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Accueil du site > Actualités > Politique > Marine Le Pen à l’Élysée : une présidente impuissante

Marine Le Pen à l’Élysée : une présidente impuissante

Marine Le Pen élue Présidente de la République en mai 2017, les électeurs du Front National en rêvent, persuadés que la patronne du FN saurait remettre le pays en ordre de marche sur le plan économique et rétablir une justice sociale mise à mal par des décennies de libéralisme. Encore faudrait-il que la nouvelle Présidente ait les moyens de gouverner...

Incontestablement, la conjoncture politique est favorable à Marine Le Pen. Le Brexit, que ni l’establishment britannique ni les médias d’outre-Manche n’ont vu venir, a été une divine surprise pour la patronne du FN et son état-major. De même, l’élection de Donald Trump, que ni l’establishment étasunien ni les médias d’outre-Atlantique n’ont cru possible, est venue ajouter à la confusion des élites occidentales et renforcer les espoirs des caciques du Front National. Enfin, l’humiliation subie par l’ex-Président Nicolas Sarkozy au 1er tour de la « primaire de la droite et du centre » – au profit de celui qu’il nommait il n’y a pas si longtemps « Mr Nobody » ou « Durien » pour souligner son insignifiance –, a été perçue comme la cerise sur le gâteau électoral. Et pour cause, scrutin après scrutin, rien désormais ne se passe plus comme prévu par les politologues et les éditorialistes dès lors que les enjeux sont importants : les électeurs, de plus en plus décidés à être maîtres de leur destin, sont devenus frondeurs, au grand dam des faiseurs d’opinion infatués, réduits à l’état de spectateurs impuissants.

De là à penser que le « plafond de verre » qui bride les ambitions de Marine Le Pen volera en éclats lors des élections présidentielles des 23 avril et 7 mai, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi par les militants et les sympathisants du FN qui se voient déjà surfer sur cette vague. En l’occurrence, c’est aller un peu vite en besogne et très certainement prendre ses désirs pour des réalités. D’une part, parce qu’un candidat comme François Fillon, sorti renforcé de la « primaire », a de très bonnes chances de siphonner suffisamment de voix du Front National au 1er tour de la présidentielle pour créer une forte dynamique en sa faveur au 2e tour. D’autre part, parce que seront organisées les 11 et 18 juin 2017 des élections législatives qui, plus encore que la présidentielle, détermineront quel parti disposera des leviers du pouvoir durant la prochaine mandature.

Dans l’hypothèse – la plus plausible – d’un 2e tour opposant François Fillon à Marine Le Pen, le premier nommé, bénéficiant de l’effondrement du Parti Socialiste et de l’éparpillement des voix de gauche, devrait pouvoir compter sur une majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Associée à la majorité Les Républicains du Sénat, elle lui donnerait de facto les pleins pouvoirs et probablement la majorité des 3/5e au Congrès en cas de besoin dans l’optique de réformes constitutionnelles.

Tel ne serait en revanche pas le cas pour Marine Le Pen si, déjouant tous les pronostics, elle parvenait à être élue Présidente de la république. Certes, une présidence Front National induirait une probable dynamique en faveur du FN lors du scrutin législatif. Mais, faute de moyens financiers, de structures logistiques, et du relais d’un solide réseau d’élus de terrain implantés dans les terroirs, cette dynamique serait de toute évidence insuffisante pour permettre l’émergence d’une majorité au service des ambitions de Marine Le Pen. Au mieux, le Front National passerait de ses 2 élus actuels à 80 ou 100 députés dans les hypothèses les plus favorables. Un effectif conséquent, assurément, mais très éloigné des 350 à 400 députés que peut espérer obtenir la coalition LR-UDI dans le contexte prévisible d’éparpillement des voix de gauche.

Sans majorité parlementaire, Marine Le Pen se trouverait d’emblée en cohabitation, ce qui constituerait une première dans la Ve République et sèmerait les germes d’une crise de régime, l’esprit de la Constitution étant bafoué par le verdict des urnes. Nonobstant, Marine Le Pen pourrait assumer son rôle de chef de l’État, mais dans l’ombre d’un Premier ministre issu de la majorité législative, très probablement Les Républicains. Et pas question pour elle de dissoudre cette assemblée durant un an, sans certitude d’ailleurs d’obtenir un résultat très différent 12 mois plus tard.

Qu’à cela ne tienne, affirment de nombreux électeurs du Front National, Marine Le Pen peut organiser des « référendums législatifs », notamment pour instaurer, en vue des prochaines législatives, un scrutin proportionnel nettement plus favorable au FN. De même peut-elle, croient ces mêmes électeurs et sympathisants, gouverner par « ordonnances », faute de majorité à l’Assemblée Nationale. Le problème pour la Présidente, c’est que rien de tel ne pourrait se passer...

La Présidente Marine Le Pen pourrait-elle mettre sur pied des référendums destinés à modifier la Constitution et à servir les idées politiques qu’elle entend promouvoir ?

L’une des prérogatives de la Présidence est, dans le cadre de l’article 11 de la Constitution de 1958 amendée en 1995 puis 2008, de pouvoir organiser un « référendum législatif » portant sur une question économique, sociale ou environnementale. Certes ! Mais cette prérogative est soumise à une proposition émanant, durant une session parlementaire, soit du gouvernement, soit d’une majorité des parlementaires des deux assemblées conjointement solidaires. Et cela sur un projet de loi, autrement dit un texte émanant du gouvernement.

En clair, cela veut dire que Marine Le Pen étant de facto entrée en cohabitation dès le lendemain des législatives du mois de juin serait placée dans l’incapacité d’organiser le moindre « référendum législatif » pour cause de gouvernement et d’assemblées hostiles à la gouvernance du Front National.

Il y aurait bien une possibilité pour Marine Le Pen de tenter un passage en force, mais cela passerait par le maintien en place, après les élections législatives de juin 2017, du gouvernement FN nommé au lendemain de l’élection présidentielle. Un gouvernement en l’occurrence non représentatif du résultat des législatives, et de ce fait en violation de l’esprit de la Constitution, ce qui ouvrirait à coup sûr une grave crise de régime, potentiellement porteuse de chaos politique et social.

Au demeurant, si l’on admet – cas éminemment improbable – que la Présidente tente un coup de force par ce biais, son gouvernement serait renversé par une motion de censure dès la première tentative de vote d’un projet de loi présenté par le gouvernement FN. Une motion de censure qui pourrait également intervenir dans le cadre d’une proposition gouvernementale de « référendum législatif », même si le projet de loi destiné à être soumis aux Français par voie référendaire ne nécessite légalement qu’un débat sans vote à l’Assemblée Nationale.

Il resterait encore une arme à Marine Le Pen pour contourner ces difficultés : le « référendum d’initiative partagée », cette usine à gaz mise en place par Nicolas Sarkozy lors de la réforme constitutionnelle de 2008 en lieu et place du « référendum d’initiative citoyenne » espéré par le peuple français. Mais là encore, la Présidente verrait se dresser devant elle une montagne d’obstacles. Il lui faudrait en effet s’appuyer : d’une part, sur une demande émanant d’au moins 185 députés et sénateurs (1/5e des parlementaires) ; d’autre part, sur un vote des Français représentant au minimum 1/10e des électeurs inscrits sur les listes. Soit plus de 4,5 millions de nos compatriotes, autrement dit... 70 % du corps électoral de Marine Le Pen lors de la présidentielle de 2012 !

Encore faut-il savoir que ni le « référendum législatif » ni le « référendum d’initiative partagée » – dont les champs sont encore plus limités – ne peuvent être utilisés pour une réforme constitutionnelle, visant par exemple à mettre en place aux futures élections législatives une proportionnelle nettement plus équitable que le système actuel. Pour modifier la Constitution, c’est l’article 89 de celle-ci qui est mis en œuvre et qui, sur un texte approuvé en termes identiques par les deux assemblées, débouche soit sur un vote du Congrès – les 3/5e des voix étant requis pour que le texte soit adopté –, soit sur un scrutin référendaire.

En résumé, avec un soutien parlementaire limité à quelques dizaines de députés et en l’absence de larges alliances, Marine Le Pen serait impuissante à modifier la Constitution, et tout aussi impuissante à agir dans les domaines socioéconomiques et environnementaux. Elle ne garderait la main que sur ce qui relève du « domaine réservé », à savoir la politique étrangère, la défense relevant d’un « domaine partagé » avec le Premier ministre, exception faite de l’usage de... la force nucléaire.

D’aucuns dans les rangs du Front National feront remarquer que des députés de l’aile droite du parti Les Républicains pourraient se joindre aux initiatives du FN. Mais cette hypothèse relève du fantasme, les élus LR n’ayant aucun intérêt à ouvrir une crise politique dans leurs rangs alors qu’ils disposeraient de Matignon et de la majorité dans les deux assemblées. Seul une Assemblée Nationale et un gouvernement de gauche pourraient rendre possible un tel scénario, mais ce n’est évidemment pas ce qui se dessine pour 2017 avec un Parti Socialiste en capilotade après 5 années de présidence Hollande.

La Présidente Marine Le Pen pourrait-elle gouverner par ordonnances, à défaut de pouvoir faire voter des lois par l’Assemblée Nationale ?

Là non plus, rien à attendre pour la Présidente issue du Front National. L’article 38 de la Constitution, qui définit les conditions de la mise en œuvre d’une gouvernance par ordonnances, est parfaitement limpide : ce processus doit impérativement être encadré par une... « loi d’habilitation » qui précise les domaines d’action – principalement des questions techniques – et la durée pendant laquelle le gouvernement peut avoir recours aux ordonnances.

*****

En conclusion, faute de disposer d’une majorité Front National au parlement et d’un gouvernement issu de cette majorité, Marine Le Pen devrait faire une croix sur ses ambitions réformatrices et se contenter des pouvoirs limités que donne la Constitution au Président en période de cohabitation. Et cela pendant au minimum un an, jusqu’à la tenue de nouvelles élections législatives consécutives à une éventuelle dissolution à l’Assemblée Nationale, comme le permet l’article 12 de la Constitution. Encore faudrait-il, pour que la Présidente prenne cette initiative, que la conjoncture politique soit favorable à une entrée significative de nouveaux députés du FN dans l’enceinte du Palais-Bourbon. Or, cela ne pourrait se faire qu’en cas d’échec caractérisé de la majorité en place, sans pour autant que le Front National soit assuré de renforcer suffisamment ses effectifs au lendemain du scrutin.

Dur d’être aux commandes sans pouvoir piloter !


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308 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 1er décembre 09:00

    « En conclusion, faute de disposer d’une majorité Front National au parlement et d’un gouvernement issu de cette majorité, Marine Le Pen devrait faire une croix sur ses ambitions réformatrices et se contenter des pouvoirs limités que donne la Constitution au Président en période de cohabitation. »


    Conclusion logique d’un raisonnement cohérent.
    Sauf que, les deux plus gros partis qui disposent, eux, d’un ancrage solide dans les terroirs, peuvent très bien, à l’issues des législatives d’une majorité qui ne corresponde pas au président élu issu de l’autre parti. Et il suffit de remplacer le nom de MLP dans votre conclusion par celui de n’importe quel candidat pour constater que cette impuissance guette tout le monde. Amoins que PS et LR soient une seule et même réalité, ce que mon profond respect pour la gent politicienne m’interdit de penser !

    • Fergus Fergus 1er décembre 09:11

      Bonjour, Jeussey de Sourcesûre

      « une majorité qui ne corresponde pas au président élu issu de l’autre parti »

      Cela ne s’est jamais produit et ne se produira pas avant très longtemps dans la galaxie PS-PRG-LR-UDI. Pour une bonne raison : les Français savent que c’est grosso modo le même type de politique qui est conduit par cette nébuleuse. Et de ce fait, étant assez largement légitimistes, ces mêmes Français donnent au président élu la majorité dont il a besoin.

      C’est pourquoi, si Fillon est élu en mai, il disposera sans problème de la majorité, en l’occurrence absolue, eu égard à la déconfiture du PS.

      « cette impuissance guette tout le monde »

      En théorie, oui. En pratique, pas totalement car même un gouvernement ne disposant pas d’une majorité absolue peut faire passer des textes dégageant un assez large consensus.


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 1er décembre 09:14

      @Fergus

      il m’a pourtant semblé, dans ma misérable vie, connaitre des périodes de « co-habitation »...

    • Fergus Fergus 1er décembre 09:24

      @ Jeussey de Sourcesûre

      Bien sûr, mais elles n’ont rien changé à la pratique de gouvernance au sein de la fameuse nébuleuse PS-UMP, le président en cohabitation n’étant de facto pas en opposition frontale avec son Premier ministre.


    • jmdest62 jmdest62 1er décembre 09:55

      @Fergus
      Excellente analyse , argumentée et tout et tout , sauf que MLP elle s’en fout de gouverner....ce qui l’intéresse c’est la couronne , tous les avantages qui vont avec (Honneurs , voyages , conseil constitutionnel , retraite etc etc à nos frais) et faire prospérer sa SARL.
      Dans votre scénario on se retrouvera avec François « nous n’avons pas les mêmes valeurs » Fillon premier ministre avec les pleins pouvoirs ...ça change vraiment pas grand chose.

      La seule vraie issue est de changer cette foutue constitution et ça, un seul candidat s’y est engagé.

      @+


    • leypanou 1er décembre 10:00

      @Fergus
      Et de ce fait, étant assez largement légitimistes, ces mêmes Français donnent au président élu la majorité dont il a besoin.

      C’est pourquoi, si Fillon est élu en mai, il disposera sans problème de la majorité  : et pourquoi ce ne serait pas valable pour Marine Le Pen aussi ?

      En fait, votre raisonnement, c’est, si n’importe qui -sauf Marine Le Pen- est élu, il aura la majorité, mais si c’est elle, elle n’aura pas ?


    • Fergus Fergus 1er décembre 11:35

      Bonjour, jmdest62

      « ce qui l’intéresse c’est la couronne , tous les avantages qui vont avec (Honneurs , voyages , conseil constitutionnel , retraite etc etc à nos frais) et faire prospérer sa SARL. »

      C’est possible. Le fait est que le clan Le Pen a fait ce qu’il fallait jusque là pour faire prospérer la PME familiale.

      « Fillon premier ministre avec les pleins pouvoirs ...ça change vraiment pas grand chose. »

      Si ce n’est un durcissement dans le sens des lobbies réactionnaires.

      « La seule vraie issue est de changer cette foutue constitution et ça, un seul candidat s’y est engagé »

      En effet ! Et c’est pourquoi je voterai sans hésiter pour lui en 2017.


    • Fergus Fergus 1er décembre 11:39

      Bonjour, leypanou

      « pourquoi ce ne serait pas valable pour Marine Le Pen aussi ? »

      Pour deux raisons : d’une part, le fort rejet que suscite encore Le Pen dans une grande partie de l’électorat ; d’autre part, le fait que les gros bataillons d’électeurs du FN sont concentrés dans un petit nombre de circonscriptions.

      Cela dit, on est sur un scénario très improbable, Le Pen n’ayant que des chances infimes d’accéder à la présidence.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er décembre 12:12

      @jmdest62
      La Constitution qui s’applique dans les 27 pays, c’est le TFUE, et le droit européen est supérieur aux droit des Etats, y compris dans le domaine constitutionnel . A force de vouloir violer les lois qui vous dérangent et appliquer celles qui vous conviennent, vous allez finir schizophrène !
      Ou on applique toutes les lois, ou aucune.


    • izarn 1er décembre 15:20

      @Fergus
      Votre scénario date d’il y a 15 ans...
      Le FN ne se fera plus battre à 82%.
      Et votre galaxie UMPS en a pris un sacré coup. S’il arrive 120 députés FN, 60 députés FdG, thése très optiministe, ou très pessisismiste selon les camps, sans compter une 60 aine de macroniens, les Ripoublicains(Fillon ne lave plus blanc, hein ?) et « PS » klingoniens seront obligés de former cause commune...Ce sera assez comique. Avec Macron au mlieu ! smiley
      Mais moi LGBT contre catho monseigneur Lefevre, ça me fait marrer ! smiley
      C’est le début de leur fin...
      Ensuite vous serez obligé de faire avec Macron contre Marion...
      De toute façon c’est la fin d’un monde...Questions d’années.
      Le mur dans lequel vous allez vous fracasser approche à vu d’oeil....
      Ciao !


    • soi même 1er décembre 15:50

      @ Fergus Bonjour, très bonne analyse, il y a aussi d’autres verrous institutionnels, le Sénat et la Constitution, sans oublier le dernier en date les Institutions Européennes à qui l’exécutif doit soumettre le plan Économique de la nation à leurs approbations.

      Avec toute les contraintes qui ont été imposé à la France depuis cette adhésion forcé à l’UE et l’OTAN en 2007, je voie mal comment les sympathisants du FN, râleur et grincheux vont digérés le grand écart des promesses de Marine et la réalité prosaïque des différents courants contradictoires qui ne manqueront pas de se manifesté, à par la chien-lit , je ne voie vraiment pas qu’elle différence que l’on va avoir avec nos deux prédécesseurs Hollande et Sarkozy ?

        

      .


    • Cadoudal Cadoudal 1er décembre 15:51

      @leypanou
      C’est d’ailleurs bizarre qu’un chantre de l’impuissance qui pour éviter parfois de répondre à des questions gênantes se réfugie derrière l’impuissance des citoyens à faire modifier les lois par leurs représentants dans une démocratie représentative, en vienne à écrire un article sur l’impuissance supposée de Marine Le Pen à faire appliquer tout ou partie de son programme ?


      Faudra qu’on nous explique un jour une fois pour toute si l’impuissance des citoyens est une vertu ou une tare ?

      Pour ma part, ayant pour facheuse habitude d’assumer les conséquences de mes choix politiques, je ne pense pas que les électeurs de Marine le Pen considèrent l’impuissance comme une vertu...

      La société est divisée et le dialogue semble impossible. Dans les milieux bourgeois, on ne doit même pas parler de Trump ou du Front National. La haine sociale l’interdit : on est bien en présence d’une nouvelle lutte des classes. Pour sortir de cette situation, il faudrait une politique et des idées qui rassemblent : historiquement, cela a existé, cela s’appelle le patriotisme.



    • Cadoudal Cadoudal 1er décembre 16:10

      @izarn
      C’est dire qu’on pourrait raisonner selon l’hypothèse que l’élection de Fillon comme candidat, dans les conditions où elle a eu lieu, a ouvert une brèche fondamentale dans la psychologie et la perception collectives, en France mais aussi dans certains cas hors de France pour évaluer la situation française, à propos de la question de l’UE. »


    • Pere Plexe Pere Plexe 1er décembre 17:05

      @Jeussey de Sourcesûre

      La démonstration de l’auteur est imparable.
      Sauf qu’elle repose sur un postulat .
      Postulat qui sous nos latitudes est un peu oublié mais qui ailleurs à connu de nombreux contre exemple.

      C’est que, élue, MLP respecte la constitution et les institutions. 
      Franchement j’en doute.
      Sans prendre l’héritière du FN pour une sommité elle n’est pas nous plus stupide.
      Elle sait très bien ce que rappelle Fergus. 
      Et aussi qu’accéder à la présidence pour faire de la figuration condamnerai le FN pour des lustres. 
      Ce n’est ni son intérêt ni son tempérament.
      Qui plus est il y a fort à parier que si elle accédait au pouvoir ( j’en doute) il y aurait aussi une majorité de personne a approuver le fait qu’elle outrepasse la constitution.Et aussi nombre d’accord internationaux.


    • Fergus Fergus 1er décembre 18:56

      Bonjour, izarn

      « Le FN ne se fera plus battre à 82%. »

      Non, en effet : je pronostique plutôt 60 %.

      « votre galaxie UMPS »

      Electeur de la vraie gauche, je ne suis pas concerné.

      « les Ripoublicains(Fillon ne lave plus blanc, hein ?) et « PS » klingoniens seront obligés de former cause commune...Ce sera assez comique. »

      Effectivement !

      Pour finir, si l’on doit « se fracasser dans un mur », nous serons tous dans le crash !


    • Fergus Fergus 1er décembre 19:04

      Bonjour, soi même

      Il est évident que si Le Pen venait au pouvoir et disposait d’une majorité parlementaire, elle ne devrait pas moins faire preuve d’un minimum de pragmatisme. De là en effet un « grand écart » entre les promesses et l’exercice réel du pouvoir.

      A cet égard il est amusant de constater le silence assourdissant du FN sur les nominations décidées par son superhéros étasunien Trump ; et pour cause : en homme d’affaires experte en poker menteur, il a carrément tourné le dos à son électorat de « déclassés » pour s’entourer de purs produits de la finance la plus cynique !


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er décembre 20:06

      @Cadoudal
      Le FN, ce serait plutôt le nationalisme que le patriotisme..., non ?
      « Le patriotisme, c’est aimer son pays ; le nationalisme c’est détester le pays des autres »...
      La haine des autres est chez vous une seconde nature.


      Mais pourquoi vous gêner, Philippot se dit Gaulliste et va se prosterner à Colombey, comme tous ceux qui ont trahi de Gaulle à Droite. Bientôt, vous allez vous dire « Résistants », et vous attribuer le CNR, comme le FN s’est attribué le drapeau, la Marseillaise et Jeanne d’ Arc...
      Profitez- en tant que l’ UPR est censurée, cela ne durera pas.

    • soi même 1er décembre 20:42

      @Fergus bonsoir si la Marine passe il y a pas de doutes les militant FN seront les premiers cocus de la liste.


    • Paul Leleu 2 décembre 00:54

      @jmdest62

      faut reconnaitre que le souverainisme melenchonien gagne en intérêt semaine après semaine... est-ce que ce sera suffisant ?


    • Cadoudal Cadoudal 2 décembre 01:10

      @Fifi Brind_acier
      « Le patriotisme, c’est aimer son pays ; le nationalisme c’est détester le pays des autres »...


      Les rebelles Maliens de Beaumont Sur Oise tiennent exactement le même discours en caillassant les pompiers blancs...

      C’est vous dire si ils aiment la France et les Français

      Moi j’habite au Sénégal, ça n’est pas mon pays, mais je l’aime bien et mes gosses ne crament pas des bus quand ça leur chante...

      C’est mal vu ici, et il y a même dans ce pays que j’aime bien des forces de l’ORDRE chargées de faire respecter la loi...

      Un vieux souvenir en France, mais ça pourrait revenir plus vite que vous le pensez..

    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 décembre 00:11

      @Fergus


      Votre argumentaire est convaincant. Le seul espoir de changement est que, justement parce que toutes les issues semblent si parfaitement fermées, une masse énorme d’électeurs qui ne sont pas frontistes se sentent si manipulés qu’ils votent MAJORITAIREMENT pour des candidats du FN aux législatives uniquement pour briser enfin le statu quoi. En fait ce vote massif « contre » est ce qui a fait élire Trump aux USA..  Je ne crois pas ce résultat probable, mais la possibilité n’est pas nulle....
       
      Pierre JC 


    • Tall Tall 1er décembre 09:00

      Pronostic aussi aléatoire que ceux que l’auteur dénonce lui-même justement en début d’article ...

      Car Marine Le Pen va avoir des soutiens inattendus venant de la gauche, voire même de Mélenchon, une fois le verdict des urnes tombé ...

      Ah bon ... !?

      Oui, car ils ont tous un ennemi commun aujourd’hui clairement désigné > l’UE !

      Le clivage profond de la présidentielle 2017 n’est plus le gauche/droite traditionnel, mais bien : pour/contre l’UE.


      • Fergus Fergus 1er décembre 09:21

        Bonjour, Tall

        Je pense que vous commettez une erreur de jugement : l’UE ne sera pas au centre du débat. Comme dans la primaire de droite et probablement la primaire du PS à venir, les relations avec l’UE seront occultées. Et cela d’autant plus facilement que tous les grands partis sont approximativement sur la même ligne politique au niveau continental.

        J’ajoute - et c’est très important - que s’il est commode pour les gouvernants de taper sur l’UE en cours de mandat en laissant croire qu’ils subissent des décisions de Bruxelles qu’ils ont eux-mêmes actées au niveau des orientations en Conseil Européen, il serait en revanche contreproductif de tenir le même type de discours en campagne car cela accréditerait l’idée que le futur président et son gouvernement seraient impuissants. Or, c’est au contraire un discours volontariste et ferme qui caractérise une présidentielle, et l’UE n’a pas sa place dans les promesses de « raser gratis demain » qui seront servies aux électeurs.

        En définitive, il n’y a guère que le FN, DLF et à un degré moindre les Insoumis qui aborderont plus frontalement les questions européennes.


      • Tall Tall 1er décembre 09:49

        @Fergus

         
        Je pense que vous commettez une erreur de jugement : l’UE ne sera pas au centre du débat.
         
        Et bien, je comprends mieux pourquoi tous vos pronostics sont faux depuis quelques temps ... et ça va s’empirer ... car vous mesurez mal la puissance du nationalisme.
         
        Même Mélenchon vient de se lâcher dans un pamphlet anti-germain ... ce qui revient à dire : anti-UE.

      • Tall Tall 1er décembre 10:11

        @FergusJ


        Je pense que vous commettez une erreur de jugement : l’UE ne sera pas au centre du débat.
         
        Ah non ... et qu’est-ce qui serait alors qui serait au centre du débat ?

        Le clivage entre la nouvelle droite du futur candidat PS, héritier de Hollande, et la supra droite de Fillon, héritier de Sarkozy ?
         
        Vous prenez donc le peuple français pour des idiots définitifs ?


      • jmdest62 jmdest62 1er décembre 11:20

        @Tall

        Je pense que vous avez raison et il faut tout faire pour que la présidentielle déclenche un vrai débat sur L’UE , sauf que....... à « puissance du nationalisme » je préfère nettement « désir de préserver la souveraineté » (voir à partir de 14mn30)

        @+


      • Tall Tall 1er décembre 11:30

        @jmdest62
         

        Merci, j’avais déjà vu toute cette vidéo hier justement ... intéressant ... quelle évolution de sa part !

        En fait, anthropologiquement, c’est du « tribalisme » ... mais peu importe, c’est très fort !

      • Fergus Fergus 1er décembre 11:42

        @Tall

        « qu’est-ce qui serait alors qui serait au centre du débat ? »

        A mon avis, les questions sociales ;, économiques et sécuritaires traitées par les candidats sou un angle franco-français.

        « Vous prenez donc le peuple français pour des idiots définitifs ? »

        Je n’ai pas parlé de l’électorat mais du discours des candidats !


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er décembre 11:55

        @jmdest62
        C’est ballot de présenter cette vidéo ! Justement, Mélenchon se débrouille pour ne pas répondre à la question sur la souveraineté !
        Vous êtes des vendeurs de rêves... , comme Tsipras.

        Sapir démonte vos mensonges sur la Grèce.


      • zardoz69 1er décembre 13:37

        @jmdest62
        Savez vous ou pas que 421 vous a piqué votre avatar.... ?


      • izarn 1er décembre 15:33

        @Fergus
        Oui on a vu la puissance de Chirac, Sarko et Hollande face à l’UE, et aux USA.
        C’est assez pitoyable, aprés avoir éliminé le seul, à l’UMPS à faire face : De Villepin.
        Encore que de Villepin n’est pas anti-UE....C’est dire le niveau !
        Mon cher, rigoureusement rien à espérer de Fillon sur le sujet.
        Or l’UE est en perte de vitesse, ainsi que l’euro.
        L’Euro ne survit que grace à la planche à billet. Car bien entendu, l’Italie comme la Grece et bien d’autres pays, comme la France, auraient tout interet à sortir de l’euro.
        Dans cette présidentielle, bien entendu, à l’UMPS, silence complet sur les réalités européennes et mondiales. Sinon on sera traité de fachos, d’extréme droite ou extréme gauche stalinienne.
        Ca commence sur Agoravox contre Mélenchon....
        La meme propagande déplorable du Système contre Trump....
        Donc toute parlotte avec l’UMPS système est inutile.
        Direction poubelle.
        La démonstration de leur crasse néo fasciste a été démontrée aux USA contre Trump.
        Les fascistes ne sont pas ceux que l’on croit.
        UMPS : Le Monstre à éradiquer.
        Fillon on s’en fout !
        Terminé : On en a marre ! Encore 5 ans de ces connards ?
        Ils ont fait déborder le vase !


      • Ar zen Ar zen 1er décembre 15:58

        @Tall

        Je suis d’accord avec vous. Le clivage passe aujourd’hui par « être dans l’UE » ou « être hors de l’UE ».

        Mais les partisans du « hors UE » sont peu nombreux : l’UPR et le PRCF. Sinon, tous les autres, sont pour des solutions alternatives de « renégociation des traités ». C’est ainsi que quelques 350 millions de citoyens de l’UE sont suspendus aux résultats de l’élection française. Vont-ils avoir une UE renégociée façon Mélenchon ? Façon MLP ? Et si on acceptait que ces 350.000 votent en France pour être certain de leur souhait ? Faudrait peut être demander leur avis aux Belges, aux Allemands, aux Italiens, aux Espagnols, aux Néerlandais ...


      • jmdest62 jmdest62 1er décembre 15:59

        @zardoz69
        je vous ai déjà répondu
        @+


      • Tall Tall 1er décembre 16:58

        @Ar zen

         
        La « renégociation » des traités au point où c’est voulu par le FN ( pour Mélenchon, on attend + de précisions ) est totalement inacceptable pour l’Allemagne puisque ça équivaut ( en gros ) à revenir à l’UE d’avant Maastricht ( 1992 ), donc : sans l’euro, shengen, etc ...
         
        Bref, ce serait le retour à une souveraineté normale, telle que la connaissent encore 170 pays de par le monde. ( oui, on se demande comment ils survivent, c’est incroyable ! )
         
        Les chances de succès de cette « négociation » sont donc quasi nulles, mais comme ça ne se fait pas dans le monde diplomatique de sauter cette étape, on en passe par là quand même.
         
        Néanmoins, après quelques mois ( 6 maximum ), on prend acte de l’échec et le Frexit est alors proposé aux Français par referendum.
         
        Alors, si les Français disent « out », la France sortira alors de l’UE via l’article 50 ... et sinon c’est Le Pen qui démissionnera de la Présidence.
         
        Tel est le programme du FN vérifiable partout sur le web ( sauf chez l’UPR bien sûr ).

      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er décembre 20:09

        @Tall
        Justement, le programme officiel du FN ne fait mention d’aucun Frexit, mais uniquement de renégocier les Traités...


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 1er décembre 20:14

        @Fergus
        Tall ne dit pas des sottises, Syriza en Grèce gouverne avec un Parti conservateur, très très à Droite, le Parti Indépendant, l’ ANEL.

        "La carpe et le lapin

        Reste qu’il s’agit là un peu de l’alliance de la carpe et du lapin. L’ANEL est un parti très conservateur, issu de la scission des Eurosceptiques de Nouvelle Démocratie. C’est un parti qui a une rhétorique très nationaliste et qui n’échappe pas parfois à certains excès homophobes et antisémites. Mais c’est un allié sûr pour Syriza quant à sa politique européenne : l’ANEL rejette en effet comme le parti d’Alexis Tsipras l’austérité, la troïka et le mémorandum. Certes, cette alliance risque sur plusieurs sujets, notamment la gestion de l’immigration ou la sécurité, d’être fragile, mais son ciment sera la ligne dure face à l’Europe. Du reste, les deux partis avaient déjà passé un accord en novembre pour ne pas voter en faveur du candidat présidentiel d’Antonis Samaras et provoquer de nouvelles élections..."


      • Phil610 1er décembre 20:15

        @Tall

        Oui, sauf que : il n’y aura vraisemblablement pas de débat sur ce sujet. melanchon et lepen, sont 2 girouettes, qui changent d’avis en permanence sur le sujet union européenne.
        quand à un duel lepen fillion au second tour, fraudai déjà qu’ils arrivent jusque là. je sais que c’est ce que veulent les journalistes , et les sondeurs, mais on en est pas là.


      • Tall Tall 1er décembre 20:41

        @Phil610


        C’est faux, le Frexit ( après « négociations » de 6 mois max ) est prévu par le FN depuis 2011 déjà
         

        5 minutes de recherche honnête sur le web > vous tapez dans google « marine le pen sortie europe », il y a tout qui sort

      • Durand Durand 1er décembre 21:28

        @Tall
        Le référendum DANS son programme n’existe que depuis 2014 à ma connaissance... Dailleurs, il n’en était pas question dans son programme de 2012... 

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