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Accueil du site > Actualités > Société > Grammaire : le masculin et le féminin

Grammaire : le masculin et le féminin

Hélène Carrère d’Encausse a considéré que féminiser certains mots masculins n’avait que peu d’importance, que les mots, en substance, jamais n’aboliraient le réel. Tollé sur France Inter, où les journalistes commentèrent abondamment et négativement les propos de cette écrivaine, commentaires que ne connaissait pas Hélène Carrère d’Encausse et dont elle ignorait même l’existence. Dont acte. Cependant, la déontologie oblige les journalistes à poser des questions et leur interdit de participer au débat quand la réponse ne leur convient pas idéologiquement. Ils devraient s’en tenir aux question d’explicitation.

Il est répété dans les mass-médias qu’en grammaire, le masculin l’emporte sur le féminin. Cette expression de cette règle grammaticale de l’accord masculin de l’adjectif dans le cas où il y ait des noms féminins et des noms masculins ne s’exprime plus depuis longtemps avec le verbe « l’emporte ». Cette règle de grammaire s’apprend en primaire et les enseignants sont des enseignantes à une écrasante majorité. Il faut considérer les mots et ne pas les confondre avec les choses qu’ils évoquent, ni les tenir pour quantité négligeable. Dur exercice d’équilibriste. Même si, en primaire, les enseignantes sont dans une majorité écrasante par rapport aux enseignants, je n’ai pas dit qu’elles écrasaient les enseignants. Les mots ont des chemins qui ne sont pas les chemins des choses : qu'est-ce qu'on fait dans la coulisse ? On coule ? Et sur le trottoir, qu'est-ce qu'on fait ? On trotte ? Et quand on pousse un tiroir, est-ce que cela devient un poussoir ? Une bicyclette est un vélo. Bicyclette signifie deux-roues, tandis que deux-roues signifie tout véhicule à deux roues, les vélos et aussi les motos, les scooters… etc. Vélo est mis pour vélocipède, qui signifie aller vite avec ses pieds, et qui est approprié aux trottinettes, planches à roulettes, rollers… ce qui, bien qu’étant possible, n’est pas fait. Les mots sont dans un domaine, le symbolique ; les choses dans un autre, le réel. Il y a une indépendance, je dirai, numérique ou digitale entre les deux (au sens de la différence entre numérique/digital et analogique).

Le discours dominant, et même écrasant, voit un rapport analogique entre le genre des noms et le sexe des choses. La plupart des choses n’ont pas de sexe. Parce que genre des mots et sexe ne sont pas du même ordre ! On dit donc un vélo ou une bicyclette, pour la même chose. Un mont ou une montagne, un bois ou une forêt… à partir de quelle taille un gros village devient-il une petite ville ? Des « choses » du sexe masculin ont des noms féminins : la verge qui se trouve être aussi le pénis, j’emploie des mots du langage très soutenu. Et vice versa : les seins, le vagin… Chez les animaux : quel est le sexe du lézard, toujours nommé au masculin, ou de la girafe, toujours nommé au féminin ? Le rapport entre le genre des noms et le sexe des choses quand elles en ont un est numérique ou digital. Quand le sexe est trop évident pour ne pas être signalé, la coïncidence se fait. Un directeur, une directrice. Mais le directeur est une personne tout comme la directrice. Un être humain, si vous préférez.

Les professeures des écoles n’enseignent pas une domination, ni un emportement du masculin sur le féminin. Encore moins suggèrent-elles que cet emportement du genre masculin sur le genre féminin serait un effet ou un exemple de la domination du sexe masculin sur le sexe féminin. Encore moins suggèrent-elles que cet emportement conforterait la domination masculine, la validerait, en créerait l’habitude, empêchant par là sa critique… et que sa suppression constituerait un outil efficace pour aller vers l’égalité.

Elles enseignent qu’il faut bien choisir et qu’on a choisi d’accorder l’adjectif au masculin. Parce que le masculin est aussi le neutre. Si le genre masculin exprimait la masculinité, les hommes ne supporteraient pas que l’on dise « il pleut » ou « il faut faire ceci ou cela ». Si les hommes avaient fait les règles de la langue française au détriment des femmes, on dirait « ça pleut », et « ça faut faire ceci cela », de façon à ne pas associer le masculin à ces choses indéterminées et sans vigueur de la pluie ou de l’obligation qui s’impose et nous soumet.

D’autre part, il faut passer tant de temps pour que les élèves n’écrivent pas les rue de la ville sont éclairé (comme ça se prononce) et écrivent les rues de la ville sont éclairées, avec un succès bien moyen que rajouter la distinction les hommes et les femmes sont belles tandis que les femmes et les hommes sont beaux a de très faible chance d’être pratiqué par les Français (quel que soit leur sexe : les Françaises ne le feront pas plus que les Français).

Surtout, surtout, il faudrait bien séparer les mots des choses, le mot chien ne mort pas. Le mot rose ne sent pas la rose (excusez-moi, je m’amuse). Un homme peut être victime, cela n’en fait pas une femme. Pas plus qu’une femme travaillant comme mannequin ne devient un homme.

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Un vélo

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30 réactions à cet article    


  • CHALOT CHALOT 18 mars 2015 09:06

    texte intéressant que j’aimerais mettre sur le blog associatif de « Familles laïques de Vaux le Pénil »

    voici le lien

    • Orélien Péréol Orélien Péréol 18 mars 2015 14:46

      @CHALOT
      Oui bien entendu. Avec mes remerciements pour votre demande.


    • Gnostic Gnostic 18 mars 2015 09:12

      Que de vélos ?

       

      On pédale fort

       smiley

       

      Tiens mais pourquoi quand on parle des homos on emploie des termes féminins ?

       


      • Trelawney Trelawney 18 mars 2015 09:54

        En France, la politique c’est comme le poivre ; on a tendance à en mettre à tous les plats. on va politiser la grammaires française où l’on ne peut pas définir exactement si un mot appartient à la catégorie féminin ou masculin. Alors que les anglais s’en contre fiche (my son is gret / he is great ; my boat is blue/it is blue), les perses, les turcs, les chinois, les japonais et même les basques se fichent de savoir si le sujet est féminin ou masculin. Les français vont quant à eux polémiquer, débattre, s’injurier, approuver, désapprouver et au final manifester sur le « sexe des anges. »

        C’est bien, ça occupe et pendant que l’on passe son temps à palabrer, on ne le passe pas à autre chose.

        En parlant d’autres choses ; nos amis les chinois qui savent faire plein de choses avec leurs petites mains, détenaient depuis 2010 le recours de la construction la plus rapide. Pensez donc, ils avaient construit et livré un hôtel de 15 étages et 360 chambres en 15 jours. Ce matin ils viennent de livrer un immeuble de 57 étages en 20 jours. Si la Chine est la première nation du monde, ce n’est pas par hasard.

        Tout cela me rappel cette histoire belge où une usine se trouve plie poil sur le frontière Wallonie-Flandre. Il y a une entré de chaque coté. Du coté wallon il y a une pancarte où l’on peut lire « ici on parle français » et du cote flamand une pancarte où il est inscrit « ici on ne parle pas on travaille ».

        Chacun ses valeurs

         


        • Doume65 18 mars 2015 10:04

          @Trelawney

          Qu’est-ce que tu fais à 9h 54 à écrire, alors que tu devrais être au travail !? smiley


        • Doume65 18 mars 2015 10:01

          Bonjour à toutes et tous !

          Je soutiens que les enseignants nous trompent.

          De la même manière qu’ils nous font croire que les majuscules n’ont pas besoin d’accent ( et ça : É È Ê Ô Ö Ü Î, c’est du poulet ?), ils n’ont pas compris que la langue française comprend deux genres : le neutre et le féminin.
          Une fois qu’on a admis cette chose simple, toutes les règles deviennent simples ; Un féminin associé à un neutre ne peut donner que du neutre. Et surtout…

          … terminé, la guerre des sexes !


          • JL JL 18 mars 2015 10:07

            Bonjour Orélien Péréol,

            tout ou presque a été dit sur le sujet et ce serait prétentieux de ma part de vouloir en rajouter.

            Mais j’aimerais dire ceci à ceux qui proposent d’accorder sur la proximité et dont vous avez parlé : par galanterie, il convient de citer d’abord le féminin.

            De sorte que l’on dira toujours : ’’ces femmes et ces hommes sont français’’

            et jamais : ’’ces hommes et ces femmes sont françaises’.

            Il est urgent de ne rien changer.


            • Orélien Péréol Orélien Péréol 18 mars 2015 15:02

              @JL
              Il s’agit de masculin et de féminin. Même si l’exemple est fait avec les mots « hommes » et « femmes », il ne s’agit pas d’hommes et de femmes mais de masculin et de féminin. J’ai pris l’exemple que donnent les partisans de la règle de l’accord par proximité. Je n’aurais pas dû.

              « Le saxophone et la trompette, accordés sur le »la« du hautbois entonnèrent un chant puis une danse joyeux ». « accordés » s’accorde au masculin de saxophone, et non au féminin de trompette, sans que ce soit l’expression d’une domination des hommes sur les femmes comme on nous le raconte, et « joyeux » avec le masculin de chant et non avec le féminin de danse. Et là encore, pas de domination des hommes sur les femmes. Une convention grammaticale. La convention contraire ne serait pas mieux. Accorder avec la proximité serait un casse-tête, pas engageant du tout, voué à l’échec de ce fait.

              Quant à la galanterie, c’est un autre sujet, me semble-t-il.

            • JL JL 18 mars 2015 19:24

              @Orélien Péréol,

              je ne comprends pas ces moinssages ni votre explication.

              Personnellement, je n’écrirai jamais ’’ces hommes et ces femmes sont beaux’’ qui choque plus les oreilles que ma conception des la syntaxe, mais ’’ Ces femmes et ces hommes sont beaux’’.

              Dès lors, je n’ai pas de soucis avec cette règle.


            • JL JL 19 mars 2015 07:54

              @JL

              la grammaire, bien sûr.


            • Orélien Péréol Orélien Péréol 22 mars 2015 12:01

              @JL
              Je crois que je viens de comprendre votre réponse. Pour vous, la galanterie oblige à écrire et à dire : « les femmes et les hommes », que cette règle de galanterie rend incorrect l’expression « les hommes et les femmes » et que donc la règle d’accord de l’adjectif selon la proximité ne se pose pas.

              Si votre objection est bien celle-là, je redis que la règle proposée est une règle de grammaire et non une règle sur les femmes et les hommes, donc elle pourrait s’appliquer à « la girafe et l’éléphant sont grands » et « l’éléphant et la girafe sont grandes ». Ce qui me parait impraticable, d’une part et d’autre part, mais je ne vous ai pas convaincu, les règles de grammaire sur le féminin et le masculin ne sont pas dans un lien direct avec les relations entre les femmes et les hommes.

              Quant aux moinsages, je n’y suis pour rien.


            • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 18 mars 2015 12:13

              Quel dommage que des rédacteurs qui se croient progressistes et féministes se sentent obligés d’ajouter des e partout dans leur prose. Déjà que certaines féminisations officiellement reconnues frisent le ridicule : une auteure, une professeure, p.ex. C’est certain qu’avec ces prouesses orthographiques, la situation des femmes dans la société ne va pas manquer de s’améliorer !


              • bakerstreet bakerstreet 18 mars 2015 13:39

                @Jean J. MOUROT


                Au jour d’aujourd’hui, ça le fait !

                Comme on dit maintenant. 

                Pléonasme et contractions simplistes, en union libre, se donnant la main
                Mais les sophismes ne sont jamais loin pour se mêler à la fête 
                En apportant leur bouteille de vain.

              • bakerstreet bakerstreet 18 mars 2015 13:09

                Ce nouveau front ouvert est à situé dans ce nouveau totalitarisme dit de la lutte pour l’égalité, alias, la théorie des genres. 

                C’est bel et bien écrit, et joliment dit. 
                On confond un peu tout dans cette affaire inventée de toutes pièces, où le militantisme, comme dans toutes les époques révolutionnaires, interprété, apostrophe, voit des ennemis partout. 
                Tout est remis en question par nos nouveaux commissaires du peuple !
                Et demain peut être aussi les accords ! 

                C’est vrai, ça, pourquoi forcerait on une gentille phrase à s’accorder avec une bande de malfrats masculins, au pluriel ?

                Est ce qu’il ne s’agit pas d’un viol en groupe, même pas symbolique ?

                  • Orélien Péréol Orélien Péréol 18 mars 2015 18:46

                    http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2011/05/08/sexe-et-genre_1518149_3232.html


                    Sexe et genre
                    par Aurélien Péréol
                    06.05.11

                    Nous vivons un temps où la distinction entre le sexe et le genre s’estompe jusqu’à disparaitre dans le discours des « analystes » des relations hommes-femmes. Il faut mettre des guillemets à analyste parce que sans cette distinction, on ne peut rien dire d’intelligent, intelligent veut dire qui comprend le monde. Les mots n’ont pas de sexe, les mots ont parfois un genre.

                    Un imbécile voit passer un hélicoptère haut dans le ciel et dit à son ami, imbécile comme lui : « Oh t’as vu ? une hélicoptère ! » L’autre lève les yeux en disant : « Ah non ! un hélicoptère ! _ Ben dis donc ! t’as une sacrée vue ! »

                    Cette histoire drolatique illustre cette différence fondamentale entre sexe et genre. Le sexe est dans le réel, on n’y peut rien, le genre est dans le symbolique, on le bâtit, sous contrainte, mais avec de la liberté. Les mots n’ont pas de sexe, les mots ont un genre. Certains prétendent que la règle grammaticale qui impose d’accorder grammaticalement masculin un complément de noms féminins et masculins porteraient domination du sexe masculin sur le sexe féminin.

                    Cette confusion est vraiment tragique pour les relations hommes-femmes et c’est mettre de la domination là où il n’y en a pas. Nous vivons dans une idéologie généralisée qui consiste à faire honte aux hommes de la domination qu’ils exerceraient sur les femmes en permanence et à propos de toutes activités, même prétendument la grammaire.

                    Notons au passage que c’est donner beaucoup de pouvoir aux grammairiens alors que la grammaire et l’orthographe sont en désuétude et ne commandent presque plus personne ! Chacun écrit à sa convenance, ce qui impliquerait une déstructuration des esprits, autre discours classique sur la grammaire et l’orthographe.

                    Là, certains imaginent qu’une réforme de la grammaire serait efficace pour contrer une structuration des esprits naissant de la grammaire ! et qui leur paraît inégalitaire !

                    Le genre ne correspond pas toujours au sexe, même quand il y a sexe. Pour la plupart des noms, il n’y a pas de sexe. Les noms des animaux « proches » ont des genres liés au sexe, les plus lointains non : une girafe, une souris… (il n’y a pas de raison dans le réel pour que ce nom soit féminin et n’ai pas de masculin, c’est pur convention) ; un puma, un daim… même chose inversée symétrique.

                    Une victime genre féminin quel que soit le sexe. Un mannequin genre masculin quel que soit le sexe. Une sentinelle genre féminin quel que soit le sexe.

                    La plupart des valeurs sont du genre féminin : liberté, égalité, fraternité, solidarité…

                    Bref, il faut vraiment être dans un grand aveuglement pour confondre aussi naïvement sexe et genre. Et vouloir étendre cet aveuglement le plus possible relève, et tant pis si je ne suis pas publié, de la montée de l’obscurantisme. La raison, genre féminin, devrait dominer notre rapport à l’écriture.


                    • Hervé Hum Hervé Hum 19 mars 2015 00:06

                      @Orélien Péréol

                      le féminisme représentait la guerre des sexes, aujourd’hui, les dirigeants politiques provoquent et instrumentalisent la guerre des genres avec la fameuse ou fumeuse théorie du genre, à des fins de clivages pervers et de faux droits de défense de liberté.

                      Comme vous l’écrivez, on donne aux choses un genre féminin ou masculin de manière conventionnelle, pour la forme.

                       Pris isolément, on ne peut faire de procès aux mots sur leur genre parce qu’ils n’expriment aucune relation signifiante. C’est à dire, qu’ils ne signifient que leur propre définition sans aucune orientation, sens relationnel, 

                      Ainsi si j’écris séparément belle et femme, je ne peux donner un sens à chacun de ces mots car je ne sais pas dans quel sens ils sont utilisés.

                      mais en formation de sens il en est tout autre, là, genre et sexe se mélangent. Nous entrons dans le monde des sens, de la subjectivité et on peut dès lors tout discuter !

                      exemple significatif, écrire « droits de l’homme » au lieu de « droits humain » est ce neutre ou bien orienté ?

                      Moi je dis que c’est orienté, Si vous pouvez distinguer l’homme neutre de l’homme homme, moi pas... On parle du genre humain pour signifier que le neutre de homme et femme est humain et non pas le mot homme.

                      Le mot existe par la chose qu’il représente, mais il ne prend sens, vie, que par la relation qu’il noue avec d’autres mots.


                    • Orélien Péréol Orélien Péréol 19 mars 2015 09:55

                      @Hervé Hum
                      Je ne suis pas sûr de bien comprendre votre message.

                      Je ne comprends pas les expressions « homme neutre » et « homme homme ».
                      En français, homme peut signifier humain (les hommes par rapport aux animaux, ou les hommes par rapport aux femmes, sans que rien ne l’indique. Mais humain peut signifier convivial, généreux par rapport à inhumain, sans que rien ne l’indique...etc.Il n’y a qu’en français que le mot homme peut prendre ces deux acceptions.
                      Les droits de l’Homme sont les droits de tous, femmes et hommes. En Anglais, il n’y a pas ce problème, on peut s’appuyer sur la traduction (sur l’équivalence des expressions human rights et Droit de l’Homme) de l’un par l’autre pour montrer qu’il en est de même en français.

                      Le mot n’existe pas par la chose qu’il représente. Les mots ne représentent pas toujours des choses, on ne peut montrer ni l’amitié, ni la République, ni les Alpes... et on peut en parler.
                      Bien à vous.

                    • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 18 mars 2015 18:50

                      Très bon article.

                      Une petite nuance toutefois suite à une remarque qui m’a été faite :
                      Les professions prestigieuses sont plus souvent masculines que féminines :
                      Un secrétaire et une secrétaire (le premier est un titre, le second une activité).

                      Madame le général, et Madame la général : Actuellement, seule la première à un grade, la seconde n’est que la compagne.

                      Ne dit-on pas sénateur et sénatrice. Ne pourrait-on pas dire député et député, auteur et auteure,

                      Rappelez-vous cette plaisanterie qui a été diffusée sur internet, mais qui est, néanmoins significative :

                      • Un homme à femmes : c’est un séducteur
                      • Une femme à hommes : c’est une pute
                      • Un entraineur : c’est un homme qui entraine une équipe sportive
                      • Une entraineuse : c’est une pute
                      • Un professionnel : c’est un sportif de haut niveau
                      • Une professionnelle : c’est une pute
                      • Un coureur : c’est un homme qui est bon joggeur
                      • Une coureuse : c’est une pute
                      • Un rouleur : c’est un grand cycliste
                      • Une roulure : c’est une pute
                      • Un turfer : c’est un homme qui prend les paris
                      • Une turfeuse : c’est une pute
                      • Un gagnant : c’est un homme qui réussit
                      • Une gagnante : c’est une pute qui rapporte
                      • Un masseur : c’est un kiné
                      • Une masseuse : c’est une pute
                      • Un abatteur : c’est un homme qui fait un dur métier
                      • Une abatteuse : c’est une pute qui turbine
                      • Un homme qui fait le trottoir : c’est un paveur
                      • Une femme qui fait le trottoir : c’est une pute
                      • Un courtisan : c’est un homme qui est proche du Roi
                      • Une courtisane : c’est une pute
                      • Un gars : c’est un jeune homme
                      • Une garce : c’est une pute
                      • Un péripatéticien : c’est un homme partisan de la doctrine d’Aristote
                      • Une péripatéticienne : c’est une pute
                      • Un homme public : c’est un homme connu
                      • Une femme publique : c’est une pute
                      • Un homme de petite vertu : cela ne se dit pas, sauf pour les avocats
                      • Une femme de petite vertu : c’est une pute
                      • Un homme facile : c’est un homme agréable à vivre
                      • Une femme facile : c’est une pute
                      • Un homme sans moralité : c’est un politicien
                      • Une femme sans moralité : c’est une pute...

                      • Orélien Péréol Orélien Péréol 18 mars 2015 21:12

                        @jesuisunhommelibre
                        Je ne vais pas reprendre tous les points de votre liste. La plupart sont faux (ou arrangés pour faire la preuve de ce que vous avancez).Si les professions prestigieuses se disent plutôt au masculin, c’est parce que des hommes les occupent, ce qui est sûrement injuste, mais il y a peu de prolétaires devenus députés. Avec le mouvement d’égalité qui est en cours, cela changera.Quelques exemples :Une roulure n’est pas le féminin d’un rouleur. Une garce n’est pas une pute mais une femme méchante. Il y a eu les garçonnes, à la belle époque...Il y a des masseurs et des masseuses qui sont des kinés.

                        • Un homme qui fait le trottoir : c’est un paveur. Vous croyez vraiment ? C’est quand la dernière fois que vous en avez vu un ?...etc.
                        • Un péripatéticien : c’est un homme partisan de la doctrine d’Aristote. Vous en connaissez beaucoup, des péripatéticiens ? Vous entendez ce mot combien de fois par an ?
                        • Il y a des politiciens, comme vous dites, qui ont beaucoup de moralité... etc.

                      • rocla+ rocla+ 18 mars 2015 18:53

                        Quelle  est la différence entre l’ oral et l’ écrit  ?


                        • rocla+ rocla+ 18 mars 2015 20:04

                          Faut  être niqué têtal pour moinsser une simple interrogation .


                          Moinsseurs et connards de tous les pays unissez vous ... smiley

                          • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 18 mars 2015 21:36

                            @ l’auteur,


                            Merci pour cet article intéressant. J’en profite pour appuyer ici le point comme quoi en français il y a non pas deux genres grammaticaux, mais bien trois. (masculin, féminin et neutre).
                            En effet, la règle que nous avons tous apprise à l’écoie est une commodité de langage. « le (genre grammatical) masculin l’emporte sur le (genre grammatical) féminin »

                            En fait, il n’y a ici aucun rapport avec le sexe mais bien avec le genre grammatical. N’en déplaise aux féministes à tout crin, qui feraient mieux de retourner à l’école, au lieu de dire des sottises.

                            Et la raison est toute simple, mais très souvent ignorée. 
                            C’est qu’en ancien français, héritier du bas-latin, figurait encore le genre neutre issu du latin. Or, sa terminaison ressemblait très souvent à celle du masculin, ce qui au fil des siècles entraîna une tendance à effacer progressivement le neutre au profit du masculin.
                            Mais le genre neutre existe bel et bien, et encore de nos jours, et ce ne peut être autrement.
                            Quand on dit qu’il y a 65 millions de Français en France, le mot Français n’est pas du genre masculin, évidemment, mais neutre, car les femmes sont comptées.

                            De même, quand Montesquieu écrivait : « J’aime les paysans », cela ne voulait pas dire qu’il détestait les paysannes. « Paysans » est bien ici un neutre et pas du tout un masculin.
                            La manie actuelle qui consiste à rajouter des terminaisons féminines aux mots relève d’une mode imbécile qui confond sexe et genre grammatical au nom d’un féminisme inculte, donc ignorant de ce qu’est véritablement notre langue.

                            La phrase suivante : « Mesdames et messieurs, vous êtes arrivés (es)... » est d’une imbécillité sans nom.

                            Cordialement à tous.

                            Thierry Saladin

                            • P-Troll P-Troll 19 mars 2015 07:11

                              @Thierry SALADIN



                              De nombreuses langues non indo-européennes, comme le basque, le finnois, l’estonien, le turc ou le hongrois, ne connaissent pas la catégorie du genre, bien que des oppositions puissent être marquées par les pronoms. En mandarin, elle est indiquée, à l’écrit seulement, par le pronom personnel de 3e personne et, rarement, à la 2e (on distingue le masculin, le féminin, les animaux et le reste ; seule l’opposition masculin/féminin/autres est réellement productive ; à la 2e personne, l’opposition ne concerne que le masculin/féminin). La langue parlée ne fait cependant aucune distinction.

                              Certaines langues construites, comme le lojban ou le kotava ne marquent pas non plus le genre. En espéranto le genre n’est pas marqué, mais la distinction mâle/femelle se fait pour les êtres vivants de sexe déterminé, le sexe masculin étant la valeur par défaut tandis que le sexe féminin est marqué par le suffixe -in-.

                              Ça n’empêche pas les Basques, les Finlandais, les Turcs et les Chinois de pratiquer ou non des discriminations sociales fondées sur le sexe.


                            • P-Troll P-Troll 19 mars 2015 07:27

                              @Thierry SALADIN


                              Malgré les efforts de Boileau pour imposer à la langue française une grammaire latine qui ne colle pas à sa structure, l’héritage gaulois a laissé des traces.

                              Le bas-latin que vous évoquez est une langue écrite de clercs et pas du tout la langue vivante parlée qui a fini par donner le Français.

                              Or, dans les langues celtiques, il n’existe que deux genres grammaticaux : le masculin et le féminin.
                              Les exemples que vous citez ne sont pas des « neutres », mais des génériques non marqués, tout comme le masculin est non marqué alors que le féminin l’est.

                              Un seul mot est neutre en Français : « on ».

                            • exocet exocet 18 mars 2015 22:39

                              si j’écris que Nicolas bedos est une salope pseudo-gauchisante, est ce que j’utilise le genre qui convient ?


                              • P-Troll P-Troll 19 mars 2015 06:25

                                Le signe est arbitraire a priori,

                                mais pas a posteriori.

                                « Fromage » se dit « cheese » en Anglais et « Käse » en Allemand.
                                Quelle que soit l’unité sémantique,
                                tout le monde comprend qu’il s’agit du même produit lacté.
                                Pourtant, en parlant de fromage, un Français aura peut-être tendance (la région étant un élément complémentaire) à imaginer une pâte molle au lait cru, affinée, odorante et riche en goût, agréablement complétée par un pain croustillant et un verre de vin.
                                Un allemand imaginera plutôt un fromage cuit permettant une longue consrvation et offrant une grande richesse nutritive.
                                Un Anglais aura en tête un produit friable et ses pailles ne seraont pas forcément excitées par la simple évocation d’un mot.

                                Que le mot ne soit pas la chose et inversement est vrai en linguistique, mais toute la littérature repose sur le plaisir occasionné par la langage quand il acquiert une épaisseur et quand la formulation d’une pensé donne du sens à ce qui n’était qu’une élucubration du cerveau.

                                • rocla+ rocla+ 19 mars 2015 10:01

                                  T’ as aussi le négativisme  qui dira : on va pas en faire tout un 

                                  fromage de cette histoire .

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