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Accueil du site > Actualités > Economie > Scoop : La Banque d’Angleterre démonte les dogmes !

Scoop : La Banque d’Angleterre démonte les dogmes !

"Il existe de nombreuses manières d'organiser un système bancaire, celle que nous utilisons aujourd'hui est la pire de toutes." - Mervin King, gouverneur de la Banque d'Angleterre du 1er juillet 2003 au 1er juillet 2013

La Banque Centrale d'Angleterre, dans son dernier bulletin sorti le 14 mars 2014, démonte consciencieusement les idées fausses qui sont encore largement enseignées dans de nombreux cours d'économie à propos de la monnaie, et les remplace par une description complète de la réalité des faits.

Explication : 

JPEG - 99.7 ko
Gold Bar Badge from Bank of England
photo par Dark Dwarf : http://www.flickr.com/photos/darkdwarf/
(CC BY-ND 2.0) http://creativecommons.org/licenses/by-nd/2.0/

Pour la première fois dans l'histoire de la finance, une Banque Centrale publie enfin une description parfaitement claire et exacte de la façon dont la monnaie est créée et distribuée dans la société, et c'est une version tout à fait bouleversante pour les dogmes établis.

Cette publication est également une excellente nouvelle pour tous les activistes qui, depuis des années, se battent pour faire connaître ces dispositifs essentiels, et se heurtent à l'incrédulité d'une grande partie du public et de la majorité des spécialistes de la question, qu'ils soient économistes, universitaires ou responsables politiques.

C'est un évènement d'autant plus important que ces mécanismes monétaires ont des conséquences incalculables à tous les niveaux de nos sociétés (inégalités croissantes, pillage de l'économie et de la planète, crises à répétition, étouffement de la démocratie, etc, etc...).

De plus, malgré de nombreux efforts (vidéos, documentaires, livres, articles...), la création monétaire par la dette était jusqu'à présent restée un domaine assez confidentiel, limité à quelques initiés.

Aucune institution officielle n'avait jusqu'ici présenté publiquement et exhaustivement ces informations. 

Cela vient de changer du tout au tout.

 

Il y avait bien eu auparavant quelques timides approches de ces mécanismes hautement contre-intuitifs par d'autres Banques Centrales.

- La Banque de France, dans son petit livret "La monnaie et nous", annonçait sans commentaires que

"L’argent créé par le banquier prêteur se retrouve en dépôt dans d’autres établissements bancaires." (p 15),

et que

"Le crédit... fait apparaître sur un compte une somme qui n’existait pas auparavant." (p 29)

mais ce livret est quasiment introuvable aujourd'hui.

- La Banque Nationale Suisse pour sa part répondait ainsi à la question "Comment les banques créent-elles de la monnaie ?" :

"Si l'entrepreneur acquiert pour 16 000 francs de matériel informatique et que le vendeur verse le montant reçu en billets à sa banque, celle-ci peut à nouveau en prêter une partie sous forme de crédit. La masse monétaire s'accroît à nouveau. Le processus de création monétaire se poursuit."

Mais c'était au fin fond d'un site complexe et à usage professionnel. http://www.snb.ch/f/welt/portrait/banks/4.html

 

Il faut toutefois reconnaître que les banquiers centraux, malgré le caractère souvent obscur de leurs discours, n'ont jamais vraiment "caché" le système qui commande les mécanismes de création et de distribution monétaires.

En revanche, ils n'ont jamais non plus cherché à démentir les légendes qui entourent depuis toujours la monnaie, la première de ces légendes étant que le métier de la banque c'est de collecter des dépôts et de les prêter à des emprunteurs, et la seconde légende étant que la quantité de monnaie de base émise par la Banque Centrale limite à tout moment la quantité de monnaie en circulation dans la société, et qu'en conséquence les Banques Centrales conservent un rôle crucial dans la bonne gestion de l'économie.

Pour la première fois de manière absolument officielle dans ce bulletin, la Banque d'Angleterre affirme désormais tout le contraire de ces légendes, et rejoint ainsi, enfin, les analyses des citoyens de tous bords qui en décryptent la véritable nature depuis des années.

Les deux conclusions essentielles de la Banque d'Angleterre sont les suivantes :

1. La création monétaire est effectuée par les banques commerciales à chaque fois qu'elles émettent un crédit pour un client
2. La création de crédit n'est pas limitée par la Banque Centrale, mais par les opportunités de profit disponibles.

 

Les conséquences sont claires :

- Toute la monnaie qui réside sur les comptes bancaires (c'est-à-dire le total de tous les soldes de tous les agents économiques : particuliers, entreprises, administrations, collectivités locales, etc...) a été émise d'abord par un emprunt bancaire, et donc toute la monnaie est de la dette qui circule.

- La quantité de monnaie dans l'économie ne dépend ni de l'État, ni de la Banque Centrale. Elle dépend seulement du bon vouloir des banques d'émettre du crédit et des besoins en monnaie des agents non bancaires (particuliers, entreprises, État).

- La monnaie, c'est la dette, et la dette, c'est la monnaie.

- Pour chaque centime de monnaie, il existe un centime de dette.

- Si nous voulons plus de monnaie dans l’économie, il faut s'endetter encore plus.

- Si l'on essayait de rembourser toute la dette, il faudrait vider tous les comptes et il n'y aurait plus un centime de monnaie.

 

Et ce ne sont là que les données immédiates du problème.

Les ramifications sont beaucoup plus profondes, et déséquilibrent au quotidien et depuis des décennies tous les rapports entre humains, entre classes sociales, entre pays. Ce système a rendu la monnaie payante, à l'infini, et de manière exponentielle.

Comme le dit plus frontalement l'économiste Tarek El Diwany :

"Nous avons institutionnalisé la fraude, la fraude dont on ne parle pas... l'abus de la création de monnaie par le système bancaire est au coeur du problème... Tant que nous n'aurons pas traité cette fraude au coeur de notre système, rien d'autre ne sera juste."

(Tarek El Diwany at "The City and the Common Good : What kind of City do we want ?" debate - St Paul's Cathedral, 7th May 2013) http://youtu.be/Qh8Lz70aCss?t=26m5s

 

Sur la première conclusion, l'omniprésence de la monnaie-dette, le bulletin de la BoE est très clair.

 

Citation :

"Dans une économie moderne, la plus grande partie de la monnaie existe sous la forme de dépôts bancaires, qui sont créés par les banques commerciales elles-mêmes. Quand une banque accorde un crédit à l'un de ses clients, elle crédite simplement le compte de ce client avec un solde de dépôt plus élevé. À cet instant, de la monnaie nouvelle est créée."

 

Explication : Les banques ne prêtent pas des dépôts existants. Les dépôts sont inscrits au passif des banques, et ne sont donc pas des actifs qui pourraient être prêtés. Bien au contraire, ce sont de simples engagements envers les déposants de leur rendre leur argent à un moment donné, à condition que cet argent soit disponible au moment où ils le demandent, et à condition que tout le monde ne redemande pas son argent en même temps !

 

Sur l'absence de contrôle de la masse monétaire en circulation, le doute n'est pas permis non plus. La Banque d'Angleterre démonte l'un des mythes les plus solides de l'enseignement de l'économie : le multiplicateur monétaire.

Jusqu'à présent, il était difficile d'aborder cette question épineuse de la création ex nihilo de quantités infinies de crédit par les banques "pourvu qu'elles marchent toutes du même pas", comme l'écrivait J.-M. Keynes (ce qui aurait pu permettre d'expliquer entre autres l'émergence de bulles spéculatives et immobilières, et leur explosion).

Tous les manuels d’économie enseignent encore que les Banques Centrales disposent d'un pouvoir de régulation sur les emballements possibles du secteur bancaire privé grâce au contrôle de la "monnaie de base", les fameuses "réserves obligatoires" qu'elles sont les seules à pouvoir émettre. C'est ce processus que tous les économistes ressortent en général quand on leur pose la question : "Qu'est-ce qui limite les émissions de crédit par les banques ?"

Les explications de la Banque d'Angleterre, toutefois, réfutent totalement ce mythe, et elles sont parfaitement claires :

 

Citation :

"La relation entre les réserves et les crédits opère dans le sens inverse de celui qui est décrit dans certains cours d'économie. Les banques décident d'abord combien elles vont prêter selon les opportunités de profit disponibles... Ce sont ces décisions qui déterminent le montant des dépôts qui seront créés par le système bancaire. Le montant des dépôts influence à son tour le montant de monnaie centrale que les banques veulent détenir en réserve (pour fournir les retraits du public, les paiements aux autres banques, ou satisfaire aux exigences des ratios de liquidité".

 

Explication : Le multiplicateur monétaire n'existe pas. Les autorités monétaires n'ont aucun pouvoir pour décider de la quantité de monnaie dont l'économie a besoin en imposant une quelconque quantité de réserves aux banques commerciales privées. Le processus fonctionne en réalité dans le sens inverse : les banques créent d'abord du crédit ex nihilo, et les réserves s'ajustent après. Les banques centrales ne peuvent même pas stimuler l'économie en relançant le crédit aux entreprises en créant de la monnaie de base, car ces opérations d'assouplissement quantitatif ne sont que de la création de réserves, et ces réserves ne peuvent pas être transmises à l'économie réelle.

(Il est vrai toutefois que la création monétaire n'est pas tout à fait sans contraintes, et la politique monétaire des Banques Centrales, c'est-à-dire le contrôle des taux d'intérêts, a toujours un rôle, mais cette technique a désormais révélé toutes ses insuffisances. Malgré des taux au plus bas depuis des années et des politiques colossales d’assouplissement monétaire, le crédit aux entreprises ne montre aucune tendance à la reprise.)

 

On peut donc légitimement se poser la question de savoir si un système de création monétaire privé, dépendant des décisions d'un secteur particulier de la société, et qui injecte la monnaie nouvelle dans l'économie sous forme de dette soumise à intérêt, est vraiment le meilleur processus pour faire face à tous les problèmes écologiques, financiers et sociaux que l'humanité doit résoudre en ce moment même.

Avec le temps et beaucoup d'efforts, le secteur bancaire avait réussi à reprendre au monde politique le privilège de "battre monnaie". Le prétexte était que les politiciens n'étaient pas à la hauteur de la tâche. Nous constatons que le secteur bancaire ne fait guère mieux, et que les mécanismes seraient à revoir de fond en comble, peut-être même à remplacer entièrement...

Quoi qu'il en soit, nous devons féliciter la Banque Centrale d’Angleterre pour son courage et son honnêteté. Pour la première fois dans le monde, la vérité est faite sur le fonctionnement réel du système monétaire.

 

Cet article du Bulletin officiel de la Bank of England entrera sans doute dans l'Histoire, et restera la référence ultime, maintenant et dans le futur, pour comprendre, enseigner ou réformer notre système financier. C'est une grande victoire et ce sera un excellent support pour tous ceux et celles qui se battent depuis des années pour essayer d'éduquer les responsables politiques et le grand public à propos de ces réalités.

On pourra même espérer relancer l'industrie de l'édition scolaire et de l'imprimerie : il va y avoir un bon nombre de manuels scolaires et universitaires à détruire et à réécrire !

 

Pour en savoir plus :

Les secrets de la monnaie – Changer la monnaie pour changer le monde

Création monétaire

Comprendre l'argent

 

 

Annexe :

Extrait du bulletin de la Bank of England "Two misconceptions about money creation"

Traduction :

http://www.bankofengland.co.uk/publications/Documents/quarterlybulletin/2014/qb14q102.pdf

Page 15

 

Deux idées fausses sur la création monétaire

La grande majorité de l'argent détenu par le public prend la forme de dépôts bancaires. Mais la question de savoir d'où vient le stock des dépôts bancaires est souvent mal comprise.

Une idée fausse répandue est que les banques agissent simplement comme des intermédiaires, transmettant à des emprunteurs les dépôts que les épargnants leur confient. Dans cette perspective, les dépôts seraient "créés" par les décisions d'épargne des ménages, puis les banques "prêteraient" ces dépôts existants à des emprunteurs, par exemple à des entreprises cherchant à financer des investissements ou à des personnes souhaitant acheter des maisons.

En réalité, lorsque les ménages choisissent d'épargner de l'argent dans leurs comptes bancaires, ce sont autant de dépenses qu'ils ne feront pas au profit d'entreprises qui auraient pu alors recevoir cet argent en paiement de biens ou de services. Les montants déposés en banque par les épargnants sont autant de fonds qui ne seront pas mis en dépôt par les entreprises. L'épargne par elle-même n'augmente pas le total des dépôts bancaires.

En fait, voir les banques simplement comme des intermédiaires ignore le fait que, dans la réalité d'une économie moderne, ce sont les banques commerciales qui créent l'argent des dépôts.

Cet article explique comment les banques ne prêtent pas les dépôts qu'elles reçoivent, mais au contraire, créent des dépôts par l'acte de crédit. Tout l'inverse de la séquence généralement décrite dans les manuels scolaires.

 

Une autre idée fausse répandue est que la banque centrale détermine la quantité de prêts et de dépôts dans l'économie par le contrôle de la quantité de monnaie de banque centrale - l'approche dite du "multiplicateur monétaire". Dans ce point de vue, les banques centrales mettent en œuvre la politique monétaire en choisissant la quantité de réserves. Et, parce qu'il est supposé exister un rapport constant entre la monnaie de base et la masse monétaire en circulation, ces réserves sont ensuite "multipliées" pour devenir un montant beaucoup plus important de crédits et de dépôts bancaires.

Pour que cette théorie soit valide, il faudrait que le montant des réserves exerce une contrainte sur le montant des crédits, et que la banque centrale puisse déterminer directement le montant des réserves. Cette théorie du multiplicateur monétaire peut être un moyen utile de présenter l'argent et la banque dans un manuel d'économie, mais ce n'est pas une description précise de la façon dont l'argent est créé dans la réalité. En général, plutôt que de contrôler la quantité de réserves, les banques centrales mettent en œuvre aujourd'hui la politique monétaire en fixant le prix de réserve - qui est un taux d'intérêt.

En réalité, les réserves n'exercent aucune contrainte sur les crédits, et la banque centrale ne fixe pas le montant des réserves disponibles. Comme la relation entre les dépôts et les crédits, la relation entre les réserves et les crédits opère généralement dans le sens inverse de celui qui est décrit dans certains manuels d'économie.

Les banques décident d'abord de la quantité de crédit qu'elles vont émettre en fonction des opportunités de prêts rentables qui s'offrent à elles, et qui dépendent surtout du taux d'intérêt fixé par la Banque d'Angleterre. Ce sont ces décisions de création de crédits qui déterminent la quantité de dépôts bancaires qui seront créés par le système bancaire. Le montant des dépôts bancaires influence à son tour le montant de monnaie de base que les banques voudront détenir en réserve (pour couvrir les retraits par le public, faire des paiements à d'autres banques, ou répondre aux exigences réglementaires de liquidité). Ces réserves sont alors, en temps normal, fournies sur demande par la Banque d'Angleterre.

 


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76 réactions à cet article


  • Alpo47 Alpo47 18 mars 2014 10:22

    Brillante analyse de l’état du « système prédateur » en place.

    Le souci le plus important pour nous tous, c’est que le système financier s’est emparé de toutes les rennes de la société : politiques aux ordres, controle des médias, du crédit ... tout dépend d’eux.
    Or, personne de censé ne coupe la (très lucrative) branche sur laquelle il est assis.

    Alors, on fait comment pour changer le système ?


    • Gérard Foucher Gerard Foucher 18 mars 2014 11:44

      Bonjour Alpo47, 

      « personne de censé ne coupe la (très lucrative) branche sur laquelle il est assis. »

      Oui, je suis bien d’accord !

      Et donc la réponse à votre question, c’est de planter, d’arroser, d’aider à grandir une multitude d’arbres nouveaux :

      Monnaies complémentaires, Systèmes d’échange locaux, Timebanks, JEU, Systèmes à Crédits Mutuels, Banque éthique, Économie du don, Crowdfunding, Freebanking, Revenu de Base Monétaire, Eurofranc, Bitcoin, Litecoin, OpenUDC, Ucoin, Community Exchange Systemetc, etc...

      ... et d’en récolter les fruits 
      (plus de Liberté, plus d’Égalité, et donc plus de Fraternité !)
      Merci de votre com’ smiley

    • rotule 18 mars 2014 20:30

      J’ai un doute sur la brillance de l’analyse.
      Avez-vous lu « l’argent, mode d’emploi » de Paul Jorion ?

      Pourquoi la FED ferait-elle du « Quantitative easing », si les banques commerciales pouvaient imprimer si facilement ?


    • Gérard Foucher Gerard Foucher 18 mars 2014 21:18

      « Pourquoi la FED ferait-elle du « Quantitative easing », si les banques commerciales pouvaient imprimer si facilement ? »


      Il y a d’une part la monnaie de base, ou monnaie de réserve, qui est émise par la BC, et d’autre part, la monnaie bancaire, émise par les banques ordinaires à l’occasion de chaque crédit. Consultez le livre « Les secrets de la monnaie - Changer la monnaie pour changer le monde ». Tout y est expliqué en langage de tous les jours. 

      Le QE est de l’émission de réserves, c’est-à-dire de monnaie de base, une forme de monnaie qui sert exclusivement aux transactions de compensations des banques commerciales entre elles et aux transactions entre la BC et les banques commerciales. Ces réserves ne vont jamais dans l’économie réelle. Elles sont attribuées aux banques pour rééquilibrer leurs bilans déséquilibrés par les défauts sur les crédits qu’elles ont émis antérieurement. 

    • tf1Groupie 18 mars 2014 21:22

      Bien vu Rotule, on attend la réponse à votre question.

      Mais j’ai l’impression que l’auteur, comme beaucoup de « novices » en économie, croit avoir tout compris juste en lisant un article économique, en l’occurrence un communiqué de la Banque d’Angleterre.


    • tf1Groupie 18 mars 2014 21:24

      Je viens de voir la réponse de l’auteur ; elle est contradictoire avec la théorie de l’article qui prétend que la banque centrale ne pilote pas le crédit attribué par les banques ...


    • Gérard Foucher Gerard Foucher 18 mars 2014 22:13

      « contradictoire avec la théorie de l’article qui prétend que la banque centrale ne pilote pas le crédit attribué par les banques  »

      L’article ne présente pas une théorie, mais décrit des fonctionnements. smiley

      Par exemple le fonctionnement du cycle des émissions de réserves par la BC, qui expose le mythe du « multiplicateur monétaire », à l’existence duquel vous semblez encore attacher de l’importance. (voir ci-après)
       
      Alors, « Pourquoi la FED ferait-elle du « Quantitative easing » ??

      Le QE est en effet une émission de réserves. 


      La première explication, celle que vous semblez retenir, à savoir que la BC tente de relancer ainsi le crédit puisque 
      « les banques commerciales ne peuvent pas imprimer si facilement », ne fonctionne pas très bien. Les réserves, en effet, ne sortent jamais du système interbancaire, et ne donnent pas lieu à de la création de crédit pour l’économie réelle.

      Alors à quoi peut bien servir le QE si ce n’est pas à cela ? 

      La seconde explication, plus subtile, serait que les banques exercent un chantage constant à la faillite générale sur les gouvernements, et donc sur la BC, ce qui leur permet d’exiger le renflouement permanent de leurs bilans, déséquilibrés par les défauts colossaux qu’elles doivent assumer sur les crédits pourris qu’elles ont émis et qu’elles continuent d’émettre. Il se pourrait donc bien que, de ce point de vue, le QE soit une gigantesque extorsion de fond destinée, non pas à relancer le crédit et donc l’économie réelle, mais bien à conserver au secteur bancaire les profits colossaux dont il ne peut plus se passer. Les montagnes de QE sont bien entendu investies, mais en compte propre, pour le plus grand profit du secteur financier dans son ensemble, et chacun touche sa part du colossal gâteau de, par exemple, 85 Mds$ par mois qu’émet la Fed. Vous pouvez à ce sujet lire les pages 39 à 44 de ce petit livret, ça devrait vous intéresser. 

      La troisième explication, qui est compatible avec les deux précédentes, c’est que le QE permet au secteur bancaire et financier d’annuler progressivement une grande partie des dettes de la population et des entreprises. Dettes qu’il a lui-même émises précédemment. 
      Ce processus a deux avantages : d’abord il permet de retarder l’effondrement inéluctable du système par une perfusion à long-terme. Et il permet d’éviter d’avoir recours aux anciennes méthodes devenues trop meurtrières pour le sens moral de l’époque. C’est en effet une transition plus douce que la table rase d’une guerre mondiale. 

      .


      .

      Rappel : le fonctionnement du cycle des émissions de réserves par la BC, qui expose le mythe du »multiplicateur monétaire« , à l’existence duquel vous semblez croire : 

      L’absence de contrôle par la BC de la masse monétaire en circulation :

      Une autre idée fausse répandue est que la banque centrale détermine la quantité de prêts et de dépôts dans l’économie par le contrôle de la quantité de monnaie de banque centrale - l’approche dite du »multiplicateur monétaire« . Dans ce point de vue, les banques centrales mettent en œuvre la politique monétaire en choisissant la quantité de réserves. Et, parce qu’il est supposé exister un rapport constant entre la monnaie de base et la masse monétaire en circulation, ces réserves sont ensuite »multipliées" pour devenir un montant beaucoup plus important de crédits et de dépôts bancaires.

      Pour que cette théorie soit valide, il faudrait que le montant des réserves exerce une contrainte sur le montant des crédits, et que la banque centrale puisse déterminer directement le montant des réserves. Cette théorie du multiplicateur monétaire peut être un moyen utile de présenter l’argent et la banque dans un manuel d’économie, mais ce n’est pas une description précise de la façon dont l’argent est créé dans la réalité. En général, plutôt que de contrôler la quantité de réserves, les banques centrales mettent en œuvre aujourd’hui la politique monétaire en fixant le prix de réserve - qui est un taux d’intérêt.

      En réalité, les réserves n’exercent aucune contrainte sur les crédits, et la banque centrale ne fixe pas le montant des réserves disponibles. Comme la relation entre les dépôts et les crédits, la relation entre les réserves et les crédits opère généralement dans le sens inverse de celui qui est décrit dans certains manuels d’économie.

      Les banques décident d’abord de la quantité de crédit qu’elles vont émettre en fonction des opportunités de prêts rentables qui s’offrent à elles, et qui dépendent surtout du taux d’intérêt fixé par la Banque d’Angleterre. Ce sont ces décisions de création de crédits qui déterminent la quantité de dépôts bancaires qui seront créés par le système bancaire. Le montant des dépôts bancaires influence à son tour le montant de monnaie de base que les banques voudront détenir en réserve (pour couvrir les retraits par le public, faire des paiements à d’autres banques, ou répondre aux exigences réglementaires de liquidité). Ces réserves sont alors, en temps normal, fournies sur demande par la Banque d’Angleterre.


    • mimi45140 19 mars 2014 15:53

      @la rotule

      Petite question, la FED c’est quoi , une banque d’ état ou une banque commerciale .

    • Ronfladonf Ronfladonf 19 mars 2014 16:23

      En réalité la FED n’est pas une banque d’état, c’est une banque privée/commerciale qui prête à l’état fédéral...





    • Bovinus Bovinus 20 mars 2014 09:20

      @ Gérard Foucher

      -
      Merci pour l’article, hautement nécessaire et informatif. C’était déjà expliqué dans le dessin animé de Paul Grignon, « L’argent dette », mais ça ne fait jamais de mal de répéter.
      -
      Maintenant, ça ne répond pas à la question, lancée par Alpo, de savoir ce qu’on fait pour résoudre le problème. Vous avez suggéré la solution des monnaies locales, et il faut reconnaître qu’elle a une certaine pertinence. Toutefois, je ne pense pas que cela suffise à un État de taille moyenne pour mener une véritable politique d’investissement / réindustrialisation / etc. Pourquoi ? le problème ici est le risque de faillite de ces monnaies (ce qui pose la question de savoir qui est l’émetteur et quel est son degré de fiabilité / compétence...). Il est tolérable quand on est un tout petit acteur économique (un particulier, une TPE), mais devient intolérable quand il s’agit de financer de véritables travaux publics ou n’importe quoi d’autre du genre sérieux.
      -
      D’ailleurs, pour des acteurs économiques de taille modeste, il me semble que les monnaies polymétalliques seraient une solution bien plus fiable. C’est également ce que suggérait Jacques Attali dans une vidéo sur l’or qu’on peut trouver sur E&R dans le dossier adéquat, en postulant bien qu’il s’agirait d’une monnaie « privée » (à bon entendeur...). Cela risque d’être toutefois insuffisant pour les États, ne serait-ce que par manque de masse monétaire.
      -
      Avant de nous lancer dans des spéculations techniques, il faut bien comprendre qu’il ne s’agit ni d’une question technique, ni même économique, mais bel et bien politique. On ne fera rien aussi longtemps que le théâtre de Guignol sera aux affaires. Il est bon de rappeler également que seuls trois pays au monde possèdent un pouvoir d’émission monétaire « national » - États-Unis, Royaume-Uni et Chine populaire (peut-être également la Corée du Nord, mais ce n’est pas un bon exemple...). Sur ces trois pays, seule la Chine contrôle réellement son système bancaire : bien qu’elles aient le pouvoir d’émettre de la monnaie, les banques centrales américaine et britannique sont des établissements privés.

    • Lou Lou 20 mars 2014 13:13

      La bourgeoisie Anglaise est une des plus amorale qui soit, inventeur du bipartisme parlementaire conçu pour que le pouvoir reste toujours entre leurs mains .
      Chantre du multiculturalisme que la ploutocratie de millionnaires éduqués à Eton a utilisé comme dumping social, pour, en ces temps de crise économique programmée par ces banksters, l’ utiliser pour monter les pauvres contre les plus pauvres et tous contre les immigrants ...
       
      http://rt.com/op-edge/britain-public-spending-budget-005/
       


    • Karol Karol 18 mars 2014 11:18

      Salut Gérard,
       Bienvenu au club Agoravox et félicitations pour ce rappel qu’il est si difficile de faire entrer dans les consciences : Ce sont bien les banques privées qui créent la monnaie et empochent les intérêts, véritable péage sur les routes de la circulation monétaire. A plus.


      • colza 18 mars 2014 11:53

        Bonjour, excellent article.

        Il est à craindre que la mise au point de la Banque d’Angleterre ne dépasse jamais son bulletin et Agoravox, car il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
        Vu par le bout de ma lunette, j’en retire que :
        - Confier son argent à une banque, c’est comme faire garder sa souris savante et son poisson rouge par le chat.
        - La Banque prend notre argent en otage, ne le rendra que si elle le veut bien et si elle perd toutes ses billes au casino, s’en servira pour se renflouer (voir Chypre)
        Les monnaies locales prennent de plus en plus de sens.

        • jef88 jef88 18 mars 2014 12:38

          - « gouverneur de la Banque d’Angleterre du 1er juillet 2003 au 1er juillet 2013 »
          - « article du 14 mars 2014 »

          Belle vitesse de réaction !
          Encore un adepte de « faites comme je dis, pas comme je fais »


          • Gérard Foucher Gerard Foucher 18 mars 2014 14:51

            En fait il a dit ça en 2010

            ... ce qui ne l’a pas empêché de continuer à ne rien changer ! smiley

          • Luc le Raz Luc le Raz 18 mars 2014 14:59

            Très bon article, mais, bof... tant que « IN GOLD WE TRUST » ça ne changera guère !


            • Bernard Pinon Bernard Pinon 18 mars 2014 15:44

              Si l’on essayait de rembourser toute la dette, il faudrait vider tous les comptes et il n’y aurait plus un centime de monnaie.

              Et encore, c’est sans compter le paiement des intérêts smiley

              • alinea Alinea 18 mars 2014 16:09

                Il n’y a pas vraiment de scoop ! qui peut bien ignorer cela par les temps qui courent ; pas ceux en tout cas qui ont suivi avant et pendant la campagne présidentielle ; en tout cas, une chose est sûre : il faut cesser de rembourser les dettes de l’État ! C’est, je l’espère, ce que vont faire les Espagnols ; nous serions bien avisés de les suivre !


                • Gérard Foucher Gerard Foucher 18 mars 2014 16:38

                  « qui peut bien ignorer cela par les temps qui courent »


                  C’est vrai que quelques personnes, notamment des internautes, sont au courant de ces mécanismes, savent les expliquer aux autres et proposent des alternatives. 
                  En dehors de ces gens-là...

                  Avez-vous déjà fait l’expérience d’aller sur un marché par exemple, ou dans une rue commerçante de n’importe quelle ville de France, et de poser aux passants la simple question : « Savez-vous qui a émis la monnaie qui réside sur votre compte bancaire ? »
                  Je l’ai fait, et ce jour-là j’ai failli me tirer une balle...

                  Avez-vous fait l’expérience de demander à des économistes, à des politiciens, à des professeurs : « Pouvez-vous m’expliquer d’où vient la monnaie ? »
                  Je l’ai fait, de nombreuses fois, et je n’ai jamais eu deux fois la même réponse...

                  Y’a encore du boulot, croyez-moi... smiley smiley

                • Ronfladonf Ronfladonf 18 mars 2014 16:40

                  La parole la plus sensée sur ce sujet


                • Cédric Moreau Cédric Moreau 18 mars 2014 16:42

                  L’ignorance sur ce sujet est extrêmement vaste, et c’est pourtant le coeur du système. Mais quand on naît dans le jeu, difficile de prendre du recul .. d’autant plus quand même les êtres de confiance (la famille, les amis) ne nous en parlent pas non plus.


                  Bref, l’éléphant est posé devant nous. Peut-être sommes-nous tellement près de lui qu’on n’arrive pas à en distinguer les contours, nous empêchant d’en prendre conscience.

                  En tous les cas, rembourser les dettes dans ce système alors même que toute l’économie est basée sur ce système est un pur suicide. Pour nos dirigeants, cela relève soit d’une catastrophique ignorance ou d’une volonté de nuire. Dans ce dernier cas, je dirais même que c’est criminel. Regardez la Grèce : il subissent de plein fouet la simple tentative de remboursement de dettes.

                  Voyez le résultat.

                • Ronfladonf Ronfladonf 18 mars 2014 17:01

                  Il existe une 3e hypothèse : ce n’est ni de l’ignorance, ni du suicide ni une volonté de nuire (des politiciens qu’on connait)


                  C’est un ordre reçu par un lobby un peu trop puissant

                • Cédric Moreau Cédric Moreau 18 mars 2014 17:33

                  C’est vrai. Disons que la volonté de nuire peut avoir été bien cultivée smiley


                • alinea Alinea 18 mars 2014 20:25

                  Pardon ! je ne voulais pas paraître prétentieuse ! loin de là ; c’est juste que via internet, il y a eu une sacrée campagne sur tout ça en 2011/2012 ! des vidéos très pédagogiques... j’ai un peu tendance à croire que si j’apprends quelque chose, les autres le font aussi ! mais vous avez sûrement raison, tout le monde ne navigue pas dans les mêmes créneaux !! Il faut s’intéresser au monde qui nous entoure ( même si le sujet paraît rébarbatif) et c’est vrai que Lordon, cité plus haut, a bien éclairé pas mal de lanternes ! Le problème reste entier : comment toucher ceux qui ne veulent pas l’être ?


                • rotule 18 mars 2014 20:34

                  > comment toucher ceux qui ne veulent pas l’être ?
                  Lire et relire :


                • mimi45140 19 mars 2014 16:16

                  @ Par Alinea

                  Je crois plûtot à un manque d’intéret qui favorise l’ignorance , si vous vous essayez à expliquer ce système vous passez pour un comploteur ou un affreux rabat joie , le
                  système banquaire à été bien expliqué dans un livre de poche PLON de 1950
                  titre« DEMAIN C ’ EST L AN 2000 » Gaston Bardet , la préoccupation des gens
                  est de plus consommer pour mieux pouvoir consommer , je critique mais consomme comme beaucoup et demain on me gardera en vie juste pour que je consomme.

                • alinea Alinea 19 mars 2014 21:57

                  Connaissez-vous le journArles ?
                  www.jourArles.com
                  leur « intro » :
                  « si les gens comprenaient réellement le processus de la création monétaire, le système ne tiendrait pas plus de 24 heures... » ( Henri Ford)


                • Ronfladonf Ronfladonf 18 mars 2014 16:36

                  Enorme.


                  J’avais déjà lu tout ça dans les livres sur les Illuminatis (par livre jaune N°7 : toute la partie sur les RotSchild explique exactement ces mécanismes dans ces termes aussi).

                  Intéressant que ça vienne d’une banque centrale et de façon plutôt officielle en plus.

                  Jalouse de justement ne pas avoir le pouvoir de « contrôler » l’économie ?

                  • Ronfladonf Ronfladonf 18 mars 2014 17:44

                    C’est pas compliqué à comprendre, mais on a tous une espèce de barrière mentale qui nous empêche plus ou moins de l’accepter.


                    La plupart des gens pensent inconsciemment que les banquiers et les politiciens agissent encore un peu dans l’intérêt général en espérant en profiter indirectement

                    Il faut avoir l’esprit bien accroché pour comprendre le niveau de cynisme extrême de ces gens là 

                    Dans leur éducation « chier sur la gueule des prolos et autres sous-humains » est au même niveau que la politesse dans la nôtre...
                    Tant qu’on n’accepte pas cette idée, on n’est pas prêt d’être capables de réagir face à ces crises et autres catastrophes économique, écologiques, ....

                    La plupart d’entre nous vit dans le fantasme inconscient de vivre encore un peu dans un résidu de monde des bisounours...

                  • alinea Alinea 19 mars 2014 00:53

                    C’est pas du cynisme ! c’est de la schizophrénie !! et nous, nous n’existons pas, pas du tout pour eux ! des chiffres, des effets collatéraux, au mieux !


                  • Ronfladonf Ronfladonf 18 mars 2014 17:28

                    Voilà le constat.


                    Maintenant la question est : « Quelle réponse donnons-nous pour que les Hedges funds ne puissent plus en profiter comme ça ? »

                  • Ronfladonf Ronfladonf 18 mars 2014 17:46

                    C’est bien mais ça répnd pas à la question : on fait quoi (d’efficace) pour empecher çà ? ou pour sortir de ce système ?


                    On râle sur AV ?
                    Autre ?

                  • Gérard Foucher Gerard Foucher 18 mars 2014 17:57

                    Ronfladonf : 


                    « on fait quoi (d’efficace) pour empêcher çà ? ou pour sortir de ce système ? »

                    N’importe quoi pourvu que ce soit une tentative qui remette en cause/remplace/réforme le système existant. 
                    Au point où on en est, tout est bon !!

                    Je lui ai répondu :

                    Monnaies complémentaires, Systèmes d’échange locaux, Timebanks, JEU, Systèmes à Crédits Mutuels, Banque éthique, Économie du don, Crowdfunding, Freebanking, Revenu de Base Monétaire, Eurofranc, Bitcoin, Litecoin, OpenUDC, Ucoin, Community Exchange Systemetc, etc...

                    ... et je ne parle pas de décroissance, de permaculture, de villages autonomes, de jardins partagés, de couchsurfing, de gratiferias... etc, etc...

                    Choisis ce que tu aimes, et fais-le !

                    « Be the change you want to see in the world ! »


                  • Ronfladonf Ronfladonf 18 mars 2014 18:00

                     smiley


                    Voilà de bonnes idées de réponse

                  • non667 18 mars 2014 19:01

                    à gerard
                    N’importe quoi pourvu que ce soit une tentative qui remette en cause/remplace/réforme le système existant. 
                    Au point où on en est, tout est bon !!

                    pour commencer et dans l’immédiat concrètement  !
                    virer les complice de ce système . c’est à dire l’umpseelvmodemfdg
                    = voter fn aux municipales et européennes qui est ouvert à d’autres solutions et qui au minimum permettra qu’elles soient médiatisées  !


                  • julius 1ER 18 mars 2014 19:31

                    c’est à l’état de promouvoir le changement de paradigmes économiques, retrouver le contrôle et la création monétaire, et mettre en place de nouveaux plans d’investissements pour le futur, que cela soit en matière d’énergie, de transport, et de communications...

                    nous sommes en pleine déflation, alors que tout est à faire, avoir des habitations à énergie positive, des voitures et des usines propres, un internet européen, et en finir avec le chômage de masse en créant des entreprises dans tous les domaines nécessaires et surtout en stimulant la formation, c’est une ignominie de laisser autant de gens sur le carreau et cela va du recyclage à la mise en culture des océans et des déserts, tout est à faire et l’économie est livrée pieds et poings liés à des Hedges Funds qui ne font que spéculer sur de l’existant rien pour l’avenir......Français, Européens, révoltez- vous et demander, non exiger des engagements concrets de vos politiques, sinon révoquez- les !!!!!!!!

                  • baldis30 18 mars 2014 19:53

                    @Démosthène

                    bonsoir.

                    les paradis fiscaux cela n’existe pas . n’importe quel ministre du budget peut dire qu’il est normal de placer ses économies en Suisse ou à l’île de Man. smiley


                  • almodis 18 mars 2014 21:08

                    BRAVO @ l’auteur !

                    oui , on « peut faire quelque chose » :

                    www.pourunebanqueethique.com

                    ça vient de sortir , profitons en ...


                  • San-antonio San-antonio 19 mars 2014 11:43

                    Oui et encore, vous décrivez la situation de manière globale par usage d’une moyenne tout-a-fait évidente dans la logique de votre raisonnement.
                    Laissez-moi vous conter une histoire toute personnelle et plus parlante que des statistiques nationales...

                    J’ai quitté la France en 2013 pour la 7e (et dernière) fois, écœuré que j’etais par la boite dont j’etais le Directeur Logistique, Opérationnel et Industriel ; 1 M€ de CA mensuel pour 35 employes, un benef mensuel après taxes de 150 000 Euros et une grille de salaire a peine croyable : Un Directeur-Pantin a 10000 Euros nets par mois, un certain Logistique, Opérationnel et Industriel gagnant moins de la moitié, puis un effondrement a des salaires se baladant entre 1100 Euros et 2500 pas plus.

                    La boite en question venait de virer sans ménagement 25 personnes pour delocalisation en pays low cost. Il faut savoir que la marge MO sur le cout produit était de 7,8%. Avec des salaires divises de moitié, les actionnaires pouvaient donc espérer un gain de 3.9% au mieux, autrement dit 40000 euros par mois, pas plus.

                    Les fournisseurs des sous-ensembles (en rangs 1 et 2 n’ayant pas déménagè pour la plupart, et la plate forme de distribution mondiale etant en Rhone-Alpes, les couts de transports matière supplémentaires (que je suivais évidemment vu ma fonction) se montaient seuls a 35000 Euros par mois. Si on y ajoute les couts de non qualité, lea aller-retours des cadres Francais entre la France et le low cost country ainsi que le cout de formation des ouvriers « en lowcostie », on arrivait a un cout total de plus de 75000 Euros par mois... Donc une perte nette de 35000 Euros par mois grâce a la fameuse et intelligente operation low cost...

                    Malgré ces âneries, la boite générait tout de même 140000 Euros de benef net mensuels, autrement dit des dividendes de 4000 Euros nets par mois par employé...

                    Operation trouvee par les actionnaires, : pour compenser la perte enregistree par leur connerie, il fut décidé gel des salaires, tripotage de chiffres pour éviter les versements de participations aux benefs aux employes, reduction des primes de rendement et autres saloperies...

                    Je vous assure qu’il fallait pleurer sa misere pour une simple prime de fin d’année de 100 Euros par tête pour les 17 personnes qui étaient sous ma responsabilité (nenni pour moi évidemment, mais un gros paquet pour le Directeur-pantin-fauxderche du site) et je vous parle meme pas de la moindre augmentation de salaire pour quiconque.

                    Je garde un arrière gout de vomi de cette boite, de ses actionnaires, du discours puant du directeur de site et de tous ses supérieurs qui venaient sans vergogne baver les vertus de la mise au chômage de tant de personnes qui ne l’avaient pas mérité tout cela pour une perte sèche et la destruction d’un outil industriel séculaire....


                  • bubu123 19 mars 2014 23:27

                    @non667


                    comme si le FN était différent de l’ump ou du ps
                    vous êtes vraiment un comique

                    Le FN à tjr été du coté du capital contrairement a ce qu’essaye de faire croire marine le pen depuis quelque temps

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