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Accueil du site > Actualités > Société > Le BVP dans l’arène médiatique

Le BVP dans l’arène médiatique

Le Bureau de vérification de la publicité s’oppose à la diffusion d’un message télévisuel contre la corrida. Cet organisme, en réalité pure émanation du monde publicitaire, a curieusement une mission de service public consistant à statuer non seulement sur les spots publicitaires mais également sur les messages d’intérêt général réalisés notamment par les associations et les ONG. L’argumentation présentée par le BVP dans cet exemple sur la corrida apparaît à l’analyse floue, incohérente, contradictoire, arbitraire voire erronée. La légitimité et la compétence de cet organisme pour porter un jugement sur les messages d’intérêt général apparaît une fois de plus extrêmement problématique.

Rappel des faits

Fin juillet, une colère du chanteur Renaud a permis de mettre au jour une censure exercée par le BVP (Bureau de vérification de la publicité) dont les divers médias écrits et audiovisuels français se sont fait l’écho. Renaud, engagé dans la lutte contre la tauromachie, avait prêté sa voix à un spot anticorrida de 30 secondes pour la Société protectrice des animaux (SPA), en collaboration avec le Comité radicalement anti-corrida (CRAC) et la Fédération des luttes anti-corrida (FLAC).

Le BVP a émis de façon répétée un avis défavorable à la diffusion de ce spot, malgré des remaniements successifs. On peut visionner les spots et prendre connaissance de l’argumentation du BVP sur le site de la SPA.

Qu’est-ce que le BVP et quel est son rôle ?

Chacun connaît de nom le Bureau de vérification de la publicité, et sait plus ou moins qu’il s’agit de l’organisme chargé de contrôler la publicité.

Cliquons sur la page d’accueil du BVP.

Sur le bandeau en haut de l’écran, défilent des mots : "engagement"... "sécurité"... "éthique"... "dignité personne humaine"... "confiance"... "loyauté"... "concertation"... On aura reconnu une banale ficelle de l’art publicitaire : l’accumulation creuse de mots clés.

A comparer avec la saine austérité du site du CSA.

En effet, le BVP n’est qu’une association (1901) de professionnels de la pub, dont la mission pour le moins oxymorique consiste à «  mener une action en faveur d’une publicité loyale, véridique et saine  ».

Et pourtant, de façon assez saugrenue, les régies des chaînes de télé ne diffusent que les spots assortis de l’Imprimatur du BVP.

Que les professionnels de la pub jouent à se doter d’un « Ordre » et se donnent de l’importance en prétendant veiller à ce que les réclames pour les bagnoles ou les crèmes rajeunissantes ne choquent pas trop les cerveaux des consommateurs et soient compatibles avec les lois, ça touche l’une sans faire bouger l’autre.

Que les pouvoirs publics aient confié au BVP (depuis 1992) une mission de service public qui devrait revenir au CSA (lequel se contente de contrôler a posteriori), j’imagine que c’est un moyen pour l’Etat de faire des économies, pourquoi pas, mais bon...

Mais là où ce système devient hautement pervers, c’est que le ramassis de guignols qui grenouille, oups, je veux dire l’aréopage d’experts qui officie au BVP a également compétence pour émettre son Nihil obstat sur les messages proposés aux chaînes de télé par des organismes à but non lucratifs !

Ils ont déjà censuré des ONG comme Amnesty International en 1996 sur la Chine et en 1999 sur les Etats-Unis, au prétexte notamment d’éviter de nuire aux bonnes relations entre Etats. Certaines mauvaises langues supposaient que leur souci réel consistait en fait à éviter de nuire au commerce entre Etats. Ou comme Reporters sans frontières en 2005, au prétexte d’une violence qui pouvait choquer. De mauvaises langues pourraient supposer que la politique déontologique du BVP se réduit à éviter dans la mesure du possible que le « temps de cerveau humain disponible » soit perturbé à l’écran par des messages pouvant détourner l’attention du consommateur de l’essentiel, à savoir les télécoms ou les déodorants.

Inutile de préciser que tout spot dirigé contre la consommation fait l’objet d’une censure systématique par le BVP, comme le film de la Journée sans achat en 1999 ou le film du CCCP (Comité des créatifs contre la publicité) réalisé en 2000 pour la Semaine sans télévision. Au prétexte que les auteurs appelaient au boycott, ou encore plus simplement qu’ils n’étaient pas habilités à faire de la publicité (!)

Au-delà de la poudre au yeux et des risettes, au-delà de la fausse insolence et de la provocation à trois sous, d’aucuns pourraient prétendre (loin de moi cette idée, cela va sans dire) que le système publicitaire est à l’évidence fondamentalement totalitaire. On ne rigole pas avec les gros sous.
Pourtant, comme son nom l’indique, le Bureau de vérification de la publicité a pour objet pour la télévision de vérifier les « films *publicitaires* », ainsi qu’il le rappelle lui-même.
Et le décret du 27 mars 1992, cadre d’action du BVP, définit précisément dans son article 2 comme publicité «  toute forme de message télévisé diffusé contre rémunération ou autre contrepartie en vue soit de promouvoir la fourniture de biens ou services, y compris ceux qui sont présentés sous leur appellation générique, dans le cadre d’une activité commerciale, industrielle, artisanale ou de profession libérale, soit d’assurer la promotion commerciale d’une entreprise publique ou privée.  »
Par ailleurs il distingue clairement dans son article 14 «  Les messages d’intérêt général à caractère non publicitaire tels que ceux diffusés dans le cadre des campagnes des organisations caritatives et des campagnes d’information des administrations  ».


Il serait donc impératif que l’évaluation des messages d’intérêt général, non publicitaires, soumis par les organismes à but non lucratif (associations, ONG...) revienne au CSA, et que le BVP en reste à ses banques et ses nettoyants WC.

On peut toujours contester le CSA (qui n’est certes pas à l’abri des pressions), mais au moins c’est une institution publique dont les membres sont nommés par les élus (le président de la République, le président du Sénat et le président de l’Assemblée nationale), et non par les marchands de soupe, euh, pardon, les professionnels de la communication.

En quoi consiste l’argumentation du BVP dans cette affaire du spot anti-corrida ?

Je vous invite donc à visionner les spots sur le site de la SPA (si vous n’aviez pas d’avis déterminé sur la corrida, ça peut vous aider à décider), et à lire les 2 avis (1er et 3e) du BVP reproduits, c’est vite fait.

Le 1er refus du BVP se base sur trois arguments :

I) La référence au «  préjudice à l’ensemble des intervenants d’un secteur (ici, métiers du tourisme, intervenants du secteur de la tauromachie etc., toutes personnes physiques ou morales qui tirent intérêt à une activité autorisée)  ».

Soyons charitable envers l’auteur de cette note, dont les mauvais esprits pourraient insinuer que la compétence en français semble à hauteur de sa compétence en droit, et ne relevons pas qu’on ne tire pas intérêt « à » mais « de » quelque chose.

Précisons qu’il s’agit là d’une sorte de jurisprudence interne, nullement évoquée dans les textes réglementaires.

En tout cas, ceci appelle deux réponses :

A) il n’est pas démontré que les métiers du tourisme ont plus à gagner qu’à perdre ;

1) les corridas en France sont organisées quasi exclusivement dans le cadre de fêtes locales (des ferias), et les touristes qui viennent aux ferias n’assistent que très minoritairement à des corridas. En revanche, il est hors de doute qu’une clientèle potentielle s’abstient de fréquenter les ferias à cause de la référence aux corridas, tous les sondages réalisés sur la question montrant que la corrida est réprouvée par une très large majorité de la population ;

2) les taureaux massacrés en France dans des arènes proviennent très majoritairement d’élevages espagnol et portugais ;

B) en ce qui concerne le mundillo, le petit monde directement lié à la tauromachie, l’argument économique est pitoyable. Ceci signifie tout simplement que le BVP s’opposerait à un spot mettant en question la vente d’armes à des pays totalitaires au motif des répercussions économiques dans le secteur des marchands d’armes ;

II) la référence à «  certaines images de nature à heurter le public » avec « nombreuses photos explicites, "difficiles à supporter" de douleurs.  »

Là encore, soyons charitable, ne relevons pas la curieuse expression « photos de douleurs ».
Evidemment, nous sommes dans le cas de figure difficile à gérer où, pour dénoncer quelque chose de choquant, il est difficile d’éviter de choquer.

La Sécurité routière l’a bien compris, et dans l’ensemble on n’a pas contesté le bien-fondé de certains spots qui n’y allaient pas avec le dos de la cuillère. Evidemment, ces campagnes d’information des administrations ont bénéficié de l’indulgence du BVP (c’est la moindre des choses) malgré le « préjudice aux intervenants du secteur » de l’automobile, et le dérangement de l’attention des consommateurs au moment sacré de l’écran publicitaire.

Admettons qu’on veuille préserver les âmes sensibles, il suffit de faire précéder le spot d’une message d’avertissement genre «  Attention, le message qui va suivre contient des images de corrida qui peuvent choquer les enfants et les personnes sensibles » ;

III) le commentaire prévu en voix off , qui «  interpelle le public sur le bien fondé d’un texte de loi ce qui est contraire aux articles 3 et 5 du décret du 27 mars 1992 ».

L’article 3 dit «  La publicité [...] ne peut porter atteinte au crédit de l’Etat  », et l’article 5 dit «  La publicité ne doit contenir aucun élément de nature à choquer les convictions religieuses, philosophiques ou politiques des téléspectateurs  ».

On reste carrément perplexe devant cette interprétation du texte réglementaire.

Mettre en question « le bien-fondé d’un texte de loi » est tout simplement l’essence de la dynamique démocratique. Il ne s’agit pas d’un appel à la transgression, mais d’un appel à modifier la législation. Les citoyens sont fondés à demander à leurs députés les évolutions législatives qu’ils pensent légitimes. Et le juriste du BVP, dont les citoyens mal intentionnés pourraient se demander dans quel paquet de lessive il a dégoté son diplôme, semble ignorer qu’il s’agit en l’espèce d’appeler à l’application de la loi sur tout le territoire français, en supprimant les dérogations locales (l’autorisation de la corrida dans onze départements du Sud).

Vous avez dit « crédit de l’Etat » ?...

Le 3e refus du BVP est ainsi rédigé :

« Le problème lié au texte dit par Renaud subsiste, ainsi le commentaire assimilant à de la barbarie des manifestations autorisées accompagnés de mugissements de détresse et de douleur du taureau sont bien de nature à choquer le public et porter préjudice à l’ensemble des intervenants de ce secteur, particulièrement au moment où les corridas sont organisées  ».

Restons toujours charitable sur la clarté de la rédaction. Cependant, si quelqu’un peut me dire, dans la construction de cette phrase, quel est le substantif auquel se rapporte « accompagnés de mugissements » et quel est le sujet grammatical de « sont bien de nature », je suis preneur. Pas à dire, le rédacteur, outre qu’il donne l’impression naturellement erronée de s’y connaître en droit comme moi en puits quantiques semi-conducteurs, ne jouit pas de la netteté d’esprit qu’on attend généralement au minimum d’un juriste.

Du coup on ne sait plus très bien ce qui est « de nature à choquer le public  » : «  les mugissements de détresse et de douleur », «  le commentaire assimilant à de la barbarie des manifestations autorisées », ou encore «  le commentaire [...] accompagnés (sic) de mugissements  » ?...

Après tout, on peut concevoir que notre brillant expert s’emmêle les pédales, puisqu’il paraît englué dans le paradoxe consistant à dire que les seules images et les seuls sons de taureaux suppliciés sont insupportables, mais que Renaud n’a pas le droit de parler de barbarie.

Enfin, on retrouve le fameux «  préjudice à l’ensemble des intervenants de ce secteur  », cela, se croit obligé d’ajouter dans sa rafraîchissante candeur notre éminent juriste, «  particulièrement au moment où les corridas sont organisées  ». No comment.

Bref, l’éthique dont se gargarise le BVP se résume-t-elle en une phrase : ne rien permettre qui risque de nuire au commerce ?

Une bien belle devise qui imposerait le respect envers ce bien bel organisme.


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17 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 7 août 2007 13:12

    Bien Ouèj cet article smiley


    • Iceman75 Iceman75 7 août 2007 14:13

      Hier au zapping une image d’un taureau encornant un toreador. De quoi choquer le jeune public, faire croire à une fausse image de la corrida, etc.... Le BVP interdisait autrefois qu’un enfant fasse une publicité pour un produit. Volvic avait du changer sa pub où un bébé buvait un verre d’eau. Depuis le lobbying des marque a fait sauter ce verrou ridicule. Mais lorsqu’il s’agit de corrida, distraction qui sous couvert d’une tradition aussi respectable que les jeux du cirques dans la rome antique, n’est que l’image de la barbarerie des hommes et la place donné à l’animal, les intérêts deviennent considérable. L’image néfaste de la corrida sur certaines villes est pourtant bien réelle hors du petit monde des élus complices.

      Que le BVP disparaisse ne sera pas une mauvaise chose. mais les télévisions ont refusé cette diffusion comme elles avaient refusé les spots de la SPA contre la fourrure il y a 2 ans. Et la liberté d’expression dans tout cela ?

      Pendant ce temps des messages bien plus subversifs sont diffusés en toute impunité pendant le journal télévisé


      • kevin_lebrigand kevin_lebrigand 7 août 2007 15:47

        Et la liberté d’expression dans tout cela ? Exactement !

        Effectivement le champs des libertés est de plus en plus restreint et la « moutonnisation » progresse. Dans cette société ou le politiquement correct est de rigeur, il est bien entendue obligatoire d’etre anti-corrida, cela va de soit je pense....

        Et bien non ! je m’y refuse definitivement.

        Assez de la sarkozysation de la société ! Assez des privations de libertés ! Assez d’allez tous dans la meme direction ! dans le mur.

        Que vient faire cette photo de torreros a la fin de cet article, on se croirait sur TF1...

        Concernant mes fautes d’orthographe, je ne les corrigerai pas car j’ai encore le droit d’en faire monsieur jean-paul de paris.


        • Jean-Paul 8 août 2007 01:27

          A Léon :

          Une chaine de télé qui n’a pas l’agrément du BVP est censée prendre le risque de s’exposer à une sanction du CSA si celui-ci partage le point de vue du BVP.

          En fait, la chaîne risque rarement plus qu’un petit courrier demandant de ne plus diffuser le clip en l’état, avec copie au BVP. C’est en l’espèce *au pire* tout simplement ce qui arriverait, dans l’hypothèse improbable d’un déferlement de lettres de protestations de téléspectateurs (et dans ce cas je ne sais pas qui de l’annonceur ou de la régie endosse les répercussions financières).

          Les sanctions pécuniaires (amendes administratives) peuvent théoriquement s’appliquer quant à elles pour marquer le coup lorsque la chaîne enfreint de façon délibérée ou répétée les règles avec intention commerciale (pub sur un secteur interdit, écrans pub trop rapprochés, rubriques sponsorisées dans les journaux, autopromotion intempestive, pub clandestine...), mais là aussi en pratique le CSA se fend simplement d’une courrier. Elles pourraient aussi s’appliquer si un spot contenait des éléments contrevenant à protection de nos chères têtes blondes, genre violence trop violente ou sexe trop sexuel, mais c’est en pratique filtré. Mais il tombe sous le sens que le CSA n’appliquerait aucune sanction administrative pour le clip de la SPA.


        • Romain de Pescara 7 août 2007 18:18

          @Tous

          Je me permets d’ajouter le lien vers ce spot publicitaire.

          Quand la barbarie se perpétue aux yeux de tous.

          Qui osera dire que ce spectacle n’est pas affligeant ?

          http://www.dailymotion.com/relevance/search/renaud+corrida/video/x2j6yw_spot-contre-la-corrida-renaud_ads

          Voici un symbole fort de la barbarie humaine contre laquelle il faut lutter.

          Cordialement


          • aurelie 7 août 2007 20:54

            Terrifiante réalité que celle que vous nous décrivez. Ca m’a fait froid dans le dos d’apprendre que les censeurs de la pub sont ceux qui devraient être censurés, les publicitaires. La télévision est donc le domaine exclusif et réservé des publicistes, et ne peut même plus servir de moyen d’expression et de communication aux associations, quitte à allouer aux partis adverses des temps de diffusion, comme pour les hommes politiques ? Article instructif et édifiant.


            • Romain de Pescara 7 août 2007 22:43

              Un excellent article qui n’a pas l’audience qu’il mérite.

              Quoi qu’il soit Mr l’Auteur j’ai apprécié votre plume et votre humour pour décrire un système que pour ma part je trouve extrèmement pervers et que j’assimile à un contrôle des pensées.

              Enfin nous n’avons pas eu droit aux sempiternelles accusations d’un système accompagné de suspiscion sur nos dirigeants et de ce fait les interrogations sont bien plus pertinentes.

              Je ne saurais trop vous encourager à poursuivre dans cette voie qui pour une fois relève le niveau sur Agoravox.

              En vous en remerciant.

              Romain


              • zelda54 8 août 2007 08:37

                Et pendant ce temps là, avec sa si belle éthique, le BVP autorise des spots publicitaires pour une marque de jambon où l’on ridiculise les végétariens en les faisant passer pour des êtres faibles, sans convictions dont les choix ne reposent que sur un effet de mode !!! MERCI LE BVP ! quelle honnêteté ! quelle considération pour tous les végétariens ! auriez vous autorisé un spot ridiculisant les convictions religieuses ?? en quoi le végétarisme serait-il un choix plus stupide que croire en dieu ??? pourquoi les végétariens n’ont ils droit à aucun respect ??? sans doute sommes-nous moins nombreux que les « croyants », mais nous valons certainement autant qu’eux et nos convictions ne font de mal à personne, ça serait même plutôt le contraire !


                • Grasyop 8 août 2007 12:57

                  « Un végétarien consomme moins, dépense moins, il nécessite moins d’énergie »

                  Oui, mais Dieu a dit : « Tu consommeras plus, pour polluer plus » (11ème commandement).


                • Grasyop 8 août 2007 13:44

                  Excellent article ! Ça donne envie de faire une campagne télé pour dénoncer le BVP. smiley


                • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 8 août 2007 10:10

                  Merci d’attirer notre attention pour protester contre le privilège exorbitant et illégitime dont jouit le BVP et la scandaleuse censure exercée contre la campagne anti-corrida. Quoi que l’on pense de la corrida par ailleurs.


                  • nephilim 8 août 2007 10:16

                    oui triste société^^ article tres interressant et je dirais deroutant.

                    « Ou va t-on papa je ne sais pas mais on y va » « de qui descendons nous maman pour etre aussi condescendant » la tordue.


                    • troOn 8 août 2007 14:01

                      un excellent article riche dans l’information et fin dans la rédaction, félicitations.

                      pour le problème de la pub anti végétariens (je suis moi-même végétalien et militant pour ce régime alimentaire), je ne l’ai jamais vue (je n’ai pas la tv, c’est vrai qu’ils sont chiants ces végétariens à consommer si peu finalement) et je ne vois pas trop le problème qu’elle soulève, vraiment.

                      Je revendique le droit à ce qu’on se moque de moi, et qu’on puisse s’amuser des croyances, choix philosophiques, choix de vie de chacun. Le communautarisme me fait davantage peur que l’humour, et malgré mon choix alimentaire que j’essaie de diffuser autour de moi grace à mon asso, je suis le premier à rire de moi et je crois qu’il est mieux qu’il en soit ainsi.

                      Comme disait quelqu’un précédemment, je crois que laisser rire les autres c’est ce qu’il y a mieux à faire, c’est le meilleur moyen de propager nos idées, qui un jour, je l’espère (et je l’espère surtout pour les milliards d’animaux assassinés chaque année, pour rien, puisqu’on peut faire autrement, mais bon c’est un autre débat) seront majoritaires.


                      • benefactor 8 août 2007 15:17

                        Pour votre information, et dans le cas où vous désireriez comprendre ce qui motive les anti-corridas, voici les textes exprimant ma position personnelle, que j’envoie aux personnes adeptes de cette pratique :

                        ************

                        Aux aficionados, bonjour,

                        Ayant eu connaissance de votre attrait pour la corrida espagnole avec mise à mort, je me permet de vous présenter ci-dessous un point de vue différent du vôtre.

                        Peut-être n’avez-vous pas encore perçu que toute vie sur cette terre est soumise à un phénomène appelé « évolution ». Cette évolution ayant pour but d’améliorer le côté spirituel de l’âme humaine, c’est-à-dire la connaissance de ce qui est bien et de ce qui est mal.

                        Vous aimez vos traditions locales, et en cela, vous êtes conditionné par l’éducation que vous avez reçue de votre milieu de naissance, de vos parents, des élus locaux, des personnes à qui cette activité profite financièrement.

                        Or la tradition amène systématiquement un arrêt, un blocage dans l’évolution positive des individus d’une communauté, d’une région ou d’un pays.

                        Ces individus se contentent de reproduire le comportement de leurs aînés, et n’évoluent que dans le monde physique, matériel et cruel. Le monde spirituel est complètement ignoré. Ce conditionnement empêche leur jugement personnel de constater que ces « divertissements tauromachiques ou autres » sont basés sur la cruauté, la souffrance, la mort violente.

                        Leur capacité intellectuelle s’en trouve ainsi altérée et les empêche de dépasser les coutumes de ces traditions, d’étudier si celles-ci sont bonnes ou mauvaises, en accord ou désaccord avec le but réel de la vie sur cette terre, c’est-à-dire avec les règles de vie prônées par les grandes religions ( et non pas celles prônées par certains religieux ).

                        La tradition et son corollaire la conviction, éteignent ainsi le fonctionnement de la réflexion, annihilent la conscience et amènent insensiblement à la suffisance, la prétention, la fatuité.

                        La barbarie devient donc un sujet de peu d’importance, tout cela en croyant bien faire, pire, en croyant faire le bien.

                        C’est ainsi que naissent l’intégrisme, le fanatisme ou alors l’imbécillité.

                        **********************************

                        Ne nous méprenons pas : mon but n’est pas de vous juger mais simplement de vous aider.

                        Considérez moi plutôt comme quelqu’un se voulant un éveilleur de conscience, ne cherchant pas à convaincre mais seulement à faire réfléchir.

                        Une majorité d’individus évolue uniquement dans le monde des instincts ( monde matériel et cruel ) et ignore ou se désintéresse de la morale ( monde spirituel ), c’est-à-dire du but réel de la vie sur cette terre, du genre de mission que leur âme personnelle doit accomplir sur cette terre à travers les tribulations de la vie, et de la manière dont celle-ci doit résoudre les épreuves qu’elle doit affronter.

                        Ce sont des âmes mortes.

                        Ces personnes, par manque de conscience, ne comprennent pas qu’à chaque instant de leur vie, leurs décisions et actes conditionnent leur avenir, en bon ou en mauvais. Les scientifiques appellent cette réaction « la loi de cause à effet ».

                        L’unique objectif de cette lettre est de vous aider à accomplir votre deuxième naissance : celle de l’âme s’ouvrant à la morale, celle-ci amenant la connaissance du bien et du mal.

                        Cette nouvelle étape, la spiritualité, suit logiquement celle de la matérialité instinctive.

                        *********************************************************

                        Permettez-moi maintenant de vous suggérer d’étudier les causes et les conséquences de la cruauté ( corrida et autres,) inédites pour votre intellect, telles qu’exprimées dans le site Internet « de-la-vie.com » . Ne prendre en compte que les chapitres suivants :

                        03-L’être humain

                        http://www.de-la-vie.com/5-textes-barbarie-spiritualite/texte-03-etrehumain.htm

                        04-Mission de l’âme

                        http://www.de-la-vie.com/5-textes-barbarie-spiritualite/texte-04-missioname.htm

                        05-La barbarie

                        http://www.de-la-vie.com/5-textes-barbarie-spiritualite/texte-05-barbarie.htm

                        06-L’éducation

                        http://www.de-la-vie.com/5-textes-barbarie-spiritualite/texte-06-education.htm

                        10-Pouvoir et violence

                        http://www.de-la-vie.com/5-textes-barbarie-spiritualite/texte-10-pouvoirviolence.htm

                        11-La tradition

                        http://www.de-la-vie.com/5-textes-barbarie-spiritualite/texte-11-tradition.htm

                        12-La corrida

                        http://www.de-la-vie.com/5-textes-barbarie-spiritualite/texte-12-corrida.htm

                        En complément, vous pouvez également étudier le site :

                        http://www.protection-animale-catholique.org

                        *********************************************************

                        C’est avec l’espoir que vous saurez vaincre vos convictions, et que vous serez en mesure de vous inspirer de la citation suivante, que je vous souhaite une sereine étude :

                        Francis Bacon : « Lis, non pour contredire ou réfuter, ni pour croire ou admettre, mais pour peser le pour et le contre et réfléchir. »

                        Sincères salutations

                        ******************************************* ******************************************* *******************************************

                        PS : Mais qu’est-ce que la corrida espagnole ?

                        La corrida n’est que l’exploitation commerciale du sadisme humain, à des fins d’argent facile, en vendant de la violence, de la souffrance et de la mort. C’est tout simplement l’apologie de la barbarie.

                        Sadisme : « C’est une perversion consistant à faire souffrir un être vivant, qui peut aller jusqu’à sa mort, en éprouvant de la volupté et de la jouissance à cette souffrance et à cette mort. »

                        Barbarie : « Manque de civilisation. Cruauté, férocité, inhumanité. »

                        Alain Finkielkraut : « La barbarie n`est pas la préhistoire de l`humanité mais l`ombre fidèle qui accompagne chacun de ses pas. »

                        La barbarie sadique est le fait d’individus intelligents mais sans aucune conscience de la conséquence désastreuse de leurs actes.

                        Le philosophe Confucius a très bien expliqué ce qu’est la Conscience en nous transmettant ceci :

                        « La Conscience est la lumière qui permet à l’Intelligence de distinguer le bien du mal . »

                        Afin d’éviter une incompréhension, due à une interprétation différente des mots employés, voici deux définitions provenant d’un dictionnaire :

                        Intelligence : « Faculté de connaître, de comprendre. Faculté de synthèse et d’ordre, qui ramène à l’unité et à l’identité du moi les états psychologiques diffus et éphémères. » « Elle connaît le monde et elle-même, localise dans le temps les états passés, s’élève du particulier au général, compare les idées par le jugement, enchaîne les idées par le raisonnement, conçoit des rapports constants et nécessaires qu’on appelle lois, et constitue la science. »

                        Conscience : « La Conscience telle qu’on l’entend en psychologie présente trois caractères principaux : « - elle est le type de la connaissance immédiate ou intuitive, dans laquelle le sujet pensant et l’objet pensé ne font qu’un. « - elle est la forme commune de tous les phénomènes psychologiques. « - elle est essentiellement impénétrable et personnelle. « La Conscience morale est la faculté d’appréciation, départie à tout être humain, du bien et du mal. « Certains philosophes y voient le résultat de l’expérience, individuelle ou accumulée. « Elle est, dans tous les cas, le fondement de la morale pratique et le guide immédiat de la vie journalière. »

                        Qu’est-ce que le Bien et le Mal :

                        Le Bien : « Avoir conscience et connaissance des lois divines régissant l’Univers et oeuvrer pour leur respect et mise en pratique dans la vie de tous les jours. Le respect et la protection de toute vie quelle qu’elle soit ainsi que le respect de l’environnement, de la Nature. »

                        Le Mal : « Ce qui cause à des êtres vivants, volontairement ou non, de la peine, des dommages, de la souffrance ou la mort. Ce qui est néfaste à l’environnement, à la Nature. »

                        K Lorenz : « En dépit des atrocités qu`ils commettent, des hommes peuvent alors éprouver le sentiment d`être absolument dans leur droit. La pensée conceptuelle et la responsabilité morale atteignent leur niveau le plus bas. »

                        ************

                        Le premier novembre 1567, le Pape Saint Pie V publia la Bulle « DE SALUTE GREGIS DOMINICI » interdisant formellement et pour toujours les corridas de toros, et décrétant la peine d’excommunication immédiate contre tout catholique qui les autorise et y participe. Ordonnant également le refus d’une sépulture religieuse aux catholiques qui pourraient mourir des suites d’une participation à quelque spectacle taurin quel qu’il soit.


                        • Masure 14 août 2007 03:02

                          Je me demande parfois si je suis le seul dont l’idée même de vivre, cotôyer ou simplement interagir avec des gens pour qui assister à la torture d’un animal, guettant fébrilement la moindre blessure, admirant l’écoulement du sang, écoutant avec ravissement les « mugissements de detresse », constitue un spéctacle et un loisir auquel ils s’adonnent joyeusement et refusent catégoriquement de renoncer fait PEUR ?

                          Vraiment, je suis désolé, je dois paraître intégriste/fanatique/fasciste, mais j’ai pas envie de vivre dans le même pays qu’eux.


                          • Little Kangaroo 19 août 2007 02:39

                            L’analyse du comportement « corporatiste » du BVP est pertinente. « ne rien permettre qui risque de nuire au commerce ? » est une bonne conclusion.

                            Malheuresement, concernant ce message en particulier je me sens obliger de me ranger à l’avis du BVP. En particulier le premier argument cité me semble totalement fondé. Le préjudice est réel et incontestable. Si on peux remettre en cause celui-ci pour une partie des métiers du tourisme, il est incontestable concernant les métier directement liés à la corrida.

                            Les réponses apportés sur ce point dans cet article, m’ammènent à faire plusieurs commentaires :
                            - Si effectivement la majorité des élevages sont espagnols, ils existent quand même des élevages français.
                            - L’argument « espagnol » me choque profondément. Que le préjudice concerne des personnes, sociétés, ou associations espagnoles plutot que françaises je ne vois pas ce que ça change. A la la limite on pourrait juger cet argumentaire protectioniste, ou en étant très sévère, xénophobe.
                            - On ne peux pas comparer la corrida et la vente d’arme. Le caractère legal mentioner dans l’argumentaire fait une différence fondamentale.

                            De manière générale, autoriser ce genre de message pourrait mener à certaines dérives et transformer la publicité en message de propagande. Le anti-corrida diffuseraient leur spot, les pro-corrida en ferait de même. Et pourquoi pas les pro et anti chasse, les pro et anti avortement ...

                            Faire une distinction pour les messages d’intérêt général est normal. Mais, qu’on soit pro ou anti corrida, on ne peut pas considérer le message incriminé comme un message d’intérêt général. Aussi défendable soit-elle, il s’agit juste d’une prise de position.


                            • Jean-Paul 20 août 2007 00:04

                              A Little Kangaroo :

                              1) Il existe certes des élevages français. Où sont maintenus des animaux sélectionnés pour se comporter comme on l’attend d’eux dans l’arène, au point que si l’on en croit le fameux chantre de la tauromachie Simon Casas, « Ces animaux ne savent rien faire d’autre. » Une bien curieuse façon de défendre la préservation de cette race...

                              (http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/monde/monde_detail/(contenu)/120528)

                              2) Il n’ a pas d’ « argument espagnol ». Simplement, il se trouve que l’initiative et l’adoption des changements législatifs français souhaités par les abolitionnistes sont du ressort des hommes politiques et des élus français, qui posent régulièrement la question de l’impact de la tauromachie sur l’économie locale en France. Je me contentais donc de recadrer le problème.

                              3) La corrida est légale dans 11 départements tout comme la vente d’armes est légale, je ne saisis pas votre commentaire. Si je prenais cet exemple de conflit entre la morale et l’économie, c’est d’ailleurs parce que la France est le 3ème exportateur mondial d’armement, y compris aux pays en voie de développement (http://www.fas.org/sgp/crs/natsec/RL33051.pdf ). EASD, Nexter (ex GIAT), la DCNS (ex DCN), Dassault ou Thales ne sont pas des contrebandiers. Et après le moratoire français sur la production de mines antipersonnel de 1995, puis la loi d’interdiction de 1998, il a bien fallu que les filières mines antipersonnel de Alsetex et de la GIAT se reconvertissent. Exactement comme la filière taurine devra bien se reconvertir.

                              4) Votre argument sur le risque de dérives sous la forme de multiplication de messages de propagande de lobbies divers à la TV, d’ailleurs non mentionné par le BVP, m’apparaît en revanche pertinent. D’autant qu’il pourrait mener, comme aux Etats-Unis, à ce que ce soit les lobbies les plus riches qui aient de facto le monopole de l’accès aux médias par ce biais. Il y aurait là une réflexion à engager, qui devrait être confiée non pas au BVP, mais au CSA, ou à une Commission parlementaire.

                              Bien à vous

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