de Damoclès au-dessus de la tête et évolue dans la crainte de la hausse des taux. Les principaux acteurs et les pouvoirs publics, qui n’ont aucune politique du logement digne de ce nom, alimentent cette euphorie générale à grands coups d’effets d’annonces et de communiqués pour maintenir l’illusion que tout va bien pour le marché immobilier.

Hors, non, tout ne va pas bien pour le marché immobilier

Très concrètement, le résultat s’avère catastrophique pour le marché immobilier.

Derrière l’euphorie générale basée, entre autres choses, sur le nombre de transactions dans l’ancien, le marché va plutôt mal. En effet, comme le précise si bien Sébastien de Lafond, le marché est sous perfusion. Est-ce le signe d’un marché qui se porte comme un charme ? Si la baisse massive des taux entretient l’illusion que tout va bien, les aides gouvernementales prodiguent au malade les derniers soins palliatifs.

Ajoutez une bonne communication laissant entendre que « tous les voyants sont au vert » et le tour est joué : c’est formidable, tout va bien, il faut acheter, vite, foncez ! Malheureusement, tout n’est pas aussi rose et les fondamentaux participant à la bonne santé du marché sont totalement absents :

  • Croissance économique française complètement atone ;
  • Chômage toujours aussi soutenu ;
  • Manque de confiance en l’avenir ;
  • Les prix, toujours trop élevés ;
  • La possibilité d’une surbulle immobilière qui serait cataclysmique ;
  • La sortie des taux bas qui se complique au fur et à mesure que les mois défilent.

L’étau se resserre

Les taux bas, voire négatifs, ont ceci de particulier qu’ils donnent l’impression que la machine fonctionne parfaitement bien. Dans un premier temps, effectivement tout est réuni pour faire croire que c’est une bénédiction. Les inconvénients viennent assez vite car les taux bas sont la conséquence de la politique d’assouplissement de la BCE qui se nomme aussi « planche à billets ». En d’autres termes, cela signifie que cet apport de liquidités n’est rien d’autre que du papier, papier n’ayant pas plus de valeur que celui utilisé pour les toilettes :

  • Les milliards d’euros consacrés à cet assouplissement monétaire n’arrivent pas jusqu’au consommateur ;
  • Les entreprises, TPE/PME, n’ont pas forcément besoin de crédits, elles ont besoin de visibilité, de perspectives de marché, de commandes ;
  • Les entreprises qui bénéficient le plus de cette manne sont les plus solides, les multinationales à la trésorerie déjà bien garnie ;
  • Les conditions sont, il est vrai, très bénéfiques aux emprunteurs. Toutefois, ces conditions favorables ne le sont que pour les meilleurs profils. Tous les autres en sont exclus.Cet article de LaVieImmo, relatant le rapport d’un groupe d’experts chargés de faire des propositions pour améliorer l’accès au crédit de ceux qui ne sont pas employés en CDI, est assez révélateur. Il évoque une étude du courtier Vousfinancer confessant que seuls 3.5% de ses clients en CDD parviennent à emprunter. D’un autre côté, selon une estimation de la Dares, 85 % des embauches actuelles se font en CDD ;
  • Cette politique de la planche à billets est utilisée depuis plus de 20 ans au Japon par sa banque centrale. La croissance est amorphe et l’inflation nettement inférieure aux objectifs affichés. Pourquoi le plan de la BCE fonctionnerait-il mieux que celui du Japon ? Jusqu’à présent, les résultats sont aux abonnés absents ;
  • Cet afflux d’argent se faisant par le biais des obligations d’Etats, le risque de crise obligataire est réel ;
  • Les emprunteurs sont également des investisseurs et les victimes de cette politique des taux bas apparaissent. Les assurances vie sur fonds euros voient les rendements s’effondrer pour les épargnants ;
  • Le risque est que tous les investissements se fassent dans l’immobilier, jugé à tort comme plus sûr. Cela participerait à la création d’une bulle gigantesque précipitant la chute du reste de l’économie. En effet, les liquidités ne se reporteraient pas dans l’économie productive, ou pour une part infime. Un scénario infernal ;
  • Il serait dangereux qu’une bulle immobilière se forme. Les prix s’affichent déjà à un niveau insoutenable et la folle hausse des années 2000 n’a pas été compensée par la baisse entamée en 2011. Les prix sont à un plafond car, en dépit de facteurs hyper favorables, soit ils baissent, soit ils augmentent faiblement. A la moindre hausse, le marché se grippe. Ce qui fait perdre des milliers d’acheteurs solvables, principalement les primo-accédants. Sans eux, le marché ne peut pas fonctionner. Au risque d’entraîner une augmentation du stock de biens anciens en vente, une baisse du nombre de transactions et ensuite une baisse des prix généralisée jusqu’à ce que l’équilibre soit retrouvé. Sauf nouvelle intervention étatique ou baisse des taux encore plus marquée.
    L’inconvénient de l’immobilier réside dans l’illusion de richesse qu’il procure dans un patrimoine. L’étude de Xerfi, reprise dans cet article de Challenges, explique parfaitement cette illusion de richesse ;
  • Cet apport de liquidités providentielles empêche les Etats d’entreprendre de vraies réformes et d’œuvrer pour stopper les déficits budgétaires. Suicidaire…

Des lendemains qui déchantent pour les banques

Le problème des taux bas réside dans la baisse des rendements pour les banques. Même s’il est difficile de s’émouvoir de leurs difficultés tant elles génèrent de milliards de bénéfices, il faut essayer de comprendre ce à quoi elles s’exposent et par conséquent à quoi elles nous exposent.

Cette baisse de rentabilité génère quantité d’effets pervers :

  • Pour tenter de maintenir les rendements, les banques risquent d’investir dans des produits de plus en plus dangereux. Nous payons encore aujourd’hui les effets de la crise de 2008. Si elles sont obligées de prendre de plus en plus de risques, n’est-ce pas jouer avec le feu ? Les conséquences d’une nouvelle crise seraient encore plus dévastatrices, selon les économistes ;
  • L’augmentation des tarifs bancaires. Ce n’est pas grand-chose, mais, depuis peu, des frais de tenue de comptes entrent en application et d’autres services, jusqu’alors gratuits, deviennent également payants ;
  • Les discussions de Bâle IV sur de nouvelles règles prudentielles pour les banques et qui concernent directement les crédits immobiliers inquiètent. J’expliquais toutes les craintes ressenties dans mon article Agoravox d’avril dernier.
    Mon article a d’ailleurs été repris en partie par Dominique Thiébaut dans l’Obs.
    Ces discussions font frémir les professionnels de l’immobilier tant elles pourraient bouleverser le marché en excluant certains profils de candidats à l’achat ;
  • Les risques sur l’emploi sont également présents. Depuis la crise de 2008, les banques ont supprimé 600 000 emplois dans le monde ! Il est assez évident qu’il ne faudrait pas arriver jusqu’à une tempête si une nouvelle crise devait éclater. Le moindre coup de vent suffirait à déclencher des plans de licenciements massifs.

Conclusion

La politique d’assouplissement monétaire de la BCE explique les taux bas dont bénéficient les emprunteurs pour leur acquisition immobilière.

Si le bénéfice est immédiat et fait économiser des milliers d’euros sur le coût du crédit, il faut toutefois relativiser cet enthousiasme débordant. Seuls les meilleurs profils peuvent profiter de ces conditions favorables. L’immobilier reste toujours surévalué et les taux bas ne font que masquer temporairement ce problème.

Ce bourrage de crâne sur les taux bas ne doit pas non plus faire oublier que nos parents achetaient de l’immobilier à des taux bien plus élevés et ne s’en portaient pas plus mal. Au début des années 90, les taux étaient supérieurs à 9% et il était rare de rembourser sur une durée excédant 15 ans. Aujourd’hui, en dépit de taux bas, s’engager sur 15 ans est pratiquement mission impossible pour d’éventuels emprunteurs.

Comme on le voit depuis la chute des taux, il est toujours possible de renégocier son crédit pour bénéficier de conditions plus avantageuses. Acheter à un prix trop élevé et déconnecté de la réalité est une action irrévocable. Plus important que le taux de votre crédit immobilier, le prix d’achat du bien reste l’élément déterminant.

L’euphorie générale ne doit pas masquer la réalité. La qualité d’un bien doit se juger sur ses seules qualités intrinsèques et sur celles de son environnement. La vigilance doit toujours être de mise, quelle que soit la vigueur du marché. Un achat immobilier engage pour 20 ans, l’erreur se paye chère et longtemps, voire à vie.

Même pour un achat de résidence principale, il faut se transformer en analyste, à cause des facteurs externes comme les taux, pour savoir si, oui ou non, la décision d’acheter comporte un risque. Au niveau du logement bien entendu, mais aussi au niveau financier. Risquez-vous de perdre de l’argent à court ou moyen terme ?

Et pour ceux qui ont pu profiter de la période folle des années 2000, lorsque la plus-value en cas de revente était systématique, c’est une tout autre histoire à présent. Bien peu de professionnels de l’immobilier, sérieux, s’engagent sur de telles perspectives de gains faciles dans les années à venir. La revente sans perte d’argent est déjà considérée par beaucoup comme une belle performance en soi.

C’est la raison pour laquelle les taux bas ne doivent pas faire oublier que le bien doit être l’objet de toutes les attentions. Le crédit est juste un moyen de concrétiser votre projet. Mais si le projet est fondamentalement mauvais, ledit crédit ne changera rien à l’affaire. Si vous vous engagez sur un bien nécessitant trop de travaux, une copropriété ruineuse, des nuisances trop nombreuses dans son environnement, vous vous exposez à des pertes financières subséquentes. La légèreté avec laquelle vous aurez acheté ne sera peut-être pas celle de vos futurs acquéreurs si vous avez besoin de vendre. Vous risquez alors de devoir réviser vos prétentions financières à la baisse pour pouvoir vendre et vous perdrez de l’argent parce que votre achat aura manqué de rigueur et de discernement.

Il est malheureux que l’achat immobilier, répondant au besoin fondamental de se loger, soit devenu un casse-tête et fasse peser un risque énorme sur l’acquéreur. Les taux bas et la flûte enchantée, instrument de prédilection de certains acteurs, entretiennent l’illusion que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ce n’est pas le cas. Cette réplique du film « La haine » peut s’appliquer à l’immobilier :

« Jusqu’ici tout va bien. L’important ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage. »

 

Laurent CRIADO

Site Internet : guidepratiqueachatimmobilier.com

Cet article peut volontiers être repris, sans coupures, pour informer le plus de monde possible. La photo illustrant l’article doit rester la même. Le nom de l’auteur doit figurer distinctement en début d’article, un lien doit renvoyer sur la page Agoravox de l’article. Merci à toutes et à tous.

Merci aux journalistes de respecter la déontologie de la profession en mentionnant clairement la source et en évitant toute forme de plagiat.

Si vous avez des attentes sur des thématiques liées à l’immobilier, prévenez-moi directement dans les commentaires ou via mon site.


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77 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 24 octobre 11:14

    avec l’augmentation de la TVA de 2 a 3% que la droite va mettre en place l’économie va une nouvelle fois pourrir sur place ....


    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 11:42

      @zygzornifle
      Merci pour votre lecture et votre commentaire.

      On peut effectivement se poser la question de la pertinence d’alourdir les prix des produits et des services pour le consommateur, c’est-à-dire nous...

      En même temps, elle s’intitulerait « TVA sociale », ça doit donc être pour notre bien.


    • robert 24 octobre 11:18

      Excellent, merci à vous.


      • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 11:43

        @robert

        Merci à vous pour votre lecture et vos encouragements.


      • chantecler chantecler 24 octobre 12:03

        A dire vrai je ne m’inquiète pas trop pour la santé de nos chères banques .
        Pendant des années nous avons vu ouvrir , se multiplier des agences et recruter des conseillers .
        Y compris des organismes qui ne sont pas à vocation bancaire : la poste , assurances...
        Alors qu’il y ait un souci aujourd’hui lié à l’inflation de ce type d’activité ne m’empêche pas de dormir .
        Le client s’est savamment fait plumer par lesdites banques : tout était bon pour le racketter .
        La poule aux oeufs d’or est constipée , faudra dégraisser un certain nombre d’emplois bien rémunérés ?
        La « crise » est passée par là et que je sache il n’y a pas que les banques qui sont touchées .
        Vous rappelez dans votre article comment et combien la BCE et les banques centrales les ont soutenues , (QE) , maintenues sous perfusion sans leur demander quoi que ce soit en échange .
        Pas de régulation , pas de séparations banque de dépôts et banques d’affaires ,même pas limiter la spéculation .
        Alors permettez-moi de ne pas sortir mon mouchoir .


        • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 12:40

          @chantecler

          Merci pour votre lecture et votre commentaire.

          Réussir à verser une larme concernant le sort des banques, c’est ce que j’explique dans l’article, est effectivement compliqué.

          Cependant, le malheur des banques rejaillit sur toute l’économie et au final sur nous.

          Donc, même si on ne porte pas les banques dans son coeur, il est difficile de ne pas être préoccupé par leur sort et par conséquent par le nôtre.


        • ouam2 (---.---.41.186) 24 octobre 12:05

          Salut Laurent CRIADO,

          Tu à completement raison dans ton analyse.

          Une des clefs pourquoi ca doit etre haut (pour l’oligarchie dominante) :

          - Les taxes sur les transactions

          - Le calcul de la taxe foncière

          - Endetter les esclave le plus longtemps possible (et oui, un endétté ne revendique pas)

          - etc... (avec les future taxes qui vont encoe plus exploser yvelynes +66% !!! sur un AN !!)

          bref ... faut etre un arraché du cibouleau pour vouloir acheter à paris (ou ailleurs) en france ce jour


          • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 12:43

            @ouam2

            Merci pour votre lecture et votre commentaire.

            Les prix hauts arrangent en effet tous ceux qui sont directement intéressés aux prix.

            Professionnels, notaires, régions, départements, Etat, etc. Bref tous ceux dont les revenus grossissent au fur et à mesure que les prix montent.

            L’immobilier, ce n’est plus seulement un bien et un logement, c’est devenu tout un package, dont celui des taxes qui n’en finissent pas d’exploser. Votre exemple est là pour l’illustrer. J’en parle régulièrement dans mes articles. D’ailleurs, mon article de l’année dernière, "Propriétaires immobiliers : demain, tous tondus ?" allait en ce sens.

            http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/proprietaires-immobiliers-demain-173873

            C’est mon article le plus lu et il est numéro 10 des articles Agoravox les plus lus depuis un an ! Merci encore une fois à tous les lecteurs.

            Il est évident qu’une fois piégée par le paiement de son crédit, une personne a beaucoup moins de temps, d’énergie et d’envie de revendiquer.

            On la tient suffisamment muselée pour la rappeler à l’ordre si besoin.

            Je ne sais pas s’il faut être fou pour acheter, une chose est sûre il faut être extrêmement vigilant et rigoureux.


          • SamAgora95 SamAgora95 24 octobre 12:14

            « ..Les milliards d’euros consacrés à cet assouplissement monétaire n’arrivent pas jusqu’au consommateur ;  »



            Ce n’est pas complètement vrai, l’argent parvient au consommateur par l’intermédiaire des taux bas justement, puisque le coût du crédit est réduit.

            • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 12:48

              @SamAgora95

              Merci pour votre lecture et votre commentaire.

              Ce n’est peut-être pas, pour vous, complètement vrai, mais ce n’est pas complètement faux non plus !

              Quand vous dites que l’argent arrive au consommateur par l’intermédiaire des taux bas, c’est ce que je précise dans l’article, tout le monde n’en profite pas, loin s’en faut. Le consommateur, ce n’est pas seulement celui qui est dans les petits papiers de son organisme de crédit et qui peut acheter un ou plusieurs logements à dessein d’en tirer une rente immobilière. Le consommateur, c’est celui qui aimerait bien changer de véhicule, acheter une deuxième paire de chaussures, se payer une formation, mandater un artisan pour rénover son logement, etc. Bref, celui dont l’argent est dépensé dans le seul circuit profitable à tous : le circuit du monde productif.

              Des milliers de personnes sont exclues du crédit à cause de leurs profils, jugés à risque par les banques, et ne voient donc jamais la couleur d’un seul centime. Pour ces personnes, les plus nombreuses, ce n’est pas une aubaine. Ca ne change rien à leur vie ou alors en mal.

              Et n’oublions pas que cette pomme est empoisonnée. Si, pour l’instant, certains peuvent en profiter, et c’est tant mieux pour eux, cela ne veut pas dire que le réveil ne va pas être difficile.


            • Ahmed Jouany 24 octobre 12:14

              Bonjour Laurent,


              Encore un article qui fait mouche. Je partage totalement votre analyse. Et comme le souligne, à juste titre, ouam2, tout semble fait pour maintenir des prix élevés, seule garantie pour un Etat corrompu tel que le nôtre de recettes fiscales à bon prix et de docilité car, oui, un peuple occupé à trouver de quoi rembourser son crédit ou payer son loyer ne revendique pas. Je me demande quelle sera la prochaine rustine pour maintenir les prix aussi élevés, baisser encore les taux ? Je pense que le chant du cygne est proche et franchement tant mieux, on reviendra à des valeurs plus saines que la spéculation et la mise en esclavage d’autrui. Les banques ? Ma foi, qu’elles crèvent, même si j’ai bien saisi votre mise en garde, un sorte de jeu de dominos en fait. Encore merci pour vos analyses. Quel dommage que les journalistes de la « grande » presse ne nous gratifient pas de vrais articles de fond comme ceux qu’on trouve ici, mais c’est un autre sujet.

              • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 12:57

                @Ahmed Jouany
                Merci pour votre lecture et votre commentaire.

                On peut effectivement se demander quelle sera la prochaine action qui permettra de maintenir ces prix complètement fous.

                Pour le peu d’empathie que suscitent les banques, et c’est compréhensible, encore une fois, nous sommes liés à elles. Si elles vont mal, nous irons mal aussi.


              • Olivier Perriet Olivier Perriet 24 octobre 14:42

                les taux super bas n’ont-ils pas pour conséquence la hausse des transactions, la demande en hausse et au final des prix de l’immobilier surévalués ?

                c’est sûr que ça fait les affaires des professionnels de l’immobilier, mais des ’consommateurs’ pas sûr.


                • Rincevent Rincevent 24 octobre 15:05

                  @Olivier Perriet

                  les taux super bas n’ont-ils pas pour conséquence la hausse des transactions, la demande en hausse et au final des prix de l’immobilier surévalués ? C’est bien ça, sauf que nombre de transactions capotent quand la banque décide de ne pas suivre. J’ai actuellement l’exemple d’une amie qui vend sa maison : ça fait trois fois que des acquéreurs se désistent au dernier moment, crédit pas accordé...

                  Il suffit de pister les annonces immobilières pour voir des biens qui trainent depuis X mois, voire années. Au delà des communiqués triomphants de la profession, le seul baromètre (à peu près) sûr c’est l’indice des notaires. Là, c’est ce qui a été effectivement vendu, pas du fantasme.


                • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 15:20

                  @Olivier Perriet
                  Merci pour votre lecture et votre commentaire.

                  Un des effets des taux bas est justement la hausse du nombre de transactions dans l’ancien.

                  Cette hausse des demandes fait peut-être monter, légèrement, les prix sur certaines zones tendues, mais au niveau national c’est le statu quo ou la baisse.

                  Les prétentions à la hausse de certains vendeurs sont freinées par peur de ne pas faire la vente et que le marché se bloque.

                  Il est sûr que beaucoup de biens sont surévalués si on les juge sur leurs seuls qualités intrinsèques.

                  Pour les agences, elles pratiquent de plus en plus le forfait, avec un minimum.

                  Je ne comprends donc pas qu’elles ne soient pas plus enthousiaste à l’idée qu’une baisse permettrait d’augmenter considérablement le nombre de transactions et donc leur CA, grâce à ces forfaits minimums.

                  Tout le monde en bénéficierait, les acheteurs, les vendeurs, les banques et l’Etat.


                • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 15:51

                  @Rincevent

                  Merci pour votre lecture et votre commentaire.

                  L’exemple de votre amie est là pour illustrer le fait que tout le monde ne bénéficie pas des retombées de la BCE, loin de là. Une partie seulement des candidats à l’achat peuvent obtenir un crédit immobilier auprès des banques. Mais, comme vous le signalez, les communiqués signalant que "tous les voyants sont au vert" ne s’encombrent pas de ce genre de détails.

                  Pour le baromètre des prix, celui des notaires n’est pas à prendre pour argent comptant. Quant au nombre de transactions, effectivement, il a son utilité. Concernant les prix, il n’est pas exempt de tout reproche, j’en ai déjà parlé par ailleurs.

                  Il n’existe pas d’indice ou de baromètre des prix de l’immobilier affichant une fiabilité absolue. Il faut piocher un peu partout.Et surtout se référer au bon sens. Certains types de biens, trop nombreux, sont incontestablement surévalués. Les épaves thermiques, ceux en copropriété à problèmes, ou mal gérée, ceux qui présentent trop de nuisances dans leur environnement, ceux qui nécessitent trop de travaux de rénovation et qui reviennent plus cher qu’un bien neuf, etc... C’est pourquoi il ne faut jamais oublier que le bien et seulement le bien doit être au coeur d’un projet d’achat. Projet d’achat qui doit correspondre à un projet de vie bien évidemment.Une fois ce projet de vie clairement défini, on peut se mettre en quête d’un achat bien qu’il ne s’agisse pas d’une fin en soi. Et il convient de comparer systématiquement les offres de biens anciens avec celles de biens neufs, aux normes les plus modernes. Ce simple exercice met en évidence une exigence tarifaire surréaliste dans l’ancien. On ne se départit pas de telles sommes sur un « coup de coeur », mais après avoir parfaitement étudié son projet.


                • Rincevent Rincevent 24 octobre 16:07

                  @Laurent CRIADO

                  Je ne comprends donc pas qu’elles ne soient pas plus enthousiaste à l’idée qu’une baisse permettrait d’augmenter considérablement le nombre de transactions… C’est la logique même. Mais l’agence, elle est coincée entre le vendeur (son client) et l’acheteur (celui qui va la payer, finalement). Beaucoup de vendeurs n’ayant toujours pas intégré la situation actuelle, elle devient souvent une agence de voyage touristique immobilier, en attendant que ça se décoince…


                • Rincevent Rincevent 24 octobre 16:32

                  @Laurent CRIADO

                  Pour les notaires, j’avais bien dit « à peu prés sûr ». Au royaume des aveugles… Quant au comparatif ancien/neuf, il est objectivement en faveur du neuf, à deux détails près : 1) les surfaces. Au fil du temps, les promoteurs rognent inexorablement sur ce point, demandant aux architectes des acrobaties qui finiront par atteindre leurs limites. 2) Le foncier. Chez moi, il est rare et on en est à racheter de belles villas pour les raser et mettre à la place des R + 3, avec un coût final conséquent et donc on rogne…


                • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 18:16

                  @Rincevent

                  Les agences sont coincées entre le vendeur et l’acheteur parce qu’à un moment donné elles ont laissé filer la situation.

                  Certaines, fermées depuis, ont préféré la logique de court terme et de la prise de bénéfice immédiate avec les commissions et ont laissé certains vendeurs s’enflammer sur les prix. Les autres, toujours là aujourd’hui, ont dû « s’adapter » à cette situation pour ne pas mettre la clé sous la porte.

                  Ce qui est vrai, c’est que l’on peut se demander à quoi sert une agence et donc un professionnel, si derrière il n’y a pas une vraie valeur ajoutée dans ce processus d’achat immobilier. Et aussi celui de vente puisque c’est le vendeur qui la mandate. Comme partout, il y a des « professionnels » particulièrement incompétents qui arrivent à discréditer l’ensemble d’une profession. Et, comme partout, il existe d’excellents professionnels qui justifient leurs honoraires. Je ne jette donc pas le bébé avec l’eau du bain. Exercée avec passion et technicité, la profession d’agent immobilier est tout à fait utile. Quant aux bonimenteurs et autres opportunistes, le temps se charge de les débarquer, même si, c’est regrettable, ils commettent beaucoup de dégâts au passage. Plus qu’un niveau de diplôme, il conviendrait de valider une réelle compétence à comprendre ce que l’on vend.


                • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 18:18

                  @Rincevent

                  Oui, oui, je sais, j’avais bien vu. Ne vous inquiétez pas, ce n’était pas pour vous ^^

                  Dans le neuf, il y a aussi des « abus » et forcément des postes où il faut rogner.

                  En zone tendue, vous le décrivez très bien, on achète un pavillon avec terrain pour le raser et construire du collectif. Il y a aussi le cas de grands terrains qui sont divisés et vendus à des promoteurs pour faire la même chose.

                  Cela s’explique en partie par la décentralisation qui n’existe pas dans les faits. Tant que quelques villes et secteurs géographiques regrouperont l’essentiel de l’activité économique, les gens s’entasseront et paieront cher leurs biens immobiliers.

                  C’est malheureux car une activité répartie sur tout le territoire permettrait que la tant recherchée « croissance » profite au plus grand nombre plutôt que d’aligner de beaux chiffres dans un budget national. Il y a tant à faire avec ces territoires délaissées dans toute la France. Arrêtons par exemple de vouloir lutter contre les paradis fiscaux mondiaux ou européens et attirons les entreprises et les entrepreneurs de la planète grâce à une simplification fiscale et administrative qui profiterait à tous. Nous avons toutes les infrastructures pour accueillir par milliers des entrepreneurs. Cela créerait des besoins, de l’activité, partout. Peut être même que cela permettrait de rouvrir certains hôpitaux et services publics abandonnés. Créons un système de bonus/malus fiscal pour que les entreprises s’installent en territoire hors zones tendues.

                  Pour réussir cela, il faudrait des politiques non professionnels qui se sont levés tôt le matin pour aller bosser plutôt que ceux en place depuis des lustres, juste bons à nous faire les poches et à nous faire en plus la morale.

                  Comment voulez-vous qu’un politique qui n’a jamais bossé de sa vie en entreprise et quand je dis en entreprise, je veux dire en allant au charbon, comprennent les besoins des gens ? C’est mission impossible dans la configuration actuelle.


                • siobhan 24 octobre 15:36

                  Question bête : cette farouche volonté étatique de sauver l’immobilier n’est-elle pas due à la crainte d’une grogne électorale sachant que le patrimoine des Français se réduit essentiellement à leur logement justement ?

                  Question bête numéro 2 : en supposant qu’un politicien décide de lâcher la pierre, les Français, rentiers dans l’âme pour beaucoup, s’en accommoderaient-ils ?

                  Merci.


                  • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 17:08

                    @siobhan

                    Merci pour votre lecture et votre commentaire.

                    Effectivement on peut se demander s’il n’y a pas une volonté des politiques de ne pas se mettre à dos une partie des électeurs.

                    C’est sans doute pour ce motif qu’aucun candidat à la présidentielle n’évoque le logement en en faisant une de ses priorités. Comme l’illusion opère en ce moment, pourquoi prendre le risque de s’aventurer sur un terrain où ils risquent de perdre des voix ?

                    Si c’est compréhensible dans le sens de ne pas « froisser » et diminuer le patrimoine des Français, l’étude Xerfi reprise dans Challenges, montre bien que cette « richesse » n’en est pas une.

                    http://www.challenges.fr/immobilier/actu-immo/comment-l-immobilier-masque-la-grande-panne-du-patrimoine_430249

                    C’est justement tout le contraire car elle handicape le reste de l’économie, productive donc.

                    Une économie florissante et de nombreux secteurs qui embauchent n’est-elle pas préférable à une situation dans laquelle l’immobilier est hors de prix et transforme les ménages en esclaves modernes. Payer son crédit (ou loyer), sa nourriture, ses soins, sont la seule constante actuelle et devient de plus en plus pénible pour nombre de nos concitoyens. Mais cela, nos hommes politiques n’en ont cure préférant la logique électorale à celle de l’intérêt général. Combien de temps cette politique de l’autruche va-t-elle tenir ? Mystère. Une chose est certaine, les prix ne grimperont pas jusqu’au ciel. Ils sont déjà à un niveau insoutenable, déconnecté de la réalité, mais on préfère alimenter le débat politique en « coinçant » les politiciens avec le prix d’un pain au chocolat...

                    Pour ce qui est de de s’en accommoder, je pense que les Français préfèreraient manger autre chose que de la pierre et avoir plus d’argent à la fin du mois pour se faire plaisir et consommer en utilisant leur argent ailleurs que dans le puits sans fond d’un crédit ou d’un loyer.


                  • Rincevent Rincevent 24 octobre 17:14

                    @siobhan

                    ...rentiers dans l’âme…
                    Là, vous parlez des bailleurs mais, vu l’état de la planète finance actuellement, le rentier aurait quel autre choix que la pierre ? Des actions en bourse ? Le krach annoncé va bien finir par arriver un jour. Des obligations ? Réputées sûres jadis, aujourd’hui même des États font faillite (Chypre, Grèce, demain, qui ?). Je crois que la bulle immobilière a encore de l’espérance de vie, à condition qu’on ne débranche pas brutalement les perfs, bien sûr.


                  • siobhan 24 octobre 17:18

                    @Laurent CRIADO

                    Vous avez raison mon cher Laurent mais le Français moyen aime se rappeler sa richesse virtuelle grâce au seul pécule qu’il croit posséder : l’immobilier. Ce qui fait bien les petites affaires de nos champions de la politique du moindre effort, trop heureux de ne pas avoir nécessité de plancher sur une politique profitable au plus grand nombre. Argent facile quand tu nous tiens. Merci pour votre réponse fort détaillée.

                  • siobhan 24 octobre 17:26

                    @Rincevent

                    En effet, je parlais des bailleurs. 
                    Des actions en bourse ? Trop risqué.
                    Des obligations ? idem.
                    Des assurances vies ? Grosse arnaque en perspective.
                    De l’immobilier ? Ah mais oui mais c’est bien sûr ! Je crains la douche froide pour beaucoup d’investisseurs et de moins investisseurs. Ces « facilités » immobilières me font penser à un piège qui va se refermer brutalement. Alors qu’il existe bien d’autres manières de faire travailler (utilement) ses économies : financer l’économie de proximité ou (pourquoi pas) démarrer le projet d’entreprise dont chaque Français rêve (si on en croit les sondages récurrents sur la question). Le truc c’est que l’immobilier est perçu comme facile et sûr et répond bien au credo suivant : faire travailler plus (le locataire) pour faire gagner plus (le bailleur). La nature humaine en somme. 

                  • Rincevent Rincevent 24 octobre 18:08

                    @siobhan

                    l’immobilier est perçu comme facile et sûr… Ceux qui pensent ça ne sont vraiment pas sur le terrain ! J’ai une voisine qui avait trois apparts en location : entre la vacance entre deux locataires, la fiscalité changeante, le syndic, les frais d’entretien, les remises aux normes, les dégradations et les impayés, elle a commencé à revendre…

                    Je serais assez d’accord avec vos alternatives, mais j’ai pris le terme rentier au sens strict (celui qui touche de l’argent sans trop s’impliquer). Ce que vous proposez est bien différent, ça demande de la motivation, voire de la militance et ça, ce n’est pas la tasse de thé du « rentier ».


                  • siobhan 24 octobre 18:19

                    @Rincevent


                    Bien d’accord avec votre portrait : l’immobilier n’est pas une sinécure dans les faits mais force est de constater que nombreux (trop nombreux ?) sont ceux qui le perçoivent comme tel. 

                    Ce que je propose exige certes travail, discipline et motivation. Au moins autant que la gestion locative de trois appartements si je me réfère à vos propos avec des perspectives plus réjouissantes et moins destructrices pour l’économie. Mais j’aurais pu également proposer la version plus douce : investir dans des franchises de lavages automatiques par exemple. Du boulot, certes, mais plus cadré grâce au franchiseur.

                  • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 18:28

                    @siobhan

                    Merci, merci !

                    Oui, je sais que beaucoup s’accrochent à cette idée, mais vient un moment où le tour du « magicien » ne fonctionne plus et où les gens se rendent compte de la supercherie.

                    Une étude récente, émanant d’un organisme de crédit (à prendre avec des pincettes mais cela se vérifie en sondant son entourage) signalait qu’il manquait 3 à 400 euros aux ménages pour qu’ils puissent vivre sans soucis majeurs. C’est intéressant parce que ça correspond au moins à ce qui est monopolisé en trop par un crédit ou un loyer excessif ! Comme quoi, il ne faut pas chercher loin la source de tous nos maux. Mais c’est sûr qu’il vaut mieux être « virtuellement » riche, manger des pâtes, et se faire plumer à coups de taxes locales qui, comme le soulignait un lecteur, ne cessent d’augmenter (son exemple de +66% dans le département des Yvelines se passe de commentaires) !


                  • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 18:36

                    @Rincevent
                    C’est justement là que réside le risque. Que l’immobilier finisse de concentrer toutes les richesses. Cela créerait un « monstre » encore plus énorme qu’il ne l’est déjà. Si la bourse, les obligations et les assurances vies ne sont pas la panacée, il existe l’économie réelle et/ou le soutien à des porteurs de projets d’entreprises. Je crois que c’est le propos défendu par Siobhan.


                  • Rincevent Rincevent 24 octobre 19:30

                    @Laurent CRIADO

                    Tant de gens vivent sur le dos de la Bête, qu’ils n’ont vraiment pas envie qu’elle maigrisse… Pour l’économie réelle, l’économie de proximité, le soutien à projets, en tant que consommateurs nous pouvons faire quelque chose en modifiant, par exemple, notre rapport à un autre Léviathan, j’ai nommé la Banque (et donc notre banque).

                    Plutôt que d’engraisser cette autre Bête, qui joue à l’économie-casino à l’autre bout du monde avec notre argent, pourquoi ne pas se tourner vers des structures du genre Crédit Coopératif (c’est permis sur AGV de citer des noms de banques ?) qui prêtent en priorité à des porteurs de projets locaux. Ça ne nécessite pas de gros efforts, ni trop d’implication personnelle.


                  • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 20:21

                    @Rincevent

                    Il est clair que certains « investisseurs » ont pu, et peuvent toujours, tirer parti de l’immobilier pour générer des revenus de « rentiers ».

                    Je prends comme vous le terme rentiers, stricto sensu, car la réalité de beaucoup est tout autre. Vous le décrivez très bien avec l’exemple de votre voisine. L’investissement locatif n’est pas de tout repos et les années « magiques » appartiennent au passé. C’est ce que je décrivais dans un article précédent.

                    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/l-immobilier-est-il-un-182086

                    Mais bon, que voulez-vous, certaines croyances ont la vie dure, surtout quand le bourrage de crâne de toute part est quotidien.


                  • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 20:24

                    @siobhan

                    Il est vrai que lorsqu’on commence à regarder de près les chiffres et la « rentabilité » de certains investisseurs immobiliers, il n’y en a pas.

                    En revanche, ceux, tous millionnaires à les écouter, qui vendent la recette miracle pour en faire le moins possible grâce à l’immobilier, ils pullulent !

                    Mouiller sa chemise, créer un business, une activité pour générer des revenus, de la valeur ajoutée et, pour certains, créer des emplois, c’est autrement plus enrichissant pour le bien de tous que de contracter un crédit à la banque pour acheter et y mettre un locataire destiné à payer le crédit. Sauf s’il s’agit d’une activité à part entière. Car des promoteurs, investisseurs, spécialisés dans l’immobilier, j’en connais, qui font les choses proprement et qui ont compris que dans l’investissement immobilier, l’élément le plus important, c’est l’humain et un locataire stable parce que bien traité.

                    Quand vous comprenez ça en tant qu’investisseur, vous détenez la clé de la rentabilité.


                  • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 21:08

                    @Rincevent

                    C’est sûr mais « qui veut aller loin ménage sa monture ».

                    Il me semble que la monture est à bout de souffle.

                    Pour réaliser des gestes simples, engageants et engagés, facilement, il y a des solutions parfois très simples et accessibles pour changer les choses.


                  • shyroki (---.---.56.238) 24 octobre 17:34

                    Mes parents en 1983, ils avaient économisé 100 000F ( 15000€), ils gagnaient à deux 15 000F/ mois ( 2300€), les taux de crédit étaient de 18% et ils ont racheté le crédit à 11% en cour de route.


                    La maison coûtait 450 000 F ( 70000€), ils ont due emprunter 390 000 F ( 60000€) 
                    il y a eu 40 000F ( 6000€) de frais divers (assurance, frais de notaires, dossier, etc ...)
                    Leur crédit a durée 15 ans et ils ont remboursé la somme de 930 000F ( 142000€) à la banque

                    Bilan : en 15 ans à deux avec des salaires normaux, 33% d’endettement et 20% d’apport 
                    ils ont put acheter leur maison. 
                    Le taux d’endettement de mes parents (pour la maison) est passé de 33% à 21% en 15 ans


                    Aujourd’hui en 2016, j’ai économisé 60 000€, ma copine et moi gagnons 3300€/mois les taux de crédit sont de 1.5%

                    Une maison (équivalent à mes parents) coûte 300 000€, je dois emprunter 260 000€
                    il y aurait 20 000€ de frais divers (assurance, frais de notaires, dossier, etc ...)
                    Le crédit durerait 24 ans et on rembourserait la somme de 350 000€ à la banque

                    Bilan : en 24 ans à deux avec des salaires normaux 33% d’endettement et 20% d’’apport
                    Ma copine et moi avons la capacité d’acheter une maison
                    Au vue de l’évolution de nos salaires et des taux de crédit, il est peut probable que nous gagnons 12% sur notre taux d’endettement entre le début et la fin de notre crédit.

                    Il y a 9 ans d’écart pour la même chose et très peut de perspective de retrouver du pouvoir d’achat en cour de route. L’effort a fournir pour ma génération pour obtenir la même chose que la génération précédente est considérablement plus grand.


                    Je me contre fou des taux de crédit, moi je voudrais vivre en 1983

                    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 24 octobre 18:59

                      @shyroki

                      Merci pour votre lecture et votre commentaire.

                      Votre exemple illustre bien l’énorme enfumage autour de ces taux bas et plus généralement des prix de l’immobilier.

                      De multiples facteurs ont contribué à cette dérive :

                      - Baisse progressive des taux depuis la fin des années 90 ;

                      - Allongement de la durée des crédits ;

                      - Augmentation des aides et incitations fiscales de l’Etat ;

                      - Facilité au niveau des apports. Le crédit étant possible pour 100 %, voire 110 %, du prix du bien ;

                      Ce que vous souhaitez, revenir aux standards de 1983 pour payer moins cher, ne serait-ce pas le cas de centaines de milliers de Français si on prenait le temps de leur expliquer les méfaits de cette politique immobilière insensée ? Après tout, la plupart ne sont riches que sur le papier, les inconvénients sans les avantages du statut de millionnaire.


                    • shyroki (---.---.88.237) 24 octobre 23:09

                      @Laurent CRIADO
                      Il est assez difficile de comprendre tout les mécanismes économiques.
                      Mais certain sont très nocif pour l’immobilier

                      - La baisse des taux tue l’inflation pour qu’il n’y est pas de perte de valeur pour ceux qui possède des capitaux, ça diminue les échanges et fait monter les prix
                      - Allongement de la durée permet d’asservir plus longtemps
                      - Les aides immobilières, un mécanisme horrible qui s’additionne aux capacités de payer, ça fait exploser le prix, ces aides sont pratiquement directement donner aux bailleurs.

                      - L’absence de plan ambitieux pour construire de nouveau logement
                      - Les étudiants qui ont du pouvoir d’achat (aides et parents) font flamber les prix de la base du marché
                      - Les marges indécente des agences immobilières (surtout dans les années 2000)
                      - La ghettoïsation qui crée des quartiers impopulaire et crée une sélection par l’argent dans d’autre
                      - La désertification des campagnes qui sans infrastructure (travail, école, santé) perdent leur jeunes qui ne peuvent se loger facilement dans les villes

                      Effectivement Il faudrait retirer tout les produits économique qui gravitent autour de l’immobilier, pour revenir à un mécanisme simple d’offre et de demande


                    • shyroki (---.---.88.237) 24 octobre 23:27

                      @shyroki
                      Ha oui pour en revenir avec la comparaison avec mes parents, cela pourrait être parfais comme exemple.

                      Mais j’ai dix ans de plus qu’eux et je ne me suis pas encore lancé dans ce projet immobilier qui me prendra encore quelques années.

                      A age équivalent, cela aurait tout simplement été impossible !


                    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 25 octobre 10:07

                      @shyroki
                      Les raisons que vous exposez sont justes.

                      Pour beaucoup, elles relèvent du bon sens, celui-là même qui manque à nos décideurs politiques.

                      Ils n’ont aucune notion de l’argent, ils ne savent sans doute pas ce que c’est de se saigner pour payer un crédit ou un loyer délirant. Je l’ai déjà dit dans d’autres commentaires, mais il suffit de lire les programmes concernant le logement des candidats à la présidentielle. C’est le vide, le néant, ils proposent tous les mêmes mécanismes, les mêmes aides qui ne fonctionnent pas et participent du chaos économique et social. Le problème vient d’eux, ces politocards professionnels qui nous enfoncent jusqu’au cou.

                      Le seul à proposer un peu d’innovation est Monsieur Poisson.
                      Il dit que l’immobilier est trop taxé et trop assisté. Il affirme vouloir étudier tout cela et supprimer progressivement tous les dispositifs d’allègements fiscaux.

                      Il souhaiterait cibler les aides sur les zones tendues. C’est là que ça coince, car s’il y a zone tendue, c’est à cause de l’absence de décentralisation.

                      Avec une activité économique répartie sur tout le territoire, les habitants des zones tendues seront libres de s’installer dans ces territoires aujourd’hui délaissés. Ce serait la voie idéale pour restaurer un mécanisme simple d’offre et de demande sans trucage, sans artifices coûteux et déstructurants.


                    • Laurent CRIADO Laurent CRIADO 25 octobre 10:09

                      @shyroki

                      Vous soulignez avec justesse tous les effets négatifs d’un immobilier pour millionnaire.

                      L’immobilier, grâce à une politique ambitieuse et innovante, pourrait être une locomotive pour la France. Une locomotive qui bénéficierait au plus grand nombre au lieu de ne servir les intérêts que de quelques uns. Au lieu de ça, il ne se passe rien. Il n’y a aucune politique publique concernant le logement. C’est complètement désolant.

                      Ce que vous vivez pour votre projet d’achat, des milliers d’autres personnes le vivent également. Donc, en plus de capter toutes les liquidités, aux dépens des autres secteurs de l’économie, cette « politique » immobilière désastreuse évince des pans entiers de citoyens de l’accession à la propriété. Même si ce n’est pas une fin en soi, les gens ne peuvent même pas décider s’ils veulent ou pas s’engager puisque la réalité les rattrape et décide à leur place. Imaginez le casse-tête pour une personne célibataire avec des revenus mensuels moindres que dans votre exemple : c’est le cauchemar.


                    • Arthaud Arthaud 24 octobre 17:35

                      Salut Laurent Criado


                      Je viens de voir qu’Agoravox règne sans partage dans Google avec les mots crise immobilier ..

                      Google actu ( crise immobilier ) : premiers et premiers !

                      Allez, je fonce lire votre papier .. on partage les mêmes analyses en partie

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