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Accueil du site > Actualités > Politique > Réformer le millefeuille administratif ? Chiche Manuel !

Réformer le millefeuille administratif ? Chiche Manuel !

 Le nouveau Premier ministre a annoncé la mise en œuvre d’une réforme concernant les collectivités territoriales : la réduction du nombre de régions et la suppression des conseils départementaux, appelés aussi conseils généraux. 

C’est la plus grosse surprise du discours de politique générale de Manuel Valls à l’assemblée nationale et on peut s’étonner que cette réforme majeure n’ait pas été envisagé dès le début du quinquennat de François Hollande…

 Simplifier le millefeuille administratif, l’idée n’est pas neuve car la carte territoriale française offre beaucoup trop de niveaux institutionnels. Si chaque collectivité locale est censée avoir des domaines d'action spécifiques, de nombreux doublons existent entre collectivités en matière de développement économique, sport, culture, tourisme et jeunesse ainsi qu’entre départements et Etat dans les affaires culturelles ou l'action sociale et sanitaire. .

Trop d'intermédiaires entre le citoyen et la puissance publique renchérissent fortement les budgets de fonctionnement, augmentent considérablement les délais de décision et induisent une difficulté de compréhension du système par les citoyens. La dette totale des collectivités locales pèse de plus en plus dans la dette publique : 173,7 milliards d’euros en 2012, soit 8,5% du PIB...

Aujourd’hui, Il existe 26 régions (22 pour la métropole et 4 pour l’Outre Mer) représentant 2040 élus. Chacune des régions dispose en outre d’un Conseil économique et social de 40 à 110 membres selon l’importance économique et démographique et d’une Chambre des comptes (340 magistrats et 300 assistants).

Les départements, au nombre de 100 (96 pour la métropole et 4 pour l’Outre Mer) se trouvent dotés d’un préfet, d’une préfecture et son administration, d’un conseil général avec un président, plusieurs vice-présidents et 4042 conseillers généraux.

Les départements se subdivisent encore en cantons, arrondissements et pays. On dénombre autant de cantons que de conseillers généraux, 326 arrondissements qui ont comme compétence le contrôle administratif des communes (le tout avec autant de sous-préfets !), 358 territoires particuliers, dénommés pays, exprimant la communauté d'intérêts économiques, culturels et sociaux de ses membres.

Outre les départements et leurs nombreuses subdivisions, il existe par ailleurs : 

- 17367 groupements intercommunaux (communautés de communes, communauté d'agglomérations, communauté urbaine) représentant environ 38 000 élus.

- 36.635 communes en métropole et DOM avec autant de maires et près de 520 000 conseillers municipaux. La France possède, à elle seule, près de la moitié du nombre de toutes les communes d’Europe ! (14 000 communes en Allemagne, 8 000 seulement en Espagne et en Italie, etc.)

Et, cerise sur le gâteau, depuis la loi du 19 décembre 2013 créant des « métropoles » dans 14 villes, la France est passée de 5 à 6 strates administratives : état, région, département, intercommunalité, métropole, commune et même 7 strates si l’on y ajoute l’échelon européen. Du jamais vu dans aucun pays au monde ! (Pour mémoire, les USA compte trois strates…)

Tout cela représente plus de 500 000 élus accompagnés par 1,81 million de fonctionnaires. Un député apparenté PS, René Dosière, dans sa traque des gaspillages, a calculé que cela faisait tout de même 1,4 milliards d’euros d’indemnités par an !

Le brouillard hollandais

En 2010, Nicolas Sarkozy avait fait un tout petit pas en avant vers la simplification des collectivités locales avec le statut du conseiller territorial qui devait être, à partir de 2014, une même personne élue à la fois au Conseil général et au Conseil régional. Ceci correspondait à une fusion à terme des élections des représentants de la région et du département mais sans remettre en cause toutefois l’existence de deux structures parallèles.

Devant la pression des élus socialistes, cette petite avancée timide a été remise immédiatement en cause par le gouvernement de François Hollande qui a abrogé le statut de conseiller territorial au profit d'un binôme homme-femme par canton pour les prochaines élections cantonales, avec à la clé une division par deux du nombre des cantons et la création de nouveaux cantons agrandis.

Dans ses vœux aux Corréziens, le 18 janvier dernier, le chef de l'Etat s'était prononcé contre la suppression des départements : "Les départements gardent leur utilité pour assurer la cohésion sociale, la solidarité territoriale, et je ne suis donc pas favorable à leur suppression pure et simple, comme certains le réclament, car des territoires ruraux perdraient en qualité de vie, sans d'ailleurs générer d'économies supplémentaires." Quant aux régions, Il avait indiqué simplement que les régions qui se regrouperaient bénéficieraient "d'un bonus dans le calcul des dotations de l'Etat".

Quant à Marylise Lebranchu, chargé de la réforme territoriale, elle déclarait encore le 21 janvier dernier : « Arrêtons de chiffonner notre mille-feuille et de vouloir supprimer des feuilles au hasard. C’est un raisonnement simpliste. Les départements sont un pilier de l’organisation territoriale ».

Et aujourd’hui, Manuel Valls propose la réduction du nombre de régions ainsi que la suppression des conseils départementaux et une méthode pour y arriver mais renvoie à 2017 la création des nouvelles régions et à 2021 la suppression des conseils départementaux…

Le calendrier annoncé est ainsi à l’image de François Hollande, on reste dans le flou et on renvoie à plus tard… Cela entame très sérieusement la crédibilité de la démarche du Premier ministre, d’autant plus que de telles réformes vont soulever, et c’est déjà le cas, l’opposition des élus socialistes qui verront leurs postes, à terme, se réduire sensiblement...

Mettre en œuvre au plus tôt une véritable réforme 

Le nombre trop important de régions et leur contour géographique souvent fantaisiste justifie une baisse sensible de leur nombre mais laisser aux régions actuelles le soin de fusionner éventuellement entre elles, comme l’a suggéré Manuel Valls, n’est pas forcément la meilleure façon d’y parvenir. Outre la fusion consensuelle pour atteindre une taille respectable, il convient aussi de créer des régions en fonction de critères géographiques naturels.

Une grande région « Massif central », une vraie région Alpes, Bretagne, Bassin Méditerranéen ou la réunification de la Basse et de la Haute Normandie (divisée à l’origine pour un vulgaire partage de gâteau électoral entre majorité et opposition…) permettraient de voir des régions à dimension européenne et plus conformes à la situation géographique réelle.

Les nouvelles régions devraient se voir attribuer toutes les compétences exercées par le conseil général. Sur le plan pratique, des permanences ou points d'accueil de la région pourraient être installés dans chaque territoire départemental, et ce pour répondre au problème de la proximité avec les citoyens, invoqué par les partisans du maintien des départements.

Ces derniers, mis en place sous la Révolution française le 15 janvier 1790, sont devenus complètement obsolètes. A l’époque un émissaire à cheval devait pouvoir atteindre n’importe quelle zone du territoire départemental en une seule « journée de voyage » afin de renseigner au mieux l’autorité administrative. C'est pourquoi aujourd'hui, les superficies de chaque département sont très proches mais à l'heure d'internet, ce critère conçu il y a plus de 200 ans par Napoléon Bonaparte n'est plus d'actualité.

Il faut préciser enfin que quand on parle de suppression du département, il s’agit en fait du conseil général, des cantons et des conseillers généraux. Le département peut très bien continuer à exister en tant qu'entité géographique pour devenir une circonscription électorale servant à l'élection des conseillers régionaux, élus du territoire départemental pour siéger au Conseil Régional, ou à l’élection de députés ou de sénateurs à la proportionnelle.

Cependant, si l’idée d’une diminution du nombre de régions et d’une suppression des conseils départementaux est positive, rien n’indique vraiment que cette réforme verra le jour, tout comme l’intégration sensible de communes et d’intercommunalités dans les nouvelles métropoles crées.

Trop d’élus locaux font de la résistance et bloquent en fait toute évolution. Le lobby socialiste des présidents de régions et départements est très puissant et dispose de plusieurs relais, notamment au Sénat où gauche et droite se sont entendus depuis longtemps pour faire du surplace et conserver le plus longtemps possible leurs prérogatives et les "petits avantages" qui en découlent.

Pour mémoire, en Italie, Matteo Renzi va supprimer 101 provinces italiennes dans 7 mois alors que Manuel Valls veut supprimer les conseils départementaux dans 7 ans...

 

 


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91 réactions à cet article    


  • Michel DROUET Michel DROUET 18 avril 2014 10:07

    Bonjour Albert

    « Sur le plan pratique, des permanences ou points d’accueil de la région pourraient être installés dans chaque territoire départemental, ... »

    Cela existe déjà dans beaucoup de départements pour la compétence sociale notamment.

    Dans d’autres départements (l’Ille et Vilaine, par exemple), des agences regroupant toutes les politiques du Conseil Général ont été créées dans les Pays, ce qui est totalement cohérent avec la proximité et avec une nouvelle organisation de l’intercommunalité prévue dans le projet du premier Ministre qui entend dimensionner les nouvelles intercos à l’échelle des bassins de vie.


    • appoline appoline 18 avril 2014 17:25

      Réformer les régions ne sert à rien si ils n’enlèvent pas toutes les couches de bons à rien qui pèsent sur le fonctionnement administratif.


      Il faut virer les fonctionnaires qui font doublon, cela incitera les autres à se mettre au boulot. Je le constate encore aujourd’hui alors qu’on ne dise pas le contraire. 

    • Albert Ricchi Albert Ricchi 18 avril 2014 20:58

      Merci Michel pour cette précision.

      Des permanences de la région, de la commune et des intercos devraient être largement suffisantes pour assurer le lien de proximité avec la population à l’intérieur d’un territoire départemental. Il semble donc inutile d’y ajouter des permanences du CG.

      Cordialement

      Albert


    • Pere Plexe Pere Plexe 21 avril 2014 14:16

      ...concernant les services d’éducations ou de santé ils ressembleront à quoi vos hypothétiques relais ?

      Vous semblez ignorer ce qu’est la France des déserts médicaux !


    • foufouille foufouille 21 avril 2014 14:36

      la FAC sera au centre de la région comme le gros hosto avec tous les spécialistes


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 18 avril 2014 10:46

      Le but n’est pas de faire des économies ou de simplifier le système, c’est d’avancer vers les euro-régions sous la coupe de Bruxelles, pour faire disparaître les Etats Nations. « Les Euro-régions »

      Les Etats Nations, c’est dangereux, ils peuvent toujours faire des lois pour réguler à nouveau ce qui a été dérégulé.

      Lire «  La décomposition des Nations européennes » de Pierre Hillard.

      Il a compilé tous les textes européens qui permettent d’arriver à la fin de la France en tant qu ’ Etat Nation.


      • Fergus Fergus 18 avril 2014 14:01

        Bonjour, Fifi.

        Décidément, les fantasmes ont la peau dure à l’UPR. Certes, il peut exister, à terme, un danger de balkanisation destiné à faciliter l’intégration au sein d’une Europe fédérale. Mais on est encore très loin d’un tel danger, et cela d’autant plus que le projet de Valls contribuerait, au contraire, à diminuer les éventuels appétits des régions à très forte identité culturelle en les intégrant dans de plus grandes entités territoriales. Et cette réforme ne vise qu’à aligner progressivement la France sur ses voisins, beaucoup plus réalistes en matière d’administration territoriale.


      • c’est pas grave 18 avril 2014 15:01

        " Le but n’est pas de faire des économies ou de simplifier le système, c’est d’avancer vers les euro-régions sous la coupe de Bruxelles, pour faire disparaître les Etats Nations.« 

        merci Fifi de rappeler ce secret de Polichinelle ; la disparition des Etats-Nations est effectivement un des objectifs avoués de la » construction européenne " , ce n’est plus un secret pour personne , sauf peut-être pour quelques bisounours eurolâtres , et encore ...


      • appoline appoline 18 avril 2014 17:28

        Non, elle a raison, le but est d’enlever toute notion de nationalité pour mieux pousser les peuples dans le sens du NWO. Avoir de la m....dans les yeux est une chose mais ces derniers mois, ça s’accélère et cela apparaît distinctement ; regardez le but du CFR par exemple sur la vidéo de Aaron Russo, c’est elle qui synthétise au mieux


      • Fergus Fergus 18 avril 2014 17:40

        Bonjour, Appoline.

        Faire partie d’une Europe fédérale ne serait pas un problème à mes yeux. A condition que cette Europe ne soit pas un supplétif des Etats-Unis.


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 18 avril 2014 18:24

        Fergus,
        Je comprends que tous ceux qui sont attachés à l’idée européenne soient contrariés de découvrir qu’ils se sont faits manipuler. Tout devait se faire sans débat, donc sans informer les populations, c’est écrit dans un document américain déclassifié :
        « L’ UE doit se faire sans débat ».

        La carte que je donne, n’est pas de mon invention, ni de celle de l’ UPR.
        Ce sont des cartes concoctées par l’UE depuis 1973, et qu’on retrouve dans le livre de Pierre Hillard. « La décomposition des Nations européennes. »

        Et pas seulement la France, le Moyen Orient aussi serait découpé façon puzzle.
        Diviser pour mieux régner.
        La carte prévue du Moyen Orient est sur la couverture d’un autre livre de Pierre Hillard :
         « La marche irrésistible du Nouvel Ordre Mondial, destination Babel »

        Vous pouvez le déplorer, mais l’ UE et l’euro sont des inventions américaines.
        Cela s’appelle une colonisation, sans chars ni coup d’ Etat, mais cela revient au même.
        « Quand la CIA finançait l’Union européenne » Historia

        «  Pourquoi l’ Europe est comme elle est ? » par Asselineau.


      • AlainV AlainV 18 avril 2014 19:56

        à Fergus

        Même grandes, nos régions, à part l’Ile de France, sont trop faibles face à des Etats comme la Bavière, le Bade-Wurttemberg ou la Rhénanie-Westphalie, pour ne parler que de ce que nous connaissons tous.

        Si on regarde ce que l’UE négocie actuellement avec les USA (le PTCI), la seule référence qui nous resterait, pour le droit social, la justice, la santé et l’éducation, comme pour la consommation, c’est le bon vouloir des multinationales. A terme, ni les communes, ni les régions n’auront plus leur mot à dire dans les investissements : toute règle (droit de préemption, d’expropriation, droit d’imposer le bio ou l’achat de proximité pour les cantines scolaires, etc.) sera considérée comme une entrave à l’investissement et au commerce.
        Après plus de 10 ans d’expérience dans l’ALENA, les villes, communes ou régions du Canada et du Mexique ont toujours perdu quand elles se sont opposées aux prétentions d’une multinationale américaine. C’est elles qui nous imposeront le maïs OGM, le poulet chloré, la culture américaine et surtout le droit de polluer et d’empoisonner, car le principe de précaution est inexistant dans le droit anglo-américain. (Approfondir ? ici)

        Il faut un Etat fort pour s’opposer à ce genre de négociations, les régions sont trop faibles. Si Barroso les promeut, c’est bien pour affaiblir la France dans les négociations européennes. Il faut un gouvernement mandaté, solide, pour s’opposer à cette conception de l’Europe et du commerce international. Hollande a été élu sur ce mandat : il ne le respecte pas. Seule la démission lui permettra de sauver son honneur.
        Discuter du millefeuille, du mariage pour tous, etc., c’est faire perdre notre temps, devant l’urgence de dire NON AUX NEGOCIATIONS PTCI.
        Aux Européennes, nous aurons l’occasion de le dire en votant pour les partis qui annonceront clairement leur totale opposition à ces négociations. S’abstenir serait être complice.


      • Michel DROUET Michel DROUET 20 avril 2014 06:57

        Tout à fait d’accord Fergus !

        J’ai l’impression que les souverainistes qui agitent le chiffon rouge de l’Europe pour refuser toute réforme et en particulier la suppression des conseils généraux sont les mêmes qui en 1982 lors de la loi Deferre sur la décentralisation hurlaient déjà au loup sur la fin de l’Etat Nation et le retour des féodalités locales.

        En quoi l’Europe nous empêcherait-elle de réformer notre système territorial si cela améliore sa compréhension par les citoyens, lesquels se plaignent par ailleurs de payer trop d’impôts locaux ?


      • Michel DROUET Michel DROUET 20 avril 2014 07:01

        Bonjour Alain V

        Le problème c’est effectivement l’Europe et vous avez raison de souligner le danger des discussions secrètes en cours avec les Etats Unis.

        C’est l’Europe qu’il faut réformer mais cela ne doit pas nous empêcher d’être intelligents à l’intérieur de nos propres frontières.


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 avril 2014 09:00

        Alain V
        Un gouvernement fort, c’est d’abord un gouvernement d’un Etat souverain.
        Qui dispose des droits régaliens, au premier chef, le droit de faire ses lois pour se protéger, ce qu nous ne pouvons plus faire.

        80% des lois sont faites par l’ UE, et que la France soit d’accord ou pas, les décisions s’appliquent aux 28 pays.

        80% de nos lois ne dépendent plus de l’avis des Français, on n’a jamais vu ça , même sous l’occupation !

        Il ne s’agit plus de s’opposer à ces accords, mais de ce tirer de ce « piège à rats », comme dit Etienne Chouard !

        Et les seuls qui proposent la sortie de l’ UE, de l’euro et de l’ OTAN unilatéralement par l’article 50, ce sont les candidats de l’ UPR qui seront présents dans les 8 circonscriptions.


      • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 20 avril 2014 09:24


        MR VALLS EN A SUREMENT LA VOLONTE MAIS SON PRESIDENT FLAMBI OBEIRA AUX NOTABLES LOCAUX MAFIEUX ET AUX SENATEURS LOBBYISTES !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

        la ministre charge de la reforme m lebrancu est une notable locale et regionale !!!!


      • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 20 avril 2014 18:14


        NI LEBLANC CUL MAIS LE BRANCHU


      • zygzornifle zygzornifle 18 avril 2014 11:22

        Il n’y a que les pavés de Mai 68 qui peut le réformer la France étant en coma artificiel .... 


        • appoline appoline 18 avril 2014 17:29

          Les français sont de veaux, quoique certains commencent à se réveiller, les gens s’aperçoivent qu’on les prend pour des abrutis


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 avril 2014 09:09

          appoline,
          Si les Français étaient des veaux, l’information serait libre...
          Si la construction européenne s’est faite « sans débat », c’est qu’il fallait manipuler les populations pour qu’elles acceptent l’inacceptable.

          Cela s’est fait par l’entremise des leaders d’opinion, universitaires, journalistes, économistes etc « Les Evangélistes du marché » explique très bien comment les économistes de l’école de Chicago s’y sont pris pour nous empapaouter...

          C’est à eux que nous devons les termes savants de « flexibilité » et de « compétitivité ».
          Si les gouvernements disaient :
          « Il faut précariser 90% de la population française et diminuer leur niveau de vie », ce serait mal perçu, alors on utilise des mots qui ont le même sens, mais qu’on n’explique pas...


        • Axel de Saint Mauxe Axel de Saint Mauxe 18 avril 2014 11:31

          La France me fait penser à ces mamies aux jambes gonflées se déplaçant en pantoufles à la vitesse d’un escargot pour chercher leur demi-baguette à la boulangerie du village.


          M’oui, c’est ça la France pour moi.

          • Fergus Fergus 18 avril 2014 13:30

            Bonjour, Albert.

            Merci d’avoir dressé cet accablant constat. La réforme territoriale est devenue une urgente nécessité et le projet de Valls est encore beaucoup trop timoré. Resterons-nous encore longtemps la risée des autres pays d’Europe, beaucoup plus pragmatiques - et pourtant nettement plus efficaces - en matière de gestion territoriale ?

            Oui à la diminution du nombre des régions, à la suppression des départements et à l’obligation pour toutes les communes inférieures à 1000 habitants, soit de fusionner avec leurs voisines lorsqu’il n’existe pas d’intercommunalité, soit de disparaître purement et simplement lorsque cette intercommunalité existe déjà.


            • tiloo87 tiloo87 18 avril 2014 15:24

              La commune est la seule structure démocratique à échelle humaine, où peuvent encore débattre librement les citoyens, où ils peuvent faire entendre leur voix (au sens propre), où ont lieu des échanges publiques.
              Ceci est d’autant plus vrai que la commune est petite.
              Continuez d’éloigner les structures des citoyens, et ils continueront de se désintéresser, de perdre le gout de participer, puis de voter...
              Ils perdront leur capacité à écouter les autres, à faire des compromis, à penser « intérêt général ».
              Le nombre élevé de communes de petite taille est la dernière richesse de la France.


            • Fergus Fergus 18 avril 2014 15:57

              Bonjour, Tiloo.

              Comment expliquez-vous alors que les autres pays d’Europe fonctionnent très bien sans ce mitage communal ? Pour mémoire, rappelons que la France compte à elle seule autant de communes que le reste de l’Europe.

              Qui plus est, vous évacuez les problèmes posés dans des milliers de micro-communes : quasi-totale incompétence du maire, dépassé par les textes législatifs et réglementaires, constitution de conseils municipaux en partie fantômes car ayant dû intégrer des personnes incapables (physiquement ou intellectuellement) ou habitant très loin de là pour faire nombre, refus de mutualisation des moyens d’équipements avec les communes voisines pour cause de rivalités ancestrales, etc. Des exemples comme cela, j’en connais beaucoup en Auvergne où subsistent, contre tout bon sens, des dizaines de communes de moins de 100 habitants. C’est carrément grotesque !


            • tiloo87 tiloo87 18 avril 2014 16:53

              La différence avec les autre pays d’ Europe tient notamment à la spécificité géographique (et non pas démographique) : surface, morcellements...
              Je ne trouve pas grotesque qu’une commune représente une centaine d’habitants...c’est même pas mal, je trouve !
              J’en connait une de 45 habitants (36 électeurs...), bon, là c’est limite, quoique eux ne s’en plaignent pas ! (et il étaient 250 il y a 100 ans)
              S’il fallait agir, je préfèrerais que ce soit dans le sens d’une repopulation de ces communes rurales et d’un abandon des concentrations humaines...
              Je suis un peu rêveur, peut être, pas vous ?


            • appoline appoline 18 avril 2014 17:32

              La réforme territoriale ne changera rien, si nous avons toujours les mêmes pourris pour faire fonctionner l’état. 


              Tous ces fonctionnaires que l’on engraisse, ça suffit, ils brassent du vent pour la plupart, tiennent des réunions dîtes de travail dont il ne ressort rien ou que des conneries, nous en avons assez

            • non667 18 avril 2014 17:36

              à tiloo
              Continuez d’éloigner les structures des citoyens, et ils continueront de se désintéresser, de perdre le gout de participer, puis de voter...

              c’est le but secret comme dit fifi au profit du n.o.m.


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 18 avril 2014 18:29

              Fergus,
              Parce que chaque pays a son histoire.
              Celle de la France est millénaire. ce qui n’est pas le cas de l’ Italie ou de l’Allemagne, par exemple qui sont des pays récents.

              On peut faire une réorganisation des fonctions pour clarifier le mille feuille, j’en conviens, sans aller vers les euro régions et la fin de la France en tant qu’Etat Nation.

              Provisoirement au moins, accepter le projet, c’est scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Donc c’est non.


            • AlainV AlainV 18 avril 2014 20:10

              appoline, vous écrivez :
              "Tous ces fonctionnaires que l’on engraisse, ça suffit, ils brassent du vent pour la plupart, tiennent des réunions dîtes de travail dont il ne ressort rien ou que des conneries, nous en avons assez"
              Dire que les autres sont des cons et des fainéants, n’a jamais fait avancer le débat. Donnez au moins des exemples précis qui souffrent d’une certaine généralité. Chacun pourra ensuite se positionner, trouver une explication.

              Je peux vous dire d’avance qu’en Alsace, vous trouverez difficilement des exemples qui illustreraient votre propos. Ici, quand on a un travail, on travaille. Et je ne parle pas des dizaines de milliers de bénévoles alsaciens ex-fonctionnaires qui travaillent sans rémunération, parfois à leur frais.

              Et tous ces fonctionnaires qui emmènent du travail chez eux parce qu’ils ne sont plus assez nombreux dans les services. Et les fonctionnaires dans les hôpitaux, dans les maisons de retraite, aides-soignants, infirmières, médecins, des fainéants ?

              Vous constaterez donc que votre généralisation est abusive quand ont prend l’exemple de l’Alsace où je vis. On pourrait aussi discuter du Nord-Pas-de-Calais... et de bien d’autres régions sans doute.


            • Fergus Fergus 20 avril 2014 09:39

              Bonjour, Fifi.

              Vous me faites sourire avec l’histoire millénaire de la France. Les modalités de la gestion administrative ont changé à diverses reprises au cours de cette histoire sans dommage particulier. Et le découpage départemental introduit par Napoléon n’était ni plus ni moins arbitraire à son époque que la réforme territoriale envisagée. Comme aujourd’hui avec Valls, il répondait aux impératifs du moment.

              Quant à votre regard tourné vers l’Italie ou l’Allemagne pour démontrer que ces pays sont, dans leur forme actuelle, des nations récentes, permettez-moi là aussi d’en sourire car vous passez sous silence la Grande Bretagne et l’Espagne dont l’unité est comparable à la nôtre. Or, ni dans les premiers cités, ni dans les seconds, il n’existe un tel empilement de strates administratives, une tel éclatement territorial et une telle gabegie de moyens !


            • Fergus Fergus 20 avril 2014 09:40

              Bonjour, Michel Droute.

              Bien d’accord avec vous sur les souverainistes et la loi Deferre.


            • franc tireur 18 avril 2014 13:46

              Pas de panique ,rien ne se fera . Présiflan reculera , et il le fait déja avec le pretendu projet de loi de retablissement de la clause de competence, qui sous pression des lobbys locaux est en train d etre miter de tous un tas d exception .
              La France ne se réformera pas, du moins pas avant que nos preteurs fassent grimper les enchères sur notre dette,ce qui arrivera tantot.
              Il faut bien comprendre que toutes les structures francaises, de manière fascinante dailleurs, unique au monde, sont baties pour converger vers le statu quo ,ca remonte au moyen age .
              c est egalement fascinant de constater comment depuis ce temps on a conservé les shémas de féodalités, avec barons locaux en noblesse et fonctionnaires en clergé.
              si on bouge un pion on est obligé d en bouger un autre et un autre etc, c est un equilibre et explique l impossibilité de changement .
              Le changement ne peut venir qu apres revolution ou crise majeure, comme en 58.


              • franc tireur 18 avril 2014 13:50

                ce sont les communes qui nous coutent un brin , c est surtout la qu il faut regrouper et supprimer . et les departements sont devenus inutiles .
                les regions peuvent faire certains rapprochement au cas par cas mais c est vraiment secondaire .
                en s attaquant a elles valls a vraiment commencer par le plus facile, et parce que voulait bruxelles


                • Fergus Fergus 18 avril 2014 14:05

                  Bonjour, Franc-Tireur.

                  D’accord avec vous. De 36 000 communes, on pourrait facilement passer à 6 000 sans que dommage pour l’administration du pays. Gros dommages en revanche sur les élus dont beaucoup perdraient leur écharpe et leurs petits privilèges. Et c’est là que la bât blesse pour les réformateurs.


                • Laulau Laulau 18 avril 2014 14:36

                  Il faudrait arrêter les c...ies avec les 36000 communes qui seraient le problème de la France, 31 590 communes ont moins de 2 000 habitants et il s’agit quasiment toujours de communes rurales. Personnellement que ces petites communes est un maire à proximité, je trouve ça très bien, de plus l’administration de ces communes coute des fifrelins.
                  On tombe donc à moins de 5000 communes de plus de 2000, regroupées presque partout en communautés autour d’une métropole. Où est l’archaïsme là dedans ?
                  Arrêter de répéter bêtement ce que dit le pouvoir sous prétexte qu’il est « de gauche ».


                • Laulau Laulau 18 avril 2014 14:47

                  @franc tireur

                  Personnellement ce que je trouve couteux et inutile ce sont le régions et elles le seront encore plus si elle deviennent plus grandes. Certains ironisent sur le fait que les départements datent de deux cents ans et qu’à ce temps il fallait un jour à cheval pour les traverser. On entend ça partout mais à l’heure ou il faut quelques heures de TGV ou une heure d’avion pour rejoindre la capitale, l’argument de proximité tombe surtout pour les régions dont l’administration ne sera pas plus près de la capitale mais plus loin des administrés.
                  La vérité c’est que la loi de décentralisation de ce satané Gaston Deffere a embrouillé le tissus administration au seul profit de roitelets régionaux aussi dépensiers qu’inefficaces.


                • Laulau Laulau 18 avril 2014 14:50

                  Pardon, au lieu de
                  « le tissus administration »
                  lire le tissus administratif


                • appoline appoline 18 avril 2014 17:37

                  Et puis virer aussi les 100 députés que Miterrand a ajouté et continuer aussi l’écrémage, pas besoin d’en engraisser autant alors qu’ils ronflent sur les bancs de l’assemblée. Une seule suffira, allez zou, tant qu’à réformer, il faut déjà commencer par le haut, ceux qui coûtent cher et qui, somme toute (ce qui est triste si on fait le décompte) ne servent pas à grand chose ; pour qu’il y ait débat il est inutile qu’ils soient 500 à se pouiller le nez


                • Fergus Fergus 18 avril 2014 17:45

                  @ Appoline.

                  D’accord avec vous pour supprimer des députés. Et pas seulement 100, le pays pouvant fonctionner sans problème avec 300 députés.

                  Pas d’accord avec vous en revanche lorsque vous parlez d’élus qui ronflent : beaucoup fournissent un gros travail dans les commissions.


                • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 18 avril 2014 18:33

                  Mais vous êtes mûrs pour l’ Europe fédérale !
                  Allez, supprimons l’héritage millénaire de la France, et mettons tout ça direct sous la coupe de Bruxelles !
                   

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