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Accueil du site > Actualités > Politique > Lettre ouverte d’un préparationnaire désabusé à M. Peillon

Lettre ouverte d’un préparationnaire désabusé à M. Peillon

Ces derniers jours, j’ai appris que j’étais une élite qui tendait à reproduire le statut de mes parents qui étaient également des élites. L’inconvénient, c’est que je ne l’apprends que dernièrement, alors que cela fait désormais dix-neuf ans que je connais mes parents et ma famille. Et j’imagine que M. Peillon ainsi que tout son ministère connaissent à coup sûr bien plus sur ma famille et ses racines que moi-même. Il paraît évident que M. Peillon me connaisse d’avantage que moi-même : comment ne pas qualifier de nanti et fils de nantis un jeune homme, né à Toulouse un 5 décembre 1994, de parents alors tous deux employés dans une banque française, eux-mêmes fils de réfugiés de différents pays ? Mon grand-père est arrivé en France à la suite du génocide des Arméniens, a perdu toutes ses richesses au port de Marseille, avant de finir par vivre à Paris. Envoyé en Allemagne à l’occasion du Service du Travail Obligatoire, il est revenu par la fuite, et s’est éteint dans un minuscule appartement avec sa femme paralysée à Paris. Ma grand-mère paternelle a fui la guerre d’Espagne dans les années 1930. De Charybde en Scylla, elle a été internée dans des camps de réfugiés de l’Ariège, avant de pouvoir atteindre la Normandie, où elle a assisté au débarquement des Alliés. Elle a passé sa vie à thésauriser, connaissant le prix de la haine et de la dictature, et soucieuse de ne plus avoir à souffrir du manque et de la faim comme elle en a souffert. Mais surtout, si je souhaite me rapprocher du sujet qui m’intéresse ici, il n’y a dans ma famille aucune personne qui a côtoyé sérieusement des études d’un niveau supérieur. A tout le moins pourrais-je citer une de mes sœurs, qui a rapidement abandonné ses études en langue italienne. Mes parents n’ont pas le bac, et ont conservé leur emploi à une époque où s’insérer dans le marché du travail était aussi simple qu’il l’est aujourd’hui d’aller s’inscrire au Pôle Emploi. Mes grands-parents n’ont jamais été à l’école, et ne doivent leur survie qu’à leur propre mérite. Et pourtant, aujourd’hui, je suis fier d’être un élément du système préparationnaire français.

Moi, simple fils d’employés du tertiaire, ayant traversé une multitude de turpitudes financières, familiales, sentimentales, je ne veux voir en mon accession aux Classes Préparatoires qu’un effet de mon mérite. Certes, j’entends objecter à tous mes camarades que le système préparationnaire se compose de beaucoup d’éléments provenant de milieux enviables. Je ne connais aucun fils de Sans-Domicile-Fixe travaillant à mes côtés, ni même de fils d’agriculteurs. Encore que, il m’en vient en tête deux ou trois. Mais si les inégalités transparaissent dans l’Education Nationale, faut-il en imputer la culpabilité à un système qui se trouve au début de l’Enseignement Supérieur, soit déjà bien après la dispensation de bases éducatives faisant une différence au niveau de l’éducation ?

J’estime avoir plus de facilité à discerner ces enjeux, dès lors que j’ai moi-même passé un bout de ma scolarité dans un établissement peu renommé pour sa réussite. Le collège où j’ai étudié était un établissement situé en périphérie Nord de Toulouse. Comme tous les collèges de banlieue, les fonds qu’on lui attribuait étaient maigres. Le système français de positionnement des classes peu aisées dans la périphérie immédiate du centre-ville a fait que je me révélais être partie intégrante de la petite communauté d’élèves ayant un nom « qui sonne Français ». Oui, dans mon collège, il y avait une forte communauté maghrébine, qui se disputait sans cesse la fierté d’être tunisien, marocain ou algérien. Et tout cela en parlant Français. Aujourd’hui, je vois cela comme une richesse. Oui, j’ai côtoyé des gens du voyage, des sri-lankais, des roumains. Oui, j’ai subi des agressions à l’arme blanche, des menaces racistes. L’enseignement que l’on me dispensait était somme toute suffisant. Mais les portes qui s’ouvraient à moi étaient des plus étroites. Un dossier où l’on voit écrit « Collège Toulouse-Lautrec » est bien moins intéressant qu’un autre où l’on verrait « Collège Romain Rolland » (situé à l’Union, en périphérie aisée). Il est avéré qu’en sortant du collège où j’étais, mes solutions se réduisaient à « Lycée Toulouse-Lautrec », et encore, parce que j’étais un bon élément. Mais j’en arrive au fait : j’étais un bon élément. Non pas parce que mes parents m’ont doté d’une intelligence supérieure, mais j’ai l’intime conviction qu’un travail rigoureux ne peut qu’amener à des résultats de qualité. Aussi, j’eus l’audace de postuler pour un lycée du centre-ville, auquel je fus accepté, les larmes aux yeux. Et tout cela me permit de faire ma rentrée en Classes Préparatoires au Lycée Saint-Sernin, quatre ans plus tard. Est-il encore possible de me voir comme fruit de la reproduction d’une élite ? Et je ne suis absolument pas un cas unique.

Mais ce que vous avez dit M. Peillon est très grave. En plus d’être hautement mensonger, révélant une méconnaissance totale, sinon une ignorance, de la question, vos propos ont insulté chacun de nous, étudiants préparationnaires comme professeurs. Je ne puis aujourd’hui me remettre du fait qu’après que le système éducatif m’ait fait confiance en m’acceptant en CPGE, il me dédaigne aujourd’hui en me disant que finalement, si j’ai pu arriver jusqu’où j’en suis, ce n’est seulement que parce que mes parents sont riches. Pourquoi au départ croire en mes capacités, pour ensuite me dire qu’elles n’ont rien à voir avec ma réussite ? Pourquoi briser cette fierté que j’avais, cette unique fierté, qui était de me sentir habile dans la réflexion intellectuelle ? Voilà l’impression que j’ai depuis que j’ai appris votre décret : je ne comprends pas. Je ne sais pas pourquoi vous m’en voulez. J’espérais pouvoir faire autre chose qu’employé dans une banque, parce que je me suis trouvé une passion dans le travail de l’esprit, et aujourd’hui vous me dites que cette habileté n’a jamais existé, et que la Catégorie Socio-Professionnelle de mes parents inscrite sur mon dossier d’inscription a d’avantage joué en ma faveur que mes résultats. Comprenez dès lors que vous m’insultez, et qu’en plus de cela vous insultez le milieu intellectuel Français, dont bon nombre de ses membres peut se targuer de ne pas agir en fonction des éventuelles promotions qu’ils peuvent avoir, mais parce qu’ils cherchent à faire progresser la pensée humaine. C’est aujourd’hui cela que vous allez empêcher.

En éliminant les Classes Préparatoires, vous destinez les classes les moins aisées à ne plus pouvoir accéder aux Ecoles de l’Enseignement Supérieur, qui sont la garantie d’une entrée en douceur dans le milieu intellectuel français. Vous qui souhaitez dissoudre les Grandes Ecoles (comme vous l’avez dit si explicitement dans un entretien à France Inter en 2010), ne comprenez –vous pas qu’elles sont à la portée de tous, si l’on se donne la peine de postuler pour une Classe Préparatoire ? Le simple rappel qu’un élève admis en Ecole Normale Supérieur reçoit un statut de fonctionnaire stagiaire de l’Etat, rémunéré et logé lors de leur scolarité dans l’établissement, devrait pouvoir vous convaincre que c’est un lieu que tout le monde veut. L’Etat investit dans ses étudiants, pour qu’après ceux-ci le leur rendent. Et ne rabâchez pas vos sempiternelles balivernes à propos de dépenses trop élevées : vous qui êtes un homme de philosophie, devez certainement concevoir qu’un investissement n’a jamais de répercussions conjoncturelles, mais qu’il vise avant tout à modifier structurellement la totalité. Aussi, si vous dépensez tant pour les étudiants de CPGE et pour les élèves de l’Ecole Normale Supérieure, c’est que ceux-ci jouent en votre faveur par la suite. Ils deviennent membres d’un ministère, membres d’organismes d’Etat, voire même professeurs… Excusez-les de ne pas vous rapporter des millions d’euros que vous vous précipiterez de cacher dans vos hottes fiscales le lendemain de leur remise de diplôme, je pense que cela n’était pas dans leurs intentions. Et en tant qu’apprenti historien, je me dois de vous rappeler qu’on retient d’avantage dans l’histoire les progrès intellectuels que les politiques d’austérité. A vous d’en chercher la raison.

Aujourd’hui, votre réforme m’a totalement désorienté. Suis-je un nanti ou dois-je me considérer selon mes capacités à réfléchir ? Moi qui souhaitais me destiner à l’enseignement (et qui plus est en CPGE !), est-ce réellement dans mes intentions que de devenir un nanti ? L’image que j’avais de mes professeurs, proches de nos incertitudes, attentifs à la moindre de nos incorrections, et que nous considérons comme des figures paternalistes, est-elle réellement celle que je m’étais faite ? Suis-je idiot et riche ? Il semble que non, étant donné qu’aujourd’hui je me mobilise. Si je me dis que ce que vous faites n’est pas justifié, c’est que je réfléchis. Jour après jour, nous nous rendons compte à quel point ce détail de l’année passe à la trappe auprès du plus grand nombre. Journaux, gratuits, télévision, radio… Aucun média ne relaye le point de vue des professeurs et encore moins des étudiants. Mais je tente tout de même ma chance. Peut-être que mon cas particulier s’ajoutera aux innombrables que je côtoie chaque jour, et qui à chaque fois remettent en cause vos accusations.

Vous ne nous sacrifierez pas sous le seul prétexte de votre haine des élites intellectuelles. L’idée de ne devoir ma réussite qu’à ma soi-disant situation financière avantageuse me répugne. Je ne vous laisserai pas m’insulter, ni insulter tous mes camarades. Je veux pouvoir prétendre à un enseignement d’excellence, gratuit, et qui regardera mes qualités de réflexion plutôt que mon porte-monnaie. Cet enseignement, je l’ai trouvé en CPGE. Personne ne vous laissera le supprimer, soyez-en certain.


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31 réactions à cet article    


  • Vipère Vipère 7 décembre 2013 13:25

    Bonjour l’auteur

    « Je veux garder un enseignement d’excellence gratuit »

    Vous n’allez tout de même pas nous faire croire que les « prépas » sont remplies d’enfants d’ouvriers ? personnellement, à moins que vous ne le démontriez, par une quelconque source, à priori je n’y crois pas !

    Ceci étant explicité, je suis tout à fait d’accord, avec V. PEILLON pour réaffecter ces budgets vers le primaire, où les injustices et inégalités devant l’enseignemet basiques sont criantes, ce qui remettrait un peu d’égalité dans l’Ecole de Jules FERRY, supposée donner un enseignement de qualité à tous les enfants de la République.


    • ETIENNE 9 décembre 2013 19:31

      J ai fait ma prépa EC au lycée St Exupery de Mantes La Jolie, il y a près de 15 ans
      La plupart de mes camarades étaient issus de milieux modestes.
      Les difficultés viennent après la prépa. La prépa dans un lycée publique c’est gratuit. L’école de commerce en revanche c’est cher.
      Quand on n a pas des parents fortunés, il faut emprunter.
      Les banquiers m’ont regardé de travers, il m’a alors fallu une caution crédible malgré un classement honorable qui m’a permis de choisir une école du top 10. J’ai trouvé cette caution dans mon entourage, mais pas dans ma famille. Certains ont dû éprouver plus de difficultés.
      J’ai donc emprunté pour ma première année. Pour la suite j’ai eu la chance de suivre un cursus en apprentissage. Cependant, je suis sorti de l’école endetté, à l’inverse des étudiants fils à papa qui ont fait la même école que moi.


    • zic_quili 10 décembre 2013 10:22

      A Etienne.


      Mouais.
      « Regarde de travers » avec une ecole dans le top 10 ?
      Ce n’est pas la regle generale.
      En general, les campus ou autres, dans les grandes ecoles, sont assieges de banques qui proposent d’ouvrir des comptes en echange de CBs gratuites toute la scolarite, d’un « cadeau » de bienvenue ( 50 euros), d’un decouvert autorise genereux sans frais pendant un mois, qui fait qu’en ouvrant une dizaine de compte, on a autant de fois multiplie le cadeau, une superbe autorisation de decouvert sans frais qu’on utilise avec bonheur pendant un mois (en utilisant le decouvert auto d’un compte d’une banque pour rembourser le decouvert du compte d’une autre banque utilise le mois precedent) et, pour le fun, un portefeuille bourre de CBs.
      Pourquoi elles sont aussi genereuses, les banques, ce qui est loin d’etre leur style, cela va sans dire ?
      Parce qu’etant dans une grande ecole de bon niveau, vous etes le futur cadre qu’on souhaite recuperer et fideliser.
      Voila pourquoi toutes ces banques proposent egalement des prets avec une periode de grace de la duree de la scolarite, et donc un debut de remboursement une fois embauche.
      Tout mis bout a bout, votre rancoeur face aux fils a papa qui n’ont pas de pret a rembourser une fois l’ecole finie, peut etre comprehensible, d’une maniere, mais me semble ridicule, egalement, vu le niveau des salaires moyens face a la mensualite a rembourser liee a la dette « etudiante » et la comprehension des banques vis a vis de cette clientele.

      Par rapport a la prose de l’auteur, 2 choses :

      - Oui, le systeme francais est elitiste, un des plus elitistes au monde. Une des consequences est la moindre possibilite des enfants de familles defavorisees de reussir par ce biais. C’est sociologique et indiscutable. C’est comme ca. Oui, certains reussiront, malgre tout ; mais la majorite sera « naturellement » en difficulte face a l’elistisme a la francaise.

      - Je ne comprends pas l’insulte percue ou le ressentiment de l’auteur, que je crois etre du pipeau.
      On lui dit que ce systeme favorise une certaine inertie de l’elite. Or il semble en mesure d’acceder a une grande ecole sans etre issu de ce milieu (et n’est pas le seul, tres loin de la ; tout est mesure de proportions statistiques).
      Alors bravo a lui, encore plus. En quoi on peut se sentir insulte ?
      En outre, debuter la preparation, ce n’est rien. C’est reussir les concours qui comptent et qui donnent l’acces aux grandes ecoles.
      Ce qui rend le sentiment de l’auteur encore plus etonnant.

      Personnellement, j’ai comme l ;impression que cet auteur n’est pas du tout un etudiant qui va commencer sa prepa.
      Enfin, je dis ca, je dis rien...

    • Vipère Vipère 7 décembre 2013 13:42

      Je vais même plus loin, en disant qu’il faut affecter des sommes importantes à l’Ecole Maternelle, car c’est très tôt que se joue la préparation scolaire de l’enfant , de 3 ans à 6 ans.

      L’éveil de l’enfant se fait dès le plus jeune âge et c’est à ce moment que doit agir L’Education Nationale si elle veut gommer les différences et les inégalités et lui donner des armes pour la suite du cursus.

      L’on comprendra aisément qu’un enfant né dans une famille aisée dispose déjà par héritage familiale et mimétisme de l’éducation adéquate, des clés de la réussite, contrairement à l’enfant né dans une famille ouvrière qui part de zéro, ce qui induit déjà au départ un retard de l’éveil. Un retard que la plupart des enfants ne parviennent pas à rattraper et qui fait qu’ils sont en échec sur l’apprentissage de la lecture, du calcul etc...

       


      • La mouche du coche La mouche du coche 7 décembre 2013 16:18

        Oui. Il faut détruire les classes préparatoires qui formaient très bien les élèves à un très haut niveau, et donner cette argent à la maternelle pour leur apprendre la théorie du genre. Plus con qu’un prof ? 2 profs ! smiley


      • christophe nicolas christophe nicolas 7 décembre 2013 18:51

        Tu es poli l’auteur.

        Je vais le faire direct. Peillon est un penseur juif qui veut réformer la pensée chrétienne parce que 2000 ans après la crucifixion de Jésus, certains ne le reconnaissent toujours pas malgré toutes les apparitions de la Vierge. C’est pénible cette culpabilisation qui prend son essence dans l’opposition entre la Justice de Dieu (anti Jésus) et la Miséricorde de Dieu (pro Jésus). Ca fait des opposition idéologiques et des réformes permanentes. Voyons cela de près :

        L’état d’esprit de l’homme doit être « bonté ». Je dis bien l’état d’esprit, pas forcément le comportement. L’état d’esprit bonté permet d’ouvrir l’esprit et de saisir les aspects vrais de la réalité. On a un esprit de vérité. Après, cela peut redescendre en bonté si on est face à de la bonté, cela peut redescendre en « justice » si on est face à l’iniquité et que l’intelligence peut traiter le problème. Tant qu’on ne peut pas traiter le problème, il faut améliorer la forme intentionnelle « bonté » par la prière en attendant la solution ce que certains juifs font puis après, c’est avertissement, main tendue, châtiment si rien ne change (fâcherie, miséricorde et Justice si rien ne change )

        Problème tendance Juif : comportement de justice qui produit facilement du faux car ce n’est pas un état d’esprit de bonté mais de juge. Ca redescend avec une tendance à ne voir que ce qui ne va pas ou en esprit faux. C’est le fait de refuser Jésus qui fait cela. Cet état d’esprit est bien en cas de réelle agression mais il a tendance à fabriquer des agresseurs artificiellement.

        Problème tendance Chrétien : Comportement de bonté au lieu d’état d’esprit de bonté. Laisse l’iniquité se développer et ment pour avoir un comportement de « gentillesse » or le mensonge dégrade le coeur. Cet état d’esprit est bien face à des gens biens mais impuissant face à l’iniquité. À la fin cela donne cela : théorie de l’intrication évidemment certains ont été un peu vexés, dans ces cas là, c’est le réflexe crucifixion mais après... lorsqu’on vous dit que c’est de la pseudo sciences vous tombez sur cela : lumière fatiguée. Et puis après... connaissez vous l’antigravité ?

        Pour les juifs, la solution est de reconnaitre Jésus comme le Messie car son message revient justifié par la connaissance. Pour les chrétiens, il ne faut pas prendre « état d’esprit de bonté » pour forcément du comportement de bonté.

        Après, il n’y a plus d’opposition idéologiques entre Justice et miséricorde. Les juifs et les chrétiens s’accordent.


        • @lbireo @lbireo 8 décembre 2013 04:24

          l’école n’est-elle pas censée être laïque ? je ne vois pas ce que les religions viennent faire dans tout ça...

          pour n’importe quel sujet, je lis religion par-ci, religion par-là.
          bientôt quelqu’un va venir nous pondre que si un préfet ignorant veut massacrer les bouquetins, une espèce protégée, dans un coin de montagne, c’est aussi à cause d’une histoire de religion !


        • Emmanuel 9 décembre 2013 15:30

          Merci de profiter de ce débat pour en faire un débat de religion avec des convictions dignes d’un ecclésiastique moyen-âgeux en ce qui concerne le Judaïsme.


        • Plus robert que Redford 7 décembre 2013 21:46

          L’Etat investit dans ses étudiants, pour qu’après ceux-ci le leur rendent.

          Je confirme !

          Après quatre années d’études à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, où le tarif de scolarité était à l’époque ridiculement bas, voire symbolique, j’ai reversé pendant 35 années de carrière, simplement en TVA collectée, Taxe professionnelle et impôts sur le revenu, des sommes colossales multipliant très largement par dix le coût pourtant prohibitif, d’une scolarité à HEC, par exemple...

          Pas mal pour le fils d’un pôvre OS et d’une « femme au foyer », non ?? 


          • Vipère Vipère 8 décembre 2013 14:40

            Vous ne confirmez absolument rien Pas plus Robert que... mais j’admire votre piroutte pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes !

            Ancien Etudiant ou pas, tous les chefs d’entreprise collectent de la TVA et paient des taxes en tout genre.

            Faut-il vous rappeler au final qui paie la T.V.A ? le client, fermez le ban

            Vous êtres vous demandé pourquoi les frais de scolarité étaient ridiculement bas ? c’esgt tout simplement parce que tous les salariés ont contribué à payer votre formation, par le biais de leur cotisations sur salaire et impôts.

            Merci qui ? smiley


          • oncle archibald 9 décembre 2013 09:45

            Ah bon ? Il n’y a que les salariés au smic qui paient des cotisations sociales et des impôts ? Pauvre vipère aveugle, la jalousie et la bêtise sont les mamelles de votre persiflement. 

            Au Lycée Pierre de Fermat à Toulouse ou j’ai fait toutes mes études secondaires non pas en tant que fils de nanti mais en tant qu’habitant d’un taudis en centre ville, nous avons eu l’insigne honneur d’avoir dans ma classe de math elem le premier prix du concours général de mathématiques, qui bien entendu a suivi après une mention TB au bac les classes de prépa et n’eut que l’embarras du choix au moment d’intégrer une grande école puisqu’il était admissible partout ou il l’avait tenté.

            Ce charmant garçon était le fils d’un ouvrier mécanicien du garage Renault, il habitait une banlieue sud et se tapait une heure de bus dans chaque sens tous les jours pour aller de chez lui au lycée. Je doute que ce soient ses parents qui l’aidaient à faire ses devoirs, en revanche ils étaient hyper fiers d’avoir un fils si doué pour les études. C’est un grand nivellement par le bas que veut établir par démagogie et idéologie mal comprise ce gouvernement de merde qui ne sait que baver sur ses élites.

          • Piotrek Piotrek 7 décembre 2013 22:37

            Wow, votre récit est tellement précis qu’il en devient incisif.

            Votre style fait honneur à votre témoignage, et bien que mon expérience soit un peu différente, je vous ai compris.


            • Emile Mourey Emile Mourey 7 décembre 2013 22:48

              Excellent article plein de bon sens qui vous fait honneur.


              • exocet exocet 8 décembre 2013 07:50

                Une très grande partie des élèves de classes préparatoires scientifiques et économiques sont des fils d’enseignants.

                Ces mêmes enseignants qui cautionnent depuis Mitterrand la carte scolaire : les enfants du bon quartier dans le bon collège, les enfants du quartier pourri dans le collège de ZEP.
                Après le collège, collège pourri vont dans le lycée pourri, bon collège vont dans le bon lycée.

                On ne peut pas y croire tant qu’on n’y a pas été confronté.

                Notre fille, en tête de classe en primaire a été envoyée au collège de ZEP pourri de Manosque, à 3 kilomètres de la maison, puis au lycée qui en dépend, sans que nous ne puissions rien y faire, tout simplement car avec des ressources modestes nous habitions un quartier dit « défavorisé » (comprendre multicolore, habité par beaucoup de gens sans emploi) et la « carte scolaire » désignait les enfants des habitants de ce quartier, quels que soient leurs résultats scolaires, pour aller au collège de ZEP.

                Seule solution : demande de dérogation, refusée, avec , après, l’argument non écrit et dit oralement par l’un des 2 directeurs des 2 collèges « les résultats scolaires ne comptent pas pour ça ».

                Les enseignants, eux, savent s’y prendre et s’épaulent entre eux et avec leur hiérarchie pour les dérogations concernant leurs propres enfants : rarissimes sont ceux qui échouent dans un collège poubelle.

                A l’assemblée Nationale, il n’y a pas un seul député ouvrier, dans les classes préparatoires scientifiques il y a très très peu de fils d’ouvriers.
                Ces quelques là vont certainement être mis en avant par le milieu des classes préparatoires pour « faire croire que »...

                En réalité, les classes préparatoires aux grandes écoles, spécificité Française, sont l’aboutissement d’un processus. démarré au collège et poursuivi au lycée, de ségrégation sociale :
                quels que puissent être le travail personnel fourni et les dons d’un enfant, sa classe sociale le désigne, au mieux à être infirmière ou bacc plus cinq voie de garage....

                Alors oui, il faut casser ce système qui promeut des élites autoproclamées, et protège la minorité d’enfants favorisés contre la compétition scolaire.


                • Alexandre_G. 8 décembre 2013 09:46

                  Si vous m’aviez lu jusqu’au bout (ou même tout simplement lu), vous comprendriez que j’ai également été dans un collège ZEP après avoir été dans une bonne école primaire, et que malgré tout j’ai pu parvenir à un lycée avec un meilleur enseignement. Je ne dis pas que je suis plus débrouillard ou que j’ai eu plus de chance, je dis juste que ce n’est pas une situation bloquée.

                  Mais je ne veux pas complètement mettre de côté votre témoignage ; avez-vous d’autres exemples de la situation que vous énoncez ? des exemples similaires je parle, d’enfants qui auraient été forcés de rejoindre des ZEP alors qu’ils avaient de bons résultats.
                  Pour ma part je suis en CPGE littéraire, et vous saurez que les discours sont vrais : nous avons une quantité majoritaire de boursiers dans nos classes. Chaque année, sur les 2 ou 3 qui intègrent l’ENS, il y en a au moins un qui est boursier (l’année dernière il était même fils d’ouvriers !).
                  Le problème que vous énoncez est vrai (quoiqu’on ne soit pas encore dans le cas des Etats-Unis, ce qui ne saurait tarder si on regarde Peillon agir) ; mais en imputer la faute à la prépa n’est absolument pas justifié ! Vous vous contredisez dans vos termes : vous dites que c’est au collège et au lycée que l’on vous a placé en ZEP, et après vous affirmez qu’il faut détruire les CPGE ! Mais pensez plutôt à détruire les ZEP ! Ce que Peillon souhaite faire également ! Justement, les Classes Prépa ne regardent que les résultats, mais ah oui ! c’est certain, il faut croire nos professeurs qui nous disent qu’ils ne regardent pas les revenus des parents. Mon Dieu, quel effort, sachant que l’on peut très bien croire M. Peillon, qui nous assène quantité de mensonges en public, et qui rit au nez d’un de mes enseignants quand il lui dit qu’il a la moitié de ses élèves qui est boursier. M. Peillon ne connaît absolument rien au système prépa de la Province, et se contente d’aller voir les prépa parisiennes pour voir que certes, sur ces quelques classes, beaucoup sont des « fils de ». Mais venez à Toulouse, venez à Poitiers, et allez voir combien ce qu’il dit est insultant ! Je n’avais jamais vu de fils de profs avant d’arriver en prépa, et ce n’est pour moi pas une question de richesse : c’est une question de passion. Un prof de CPGE ou de lycée ne gagne absolument pas le revenu correspondant à sa dose de travail, et si reproduire des « élites » cela signifie devenir aussi mal payé que ses parents profs, alors certes oui, nous souhaitons devenir des profs mal payés.

                • exocet exocet 8 décembre 2013 12:24

                  Bonjour, Alexandre G ; j’ai parlé de prépas scientifiques, et dans une moindre mesure de prépas économiques, celles dont les débouchés sont quasiment assurés même si l’étudiant n’est pas brillant brillant, comme l’écrivait Pierre Gilles de Gennes dans l’un de ses livres, il trouvera toujours à intégrer « l’école des sucres d’orge d’Outremont » .

                  Pierre Gilles de Gennes a aussi écrit beaucoup de choses quant à notre systeme Français des classes préparatoires et des écoles : lui-même avait fait une classe préparatoire scientifique diversifiée maths physique chimie biologie qui n’existe plus aujourd’hui puis l’université.

                  Pour d’autres cas d’élèves ayant de bons voire très bons résultats envoyés au collège de ZEP, ils sont la quasi totalité s’ils habitent sur la mauvaise zone de la carte scolaire et n’ont pas de piston. Nicolas Sarkozy avait même proposé de pouvoir déroger à la règle pour les élèves « méritants ».

                  Mais, curieusement, les associations de parents d’élèves, se sont, dans leur majorité, et au nom de « l’égalité républicaine », opposées à ce texte.

                  Pour le choix du lycée, en principe il n’y a pas le choix puisque les tartuffes de l’« éducation nationale » parlent de « lycée de rattachement » (pour chaque collège).

                  Il est tout à fait exact que la ségrégation se construit au collège et au lycée, et ceux qui ont sciemment construit ce systême ségrégationniste, l’ont fait, au nom de l’égalité, principalement pour éviter aux enfants des classes aisées de côtoyer les enfants de classes, disons, moins aisées.

                  Le but final, pour ces classes aisées, étant avant tout que leur rejeton intègre une « école » (voir Pierre Gilles de Gennes) ce qui doit (toujours selon PGdG) lui assurer des droits à vie sur la société.

                  La justification d’une prétendue égalité face à la sélection des prétendants à l’entrée de ces écoles est le concours, épreuve républicaine égalitaire par excellence, au terme de deux années de classes préparatoires.

                  Oui mais voilà, encore faut il y arriver, à ce fameux concours, à ces fameuses classes préparatoires, et pour le pouième d’enfants de laborieux qui y arrivent, rattrapper le handicap constitué par les 7 années de collège-lycée de ZEP avec enseignement au ras des paquerettes et petits copains qui eux n’avaient pas envie d’apprendre ni que le voisin ou la voisine apprenne.... 

                  En face, des élèves qui dans le bon collège et le bon lycée, ont travaillé pendant 7 ans à un niveau plus homogène, avec les meilleurs professeurs, dans une saine ambiance d’émulation....

                  Alors, égalitaires ces concours ?


                • Val.F 8 décembre 2013 14:57

                  Bonjour exocet, 


                  Tout d’abord, raison principale pour laquelle je réagis a votre message est que la prépa mixte maths, physique, biologie qui selon vous n’existe plus, existe bel et bien ! Il s’agit de la BCPST (Biologie, Chimie, Physique, Sciences de la Terre) et je suis bien placé pour en parler, j’en suis ! 

                  Nous faisons partie des classes scientifiques aussi je me sens concerné par votre message. Je suis également fils d’enseignant je suis donc l’exemple parfait dont vous parlez, que dois je en déduire ? Que ma mère a fait pression pour que j’entre en prépa ? En jouant de son réseau ? Permettez moi de me sentir insulté.

                  De plus vous parlez du système que l’on appel les établissements de secteurs, ce système destine des enfants d’une école à un collège et d’un collège a un lycée. Je ne peux vous répondre quant au tenant et aboutissants de ce système et je vous conseille de vous renseigner auprès du rectorat si vous voulez des réponses. 

                  Les enseignants quant à eux ne cautionnent pas forcement ce système mais ce sont des fonctionnaires, ils fonctionnent. On oublie souvent que l’éducation nationale fonctionne un peu comme l’armée. La hiérarchie dit, le soldat fait.

                  Je comprend tout a fait votre mécontentement suite à la situation de votre fille, mais en ce faisant n’êtes vous pas en train d’être ceux qui veulent « séparer les bons élèves des mauvais élève » ? 

                  Vous posez la question du système ZEP, elle me semble également judicieuse. 

                  Merci, Valentin Falcon



                • exocet exocet 8 décembre 2013 19:23

                  Bonjour, Valentin Falcon, merci de vous être exprimé quant à la teneur de mon message, néanmoins je ne suis pas très sûr que vous, moi, le lecteur innocent qui lit Agoravox, soyons sur la même longueur d’ondes...

                      Val F a écrit :

                    • Tout d’abord, raison principale pour laquelle je réagis a votre message est que la prépa mixte maths, physique, biologie qui selon vous n’existe plus, existe bel et bien ! Il s’agit de la BCPST (Biologie, Chimie, Physique, Sciences de la Terre) et je suis bien placé pour en parler, j’en suis ! 

                  C’est exact, je ne suis pas l’actualité des classes préparatoires, je viens de voir que les prépas BCPST ont été créées en 2002, après plus de 30 ans de disparition de classes prépas scientifiques généralistes. Ceci dit, mon propos, « disparues depuis » n’était qu’une précision quant au cursus du regretté Pierre Gilles de Gennes.....qui sait, peut-être un décideur de l’éducation nationale aura lu ses livres et s’en sera inspiré pour recréer ces classes.

                   


                    • Nous faisons partie des classes scientifiques aussi je me sens concerné par votre message. Je suis également fils d’enseignant je suis donc l’exemple parfait dont vous parlez, que dois je en déduire ? Que ma mère a fait pression pour que j’entre en prépa ? En jouant de son réseau ? Permettez moi de me sentir insulté.

                  Ou ai-je écrit cela ?

                  Je pensais que les classes préparatoires scientifiques sélectionnaient les gens ayant la meilleure compréhension, le meilleur raisonnement, or même un lecteur très moyen se rendra compte de ce que vous n’avez pas tout à fait compris le texte que j’ai écrit, pourtant assez clair je crois.

                  Alors, est-ce que vous n’avez vraiment pas compris ce que j’ai écrit plus haut, ou bien est-ce que vous n’avez pas voulu comprendre ?


                    • De plus vous parlez du système que l’on appel les établissements de secteurs, ce système destine des enfants d’une école à un collège et d’un collège a un lycée. Je ne peux vous répondre quant au tenant et aboutissants de ce système et je vous conseille de vous renseigner auprès du rectorat si vous voulez des réponses

                  Je me suis renseigné au rectorat lorsque ma fille était en passe d’entrer au collège, et c’est là que j’ai découvert ce système....il semblerait que vos parents, puisque vous vous dites fils d’enseignants, ne vous en aient jamais parlé....le fossé des générations ?



                    • Les enseignants quant à eux ne cautionnent pas forcement ce système mais ce sont des fonctionnaires, ils fonctionnent. On oublie souvent que l’éducation nationale fonctionne un peu comme l’armée. La hiérarchie dit, le soldat fait.

                  Bien sûr les enseignants fonctionnent, et on en trouve de plusieurs types, si on veut les catégoriser : les enseignants de vocation espèce en voie de disparition mal vus en salle des profs, et les autres.



                    • Je comprend tout a fait votre mécontentement suite à la situation de votre fille, mais en ce faisant n’êtes vous pas en train d’être ceux qui veulent « séparer les bons élèves des mauvais élève » ? 


                    • Vous posez la question du système ZEP, elle me semble également judicieuse

                  Alors là, j’ai groupé les 2 remarques, car ainsi que vous ne l’avez pas remarqué en lisant (trop vite) mon texte ces 2 remarques sont intimement liées, et là, oui, j’espère que vous avez lu trop vite, enfin je le crois, ou bien alors c’est que vous faites des efforts désespérés pour ne pas comprendre ce que j’ai écrit : relisez posément, vous verrez ce n’est pas très compliqué....




                • exocet exocet 8 décembre 2013 12:38

                  Quant au ministre Peillon, bien évidemment, s’il faut vous ouvrir les yeux, ce n’est certainement pas selon ce raisonnement là qu’il veut écraser les classes préparatoires.

                  Pour lui, certainement ces dernières privilégient encore trop les dons le mérite le travail....même en tenant compte des remarques écrites plus haut.

                  Lui seul sait ce qu’il souhaite à la place, pourquoi ne pas le lui demander ?


                  • Swytch 8 décembre 2013 15:21

                    Tout d’abord, bravo à Alexandre, qui produit un récit intéressant, précis et incisif. BRAVO.


                    Ensuite, je tiens à répondre à Vipère, exocet et autres penseurs du net. Vous ne savez, je pense, pas de quoi vous parlez.

                    Le système prépa est un système d’élite, formant les élites à partir d’élites ? Ce qu’il ne faut pas lire. Pour information, les classes prépa (publiques) comptent, en moyenne, 30% de boursiers, ce qui représente un taux plutôt important, non ? Votre argument n’est-donc pas valable (sauf si vous pensez qu’un PDG gagne moins de 60 000€ par an, mais c’est un tout autre sujet).
                    De même, tous les élèves de prépa ne sont pas « fils de », loin s’en faut. Et puis, même si c’était le cas, qu’est-ce que cela changerait ? Si quelqu’un est en prépa, c’est qu’il a la capacité d’accéder aux grandes écoles. On n’est pas en Amérique, la prépa se fait en lycée, il n’y a que peu de frais d’inscription. Un élève de prépa est un bosseur, qu’il soit dans une famille aisée ou non, nous sommes tous sur un pied d’égalité (je peux le vérifier, étant moi-même en Maths Sup), il ne paye pas son diplôme. Riches, pas riches, la différence n’intéresse personne, c’est la capacité à réfléchir qui compte.

                    D’autre part, vous parlez de conditionnement dès le collège… Je pense que l’article est un bon contre-exemple du cliché que vous avez débité, aveuglé que vous êtes.

                    Une seule question, pour finir… Êtes-vous, ou avez-vous été, préparationnaire ? Si non, je vous invite dès à présent à ne pas parler de ce que vous ne connaissez pas.

                    @Vipère : En gros, vous souhaitez tuer un formidable ascenseur social dans le seul but « d’essayer » de mettre tout le monde sur un pied d’égalité ? Vous vous attaquez au mauvaises personnes, parce que ce n’est pas avec les budgets prépa que vous ferez une amélioration, aussi substantielle soit-elle… Et puis tout de même, le système prépa est un système qui a fait ses preuves, pourquoi vouloir le détruire ?

                    • exocet exocet 8 décembre 2013 20:04

                       

                      Bonjour, Swytch, et merci de m’avoir lu.

                      Pour répondre à vos appréciations flatteuses, moi humble quidam, qui vous l’avez deviné n’ai pas eu l’honneur de fréquenter ce temple de l’intelligence que sont les classes préparatoires aux grandes écoles , face à votre lumière, jeune génie parmi les meilleurs, je vous joins ces quelques commentaires :


                      Swytch a écrit :


                      • Ensuite, je tiens à répondre à Vipère, exocet et autres penseurs du net. Vous ne savez, je pense, pas de quoi vous parlez.

                      • Pour information, les classes prépa (publiques) comptent, en moyenne, 30% de boursiers,

                      Merci de citer des sources vérifiables, Swytch, concernant ce chiffre de 30%, et de nous donner plutôt des chiffres séparés pour prépas scientifiques, prépas économiques, prépas littéraires...

                      Sachant que les débouchés ne sont pas du tout les mêmes à la sortie de chaque filière de prépa.


                      Ensuite, puisque vous parlez de PdG à moins de 60000 euros par an, devons nous en conclure qu’un élève de classes préparatoires est boursier si ses parents gagnent moins de 60000 euros par an ?

                      Un peu étrange, pour avoir une bourse à l’université il faut gagner beaucoup beaucoup beaucoup moins que cela...si 60 000 euros par ans pour vous c’est boursier, alors nous n’avons pas la même définition de l’ouvrier et de ses revenus, puisque c’est de cela que je parlais et non de boursiers.


                      Je vais néanmoins me renseigner un peu...même si ça me semble étrange que le plafond de bourses puisse être différent d’une filière à une autre...si tel était le cas, je crois que même le Ministre Peillon n’aura pas été mis au courant par ses collaborateurs tellement ce serait ahurissant....




                      • De même, tous les élèves de prépa ne sont pas « fils de », loin s’en faut. Et puis, même si c’était le cas, qu’est-ce que cela changerait ? Si quelqu’un est en prépa, c’est qu’il a la capacité d’accéder aux grandes écoles.

                      La vraie question, ce n’est pas ceux qui sont en prépa, ce sont ceux qui n’y sont pas parce que ils ont été envoyés par l’éducation nationale dans des collèges et lycées de ZEP pourris même si en primaire ils étaient très bons.

                      D’autres moins doués et moins travailleurs ont été favorisés au bon collège et au bon lycée et ont pris leur place...

                      Même remarque que pour Valentin plus haut, lisez et essayez de comprendre ce qui est écrit, au lieu de vous cacher derrière des oeillères.




                      • D’autre part, vous parlez de conditionnement dès le collège… Je pense que l’article est un bon contre-exemple du cliché que vous avez débité, aveuglé que vous êtes.

                      L’article a été écrit par un de vos co-religionnaires.




                      • Une seule question, pour finir… Êtes-vous, ou avez-vous été, préparationnaire ? Si non, je vous invite dès à présent à ne pas parler de ce que vous ne connaissez pas.

                      Je ne suis pas et n’ai pas été préparationnaire, néanmoins si vous enlevez vos oeillères et relisez ce que j’ai écrit, vous verrez que je ne parle des prépas qu’en tant qu’instrument cautionnant la ségrégation effectuée au collège et au lycée....je ne parle pas de son fonctionnement, que je connais quand même un peu....


                      J’aurais espéré, de votre part à vous et de celle de Valantin, un peu de rigueur scientifique dans la discussion, les arguments apportés....vu votre cursus, c’est désolant que la mauvaise foi et le refus de voir la réalité en face soient de la partie : si vous êtes nos élites de demain, procèderez-vous de cette manière lorsque des décisions seront à prendre, des choix seront à faire ?


                      Je trouve cela assez grave, dans le fond, pour l’avenir, et je vous le dis tout net, même si je vais vous vexer, les raisonnements, arguments, réponses « à coté » de la question que vous exercez ici ne vous classent pas, pour moi, selon l’élite. Sujet ouvert à la discussion si vous consentez à essayer de raisonner.


                    • Swytch 8 décembre 2013 20:54

                      *60 000€ pour 4 enfants, je n’ai pas précisé. Pour 4 enfants dont 3 dans le supérieur. Toutes mes confuses.

                      Je ne prétend pas détenir la vérité absolue, et je reconnais volontiers pouvoir me tromper.

                      Je ne vous répondais pas personnellement, je vous mettais tous dans le même sac. Je tiens juste à dire, que si, et je suis bien d’accord là-dessus, le problème vient au niveau du système scolaire dans sa globalité, pourquoi vouloir casser le cursus prépa ? C’est ça que je ne comprend pas.

                      Cependant, concernant ces « oeillères » dont vous parlez…
                      "De même, tous les élèves de prépa ne sont pas « fils de », loin s’en faut. Et puis, même si c’était le cas, qu’est-ce que cela changerait ? Si quelqu’un est en prépa, c’est qu’il a la capacité d’accéder aux grandes écoles.

                      La vraie question, ce n’est pas ceux qui sont en prépa, ce sont ceux qui n’y sont pas parce que ils ont été envoyés par l’éducation nationale dans des collèges et lycées de ZEP pourris même si en primaire ils étaient très bons.

                      D’autres moins doués et moins travailleurs ont été favorisés au bon collège et au bon lycée et ont pris leur place...

                      Même remarque que pour Valentin plus haut, lisez et essayez de comprendre ce qui est écrit, au lieu de vous cacher derrière des oeillères.« 

                      D’une part, vous répondez un peu à côté de la plaque dans la mesure où je parle de ceux qui y sont, ceci faisant référence à »Une très grande partie des élèves de classes préparatoires scientifiques et économiques sont des fils d’enseignants.« 

                      D’autre part, certes, certains ont été »avantagés« dans leur scolarité, parce qu’ils ont la »chance" d’accéder à une scolarité, disons, classique. Vous supprimeriez donc un cursus qui ne serait accessible qu’à ceux qui ont reçu une éducation scolaire décente, sous prétexte que d’autres ne peuvent pas y accéder, parce qu’ils étaient en ZEP ? Nous avons tous les deux des oeillères.


                      D’autres points de votre argumentation, mais aussi de la mienne, pourraient à leur tour être discutés. Mais c’est un débat sans fin. Vous avez des raisons de dénigrer le système éducatif en tant que tout, vous le dites vous-même. Le problème ne vient pas des prépas, mais des lycées/collèges.


                    • exocet exocet 8 décembre 2013 21:28

                      « Vous supprimeriez donc un cursus qui ne serait accessible qu’à ceux qui ont reçu une éducation scolaire décente, sous prétexte que d’autres ne peuvent pas y accéder, parce qu’ils étaient en ZEP ? Nous avons tous les deux des oeillères ».

                      C’est exact, Switch, en ce sens moi aussi j’ai des oeillères.

                      En fait, vous autres préparationnaires êtes pris entre trois feux : les parents d’élèves médiocres (de ZEP et aussi ceux des bons établissements) qui vous jalousent, et les parents des très bons élèves envoyés en ZEP, qui ont du mal à supporter qu’après avoir ruiné leur enfant l’éducation nationale vous promeuve, vous, à qui on n’a pas demandé un étrange et hypocrite devoir de solidarité en vous forçant à aller étudier avec les cas désespérés et les délinquants.

                      J’allais oublier, plus le ministre Peillon qui veut votre peau en s’appuyant démagogiquement sur les 3 catégories précédentes....pour des raisons réelles inavouées donc inavouables...

                      Vous êtes cuits.


                    • Vipère Vipère 8 décembre 2013 15:44

                      Il est surprenant que certaines écoles, ENS, Polytechniques soient entièrement gratuites sans contre-partie financière au terme des études, alors que cela conduit à de très bonnes rémunérations.

                      Où est l’égalité des chances et la démocratisation de l’accès de tous aux Ecoles supérieures ?

                      Donc, je partage sans réserve la position de V. PEILLON qui veut mettre fin à ce système élitiste afin d’égaliser par le bas.


                      • Alexandre_G. 8 décembre 2013 16:59

                        Peut-être ne savez-vous pas qu’à l’ENS, on est certes payé et logé, car l’Etat investit dans ses futures élites. Mais ne pensez pas que cela se passe sans contrepartie : le normalien diplômé est tenu de « pantoufler » pendant dix ans, c’est à dire de travailler pour les pouvoirs publics pendant dix ans après son diplôme, justement pour rembourser le prêt qu’on lui a donné.


                        Ne pensez pas que tout le monde doit faire des grandes études. Comprenez seulement que ceux qui souhaitent le faire doivent pouvoir, c’est cela l’égalité des chances ! Permettre à tout le monde d’accéder à l’école est une obligation, un point incontournable, qui généralement marque l’accès d’un pays à ce que l’on appelle « le développement » (terme que je ne souhaite pas cautionner) ; mais autoriser ceux qui le veulent à devenir des élites intellectuelles relève d’une compréhension majeure de ce que peut-être la démocratie, c’est à dire l’habileté à créer des personnages pouvant servir de contre-pouvoirs. Ce que Peillon est en train de faire, c’est de faire mourir l’élite intellectuelle. Sans monde intellectuel, un pays a une voie directe vers la dictature, et la montée de l’extrême-droite partout en Europe en est le triste résultat.

                      • Vipère Vipère 8 décembre 2013 15:53

                        Swytch

                        Quand à votre question finale, formulée telle quelle, relève plus de l’arrogance que de l’ouverture au dialogue, un peu d’humilité serait d’avantage apprécié à l’égard de vos interlocuteurs, par conséquent je n’y répondrai pas !


                        • Swytch 8 décembre 2013 18:17

                          « Donc, je partage sans réserve la position de V. PEILLON qui veut mettre fin à ce système élitiste afin d’égaliser par le bas. »

                          Ah oui pardon. (Et oui, c’est de l’arrogance.)

                          Je ne vois pas pourquoi je devrai être humble quand j’entends que nous ne sommes que des privilégiés, que nous ne sommes que des « fils de » qui ne méritons, finalement, pas ce que nous avons. Que nous avons seulement eu la chance de naître des bonnes personnes…

                          Tout le monde a sa chance, il suffit de la saisir. Entrer dans une classe prépa est une chance, cela se mérite, et ça ne tombe pas du ciel.


                        • Swytch 8 décembre 2013 15:55

                          Ce n’est pas un système élitiste, sortez-vous ça de la tête.


                          Il faut aussi se rendre compte que les écoles d’ingénieur type Centrale ne peuvent récruter en sortie de bac, parce que le niveau est bien trop élevé. Pour cela, il y a les formations en 5 ans( réseaux INSA, Polytech…). D’autre part, les écoles recrutent également en sortie d’IUT, pour certaines. Certes, il faut dans ce cas-là faire partie des meilleurs pour prétendre à ce genre concours. Mais on n’a rien sans rien, comme on dit.

                          D’autre part, il est impossible de permettre à tout le monde l’accès aux Grandes Ecoles, parce qu’en terme d’effectif ce ne serait pas tenable. Imaginez ce que ça donnerait, d’enseigner les probabilités de 5° dimension dans un amphi de 500 personnes.

                          De plus, il faut se rendre à l’évidence. Si tout le monde avait accès aux Grandes Ecoles, tout le monde sortirait ingénieur, certes. Mais le marché du travail n’est pas extensible à volonté, et tout le monde n’en aurait pas, du travail.

                          • eric 9 décembre 2013 11:34

                            Il faut raison garder. Peillon et sa bande sont des idéologues populistes bornes et sectaires, mais ce ne sont pas des fous furieux. Ils n’imposeront jamais a leur propres gosses ce qu’ils veulent faire subir a ceux des autres autres. C’était déjà le cas avec la carte scolaire. (il y a eu il y a longtemps une étude interne EN évidemment non publiée ou on voyait que 40% des enfants de prof de la région parisienne n’étaient pas soumis a la carte scolaire, comme il y a aussi de bons lycées, cela voulait dire que prêt de 100% n’en souffraient pas).

                            Il faut donc :
                             Regarder attentivement ce qu’ils font avec leurs propres enfants et tenter comme eux de passer entre les gouttes de leur système inique injuste, idéologique et corporatiste qu’ils développent systématiquement.

                            Recourir le plus possible au prive ou on peut espérer un tout petit peu leur échapper. (sous Mitterrand, presque tous les ministre avaient leur gosse a l’école Alsacienne).
                            Aux municipales, voter pour les candidats qui financent l’école privée locale.

                            Envisager très tôt la possibilité de financer pour ses propres enfants des études supérieures a l’étranger et économiser.

                            Nous avons affaire a un bon million de fonctionnaires très organises, très politises, grassement financés par nos impots, dont beaucoup en disponibilité pour faire de la politique a plein temps, avec un des plus gros budget du pays. Les mécanismes de décision échappent a peu prêt complétement aux ministres que les qu’ils soient, aux élus, et donc aux citoyens.
                            Face a ce mammouth, il faut bien avoir conscience que le peuple ne fait pas le poids.

                            C’est par la résistance individuelle et l’entraide citoyenne que l’on peut tenter de sauver au moins ses propres gosses et ceux de ses proches.


                            • Alice Rupert 10 décembre 2013 13:24

                              « Le décret prévoit notamment une diminution du salaire des professeurs en classes préparatoires à hauteur de 2 500 à 10 000€ par an, » (source : http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/lundi-noir-les-classes-144463 )

                              C’est une première : une diminution arbitraire de salaire ; à qui le tour ? De quoi se mettre en grève. La totalité des enseignants devraient se mettre en grève et même tous les salariés.

                              Le transfert vers les ZEP n’est bien sûr qu’un prétexte qu’on jette à ceux qui se contentent des médias officiels.

                              Cette diminution arbitraire est à comparer avec : http://www.forumfr.com/sujet569374-prime-a-l-incompetence.html 

                              En moyenne une prime de 8800 € par tête, bien plus que ce touche par exemple - en 1 an - un chômeur en fin de droits.

                              Pour les dirigeants du régime il y a de l’argent sans problème (cette prime n’est exemple parmi des quantités d’autres dépenses).

                              NB : je n’entre pas dans le débat de savoir si les classes préparatoires, les écoles grandes ou petites, c’est bien ou pas bien, ce n’est pas le sujet.


                              • JulienK. 17 décembre 2013 13:48

                                Je jubile .

                                Ayant fréquenté le monde de la prépa, enfin Classe préparatoire aux grandes écoles ( excusez- moi ) , on ne m’a jamais appris qu’une argumentation devait s’apparenter à un récit autobiographique, (passionant d’ailleurs). Tu es d’origine arménienne ? mais c’est magnifique. des problèmes sentimentaux ? monsieur le ministre doit-il te porter un mouchoir ? 
                                « En éliminant les Classes Préparatoires, vous destinez les classes les moins aisées à ne plus pouvoir accéder aux Ecoles de l’Enseignement Supérieur, qui sont la garantie d’une entrée en douceur dans le milieu intellectuel français. » Parce qu’avant ils n’étaient pas intelligents ? 
                                Par contre félicitations , ce texte propose un sujet de commentaire littéraire digne de ce nom . Nous avons l’autobiographie du pauvre étudiant brisé , destinée à attirer le lecteur et à faire couler les larmes. 


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Alexandre_G.


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