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Accueil du site > Actualités > Société > Le « self-scanning », ou le paradoxe sociétal

Le « self-scanning », ou le paradoxe sociétal

C’est une affaire entendue, les Français fulminent, à juste titre, contre un taux de chômage excessif qui laisse nombre de nos concitoyens sur le carreau et contribue à aggraver, mois après mois, la paupérisation des classes populaires. Et pourtant, une partie de ces Français exaspérés encourage à sa manière la montée de ce taux de chômage. Un paradoxe que la majorité d’entre eux refuse d’assumer...

Il suffit de fréquenter les hypermarchés de la grande distribution pour s’en convaincre : mois après mois, les Français sont toujours plus nombreux à utiliser un boîtier de « self-scanning », autrement dit un lecteur de code-barres, lorsqu’ils effectuent leurs courses hebdomadaires. Qu’il se nomme Scan’ Achat chez Leclerc, Scan’ Express chez Géant, Scan’ Lib chez Carrefour ou Rapid’ Auchan, c’est le même système qui a progressivement été mis en place dans toute la grande distribution, y compris dans les magasins des enseignes Intermarché, Monoprix et Super U.

Pour mémoire, ou à destination des rares lecteurs qui ne connaissent pas le « self-scanning », rappelons comment cela fonctionne, non sans avoir précisé que les clients intéressés par cette formule doivent, avant la toute première utilisation, s’être préalablement inscrits à l’accueil du magasin afin de disposer du sésame, une carte de fidélité dédiée à ce système :

Dès l’entrée dans le super ou l’hypermarché, des boîtiers de lecture de codes-barres, dont l’aspect ressemble à une grosse télécommande de téléviseur, sont mis à la disposition des clients après avoir été réinitialisés, autrement dit remis à zéro. Il appartient au client qui souhaite avoir recours à ce système de se munir de l’un de ces boîtiers puis de procéder à ses courses dans les allées du magasin, à charge pour ce client de scanner chacun de ses achats avant de le placer dans son caddie. Au passage à l’une des caisses dédiées au « self-scanning  », inutile de vider le caddie sur le tapis (sauf en cas de contrôle) : il suffit de remettre le boîtier à l’employé(e) qui, en quelques secondes, enregistre automatiquement la liste des achats et affiche la note à payer. Chez Carrefour, on va même encore plus loin, l’employé(e) de caisse étant remplacé(e) par un automate !

Certains clients voient un aspect ludique dans l’utilisation d’un boîtier de self-scanning. Pointer le code-barres d’un paquet de lessive, d’un tube de dentifrice ou d’une boîte de sardines n’a pourtant rien de particulièrement excitant ! D’autres adeptes du self-scanning apprécient, quant à eux, de pouvoir à tout moment connaître le montant de la note qu’ils vont devoir payer en caisse ou à l’automate. Mais est-ce vraiment indispensable ? Et quid du désir inconscient – et donc inexprimé – de céder à l’attrait de la nouveauté ? Cette nouveauté qui conduit tant de nos compatriotes à se ruer sur les innovations, souvent au-delà du raisonnable relativement à l’usage attendu.

Le principal attrait pour le self-scanning ne réside toutefois ni dans sa dimension ludique ni dans le suivi de l’addition si l’on en croit les utilisateurs. Ce qu’ils plébiscitent, c’est avant tout le gain de temps que ce système leur fait réaliser. Et le fait est qu’il n’y a quasiment pas de queue aux caisses dédiées au self-scanning : les caddies y défilent rapidement, comparé aux caisses traditionnelles voisines où il n’est pas rare de devoir passer cinq bonnes minutes à attendre son tour.

À noter qu’à côté du self-scanning existe également, ici et là, le self-checking dont le principe ne consiste pas à scanner soi-même les produits au fur et à mesure des achats dans la grande surface, mais à les dérouler comme par le passé sur le tapis de caisse. Seule différence avec le système traditionnel, c’est le client lui-même qui scanne ses produits avant de régler l’addition sur un automate. Un grand absent dans ce processus : l’employé(e) de caisse devenu totalement inutile.

On l’aura compris, l’usage du self-scanning est du pain béni pour le patronat de la grande distribution : en accélérant le temps de passage aux caisses dédiées ou aux automates, voire en transformant les clients eux-mêmes en auxiliaires de vente, les directeurs d’hypermarché limitent progressivement le nombre de leurs employé(e)s et diminuent d’autant le volume des charges salariales. Avec pour corollaire, ici de ne plus recruter, là d’envoyer vers Pôle Emploi un nombre croissant de femmes et d’hommes pour qui ces jobs pouvaient avoir une importance vitale, aussi ingrats fussent-ils, tant au plan des relations avec une clientèle de plus en plus exigeante qu’en termes de préjudices physiques, notamment sous la forme de douleurs lombaires et de tendinites du poignet et du coude.

Les usagers du self-scanning ont-ils conscience qu’en recourant à ce système ils contribuent à envoyer toujours plus de personnes pointer au chômage, parfois dans des régions sinistrées où les emplois d’hypermarché représentent la seule planche de salut pour des familles menacées par la précarité ? Difficile de répondre à cette question tant elle suscite de la part des intéressé(e)s une réaction quasi unanime d’agacement puis de fuite. Le plus étonnant est que l’on trouve, parmi les usagers réguliers du self-scanning et du self-checking, de nombreux retraités que la perspective de quelques minutes d’attente en caisse ne devrait pas effrayer, ainsi que des chômeurs étonnamment indifférents aux risques de perte d’emploi qu’ils font courir aux salariés de leur enseigne préférée.

En définitive, inutile de se faire des illusions : le self-scanning et le self-checking vont se généraliser dans la grande distribution aussi sûrement que s’est généralisé le self-service aux pompes à essence. Et c’est ainsi que des dizaines de milliers d’emplois de caissières et de caissiers vont peu à peu disparaître sur les 200 000 que compte actuellement la profession. Doit-on en blâmer les usagers du self-scanning et du self-checking  ? Même pas, car ils ne font qu’accélérer une évolution inscrite dans la doctrine du libéralisme dominant et dans les objectifs de développement des techniques commerciales.

Il n’empêche qu’en cette période de crise caractérisée par la persistance d’un taux de chômage élevé, les employé(e)s de caisse voué(e)s aux prochaines charrettes apprécieraient sans doute de pouvoir bénéficier d’un sursis avant la chute inéluctable du couperet pour la majorité d’entre eux. Un sursis que seule la clientèle de la grande distribution peut lui assurer.


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230 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 29 septembre 2014 10:36

    pour l’instant, il y peu de larbin.
    pour que ce soit généraliser, il faudra payer le client.


    • Fergus Fergus 29 septembre 2014 11:40

      Bonjour, Foufouille.

      76 % des usagers français de la grande distribution (80 % des Belges) auraient déjà utilisé l’un de ces systèmes, d’après un sondage Toluna effectué pour le compte de l’ESSEC en France et en Belgique. Et 93 % des Français (contre 97 % des Belges) pensent que le phénomène va se généraliser dans les années à venir.

      A l’heure actuelle, ce sont environ 25 % des clients qui ont définitivement sauté le pas. Eu égard à la progression en hausse constante, année après année, on est là sur un processus irréversible, et il ne sera pas nécessaire de « payer le client » !


    • foufouille foufouille 29 septembre 2014 16:45

      @fergus
      je traîne peu souvent dans les magasins. le peu de fois ou j’y vais, je l’ai pas encore vu.


    • Fergus Fergus 29 septembre 2014 16:53

      @ Foufouille.

      En effet, cela doit faire un moment que tu n’y es pas allé car le phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur.

      Personnellement, je vais dans les supermarchés essentiellement pour les produits d’entretien, les jus de fruits, les alcools et les sucres et féculents. Pour le reste, je ne fréquente que les commerces de bouche traditionnels et les marchés.


    • foufouille foufouille 29 septembre 2014 18:47

      @fergus
      je vais dans petits super ou ce serait très mal vu. je me souviens d’un grand casino ou nous étions sur plusieurs files d’attentes avec les caisses automatiques presque vides.
      je préfère encore le drive, il y a des gens derrière


    • Urbain II 30 septembre 2014 11:09

      Ne soyez plus larbin.


      « Pour ma part je ne mets plus les pieds dans les grandes enseignes et privilégie les marchés locaux , les coopératives de production quand c’est possible ...Je vote avec mon porte monnaie contre la grande distribution. » (conclusion de l’article de Carnac)


      Voilà ce qu’il faut faire : marchés, petits commerces, petits libres-services etc.

      De plus, vous vous apercevrez rapidement que finalement vous dépensez moins et gagnez du temps.

      Avez-vous pensé à ceux qui n’ont pas de voiture ou ne peuvent pas se déplacer, même temporairement ?

      Avez-vous pensé qu’un jour ce pourrait être votre cas ?

      Comment ferez-vous alors s’il n’y a plus de commerce près de chez vous ?

      Pour qu’il y en ait et qu’ils ne ferment pas, il faut y aller.

    • anomail 30 septembre 2014 12:33

      La sauvegarde de l’emploi j’ai essayé.

      Aux péages d’autoroute j’essayais de passer à la flèche verte, là ou il y avait toujours quelqu’un.

      Mais force est de constater que maintenant il n’y a vraiment plus personne nulle part aux petits péages.

      Le problème s’est résolu de lui-même : le prix a explosé, donc je ne prends plus l’autoroute.

      Concernant les grandes surfaces, voici comment je vois la chronologie :

      - Disparition progressive des caissières au profit des caisses automatiques. Elles ne disparaîtront pas complètement car il faut tout de même gérer les incidents.

      - Généralisation des drive, puis

      - Leclerc & Co. se font balayer par un Amazon entièrement automatisé.

      - Là tout le monde est au chômage et a du temps, donc retour aux producteurs locaux smiley


    • Fergus Fergus 30 septembre 2014 12:55

      Bonjour, Urbain II.

      N’oublions pas de souligner que la qualité des produits vendus par les artisans du petit commerce et sur les marchés est de bien meilleure qualité que ce qui est vendu en grande surface.


    • Fergus Fergus 30 septembre 2014 13:12

      Bonjour, Anomail.

      J’utilise moi-même très rarement les autoroutes dont je trouve effectivement les prix exorbitants. Qui plus est, sur les routes, on peut boire un coup ou déjeuner dans des lieux sympathiques et, en cas de besoin, acheter de l’essence à un prix nettement inférieur à celui des stations d’autoroute.

      Pour ce qui est d’un retour généralisé aux producteurs locaux, ne rêvons pas, hélas !


    • rmusic rmusic 29 septembre 2014 11:11

      Je ne suis absolument pas contre l’éradication de certains métiers qui n’ont rien d’humain, souvenez vous « le poinçonneur des lilas » l’analyse de Gainsbourg était la déshumanisation par une tâche répétitive et sans intérêt conduisant à rendre l’homme sans espoir et limite suicidaire.

      Je pense aussi à ces gens qui déchargeait manuellement des camions ou des bateaux à la seule force de leurs muscles et qui très jeunes étaient complétement détruits par leur travail, ceux-ci ont apprécié l’avènement du transpalette et du chariot élévateur.

      Je pourrais citer des milliers d’autres exemples.

      Pour moi, le problème n’est pas la suppression de certaines tâches indignes de l’être humain, mais la répartition des gains de productivité, induits pas le progrès, au seul profit de la finance.


      • liebe liebe 29 septembre 2014 11:26

        il est vrai qu’être suicidaire dans le métro en poinçonnant des tickets est plus terrible qu’être suicidaire chez soit en fin de chômage sans grand espoir de pouvoir trouver un emploi qui permette de gagner le minimum vital. 

        Il y a une grande différence entre les aménagements qui permettent une meilleure qualité de travail (transpalette) et la suppression pure et simple des emplois de caissières , qui par leur gentillesse et leur sourire rendent souvent la vie plus belle. 


      • Fergus Fergus 29 septembre 2014 11:52

        Bonjour, Rmusic.

        On peut comprendre effectivement qu’il soit souhaitable d’éradiquer certaines professions par trop pénibles. Mais supprimer des emplois en périodede fort chômage n’est sans doute pas ce que l’on fait de plus judicieux. Qui plus est, il ne faut pas se tromper sur le job de caissière (ou de caissier) : nombre de salarié(e)s concerné(e)s sont réellement attachés à leur job. C’était notamment le cas de l’une de mes anciennes voisines qui travaillait au Géant de Morlaix et se montrait plutôt contente de cet emploi. Il est vrai que l’exercice d’un job de ce type en province est nettement moins éprouvant qu’à Paris.

        Le métier de poinçonneur était l’exemple-type du job inintéressant car il se résumait à deux tâches basiques : faire un trou dans un billet et actionner une barrière. Tout cela en sous-sol. Rien à voir.


      • miha 29 septembre 2014 12:51

        Exact, Music, le problème n’est pas que les machines remplacent l’Homme pour les tâches pénibles et/ou répétitives (au contraire, c’est un progrès qui libère l’Homme : qui a envie de passer 8 heures par jour derrière une caisse ou dans une cabine de péage... ou le souhaite pour ses enfants ?), le problème c’est l’absence de partage des richesses produites par ces machines.

        Une solution, c’est d’exiger un revenu de base inconditionnel ET suffisant financé par ces richesses.

        Et si les clients paient autant alors même que le magasin a moins de salariés, c’est bien la preuve que le fameux « coût du travail » est une fumisterie... ce sont bel et bien les actionnaires qui coûtent !!!


      • rmusic rmusic 29 septembre 2014 12:53

        Je veux tout simplement dire que les gains de productivité doivent permettre de préserver l’emploi en abaissant le temps de travail et continuer à payer au même salaire les employés plutôt que cet argent aille grossir les comptes des paradis fiscaux et génère de la plus value sur des comptes qui n’ont d’utilité que d’endetter ceux qui produisent.

        Sans changer radicalement de société vous avez entièrement raison, je propose un changement radical de société.

        Cordialement


      • Fergus Fergus 29 septembre 2014 14:31

        Bonjour, Miha.

        Je partage votre avis sur la nécessité d’un revenu de base. Compte tenu des évolutions de la société et de la raréfaction croissante de l’emploi, sans doute faudra-t-il l’envisager dans le cadre d’une société refondée sur des bases nouvelles.

        Quant aux actionnaires, ils sont bel et bien au cœur du problème posé par les mutations des tâches de la grande distribution. Et le moins que l’on puisse dire est que, dans le triangle actionnaires-employés-clients, seuls les premiers sont les bénéficiaires de ces mutations.


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 30 septembre 2014 09:16

        Miha,
        Ce n’est pas le travail qui manque, c’est le pouvoir d’achat pour financer ce travail.

        Il existe une quantité d’activités que les citoyens font eux-mêmes, ou ne font pas, par manque d’argent : travaux dans la maison, aides aux devoirs, aide à l’entretien des jardins, ménage, réparations en tous genres, se recycler dans certains domaines, repassage ou gardiennage d’animaux de compagnie etc.


        Le partage des richesses passe par les salaires (droit du travail), les services publics et les aides sociales. C’est notre modèle social français issu du CNR qui répartissait les richesses produites à travers les impôts.

        C’est ce modèle qui va disparaître. Feuille de route de Matignon.

        Le revenu de base est la nouvelle tarte à la crème, des européistes de Gôoche, pour éviter de sortir de l’ UE et de protéger le modèle social français.

      • Fergus Fergus 30 septembre 2014 10:21

        Bonjour, Fifi.

        Les petits travaux domestiques exécutés à titre payant sont déjà très nombreux, et cela ne coûte pas très cher car la plupart du temps les clients bénéficient d’un crédit d’impôts qui rend le recours aux organismes, associations et auto-entrepreneurs très attractif. Je ne crois pas que l’on puisse aller beaucoup plus loin dans ce domaine, ou alors de manière marginale.

        Je pense, moi aussi, que le revenu minimum d’existence va devenir une nécessité vitale pour la société dans un environnement socioéconomique qui sera caractérisé par une automatisation encore plus grande et la disparition corrélative de très nombreux emplois en équivalent plein-temps dans l’avenir. Il faudra donc aller à la fois vers une baisse significative des temps de travail afin de permettre un plus grand partage, mais aussi assurer à ceux qui resteront laissés pour compte un revenu suffisant d’existence.

        Il y a quelques années, le Néerlandais Sicco Mansholt, président de la Commission Européenne, avait émis l’idée qu’un jour ce type de revenu serait inévitable et nécessaire, et il y était favorable. Mansholt était pourtant d’un libéral pur jus !


      • Fergus Fergus 30 septembre 2014 10:22

        Erratum : dans le dernier paragraphe, lire quelques décennies et non quelques années


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 30 septembre 2014 10:50

        Fergus,
        Vous n’avez pas lu ce que j’ai écrit : le revenu universel est une arnaque !


      • Fergus Fergus 30 septembre 2014 11:03

        @ Fifi.

        J’ai bien lu, mais je pense exactement le contraire !


      • Citrik_Elektrik Citrik_Elektrik 6 octobre 2014 09:11

        Je me suis fais exactement la même réflexion que vous en lisant l’article. Le problème en soi n’est pas la disparition de certains métiers en raison de l’arrivée de nouvelles technologies, le problème c’est que notre modèle de société est devenu incapable de générer de nouvelles professions. Ce modèle du « consomme et crève » est philosophiquement tellement pauvre qu’il ne peut que tendre vers toujours moins d’emploi car il s’agit d’un système qui ne créée plus rien mais s’optimise de plus en plus.

        Pourtant, en dehors de cet idéal, la classe politique n’a rien à proposer. A quoi sert la France en 2014 ? Tant que l’on aura pas répondu à cette question, nous n’aurons rien de plus à envisager que de toujours plus consommer inlassablement et vivre sans autre projet. Dès lors, comment s’étonner de voir des gens se radicaliser autour de la religion ou de grandes causes comme l’écologie ? La France en particulier et l’Occident en général en sont arrivés à un stade où il n’y a plus réellement de « grande bataille » à gagner. La démocratie est (semble) durablement installée chez nous, on produit assez de denrées alimentaires pour nourrir toute la population (même si tout le monde n’en bénéficie pas), la médecine est accessible à une grande majorité... Bref, on est obligé de s’inventer des problématiques économiques complètement virtuelles comme la dette pour pouvoir s’occuper et se trouver une nouvelle bataille à remporter.

        Cet accès à la nourriture, aux soins et à la démocratie n’est pas encore avéré dans des pays comme l’Inde ou la Chine pour ne citer qu’eux. Ces pays ont donc des idéaux à assouvir. La France n’a plus grand chose devant elle pour faire avancer sa population. Donc on consomme puis on meurt. Pour nous faire consommer toujours plus, on produit de façon toujours plus efficace. La suppression des caissières n’est qu’une nouvelle étape. Mais une étape vers quoi ? Tant que l’on ne comprendra pas la destination vers laquelle on avance, il n’est pas vraiment nécessaire de s’interroger sur le sens des étapes puis qu’elles n’ont aucun. Les Shadoks ou les Lemmings ne jamais été aussi proches de nos propres existences.

        J’achèverai mon post sur la dernière réplique de Huis Clos de Jean-Paul Sartre : « Eh bien, continuons. »


      • Fergus Fergus 6 octobre 2014 15:05

        Bonjour, Citrik.

        Précisément, dans une société qui n’offre plus rien à sa population dans le cadre du modèle actuel, c’est à l’évidence le modèle qu’il faut changer, la population ne pouvant être changée à court ou moyen terme dans sa composante démographique. D’où la nécessité d’aller vers une société capable de mieux répartir le temps de travail (autrement dit de la diminuer de manière significative) et de créer, dans le même temps, un revenu minimum universel pour atténuer les inégalités résiduelles. Un vaste et ambitieux projet pas si utopique qu’il en a l’air. Et pour cause : ce sera ça ou le soulèvement inéluctable des laissés pour compte !


      • Citrik_Elektrik Citrik_Elektrik 6 octobre 2014 20:12

        Bonjour Fergus,

        Je vais me renseigner sur le revenu minimum universel dont vous parlez. Ça me rappelle néanmoins qu’au CP (1986), la maîtresse nous disait « en l’an 2000, il y aura des voitures volantes et des robots iront travailler pour nous ». En 2014, pas de voitures volantes mais les robots sont là ! Mais au lieu de bosser pour nous, ils bossent à notre place les cons ! ^^


      • Fergus Fergus 7 octobre 2014 09:13

        Bonjour, Citrik.

        Les robots, cela ne date pas d’hier, mais remonte aux débuts de l’industrialisation. Moi-même ancien informaticien, j’ai vu disparaître de très nombreux emplois liés à l’automatisation des tâches. Et le processus ne va évidemment faire que s’amplifier si l’on considère les évolutions rapides des techniques dans tous les domaines.

        C’est pourquoi la prise en charge des individus dans la société devra forcément évoluer vers de nouveaux modèles. Mais entre l’immobilisme du personnel politique et l’égocentrisme d’un patronat seulement préoccupé par les marges et les dividendes, tout le système est bloqué. Tôt il tard, il se débloquera pourtant d’une manière ou d’une autre.

        Le meilleur comme le pire peuvent en sortir !


      • liebe liebe 29 septembre 2014 11:20

        Déjà fréquenter la grande distribution.... c’est un risque, mais oui là nous voyons disparaître encore des emplois , comme nous voyons disparaître les péagers, avec les télé-badges lorsque pour nous faciliter la vie, pour aller toujours plus vite nous cédons au petit boitier qui se pose sur notre pare brise et qui nous permet de passer à 30 km/h les péages autoroutiers. Le phénomènes n’est pas nouveau, lorsqu’à Décathlon, pour ne pas citer cette grande marque je m’insurge contre la présence unique des caisses en libre service... le patron m’indique qu’il a bien pris note de mes remarques mais que c’est l’évolution normale, et bien moi je boycotte... Nous devrions être nombreux à boycotter... Pour l’anecdote dans un des nombreux magasins décathlon, au moment de la pause , aucune caissière, aucun caissier, uniquement la personne qui s’occupe des caisses en libre service. J’ai refusé d’y passer, je me suis fait ouvrir une caisse normale. C’était soit cela, soit je posais mes achats et je partais. Lutter contre toutes ces petites pressions est important. Il faut raison garder. Bientôt nous verrons des appareils qui nous coifferons, qui nous raserons, qui nous ferons une manucure, une pédicure, pourquoi pas des diagnostics médicaux via internet.... 





        • Fergus Fergus 29 septembre 2014 12:17

          Bonjour, Liebe.

          Je comprends d’autant mieux votre réaction que je suis moi-même irrité par l’expansion progressive de tels systèmes dans la société. Mais il ne faut pas se leurrer, c’est un combat d’arrière-garde qui ne permettra pas de s’opposer à la généralisation de ces systèmes déshumanisés.

          En matière de services, on peut d’ailleurs également citer les banques qui multiplient les automates multi-opérations, synonymes de suppressions d’emplois de guichet, ou les transports en commun (train, métro, avion) qui suppriment eux aussi des emplois de guichet en les remplaçant par des automates, non seulement de délivrance de titres, mais de réservation de places. Il y même des hôtels où le petit-déjeuner est désormais délivré par des automates ! Quelques exemples parmi tant d’autres !


        • Fergus Fergus 29 septembre 2014 13:16

          @ Tonimarus.

          En effet, c’est inévitable, et cette automatisation gagnera encore d’autres activités de service dans l’avenir. Mais on peut, en prenant conscience des effets dévastateurs sur l’emploi dans la grande distribution, limiter la casse sociale, ou du moins contribuer à l’étaler dans le temps. Ce n’est pas satisfaisant, mais c’est mieux que rien !

          Pour le reste, je vous laisse à vos fantasmes, non sans regretter que nous soyons politiquement du même bord car votre sectarisme exacerbé constitue un repoussoir pour les personnes de gauche qui votent encore pour le PS mais se trouvent dissuadés de rejoindre un camp où survivent des nostalgiques des procès staliniens.


        • gaijin gaijin 29 septembre 2014 11:21

          des robots fabriquent les produits
          des robots vendent les produits
          .......
          qui va acheter les produits ?
          la course a la rentabilité maximum une fois de plus détruit le terrain sur lequel elle pousse .....


          • Fergus Fergus 29 septembre 2014 12:24

            Bonjour, Gaijin.

            Le principal n’est pas détruit : la marge des actionnaires ! Or, c’est bien cette marge qui est le principal moteur de l’automatisation.

            On nage d’ailleurs dans la contradiction la plus absurde : le patronat et ses complices libéraux dans la classe politique veulent supprimer les 35 heures alors que l’automatisation se généralise partout.

            Dans l’avenir, de deux choses l’une : soit on se décidera, dans un nouveau modèle de société, à partager le boulot existant en allant vers les 30 heures, puis peut-être les 25 heures ; soit on verra exploser le nombre des chômeurs, avec un déséquilibre dangereux entre ceux qui bosseront 40 heures et des bataillons de femmes et d’hommes privés structurellement d’emploi. Une aberration !


          • Le printemps arrive Le printemps arrive 29 septembre 2014 14:02

            « soit on verra exploser le nombre des chômeurs, »

            C’est déjà fait
            , l’explosion a déjà eu lieu, elle ne fait pas beaucoup de bruits, à priori...ou vous êtes sourd.

            La diminution des employés en grande distribution n’est pas d’aujourd’hui.
            Il faut maintenant mettre en place des stratégies pour se passer d’eux, cela se fera petit à petit par l’action de chacun à son niveau et à son rythme.


          • Fergus Fergus 29 septembre 2014 16:02

            Bonjour, Le Printemps.

            Je crains malheureusement que le nombre des chômeurs ne soit encore beaucoup plus élevé dans l’avenir si l’automatisation de la production industrielle, mais aussi désormais des services se poursuit au rythme de ces dernières années.


          • Bracam Bracam 30 septembre 2014 00:17

            En même temps, Le printemps (tiens, une enseigne défunte :( ), c’est également entre autre pour précéder cette hypothétique stratégie de boycott que la g. distribution optimise à tout va. C’est pénible, mais je crains qu’il ne faille admettre que la résistance à l’ultra-libéralisme contribue aussi à en renforcer l’action. Réflexe hyper dangereux de défense d’un système morbide, plus grave qu’aucun autre du fait qu’il a pris le pouvoir. Ceci étant dit, j’ai cru comprendre que ces marchands-là voyaient leur chiffre d’affaire se réduire depuis la crise, raison pour laquelle ils luttent contre l’humain, ce salaud de pauvre consommateur qui n’a même plus suffisamment à dépenser pour assurer rendement et croissance de 5 à 15%. Comme on les comprend, comme on aimerait les aider (à claquer). 

            Je suis impressionné par le nombre d’employés en sursis. Et je pense aussi à Amazon dont quelques médias sont parvenus à m’inspirer un dégoût profond, dont les esc... les salariés sont si maltraités. Alors je m’interdis d’acheter chez eux. Pour quel bénéfice, si je puis dire ? Il ne fait guère de doute que sans revenu universel, ça va aller très mal, pour ne pas dire que c’est déjà ce que vivent tant de gens. Il faudrait encore s’interroger sur le sort que certains dirigeants occultes imaginent de faire subir aux surnuméraires, et quelle société ils prévoient pour survivre eux. Et bien sûr, quels moyens ils envisagent avec l’illusion de vaincre.

          • julius 1ER 30 septembre 2014 08:02
             Bientôt nous verrons des appareils qui nous coifferons, qui nous raserons, qui nous ferons une manucure, une pédicure, pourquoi pas des diagnostics médicaux via internet..
            @liebe,
            « pourquoi pas des diagnostiques médicaux »,,,,, mais la plupart des gens se bercent d’illusions !!!!
            les diagnostiques médicaux, le pilotage des avions de lignes etc............ tout cela est inscrit dans les gènes du machinisme, on le sait et on le répète à longueur de forums depuis 50 ans, il ne faudra plus que 15% des travailleurs pour faire tourner la machine économique, c’est pour çà aussi que des gens se battent pour mettre en place un revenu citoyen sinon « what else » pour paraphraser une sentence bien connue........
            que fait-on des 85% de travailleurs/citoyens qui restent sur le carreau, on remet en place les jeux du cirque pour que les exclus s’entretuent pour la plus grande joie de l’oligarchie qui viendra assister au spectacle !!!!!!
            aujourdhui il y a 5 millions de chômeurs, bientôt ce sera 10 millions alors la question n’est déjà plus « what else » mais plutôt « Who’s next » .................

          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 30 septembre 2014 09:35

            Fergus,
            A cause de NAIRU, si nous ne sortons pas de l’ UE, le chômage ne baissera pas.


            NAIRU, c’est le taux de chômage qu’il faut entretenir pour que l’inflation n’augmente pas, ce qui grignoterait les profits des rentiers.

            Ce n’est par hasard que le seul objectif de la BCE, c’est de surveiller l’inflation !

          • Fergus Fergus 30 septembre 2014 11:18

            @ Fifi.

            Le Nairu est un dogme assez largement fantasmé. Et la mise en œuvre des principes qu’il décrit n’est de toute façon pas inhérente à l’Union Européenne en tant qu’entité politique, mais à la manière dont elle est régie par le Conseil européen et les Traités qui ont été validés. La solution : changer l’UE de l’intérieur en envoyant dans les parlements nationaux et à Strasbourg des majorités de progrès missionnées par les peuples pour renégocier ces traités !


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 30 septembre 2014 16:49

            Fergus,
            Il faut que les 28 pays en même temps soient d’accord pour renégocier les Traités. Ils ont verrouillé le système par la règle de l’unanimité. Quand aurez vous 28 pays FDG ?

            « Un seul état peut s’opposer à toute modification ».

            Vous pensez que Merkel est d’accord avec le programme du FDG ?


          • Fergus Fergus 30 septembre 2014 20:16

            @ Fifi.

            Vous savez bien qu’en politique lorsque la situation devient ingérable, les règles les plus fermées sont contournées. Si le besoin s’en fait sortir, et cela peut survenir de différentes manières, des solutions seront trouvées.


          • julius 1ER 1er octobre 2014 14:13

            bRAVO Fergus.................... FIFI est une incorrigible pessimiste !!!!!!!!


          • Fergus Fergus 1er octobre 2014 15:37

            Bonjour, Julius.

            Pessimiste, je ne sais pas, mais militante UPR chargée de marteler la nécessité de sortir de l’UE, sûrement !


          • Montdragon Montdragon 29 septembre 2014 11:43

            En effet Fergus, on est prié de passer en caisse pour causer et sourire à la dame (ou au monsieur).
            Le self scanning est d’autant plus vicieux qu’il devrait faire gagner 10% sur le total des achats..même pas cacahouète !
            Dans 10 ans on devra bosser en faisant les courses, en regrettant les caissières (surtout les étudiantes), ils nous enfilent une énorme quenelle sur ce coup-là !

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