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Accueil du site > Actualités > Médias > La manufacture du consentement

La manufacture du consentement

Noam Chomsky est un linguiste émerite au MIT, sa compréhension du monde en fait l’un des intellectuels les plus lus et les plus cités de notre époque. Tout cet article, qui est une réflexion sur la propagande occidentale en général, et française en particulier, est directement inspiré de deux de ses ouvrages : « La Fabrique de l’opinion publique : la politique économique des médias américains » et « Pirates et empereur ». On parle beaucoup aujourd’hui de censure ou d’autocensure. Celle-ci existe bien entendu, de manière de moins en moins marginale d’ailleurs, mais il est important de la remettre dans son contexte. En effet, tel l’arbre qui cache la forêt, la censure dissimule le fait que le contrôle du peuple se fait d’abord à travers un contrôle efficace de la pensée, i.e. une définition claire et inviolable des limites de la pensée « autorisée ». Chomsky parle d’ « ingénierie historique » au sujet de la propagande dans le monde occidental. Il est indéniable que, ces dernières années, ce contrôle s’est considérablement renforcé en France, tant il devient de plus en plus difficile de voir exprimer dans les médias des opinions non-orthodoxes (merci à Agoravox pour cet espace de liberté).

A. Quelques caractéristiques de la fabrique de l’opinion

Que la société soit prétendument démocratique ou non, il est nécessaire pour la classe dirigeante de garder le contrôle du peuple gouverné. Dans une dictature, la chose est aisée, l’Etat ayant le monopole de la violence et les décisionnaires n’ayant de compte à rendre à personne, sinon eux-mêmes. Une démocratie ne peut évidemment procéder ainsi, puisqu’il y règne la liberté d’expression et que les dirigeants sont censés prendre leur décision en fonction de ce que le peuple exprime, notamment lors des élections.

La « manufacture du consentement » s’est considérablement perfectionnée, pour devenir de nos jours le corset efficace et invisible de nos démocraties.

Une de ces caractéristiques est l’élaboration d’une véritable « Novlangue » où des mots sont véritablement investis par les médias d’un sens tout à fait inhabituel. Les exemples sont très nombreux et il suffit d’ouvrir n’importe quel journal pour en trouver par poignées.

Par exemple, la notion d’extrémisme. Voilà un mot utilisé constamment par les médias pour tout et n’importe quoi, le seul et unique point commun des « extrémistes » étant leur nature d’ennemis du pouvoir.

Par exemple, les Palestiniens qui se font sauter au milieu de la foule sont des extrémistes, les Israéliens qui bombardent les civils ne font que conduire « des opérations de représailles ».

En France, les manifestants arrachant les plants d’OGM sont des extrémistes alors que la volonté inébranlable de Monsanto de commercialiser son maïs en Europe n’est que rarement évoqué, l’axe principal étant la dangerosité ou non des OGM. Alors que la conduite de Monsanto est aussi un extrémisme dans cette volonté d’imposer à tout prix son produit (expériences truquées ou/et dissimulées, corruption, lobby puissant).

C’est ainsi que le débat officiel se focalise entre deux camps bien tranchés : « extrémistes » écologistes dénonçant la dangerosité supposée des OGM, qui en appellent au principe de précaution d’une part et, d’autre part, des experts et autres scientifiques qui moquent la stupide pusillanimité des premiers tout en les accusant de freiner une technologie capable de résoudre le problème de la faim dans le monde. Alors qu’en réalité il s’agit d’une lutte d’influence entre ceux qui défendent l’opinion majoritaire (peu importe leur raison d’ailleurs) et une entreprise qui défend l’opinion minoritaire. Lorsque l’on voit la violence tout à fait incroyable qui a été déchaînée sur les arracheurs d’OGM, on se dit que leur « extrémisme » dénoncé via les médias est surtout le signe d’un changement de camp de nos dirigeants.

Le concept récent de « modernité » est un autre échantillon de « novlangue » ; dans la bouche des médias, il est de plus en plus synonyme de libéralisme (typiquement, Sarkozy comme emblème de la modernité contre Royal dont on a cessé de souligner l’anachronisme).

Une autre évolution récente de notre langue, fréquemment pointée par Marianne, est cette propension des politiques actuels d’insulter systématiquement tout opposant de fasciste, raciste ou d’antisémite si bien qu’à force, on ne sait même plus où se trouve la frontière. Pour éviter d’avoir à faire face à ces accusations, on a donc tout intérêt à s’en tenir aux « dogmes » en vigueur car une accusation d’antisémitisme/fascisme/racisme même totalement injustifiée se paie très cher (récemment, le sous-préfet de Maintes a été limogé pour avoir accusé publiquement l’armée israélienne de crimes tout à fait odieux, mais surtout tout à fait documentés. Ce n’est pourtant pas le premier fonctionnaire à s’exprimer sur la politique d’Israël, par contre, c’est un des rares à oser la critiquer. http://soutienbrunoguigue.info/).

Cette pratique de l’insulte (qui devient un véritable pouvoir de vie et de mort médiatique dans les mains des cartels économiques) suscite un engouement dans la société facilement constatable sur le net (le point Godwin). Il faut dire que cette pratique a un autre avantage indéniable et de poids : il permet de se passer de tout argument.

Un autre produit de la manufacture du consentement est l’implantation dans les esprits de faux lieux communs. Par exemple, en France, l’idée que nous sommes une société d’assistanat sur la faillite. C’est une des plus grandes réalisations des médias en France. Ca n’est quasiment jamais dit tel quel par les journalistes (mais ça l’est par nombre d’experts et économistes, quasiment jamais contredit, sinon par les faits), mais c’est suggéré en permanence, comme la toile de fond de toute réflexion politique ou économique.

Cette idée est aujourd’hui très largement répandue en France. Alors que cette affirmation est pour le moins fortement discutable. On peut tout à fait faire l’analyse que ce n’est pas tant qu’on aide trop les exclus de la société, mais surtout qu’on ne récompense pas assez le travail. En particulier, les emplois sans qualifications où l’on constate une très forte dégradation à la fois des salaires et des conditions de travail. Plus le travail devient peu gratifiant et pénible, plus le chômage devient tentant.

Comment a-t-on gagné la bataille de l’opinion en France à ce sujet ? A grands coups de sondages (on les publie quand il donne des résultats qui concourt au but poursuivi, on ne les publie pas sinon), de micro-trottoir, d’enquêtes économiques biaisées, d’interventions d’experts et d’économistes toujours en désaccord (ah, la joie du débat contradictoire), mais toujours d’accord sur le fait qu’« il faut faire quelque chose ». Et à ceux qui se demandent ce que pourrait être ce quelque chose, les médias apportent la réponse puisqu’ils nous vantent régulièrement la bonne santé de la Grande-Bretagne, de l’Espagne, plus récemment de l’Allemagne grâce à leur réforme libérale et leur diminution des dépenses sociales. Tout cela, en nous rabâchant que toute alternative n’est pas crédible (cf. débat sur la Constitution européenne).

Si tout cela fonctionne, ce n’est pas parce que les animateurs TV, les politiques, les journalistes se réunissent en secret pour élaborer l’actualité du jour, c’est parce qu’ils sont tous passés par les mêmes moules de pensée ; qu’ils ont tous en eux les mêmes limites de pensée au-delà desquelles une opinion n’est plus respectable.

Un autre dogme qui, lui, sert de cadre à toute réflexion géopolitique : l’association tout à fait fausse entre Occident/démocratie et régimes ennemis/dictature. Nombre de régimes ultralibéraux et/ou amis se sont avérés être des dictatures tout à fait sanglantes (en Amérique centrale et en Afrique notamment) alors que, par exemple, le régime actuel du Venezuela, vilipendé dans les médias pour son manque de démocratie, aurait des leçons à donner à notre président ; Chavez, lui, a suffisamment de respect pour la démocratie pour suivre l’avis de son peuple exprimé lors d’un référendum. Il est, par exemple, tout à fait établi que les médias taisent systématiquement toutes les atrocités faites par les démocraties amies et, dans le même temps, s’époumonent contre les atrocités de l’ennemi. Chomsky dans Pirates et empereur le montre sur des centaines d’exemples.

Par exemple, pendant que le monde occidental s’indignait à juste titre sur le génocide au Cambodge du temps de Pol Poth, un autre génocide, pire sous bien des aspects, se perpétrait dans la même région au même moment au Timor oriental, et faisait l’objet du dédain total des médias occidentaux. Il cite de nombreux exemples concernant Israël et les Etats-Unis, et montre que la cruauté et la barbarie des armées occidentales n’a rien à envier à celle des intégristes musulmans que l’on nous décrit à la télévision. L’une des différences entre le terrorisme d’Etat et le terrorisme contre l’Etat, c’est que le premier est un terrorisme de masse pendant que le second est un terrorisme de détail, nous explique Chomsky.

Le rôle des médias est d’abord de clairement fixer les limites du débat, les limites du pensable. A l’intérieur de ces présupposés, le débat est libre. « Et plus le débat est âpre et violent au sein de cette enceinte, plus les présupposés qui s’y rattachent seront fortement inculqués » (Chomsky). C’est un point très important, c’est ce qui maintient l’illusion de liberté.

Peu importe que tu penses qu’il faille augmenter les taxes ou diminuer les dépenses tant que tu es d’accord sur le principe qu’il est urgent de rétablir l’équilibre des finances et que tu ne remets pas en cause le fait que des investisseurs privés contrôlent la Banque nationale. Rappelez-vous, lors du débat sur la Constitution européenne, la question du statut privé de la BCE fut soulevée par quelques « extrémistes » altermondialistes, la question sembla totalement incongrue pour les tenants du dogme. La question ne l’est pourtant pas car tous les pères fondateurs de nos sociétés ont toujours insisté lourdement sur ce point.

  • B. Franklin : « le refus du roi Georges III de permettre aux colonies d’opérer un système monétaire honnête, qui libérait l’homme ordinaire des griffes des manipulateurs financiers, fut sûrement la cause principale de la révolution [guerre d’Indépendance] »
  • T. Jefferson : « Je pense que les institutions monétaires sont plus dangereuses qu’une armée debout... Si le peuple américain permet un jour aux banques privées de contrôler l’émission monétaire... les banques et les entreprises qui fleuriront autour de lui priveront le peuple de ses possessions jusqu’à ce que ses enfants se retrouvent un jour sans-abri sur le continent conquis par leurs pères. »
  • Napoléon (créateur de la Banque de France) : « Lorsqu’un gouvernement est dépendant des banquiers pour l’argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. [...] L’argent n’a pas de patrie ; les financiers n’ont pas de patriotisme et n’ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain. »
  • J. W. Wilson (le président américain qui créa la Réserve fédérale) : « Notre grand pays industriel est contrôlé par son système de crédits. Notre système de dettes est concentré dans le privé. En conséquence, la croissance du pays ainsi que toutes nos activités sont entre les mains de quelques hommes... qui, forcément, en raison de leurs propres limitations, gèlent et limitent et détruisent la véritable liberté économique. Nous sommes devenus une des puissances [...] les mieux contrôlées du monde civilisé. Ce n’est plus un gouvernement de libre opinion, un gouvernement de conviction élu par la majorité, mais un gouvernement de l’opinion et de l’emprise de petits groupes d’hommes. »
  • Eisenhower (lors de sa dernière allocution télévisée en tant que président)
  • W. Churchill  : « Depuis l’époque des Spartacus, Weishaupt, Karl Marx, Trotski, Belacoon, Rosa Luxembourg et Ema Goldman, cette conspiration mondiale a connu une croissance constante. Cette conspiration a joué un rôle décisif et identifiable dans la Révolution française. Elle a été le berceau de tous les mouvements subversifs pendant le XIXe siècle. Et, finalement, ce groupe de personnalités extraordinaires du monde secret des grandes villes d’Europe et d’Amérique ont saisi le peuple russe par les cheveux, et sont maintenant devenus les maîtres incontestables de cet énorme empire. » (1922)
  • Roosevelt : « la vérité en la matière est qu’un élément financier dans les grands centres possède le gouvernement des Etats-Unis depuis A. Jackson »(1933)
  • M. Friedman : « Il m’a toujours semblé curieux que tant de libéraux se soient prononcés en faveur des banques centrales indépendantes et, plus récemment, pour l’extension de la coopération internationale entre les banques centrales. Bien que, dans d’autres domaines, ils redoutent la puissance arbitraire, ils se sont montrés ici maintes fois favorables à un gouvernement dirigé par des hommes plutôt que par des lois, et aussi à une politique interventionniste plutôt qu’à une politique de marché. (...) Le fait de déléguer aux gouverneurs de banques centrales des pouvoirs économiques étendus me semble absolument contraire aux principes libéraux. »

Même si l’on refuse d’accorder du crédit à ces citations (non exhaustives), on voit bien que la question de l’indépendance des banques centrales n’est absolument pas triviale.

Le génie de la propagande de nos démocraties occidentales est que, puisque le pouvoir ne peut pas réprimer la contestation par la force, elle lui supprime la possibilité de naître dans l’esprit des citoyens, en fixant clairement ce qui peut faire l’objet d’un débat et ce qui ne peut pas. On fait disparaître de l’actualité tout ce qui pourrait briser le consentement du citoyen, tout ce qui ne correspond pas à la vision imaginaire qu’on lui met sous les yeux.


B. Les ratés de la propagande

Les ratés de la propagande sont nombreux, mais ils ne sont jamais définitifs. Le plus important des dernières années est sans conteste la Constitution européenne et le référendum kafkaïen que nous avons vécu. Tout d’un coup, les journalistes, les politiques, les patrons, les économistes se sont retrouvés engagés dans une véritable lutte d’opinion quasiment tous dans le même camp. Et pendant que tous ces hommes nous expliquaient ce qu’il fallait voter, d’autres citoyens ont lu le texte et tout ce qu’il reste de progressistes en France s’est mis en action : internet, colloques, débats publics... Et lorsqu’il apparut que la bataille était perdue pour les partisans du "oui", on vit alors ressurgir, véritablement, chez ces hommes leur mépris du peuple qu’il travestisse habilement le reste de l’année en un populisme ravageur pour la société. En fin de compte, les médias se contentèrent de transformer leur échec en l’échec de Chirac et de se dire que, décidément, les gens sont trop bêtes pour avoir à décider de ce genre de questions.

Depuis, on le sait, la République, via son Parlement, a désavoué le peuple, pour incompétence donc. Inutile de dire qu’il s’agit d’une grave entorse à l’illusion de démocratie, mais, comme on l’a vu, tout s’est bien passé, dans le calme et la discrétion.

Et ces gens formidables nous expliquent désormais que les citoyens sont pour le traité simplifié puisqu’ils ont voté Sarkozy aux présidentielles et que c’était clairement dans son programme. Autrement dit, quand le peuple a voté non à la Constitution, en fait, il faudrait croire qu’ils votaient non à Chirac, et quand les gens ont voté pour Sarkozy à l’occasion d’une élection présidentielle nationale, il faudrait croire qu’en fait ils ont voté oui à la nouvelle Constitution européenne...

Autre cas de figure qui se présente régulièrement : la sortie d’une affaire qui n’aurait pas dû sortir. Le sang contaminé, l’affaire du juge Borrel, la cassette Méry, l’investigation de Denis Robert sur Clearstream... Le système s’en sort toujours : on ignore, on décridibilise, on détruit des carrières et, au final, le show continue. Dans le pire des cas, on enverra en pâture à l’opinion des boucs émissaires et on prononcera quelques peines mineures.

Tout cela ne fonctionne pas grâce à une censure habile, mais grâce à l’autodiscipline des ouvriers de la manufacture du consentement qui, à tout instant, savent quelles sont les limites de pensée à ne pas dépasser.

Du coup, la propagande n’est pas infaillible, mais elle est suffisamment souple pour subir quelques coups de canif sans qu’elle ne se trahisse vraiment, surtout aux yeux de ceux qui refusent de la voir.

Elle ne se trahit que par ses manifestations, aujourd’hui très visibles : constitution de ce que J. F. Kahn décrit comme la Bulle, uniformité de pensée, fatwas médiatiques régulièrement lancées contre ceux qui sortent du dogme (P. Carles, T. Meyssan, Dieudonné, A. Begag, F. Bayrou...), mépris de plus en plus affiché du peuple gouverné.


C. Conclusion et ouverture

A l’issue de cette réflexion, même si l’on s’accorde sur le fait que la machine médiatique semble bien aujourd’hui davantage être une machine de propagande (de marketing) qu’un contre-pouvoir, il n’en demeure pas moins que tout cela reste bien abstrait dans son fonctionnement notamment. Les manifestations sont visibles, mais comment pourrait-on imaginer que les journalistes, héritiers de Zola, Sartre, Beuve-Méry puisse devenir des valets dociles du pouvoir qui règne actuellement sur le monde : celui des grands cartels économiques ? Nous tenterons de répondre à cette question dans un prochain article à travers l’analyse de témoignages de journalistes qui nous dépeignent leur profession sans tabous et sans censures : D. Robert, D. Carton, F. Ruffin, D. Mermet et bien d’autres...

"Il y une chose pire encore que l’infamie des chaînes, c’est de ne plus en sentir le poids."

Gérard Bauër (1888-1967), écrivain


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68 réactions à cet article    


  • finael finael 2 mai 2008 11:21

    Bonjour,

     En France, les articles traitant des ouvrages et de la pensée de Noam Chomsky sont bien rares, sauf pour le rabaisser, voire l’insulter. Considéré par les anglo-saxons comme le plus grand intellectuel vivant, ce ne saurait que faire de l’ombre aux zintellectuels de notre cher pays.

     Il y aurait fort à dire, mais surtout que les nombreux ouvrages qu’il a écrit font toujours référence à de nombreuses sources, indiscutables et souvent étonnantes comme, par exemple, le "Wall Street Journal". L’une de ces réflexions étant que les puissants de ce monde n’ont pas besoin de se voiler la face, mais au contraire de se tenir informés de ces réalités "néfastes" pour le bon peuple !


    • La Taverne des Poètes 2 mai 2008 11:37

      Ce contrôle social marchera tant que l’individu acceptera d’être infantilisé en tant que citoyen, en tant que consommateur, en tant que téléspectateur, en tant qu’étudiant, en tant que travailleur, etc.

      En tant que citoyens, les Français sont trop souvent traités comme des enfants : pas de tribune d’expression, manipulations morales comme la culpabilisation (exemple pour le "non au traité européen) ou la flatterie ou encore l’encouragement aux querelles (diviser pour mieux régner en fustigeant des individus ou des groupes sociaux). Le projet actuel de réforme des institutions continue de prendre les citoyens pour des immatures. Le PS et le MoDem (merci d’avoir cité Begag et Bayrou) sont au contraire pour une démocratie "moderne" (au bon sens du terme) c’est-à-dire en phase avec la maturité des citoyens d’aujourd’hui. Mais il semble que les électeurs balancent entre la volonté de participation citoyenne et le désir de se laisser infantiliser (la campagne médiatique Sarko-Ségo est à cet égard une illustration assez éloquente)

      En tant que consommateurs  : la notion de pouvoir d’achat infantilie le citoyen par rapport au pouvoir politique (qui fixe le SMIC, les retraites, les taxes comme la TIPP) et au pouvoir financier (prix des matières premières). Cela oblige à quémander ou à manifester avec violence. Les techniques agressives de publicité ne sont pas plus respectueuses de l’individu. On commence seulement à réglementer les excès des organismes de crédit. Les class actions on n’en parle plus. Mais le meilleure moyen d’infantiliser le consommateur, c’est d’agir sur ses comportement dès l’enfance et de le maintenir dans l’enfance avec ses désirs et frustrations, ses dépendances...

      Enfin, le contrôle social par le chômage et la précarité est un bon moyen de faire que les jeunes se tiennent à carreau puisque leur autonomie est subordonnée au bon vouloir des employeurs et du pouvoir politique.

       

       

       


      • bobbygre bobbygre 2 mai 2008 11:55

        Je partage ce que tu dis : au fur et a mesure que l’on retire le pouvoir au peuple (le véritable pouvoir résidant d’abord dans la possession de bonnes informations), on lui fait comprendre que, de toute façon, il n’est pas en mesure de l’exercer. Nombre d’informations importantes sont ainsi retenues car "les gens" ne pourraient que comprendre de travers, ou réagir de manière dramatique. Et d’illustrer ça par les multiples crises alimentaires (vache folle, mouton, huitres...), les "psychoses" collectives etc... alors que précisément, ce sont à chaque fois les médias qui provoquent ces montées d’inquiétude.

        Pour le Modem, je veux bien croire à la sincérité de Bayrou quant à vouloir briser, au moins, l’emprise de l’économie sur les médias, mais pour le PS, je n’ai aucune illusion, ils sont les deux pieds dans le système...

         


      • melanie 2 mai 2008 12:07

        @ la Taverne des poètes

        Tout cela est absolumment exact mais comme pour toute manipulation, il faut être deux et attendre de l’état providentiel est en soi, déjà un signe d’infantlisation , "dépendre de" est bien sûr une marque d’obédience et de soumission, mais la plupart des citoyens ne demandent pas de comptes...

        Je crois que l’une des différences fondammentales entre les peuples scandinaves , et plus généralement Europe du Nord est qu’ils sont prostestants :

        Le système de valeurs est celui d’un rapport direct à "Dieu", d’un libre arbitre, de comptes à rendre entre soi et sa conscience sans passer par une instance extérieure moralisatrice, culpabilisatrice et infantilisante comme pour ce qui est des valeurs "judéo-chrétiennes".

        Les protestants Ssuédois demandent une véritable "transparence" de comptes à leurs élus : Qui dépense quoi, comment, qui décide quoi, quel est la destination des frais alloués aux élus, combien touchent-ils ???

        Tant que les valeurs "judéo-chrétiennes" de délégation à une instance"supérieure" ne seront pas rompues, le rapport au politique sera biaisé. Le politique comme "pater famillias", père de la nation ...

        Pour ce qui est de la publicité ,elle s’adresse directement aux instances les plus primaires de notre psychisme  : Désir de possèder, d’être le meilleur, de posséder ce qui se fait de mieux ... S’en déprendre demande un effort conscient, un travail sur soi, une maturation car jusqu’à preuve du contraire par une théorie psychique cohérente le psychisme pulsionnel des adultes n’est pas diférent de celui des enfants .


      • melanie 2 mai 2008 12:11

        Je conseille à tous le dernier livre de Naomi Klein aux Editions Actes Sud :

        www.evene.fr/livres/livre/naomi-klein-la-strategie-du-choc-34620.php

         


      • ZEN ZEN 2 mai 2008 12:08

        Bonjour

        Intéressantes, les citations, notamment celles de Wilson et de Eisenhower...

        Bernays a ouvert la voie des manipulations de masse ...

         

        Edward Bernays : la fabrique du consentement ou comment passer du citoyen au consommateur

        "...Bernays, tout au long de sa vie, va user d’une doctrine froide et assez cynique doublée d’une justification idéologique basée sur le long terme, afin de justifier ses agissements.
        Il considère sa tâche comme un effort à long terme destiné à l’avènement doucement forcé (mais à peine, hein ?) d’une démocratie basée sur l’économie et le commerce dirigé par une élite.
        Il pose assez honnêtement et naïvement d’ailleurs, comme postulat, le fait que la masse est incapable de parvenir à un état de paix collective et de bonheur par elle-même, et que donc cette masse a besoin d’une élite qui la contrôle et qui la dirige à son insu en ce qui concerne les décisions importantes.
        Pour lui le bon sens commun n’existe pas, et s’il existe, il ne peut porter l’appellation "bon sens" car il induit un mode de consommation trop lent pour les capacités industrielles et leur besoin de croissance... Il doit donc être refondu par des élites..." (Niko 74)

        ZONES(Texte PROPAGANDA)

        -Petit cours d’autodéfense intellectuelle
        -D’imaginaires « théories du complot » comme arguments de propagande
        -Les storytellings comme méthode de gouvernement


        • Serpico Serpico 2 mai 2008 12:31

          Bravo.

           

          Tout est dans les mots. L’homme ne diffère réellement des autres animaux que par la parole. Le monde est construit sur les mots c’est à dire la communication.

           

          Exemple : la repentance.

           

          Le concept en lui-même a été fabriqué en France. Il suggère :

           

          1. que la France doit non seulement reconnaître ses méfaits mais également "baisser la tête". C’est cette "humiliation" que le concept "chauffe" à blanc.

           

          2. en suggérant l’humiliation, on fait de la démagogie, du populisme. On en appelle aux instincts de la population qui serait menacée d’humiliation.

           

          3. Le concept suggère aussi qu’il y a un excès de repentance. Or la France n’a jamais fait repentance sauf en ce qui concerne son rôle dans la déportation des juifs.

           

          4. La repentance, en soi, n’a jamais été exigée par qui que ce soit avant que le concept ne fleurisse d’abord en France même nourri par les mêmes : les philosophes de télé qui en réalité font du concours mémoriel de manière vicieuse tout en accusant les autres d’en faire.

           

          5. On entoure la repentance d’autres expressions comme "le sanglot de l’homme blanc" : l’homme blanc n’a jamais sangloté. L’expression veut élargir dans l’espace les populations concernées en faisant appel à la solidarité "ethnique" occidentale. Il n’y aurait pas que la France mais tout l’occident à être concerné.

           

          Les pays victimes des agissements coloniaux n’ont jamais commencé par demander cette repentance. Ils n’exigeaient que la reconnaissance de ses crimes par la France. En lançant ce terme de repentance, on a voulu piailler plus fort pour couvrir l’idée que la France a commis des crimes.

           

          Ensuite, on est passé naturellement à la positivisation de ces crimes. Le colonialisme aurait eu des effets positifs.

           

          Mais les philosophes médiatiques n’oseront jamais dire que le nazisme a eu pour effet positif d’accélérer la création d’israel. Pourtant c’est la stricte vérité.

          En créant israel, on jongle encore avec les mots : c’est par une décision internationale légale qu’on a créé israel. Autrement dit, si on donne un permis de tuer, tuer devient légal.

           

          Et voila pourquoi votre fille est muette.

           

          Le sionisme ne serait pas une idéologie raciste. La condamnation par l’ONU du sionisme a été annulée. On nous dit que le sionisme c’est un truc noble, il a pour but d’unifier le peuple juif et de lui trouver sa terre promise.

           

          Très bien. Si vous êtes anti-sioniste, c’est que vous voulez éliminer les juifs. Vous êtes antisémite. D’accord, mais comment un homme à qui on enlève sa terre au nom du sionisme pourrait-il y voir quelque chose de noble ou de juste ?

           

          Un criminel peut très bien aussi expliquer son comportement par la nécessité de nourrir sa famille mais sa victime n’est pas obligée de compatir. Dans le cas des palestiniens, on leur dit même de se mettre à genoux devant le "peuple le plus moral de la terre".


          • bobbygre bobbygre 2 mai 2008 12:43

            La repentance est en effet un excellent exemple de concept "fabriqué" par la manufacture à des fins politiques.

            Autre exemple, lu sur le Figaro magazine, où on pouvait lire "un intellectuel, de gauche, forcément de gauche". On entendait presque le journaliste soupirer à la fin de la phrase. Mais qui repete sans cesse cette expression "intellectuel de gauche" ? Que des gens de droite ! Ce qui ne les empeche pas de se plaindre du monopole que s’octroierait les socialos-bla-bla-bla sur le monde intellectuel.

            Alors que de nos jours, ça fait doucement sourire...

             


          • armand armand 3 mai 2008 13:36

            Serpico :

            Pour une fois je trouve ta démonstration solide.

            Tu ne fais que prouver qu’il peut y avoir deux légitimités. Que le mouvement de libération nationale des uns peut être une oppression confiscatoire pour les autres.

            Cela vaut aussi pour le colonialisme. On ne peut parler des crimes du colonialisme occidental sans oublier que toutes les civilisations l’ont pratiqué à des degrés divers. La France existe à cause de la conquête romaine, franque, la féoldalité, les excès de la royauté et de la révolution. Les pays arabes, eux aussi, sont issus d’une conquête et d’une colonisation. Qu’on le veuille ou non.

            Ce qui singularise la Shoah c’est qu’il s’agit d’un événement récent, très resserré dans le temps, et qu’on a cherché à détruire industriellement un peuple entier en se fondant sur de strictes critères biologiques.

            Ce qui singularise le colonialisme occidental c’est qu’il est le plus récent des colonialismes, dont les effets sont encore très présents. Et que lui aussi, à la différence des précédents, triaient les peuples selon des critères ethniques.

            On ne peut résoudre les conflits à l’heure actuelle qu’en se fondant sur le statu quo - à vouloir faire intervenir des notions glissantes de légitimité on applique deux (ou plus) poids et deux mesures.

             


          • marc 4 mai 2008 18:25

            Armand

            "On ne peut résoudre les conflits à l’heure actuelle qu’en se fondant sur le statu quo - à vouloir faire intervenir des notions glissantes de légitimité on applique deux (ou plus) poids et deux mesures."

            Et dans ce cas, évidemment, le plus fort à un moment donné a forcément raison. Remarquez, c’était bien le raisonnement des nazis : bravo, Armand !!!


          • fonzibrain fonzibrain 2 mai 2008 14:30

            super tout est dis


            • Forest Ent Forest Ent 2 mai 2008 15:32

              A propos de la "fabrique de l’opinion", à titre complémentaire, je me permets encore une fois de recommander ici "la forêt des médias", site traitant factuellement de la propriété des médias et de leurs liens avec argent et pouvoir :

              http://forestent.free.fr/

              Ce site est bénévole et non sponsorisé. smiley

              A part ça, je dois dire que je connaissais surtout Chomsky pour ses travaux sur la linguistique, et en particulier les grammaires.


              • ZEN ZEN 2 mai 2008 18:29

                Je confirme ...Cela vaut le détour. Je m’y réfère souvent :

                http://forestent.free.fr/


              • sisyphe sisyphe 2 mai 2008 21:48

                Merci du lien !


              • Hendrik 2 mai 2008 15:49

                Très bon article, qui formule très bien ce que beaucoup pensent.

                Vous dites :

                "Une démocratie ne peut évidemment procéder ainsi, puisqu’il y règne la liberté d’expression et que les dirigeants sont censés prendre leur décision en fonction de ce que le peuple exprime, notamment lors des élections.",

                Nous vivons dans une démocratie parlementaire représentative. Ce qui implique que nous avons élu des représentants sur base d’une confiance que nous accordons à certains candidats pour représenter nos idées ou intérêts. Ce système ne permet en aucune manière à nos élus de voter les textes comme nous l’aurions espéré. Seule une sanction à postériori peut intervenir par un vote pour d’autres candidats. Et comme ce sont les partis qui choisissent les candidats...

                Il en va naturellement autrement des référendums, qui ne sont en général proposés que lorsque leur issue semble favorables à une certaine décision défendue par leurs promoteurs.


                • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 2 mai 2008 17:45

                   

                  L’auteur a raison de remarquer que « le contrôle du peuple se fait d’abord à travers un contrôle efficace de la pensée, i.e. une définition claire et inviolable des limites de la pensée « autorisée » […] il devient de plus en plus difficile de voir exprimer dans les médias des opinions non-orthodoxes »

                   

                  […]

                   

                  Le génie de la propagande de nos démocraties occidentales est que, puisque le pouvoir ne peut pas réprimer la contestation par la force, elle lui supprime la possibilité de naître dans l’esprit des citoyens, en fixant clairement ce qui peut faire l’objet d’un débat et ce qui ne peut pas. »

                   

                  Je me permets de suggérer une nuance de point de vue : « nos démocraties occidentales » ne sont pas des démocraties. Cela est une constante quels que soient les partis politiques qui se succèdent au pouvoir, qu’ils soient de « gauche » ou de « droite ».

                   

                   

                   

                  Voici des explications à propos d’absence de démocratie dans nos prétendues « démocraties » occidentales  :

                   

                  La démocratie est dans le contrôle du pouvoir par les citoyens, puisqu’en démocratie le pouvoir doit en permanence, dans ses actions, refléter la volonté de la majorité des citoyens.

                   

                  Il ne faut pas, comme c’est très souvent le cas, confondre la démocratie avec le fait de pouvoir élire les représentants. Être représentés par des députés élus selon les règles de la majorité des citoyens s’exprimant dans le secret ne signifie pas qu’on est en démocratie.

                   

                  Examinons cette question centrale du pouvoir politique d’un côté et de la volonté de la majorité des citoyens de l’autre côté.

                   

                  Tout d’abord revenons aux fondations de la démocratie. Les deux conditions de la démocratie véritable sont :

                   

                   

                  1- tout citoyen a le droit d’exprimer et de propager des opinions ou des idées quelles qu’elles soient, sans censure, sans interdit ;

                   

                  2- toute décision politique doit être prise en conformité avec l’opinion de la majorité des citoyens qui se sentent concernés par la décision.

                   

                  On voit que la représentativité des députés n’a aucune importance dans la définition de la démocratie. Ce qui est important c’est que les lois mises en place soient toutes conformes avec l’opinion de la majorité des citoyens qui se sentent concernés par la décision. Ceux qui écrivent les lois et les mettent en application doivent uniquement veiller à respecter cette règle de la démocratie de la conformité avec « la majorité des citoyens qui se sentent concernés par la décision ». On pourrait très bien imaginer un système politique où il n’y aurait pas de représentants élus et où les citoyens suggéreraient directement aux législateurs (fonctionnaires) quelles lois ils veulent et où les citoyens voteraient directement pour ces lois. La définition de la démocratie ne contient pas la description des mécanismes mis en place pour que la démocratie soit respectée.

                   

                  En démocratie, les politiques devraient agir selon les exigences des citoyens d’après la règle de la majorité de ceux qui s’expriment. La solution pour que la France et l’UE deviennent réellement démocratiques, et pas seulement dans le vocabulaire des discours politiques, est notamment dans l’introduction des référendums, y compris des référendums sur l’initiative du peuple.

                   

                  Cela signifie que lorsqu’il y a un doute toute décision politique doit pouvoir être soumise à la validation par la majorité des voix des citoyens qui désirent s’exprimer, donc le référendum d’initiative populaire doit être garanti sans restriction.

                   

                  Si les décisions doivent être réservées à une élite, alors la démocratie n’existe pas. Rappel : en démocratie toutes les décisions doivent être conformes aux désirs de la majorité des citoyens, de tous les citoyens qui souhaitent exprimer leur volonté. Si la règle est que les décisions politiques doivent être seulement conformes aux désirs d’une certaine « élite » alors on ne se situe pas dans un système démocratique.

                   

                  J’insiste sur le fait qu’en démocratie ce qui compte, la règle d’après laquelle devrait être prise chaque décision qui engage la société à tout niveau - municipalité, région, pays, union de pays - c’est l’opinion de la majorité des citoyens.

                   

                  En démocratie, le devoir des individus qui représentent le pouvoir - politique, éducation publique, médias officiels - est de respecter la liberté d’opinion et d’appliquer systématiquement et scrupuleusement les décisions qui viennent de la volonté de la majorité des citoyens. Aucune décision politique, aucune loi, aucun traité international ne doivent être contraires à ce que veut la majorité des citoyens.

                   

                  C’est cette conviction démocratique que j’exprime dans mes articles.

                   

                  Dans le système politique actuel les politiques sont élus, ensuite ils prennent des décisions, écrivent des lois, signent les traités internationaux, engagent des dépenses que des générations futures devront rembourser etc., sans vérifier si la majorité de la population est d’accord avec chacun de leurs actes, et même souvent en sachant que la majorité de la population n’est certainement pas d’accord avec certains de leurs actes.

                   

                  Reste-t-il un espoir pour voir un jour instaurée la démocratie ? Je ne le sais pas, je me pose la question. Sur ce sujet j’ai écrit l’article « La France et l’Union européenne face aux citoyens : comment obtenir la démocratie ? ».

                   

                   

                  Concernant la propagande et les manipulations d’opinion, la censure directe ou indirecte, le sujet de l’article est lié à la question de la liberté d’opinion et d’expression. Sur ce sujet j’ai écrit l’article « La liberté d’expression est une condition de la démocratie » dont est extrait le texte suivant :

                   

                  « Les politiques ne doivent pas imposer aux citoyens la dictature de ce qu’il est permis de croire et de ce qu’il est interdit de penser et de dire. Il ne peut pas y avoir de domaines, de sujets, de questions, où les politiques au pouvoir décideraient par la loi quelle est la vérité officielle, soit disant « scientifique » et où ils interdiraient – sous peine de condamnations pénales – aux citoyens d’exprimer et de défendre d’autres opinions ou d’autres visions du monde. Tout citoyen à le droit d’exprimer et de propager ses opinions quelles qu’elles soient.

                   

                  Il faut insister : même si quelque chose est « scientifiquement prouvé » le citoyen a néanmoins le droit de l’accepter ou bien de le refuser et d’affirmer sa propre vérité. »

                   

                  Enfin, je me permets de remarquer que concernant l’absence de démocratie, concernant l’oligarchie des « élites » qui a éliminé la démocratie, de nombreux articles ont été écrits, ici sur AgoraVox ou ailleurs, et des livres ont été publiés.

                  De même concernant en particuliers l’absence de la liberté d’opinion et d’expression, et concernant la mainmise de la propagande oligarchique sur la formation des idées, de nombreux articles et livres ont été écrits pour dénoncer ce système qui agit au dépens de la démocratie. Qu’est ce que ça a changé ? C’est pourquoi je pose la question : concernant ce sujet comme concernant les autres questions qui relèvent des décisions politiques, les articles que l’on peut écrire, sur AgoraVox ou ailleurs, peuvent-ils amener les politiques qui sont au pouvoir à respecter les règles fondamentales de la démocratie véritable ?

                  Quelles actions faut-il entreprendre pour obliger enfin les politiques au pouvoir à mettre en application la démocratie véritable, la démocratie dans laquelle chaque décision politique répond aux souhaits de la majorité des citoyens qui se sentent concernés par la décision ?

                   


                  • bobbygre bobbygre 2 mai 2008 18:20

                    Ta réaction touche un point trés sensible.

                    Il me semble que ce que tu défends, c’est l’idéal de démocratie mais lorsqu’on essaye de transcrire cet idéal dans la société, pour le moment, il n’a pris qu’une forme, le régime représentatif (à l’exception des démocraties antiques, qui, pour le coup, était bien plus des démocraties que nous... si on oublie les esclaves sic). Et comme tu le dis, et comme j’aimerais le montrer également, un régime représentatif est forcément contradictoire avec la démocratie. Il n’en reste pas moins que nos régimes de manière usuelle, se présentent et sont désignés comme des "démocraties".

                    Reste à determiner si un autre régime "démocratique" (cette fois, je mets les guillemets  ) que le régime représentatif est possible... Personnellement, je pense qu’il y a 15 ans, on pouvait facilement répondre non mais désormais avec l’avénement d’Internet et des réseaux de manière plus générale, il n’est plus absurde de songer à une véritable démocratie.

                    Petite remarque en passant, Chomsky, lui a tranché cette question depuis longtemps. Pour lui, la démocratie est un leurre utile à ceux qui nous dirigent et pour lui, la seule solution c’est l’anarchisme.

                    J’avoue que je suis parfois tenté de penser que la seule solution est de tout foutre par terre.

                    Quant à tes dernières questions, je ne peux que te répondre d’un point de vue personnel. A mon avis, la seule chose qui importe, c’est que chacun continue à agir en tant qu’être humain. On veut nous retirer notre humanité, notre empathie alors la plus grande forme de résistance, c’est de continuer à rester solidaires, à ne pas devenir insensible, à partager, à ne pas se fixer comme but dans la vie "l’argent" ou "le succés"...

                    D’abord, on en retire, certes parfois des déconvenues, mais parfois aussi, de grands moments de pure bonheur. Et ensuite, vous serez étonné de constater à quel point ce genre de comportement est contagieux !! Soyez juste et amical (sans être neuneu non plus bien sur), et vous verrez que ce genre d’attitude est aussi tout benefice pour soi-même !


                  • Martin sur AgoraVox Martin sur AgoraVox 2 mai 2008 21:39

                     

                    Pardon, mais dire que la démocratie est un leurre utile me semble être un peu méprisant pour la démocratie.

                     

                    La démocratie est un idéal vers lequel on peut tendre.

                     

                    L’une des deux règle de démocratie – « toute décision politique doit être prise en conformité avec l’opinion de la majorité des citoyens qui se sentent concernés par la décision » - peut être mise en place grâce au système des référendums c’est-à-dire par ce que l’on appelle la « démocratie directe ».

                     

                     

                    De toute façon ce n’est pas une utopie car, par chance, la démocratie directe – qu’il ne faut pas confondre avec la « démocratie participative » – est en place en Suisse. Les Suisses ont depuis plus d’un siècle mis en place et fait évoluer le système politique basé sur les référendums (initiatives et votations des citoyens qui se prononcent directement sur les lois). Les Suisses essaient de tendre vers l’idéal de démocratie véritable. C’est une expérience concrète à partir de laquelle est possible la transposition de la démocratie véritable dans d’autres pays.

                     

                     

                    En Suisse existent la stabilité politique et la paix civile. Pourtant en Suisse existent historiquement deux religions chrétiennes et quatre langues officielles. Les cantons suisses appliquent certaines lois ou règlements locaux, mais la plupart des lois et les orientations de politique générale sont décidées et appliquées au niveau fédéral. Le dispositif politique suisse doit sa stabilité et sa légitimité, et le peuple suisse doit sa bonne entente, à la garantie offerte aux citoyens de disposer de référendums d’initiative populaire au niveau des cantons comme au niveau fédéral. Quel autre État avec plusieurs religions et plusieurs langues se permettrait-il de demander à tous les citoyens conscrits et réservistes de conserver chacun chez soi son arme de guerre avec munitions de combat ? La Suisse se le permet, elle ne craint pas les émeutes, parce que son système politique a depuis longtemps éliminé les tensions sociales par la voie de la démocratie directe, par les référendums.

                     

                     

                    Avec son système politique basé sur la démocratie directe et avec son organisation fédérale, la Suisse pourrait être un modèle pour les États membres de l’Union européenne et pour les instances de l’Union européenne (Commission européenne, Conseil de l’Union européenne) qui ont pris l’habitude de prendre des décisions non conformes à la volonté de la majorité des Européens.

                     

                     

                    Un avantage du système suisse est l’effet éducatif sur le peuple qui devient réaliste plutôt qu’être aveuglé par des idéologies.

                     

                     

                    Je souhaite insister sur le fait que les citoyens suisses sont réalistes parce que dans le système de démocratie directe ils sont partie prenante dans les décisions, ils savent donc faire la part des choses, et ils décident selon le bon sens et non selon les préceptes idéologiques.

                     

                     

                    Par exemple les Suisses ont voté contre la libéralisation du marché de l’électricité pour protéger leurs sociétés cantonales de production d’électricité et de gaz qui sont publique et le resteront. L’infrastructure de distribution de l’eau est presque entièrement dans la main des communes c’est-à-dire est publique. Grâce à la démocratie directe, les citoyens suisses peuvent garder le contrôle sur les infrastructures et tout en étant contre leur privatisation exigent simultanément que les entreprises publiques travaillent de manière efficace.

                     

                    D’un autre coté, alors qu’ils pourraient le faire puisqu’ils disposent la possibilité de déclencher des référendums sur l’initiative du peuple, les citoyens suisses ne s’opposent pas aux dispositifs de la législation suisse qui sont très favorables aux entreprises.

                     

                     

                    En Suisse, grâce à la démocratie directe, la polarisation « gauche – droite » ou « publique – privé » n’existe pas. Il y a des différences d’opinion mais pas d’antagonisme têtu.

                     

                    Pour cette raison, les grèves ne font pas partie du comportement suisse. Il n’y a pas par exemple de blocages de routes ou de transport afin obtenir des concessions par ce chantage. S’il y a un désaccord alors le réflexe naturel est de procéder à une votation.

                     

                    L’exemple suisse montre que le système basé sur la démocratie véritable apporte la stabilité – interne et externe. D’ailleurs le système suisse basé sur la démocratie directe a été introduit après la dernière guerre civile qui s’est déroulée en Suisse au XIXe siècle. En effet, faut-il le rappeler : en 1847, la Guerre du Sonderbund (c’était une guerre de Sécession) a duré vingt-neuf jours, entre catholiques et radicaux, et les combats ont fait officiellement 98 morts, dont 74 soldats fédéraux, et 493 blessés. La constitution de la Suisse, du 12 septembre 1848, en est issue avec comme résultat la victoire écrasante du système politique de l’État fédéral. Le but de cette constitution de la Suisse, qui a généralisé la démocratie directe, a été justement d’introduire la stabilité ce qui a à l’évidence réussi.

                     

                    On trouvera toujours des points à critiquer concernant le système politique suisse. Mais comparé à ce qui se passe en France en en général dans l’Union européenne, la Suisse est un modèle à suivre sur la mise en place de la démocratie à tout niveau de gouvernement.

                     

                    La démocratie directe – avec la possibilité donnée aux citoyens de déclencher les référendums – n’élimine pas les éléments de « démocratie représentative » ni les éléments de « démocratie participative ». La démocratie directe laisse aux uns et aux autres la possibilité de faire des propositions et laisse aux politiques la responsabilité de gérer les affaires de la communauté au quotidien. Mais elle exerce sur les politiques et sur les lobbies le contrôle permanent du respect de la règle démocratique : « pour toutes les questions qui touchent la communauté c’est la volonté de la majorité des citoyens qui décide ».

                     

                    Pour recueillir les questions à trancher par référendum, ou pour recueillir les « signatures » des supporteurs afin de déclencher le référendum d’initiative populaire, il est possible avec les moyens techniques dont on dispose en Europe, de créer par exemple des sites internet, comme pour le vote aux élections par internet. Je signale qu’au niveau des votations locales (niveau équivalent aux municipalités françaises) en Suisse il est parfois possible de voter même par SMS sécurisé. La gestion de ces sites dédiés aux référendums devrait incomber à l’État. Tout individu isolé devrait pouvoir déposer une proposition sans avoir à passer par des associations ou par des partis politiques.

                     

                    Encore une précision : le système politique qui fait appel aux référendums de façon généralisée peut être mis en place quelle que soit la taille ou le poids économique ou démographique du pays.

                     

                    Les États Unis d’Amérique sont un exemple de grand pays qui pour certains types de décisions met en œuvre les référendums.

                     

                    Mais je m’aperçois que je commence à rédiger un véritable article. Pour en rester au commentaire je m’arrête là.


                  • sisyphe sisyphe 2 mai 2008 21:53

                    @ bobbygre

                     

                    A mon avis, la seule chose qui importe, c’est que chacun continue à agir en tant qu’être humain. On veut nous retirer notre humanité, notre empathie alors la plus grande forme de résistance, c’est de continuer à rester solidaires, à ne pas devenir insensible, à partager, à ne pas se fixer comme but dans la vie "l’argent" ou "le succés"...

                    D’abord, on en retire, certes parfois des déconvenues, mais parfois aussi, de grands moments de pure bonheur. Et ensuite, vous serez étonné de constater à quel point ce genre de comportement est contagieux !! Soyez juste et amical (sans être neuneu non plus bien sur), et vous verrez que ce genre d’attitude est aussi tout benefice pour soi-même !

                     

                    D’accord. Mais ce sera loin de suffire. Il ne faut surtout pas mésestimer l’adversaire, capable de récupérer tout ce qui peut faire ventre.

                    Il faut aussi une mobilisation, , un combat permanent de sensibilisation, de regroupement , d’actions : c’est là que cette solidarité doit servir pour aider à imposer un changement des règles du jeu : il ne se fera jamais sans combat.


                  • bobbygre bobbygre 3 mai 2008 11:03

                    Ce n’est pas moi qui dit que la démocratie est un leurre utile mais je ne faisais que reprendre des propos de Chomsky en l’occurence, ce n’est pas mon opinion personnelle !

                    Chomsky veut pointer, du moins c’est ce que j’ai compris, le fait que l’existence d’un débat, l’expression de diverses opinions contradictoires, le vote meme des citoyens pour trancher sur des situations, autrement dit, ce qu’aujourd’hui nous appelons démocratie (les deux points essentiels que tu as donné dans ton commentaire sont inclus ici) est une illusion.

                    Nous croyons etre libre de nos pensées, en choississant d’etre de droite, de gauche, d’extreme gauche ou d’extreme droite, en votant pour ou contre tel candidat, nous nous en persuadons, mais en fait, notre pensée est cloisonée à notre insu par le système.

                    La solution ne viendra pas d’une meilleure organisation de la société, d’une nouvelle répartition des rôles de chacun. La solution ne peut qu’être une révolution en chacun de nous. Avant de penser à corriger le monde, on devrait d’abord regarder autour de nous. Sortir de nos pensées, de notre tête pour réaliser qu’en fait, on n’y fait que tourner en rond dans une prison. Il nous faut appréhender à pleines mains le présent !!! 

                    Sinon, je trouve tout ton développement sur la Suisse trés intéressant, quant à la possibilité réelle d’une véritable démocratie.

                    La suisse, à ce titre, est sans doute une exception. Sans doute que son statut particulier de paradis fiscal en plein centre de l’europe n’est pas sans rapport avec sa stabilité et la démocratie qui a rendue possible, comme tu le dis, cette stabilité.

                    Je suis de ton avis, dans la mesure où je pense aussi, que le peuple est tout à fait capable de s’autogouverner sans avoir à créer une caste de dirigeants spécialisée. Mais, de mon point de vue, cette possibilité n’a aucune chance de se réaliser dans le monde actuel car d’autres volontés, bien plus puissantes, s’y exercent. Mais la "puissance" de nos actuels dirigeants ne s’exercent que parce que nous l’acceptons. La première étape est, je pense, de briser le consentement, de rendre inopérante la manufacture et cela ne peut se faire qu’à l’échelle individuelle.

                    C’est d’abord un combat avec soi-même, c’est le sens de mon propos précédent en tout cas.


                  • bobbygre bobbygre 3 mai 2008 11:22

                     

                     

                     

                     

                     

                    "Il faut aussi une mobilisation, , un combat permanent de sensibilisation, de regroupement , d’actions : c’est là que cette solidarité doit servir pour aider à imposer un changement des règles du jeu : il ne se fera jamais sans combat. "

                    Oui, mais ce combat ne peut se faire qu’à échelle humaine, individuellement (ou par petits groupes), au quotidien et dans chacun de nos gestes. Je suis désormais convaincu que toute forme d’organisation ne pourra à terme qu’être recyclée dans le système (que ce soit par détournement/récupération ou comme repoussoir/nouvel ennemi imaginaire). Bien sûr, ça n’est qu’une opinion.


                  • Gary Gaignon Gary Gaignon 2 mai 2008 18:25

                    Un excellent article d’intro sur la fabrication artificielle du consensus et de l’unanimisme qui sévit de manière particulièrement sévère au Québec ou deux oligopoles de droite parfois jusqu’à l’extrême contrôlent tout dans les médias et font le vide absolu autour d’eux.


                    • ZEN ZEN 2 mai 2008 18:57

                      Un excellent article de JL était paru là-dessus récemment à propos du livre de Alain Bihr

                       

                      Pouvoir des mots, mots du pouvoir...


                      La novlangue néolibérale, ou la rhétorique du fétichisme capitaliste.>> Un ex :

                      Dans le "toilettage"(!) (recodification...) du Code du travail, le Medef multiplie les batailles sémantiques : remplacer "cotisations " par "charges", "droit de licenciement" par "séparabilité", "salariés" par collaborateurs", "congés payés" par "compte épargne-temps", "temps partiel" par "temps choisi"....

                      Les charges sociales, par Alain Bihr.

                      _Novlangue - Wikipédia>>Le but du Novlangue>>>Les Principes du Novlangue -( Wikilivres)
                      _Novlangue : Dico
                      _Novlangue à Euroland
                      _ Des mots innocents ?
                      _Information et manipulation


                      • melanie 2 mai 2008 23:16

                        @ Zen

                        Oui

                         

                        Un petit bouquin très drole et devenu culte traite de cette dérive linguistique dans le domaine managérial  ;

                        www.amazon.fr/Bonjour-paresse-n%C3%A9cessit%C3%A9-possible-entreprise/dp/2841862313

                        Et enfin aux éditions la découverte - poche- une petite merveille de Jean pierre le Goff sociologue sur la mutation insidieuse accompagnée d’un jargon managérial pronant l"efficacité" - ça vous rappelle rien...,- de l’Ecole comme de l’Entreprise.

                        Ou et comment formater par touches successives de nouveaux cadres d’entreprises et infilter des notions telles que la rentabilité et l’"efficacité" au sein du système éducatif... "Modernisation" / Quand cela devient une injonction et un diktat .

                        ww2.editionsladecouverte.fr/webcc/sog_dec/notice_reference.html A lire de toute urgence.

                         


                      • Serpico Serpico 2 mai 2008 22:10

                        Autre exemple édifiant de manipulation par le langage : le conflit israelo-palestinien.

                         

                        On y décrit les palestiniens et les israeliens comme des "belligérants". Cela suggère la présence de deux armées, de deux Etats, de deux puissances. Insidieusement, on garde l’impression qu’il y a un équilibre.

                         

                        Or rien n’est plus faux : on a une armée suréquipée qui occupe un territoire, vole des territoires, détruit des maisons, tue sans discernement et se présente comme l’agressé.

                         

                        Aux USA, les media ne parlent jamais des colonies illégales, de l’occupation, des attaques des villages palestiniens. Les citoyens US voient ainsi toujours israel comme un petit pays obligé de se défendre.

                         

                        Quant aux groupies de l’Etat le plus moral du monde, ici en Europe, leur cerveau a carrément changé de polarité.


                        • bobbygre bobbygre 3 mai 2008 11:18

                          Chomsky en parle en long et en large dans Pirates et Empereur. Juste un extrait pour enrichir ton commentaire (p.69) :

                          "Mon propre point de vue, par exemple, est réguliérement condamné comme étant l’expression d’un anti-sionisme militant par des gens qui connaissent parfaitement mes opinions, exprimées de façon claire et répétée : Israël, dans ses frontières internationalement reconnues, devrais se voir accorder les droits de n’importe quel Etat faisant partie du système international, rien de plus et rien de moins ; et, dans chaque Etat, Israël compris, les structures discriminatoires qui, légalement et pratiquement, assignent un statut particulier à telle ou telle catégorie de citoyens (...), leur octroyant des droits refusés aux autres, devraient être démantelées."

                          Pour savoir ce qu’est le sionisme d’aprés les gens qui traite cette opinion d’anti-sionisme, il suffit donc de l’inverser.

                          "Le sionisme est de ce fait considéré comme la doctrine selon laquelle Israël doit se voir accorder des droits supérieurs à n’importe quel autre état, conserver le contrôle es territoires occupés, interdisant ainsi toute forme d’auto-détermination des Palestiniens, et rester un Etat reposant sur le principe d’une discrimination contre ses citoyens non-juifs. [...] ceux qui se déclarent "partisans d’Israël" soulignent ainsi la validité de la tristement célèbre résolution de l’ONU déclarant que le sionisme est raciste."


                        • armand armand 3 mai 2008 13:25

                          Au cas où tu aurais oublié Serpico, à plusieurs reprises les armées de plusieurs états arabes ont essayé de détruire Israël. Donc il s’agit de belligérants. Quand ça t’arrange, to considères les arabes tous ensemble comme une nation, quand ça t’arrange, il y a le puissant Israël et les pauvres petits Palestiniens.


                        • armand armand 3 mai 2008 13:39

                          Bobbygre :

                          Merci de nous avoir apporté cette citation cruciale - à lquelle d’ailleurs je souscris.

                          Le problème c’est que certains enragés ici, si ce texte n’était de Chomsky, se débrouilleraient pour le faire replier en le qualifiant de propagande sioniste...


                        • geko 3 mai 2008 15:36

                          "Si j’étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal : Nous avons pris leur pays. Il y a eu l’antisémitisme, les nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : Nous sommes venus et nous avons volé leurs terres. Pourquoi devraient-ils accepter cela ?"

                          David Ben Gourion (18 juillet 1948)

                          Merci pour la grande qualité de l’article et des commentaires.


                        • Serpico Serpico 3 mai 2008 19:53

                          Armand : "Le problème c’est que certains enragés ici, si ce texte n’était de Chomsky, se débrouilleraient pour le faire replier en le qualifiant de propagande sioniste..."

                           

                          *************

                           

                          Par pitié, ne cherche pas à trop tirer sur la corde de l’interprétation. Je n’ai personnellement rien contre les juifs. Mais alors rien de rien.

                           

                          Je n’ai jamais eu à leur être opposé ni personnellement ni en tant qu’élément d’un Etat qui leur a été opposé. Je n’ai aucune raison de leur en vouloir en tant qu’ethnie, peuple ou religion.

                           

                          Je pense que tu es assez intelligent pour ne pas sombrer dans la facilité de l’accusation d’antisémitisme ou d’autres haines.

                           

                          J’ai peut-être un peu plus de recul pour me dire qu’Israel est un Etat comme un autre, un pays comme un autre. La shoah n’a pour moi aucune incidence ni aucun lien avec la situation ou le comportement d’Israel.

                           

                          Faire ce lien est malhonnête. Alors laissons tomber cette histoire d’autant plus qu’en majorité écrasante les juifs vivants actuellement n’ont pas eu à subir ni de près ni de loin le génocide nazi. Pas un n’a le droit de se présenter personnellement en victime de la shoah.

                           

                          Et moi je ne suis en rien responsable de la shoah.

                           

                          Pourquoi devrais-je considérer celà pour apprécier ceci ? au nom de quelle logique, de quelle morale, de quelle règle ?

                           

                          Si israel se comporte mal (et israel dépasse les limites) je suis libre de considérer israel comme fasciste ou même comme nazi car rien ne prémunit israel de ce genre de comportement. Israel n’existait pas pendant la guerre. Et le fait qu’il s’agit d’un Etat juif ne garantit nullement que ses idéologues ou ses cinglés ne reproduiront pas le comportement de leurs tortionnaires.

                           

                          On sait bien par exemple que les criminels (pas tous, bien sûr) tendent à reproduire les actes de leurs tortionnaires de l’enfance. Pourquoi ne serait-ce pas concevable pour un Etat ?

                           

                          L’armée française a bien parqué et torturé des algériens dans des camps ? Elle a bien largué une bombe nucléaire dans le Sahara en se servant de cobayes humains ? et c’était juste après la 2° GM...


                        • Serpico Serpico 4 mai 2008 18:00

                          armand : "à plusieurs reprises les armées de plusieurs états arabes ont essayé de détruire Israël. Donc il s’agit de belligérants. Quand ça t’arrange, to considères les arabes tous ensemble comme une nation, quand ça t’arrange, il y a le puissant Israël et les pauvres petits Palestiniens."

                           

                          *****

                           

                          Et on assiste en direct à une manipulation : armand, tu es trop fort !

                           

                          En glissant subrepticement que les pays arabes ont fait la guerre à Israel, tu nous fais un petit bonneteau vite fait bien fait.

                           

                          Or, je parle de la confrontation Israel-Palestiniens ACTUELLE.

                           

                          Tu veux transformer la réalité en prétendant qu’israel fait la guerre à des armées arabes. Aucun pays arabe n’est en guerre contre israel.

                           

                          Il ne faut pas abuser des feintes. Cela a toujours marché pour les sionistes, c’est vrai, mais on ne peut feinter tout le monde tout le temps. Il ne faut pas se surestimer (ou sous-estimer le vis à vis).


                        • Lavigue 3 mai 2008 15:44

                           

                          Chomsky est tabou à la télévision mais aussi dans la presse écrite. Pour justifier cet ostracisme on invoque volontiers son révisionnisme à propos du "génocide" commis par les Khmers rouges à l’encontre de leur peuple mais aussi l’usage par Faurisson d’un texte de Chomsky sur la liberté d’expression.

                          Combien de ses détracteurs ex-maoïstes (BHL, Glusckmann, Finkielkraut et autres) se sont opposés dans les années 1970 à ceux qui se proposaient de façonner un homme nouveau ?

                          Aucun. C’est après l’invasion du Cambodge par le Vietnam en 1979, que nos médiatiques ex-bolchéviques se sont enquis du sort des cambodgiens.

                          Mais là n’est pas le vrai motif de l’exclusion du champ culturel de Noam Chomsky.

                          A la vérité, la vie médiatique en France n’est pas concevable sans l’existence d’un puissant lobby pro-israëlien et Chomsky l’anti-conformisme, l’empêcheur de penser en rond et en clan gêne surtout quand il dénonce les crimes contre la paix dans le monde commis par l’impérialisme Etasuniens et le terrorisme d’Etat pratiqué par Israël.

                          Il n’empêche, chomsky jouit d’une notoriété internationale sans avoir à jouer le pitre dans des émissions à la Ruquier ou à la Ardisson dont tout le monde se moque à l’étranger.

                          Chomsky n’est crédible et connu que par la profondeur de sa pensée, son intelligence et sa volonté inébranlable d’être un homme libre.


                          • Weinstein 3 mai 2008 17:52

                             

                            Ce fil a le mérite d’être un grand cyber rassemblement d’extrême- droite et d’extrême- gauche, ce que l’on nomme de nos jours l’alliance “vert rouge”.
                             
                            Comme le disait ma grand-mère, avec l’accent yiddish je vous prie : "les antisémites aboient la caravane passe".
                             
                            Maintenant pêle- mêle :
                             
                            Le sionisme n’est pas un mouvement colonial, mais il vise à rétablir une légitimité historique, à savoir le retour des juifs sur leur terre.
                             
                            Ceci est la véritable révolution de cette renaissance de l’état hébreu.
                             
                            Impensable concept dans une France que l’on désigne désormais à l’étranger la Françabia.
                             
                            Il est pratiquement inconcevable pour la nation Arabe, Française, etc qu’un peuple puisse ainsi détraquer le rouage de leurs impérialismes sur lequel ces nations se sont construites… et pour cause, cela signifierai la perte de leur légitimité !
                             
                            La Palestine est un leurre particulièrement soutenu par les colonialistes d’hier et d’aujourd’hui, il n’y a jamais eue d’entité palestinienne, de royaume indépendant palestinien, d’histoire commune….
                             
                            La création d’un état dit” Palestinien” est voué à l’échec, on ne construit pas un peuple avec des fables, fussent-elles romantiques, l’arabe fière, piqué dans son “honneur” par le juif mercantile et occidentalisé.
                             
                            Cet article hautement antisémite sous des airs faussement savants me fortifie dans la décision que j’ai prise voilà un quart de siècle, de vivre et de mourir dans mon pays, en juif libre.
                             
                             
                            שלום מארץ יהודה
                             
                             
                             

                             


                            • Weinstein 3 mai 2008 17:55

                              Puisque vous aimez les citations voici un texte du docteur Martin Luther King qui vous plaira certainement :

                              Extraits des écrits du Dr Martin Luther King :

                               

                              “… Tu déclares, mon ami, que tu ne hais pas les Juifs, que tu es seulement antisioniste. A cela je dis, que la vérité sonne du sommet de la haute montagne, que ses échos résonnent dans les vallées vertes de la terre de Dieu : Quand des gens critiquent le sionisme, ils pensent Juifs, et ceci est la vérité même de Dieu.

                              ” L’antisémitisme, la haine envers le peuple juif, a été et reste une tache sur l’âme de l’humanité. Nous sommes pleinement d’accord sur ce point. Alors sache aussi cela : antisioniste signifie de manière inhérente antisémite, et il en sera toujours ainsi.

                               Pourquoi en est-il ainsi ? Tu sais que le Sionisme n’est rien moins que le rêve et l’idéal du peuple juif de retourner vivre sur sa propre terre. Le peuple juif, nous disent les Ecritures, vécut en union florissante sur la Terre Sainte, sa patrie. Ils en furent expulsés par le tyran de Rome, les mêmes Romains qui assassinèrent si cruellement Notre Seigneur. Chassé de sa patrie, sa nation en cendres, le peuple juif fut forcé d’errer sur le globe.

                               Encore et encore, le peuple juif souffrit aux mains de chaque tyran qui vint à régner sur lui. “Le peuple noir, sait, mon ami, ce que signifie souffrir les tourments de la tyrannie, sous un joug que l’on n’a pas choisi.

                              Nos frères en Afrique ont supplié, plaidé, demandé, EXIGE la reconnaissance et la réalisation de leur droit naturel de vivre en paix sous leur propre souveraineté, dans leur propre pays.Pour quiconque chérit ce droit inaliénable de toute l’humanité, il devrait être si facile de comprendre, de soutenir le droit du Peuple Juif à vivre sur l’antique Terre d’Israël.

                              Tous les hommes de bonne volonté se réjouiront de la réalisation de la promesse de dieu, que son Peuple retourne dans la joie sur la terre qui lui a été volée. C’est cela le Sionisme, rien de plus, rien de moins.Et qu’est l’antisionisme ? C’est le déni au peuple juif d’un droit fondamental que nous réclamons à juste titre pour le peuple d’Afrique et accordons librement à toutes les nations de la terre. C’est de la discrimination envers les Juifs, mon ami, parce qu’ils sont Juifs. En un mot, c’est de l’antisémitisme.L’antisémite se réjouit de chaque occasion qui lui est donnée d’exprimer sa malveillance. L’époque a rendu impopulaire, à l’Ouest, de proclamer ouvertement sa haine des Juifs.

                               Ceci étant le cas, l’antisémite doit à chaque fois inventer de nouvelles formes et de nouveaux forums pour son poison. Combien il doit se réjouir de la nouvelle mascarade ! Il ne hait pas les Juifs, il est seulement antisioniste.Mon ami, je ne t’accuse pas d’antisémitisme délibéré. Je sais que tu ressens, comme je le fais, un profond amour pour la vérité et la justice, et une révulsion envers le racisme, les préjugés, la discrimination.

                              Mais je sais que tu as été trompé, comme d’autres l’ont été, en te faisant croire que tu pouvais être antisioniste tout en restant fidèle aux principes que nous partageons toi et moi du fond du coeur.

                               Que mes paroles sonnent dans les profondeurs de ton âme : quand les gens critiquent le sionisme, ne te trompe pas, ils pensent les Juifs. “Extrait de M.L. King Jr., “Letter to an Anti-Zionist Friend,” - Saturday Review_XLVII (Aug. 1967), p. 76. Reprinted in M.L. King Jr., This I Believe : Selections from the Writings of Dr. Martin Luther King Jr.

                               


                            • geko 3 mai 2008 18:41

                              Mr Weinstein, à vous lire, ce sont des propos comme les votres qui entretiennent l’antisémitisme. Il faut être un grand parano pour voir de l’antisémitisme dans cet article !!! La victimisation a encore de beaux jours devant elle !!


                            • Weinstein 3 mai 2008 18:50

                              Vous traitez de Parano Martin Luther King ?Que Dieu ait son âme !

                               


                            • sisyphe sisyphe 3 mai 2008 18:52

                              par Weinstein (IP:xxx.x1.45.122) le 3 mai 2008 à 17H52



                              Le sionisme n’est pas un mouvement colonial, mais il vise à rétablir une légitimité historique, à savoir le retour des juifs sur leur terre.

                               

                              Faux.

                              Le sionisme actuel tend à vouloir établir les frontières de l’état juif dans leur configuration actuelle, ce qui est contraire au droit, puisqu"il y a occupation illégale des territoires palestiniens, condamnée par l’ONU depuis 40 ans.

                              De plus, je ne fais pas l’insulte aux israéliens de les confondre avec leur gouvernement : beaucoup d’israeliens ne s’y reconnaissent pas, et seraient pour un accord avec les palestiniens, que je gouvernement actuel entrave.

                              Assimiler le sionisme à ce qu’il est actuellement, et le confondre avec le sémitisme, c’est faire le jeu des antisémites.

                               

                            • geko 3 mai 2008 19:01

                              Non non c’est bien à vous que je parle Weinstein ! Puisque vous évoquez les "rouges", beaucoup d’entre eux sont morts à Auschwitz et beaucoup d’entre eux sont morts en combattant contre le nazisme ! Allez je vous laisse à votre misère intellectuelle. Continuez donc à voir le diable partout ça vous arrange tellement bien !


                            • Avatar 3 mai 2008 19:03

                               

                              Exact, Sysiphe, vous m’otez les mots de la bouche avec votre pertinent commentaire.

                              Weinstein,

                              Martin Luther King était plus pasteur que Docteur.

                              A moins que vous ne parliez de son doctorat de philosophie dont il avait pompé une bonne partie ?

                              http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Luther_King

                              Cela reste un grand homme, je vous l’accorde.


                            • armand armand 3 mai 2008 19:13

                              Faux tous les deux. Ou raison tous les deux. On ne peut résumer le sionisme ni à son postulat de départ, ni à ses dérives actuelles. Tout comme le socialisme, le libéralisme, ou que sais-je.

                              Sisyphe : soit, il y a violation depuis quarante ans des résolutions de l’ONU, mais tu sembles faire peu de cas de la première violation en date - le refus de la partition par les Arabes en 1948. Tancer un seul côté et l’encourager à battre sa coulpe me semble malvenu quand on laisse l’autre bord se vautrer dans ses excès, ses crimes, son refus de dialogue.

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