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Accueil du site > Actualités > Europe > Le Sénat et les langues de l’Union européenne

Le Sénat et les langues de l’Union européenne

Morceaux choisis, et quelques commentaires sur le récent rapport de la Commission des affaires culturelles du Sénat sur la diversité linguistique dans le fonctionnement des institutions européennes

Ce rapport porte « (...) sur la proposition de résolution européenne n° 204 (2008-2009) présentée au nom de la commission des affaires européennes (...) »

Il est également consultable dans sa totalité sur L’Observatoire du plurilinguisme.

Le rapporteur est le sénateur Legendre, par le passé déjà rapporteur d’excellents bilans de la même commission sur l’enseignement en France.

Le rapport confirme la profonde dérive monolingue anglophone de l’UE, en opposition avec ses principes fondateurs :

« (...)établissant ainsi que la tendance lourde à l’unilinguisme anglophone méconnaissait la devise même d’une Union européenne qui aspire à « l’unité dans la diversité ». »

Il précise que la France n’est pas seule à s’en plaindre :

« (...) que la France n’était pas seule dans son combat en faveur de la diversité linguistique dans l’Union européenne. Après avoir relevé que les entorses au multilinguisme au sein des institutions communautaires suscitaient dans d’autres pays européens la même exaspération, »

On se demande pourtant qui s’en plaint, étant donné que l’Italie et l’Espagne, entre autres, ont rendu l’anglais obligatoire à l’école, mais, surtout, on se demande où les estimables sénateurs ont vu la France combattre en faveur de la diversité linguistique dans l’UE.

En effet, celle-ci est en chute libre dans nos écoles, l’anglais y est imposé au primaire faute de choix (sauf rares exceptions), ainsi qu’en 6e dans de nombreux établissements ; divers ministres se sont distingués comme d’ardents partisans de l’anglais comme langue européenne et comme langue de l’intégration universitaire, ne devant plus être considérée comme étrangère, au point que Mme Pecresse s’est vue décerner le prix parodique de la Carpette anglaise de 2008.

On rappelle aussi que France 24, une télé en anglais maladroitement maquillée en polyglotte, nous coûte 160m/an, les Français apprécieront en cette période de licenciements... et que le ministre Darcos fait financer des stages d’été en anglais dans nos écoles, pour un coût secret défense.

Il semble donc y avoir deux France, l’une majoritaire et tenant tous les leviers de commande, favorable au tout-anglais, l’autre menant le combat dont parle ce rapport parlementaire.

Fâcheux, mais Jean Ferrat ne titrait-il pas déjà une de ses chansons « Ma France » ? Les périodes troublées ou terribles comme la 2e guerre mondiale ou la guerre d’Algérie ont connu aussi de pareils clivages du pays, quoique celui-ci soit plus pacifique. Mais on admire le tact des rédacteurs du rapport présentant toute la France luttant comme un seul homme pour la diversité linguistique !

Soyons plus directs : ceux qui nous dirigent se contrefichent, dans leur grande majorité, de la diversité linguistique dans l’UE et de la primauté de l’anglais, ou alors ils le cachent bien... mais on ne peut l’écrire ainsi dans un rapport sénatorial, j’ignore pourquoi.

Le rapport fait aussi un utile rappel des impératifs de la démocratie :

« Il a souligné également que le multilinguisme institutionnel répondait à un besoin de transparence démocratique, notamment à l’égard des parlements nationaux, gardiens du respect de la subsidiarité dans l’Union européenne. »

En effet, comment débattre de ce que l’on ne comprend pas ? Comment voter à l’aveugle – heu non, mauvais exemple, bien des lois ont été votées devant un Parlement quasiment vide !

« Il a précisé que la proposition de résolution se fondait précisément sur deux entorses au multilinguisme pénalisant fortement les assemblées parlementaires dans leur contrôle de l’action communautaire : d’une part, les rapports de progrès de la Commission européenne sur les pays candidats potentiels à l’entrée dans l’Union (comme la Bosnie ou le Kosovo) sont disponibles uniquement en anglais, et, d’autre part, certains documents préparatoires à l’avant-projet de budget communautaire sont, soit exclusivement disponibles en anglais, soit traduits systématiquement avec retard. »

Il émet l’avis que le coût ne peut être avancé comme une justification :

« (...) le coût total de la traduction et de l’interprétariat dans une Union comptant vingt-trois langues officielles, toutes institutions confondues, ne représenterait, en moyenne, que 2,20 euros par citoyen et par an. »

« (...) il a souligné les efforts des pouvoirs publics français pour tenter de rétablir un équilibre satisfaisant entre les langues. »

Personnellement, je n’ai pas compris à quels efforts ce passage faisait allusion. Divers ministères ne correspondent-ils pas avec l’UE en anglais, ne travaillent-ils pas sur des documents en anglais, au lieu de les renvoyer à l’expéditeur pour traduction, comme le demandent les associations de défense de la langue française ?

Le rapport a, comme il se doit, « salué les efforts de la présidence française de l’Union européenne ».

Il n’a pas évité le cliché de la traduction automatique, dont les progrès futurs nous sont chaque mois rappelés par les fabricants, alors que tout traducteur sait combien ces logiciels sont loin de la vraie traduction :

« (..) et qui appelle à un vaste effort en faveur de la traduction humaine et automatique, »

Il n’a pas échappé aux banalités d’usage :

« (...) l’indication de la nécessité de développer les compétences linguistiques des citoyens européens par l’apprentissage obligatoire, dans les systèmes éducatifs nationaux, de deux langues étrangères rejoignait ses préoccupations, exprimées dans deux rapports qu’il a présentés au nom de la commission des affaires culturelles du Sénat sur l’enseignement des langues vivantes en France et dans une recommandation du Conseil de l’Europe sur la diversification des compétences linguistiques des citoyens européens. »

On déplorera l’absence de plaidoyer en faveur de la liberté de choisir sa ou ses langues étrangères.

On retrouve l’illusion qu’une avancée dans les compétences linguistiques des Européens puisse changer quoi que ce soit à la barrière des langues.
Oublie-t-on le bon sens populaire ? Quand les Européens voient que l’anglais est roi, ils se disent « Je suis pas fou, pourquoi j’apprendrai autre chose, je vais faire pareil ! » .

Croit-on qu’il suffit de décréter qu’on va faire apprendre deux langues étrangères aux élèves, pour qu’ils atteignent un niveau fluide dans ces langues ? Ils n’y parviennent même pas en anglais ! Et c’est bien naturel : l’école ne peut être le lieu que d’une initiation aux langues, pas d’un apprentissage intensif similaire à celui que nous faisons dans notre langue maternelle, tout au long de notre vie. Il faudra un jour accepter le fait que l’apprentissage d’une langue étrangère est un immense travail, et que peu de gens en ont besoin, que peu en ont envie !

Le rapport n’a pas oublié de tancer nos voisins et amis anglais :
« Il a appelé ensuite à la plus grande vigilance sur la question de l’apprentissage d’une deuxième langue étrangère, citant l’exemple du Royaume-Uni qui a supprimé le caractère obligatoire de l’apprentissage des langues étrangères, sous prétexte de lutter contre l’absentéisme, et de l’Italie qui pourrait prochainement ne plus appliquer cette obligation au collège. »

Des vœux pieux :

« (...)d’appeler le Gouvernement à la plus grande vigilance pour prévenir toute discrimination fondée sur la langue. »

Comme toujours, il n’est nullement expliqué comment, dans l’hypothèse de « l’émergence d’un véritable espace public européen multilingue » , un espagnol parlant catalan, français et portugais pourra discuter avec un Suédois qui parle anglais et polonais ?

De bonnes remarques, toujours dans le sens de la transparence et de la démocratie :

« (...) le Gouvernement doit exiger des institutions communautaires qu’elles clarifient les critères présidant à la traduction de certains de leurs documents de travail pour permettre aux parlements nationaux de disposer,(...) »

« les institutions communautaires doivent impérativement améliorer la présentation multilingue de leurs sites Internet, »

Par précaution vis-à-vis des autres pays, qu’on appelle à l’enseignement de deux langues, on s’est défendus par avance de ne viser que la promotion du français.

Finalement, beaucoup de bonnes remarques, mais, comme toujours, l’illusion qu’il suffit de « promouvoir le multilinguisme ».

Oui, mais lequel, comment, quelles langues ? Des détails, de grâce : de quelle façon les institutions européennes fonctionneront-elles, quelles langues seront disponibles à l’école, et comment les Européens discuteront-ils entre eux ?

Au-delà du constat et de quelques bonnes remarques, on reste dans le déni que ce prétendu multilinguisme nous a conduits au tout-anglais, le refus d’admettre qu’un modeste renforcement de la deuxième langue étrangère ne changera strictement rien à la question puisque la première restera selon toute probabilité l’anglais dans tous les pays de l’Union !

Le rapport résume aussi le débat qui a suivi, et qui a permis quelques remarques intéressantes :

« M. Yannick Bodin a encouragé à entrer en « résistance » compte tenu des obstacles qui se dressent face à la cause du multilinguisme européen. Il a attiré l’attention sur les difficultés posées par la traduction dans une Union européenne élargie qui nécessite le recours accru aux langues pivots. »

Effectivement, malgré l’augmentation constante du budget, et l’excellence du service de traduction et interprétariat, on cache volontiers que la qualité de la traduction baisse dans certains cas, du fait du recours à des langues pivots – souvent l’anglais.

« Il a souligné, également, le paradoxe de l’anglais qui est considéré comme une langue étrangère par certains pays et comme une langue internationale par d’autres, notamment les pays du Nord et nombre de pays de l’est de l’Europe. »

Bien vu, la diversité est grande dans l’UE, nous sommes une mosaïque de peuples et de cultures, et la perception de l’anglais par les Suédois (qui enseignent souvent en anglais à l’université) n’est pas du tout la même que, par exemple, celle des Espagnols.

M. Ivan Renar a mis l’accent sur un risque pour l’UE :
« (...) Il a estimé que l’unilinguisme pouvait conduire au développement d’un sentiment anti-européen. »

On rappela qu’il ne fallait pas créer une hiérarchie entre les langues de l’UE :

« En réponse aux différents intervenants, M. Jacques Legendre, rapporteur, a tout d’abord indiqué qu’il approuvait la suggestion de Mme Marie-Christine Blandin de supprimer la mention « en privilégiant leur degré de portée politique » figurant dans la proposition de résolution de la commission des affaires européennes. »

Marie-Christine Blandin, sénatrice du Nord-Pas-de-Calais, a cité la solution espéranto :

« Elle a regretté que l’Europe ait manqué le rendez-vous de l’espéranto, estimant que cette utopie aurait contribué à une égalité de traitement entre tous les partenaires européens en matière linguistique. »

Nos chaleureuses félicitations pour ce courage politique.

Ajoutons simplement que ce rendez-vous est toujours possible : l’espéranto, langue construite, est prêt et il n’attend que nous. Une langue véhiculaire commune à tous les Européens est à portée de main ; en à peine quelques années, dans le respect de toutes les langues et peuples de l’union, une solution démocratique, car accessible au plus grand nombre (langue construite très largement plus facile) et l’espace public européen, dont on déplore souvent l’absence, serait alors autre chose qu’un rêve.

Il est piquant de constater que les députés ayant soutenu l’espéranto sont tous des députées ! Ljudmila Novak, membre slovène du Parlement européen, a rédigé une motion en sa faveur, deux parlementaires neuchâteloises à Berne au parlement fédéral suisse, Mesdames Francine John et Gisèle Ory, avaient proposé l’Association Universelle d’Espéranto (UEA) pour l’obtention du Prix Nobel de la Paix en 2008.
De son côté, Hélène Mandroux, est Mairesse de Montpellier, ville dont le site est en huit langues dont l’Eo, et Mme Catherine Trautmann a soutenu la présence de l’Eo parmi les langues disponibles pour la visite de Strasbourg en bateaux-mouche,

Le vrai courage politique serait-il féminin ? Ou craignent-elles moins pour leur carrière ?

Non, je rigole, il y a aussi des hommes politiques favorables mais... en Suisse :

Il n’est jamais trop tard pour discuter d’un plurilinguisme efficace et équitable : espéranto comme langue véhiculaire commune + une ou deux autres langues selon les origines familiales, régionales, les besoins professionnels et l’expatriation éventuelle.

Le plurilinguisme, oui, mais lequel ? Voilà à quoi devraient répondre en détail les rapports des fonctionnaires européens et des politiciens, plutôt que de se contenter du mot, qui n’aboutit qu’à apprendre tous l’anglais en première langue et à plaider en vain pour un renforcement de la deuxième, tandis que les anglophones les rendent toutes facultatives dans leurs écoles dès 14 ans !

L’espéranto, quoique méconnu en France, est à notre avis la seule alternative crédible à la question de l’anglais dans l’UE ; il méritait qu’un chapitre lui soit consacré, même critique, en tout cas davantage qu’une simple mention au cours des débats. Car c’est un Français qui a dit « De l’audace, toujours de l’audace ! »

Tant que les rapports, aussi intéressants soient-ils, se contenteront de banalités et de vœux pieux dans leurs recommandations, la place de l’anglais dans l’UE ne fera que se renforcer, comme cela se passe sous nos yeux en ce moment même. Une nouvelle occasion de perdue.


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127 réactions à cet article    


  • Jovitourtiste Jovitourtiste 17 mars 2009 17:03

    Preum’s ! Un article de toute beauté, vraiment !


    • Krokodilo Krokodilo 17 mars 2009 18:05

      Désolé de ne pas parler de vous dans cet article, mais mon appel à débat au sujet de la politesse sur Agora vox ne semble pas recueillir les votes requis, l’article (court) est en attente. Si vous avez des potes qui peuvent voter...


    • Kalki Kalki 17 mars 2009 18:25

      + 2
      De l’audace.


    • Jovitourtiste Jovitourtiste 17 mars 2009 18:29

      Il semble que les modérateurs soient exaspérés par vos démonstrations de fayotisme pleurnichard. Rien d’étonnant, même venant de leur part...


    • ronchonaire 17 mars 2009 17:36

      Mouaif, en même temps, le "multilinguisme" à l’école et ailleurs a quand même ses limites. Par exemple, je fais partie de cette génération que l’on a stupidement poussé à choisir l’allemand comme première langue (dans les années 80-90) parce que c’était soi-disant la langue de l’avenir (mes parents ont eu la bonne idée de m’imposer l’anglais malgré tout). Je ne connais pas une seule personne ayant choisi l’allemand comme 1ère langue au collège et au lycée ne pas regretter amèrement ce choix ; et je ne connais personne ayant appris l’allemand à l’école et qui soit capable de me dire ne serait-ce qu’une phrase en allemand. Bref, ces personnes-là ont perdu sur toute la ligne car non seulement elles ne parlent toujours pas un mot d’allemand mais en plus elles ont eu beaucoup plus de difficulté à apprendre l’anglais par la suite. Je ne sais pas quel est le con qui a eu cette idée visionnaire mais il mérite sans nul doute une médaille.

      La réalité est beaucoup plus prosaïque : les échanges (commerciaux, culturels, professionnels) se faisant aujourd’hui au niveau mondial, nous avons tous besoin d’une "lingua franca" pour communiquer facilement et rapidement. L’anglais a émergé parce qu’il se trouve qu’au moment où la mondialisation a eu lieu, les Etats-Unis dominaient le monde ; qui sait si dans 50 ou 100 ans, nos descendants ne devront pas obligatoirement apprendre le chinois ou l’arabe pour pouvoir communiquer au quotidien avec leurs clients ou leurs amis ?! Auriez-vous protesté de la sorte contre le "monolinguisme" à l’époque où c’était la langue française qui dominait le monde ?


      • Jovitourtiste Jovitourtiste 17 mars 2009 17:52

        Je ne connais pas une seule personne ayant choisi l’allemand comme 1ère langue au collège et au lycée ne pas regretter amèrement ce choix

        Tout à fait d’accord. Le type qui a eu cette idée mérite d’être écartelé vivant.


      • Krokodilo Krokodilo 17 mars 2009 18:17

        Ronchonaire,
        Pour l’allemand à l’école, à l’époque dont vous parlez, l’axe franco-allemand dominait l’UE et ce n’était pas une si mauvaise idée d’en faire à l’école. Encore aujourd’hui, ce serait notre premier partenaire commercial, mais je ne suis pas clé en économie. Après cette période, il y a eu un accord entre les deux pays pour se soutenir mutuellement à l’école et arriver à 15% de choix en première langue. Cet accord a échoué, l’anglais domine, s’est imposé, tout en étant aussi imposé. On voit d’ailleurs ce qu’il en est du libre choix des langues à l’école… Nous sommes manipulés comme des cobayes. J’ai proposé une réforme qui permettrait à la fois un très large choix des langues, à coût constant, et dans une vraie liberté de choix, ce ne serait pas si compliqué, mais un peu révolutionnaire…
        Par ailleurs, peut-être avez-vous mal vécu cet aiguillage vers l’allemand, mais je pense que c’est moins grave que vous le pensez si vous avez fait anglais en LV2. On ne peut apprendre une langue à l’école, tout au plus fait-on une initiation, plus ou moins poussée. La distinction LV1 et 2 tend d’ailleurs à disparaître, c’est dans des recommandations officielles, et plusieurs lycées pilotes l’ont essayé vers la seconde.

        « Auriez-vous protesté de la sorte contre le "monolinguisme" à l’époque où c’était la langue française qui dominait le monde ? »
        Comment répondre honnêtement ? A l’époque je n’étais pas né, comment savoir ce que j’aurais pensé, vu que je n’aurais pas été la même personne ? Pour aujourd’hui, j’ai donné mon avis en fin d’article.



      • Krokodilo Krokodilo 17 mars 2009 18:20

        De fait, il y a une désaffection de l’allemand, en 6e on a remplacé des classes d’allemand par des classes bilingues angl/all, et parfois celles-ci ont été à leur tour remplacées par anglais seul par manque de candidats ! Situation aggravée par le fait que l’Allemagne défend peu sa langue au sein de l’UE...


      • Gonzague gonzague 17 mars 2009 19:04

        "Tout à fait d’accord. Le type qui a eu cette idée mérite d’être écartelé vivant."

        Je ne sais pas si j’ai besoin de commenter, en fait, cette phrase ponctuellement bloquée entre mon strg et mon v.

        Sans méchanceté aucune, comme de bien entendu.


      • Gonzague gonzague 17 mars 2009 19:26

        Quel est l’intérêt d’écarteler un mort ?


      • Jovitourtiste Jovitourtiste 17 mars 2009 19:30

        Si on est charitable, on se contente d’égorger la victime puis de l’écarteler ensuite pour faire un exemple.


      • Asp Explorer Asp Explorer 17 mars 2009 22:46

        Il faudra expliquer un jour à Krokodilo que si l’anglais domine le choix de la première langue à l’école, ce n’est pas parce que de méchants gestapistes à la solde du British Council complotent dans l’ombre pour étendre l’impérialisme yankee. C’est le résultat du choix spontané et du reste parfaitement rationnel des élèves et de leurs parents. Si on supprimait des classes d’anglais, ils seraient les premiers à les réclamer, pour la bonne et simple raison que l’anglais, qu’on le veuille ou non, c’est utile dans la vie.

        Mais apparemment, il y a des vérités simples et évidentes pour tout le monde, et qui ont du mal à rentrer.


      • Krokodilo Krokodilo 17 mars 2009 23:51

        Il faudra un jour expliquer à Asp qu’il n’y a pas de choix des langues à l’école primaire - excepté de rares exceptions-, ni en 6e dans de nombreux établissements qui ne proposent plus que anglais, ou parfois bilingue angl-allemand, ce qui revient au même. L’Etat décide pour les enfants et les parents. Il faudra un jour expliquer à asp que des parents ont réclamé une autre langue en LV1 en 6e dans diverses Académies, expliquer que je n’ai jamais nié que de nombreux parents veulent l’anglais en LV1, il faudra un jour expliquer à Asp... etc., etc.


      • ARMINIUS ARMINIUS 18 mars 2009 08:46

        Continuez à penser ainsi....ça fait de la place pour les enfants des familles qui ont choisi l’Allemand et trouvent un job sans difficultés ou presque : l’Allemagne reste notre premier client et notre premier fournisseur malgré l’inconduite imbècile de notre président, liée à son ignorance crasse. L’Espagnol ne sert strictement à rien si vous voulez rester bosser en Europe, ça peut aider par contre aux amériques vu la futur prédominance des hispanisants aux EU. L’Anglais reste le moteur essentie pour le commerce international, même si il est la plupart du temps malmené. Quant à l’Esperanto il restera une belle idée, style "si tous les gars du monde voulaient se serrer la main" (référence à une film à succès des années 50)... et n’oublions pas : "....pour bien connaître un pays connais d’abord sa langue".


      • skirlet 18 mars 2009 10:11

        Avez-vous lu le message ? Ceux qui veulent choisir l’allemand (avec une minuscule, car langue et non personne), n’ont pas cette possibilité, car l’État a décidé autrement. Renseignez-vous.


      • Dwuth 24 mars 2009 19:17

        Mon frangin fait du teuton depuis le CM2 et il s’en porte pas plus mal... J’avais aussi cette possibilité.

        黙れスカーレッと


      • J.F. Clet 31 mars 2009 22:04

        Sans doute... si j’avais pu choisir l’espagnol et l’italien à l’école, je serais peut-être trilingue*, au lieu d’avoir passé 2000 heures à ne pas réussir à apprendre l’anglais...

        Heureusement qi’il ya l’espéranto pour me donner une autre langue que le français !

        *) heu... peut être trilingue au sens littéral : "qui parle trois langues" mais pas au sens professionnel : "qui parle anglais et une autre langue"


      • Romain Desbois 17 mars 2009 19:42

        Nos élus déplorent l’inulinguisme anglophone ! Ils ne manquent pas de culot alors que ce sont eux qui l’ont encouragé !
        Quand les associations espérantistes écrivent au Parlement , ils recoivent la même réponse stéroétypée envoyée déjà .... sept ans auparavent !

        Ces élus nous le savons déjà ne sont représentatifs , ils votent ce que le peuple rejette et de plus à eux tous ne représentent même pas la majorité des électeurs !

        Quand un état accepte que son fleuron (bien usurpé) de la recherche médicale, Pasteur publie uniquement en anglais ou que ses élus acceptent de parler anglais au parlement européen, comment peut-il s’étonner que le français soit mal traité ?


        • Asp Explorer Asp Explorer 17 mars 2009 22:39

          Quand les associations espérantistes écrivent au Parlement , ils recoivent la même réponse stéroétypée envoyée déjà .... sept ans auparavent !

          Ce qui prouve qu’au moins, nos élus sont soucieux des deniers publics, et s’évitent des pertes de temps et d’argent inutiles.


        • Jovitourtiste Jovitourtiste 17 mars 2009 23:29

          Mais non, cela prouve que les élus ont un blocage psychologique à l’égard de l’espéranto... Leur subconscient, manipulé par les extraterrestres judéo-nazis, leur interdit d’évoquer la question de l’espéranto.


        • Krokodilo Krokodilo 17 mars 2009 23:55

          C’est vrai qu’en dépensant 160m/an pour financer une télévision en anglais, French24, ainsi que des stages d’été et des certifications à Cambridge, il ne reste pas de quoi payer un malheureux prof vacataire deux jours au bac.


        • Krokodilo Krokodilo 17 mars 2009 23:56

          Pas tous, j’ai cité certaines élues qui n’ont apparemment pas ce blocage !


        • Jovitourtiste Jovitourtiste 18 mars 2009 19:27

          Mon cher Kroko, votre esprit obtus n’a pas compris le sens de ma phrase. Personne n’a de blocage au sujet de l’espéranto, c’est juste que tout le monde s’en fout. Au même titre que personne n’a de blocage psychologique à l’égard des limules, même si personne n’en parle dans les médias. Arrêtez de vous comporter en complotiste, cela devient lassant à la fin.


        • Krokodilo Krokodilo 18 mars 2009 19:55

          J’ai justement prévu un article détaillant un peu plus la différence d’attitude envers l’Eo entre la France et un autre pays européen. Mais si c’est trop lassant, je vous en prie, lisez plutôt le Financial Times, je ne veux pas abuser de votre temps.


        • Jovitourtiste Jovitourtiste 18 mars 2009 20:09

          Entre un pays qui se fout de l’espéranto et un pays qui n’en a rien à carrer, il y a sans doute une subtile différence...


        • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 18 mars 2009 20:11

          Ouais. Celui qui en a rien à carrer est plus vulgaire.

          Typhon


        • Jovitourtiste Jovitourtiste 18 mars 2009 20:25

          Donc l’étude du saurien consiste à déterminer qui est le plus vulgaire dans son indifférence à l’égard du despéranto ?


        • Krokodilo Krokodilo 18 mars 2009 20:32

           Winkiesman et Jovitouriste, vous serez obligés de patienter pour avoir la réponse, quel suspense !


        • Jovitourtiste Jovitourtiste 18 mars 2009 20:36

          Attention, il nous a désignés séparément ! Une certaine lueur de clairvoyance dans le cerveau dérangé du saurien...


        • Arunah Arunah 17 mars 2009 23:24

          Si j’apprends l’anglais, j’ai accès à une littérature éblouissante ( Royaume-Uni, Etats-Unis et tout le Commonwealth et d’autres auteurs étrangers qui écrivent directement en anglais pour être mieux publiés ), je peux voyager à peu près partout et me faire comprendre ( à tout le moins dans le secteur du tourisme ), j’ai également accès à une somme colossale de publications scientifiques et techniques, des journaux, des magazines, des bibliothèqes numérisées, des chaînes de télévision, Internet, etc... et vous voudriez que je me contente d’une poignée de traductions en espéranto ?

          Vous n’êtes pas sérieux ! 


          • Krokodilo Krokodilo 18 mars 2009 00:16

            Arunah,
            Tout à fait l’attitude espérée par le British Council et la CIA !
            Et si les Etasuniens ou les Anglais veulent lire des oeuvres francophones, vous croyez qu’ils vont se faire suer à apprendre le français ? Non, ils lisent des traductions, comme la majorité de l’humanité le fait pour presque toutes les cultures étrangères.
            Vous croyez qu’un grand seigneur apprenait le breton, le savoyard ou l’occitan de sa bonne, pardon : de son employée de maison ? Vous croyez qu’un riche libanais apprend le pakistanais parce qu’il a une employée pakistanaise ? La France a réintégré le commandement intégré de l’Otan, vous croyez que les militaires étasuniens vont apprendre le français ?
            Les esclaves apprennent la langue des maîtres, pas le contraire. Parce qu’il ne s’agit pas de culture (globalement bien sûr), mais de territoire, d’influence, de pognon, en un mot de pouvoir.



          • Arunah Arunah 18 mars 2009 01:48

            Cher Krokodilo,

            Sachez que Pouchkine a appris le russe sur les genoux de sa nounou ( sa niania ) alors que l’aristocratie russe de l’époque ne parlait que le français entre soi et n’utilisaient le russe qu’avec les domestiques. Il est vrai qu’alors le français était une langue internationale...
            Seul le masochisme peut retenir un individu d’apprendre l’anglais. Et c’est un bonheur d’être à la solde de Shakespeare, Dickens, Jane Austen, V.S. Naipaul et tant d’autres.

            Je vous laisse à votre triste esperanto, langue sortie d’un laboratoire, sans histoire, sans littérature, sans peuple, sans culture, autant dire une non-langue. Mais vous aimez peut-être les fraises en conserve ou pire en flocons ? 


          • skirlet 18 mars 2009 02:37

            Arunah, en reprenant votre style, sachez que Pouchkine n’a pas appris le russe uniquement avec sa nounou (ou няня, comme vous le précisez  smiley ) Son père était assez connu parmi l’aristocratie par ses poésies en russe, son oncle brillait avec ses pamphlets et calembours (toujours en russe), sans parler de la grand-mère, pour laquelle le français était, disons, non dominant. Oui, le français était à la mode, mais ce ne sont pas les écrivains russes ayant écrit en français qui sont restés dans l’histoire. Une copie vaut toujours bien moins que l’original.

            La culture ne se limite pas à l’anglais et les écrivains anglophones, alors que chacun apprenne une langue de son choix. Sans oublier les traductions qui nous font découvrir plus de cultures que des langues que nous pouvons apprendre.

            Je ne commenterai pas votre description de l’espéranto, car votre ignorance du sujet est évidente, mais, pour répondre à votre question, j’aime les fraises fraîches, en compote, séchées, en confiture etc., et je vous rappelle que la plupart des fraises se trouvant sur le marché sortent du labo... comme l’espéranto, quoi smiley


          • Arunah Arunah 18 mars 2009 03:01

            @skirlet

            Je n’ai jamais prétendu que la culture se limitait à l’anglais !
            J’ai moi-même appris - dans l’ordre - l’anglais, le russe, l’allemand, l’espagnol ( modestement ) et l’arabe (à doses homéopathiques ). Je lis principalement les littératures russe ( en traduction, par paresse ) et indienne (en anglais et uniquement les Indiens anglophones ; les écrivains vernaculaires sont très souvent marxistes et lourds ). Donc, l’anglais est une passerelle qui donne accès à d’autres cultures et un vecteur d’enrichissement sans rival. De plus, l’anglais est vivant et couvre les cinq continents. Oui, c’est maintenant la culture dominante et il faut être de mauvaise foi pour ne pas le reconnaître. 


          • skirlet 18 mars 2009 10:31

            Et vous lisez Pouchkine avec votre russe ? smiley En traduction, comme vous dites, parce que le niveau de langue élevé, avec lequel la lecture n’est pas un travail mais un plaisir, ne s’acquiert pas rapidement. C’est un gros travail et beaucoup de temps, et la plupart de gens n’ont pas la possibilité (et le plus couvent l’envie) de s’investir autant. Autrement dit, vous ne maîtrisez pas les nuances et les argots, donc il vaut mieux profiter du travail d’un spécialiste - un traducteur - ce que fait la plupart de gens.

            Donc, l’anglais est une passerelle qui donne accès à d’autres cultures et un vecteur d’enrichissement sans rival.

            Il donne l’accès aux écrivains anglophones. Au fait, c’est quoi "écrivains vernaculaires" ? Et depuis quand l’Inde est devenu un pays marxiste ?

            De plus, l’anglais est vivant et couvre les cinq continents.

            Parce que les autres langues ne le sont pas ? smiley Et cette couverture est souvent au niveau "yes" et "no", parfois même pas.

            Oui, c’est maintenant la culture dominante et il faut être de mauvaise foi pour ne pas le reconnaître.

            Dominante, oui. Et tellement présente, que la moindre des choses serait de découvrir autre chose que ça. Par ailleurs, cela ne change rien à l’idée du libre choix de langues à apprendre. Je lis en VO en 5 langues, l’anglais n’en fait pas partie (bien que s’il le faut, je peux lire un article et le comprendre), et ça me va très bien. Mon cerveau n’est pas extensible à l’infini, les traductions de l’anglais sont surabondantes, et dans d’autres langues j’ai accès aux livres qui ne sortiront pas en français ni en anglais.


          • Arunah Arunah 18 mars 2009 14:03

            @skirlet

            Oui, je lis Pouchkine en russe quand j’en ai le loisir, mais en ce moment je lis Andrei Platonov ( "La rivière Potudan" ), il est vrai dans une édition annotée avec lexique en anglais.

            Pour ce qui est des langues vernaculaires en Inde, il s’agit des langues des différents états indiens qui parlent soit des langues indo-européennes - hindi, penjabi, gujurati, sindhi, mahratte, bengali, etc - soit dravidiennes - tamoul, malayalam, telugu, kannada, etc - ou autres - langues tibeto-birmanes - . L’Inde compte une bonne vingtaine de langues nationales en plus de l’anglais qui a lui aussi le statut de langue nationale. Les gens du Sud ( dravidiens ) n’ont que l’anglais comme langue commune avec ceux du Nord ( New Delhi ) et préfèrent communiquer avec eux en anglais plutôt qu’en hindi.

            Les élites sont éduquées en anglais, écrivent en anglais et se font publier à Londres, Toronto ou New-York. Ce qui un gage de reconnaissance internationale et d’avantages financiers. L’édition en Inde n’étant pas ce qu’elle pourrait être - un best-seller "fait" 5000 exemplaires - cela parait être une solution raisonnable.
            Ceux qui ne peuvent se permettre les écoles privées anglophones font leur études en langues vernaculaires et voient les meilleurs jobs leur passer sous le nez.. D’où un certain ressentiment.
            Les écrivains vernaculaires sont souvent "provinciaux" dans leur approche, coupés qu’ils sont de la culture internationale. Par contre ils sont souvent pollués par une culture marxiste et nourris de réalisme soviétique. Pour mémoire au moins deux états indiens sont communistes : le Bengale et le Kérala.
            L’Inde non-alignée a été de fait sous influence soviétique jusqu’en 1990.

            Si vous souhaitez continuer cette conversation, cela peut se faire par e-mail ou messagerie instatanée, inutile d’amuser la galerie ! 


          • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 18 mars 2009 15:07

            Et les langues Mounda ? Elles puent les langues Mounda ?

            Typhon


          • Arunah Arunah 18 mars 2009 19:13

            Non, les langues munda ne puent pas, mais n’ayant jamais eu de contacts avec des locuteurs de munda, je ne me prononcerai pas sur leurs particularités olfactives.
            Plus sérieusement, les publications en munda ne monopolisent pas des kilomètres de rayonnages dans les bibliothèques. Et j’ai bien peur que l’essentiel des publications les concernant ne soient en anglais... 

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