Un candidat réussit son entrée en scène : thèmes consensuels (union nationale, consommer français), anticipation (désendetter l’État), propositions concrètes (produire et instruire) et personnalité qui ne clive pas. Le point sur les premiers sondages juste après la candidature officielle de François Bayrou.
Depuis la déclaration officielle de candidature de François Bayrou à l’élection présidentielle de 2012, il y a une semaine (le 7 décembre), il semble incontestable que celui qui fut le "troisième homme" en 2007 a réussi un démarrage en beauté.
Quatre sondages concordants semblent en effet l’indiquer. Comme toujours, il est très important de rappeler qu’un sondage ne se lit qu’avec recul et réserve. Il n’est qu’une photographie instantanée de l’opinion souvent très changeante avec une marge d’incertitude non négligeable.
Cependant, comme je le répète souvent, c’est la dérivée et pas la valeur absolue qu’il faut analyser, en clair, la tendance (la pente). Et celle-ci est clairement ascendante pour François Bayrou, même après la déclaration de candidature de Dominique de Villepin le 11 décembre 2011 qui a surpris toute la classe politique.
Intentions de vote en progression (nombre à deux chiffres)
Deux études, LH2 du 11 décembre 2011 et CSA du 15 décembre 2011, apporteraient la confirmation d’une réelle inflexion (plus qu’un frémissement) dans les intentions de vote pour François Bayrou, se détachant nettement des "petits candidats" Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon et se rapprochant des trois "grands candidats".
Dans l’étude de LH2, c’est même un bond spectaculaire puisque François Bayrou atteindrait 13% (+6%) et rejoindrait Marine Le Pen (13,5%) qui semblerait sous-estimée par rapport aux autres instituts de sondage. Toutefois, les deux premiers candidats seraient encore loin devant, avec 26% (soit le double de 13%) et 31,5%, respectivement pour Nicolas Sarkozy et François Hollande.
Chez CSA, le bond n’est que de 4% pour atteindre 11%, toujours en quatrième position derrière Marine Le Pen qui serait à 16% (donc, bien plus élevée que chez LH2). Nicolas Sarkozy et François Hollande obtiendraient respectivement 26% et 32%.
A priori, la candidature de Dominique de Villepin ne semblerait pas avoir impacté la situation actuelle dans l’opinion, mais c’est évidemment bien trop tôt de le confirmer, les prochaines semaines seront intéressantes à suivre dans les sondages, car d’ici une semaine, ce sera Noël et quoi qu’il advienne, la campagne politique sera en retrait jusqu’au Nouvel an. C’est justement en fin d’année et début de l’année suivante que les opinions commencent à se cristalliser et la situation sera vraiment clarifiée vers la fin février quand tout le monde sera explicitement en campagne.
À titre de comparaison, François Bayrou oscillait entre 7 et 9% en fin décembre 2006.
Bayrou, le plus populaire de tous les candidats de 2012
Dans l’étude d’Ipsos du 12 décembre 2011, qui correspondrait à une bourse de la popularité, François Bayrou viendrait de dépasser François Hollande (de peu) avec 50% d’opinions favorables et deviendrait le candidat déclaré le plus populaire de tout le palmarès (Nicolas Sarkozy est à 36% et François Hollande à 49%).

Là encore, il s’agit d’être prudent puisque des personnes sûres de voter pour un candidat peuvent évidemment avoir de la sympathie pour un autre, mais l’élément intéressant est que François Bayrou est le candidat qui aurait le moins de rejet de tous les candidats déclarés (ou supposés) avec seulement 40% (François Hollande 44%, Nicolas Sarkozy 61% et Marine Le Pen 67%).
L’étude de l’Ifop du 15 décembre 2011 confirmerait cette divine popularité avec 64% de bonnes opinions, un saut de 7% en un mois, le plaçant devant tous les autres candidats (le suivant, François Hollande, n’obtient que 57% de bonnes opinions).
Les Français veulent l’union nationale
Point également très intéressant pour François Bayrou, dans l’étude de CSA, 55% des Français seraient favorables à un gouvernement d’union nationale pour résoudre les problèmes de la crise.
Or, l’union nationale est l’un des thèmes majeurs de François Bayrou et la relative popularité dont sa personnalité jouirait le placerait en bonne position pour devenir ce Président arbitre capable de dépressuriser la vie politique (cette fameuse "décrispation" chère au Président Valéry Giscard d’Estaing).
Crédibilité pour réduire la dette publique



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