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Allocations familiales : des conditions d’attribution très choquantes...

L’annonce de la suppression de la majoration unique des allocations familiales à l’âge de 14 ans, pour les 1 698 000 bénéficiaires de cette allocation, a suscité un véritable tollé de l’Union nationale des associations familiales (UNAF) et de la Confédération syndicale des familles (CSF).

Avec la sortie du décret officialisant cette décision, au JO du 29 avril 2008, le gouvernement de Nicolas Sarkozy confirme qu’il entend grignoter tout ce qui peut l’être encore, principalement sur le dos des salariés et de leurs familles. Il espère ainsi réaliser une nouvelle économie de 138 millions d’euros en vue de renflouer les caisses de l’Etat et de la Sécurité sociale qui restent désespérément vides après le "paquet fiscal" et le cadeau de plusieurs milliards d’euros, accordé chaque année, aux catégories sociales les plus aisées du pays.

Mais si une politique familiale du jeune enfant ne peut se réduire à une pitoyable ponction des crédits déjà affectés aux familles, il convient également de dénoncer les nombreuses anomalies et injustices des modalités de versement des allocations familiales…


A la tête d’un réseau de 123 caisses locales, la caisse nationale des allocations familiales (CNAF) mobilise environ 34 000 agents pour gérer plus de 11,5 millions d’usagers dont 6 720 000 familles avec au moins un enfant à charge (5 780 000 couples et 940 000 personnes isolées).

Les prestations familiales sont destinées à compenser les charges de famille des personnes physiques françaises ou étrangères, résidant en France. Elles sont dominées par des aides ciblées vers les familles ayant de jeunes enfants à charge, les familles nombreuses et les familles monoparentales qui sont dans leur immense majorité des femmes.

Parmi ces prestations, les allocations familiales sont dues sans condition de ressources, à partir du deuxième enfant à charge. Leur montant est fixé en pourcentage de la base mensuelle de calcul des allocations familiales (BMAF) et varie en fonction, du nombre d’enfants à charge :

- 120,92 € pour deux enfants,

- 275,84 € pour trois enfants,

- 430,76 € pour quatre enfants,

- 154,92 € par enfant supplémentaire.

Une majoration de 34,01 € était versée par enfant de 11 à 16 ans, 60,46 € par enfant de plus de 16 ans. Après la dernière mesure gouvernementale, c’est une seule allocation de 60,46 € qui sera versée pour chaque enfant à partir de 14 ans. La majoration cesse d’être versée au vingtième anniversaire de l’enfant ; la majoration n’est pas versée pour l’enfant le plus âgé d’une famille de deux enfants ; elle est due au titre de chaque enfant pour les familles de trois enfants et plus.

Première anomalie très choquante : un couple avec un enfant à charge (souvent un jeune couple venant de débuter dans la vie, voire un couple en difficulté financière dont l’un des conjoints est au chômage, en temps partiel subi, etc.) ne touche pas d’allocations familiales. La France reste avec cette vieille idée de l’après-guerre qui consiste à favoriser les naissances en ne donnant pas d’allocations familiales aux familles dès le premier enfant. Aujourd’hui, l’éducation d’un enfant coûte aussi cher, sinon plus proportionnellement, que celle de deux enfants et plus !

Seconde anomalie non moins révoltante : les familles modestes ayant deux enfants à charge au moins perçoivent exactement les mêmes montants d’allocation que les familles aisées vivant très confortablement (cadres supérieurs, professions libérales, PDG, etc.). Au nom d’une apparente égalité de traitement des familles, les notions de solidarité ou d’aide sociale sont ainsi bafouées en permanence et ce « principe d’égalité » creuse en fait, chaque jour un peu plus, les inégalités sociales.

Enfin, dans le but de ponctionner encore le pouvoir d’achat des familles, le législateur a prévu une retenue de 0,5 % au titre de la contribution au recouvrement de la dette sociale (CRDS) et les montants bruts de ces allocations deviennent en réalité :

- 120,32 € nets pour deux enfants,

- 274,47 € nets pour trois enfants,

- 428,61 € nets pour quatre enfants,

- 154,15 € nets par enfant.


La base mensuelle de calcul des allocations familiales : un système bien utile pour ponctionner davantage le pouvoir d’achat des familles.

Le montant des différentes prestations familiales est fixé en pourcentage de la base mensuelle de calcul des allocations familiales (BMAF). Elle était de 377,86 € au 1er janvier 2008.

C’est ainsi que le montant des allocations familiales pour deux enfants est égal à 32 % de la BMAF (soit 120,92 € bruts), le montant de la majoration unique à 14 ans est égale à 16 % de la BMAF (soit 60,46 € bruts) le montant de l’allocation de parent isolé est égal à 150 % de la BMAF (soit 566,79 € bruts), etc.

Cette base est revalorisée chaque année par décret, mais sans tenir compte de l’augmentation réelle du coût de la vie. Son montant de 374,12 € au 1er janvier 2007, est passé à 377,86 € le 1er janvier 2008, soit une augmentation de 1,0 % alors que l’inflation a été de 2,6 % en 2007 !

On peut donc en conclure que le gouvernement de François Fillon a réduit de 1,6 % le montant des prestations familiales en 2007 alors que certains médias « bien-pensants » nous présentent cette revalorisation d’1 % comme un progrès !

Il en est ainsi de très nombreuses allocations qui diminuent d’année en année, tout comme d’autres prestations, pensions, rentes, indemnités diverses servies par d’autres organismes de Sécurité sociale et qui ne sont pas indexées sur le taux réel annuel de l’inflation.

Ce phénomène de non-indexation systématique des avantages sociaux sur le coût de la vie (c’est aussi le cas pour les salaires depuis le tournant de la rigueur en 1983…) conduit à une véritable paupérisation de l’ensemble des salariés et de leurs familles.

Et, aujourd’hui, cette situation est très préoccupante, en particulier pour les 7,1 millions de personnes pauvres (12,1% de la population), au sens des critères retenus par l’Union européenne, qui touchent 60 % du revenu médian et qui vivent avec moins de 817 € par mois. Sans compter les quelque deux millions de salariés payés au Smic (12,9 % des salariés du privé, hors entreprises agricoles et intérim) ou les 30 % des salariés à temps plein (hors intérim) qui touchent un salaire inférieur à 1,3 Smic (1 700 € bruts par mois).

Une réforme indispensable et urgente

Depuis 1978, les prestations « familles » et « maternité » ont été étendues à l’ensemble de la population, sans condition d’activité professionnelle et elles représentent aujourd’hui, en masse financière, environ 44 milliards d’euros versés par la CNAF, soit 2,8 % du PIB.

Parmi ces prestations familiales, les allocations familiales et les autres prestations légales, attribuées aujourd’hui sans aucune condition de ressources, constituent près de la moitié des prestations versées !

Aucune réforme sérieuse n’a jamais été entreprise par les pouvoirs publics pour revenir à un principe de solidarité et une réduction des injustices sociales et fiscales. Seul Lionel Jospin avait tenté maladroitement de fixer un plafond de ressources au-delà duquel les familles aisées n’y avaient pas droit, ce qui déclencha immédiatement, à cause des effets de seuil, la réprobation des familles, plutôt bourgeoises et aisées, il est vrai…

Alain Juppé, Premier ministre, avait envisagé un moment de continuer à verser les mêmes montants d’allocations familiales à toutes les familles, mais en les déclarant ensuite dans l’impôt sur le revenu. Il y renonça finalement…

Au cours de la dernière campagne présidentielle, aucun candidat n’avait proposé véritablement de réformer le système d’attribution de ces allocations. Chacun se souvient des propos de Ségolène Royal évoquant tantôt la possibilité de leur mise sous tutelle pour les familles qui ne « tiendraient pas correctement leurs enfants », tantôt le droit des femmes notamment dans les pays scandinaves, mais ignorant par exemple qu’en Norvège, les allocations familiales sont versées dès le premier enfant…

Quant à Nicolas Sarkozy, il proposa bien, pendant la campagne, à un interlocuteur, sur le plateau de l’émission A vous de juger d’Arlette Chabot sur France 2, de les attribuer dès le premier enfant, mais cette promesse, comme tant d’autres, s’est volatilisée depuis…

Et, aujourd’hui, s’il y a lieu d’être outré, ce n’est sans doute pas à cause de leur versement à quelques familles qui seraient laxistes dans l’éducation de leurs enfants, mais plutôt à cause de l’absence de versement aux familles n’ayant qu’un seul enfant à charge, leur revalorisation inférieure à l’inflation ou leur attribution à des familles très aisées qui n’en ont nullement besoin…

La meilleure solution consisterait donc à les attribuer à toutes les familles, dès le premier enfant, mais selon un barème dégressif en fonction des revenus de la famille tels que déclarés à l’administration fiscale. Cette dernière solution aurait l’avantage de concilier le maintien des allocations à toutes les familles, leur montant, pour la tranche de revenus la plus élevée, pouvant être bloqué à son niveau actuel jusqu’à l’existence d’un barème cohérent et complet.

Cette absence de proposition de réforme du système d’attribution des allocations familiales de la part de l’UMP et du PS, dont les programmes en la matière restent d’un vide « sidéral », devrait conduire les organisations syndicales et les associations familiales à mieux se faire entendre et à ne pas se contenter d’un timide communiqué de dénonciation rituelle, chaque année, lors de la sortie du décret de revalorisation de la BMAF…

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105 réactions à cet article    


  • JPC45 9 mai 2008 10:19

    Vous dites que la moitié des prestations sociales sont versées sans conditions de ressource... au lieu de dénoncer cet état de fait , avez vous essayé de comprendre pourquoi ?

    Les personnes les plus aisées cotisent plus, non ? donc vous proposez que des personnes qui cotisent plus aient en plus des prestations diminuées voir sans prestations.

    La solidarité se voit selon 2 niveaux : les cotisations et les prestations : lorsque vous aurez compris cela, vous aurez compris pas mal de chose à la protection sociale


    • Rage Rage 9 mai 2008 13:14

      Bonjour,

      Excellent article : très clair, très précis.

      Pour ma part je pense qu’il est grand temps de compléter ces "prestations familiales" par :

      - L’attribution dès le premier enfant d’une aide familiale

      - La degressivité de l’attribution en fonction du nombre d’enfant et non l’inverse (on mutualise certaines choses)

      - Définir un plafond de ressources pour prétendre à 100% de l’allocation et créer un système dégressif d’attribution suivant revenus avec un seuil à 0% pour les gros revenus.

      - Exclure tous les autres mécanismes type "demi-part" et "suivant nombre d’enfants" en incluant dans la prestation familiale tout ce qui relève de l’aide familiale (ce qui signifie de relever l’aide mais de supprimer les avantages connexes) comme l’intégration de la prime de "rentrée" dans l’allocation du mois d’aôut., voire transférer cette prime de rentrée pour le financement exclusif des livres et matériels scolaires. Ceci peut aussi se penser avec les systèmes de "bourse" dont on sait tous qu’ils sont inadaptés voire injuste... (cf critères d’attribution)

      - La limitation à 18 ans pour les allocations familiales : au delà, il s’agit des prestations du supérieur (étudiants, apprentis etc...) : éviter les cumuls malsains...


    • Rage Rage 9 mai 2008 19:52

      J’oubliais : les allocations familiales ne sont pas des "prestations à vertu de redistributivité" mais plutôt des aides à vocation "nataliste" : c’est aussi la raison pour laquelle pauvres comme riches les touchent, et donc la raison pour laquelle droite comme gauche n’osent pas y toucher.

      Reste les classes moyennes et ceux qui ne rentrent pas dans les clous pour payer... pour les autres !

      Célibataire de classe moyenne en France ? Ah nan, ça ce n’est pas une bonne case du tout...


    • Albert Ricchi Albert Ricchi 9 mai 2008 22:15

       

      @JPC45

      Je travaille dans la Protection Sociale, ce qui ne semble pas être votre cas, vu la teneur de votre commentaire...

      Vous n’avez apparemment pas compris le fonds du problème, pourtant très simple : un salarié avec un enfant à charge cotise bien à la Sécurité Sociale et pourtant n’a pas droit à des allocations familiales pour élever son fils ou sa fille mais le milliardaire en euros, avec deux enfants à charge, y a droit !

      Est-ce que vous comprenez mieux avec cet exemple ?

      Salutations

      Albert


    • JPC45 9 mai 2008 22:21

      je vais vous aider : d’après vous qui cotise le plus ? les régles sont elles différentes entre un milliardaire et un salarié au SMIC ?


    • JPC45 9 mai 2008 22:23

      au fait j’ai bien compris que vous travaillez ds la protection sociale donc plus sensiblisez que la moyenne mais cela ne veut pas dire que vous maîtiser le pb surtout en terme de financement, surtout lorsque l’on parle que de prestation sans mettre en face les cotisations : la est la solidarité. J’aurais pu comrpendre votre arguement si la protection sociale était financée par l’impo, ce n’est pas le cas.


    • ze_katt 10 mai 2008 10:49

      Quand vous serez à la retraite vous serez bien content que les enfants des autres cotisent pour vous.


    • miha 10 mai 2008 13:50

      m’enfin.... il s’agit de SO-LI-DA-RI-TE...

       

      quelle est la définition de ce mot ?

      c’est récupérer ce que l’on donne en fonction de ce que l’on donne ?

      ou c’est ceux qui en ont le plus qui reversent pour aider ceux qui en ont le moins ?

      perso, je pense que c’est la deuxième proposition.


    • EricB 11 mai 2008 10:53

      Oui, enfin en attendant, en tant que célibataire, on me ponctionne suffisamment pour financer les allocations familiales. des gamins qui paieront (peut-être) ma retraite. Alors, ce ne sera qu’un retour normal des choses !


    • Albert Ricchi Albert Ricchi 11 mai 2008 17:29

      @ Rage

      Merci pour ce compliment et votre commentaire de cet article.

      Effectivement, je n’ai l’ai pas précisé mais dans le cas d’un barème dégressif en fonction des revenus, l’on pourrait très bien envisager d’arriver à "zéro allocations familiales" pour la tranche de revenus la plus élevée, à condition toutefois que la tranche en question soit bien la plus élevée du barème de l’IRPP.

      Qu’un milliardaire en euros ne bénéficie pas d’allocations familiales pour élever ses enfants n’a rien de choquant mais il se trouverait toujours quelqu’un pour pleurer sur ces « pauvres malheureux »…

      Cordialement

      Albert

       


    • JL JL 9 mai 2008 10:43

      Concernant ""le cadeau de plusieurs milliards d’euros, accordé chaque année, aux catégories sociales les plus aisées du pays."" lire :Pour la première fois, le ministère des Finances détaille officiellement les 400 niches fiscales offertes aux ménages et aux entreprises, le nombre de leurs bénéficiaires et le coût pour le budget. Où l’on découvre que leur plafonnement prévu en 2006 ne rapportera que 50 millions d’euros."

       

      "D’après les calculs du quotidien Les Echos, elles représentent un coût total de 45 milliards d’euros, voire 59,5 milliards si l’on y ajoute celles dont bénéficient les entreprises. "

      http://www.lexpansion.com/econ...

      Autrement dit, l’Etat propose de réduire l’évasion fiscale ... de 1% ! peut-être même ne réduira-t-il rien du tout si les personnes concernées obtiennent grâce au bouclier fiscal les remises qu’elles allaient chercher dans les niches !


      • JPC45 9 mai 2008 10:52

        Evasion fiscale fraude fiscale, niche fiscale : ce n’est pas la même chose...

        Sinon, je suis preneur de vos conseils pour savoir comment on peut réduire ces impôts (hors ISF) avec la loi TEPA ...


      • JL JL 9 mai 2008 10:55

         

        Si je suis d’accord avec votre ""Première anomalie très choquante "" en revanche je m’élève vigoureusement contre ce que vous appelez la seconde : "" les familles modestes ayant deux enfants à charge au moins perçoivent exactement les mêmes montants d’allocation que les familles aisées vivant très confortablement (cadres supérieurs, professions libérales, PDG, etc.). ""

        Ignorez vous que par le biais du quotient familiales familles riches perçoivent, et dès le premier enfant, en impôt négatif une ressource bien plus élevé que les AF. Je ne sais pas si cela est considéré ou non comme une niche fiscale, mais vous avez beau jeu à dénoncer la petite ’injustice’ sans dénoncer la grande.

        Je pense que moduler les AF par les revenus, c’est à terme condamner les AF en vertu ou plutôt en vice du principe : "Droits des pauvres, pauvres droits".

        PS : la bonne solution serait de supprimer ce quotient familial et d’augmenter les AF pour toutes les familles, et ce, à partir du premier enfant.

        Tout autre discours me paraît suspect. Il y a déjà eu une telle tentative il y a 15 ou 20 ans et cela avait provoqué un grand débat dans les médias. Si vous insistez, je ressortirai les calculs que j’avais produits à l’époque et qui soutiennent ce que je dis ici.

         


      • JL JL 9 mai 2008 10:56

        JPC45 : ou je ne comprends pas la question que vous posez, ou c’est vous qui ne comprenez pas ce que je dis. Restons en là voulez-vous ?


      • Bulgroz 9 mai 2008 19:08

        Les commentaires tels que celui de JL relèvent de la méthode Coué : en politique, autant dire du nihilisme. C’est le type même du commentaire non constructif puisque par volonté délibérée du posteur il est destructeur. De même qu’il existe un point godwin, je propose d’attribuer à JL un point coué.


      • Bulgroz 9 mai 2008 19:09

        Les commentaires tels que celui de JL relèvent de la méthode Coué : en politique, autant dire du nihilisme. C’est le type même du commentaire non constructif puisque par volonté délibérée du posteur il est destructeur. De même qu’il existe un point godwin, je propose d’attribuer à JL un point coué.


      • Frédo45 Frédo45 9 mai 2008 10:54

        Pourtant de gauche, je ne conçois pas que les allocations familiales puisent être conditionnées par le revenu Si ’lon prend le cas de l’école, l’école n’est pas plus gratuite pour des enfants issus de milieux défavorisés que pour ceux qui proviennent de milieux plus aisés. Je pense qu’il doit en être de même pour les allocations familiales. Les aides doivent intervenir sur d’autres points.


        • JPC45 9 mai 2008 11:04

          votre remarque est juste car si l’école est gratuite pour tous et notamment les plus aisés, c’est que l’impot (qui finance l’école) est fonction de ces revenus. Il semble difficile d’un coté de faire cotiser plus et de l’autre d’avoir moins.


        • 5A3N5D 9 mai 2008 16:03

          Pas sûr que vous ayez encore compris le principe du quotien familial et son impact sur le montant de l’impôt sur le revenu (les riches ont nettement plus à y gagner que les pauvres.)


        • Frédo45 Frédo45 9 mai 2008 18:52

          Ca concerne l’impôt sur le revenu, cela ! Je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas revoir le calcul de cet impôt, au contraire.


        • 5A3N5D 9 mai 2008 18:58

          Désolé, je répondais à JCP45.


        • JPC45 9 mai 2008 20:02

          sur le quotient familial : mes inervention étaient avant que JL parle de quotient familial donc pour ma part, je ne parlait pas de quotient familial mais sinon je vous rassure j’ai compris le principe.


        • JPC45 9 mai 2008 20:59

          Comme rappelé, la France est le pays qui consacre le plus à la redistribution et pourtant nous n’avons pas moins de pauvres et de SDF. la question n’est pas de distribuer plus mais de distribuer mieux. Y a ’il une évaluation de cette multitude aides.

          J’ai la conviction qu’à force de mettre de la solidarité partout, on rend moins éfficace la redistribution.


        • Mr Mimose Mr Mimose 9 mai 2008 11:47

          On veut nous faire croire que l’etat est en faillite pour nous culpabilser afin d’accepter la destruction de la sécu, alloc, etc...

          Mais es-ce que l’état controle encore quoi que ce soit ? Il faudrait déja qu’il reprenne le controle de la monnaie. Au lieu de cela l’état est spolié par des intérets privés, cartels des banques.

          http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2007/05/01/72-non-ce-n-est-pas-trop-cher-le-financement-des-besoins-collectifs-est-rendu-sciemment-ruineux

          « Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents »


          "La crise mondiale aujourd’hui", Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Économiques 1988. Ed. Clément Juglar 1999.


          • JPC45 9 mai 2008 12:29

            La solution miracle : qui peut croire que l’état pourrait multiplier les petits pains ?

            et avec cette solution, il serait possible que l’état donne une allocation mensuelle de 5000 Euros pour tous les français et que plus personne ai besoin de travailler ?


          • thomthom 9 mai 2008 12:03

            ce qui me choque surtout, avec les allocations familiales, c’est qu’il n’y ait pas de plafonnement relative au nombre d’enfants.

            Que l’on aide, et même incite, les couples à fonder une vraie famille avec un deux, ou trois enfants (selon leurs préférences) est assurément une très bonne chose. Sans distinction de leur situation, pourquoi pas, puisque cette aide est aussi une incitation, qui s’adresse à tous, à maintenir un certain dynamisme démographique nécessaire à la survie à long terme de notre société (il suffit de voir le taux de natalité dans beaucoup d’autres pays d’europe, qui n’ont pas notre système d’allocation familiales, c’est la catastrophe).

            Par contre, je considère que se constituer une famille nombreuse, c’est clairement un luxe. C’est une liberté qu’à chaque famille, mais ce n’est pas à la société d’aider à cela. Si un couple veut plus de 3 ou 4 enfants, qu’ils le fassent mais qu’ils assument seuls ce choix. Je considère donc personnellement, que les allocations familiales devraient etre plafonnées à partir du 3eme ou 4eme enfants... voila une source d’économies possibles (car il faut bien en faire, vu l’état des finances du pays) qui me semblerait pertinente

             


            • JL JL 9 mai 2008 12:27

              Thomthom, votre proposition ressemble à de la tyrannie sans fondement. QU’y ganerait-on ? Quelques malheureuses dizaines de milliers d’euros ?! Mais je suppose que vous pensez là sans oser le dire, aux familles immigrées ?


            • thomthom 9 mai 2008 12:46

              Pas seulement. Je pense aussi au familles post-aristocratique (souvent très "cathos") qui sont souvent très aisées et spécialistes des familles nombreuses. Que ces gens là fassent le choix d’une famille nombreuse, ca les regarde, mais qu’ils l’assument seuls (surtout qu’en général, ils en ont largement les moyens).

              Quand aux étrangers, qui sont aussi souvent spécialistes des familles nombreuses, pour des raisons culturelles respectables, je n’ai absolument rien contre le fait que notre pays les accueille... même qu’il en accueille beaucoup. Par contre, je suis opposé, vu l’état de notre économie et de nos finances publiques, qu’il accueille des personnes incapables de s’assumer elles-même et qui vivent au frais de la communauté, d’allocations diverses et variées... c’est malheureusement trop souvent le cas. C’est quelque chose que nous ne pouvons plus nous permettre économiquement. Notre politique familiale ne doit donc pas être trop incitative vis à vis de ces populations.

              Encore une fois, je ne rejette pas le droit à fonder une famille nombreuse.... je rejette juste le fait qu’il y ait des aides pour ca, financées par nos impots et prélèvements obligatoires...

              ...sans bien sur remettre en cause le fait qu’il y ait des aides pour fonder une famille de taille "standard", c’est à dire 2 ou 3 enfants, ce qui est nécessaire ou renouvellement démographique


            • tmd 9 mai 2008 13:05

              Je plussoie cette idée de limiter les allocation familliales à 3 ou 4 enfants. Peut-être même à 2. Et ce sans aucune idée nauséabonde liée à l’imigration. Plus simplement, nous, les humains, sommes trop nombreux sur terre. Il faut arrêter de faire croître la population mondiale. Un seul chiffre : l’humanité surconsomme ce que la terre peut lui fournir depuis 1970.


            • Lucie Vivien 9 mai 2008 17:26

              Lamentable !

              Vous suggérez de plafonner les allocations à 3 voire 2 enfants ?! Vous parlez de famille "standard" ?! Qu’est-ce que signifient ces normes arbitraires ? Vous dites vous-mêmes que les gens sont libres de faire ce qu’ils veulent alors ne vous contredisez pas !

              Il n’y a pas de normes en matière de famille, la fin du XXème siècle nous a quand même appris cela : familles monoparentales, famille recomposées, familles nombreuses, tout le monde a le droit de vivre et les gens comme vous me semblent dangereux pour l’esprit de tolérance.


            • laconnassomomo 9 mai 2008 17:33

              Je suis assez d’accord avec l’expression de Thomthom.

              Je pense par contre suite aux posts lui répondant que s’il y a un devoir maîtrise de la natalité face aux ressources disponibles sur terre, ce n’est pas en France qu’il faut s’attaquer au problème en premier, même si l’on peut effectivement tenter de régulariser les risques d’excès.

              Ceci dit, ne jouons pas avec le feu, la nature est ce qu’elle est, trop chercher à la contrôler peut être bien plus nuisible que la laisser faire. Donc comme pour toute chose : avec parcimonie et de très très sérieuses études.

              Il en est maintenant de l’attribution des allocations familiales en France comme de toutes les aides sociales. Personne ne peut nier qu’elles sont en régression constante et drastique et que nous nous dirigeons de plus en plus vers un système "à l’américaine" (T’as les moyens ? Tant mieux !, Tu les as pas ? Tant pis...).

              Il est dans ce sens assez regrettable que de tels acquis, obtenus de dures luttespopulaires, soient ainsi dilapidés en un temps record. Si les réformes peuvent être utiles, il serait juste qu’elles soient objectives et qu’elles se fassent dans le sens de ce que montre notre nation depuis longtemps, c’est à dire un esprit de solidarité et de partage des richesses. Je crois fondamantalement que c’est là le signe d’une société saine, intelligente et surtout évolutive (autrement que par le biais de l’argent et du pouvoir qui s’y greffe systématiquement)....quoiqu’en disent les économistes !


            • laconnassomomo 9 mai 2008 17:40

              @ Lucie Vivien

              Je comprends votre réaction première, tout est adaptable. L’idée de Thomthom n’est pas forcément mauvaise et à toute règle ses exceptions. Je ne crois pas qu’il parlait là de familles recomposées (par exemple) ou là, bien sûr, le nombre d’enfants peut être conséquent !

              Il me semble pourtant assez logique de ne pas "pondre" 8 ou 9 enfants si on a pas les moyens de les élever, en se reposant sur d’éventuelles aides sociales dont on pourrait bénéficer.Je considère que c’est un manque de respect vis à vis de ces enfants à naître et je pense que c’est plus à cela que Thomthom faisait allusion. Si tel n’est pas le cas, il a alors effectivement une vision dangereuse de la vie !!!

              Cordialement.


            • thomthom 9 mai 2008 18:06

              c’est exactement comme cela que je vois les choses


            • thomthom 9 mai 2008 18:26

              et puis, concerant les "dures luttes" qui ont permi ces avancées sociales (je ne sais pas si ca s’applique dans le cas des aloc, mais bon...), il faut les replacer dans leur contexte.

              Dans une économie florissante, il me semble tout à fait normal et justifié que les plus "exploités" luttent pour que les richesses produites soient le plus équitablement réparties et partagées, ce qui implique une politique sociale forte.

               

              Mais aujourd’hui, à quelques dérives près, ce ne sont plus des richesses qu’il est question de répartir, mais une dette et un déficit chronique monstrueux. Donc bien sur ca fait mal au coeur de voir notre système social régresser. Mais entre ça et vouloir à tout prix le maintenir 100% intact alors qu’on en a plus les moyens, jusqu’à ce que tout le système s’écroule et que l’ont ait plus RIEN (ce qui nous pend sérieusement au nez) ! Et bien pour moi, il n’y a pas photo. Nous devons faire maintenant les efforts pour garantir la survie du système. La question est donc de savoir comment doivent etre répartis ces efforts.


            • heyben 9 mai 2008 18:29

              Moi j’pense aux familles catho trop tradi, prenez garde à la le catholicisation de la France.


            • laconnassomomo 9 mai 2008 19:00

              @ Thomthom

              Je reste une ardente défendresse des luttes sociales et de leur résultat.

              Certes, il y a la dette et le déficit chronique dont vous parlez et sur ce point vous n’avez pas tort. Par contre la question reste de savoir si l’allègement de cette dette (c’est le gros problème) doit se faire sur le dos des moins favorisés ?

              Lorsque j’aborde l’idée d’une société saine et évolutive, je pense justement au fait qu’il n’est pas forcément très sain qu’un relativement petit nombre s’en mette plein les fouilles pendant qu’on sucre allègrement les basses et moyennes classes à coup de trop bein-nommées réformes.

              Réformes qui, "si on les fait pas la France est foutue".

              HO ! HOLà ! HO ! On se calme, on arrête le lavage de cerveau et on reprend tout à zéro.

              On réforme, OK. Mais on le fait dans l’intérêt général et dans un souci d’équité et de justice. Ce ne me semble pas du tout, du tout être le cas actuellement !


            • Bulgroz 9 mai 2008 19:06

              Les commentaires tels que celui de JL relèvent de la méthode Coué : en politique, autant dire du nihilisme. C’est le type même du commentaire non constructif puisque par volonté délibérée du posteur il est destructeur. De même qu’il existe un point godwin, je propose d’attribuer à JL un point coué.


            • Bulgroz 9 mai 2008 19:12

              Les commentaires tels que celui de JL relèvent de la méthode Coué : en politique, autant dire du nihilisme. C’est le type même du commentaire non constructif puisque par volonté délibérée du posteur il est destructeur. De même qu’il existe un point godwin, je propose d’attribuer à JL un point coué.


            • Lucie Vivien 9 mai 2008 20:08

              Je trouve tout à fait normal qu’il n’y ait pas d’allocation familiales pour un enfant car ce n’est quand même pas bien difficile d’assurer l’entretien d’un seul enfant mais je me demande si on ne devrait pas les démarrer à 3 enfants plutôt qu’à 2 car cela ferait des économies. Et puis aussi, on pourrait ne les donner qu’à partir, disons,des 5 ans de l’enfant car avant 5 ans, il ne coûte quand même pas très cher.

              NB Je ne suis pas complètement ironique en disant tout cela.

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