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Accueil du site > Actualités > Société > Le fossé lexical se creuse

Le fossé lexical se creuse

La langue s'appauvrit ...

Exercice périlleux.

J'ai, à plusieurs reprises ces derniers temps, accompagné des enfants d'âge primaire dans de délicats exercices de grammaire. Ma nouvelle fonction me fait sillonner toute l'agglomération et me permet de découvrir les réalités de l'école primaire : un monde qui jusqu'alors m'était inconnu. Je devais, à chaque fois, expliquer à ces enfants de CP et de Cours élémentaire des phrases tirées de différents livres qui sont utilisés dans ces établissements.

Dans mes postes précédents, en Segpa, nous n'avions pas de livres, le travail en était grandement simplifié ; les enseignants se fabriquent eux-mêmes leurs exercices quand ils ont un peu de conscience professionnelle. Les phrases proposées sont alors le fruit de leur imagination et s'appuient sur le vécu des élèves dont ils ont la charge ; une sorte de méthode naturelle en quelque sorte.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, éberlué, l'immense décalage entre les élèves et les phrases proposées par de grands éditeurs, sans doute conseillés par une armée de spécialistes et d'inspecteurs généraux, de linguistes et d'experts de la littérature jeunesse. Là, j'avoue que je me gausse un peu tant les petites phrases proposées frisaient la médiocrité et l'obsolescence désarmante. Rien à sauver ou presque ….

Mais, le pire fut alors d'expliquer à ces élèves, issus d'une diversité qui les prive le plus souvent de racines et de repères sémantiques, des mots qui apparemment leur étaient totalement inconnus. Il faut avouer que ces enfants vivent dans des quartiers péri-urbains où le rapport à la nature est des plus lointain. Mais de là à ne rien comprendre à ce point, je n'imaginais pas que ce fût possible …

Nous commencions avec une jument qui garde son poulain. Comme l'exercice portait sur le pluriel des verbes au présent, la jument introduisait sournoisement un « ent » qu'il fallait lire quand les suivants devenaient muets. Quelle fourberie ! Mais que dire de ce mot qui n'évoquait rien du tout à mes chers élèves. Alors, ne parlons pas du poulain, lui aussi inconnu au bataillon. La France n'est plus rurale et les éditeurs l'ont oublié.

Je n'étais malheureusement qu'au début du calvaire. La fameuse « pie », si utile quand on apprend à lire et à associer des sons simples, a perdu de sa superbe. Avec ou sans nid à proximité, elle ne dit rien qui vaille à nos apprentis lecteurs. Il est vrai que le bic a depuis longtemps supplanté le stylo-plume.

Continuant sur cette lancée, j'allais approfondir un peu plus le fossé qui se creusait devant moi. Il était question d'une charrue qui labourait. J'échappai de justesse au sillon tout en me cassant les dents dans mes vaines tentatives de donner du sens à ces deux termes agricoles. Le bon grain ne pousse plus et laisse la place à l'ivraie.

Un autre livre s'offrait des fantaisies moins délicates. Les sorcières y volaient sur des balais et, grâce à la télévision, l'imaginaire est plus accessible que le lexique rustique. Mais quand le grammairien distingué sort de son chapeau un sortilège, c'est à nouveau la panique dans les rangs. Voilà un mot bien trop long pour être compris désormais.

Le brave homme se risque alors à l'humour et évoque une sorcière qui chevauche un balai à moteur. Chevaucher demande bien des explications et il n'est pas acquis que la comparaison entre le balai et le cheval ait été perçue par tous, mais franchement, ce balai à moteur avait de nombreux ratés. Beaucoup décrochèrent devant cette astuce digne des blagues de carambar. J'y perdais mon latin de cuisine.

Je vous fais grâce de la suite. À chaque phrase, un ou deux mots sortaient du lexique connu et accessible à ces enfants dont la connaissance du monde semble se réduire à peau de chagrin. S'ils sont capables de maîtriser une console, un téléphone ou bien un ordinateur, en revanche, leur lexique pour décrire la nature, l'imaginaire et les métiers s'étiole au point de ne pouvoir donner de sens aux phrases qui leur sont proposées sur leurs livres de classe.

Que faire ? Les beaux esprits pourront prétendre réactualiser les phrases, les mettre à la sauce contemporaine en acceptant de jeter aux oubliettes tout un vocabulaire qui n'est plus de mise dans les cours de récréation. On peut pousser ce raisonnement en établissant un lexique de moins de 800 mots pour construire toute la scolarité de ces enfants.

Les autres, baissant les bras devant l'accablement qui ne peut que saisir celui qui se trouve confronté à ce désastre, se contenteront de faire de la grammaire sans expliquer le sens de ces phrases qui en valent bien d'autres, après tout. C'est ainsi que l'ont fait des cohortes d'élèves qui ne donnent plus de signification à ce qu'ils lisent …

Je pense qu'il serait grand temps de redonner à l'école la mission essentielle qu'elle n'aurait jamais dû perdre de vue : la maîtrise de la langue. Mais ceci n'est qu'un vœu pieu ; nous avons tant à faire pour éduquer le futur citoyen, consommateur, chauffeur, économiste, écologiste, informaticien et je ne sais quel autre besoin essentiel.

La langue, devant tant de nécessaires compétences incontournables est si dérisoire. Continuons à tarir le vocabulaire et l'expression. Les vaches seront mieux gardées ! Après tout, il suffira de mettre tout ce gentil monde devant une langue internationale réduite à un créole basique et le tour sera joué. Le français, c'est vraiment trop compliqué ….

Lexicalement vôtre. 


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105 réactions à cet article    


  • amiaplacidus amiaplacidus 8 décembre 2014 10:27

    Pour des manutentionnaires en CDD alternant avec du chômage, six cents, allons, au diable l’avarice, mille mots de vocabulaire sont tout à fait suffisant, voire trop.

    Et puis, si le « Lumpenproletariat » avait un vocabulaire trop étendu cela pourrait l’inciter à lire de mauvais livres. Livres qui lui apprendrait peut-être sa condition réelle : Peut-être qu’alors, il se mettrait à pensait que c’est la bourgeoisie qui est sont ennemi et pas « l’autre ».

    Vous ne voulez tout de meme pas que les moutons se révoltent ?


    • C'est Nabum C’est Nabum 8 décembre 2014 10:30

      amiaplacidus


      Mille ! Comme vous y allez, c’est déja deux cents de trop.
      Dans eux-là, il y a Liberté, pensée, indépendance, joie, plaisir ... 
      Des mots inutiles pour des esclaves en devenir

    • ETIENNE 9 décembre 2014 13:23

      Beaucoup de mots ne servent à rien.
      Pourquoi utiliser les mots « antisioniste » ou « catholique » lorsque ces deux idées sont incluses dans le vocable « fasciste »
      Pourquoi utiliser le mot « révisionniste » quand on peut dire « bête immonde », pourquoi le mot « avortement » alors que le mot « choix » l’exprime déjà.
      Pourquoi utiliser l’expression « tarlouze dégénérée » alors qu’on peut dire « type branché » ou « homme politique de gauche, anciennement maire de Paris » (celle là, je ne suis pas sûr)
      Pourquoi « antimondialiste » alors qu’on peut dire « rétrograde » pourquoi dire « nationaliste français » quand on peut utiliser l’expression « arrière garde raciste »
      Orwell avait vu juste


    • dithercarmar dithercarmar 10 décembre 2014 07:29

      Le coolie est déjà présent. L’esclavage volontaire fait parti intégrante de cette société. En ce qui concerne le vocable francophone ; le net (émoticone, facebook, youtube & co) et les films avec doublages québécois ont donné une dimension assassine de la langue française.


    • Orélien Péréol Orélien Péréol 8 décembre 2014 12:03

      La langue est vivante. « Mais bientôt tout bouge et lui fait peur » Paul Eluard.

      Trois solutions pour Nabum (il les juge au moment même où il les présente) :
      1/ réactualiser les phrases, les mettre à la sauce contemporaine (que du mal, ça finit par tout détruire)
      2/ baisser les bras (le plus courant, horrible aussi) 
      3/ redonner à l’école la mission essentielle qu’elle n’aurait jamais dû perdre de vue : la maîtrise de la langue. (phrase passive. Globale. Qui doit faire cela ?)

      • L'enfoiré L’enfoiré 15 décembre 2014 12:36

        Bonjour Orélien, J’ai vu que vous demandiez qu’on vous réponde plus loin. Alors allons-y sans faux-fuyant.


        1/ réactualiser les phrases, les mettre à la sauce contemporaine (que du mal, ça finit par tout détruire)

        Une phrase pour qu’elle vive peut exister de différente façons pour qu’elle soit comprise.
        Il suffit de se rappeler « D’amour me font 

        Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour ». Ou bien : « D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux ». Ou bien : « Vos yeux beaux d’amour me font, belle Marquise, mourir ». Ou bien : « Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d’amour me font ». Ou bien : « Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d’amour. »’ 

        J’aime toutes ces formes. Elles sont plus originales et moins plates que celle qui est vendue comme la base de l’enseignement traditionnel.

        2/ baisser les bras (le plus courant, horrible aussi) 

        Ce qu’il ne faut pas faire. Evidemment. Rester sur ses lauriers et prier que cela passe en faisant l’autruche en pensant que l’ennemi, aux portes, restera dehors en prenant une langue comme l’esperanto pour se défendre de son intrusion. Y a bon banania... smiley

        3/ redonner à l’école la mission essentielle qu’elle n’aurait jamais dû perdre de vue : la maîtrise de la langue. (phrase passive. Globale. Qui doit faire cela ?)
        Maîtriser, j’en ai parlé dans un autre commentaire. Je n’y reviendrai donc pas. 

      • C'est Nabum C’est Nabum 8 décembre 2014 12:37

        Orélien Péréol


        La véritable mission de l’école : 
        Lire, écrire, compter, parler, penser

        Toute le reste n’est que fratas inutile et déplacé

        • Orélien Péréol Orélien Péréol 8 décembre 2014 13:47

          Oui maître. Ne soyez pas trop sévère, ne me mettez pas une trop mauvaise note, ne me punissez pas trop fort. 


        • Orélien Péréol Orélien Péréol 8 décembre 2014 13:49

          Plus sérieusement, votre article est sans issue. Ce ne doit pas être bien pensé, à mon avis.


        • C'est Nabum C’est Nabum 8 décembre 2014 15:47

          Orélien Péréol


          La dérision est mauvaise conseillère

        • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 8 décembre 2014 18:51

          Bonsoir,

          Echange des plus intéressants... En effet, l’essayer pourrait bien être l’adopter... Orélien (d’aurus ?), je vous comprends, le langaj des SMS é tré facil a comprdr é a utilisé, et c’est peut-être -et probablement ?- l’avenir, bien qu’appeler Eluard à la rescousse d’un tel raisonnement me fait doucement rigoler.
          L’école est l’image de la société. Acceptez l’une et vous obtenez l’autre. Mais de plus, l’école fait la société, un cas particulier, en quelque sorte.
          De telle manière, cher Aurélien, que la gratuité de votre affirmation sur l’évolution naturelle du langage, n’en est pas une. D’une part il ne s’agit pas seulement de langage uniquement, mais d’expression, et d’autre part du fait que l’école est au début et à la fin de la chaîne, comment demain concevrons-nous bien ce que nous ne serons plus à même de concevoir clairement, les mots pour le dire ne venant plus aisément (permettez que je conforte Boileau comme vous avez détourné Eluard ?).

          La lutte pour langage et la connaissance est la même et elle est éminemment politique : c’est la lutte pour la liberté l’expression. Votre choix est tout sauf innocent, Aurélien, à moins qu’en effet et pour le coup, comme on dit justement, la dérision ne soit votre mauvaise conseillère ?


        • C'est Nabum C’est Nabum 8 décembre 2014 19:34

          Emmanuel Aguéra


          L’exigence est à sa place à l’école
          S’y refuser c’est renoncer à grandir 

        • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 9 décembre 2014 00:29

          Rien à voir. Mais pardon, le sujet était large. l’exigence, souhaitable ou non, est à mon sens à l’opposé de la « mission éducative » (au sens instruction publique du terme). Je suis par nature intuitif, on dirait cognitiviste, de nos jours. L’école est une société. Elle reflête la société globale qui la nourrit, la façonne, façonnant donc du même coup son futur. Le problème est donc bien là et si on ne veut pas l’histoire de la poule et l’oeuf, s’agirait d’attaquer la bête par le plus court chemin car il y urgence. ce que vous appelez l’exigence, je le traduis pas urgence, abattant le rapport de force créé par l’exigé et l’exigeur. l’école n’est pas faite pour faire de nous des élites. Pas faite pour nous « grandir ». L’éducation n’est pas matière à exigence ou autre obligation, rapport de force mais à communication de la chose intellectuelle et incitation à son usage. On éduque pas par coercition, on bourre des crânes façon Daesh ou Ferry. Favoriser l(intellect, c’est le contraire, et c’est à l’opposé radical du modèle sociétal que l’on nous propose. Après élections. Changeons, la société, l’école changera, et nous préparera alors l’esperance de jours meilleurs, y compris pour l’expression. Le débat est intellectuel, certainement pas moral, mais avant tout politique ou il n’est pas.


        • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 9 décembre 2014 23:05

          En l’occurrence, le refus de débat m’atterre. La preuve, ces moinssages (avec 2 s...clin d’oeil à Momo) anonymes et non motivés. Ca vaut pour tous. Les echanges et reponses des commentaires sont pathétiques, définitifs et sans partage ; le contraire d’échanges.
          Et c’est valables pour tant d’articles. Dommage. La médiocrité est bien installée. D’ailleurs, emlle s’apprête à gouvernés... on est mal partis.
          Anonymes et non motivés.


        • gogoRat gogoRat 8 décembre 2014 13:17

          ’On peut pousser ce raisonnement en établissant un lexique de moins de 800 mots pour construire toute la scolarité de ces enfants.’
           

           En lisant cela je me souviens d’une des « chronique martiennes », de Ray Bradbury, que vous pourriez peut-être faire lire à vos élèves :            
                    
           Un astronaute perdu dans l’espace se retrouve seul et sans espoir de retour sur une planète inconnue. Il y trouve des patates, comestibles mais peu ragoutantes, auxquelles il finit par s’habituer pour survivre. Jusqu’au jour où, bien des années ayant passé, poussant plus loin qu’à l’accoutumée l’exploration de son environnement il découvre un lac aux eaux si calmes qu’elles reflètent la lumière comme un miroir. Heureux de cette occasion de découvrir son reflet, quelle ne fut pas la surprise de notre astronaute de découvrir ... qu’il s’était transformé en cochon !


          • C'est Nabum C’est Nabum 8 décembre 2014 15:48

            gogoRat


            Rassurez vous, au ministère, ils s’en chargent 

          • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 9 décembre 2014 23:06

            remake de Kafka.


          • gogoRat gogoRat 8 décembre 2014 13:45


            « obsolescence désarmante »
             ?
             
             Là encore je pense à cette conversation « martienne » :

            ’ Vous êtes une vision du Passé !
            - Non, c’est vous qui venez du Passé ”’

            cf  ’Rencontre nocturne’


            • C'est Nabum C’est Nabum 8 décembre 2014 16:59

              gogoRat


              Je viens justement de la planète rouge
              Et ce n’est pas politique

            • Jean Keim Jean Keim 8 décembre 2014 15:59

              Il m’arrive d’aider mes petits enfants dans leurs devoirs scolaires et parfois expliquer une règle grammaticale, la prononciation ou le sens d’un mot me semblent ardus mais avec le temps, en constatant leurs progrès, je me rends compte que c’est nous les adultes qui sommes compliqués, bien évidemment l’école et l’entourage jouent un grand rôle et la lecture est primordiale ainsi que les conversations. 

              Il y a des phénomènes naturels comme l’imagination qui sont à l’œuvre et qui agissent mystérieusement s’ils ne sont pas trop contrariés voire carrément étouffés, la télvision et les jeux vidéos sont en cause.

              • C'est Nabum C’est Nabum 8 décembre 2014 17:01

                 Jean Keim


                Savez vous qu’il y a des enfants qui ne sortent pas de chez eux, qui passent tout le We devant la télévision qui n’ont plus aucune expérience de la vie réelle, de la nature, des métiers, du corps en mouvement

                Comment appréhender les mots en vivant de la sorte ?

              • Jean Keim Jean Keim 8 décembre 2014 20:56

                Oui, finalement ce que vous dites rejoins mon commentaire, même dans des familles socialement sans problème, le tout jeune enfant est planté devant la télévision de longues heures et les parents sont béats d’admiration devant ses babillements et ses risettes, devant son habileté à utiliser la télécommande, de plus leur tranquillité est assurée et vouloir le détourner de l’écran amènerait une grosse crise de colère du délicieux bambin. Je ne sais pas ce que cela peut avoir comme répercussions sur le développement du cerveau, comment l’imaginaire de l’enfant peut-il se développer ?


              • tche77 8 décembre 2014 23:50

                Pour pouvoir en avoir une petite idée, voici un lien qui amène vers une conférence qu’a fait Michel Desmurget sur les effets de la télévisions sur l’enfant et son développement. Il se base sur de multiples études scientifiques qui ont été faites à ce sujet.

                https://www.youtube.com/watch?v=NvMNf0Po1wY


              • Hubu 8 décembre 2014 16:36

                Nous somme rentré dans une sorte de mode littéralement imposé où il faut savoir parler Anglais alors qu’on parle de moins en moins bien le Français.

                Supprimer l’Anglais à l’école primaire serais une bonne chose pour revenir à la base de la langue Française.


                • C'est Nabum C’est Nabum 8 décembre 2014 17:03

                  Hubu


                  Je ne sais s’il faut faire ainsi mais ce dont je suis certain c’est qu’il faut donner priorité absolue à notre langue
                  Apprendre à parler d’abord, lire et écrire ensuite

                  Plusieurs heures par jour et cesser de faire de l’éducation à n’importe quoi ...

                • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 8 décembre 2014 16:37

                  @ Nabum

                  "Je pense qu’il serait grand temps de redonner à l’école la mission essentielle qu’elle n’aurait jamais dû perdre de vue : la maîtrise de la langue.« 

                  Si la situation était autre, je dirais que mon ami Nabum était la naïveté même... Mais bon. »Redonner à l’école sa mission essentielle« ... »maitriser la langue" ... Et quoi encore, voulez-vous en finir avec la désinformation universelle qui enrichie chaque jour son lexique afin de faire de la communication un monstrueux endoctrinement ?

                  Le monde a changé à tel point que peu de gens se rendent vraiment compte que vous mettez le doigt sur le problème mondial N°1 !


                  • C'est Nabum C’est Nabum 8 décembre 2014 17:05

                    Mohammed MADJOUR


                    Oui, je dois être un grand naîf

                    Quand la plius grande organisation criminelle et industrielle, une compagnie internationale qui vend des produits phytosanitaires peut imposer ses normes calamiteuses et meurtrières à nos gouvernements, nous ne pouvons espérer rien de bon de ces pauvres gens portant cravates

                  • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 8 décembre 2014 19:06

                    Re,
                    Je ne comprends pas cet usage débridé de cet horrible verbe : redonner... rien à faire, ça reste un néologisme hautement suspect pour moi... Je suis incorrigible, je sais, mais Larousse, César et le Christ ne nous ont-t-il pas donné « rendre » ?
                    crévingdiou ! smiley


                  • C'est Nabum C’est Nabum 8 décembre 2014 19:36

                    Emmanuel Aguéra


                    Nul n’échappe à ces verbes faciles qui ne cessent d’envahir les ondes et les antennes et qui finissent par s’imposer malgré nous 

                  • TSS 8 décembre 2014 19:16

                     800 mots !vous êtes gentil,dans la plupart des cas 150 à 200 mots suffisent amplement

                     dans leur vie courante... !!


                    • C'est Nabum C’est Nabum 8 décembre 2014 19:37

                      TSS


                      Avec 200 mots, ce n’est plus une vie courante mais une vie navrante

                    • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 8 décembre 2014 20:41

                      Actuellement, le grand truc à la mode, très curieux :

                      l’utilisation de « se faire » à tour de bras. Voir les actualités :

                      - il s’est fait insulter
                      - il s’est fait voler son sac, ses moutons,
                      - il s’est fait avaler par un anaconda
                      - il s’est fait tirer dessus (pas dessous, ouf !)
                      - on s’est fait défoncer en sortie de boite
                      - il s’est fait arrêter par la police
                      - il s’est fait piéger
                      - il s’est fait arnaquer
                      - il s’est fait renverser

                      etc...

                      Se faire, se faire, se faire...

                       ???


                      • C'est Nabum C’est Nabum 9 décembre 2014 06:34

                        ben_voyons_ !


                        Le dire c’est bien, le faire c’est beaucoup mieux et si facile

                        Pour dix sous, tu te frabriques un vocabulaire

                      • Orélien Péréol Orélien Péréol 9 décembre 2014 00:00

                        C’était mieux avant.

                        Bravo pour cet article documenté et original.

                        • C'est Nabum C’est Nabum 9 décembre 2014 06:35

                          Orélien Péréol


                          Point de Nostalgie mais une véritable interrogation sur cette société qui perd des mots pour en troquer d’autres qui viennent d’ailleurs

                        • morice morice 9 décembre 2014 07:29

                          Ça ne tient pas debout comme théorie, car jamais la langue ne s’est autant enrichie, grâce aux nouvelles techniques type SMS, par exemple, qui n’est pas un affaiblissement. Au contraire, vous feriez mieux de décrire votre INADAPTATION flagrante aux langages nouveaux, ce qui est le propre des.. réactionnaires ; D’ailleurs, si on vous « plusse », ici (joli terme hein), c’est que le site est bouffé par les récacs et autres Lepnistes, quand ils ne sont pas identitaires et Soraliens. Ceux-là sont aussi parfois cathos intégristes et ne jurent que par le latin dans les églises...


                          Bref, vous êtes à côté de la plaque, Nabum et vous montrez là comme un vieil aigri atrabilaire qui déteste la jeunesse et sa vivacité lexicale... celle qui a toujours fait avancer... la langue.

                          quand vous écrivez « Je pense qu’il serait grand temps de redonner à l’école la mission essentielle qu’elle n’aurait jamais dû perdre de vue : la maîtrise de la langue » vous participez de cette vieille idée comme quoi il faut revenir en arrière, ce qu"il ne vaut jamais faire si on veut évoluer. Vous feriez mieux de vous demander pourquoi vous ne les comprenez plus, comme ferait tout pédagogue, qui PARTIRAIT du corpus des jeunes pour arriver à la langue que vous souhaitez, quand bien même il faudrait obligatoirement arriver là. Ce n’est pas en faisant machine arrière et en utilisant des vieux termes que vous y arriverez : en somme, ils vous ficheraient un coup de pompe (lexical) au derrière avant : un coup de cothurne, pour vous, je suppose .... rentre donc dans un magasin et demander une paire de cothurnes ou de poulaines, vous constaterez l’écart qu’il y a et qu’il est vain de nier.

                          Tout retour en arrière souhaité est preuve de réaction. Et d’être réactionnaire. La langue se nourrit constamment des nouveautés, pas de regarder derrière elle.

                          • C'est Nabum C’est Nabum 9 décembre 2014 07:41

                            morice


                            Ça ne tient pas debout tout simplement parce que l’on se couche devant l’anglais
                            Venez donc dans nos écoles pour constater le manque de vocabulaire de certains enfants
                            Bien sûr, il y a les privilégiés de la vie, de la culture qui en savent bein plus que nous mais il y a aussi des enfants, rivés devant un poste de télévision et qui n’ont plus aucune expérience réelle. La rue, la campagne, la nature, le sport, ... ils en sont exclus et leurs mots se réduisent à peau de chagrin.
                            Restez dans votre tour d’ivoire et accusez-moi d’écrire n’importe quoi, c’est bien plus facile.

                          • ecophilopat 9 décembre 2014 11:06

                            Je lance un petit défi à morice pour qui le fait de ne plus se comprendre entre génération est une évolution et qui pense que le langage sms est un enrichissement.

                            Morice pourriez vous nous réécrire votre commentaire en langage sms ou, au cas ou vous ne le maîtriseriez pas pas correctement (vieux réac), nous réécrire ce même commentaire en suppriment les mots ou expressions tel que :

                            théorie, inadaptation, flagrante, réactionnaire, identitaire, intégriste, atrabilaire, lexicale, vous participez, pédagogue, corpus, en somme, vain.


                          • Pierre Régnier Pierre Régnier 9 décembre 2014 12:20


                            On voit bien, Nabum, que vous ne lisez que la moitié des articles et commentaires de morice. Une lecture attentive de l’intégrale ne vous conduirait pas à constater un appauvrissement de la langue, bien au contraire.


                            Et d’ailleurs vous avez tort, quand vous cliquez sur Agoravox ou ailleurs, de balayer l’écran afin de chercher s’il y a encore des textes derrière la pub. Si vous regardiez attentivement, au moins une fois le matin, le midi et le soir, avant et après chaque repas, tous les objets qui vous sont présentés et dont vous croyez n’avoir pas besoin, vous comprendriez rapidement que c’est vous qui vous appauvrissez.


                            Car après tout, même si c’était vrai, qu’importe que la langue s’appauvrisse ! L’important c’est que la publicité s’enrichisse et nous enrichisse.


                            Vous croyez que la mission de l’école est encore d’apprendre à lire, écrire, compter, parler... et même penser ! Mais heureusement, en Sarkhollandie comme ailleurs, les gens commencent à comprendre que ce qui compte est hors de l’école et que le seul intérêt, dans la vie, c’est de consommer, consommer, consommer et encore consommer.


                          • Daniel 9 décembre 2014 14:06

                            Pourquoi tant de haine !
                            Une bonne maîtrise de la langue ne veut pas dire que vous refusiez les nouvelles techniques type SMS, ni que vous rejetiez les autres langues.
                            Pour emprunter un exemple cité dans le texte, ne pas savoir ce qu’est une jument ou un poulain dans votre langue maternelle vous empêchera de nommer ces animaux dans toute autre langue.
                            Un exemple qui me revient souvent : On montre une photo à des enfants et on leur demande ce qu’ils voient.
                            - « des bateaux » diront certains
                            - « trois voilier, deux catamaran, une barque... » diront d’autres.
                            La maîtrise de la langue c’est apporter la précision à ses propos.
                            (Et bonne nouvelle vous pouvez même le dire avec des SMS.)

                            C’est ce qui permet de ne pas croire par exemple qu’il faut une armée étrangère pour apporter la « démocratie » dans un pays ou qu’il faut des militaires armés jusqu’aux dents pour combattre un virus.
                            La maîtrise de la langue c’est comprendre la signification des mots.

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