Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Europe > La révolution silencieuse de l’Islande. Un précédent inquiétant pour (...)

La révolution silencieuse de l’Islande. Un précédent inquiétant pour nos élites politico-financières

« Ne croyez pas, chers compatriotes, ceux qui proposent que nous sortions de l'euro. L'isolement de la France serait une folie. La fin de l'euro, serait la fin de l'Europe. Je m'opposerai de toutes mes forces à ce retour en arrière qui ferait fi de 60ans de construction européenne qui ont apporté la paix et la fraternité sur notre continent. Je le dis avec d'autant plus de fermeté que j'ai toujours milité pour la préférence communautaire et que je me suis toujours battu pour la protection de notre industrie... » Voilà en substance les mots du Président de la République à propos de la monnaie unique. (1)

Nous avons tous compris que les élites des partis d'alternance au pouvoir, s'accrocheraient, quoi qu'il en coûte, à la monnaie unique. Pourtant la construction européenne ne s'est pas toujours faite dans l'intérêt des peuples européens. Déjà en 2005, le Nobel français d'économie Maurice Allais évaluait les effets de l’abandon de la préférence communautaire, décidé en 1974 par Bruxelles sur les économies nationales. Il établissait la baisse du taux de croissance du PIB réel par habitant de l’ordre de 30 à 50% pour les pays signataires du traité de Rome.

Déterminé à faire bouger les lignes, en juin 2010 Maurice Allais s'était indigné de la destruction programmée de notre industrie et de notre grenier agricole dans la publication économique interne de la prestigieuse école des Mines : « L’enjeu capital actuel est le risque d’une destruction de l’agriculture et de l’industrie françaises. Ce danger est réel et j’emploie le mot destruction car il est représentatif de la réalité. Un tel risque provient du mouvement incessant des délocalisations, elles-même dues aux différences de salaires entre, d’une part, des pays développés tels que ceux de l’Amérique du Nord ou d’Europe de l’Ouest, et, d’autre part, ceux d’Asie ou d’Europe orientale, par exemple la Roumanie ou la Pologne »

Maurice Allais suggèrait le rétablissement des préférences régionales. Il revendiquait un protectionnisme raisonné et pragmatique en marge de la rigidité de l'idéologie néolibérale. « Un point essentiel tient à la définition de ces espaces régionaux, qui ne devront pas être trop vastes et devront rechercher une homogénéité interne, ce que je définis comme « des ensembles régionaux groupant des pays de développement économique comparable, chaque association régionale se protégeant raisonnablement vis à vis des autres. » » (2)

Le diplomate Stéphane Hessel, auteur du best-seller « Indignez-vous ! »ne serait pas loin de partager le point de vue de Maurice Allais quand il affirme : « Ce n'est pas en se donnant à une idéologie qu'on fera progresser la société : on le fera par une réforme équilibrée et démocratique. Les idéologies ont fait beaucoup de mal, l'idéologie communiste comme l'idéologie néolibérale. Il faut écouter les gens, savoir ce qui les indigne, comprendre sur quoi on peut travailler avec eux, et non pas leur dire, comme le font les idéologues : voilà ce que tu dois faire. » (3)

S'agissant du rôle protecteur de l'euro pour les pays membres, le prix Nobel américain d'économie Paul Krugman, lui non plus, ne s'y est pas trompé. Voilà un expert indépendant des luttes intestines européennes, qu'on ne peut accuser d'être à la foi juge et parti et qui nous fait un décryptage sans état d'âme.

L'expérience résultant de l' analyse comparée entre d'une part l'Irlande, pays européen de la zone euro et d'autre part l'Islande, pays européen extérieur à la zone euro, s'avère très instructif. On a affaire à deux pays de taille modeste, voisins et au niveau de vie assez semblable.

Paul Krugman constate qu' « avant l'éclatement bancaire, la dette publique irlandaise était faible. Or, les contribuables devenant soudain redevables pour d'énormes pertes bancaires, alors même que les recettes plongeaient, la solvabilité du pays fut mise en doute. L'Irlande tenta alors de rassurer les marchés avec un sévère programme de réduction des coûts.
Prenez une minute pour réfléchir à cela. Ces dettes furent contractées, non par des programmes publics, mais par des magouilleurs privés qui ne cherchaient rien d'autre que leur propre profit. C'est maintenant aux citoyens irlandais lambda de porter le poids de ces dettes. Enfin, pour être plus précis, ils portent un poids bien plus lourd que la dette - parce que ces réductions de coûts ont causé une grave récession, ce qui fait qu'en plus de supporter les dettes bancaires, les Irlandais souffrent aujourd'hui d'une baisse de leurs revenus et d'une hausse du chômage. »

En revanche, « à ce stade, l'Islande semble faire mieux, pour le moins, que son quasi-homonyme. Sa crise économique ne fut pas pire que celle de l'Irlande, ses pertes d'emplois moins sévères, et elle semble en meilleure posture pour une reprise. En fait, les investisseurs semblent considérer aujourd'hui que la dette islandaise est plus sûre que la dette irlandaise. Comment une telle chose est-elle possible ? …… l'Islande a laissé les créanciers étrangers des banques qui s'étaient emballées payer le prix de leur propre manque de jugeote plutôt que d'obliger ses propres contribuables à garantir de mauvaises dettes privées. Comme le note le Fonds monétaire international - d'un ton approbateur ….
L'Islande a également bénéficié du fait que, contrairement à l'Irlande, elle possède encore sa propre monnaie : la dévaluation du krone, qui a rendu les exportations islandaises plus compétitives, fut un facteur important dans la limitation de la crise islandaise. » (4)

Il faut tout de même préciser que l'Islande a fait sa révolution en douceur, événement historique aux portes de l'Europe qui n'a pas été relayé par la « grande » presse audiovisuelle.

En 2008, confronté à la faillite brutale du système bancaire, le pays fait le choix de nationaliser les banques. Très vite le pays doit faire face à la faillite d’Icesave, une banque en ligne dont les opérations étaient tournées notamment vers le Royaume-Uni. Sous la pression de la commission européenne le gouvernement soumet un projet de loi au parlement prévoyant le règlement de la dette par l'Etat islandais. Le parlement vote le renflouement des banques. Le texte prévoit le paiement échelonné d'ici à 2024 d'environ 3,8 milliards d'euros, soit l'équivalent de près de 40% du produit intérieur brut annuel de l'île, ruinée par l'effondrement de ses banques en octobre 2008. Mais les contribuables irlandais ne l'entendent pas de cette oreille. Une pétition citoyenne circule, ratifiée par près d'un islandais sur quatre (5). Le Président du pays, Olafur Grimsson refuse de promulguer la décision éminemment politique et prend l'initiative de soumettre ce choix de politique à référendum. Les Islandais rejetteront le texte à la majorité écrasante de 93%.

Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante le 27 novembre 2010. Un appel à candidatures (étaient exclus les élus nationaux. Il fallait avoir dix-huit ans révolus et être soutenu par au moins trente personnes) a suscité des vocations chez 522 volontaires. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.

Les constituants se réuniront à partir de la mi-février 2011 et rendront leur copie avant l’été. (6) Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la réaffirmation de la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif. Il s’agit donc de l’élaboration d’un nouveau contrat social et, pour un tel objectif, il faut, ce que beaucoup ici semblent ignorer, la participation de toute la nation.

Dans une interview avec l’agence d’information financière Bloomberg, le Président Olafur Grimsson explique :« La différence [avec l’Irlande] c’est qu’en Islande nous avons laissé les banques faire faillite. C’étaient des banques privées et on n’y a pas injecté d’argent pour les maintenir à flot ; l’Etat n’a pas à assumer cette responsabilité. »

Il renchérit :« L’Islande se porte bien mieux qu’attendu » et ajoute : « Peut-on demander aux gens ordinaires – les agriculteurs et les pêcheurs, les enseignants, les docteurs et les infirmières – d’assumer la responsabilité de la faillite des banques privées ? Cette question, qui fut au cœur du débat dans le cas de la banque islandaise Icesave, va être la question brûlante dans de nombreux pays européens. » (7)

 

[1]http://www.dailymotion.com/video/xgcyby_voeux-du-president-nicolas-sarkozy-aux-francais-pour-2011_news

[2]http://hal-ensmp.archives-ouvertes.fr/

[3]http://www.rue89.com/entretien/2010/12/30/stephane-hessel-12-aubry-serait-ma-candidate-preferee-182841

[4]New York Times News Service chronique pour la RTBF

http://www.rtbf.be/info/economie/chronique-de-paul-krugman/mangeons-les-irlandais-279878

[5]http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20100106trib000458844/le-president-islandais-en-vedette-dans-la-presse-anglo-saxonne.html

[6]http://www.parisseveille.info/ et http://www.politique-actu.com/debat/islande-fait-revolution-election-constituante-scoop/211358/

[7]http://www.bloomberg.com/


Moyenne des avis sur cet article :  4.91/5   (130 votes)




Réagissez à l'article

104 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 7 janvier 2011 10:54

    Oui, l’Islande montre la voie. Il me semble tout de même que c’est le peuple, qui a refusé par référendum de payer la note et non le gouvernement Islandais (?).
    Il est totalement hallucinant de faire porter la dette de financiers cupides, par les peuples, et pourtant c’est bien ce qui se passe partout ailleurs et aucun politique ne réagit et ne vient crier « au loup ». La conclusion est évidente...

    Mais il sera très difficile d’en faire de même. D’abord, bien prévenus, nos « gouvernants » ne nous demanderont jamais notre avis, ensuite, comme indiqué précédemment, les politique sont complètement à la botte du pouvoir financier.

    Bon, « leur » système va s« effondrer, juste parce que lorsque les tours de l’illusionniste sont connus, il ne trompe plus personne, et parce que il a atteint le bout des ses possibilités de captation de richesses. Il ne lui reste guère qu’une »bonne grosse guerre" pour mobiliser et rebondir. Oseront ils ? Méfions nous, dans le passé, ils se sont largement servi des guerres pour remodeler la société.

    Vous voulez savoir qui sont (une grande partie de) nos PREDATEURS ?


    • plancherDesVaches 7 janvier 2011 13:09

      Non Alpo.
      Excuses-moi de te contredire, mais tu ne connais, comme beaucoup, pas toute la vérité.

      L’Islande semble être un pays fantastique, puisqu’il n’est pas à l’Euro.
      Mais il ne faut pas oublier que c’est le FMI, avec un versement de 5 milliards aux créanciers anglais et hollandais, qui a payé à leur place.
      Et les Islandais doivent au total 10 milliards..

      En ne voulant pas rembourser cette somme (le précédent état islandais cautionnait comme un imbécile les banques) l’Islande va se retrouver face à des procès internationaux où elle ne pourra pas défendre sa cause.

      Ceci dit, l’ « auteur » encore très mal renseigné et ne se servant de l’Islande comme d’un motif anti-Euro, oublie aussi de préciser que l’une des premières lois votée par le nouveau gouvernement est une liberté totale de l’internet.
      Liberté qu’ils n’utilisent pas encore à sa pleine mesure et qui pourrait faire de ce pays une plateforme centrale des informations réelles des pays du monde.
      Le jour où ils auront compris cela, Wikileaks paraitra un brouillon de projet de vérité.


    • Alpo47 Alpo47 7 janvier 2011 13:30

      Est ce que l’Argentine n’a pas « renégocié » sa dette il y a une dizaine d’années, comme on dit ? En plus clair, ne rembourse qu’une petite partie, ou rien, et continue sa vie ???
      L’Islande doit ... aux financiers, d’accord, mais si elle cesse de payer leurs intérêts, encore mieux est suivie par d’autres, je pense à la Grece, à l’Irlande, l’Espagne ..., il me semble que le système financier sera dans une grande panade, (dont je me fiche complètement), mais que la vie Islandaise continuera.
      Evidemment, pas la peine de revenir emprunter sur le marché.

      Maintenant, il est tout à fait vrai que je n’y entends « pas grand chose » ,je m’essaie juste au bon sens.


    • sisyphe sisyphe 7 janvier 2011 13:37

      Par plancherDesVaches (xxx.xxx.xxx.12) 7 janvier 13:09

      Non Alpo.
      Excuses-moi de te contredire, mais tu ne connais, comme beaucoup, pas toute la vérité.

      L’Islande semble être un pays fantastique, puisqu’il n’est pas à l’Euro.
      Mais il ne faut pas oublier que c’est le FMI, avec un versement de 5 milliards aux créanciers anglais et hollandais, qui a payé à leur place.
      Et les Islandais doivent au total 10 milliards..

      En ne voulant pas rembourser cette somme (le précédent état islandais cautionnait comme un imbécile les banques) l’Islande va se retrouver face à des procès internationaux où elle ne pourra pas défendre sa cause.

      Faux. 

      AUCUNE instance internationale n’est et ne sera habilitée à faire payer à l’Islande l’argent qu’elle refuse de payer. 

      Comme l’Argentine l’ a montré après 2002, les pays peuvent absolument renoncer au remboursement de leurs dettes vis à vis d’opérateurs privés (banques étrangères, hedge funds) ; sans qu’aucune instance ne puisse les obliger à le faire ; puisqu’il n’y a pas d’instance de régulation financière à l’échelle internationale.. 


    • Alpo47 Alpo47 7 janvier 2011 13:39

      Tiens, un clin d’oeil... Me rappelle plus qui disait :: « Si tu dois 10.000€ à ta banque tu es dans la mouise, si tu lui dois 10 millions d’euros, c’est ta banque qui est dans la mouise »...


    • plancherDesVaches 7 janvier 2011 13:55

      Sisyphe..
      Lorsque j’écris « procès internationaux », cela ne signifie AUCUNEMENT une implication d’un tribunal international.
      Mais l’attaque en Justice de créanciers étrangers dans des tribunaux qui devront tout de même être reconnus compétents par l’Islande.

      Dans le cas de l’Argentine (voir chapitre : rachat de crédit par étalement de la dette), l’Argentine a bénéficié, tout comme le Japon, du fait que le reste de la planète n’était pas en crise économique globale.
      Hors, actuellement et malgré toute la bonne propagande des médias, c’est le bordel à tous les étages.
      Les créanciers, toujours assoiffés d’argent avec les rendements en nette baisse, ne vont pas lâcher le morceau.
      Les responsables de fond ne le peuvent plus...


    • gimo 7 janvier 2011 14:24

      ALPO 47

      «  »D’abord, bien prévenus, nos « gouvernants » ne nous demanderont jamais notre avis,«  »

      Vous avez BESOIN quils vous demandent  votre avis ... !!!!
       
       et de sa permission pour allez au W.C.
       
      un peuple puéril vous dis   je fais un mauvais rêveeeeee !!!!

      la liberté ne se demande pas elle se prend merci !!!!


    • gimo 7 janvier 2011 14:39

      Merveille de la désinformation.

      Un événement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique, telle qu’on n’en a jamais vue en Europe, peut se produire sans que la presse, ni google, ne permettent d’en savoir quoi que ce soit. C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos régimes policiers, qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.

      Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France :


      On aimerait assurément en savoir plus sur cette révolution islandaise. Voilà des mois que Paris s’éveille rêve de téléporter sa rédaction pour un reportage approfondi au pays des chasseurs de baleines et d’utopie. S’immerger dans les bains chauds de la révolution démocratique fait certes envie, surtout vu du cœur de notre hiver sécuritaire.

      Il faut s’imaginer les 25 « simples citoyens » qui vont plancher sur la constitution idéale. Le souffle de l’humanité devrait se retenir. Où l’on verra probablement qu’il n’est pas difficile de faire mieux que toutes les figures de pseudo-démocraties qui se sont déclinées jusqu’ici sur les cinq continents.

      Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

      aini que prevenir des prédateurs politicos et autres

       et sans violance SVP ce que bp de de gens craigne

      maintenant pourrez vote avec des rècles saines

      merci

      source

      http://www.parisseveille.info/quand


    • gimo 7 janvier 2011 14:48

      Cherchant alors avec obstination, on a fini par voir des images du palais présidentiel assiégé par une foule qu’on qualifierait ici sans hésiter d’anarcho-autonome. En plus des drapeaux noirs, on pouvait deviner dans la foule une forte composante de citoyenneté de type écologiste.

      Et on comprenait que le pauvre malheureux flic, tout seul devant le palais présidentiel, ait rapidement dû se rendre sous la pression de la foule.

      Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante aussi là-bas.

      Le président avait plié bagage. Un nouveau gouvernement s’était institué.

      http://www.parisseveille.info/quand...


    • JL JL 7 janvier 2011 15:23

      « AUCUNE instance internationale n’est et ne sera habilitée à faire payer à l’Islande l’argent qu’elle refuse de payer.  » (sisyphe)

      Ce sisyphe qui parle là est-il le même que celui qui insulte régulièrement sur d’autres fils tous ceux qui ne pensent pas comme lui que Gbagbo doit se plier aux décisions des instances internationales ?

      Bizarre bizarre !


    • sisyphe sisyphe 7 janvier 2011 15:33

      et vas-y ; le JL en remet une couche pour continuer à défendre avec un acharnement pugnace l’assassin Gbagbo, ses milices de la mort, ses milliers de victimes, ses forfaitures ..


      Décidément, JL doit avoir un intérêt PERSONNEL au maintien du dictateur Gbagbo, désavoué par les Ivoiriens, au pouvoir ; nous avouera-t-il lequel ? 
       smiley 

      (p.s. : post à supprimer avec celui au dessus de JL ; totalement hors sujet). 

    • JL JL 7 janvier 2011 15:42

      Mon post hors sujet ? Non, je proteste. Je fais remarquer que certains ici ont une vision particulièrement versatile en ce qui concerne le droit international !

      Et qui vous dit que je suis favorable à ce que l’Islande ne paie pas ses dettes ? Est-il interdit de prendre la défense des pauvres investisseurs qui ont parié sur la faiblesse des politiques face à la grande finance ? Et pour défendre ces malheureux possédants, j’utilise les arguments que je veux !

      en demandant la supporession de mon post sisyphe montre une fois de plus son intolérance. Il est clair que si Agoravox était drigé par sisyphe, nombre d’intervenants iraient voir ailleurs. A bon entendeur ...


    • Alpo47 Alpo47 7 janvier 2011 16:04

      « .... »D’abord, bien prévenus, nos « gouvernants » ne nous demanderont jamais notre avis,«  »

      Vous avez BESOIN quils vous demandent  votre avis ... !!!!
       
       et de sa permission pour allez au W.C.
       
      un peuple puéril vous dis je fais un mauvais rêveeeeee !!!!

      la liberté ne se demande pas elle se prend merci !!!!...« 

      A priori, je pensais que tout le monde comprendrait que je faisais allusion au fait de faire un référendum pour connaitre l’opinion du pays. Comme pour le »traité européen".

      Pour le reste, merci de me dispenser de ce genre de commentaire.


    • Vipère Vipère 7 janvier 2011 16:55

      Bonjour à tous et à Alpo47

      N’avez-vous pas vu que l’argent s’est substitué à la liberté ?

      L’argent rend libre, et le mythe de la liberté pour les autres.




    • rastapopulo rastapopulo 7 janvier 2011 17:00

      Euh... vous saviez pas que l’Islande a mit la pression en menaçant de ne pas payer et que maintenant des tarifs super avantageux lui sont offert avec commencement de remboursement dans 5 ans limité à 2046 même si la somme n’est pas complètement payer ?

      Bref, elle peut maintenant décidé le plus avantageux pour elle. A priori je suis aussi pour les non-renflouement mais sans Glass Steagall c’est la destruction de l’économie et la voix médiane avant le Glass Steagall est au moins de mettre la pression en se déclarant non-intérressé par les renflouements sans conditions avantageuses.


    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 7 janvier 2011 17:32

      Islande, France, c’est toute la différence entre un peuple souverain et une minorité de nuisibles qui s’accrochent au pouvoir.


    • gimo 7 janvier 2011 18:57

      marco 1960  bien vu tu fais avancer le truc !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! on brûle  !!!!

      On s’approche du  Graal, le trésor des templiers
      poussons plus loin le raisonnement
      et peut être trouverons nous la véritable machine de cette escroquerie
      Voyons qui a fait l’ oeuf la poule ou l’ oeuf currieux non

      1/ pourquoi !! de banquiers mutualisent leurs pertes et privatisent leurs bénéfices
       1. question qui sont les banquiers. !!!! Réponse à 80% ACTIONNAIRES les politiques et le ca40 qui de même sont actionnaires 
       donc eux même aussi surprenant que cela apparait 

      2 Question 
       !!!! pourquoi l’abandon de Base de la création monétaire ;19 73
       Réponse !!!!! la planche a faire les billet ne rapportait rien pour eux
      car il n’y a pas une autre réponse logique et viable donc :: !!!!!cette éscroquerie
      Qui avec ce mécanisme via les dettes aux banque ils peuvent toucher le gros lot
      fin de histoire on pourrait développer plus mais le principal est la 
      et de cette manière les méchants sont les banques et finances
      et les bons c’est les politique !!!! ils sont transferer l’argent public au privé soit aà eux même

       les politique conscients du pouvoir de décider pour eux c’est un jeu d’enfant
      personne ne c’est poser cette question POURQUOI LA DETTE CELA explique
      la GRANDE cavalerie banquière avec l’argent public IL FAUT comprendre que les déficits votés et volontaire qui sont de des dépenses volontaire et paradoxales 180 million de l’avion de sarko
       et autres  qui n’ont pas de sens pour un payes en detté Mais pour eux si il y a un sens
      et tout ça fait en catimini bénéficiaire pour les politicos
       son leur source de leur éscroqurie donc LES BANQUE leur instruments et paravent
      méditer sur cette éscroquerie 
      modoff à côté de leur éscroquerie c’est du petit lait

      un jour si les citoyen se réveillent ils verrons très clair 
      cette escroquerie de l’argent public
       merci marco d’avoir Aiguisé couteaux de cette de cette énorme carambouille
      de l’argent publique
       UN PROVERBE QUAND l’eau du ruisseaux manque en amont d’autre la ramasse
      MEDITER  C’EST GRAVE !!!!

       !c’est pas pire que Madof qu’on a mis illico en tôle !!! par contre les banksters, nos pouvoirs politiques laissent faire (enfin ils n’ont pas le choix)

      Moi ce que j’aimerais savoir c’est "combien touchent ces « enc.... » pour cautionner cet infame holp-up sur le dos des citoyens car EN PLUS ces ’sal...." de banquiers mutualisent leurs pertes et privatisent leurs bénéfices. Le pognon rend FOU.

    • gimo 7 janvier 2011 19:17

      vipère quand les gens se réveillerons ils verrons clair dans cette éscroquerie
      d’argent public la dette on verra ou sera la liberté et le mythe
       tu oublis que l’argent est un imposteur un usurpateur comme celui qui cour derrière lui


    • plancherDesVaches 8 janvier 2011 13:57

      TUDIEU : je parlais de Wikileaks : regardez :
      http://www.lemonde.fr/technologies/article/2011/01/08/washington-veut-mettre-la-main-sur-des-comptes-twitter-lies-a-wikileaks_1462646_651865.html

      « Outre Assange, il s’agit de Birgitta Jonsdottir, une députée islandaise qui a travaillé avec WikiLeaks, Bradley Manning, le soldat américain soupçonné d’avoir volé des documents officiels, et du hacker néerlandais Rop Gonggrijp. Le compte de WikiLeaks lui-même est également visé. L’injonction a été récupérée et mise en ligne par le site Salon.com. »

      « Birgitta Jonsdottir, députée au Parlement islandais, a réagi à cette action judiciaire sur son compte Twitter.  »Le gouvernement américain veut connaître tous mes Twitt et davantage, depuis le 1er novembre 2009. Ont-ils conscience que je suis membre du Parlement islandais ?", s’est-t-elle étonnée. Jonsdottir a joué un rôle dans la diffusion d’une vidéo par WikiLeaks montrant l’armée américaine tirant sur des journalistes en Irak. « Ce n’est pas juste pour de l’information. C’est une mise en garde pour tous ceux qui ont été liés à WikiLeaks, a-t-elle regretté dans le quotidien britannique The Guardian. C’est inacceptable que la justice américaine joue les gros bras de cette façon »."

      En réalité, ce n’est pas regrettable : c’est leur façon d’agir habituelle... smiley


    • dom y loulou dom y loulou 9 janvier 2011 19:15

      il n’y a que l’amour, bâtisseur de mondes, qui puisse vous DONNER la liberté

      face à ceux qui trouvent naturel de nous numéroter et de nous éliminer comme au camp d’Auschwitz version planétaire, la liberté doit se prendre, on ne mendie pas à des voleurs ni ne peut-on espérer que des assassins de masse organisent une société digne de ce nom

      il faut bien reprendre sa société si on découvre qu’elle est truandée par des fous qui s’acharnenet apparemment contre tout ce qui VIT

      mais les lobotomisés télévisuels disent qu’on sera si bien dans les bras de Jesus

      pourquoi ne sont-ils pas dans ses bras durant leur vie et croient être humbles en ne se révoltant pas pour leurs gosses ? continuent à entretenir la machine à esclavage des tories britaniques en se déclarant des agneaux du seigneur des mondes ?

      ce que les tories ne seront jamais

       c’est une machine à torture qui est entretenue !!

      résultante apparemment du bon millier de mystifications et de terreurs mystiques subies depuis 4000 ans babyloniens par tous les tribus de ce monde. 


    • gimo 9 janvier 2011 20:09

      bonjour dom et loulou

      je suis écoeuré de voir tout ces lâches et faux cul 70% et passent leur temps a caresser 
      les gens dans le sens du poil pour ce donner bonne conscience sans ce mouiller
      mais satisfait de leur sort acheté pas un bonne retraite à vomir tout ça !!!!!!
       petit profiteur laissant faire par peur de perdre leur pécule
      et prêt à tourner la veste si changement et se faire passé pour un militant de liberté
      des incapable  qu(un moindre sursaut de dignité qui font le lit des pourris politiques écoeurant tout ça
      c’est à cause de ces gens la que le monde est un enfer donc le rebut de l(humanité

      idem chose en 1940 
      cordialement


    • Hermes Hermes 7 janvier 2011 11:23

      Ce qui est remarquable, c’est le côté non-violent de cette révolution.


      • Massaliote 7 janvier 2011 13:24

        A mettre en paralléle avec le niveau d’éducation élevé des Islandais


      • Massaliote 7 janvier 2011 13:35

        D’instruction, voulais-je dire.


      • plancherDesVaches 7 janvier 2011 13:59

        C’est tellement non-violent que les 4x4 du pays ont été repeints en rouge histoire d’être bien voyants, que les plus gros fortunés se sont barrés en Angleterre et n’osent plus revenir (de 330 000, ils sont passés à 320 000) et que les dirigeants des anciennes banques, « invités » à venir s’expliquer, se sont retrouvés en prison....

        Coooolll smiley
        J’adore l’Islande smiley


      • Bodhi 7 janvier 2011 14:25

        @ Hermes,

        Tout simplement que la révolution par essence n’est pas violente. Quand on pense révolution, on pense tout de suite barricades ou à ce genre de conneries, c’est dans l’inconscient de la plupart des personnes. Si un peuple rejète en nombre suffisant une autorité, celle-ci ne peut plus s’appuyer sur qui que ce soit pour se maintenir. Elle disparait d’elle même car le peuple ne l’écoute plus. C’est ce qu’il s’est passé en 1917 avec le gouvernement provisoire libéral, qui s’est instauré en Russie après la chute du Tsar.
        Par contre la contre-révolution, elle, est violente. Dans l’exemple précédent, ça correspond à la prise de pouvoir bolchévique.

        Par ailleurs, si vous voulez mon avis ce qui se passe en Islande n’est pas une révolution, tout au plus un progrès puisqu’il n’y a aucune réelle rupture avec le présent ou le passé. Peut être que le fait que l’Islande soit peu peuplée peut rendre soutenable ce progrès sur le moyen terme puisqu’il y a plus de proximité entre les représentants et le peuple. Mais cette manière de procéder, appliquée à des pays très peuplés, nous ramènerait tout droit en arrière. C’est à dire à un Etat trop puissant, trop oppressif.


      • plancherDesVaches 7 janvier 2011 14:36

        Bodhi.
        Ce n’est pas une question de nombre.

        Quelle est la date du dernier référendum, en France.. ???? smiley


      • Alpo47 Alpo47 7 janvier 2011 15:39

        Je rappelle qu’une révolution, c’est un tour complet. Quel intérêt ?
        Un demi tour serait préférable, non ?


      • gimo 7 janvier 2011 19:07

        bohdi

        Si un peuple rejète en nombre suffisant une Si un peuple rejète en nombre suffisant une autorité, celle-ci ne peut plus s’appuyer sur qui que ce soit pour se maintenir. Elle disparait d’elle même car le peuple ne , celle-ci ne peut plus s’appuyer sur qui que ce soit pour se maintenir. Elle disparait d’elle même car le peuple ne les écoute plus

         cela fait des années que je le dis c’est le peuple qui leur donne ce pouvoir sans lui rien
        mais en France les gens sont paralysés de par une quelconque autorité, :: : merci


      • dom y loulou dom y loulou 9 janvier 2011 19:53

        ah bodhi... voilà le même argument qui est repris qui devait saper la démocratie directe il y a neuf ans

        pratique de se déclarer trop grand pour agir non ?

        non ce qui fait la force des islandais c’est le fait qu’ils ne sont pas aussi lobotomisés par la télé, cet agent sioniste dans votre salon beuglant ses conneires et ses programmations mentales et ses mystifications constantes.

        les islandais ont appremment privilégié et entretenu des liens bien plus forts entre eux

        ces liens leur ont permis de se MOBILISER

        ce qui est une ABSENCE COMPLETE partout ailleurs en europe

        il n’y a que la mobilisation d’individus isolés

        pourquoi ?

        ...

        faut pas trop se plaindre quand c’est trop tard ensuite, mais des hordes qui veulent tous être le chef et se croire en mesure de REDESSINER L’UNIVERS TOUT ENTIER... rien que ça......

        que croyez-vous qu’on puisse faire avec ça ?
        Je peux vous le dire : RIEN, absolument RIEN.

        allez, agissez au moins pour votre terre-mère, car ce sont tous les fondamentaux qui passent à la trappe quand vous songez vengeances et violences, les Bilderberg sont ravis de nous voir tous haineux, alors qu’il nous faudrait juste les enfermer autour d’une table de bridge., qu’ils y vivent leur alsheimer et .n’en sortent jamais plus, bien entre eux, comme ils aiment. Et sous bonne garde.

        tant que vous serez haineux ils seront les maîtres incontestés de leur machine de mort

        la hierarchie se nourrit d’injustices

        l’injustice se nourrit de répression

        la répression se nourrit de violence

        mais

        la civilisation se nourrit des intelligences des êtres

        l’intelligence se nourrit de sensibilité et d’humilité

        la sensibilité oblige à l’honnêteté

        l’honnêteté défait l’injustice

        donc rien n’est jamais perdu ;)

        projectooblix.org


      • Bodhi 10 janvier 2011 00:09

        @ PlancherDesVaches,

        Le référendum sur le traité est un mauvais exemple dans ce cas précis car il n’y a eu dans ce cas aucune remise en cause réelle ou plutôt concrète du système de la part des électeurs. Car si tel avait été le cas, les taux d’abstentions aurait grimpé en flèche aux élections de 2007.

        Tout au plus c’était l’occasion pour l’électeur d’afficher son mécontentement d’une tiédeur absolue. La preuve aucun ne s’est mobilisé lors de la mise en place dite simplifiée du traité.

        @ gimo,

        Si on demande à quelqu’un si il faut mettre fin à la misère, répartir les richesses et mettre en oeuvre une gestion écologique de l’économie, dans la majorité des cas cette personne sera d’accord. Si elle est d’accord et qu’on lui qu’il faut qu’elle agisse, dans la majorité des cas elle te répondra que cela ne sert à rien puisqu’elle sera seule à agir.

        Plus que paralysés, les français n’ont pas conscience du nombre qu’ils sont a penser que rien ne va dans ce pays, dans nos pays. La paralysie est due à l’isolement de l’individu, du renfermement sur lui-même. Recréer des liens est la première des choses à faire.

        @ dom y loulou,

        Au contraire, je suis de ceux qui défendent une vision radicale, ou originelle, de la démocratie donc pour la mise en place de la démocratie directe et par conséquent une décentralisation des pouvoirs, tous les pouvoirs qu’ils soient politiques ou économiques.

        Je répondrai à votre message demain.


      • Bodhi 10 janvier 2011 14:13

        @ dom y loulou,

        Ce qui s’est passé en Islande n’a rien a voir avec la démocratie directe. Il s’agit là d’un autre degré de démocratie représentative puisque qu’il y a toujours délégation du pouvoir politique à une minorité. Il y a toujours un gouvernement régit par un ministre et dont la composition est décidée par les partis politiques. Le fait qu’une assemblée constituante soit maintenant contrôlée par des citoyens ne change pas non plus grand chose étant donné qu’elle est composée en majorité par les professions les plus soumises aux propagandes et par conséquent à l’immobilisme : journalistes, juristes..etc.

        Un gouvernement qui contrôle toujours l’exécutif, une assemblée de représentant. Autant dire qu’il y a séparation entre le citoyen et le citoyen élu.

        Or la démocratie directe implique des procédures strictes pour éviter la conservation du pouvoir par une minorité. Les assemblées ne doivent pas être toujours composées des mêmes individus et doivent être décentralisées, c’est à dire qu’elle doivent avoir lieu dans chaque commune ou dans chaque région, selon le nombre d’habitants. Par ailleurs, la délégation du pouvoir se doit d’être minimiser et très encadrée. Par encadrée j’entends la mise en place de mandats impératifs non-renouvelables, à durée limitée et révocables de manière à ce que le citoyen de base ait toujours la possibilité de parer à des dérives.

        Ce qui a été fait en Islande, c’est à dire une démocratie représentative différente, n’est viable que sur moyen terme au delà duquel tout redeviendra comme avant pour la simple raison que la délégation trop grande de pouvoir entraîne des abus, la corruption, l’immobilisme réformateur. Si ce système venait à être appliqué dans un grand pays ( et pas 300 000 habitants comme en Islande), ce type d’organisation ne tiendrait que sur un très court terme pour la simple raison que plus il y a d’habitants, plus le faussé est important entre les assemblées, le gouvernement et les citoyens. Cela a pour conséquence une corruption plus facile de l’individu au pouvoir. Autant dire que l’on retourne rapidement à la case départ.

        Après pour le reste de votre message, je n’y ai pas compris grand chose.

        Je ne sais d’ailleurs même pas si cela m’est adressé. Si tel est le cas, je crois que vous avez fait un peu trop de présuppositions.

        Une seule remarque à faire. Arrêtez avec le sionisme, cela devient fatigant toutes ces confusions. Je vois pas pourquoi un sioniste viendrait me parler tous les soirs à la télé. Je vois pas en quoi la connerie d’une minorité extrémiste nationaliste Israelienne aurait à voir avec David Pujadas qui a déjà assez de travail pour faire de la propagande étatique.

        Je suis anarchiste et ça fait bien 150 ans que mes prédécesseurs ont commencés à être chassés comme des pestiférés à travers le monde entier. La propagande je connais, la censure médiatique, je connais, les massacres au nom d’idéologies aussi. Je peux présupposé que tu es également sous l’influence d’une propagande qui tend à généraliser sur les juifs et je tiens à te dire que ce discours est très dangereux, non pas parce que ceux qui sont ciblés sont juifs, mais parce que de telles réactions peuvent émanées d’individus isolés et mener très loin. Vous prônez peut être la paix mais votre voisin à qui vous dites vôtre discours peut l’interpréter autrement.
        Je trouve, peut être à tord, quand même votre message, sans vouloir vous insulter, un peu confus et contradictoire sur certains points.


      • Bodhi 10 janvier 2011 15:48

        Tiens la preuve.

        _______________________________________________________________

        Semaine internationale d’actions en solidarité avec les Neuf de Reykjavik – du 10 au 16 janvier 2011

         

        Un appel a été lancé pour une semaine d’actions en soutien aux Neuf de Reykjavik (RVK9), du 10 au 16 janvier 2011. Ces neuf individus, anarchistes et gauchistes radicaux, risquent jusqu’à 16 ans de prison ferme pour avoir manifesté contre le Parlement islandais.

        En décembre 2008, la balle qui tua Alexandros Grigoropoulos mit le feu aux rues d’Athènes, un feu qui se propagea rapidement à toutes les villes de Grèce.

        Ce même mois de décembre, à l’autre bout de l’Europe, en Islande, une autre révolte était en route, née des décombres de l’économie qui s’était effondrée à l’automne. Au cours de l’hiver 2008, l’Islande, première victime de la crise mondiale, assistait à la plus large mobilisation de son histoire. Des manifestations, rassemblements de masse et assemblées populaires, actions directes et confrontations quotidiennes, et pour finir des émeutes, réussirent à faire tomber le gouvernement de droite de l’époque.

        Pourtant, tout comme en Grèce cette balle n’était qu’une seule des causes d’une révolte qui tenait à des milliers de raisons, en Islande la bulle qui éclata cet automne n’était que l’étincelle nécessaire à la rage et à la frustration refoulées au cours de deux décennies contre le gouvernement néo-libéral — et plus largement, contre le système politique et économique tout entier.

        À l’heure actuelle, l’État islandais menace d’emprisonnement neuf individus, choisis comme bouc-émissaires de l’insurrection qui mena à la chute du gouvernement en janvier 2009. Ils et elles sont les Neuf de Reyjavik.

        Le 8 décembre 2008, pendant qu’en Grèce des milliers de personnes descendaient dans la rue, à Reyjavik, en Islande, un groupe d’une trentaine de personnes prenait d’assaut le Parlement. Elles entrèrent dans le but d’interrompre l’assemblée et de lire un communiqué de protestation. Malgré le fait que l’accès aux tribunes publiques est ouvert à tous, la police, secondée par les gardes, bloqua l’entrée et arrêta le groupe dans l’escalier. Seuls deux des trente personnes parvinrent à accéder à la tribune. Après une légère échauffourée, plusieurs personnes furent arrêtées et les autres forcées de se disperser.

        Un an plus tard, les autorités ciblèrent 9 de ces 30 personnes. Ils et elles sont principalement accusé-e-s, entre autres, d’avoir menacé l’autonomie du parlement. La peine associée est d’un an de prison minimum, jusqu’à la perpétuité (soit 16 ans en Islande) !

        Cette action n’en était qu’une parmi une pléthore d’actions qui eurent lieu quotidiennement en Islande au cours de l’hiver 2008 : manifestations massives, visites aux domiciles des ministres et banquiers, sabotages de propriétés de l’État, perturbations des réunions gouvernementales et sabotage massif du système de transmission en direct du débat annuel des partis politiques. Une part intrinsèque de cette insurrection fut le mouvement anarchiste en pleine expansion, qui trouve son origine dans des années de luttes contre l’industrie lourde et la destruction environnementale qui en résulte, toujours au nom d’un « développement vert » !

        Les racines de cette insurrection apparurent clairement lorsqu’elle adopta en masse et pour la première fois des tactiques de confrontation, comme lors de l’attaque sans précédent du commissariat central de Reykjavik par une foule de 500 personnes répondant à l’arrestation d’un anarchiste.

        La révolte atteint son paroxysme les 20 et 21 janvier 2009, lorsque des milliers d’individus se rassemblèrent devant le Parlement afin d’empêcher sa première assemblée de l’année. Le début de la fin pour ce gouvernement fut signé par un nouveau groupe formé d’étudiant-e-s, Oskra, lorsque celui-ci brisa les lignes de police devant le Parlement. Cette action fut suivie de 48 heures de rage et de furie, accompagnées de bruit, de feu et de pierres. Le sapin de Noël fut sacrifié sur le feu et toutes les vitres du Parlement furent brisées sans exception. Pour la première fois en 60 ans les gazs lacrymogènes se répandirent dans l’air de Reykjavik. La police à bout de nerfs, il restait deux options pour l’État : faire appel à l’armée danoise (colons historiques de l’Islande) qui attendait depuis 3 mois dans le port extérieur de Reykjavik, ou dissoudre le gouvernement.

        Le procès de Neuf de Reykjavik est un cas flagrant de persécution politique. Les enregistrements des caméras de vidéo-surveillance utilisés comme preuves ne prouvent rien d’autre, et sans que le moindre doute soit possible, que le fait que la violence était du côté de la police et des gardes.

        Le gouvernement actuel « de gauche » a pris le pouvoir en mai 2009 sur le dos du mouvement populaire qui avait renversé le précédent. Ce gouvernement refuse de se mêler de ce procès. Il ne s’agit pas d’un manque de volonté politique, mais bien d’une volonté politique claire de criminaliser les éléments radicaux de la révolte, après avoir utilisé cette même révolte et ignoré les exigences populaires de rétribution à l’encontre des politiciens et des banquiers responsables de la crise, dont aucun n’a été amené devant la justice !

        Tout comme dans d’autres pays d’Europe, le « socialisme » semble être le médium le plus approprié pour la plus vicieuse restructuration néo-libérale de l’économie. En Islande, le gouvernement de gauche, avec la bénédiction des syndicats vendus et sous la surveillance stricte du FMI, est celui qui réalise les réductions budgétaires massives, la privatisation et la grande braderie des ressources naturelles pour développer plus avant l’industrie lourde. Tout ceci bien sûr au nom de « la crise » et dans un climat de nationalisme, néo-fascisme et xénophobie qui en sont la conséquence. Il est à noter que des groupes néo-nazis ont soudain émergé et participé aux récentes manifestations « contre la crise » à Reykjavik en 2010 ! Ils ont heureusement été attaqués par des manifestants anarchistes.

        L’audience finale du procès de Neuf de Reykjavik aura lieu au tribunal de Reykjavik les 18, 19, et 20 janvier 2011. Un appel a été lancé pour une semaine d’actions internationales en soutien aux Neuf de Reykjavik, la semaine précédant le procès, soit du 10 au 16 janvier.

        Pour cette petite île-État à la périphérie de l’Europe, toute attention négative venant de l’étranger a un impact fort sur les autorités, l’élite et les médias institutionnels. Pour cette raison il est impératif que nous leur donnions toute l’attention négative qu’ils méritent. Que les autorités islandaises sachent que le monde les regarde, qu’elles sachent qu’il y aura des conséquences sérieuses si les Neuf de Reykjavik sont condamné-e-s !

        Nous appelons à TOUT TYPE D’ACTIONS en solidarité avec les RVK9 et contre l’État islandais !

        LA SOLIDARITÉ EST NOTRE ARME !

         

        Merci d’envoyer des photos, communiqués ou autres informations à propos d’actions pour permettre la traduction et diffusion des informations sur place.  Une liste des ambassades islandaises : www.mfa.is/diplomatic-missions/icelandic-missions. Plus d’informations sur le procès (en anglais) se trouvent sur www.rvk9.org/in-english. Des informations sur le mouvement anarchiste et activiste en Islande se trouvent sur : www.savingiceland.org (en anglais et un peu en français) et www.aftaka.org/tag/english (en anglais).  Lundi 10 janvier 2011.

         


      • wesson wesson 7 janvier 2011 11:58

        Bonjour l’auteur,

        Nous vivons effectivement dans une époque ou l’oligarchie qui a pris le pouvoir et ne s’en cachait même plus commence à prendre peur.

        Et c’est pourquoi par exemple les initiatives telles que celles de Cantonna ou de Hessel leur foutent une frousse bleue. Ils ont peur d’un footballeur vaguement médiatique et d’un vieillard - la preuve, au pays-bas une loi anti bankrun vient d’être adopté pour condamner les lanceurs d’initiatives à la cantonna !

        Pour en revenir au sujet de l’article, bien évidemment que la reprise du pouvoir par le peuple d’Islande fonctionne, qu’elle s’est fait certes sans violences mais pas sans pression ni lutte. Il ne faut pas oublier que le parlement Islandais a été quasiment assiégé pendant des semaines par les gens qui jetais des œufs à leurs oligarques : il n’y a certes pas eu des morts, mais je pense qu’ils en ont fait dans leur froc, et comme d’habitude ce n’est que sous la contrainte du peuple que l’oligarchie a été forcé de céder !

        Montrer que en dernière analyse c’est le peuple qui détient le pouvoir et que bien organisé il peut faire plier n’importe qui ou n’importe quoi, voilà bien quelque chose que nos médias ne montrerons jamais ! Bref ce n’est pas demain la veille que nous aurons des infos islandaises sur nos télés, à moins qu’elle soient négatives.


        • Massaliote 7 janvier 2011 13:31

          D’accord avec Wesson sur ce point, « en dernière analyse c’est le peuple qui détient le pouvoir » C’est bien pourquoi il convient d’abrutir le peuple (exemple : De Carolis (qui ne veut pas de télé-réalité dans les chaînes publiques remplacé par Pfimlin qui y est favorable). Les Islandais ont pu réagir parce qu’ils ne sont pas encore au niveau français. Ils n’ont pas des décennies de décervelage organisé à surmonter.


        • ffi ffi 9 janvier 2011 01:43

          J’ai l’impression que Wesson se rassure à bon compte.

          De mon point de vue, les oligarchies du commerce ont pris le pouvoir en 1789, avec la République. Il fut claironné partout que le peuple allait désormais « gouverner ». Mais le hic, c’est qu’il y a le filtre de l’élection. Pour se présenter, ça coûte cher et pour être élu, il faut des gros soutiens...

          D’ailleurs, le fonctionnement démocratique est façonné comme un marché :
          - appels d’offre réguliers aux postes d’autorité
          - les corporations se portent candidates et présentent leur produit, pub, marketing.
          - les consommateurs achètent le produit selon leur goût en glissant un billet dans la tirelire (un bulletin dans l’urne).

          Les 200 années de République sont piteuses.

          Le pire, c’est que certains, comme Wesson, et moi il y a peu, croient encore que le « peuple » a le pouvoir... Mais ce n’est que le bourrage de crâne de l’éducation nationale, ou les pages de pub du système de propagande qui l’affirment.

          Car, dans les faits, rien n’indique que le peuple ait un quelconque pouvoir. Il n’a jamais été si dépendant des oligarchies qui contrôlent la police, les médias, l’état, l’UE, le commerce, la production, la terre agricole, et la monnaie...

          Tant que les français continueront de croire aux sirènes de la Révolution Républicaine, ils continueront d’aller de mal en pis.

          Si chacun de notre génération sait se rendre indépendant du système, à savoir possède ses propres moyens de subsistance, alors, dans 50 ans, nos enfants verront peut-être la liberté poindre.


        • wesson wesson 9 janvier 2011 14:36

          Bonjour ffi,

          « J’ai l’impression que Wesson se rassure à bon compte. [...] »

          et vous auriez raison, si toutefois on fait l’économie d’une réflexion sur le pouvoir et le contre-pouvoir.

          Cette réflexion Montesquieu aura pu l’avoir en 1750 avec l’esprit des lois, ne serait-il pas possible qu’on l’ai en 2011 ?

          Je suis toujours géné par ce type d’argumentaire : « oui ce que on a c’est pas terrible mais on a rien d’autre alors on se le garde », ce qui n’est rien d’autre qu’une adaptation du fameux TINA (There Is No Alternative), en plus pernicieux.

          Un autre système, meilleur, est toujours possible. Ne pas essayer, c’est être sûr de ne pas l’avoir.


        • ffi ffi 10 janvier 2011 01:30

          Pour moi, le moins pire des systèmes, c’est la monarchie chrétienne.
          .
          Indépendance absolue de l’autorité politique vis-à-vis du monde économique. Société ordonnée en vue du bien commun.
          .
          Tant que les Français continueront de croire aux sophismes révolutionnaires, tout ira de mal en pis.
          .
          C’est déjà expliqué par Platon en -400 Av Jc
          .
          La recherche du juste est trop corrompue par les considérations de subsistance, de vanité, de richesse dans notre système.
          .
          Maintenant, si vous connaissez d’autres types de système, faites-moi signe.


        • ffi ffi 10 janvier 2011 01:58

          PS : la réflexion de Montesqieu est plutôt une opinion qu’une démonstration. Or il faut bien quelques preuves.

          La « concurrence » des pouvoirs, au sein du grand marché de l’autorité, n’a pas montré une efficacité à long terme.
          La société de l’ancien régime est basée sur des pouvoirs strictement séparés, des corps dont les relations sont réglées par le chef.

          Bellatores : défense physique de la patrie et juridiction, interdiction de commercer. Corps militaire.
          Oratores : défense spirituelle de la patrie, éducation et administration, interdiction de commercer. Corps ecclésiastique.
          Laboratores : le tiers-état, monopole économique, corporations.
          Roi : chef, garant de l’unité totale.

          Aujourd’hui, tout se mélange. La bourgeoisie tend à cumuler les attributs de tous les corps historiques, laboratores (corporations économiques, industrie, commerce), Oratores (journaux faiseurs d’opinion, sociétés de service éducatives, médias), bellatores (compagnie de sécurité privées, armées d’avocats et de juristes).

          Les contres-pouvoirs n’ont pas aboutis à la séparation des pouvoirs, mais à sa concentration.


        • Daniel Roux Daniel Roux 7 janvier 2011 12:06

          Le gouvernement islandais voulaient nationaliser les dettes des banques. C’est le président de la république qui a imposé le référendum.

          Comme quoi, lorsqu’un seul homme courageux, honnête et lucide occupe les plus hautes responsabilités, tout espoir n’est pas perdu et le meilleur peut arriver.

          Évidemment dans le cas contraire, c’est à dire dans la plupart des pays de l’Union Européenne, c’est la cata.

          Manque de bol, les Français ont touché le gros lot, ils ont le pire du pire. Un américanophile maladif en retard d’un siècle et demi, d’âge mental 14 ans, qui n’aime que le fric et la frime. Transférer les dettes des banques à la dette publique et en profiter pour cracher sur le modèle que les Français ont choisi est la moindre des choses pour le « président des riches ».

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

J-J-R


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès