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Accueil du site > Actualités > Technologies > Hadopi : ce que la loi ne dit pas

Hadopi : ce que la loi ne dit pas

Le 29 avril 2009, l’assemblée nationale a commencé l’étude en 2ème lecture de la loi Hadopi. Dans mon précédent article, j’ai tenté de montrer en quoi ce texte est potentiellement dangereux pour le net Français et pourquoi il est déjà dépassé techniquement. Cependant, un autre point me semble également intéressant : cette loi est autant gênante par son contenu que par ses omissions. Suite à l’évolution rapide des technologies que nous avons connue ces 15 dernières années, de nombreuses questions mériteraient d’être posées. Hors la loi Hadopi, outre son caractère liberticide, n’offre aucune réflexion en profondeur. Elle ne prévoit entre autres aucun changement dans le mode de rémunération des artistes, et semble vouloir pérenniser le système actuel sans réfléchir aux atouts que pourrait apporter la dématérialisation des échanges. Pour Christine Albanel, l’offre légale actuelle est suffisante et abordable, à tel point « qu’il n’y a pas du tout besoin de télécharger illégalement ». Je vous propose un petit tour de l’offre légale et illégale où nous verrons que tout n’est pas si parfait. J’essaierai également d’élargir le débat sur les possibilités qu’offrent la technologie à l’industrie culturelle.

Le piratage, ou l’histoire d’un acte manqué

Pour cela je vais commencer par vous raconter mon expérience personnelle dans le domaine. Tout commence en 1997, alors que j’expérimente ma première connexion internet. Certes les adresses en "http://" ont commencées à fleurir en bas des pages de publicité, mais en réalité le réseau en est encore à ses débuts. Les offres sont limitées (les forfait dépassent rarement 20h), le débit sont très faibles (5Ko/sec par beau temps, donc plus de 3 minutes pour télécharger 1Mo de données), les déconnexions sont fréquentes et la plupart des pages webs françaises sont faites artisanalement par des amateurs. Cependant, ayant pris l’habitude d’écouter mes CDs audio sur ordinateur et constatant leur inexorable empilement (c’était l’époque glorieuse où AOL, Infonie, Club Internet et consorts distribuaient leurs offre sur CDs), j’ai cherché s’il existait un moyen de stocker ma musique sur ordinateur. C’est alors que j’ai découvert l’algorithme qui a révolutionné la musique : le MP3.

Cet algorithme, publié en 1995 par l’institut Fraunhoffer, permet de couper les fréquences inaudibles par l’oreille humaine et réduit ainsi drastiquement la taille d’un fichier audio : 1 méga octet de donnée permet alors de stocker environ 1 minute de musique, contre 8 à 20 Mo auparavant. Ainsi, un CD audio qui permettait de contenir environ 74 minutes de musique, pouvait désormais en contenir environ 650 (soit plus de 10h). De plus, les fichiers étaient désormais copiable d’ordinateurs à ordinateurs : la dématérialisation de la musique était née. Ma première tâche a donc été de copier mes CDs au format MP3 sur mon ordinateur. Cependant cette tâche était assez fastidieuse étant donné les fréquences des processeurs de l’époque. En effet, il fallait compter environ 1h entre le "ripage" d’une piste jusqu’à sa compression au format MP3, soit de 10 à 15h pour un CD. J’ai donc rapidement cherché s’il était possible d’acheter directement la musique au format MP3, ce qui semblait réaliste puisque le format existait depuis déjà 2 ans. Mais ma déception a été grande : aucun site ne proposait de télécharger légalement de la musique. La seule musique numérique proposée légalement se résumait à des extraits au format Real Audio pour inciter à acheter le CD. C’est à ce moment que je me suis tourné vers les sites "illégaux" qui proposaient des MP3, et que je suis devenu par la force des choses un pirate. Ces sites étaient à l’époque tenus par des particuliers qui proposaient gratuitement les MP3 qu’ils avaient laborieusement compressés. Souvent hébergés sur des serveurs privés (les fameux FTP), les fichiers étaient dur à trouver (de nombreux liens brisés), mettaient très longtemps à se télécharger (un échec de téléchargement obligeant à reprendre à zéro) et avaient parfois une qualité médiocre. A cette époque, une offre légale aurait donc été la bienvenue, tant le système d’échange des MP3s était pénible.

Puis, en 1999, apparaît un programme qui révolutionne les échanges de fichiers : Napster. Ce programme permet de visualiser tous les fichiers partagés par les internautes et de télécharger ceux qui nous intéressent. Les débits n’ont certes pas beaucoup progressés en 2 ans, mais le système permet au moins d’épargner le temps de recherche et de faciliter le téléchargement (plus besoin de tout recommencer en cas d’échec). A partir de ce moment, l’échange de fichiers audio va se démocratiser et connaître l’engouement que l’on connaît. Cependant, les majors se rendent compte de l’ampleur du phénomène et font fermer Napster en 2001, qui sera aussitôt remplacé par le réseau GNUtella (Kazaa et eDonkey étant les principaux clients). La vague du Peer to Peer est désormais lancée et rien ne semble pouvoir l’arrêter.

Enfin, en 2003, iTunes Store fait son apparition. C’est la première plateforme légale à proposer le catalogue des 5 grandes majors du disque (EMI, Universal, Warner, Sony Music Entertainment et BMG). Il a donc fallu 6 ans (8 ans si on compte l’invention du MP3) pour qu’une offre légale exhaustive fasse son apparition sur Internet ! Si les prix peuvent sembler raisonnables (0,99€ par titre), le principal défaut est que les fichiers sont protégés par DRM, protection imposée par les majors qui craignent que les fichiers achetés légalement ne soient ensuite échangés. Ainsi, un fichier téléchargé légalement ne peut être lu que sur certaines plateformes (Windows, Mac et les iPods). Pire, changer un composant sur votre ordinateur rend tous vos fichiers illisibles et vous devez alors les racheter. De plus, un fichier acheté légalement n’est pas lisible sur un baladeur MP3 vendu dans le commerce, alors que ceux-ci ont déjà commencé à se démocratiser à l’époque. Ainsi, on voit clairement que l’offre légale est dès le départ partie perdante avec les DRMs. Une offre dématérialisée était certes disponible, mais elle offrait un service inférieur au compact disc : qualité moins bonne et fichiers non échangeables (contrairement aux CDs) ! Puis, en avril 2009, Apple annonce enfin la suppression des DRMs sur l’ensemble de son catalogue.
Il a donc fallu 10 ans pour qu’une offre légale payante arrive à égaler Napster, et encore... Il est déconseillé d’échanger ou de prêter les fichiers audio téléchargés légalement, ceux-ci contenant les références de l’acheteur.
 
L’offre légale de films (ou vidéo à la demande) est quant à elle toujours aussi pauvre. Elle est très peu fournie (seuls les derniers blockbusters sont proposés, 7 mois et demi après leur sortie), les fichiers ont des DRMs (utilisables que sous Windows, sur une seule machine, et les fichiers sont inutilisables si on change un composant du PC), la qualité est passable, le tout pour le même prix qu’un DVD... Le message ici est donc clair : n’achetez pas des films en ligne, achetez des DVDs ! Je parlerais donc très peu de l’offre cinématographique dans la suite de l’article.
 

Pourquoi une évolution si lente ?

Pourquoi les majors se sont-ils désespérément accrochés aux supports physiques ? Outre la peur de l’inconnu, qui n’a toujours pas été surmontée en 2009, un autre argument me semble pertinent. Pour cela, voyons comment sont répartis les gains sur la vente d’un CD :

Pour un disque vendu 13.34 € HT :
  • Distributeur : 5.18 € --- 39%
  • Editeur : 3.82 € --- 29%
  • Producteur : 2.59 € --- 19%
  • Interprète : 1.17 € --- 9%
  • Auteur : 0.29 € --- 2%
  • Compositeur : 0.29 € --- 2%

Premier constat : c’est le distributeur qui engrange le plus de gains (5,18€), avec l’éditeur (3,82€). Hors, avec une musique dématérialisée, ces frais disparaissent. Les premiers à vouloir freiner le développement de l’offre légale sur internet ont donc été les distributeurs (en particulier les grandes surfaces), qui possédaient à l’époque le principal moyen de diffusion de la musique et ont encore aujourd’hui de forts moyens de pression. Vient ensuite pour la répartition des gains le producteur, donc la maison de disque, qui touche 2,59€. Hors, certaines majors se chargent elles-mêmes de l’édition et de la distribution, et peuvent donc toucher jusqu’à 87% de la somme. Quant aux artistes, ils touchent en tout 1,75€, à se répartir entre eux.

Sur iTunes, la répartition est encore plus déséquilibrée. Sur un titre vendu 0,99€, Apple reverse 0,70€ à la maison de disque, celle-ci reversant ensuite 9 centimes aux artistes. La maison de disque va dans tous les cas toucher 61% de la somme, et l’artiste seulement 10% (contre 13% pour un CD). En Octobre 2008, la CRB (commission en charge de la répartition des royalties aux Etats Unis) demanda à ce que la part des artistes passe de 9 à 15 centimes par titre vendu (2). L’industrie du disque demanda alors à iTunes de payer la différence. Itunes Store menaça alors de fermer boutique, car amputer sa marge (qui est de 29 centimes) de 6 centimes supplémentaires l’aurait conduit à vendre à perte. Dans certains cas, la maison de disque "oublie" même de payer la part revenant à l’artiste (3).

On le voit, les plus gros revenus sont réservés aux maisons de disque. Ces gains sont-ils réellement indus ? Quelques nuances méritent d’être apportées.
 

Les majors, d’odieux exploiteurs ?

Pas tout à fait. L’industrie du disque est une industrie qui à la base fonctionne à flux poussé. Il faut d’abord créer le produit (enregistrement et édition du CD), puis le pousser sur le marché (marketing) pour qu’enfin il trouve son public qui va acheter le CD et rentabiliser l’investissement. Produire un nouvel artiste inconnu du public correspond donc à un risque pour les maisons de disque. De mauvaises ventes signifient des pertes importantes, car produire un CD et le pousser sur le marché coûte très cher, les dépenses marketing étant forcément plus importantes pour un nouvel artiste. Ainsi le groupe Kassav (groupe de musique Créole qui s’autoproduit) a récemment envoyé à PCInpact le détail des dépenses pour la production et la mise sur la marché de leur dernier CD (4) : la facture s’élève à 176663€ (dont 65500€ de marketing). Si on considère que Kassav touche en tant qu’artiste et producteur 4,34€ par CD, il lui faudra en vendre 40705 pour rentabiliser son investissement (ce qui n’est pas énorme pour un groupe mondialement connu, mais peut être dur à atteindre pour de "petits" artistes). Une fois l’artiste lancé, les dépenses marketing vont pouvoir se réduire et la rentabilité va augmenter. Ces recettes supplémentaires peuvent ainsi servir à la maison de disque à financer des nouveaux artistes et faire des bénéfices. De plus, les médias dominants (télé et radio) étant encore sur un modèle de diffusion "mainstream" dont le temps d’antenne est limité, il est nécessaire de faire appel à de grosses structures pour y être représenté. Dans une certaine mesure, les revenus des majors peuvent donc se justifier en raison du risque encouru et de la nécessité d’assurer la visibilité des nouveaux artistes sur les médias mainstream.

Cependant au début des années 90 (bien avant le début du piratage), l’industrie du disque a de plus en plus cherché à réduire les risques en fonctionnant à flux tendu. Il s’agissait alors non pas de faire connaitre un artiste nouveau au public, mais de produire des artistes répondant à la mode du moment (souvenez vous des Boys Bands...) ou ayant déjà acquis une certaine notoriété (la Star Academy est le meilleur exemple). Le risque encouru est de ce fait réduit puisque le public est quasi certain de répondre à l’appel. Les profits à court terme sont de plus privilégiés, les maisons de disque préférant exploiter à fond le potentiel d’un artiste, quitte à le surexposer et le rendre très vite "has been". La méthode permet de rentabiliser l’investissement à très court terme et de constamment inonder le marché de produits nouveaux.

Si cette méthode a permis aux majors de se développer rapidement et d’obtenir une très grande influence dans la sphère médiatique, elle a selon moi fortement dévalorisé la culture aux yeux du public... Bien plus que le piratage et sa gratuité. En vendant au même prix de la musique produite à la chaine, dont la durée de vie ne dépasse pas quelque mois, avec celle de "vrais" artistes, les majors sont allés trop loin dans le mercantilisme. Les gens ne sont maintenant plus prêts à payer 20€ pour un CD qui a une chance sur deux de terminer au fond d’un placard au bout de quelques semaines. C’est à mon avis pour cela que les maisons de disques sont aussi mal perçues, et que voir leurs ventes s’écrouler ne tire pas la moindre larme à qui que ce soit, tant elles ont abusé de leur position dominante pendant des années. A force de vendre tout et n’importe quoi au même prix, les consommateurs ont l’impression de s’être fait avoir et ne sont plus prêts à payer aussi cher pour de la musique. Si le piratage a sans doute encouragé une notion de gratuité, les majors ont aussi leur part de responsabilité dans la dévalorisation de la musique.

Cela a pour conséquence que même si la loi Hadopi arrive à stopper le piratage par l’intimidation, le "but pédagogique" semble quant à lui bien illusoire. Les majors ont tellement profité du système quand il leur était favorable, que pour beaucoup de gens le piratage est perçu comme un juste retour de bâton. Quelle sera la réponse du consommateur face à la "menace pédagogique" de l’Hadopi lorsqu’il recevra un mail ? A mon avis les cas les plus probables sont :
 
  • Retour à des méthodes traditionnelles d’écoute pour les néophytes (le bon vieux CD). En effet, la menace de l’Hadopi risque d’être tellement floue (les fichiers incriminés ne seront pas cités) qu’elle risque de rendre méfiantes les personnes mal informées, qui seront tentées d’abandonner simplement la musique numérique. Au fond, cette solution arrangerait à la fois les maisons de disque et les distributeurs, mais est assez choquante car elle signifierait un brusque retour en arrière.
  • Boycott des produits culturels et recherche de nouveaux moyens de pirater pour les gens mieux informés. Il est peu probable que recevoir un mail de l’Hadopi vous accusant (à tort ou à raison, cf mon précédent article (1)) de voler les majors incite les gens à courber l’échine et à se tourner docilement vers l’offre légale. Pire, nommer les offres légales dans les mails de menace risque d’entacher durablement la confiance que peuvent avoir les utilisateurs envers ces offres, qui seront désormais perçues comme intrusives. Le piratage baissera certainement, mais les ventes ne vont sûrement pas augmenter dans les mêmes proportions. Je pense que l’industrie du divertissement a d’ores et déjà perdu la confiance d’une bonne part de son public par ses nombreux abus et ses nombreuses tentatives d’intimidation (procès médiatiques, loi Hadopi, ...). Acheter légalement nécessite de s’inscrire. Or fournir ses coordonnées à des entreprises qui prônent la traque et le fichage systématique des internautes, et installer leurs logiciels propriétaires sur sa machine, donne l’étrange sentiment de se jeter dans la gueule du loup... Pour ma part, j’ai l’impression de risquer plus en achetant ma musique légalement qu’en la téléchargeant illégalement.
 
Ainsi, le gouvernement devrait favoriser un retour de la confiance du consommateur plutôt qu’une méthode répressive qui sera perçue comme de la surveillance et de la vente forcée. Ce n’est pas en menaçant les consommateurs qu’ils vont rentrer dans le droit chemin. Il s’agit au contraire de rendre l’offre légale plus attractive et de certifier au public qu’il ne risque rien en y souscrivant, quitte à amnistier les téléchargements illégaux précédemment effectués.


Le potentiel du numérique est-il réellement exploité ?

Une autre question que je me pose est la suivante : l’offre légale actuelle tire-t-elle réellement profit de tous les atouts du numérique ? Pour l’instant le seul intérêt qu’ont vu les maisons de disque à vendre de la musique numérique sont les DRMs, qui permettent de restreindre encore plus l’accès à la musique. Ainsi, au lieu d’utiliser la technologie pour améliorer l’offre existante, les majors l’ont utilisé à des fins uniquement mercantiles, les DRM offrant un service inférieur au CD. De plus, elles soutiennent qu’aucune offre légale numérique rentable n’est possible tant que le piratage existera. A cela je réponds que c’est totalement faux, et que les majors manquent cruellement d’imagination !
Tout d’abord l’offre illégale est loin d’être parfaite :
 
  • Seuls les fichiers les plus populaires sont faciles à trouver. Les chansons anciennes ou peu connues sont plus difficiles à obtenir. Hélas les majors sont encore réticents à vendre sur internet leur fond de catalogue et ne répondent pas à cette demande.
  • Difficulté de trouver des films en Français (sans parler du Français non Canadien).
  • La qualité varie d’un fichier à un autre.
  • Beaucoup de fichiers mal nommés, qui ne correspondent pas à ce qu’on cherche.
  • Beaucoup de virus.
  • Nécessité de rester informé car les réseaux d’échange évoluent constamment.
 
Plutôt que de répéter inlassablement que l’offre pirate est nocive pour les raisons précédentes et qu’il faut à tout prix la supprimer, pourquoi ne pas utiliser ces arguments comme angle d’attaque pour une offre légale ? Les majors sont persuadées que tant qu’une offre gratuite existera les gens l’utiliseront massivement. Je pense plutôt que les consommateurs utilisent la solution la plus simple et la plus efficace, à condition que ses prix lui semblent convenables. Les prix de l’offre légale sont-ils convenables ? En ce qui me concerne je pense que non, 1€ correspondant à la somme que je suis prêt à payer lorsque je suis sur d’apprécier le titre que je télécharge (et encore...). Autant je serais prêt à donner entre 5 et 10 centimes pour un titre inconnu, autant il est hors de question de dépenser 1€ pour être déçu au final. On me répondra : pourquoi ne pas écouter le titre en streaming sur Deezer et l’acheter si il te plait ? En réalité, je vais plutôt écouter le titre sur Deezer, et continuer de l’écouter de cette façon sans l’acheter... Pourquoi me fatiguer à trouver le fichier sur une offre légale si l’offre Deezer me convient ? Les offres légales de vente doivent se montrer plus audacieuses si elles veulent attirer et garder leurs clients. Ecouter un titre en streaming rapporte environ 0,0007€ aux ayants droit. 142 écoutes sont donc nécessaires pour rapporter autant que si je l’avais acheté 10 centimes, ce qui a peu de chance de se produire. Qu’est-ce que les majors ont à perdre à vendre 10 titres à 10 centimes plutôt que 1 titre à 1 euro ? Le coût de stockage serait le même, la duplication ne coûte rien, la seule chose qui augmenterait serait la bande passante qui aurait de toute façon augmentée proportionnellement au succès du service. Certains diront que baisser les prix dévalorise la culture, je leur répondrais que les maisons du disque s’en sont déjà amplement chargées ces 20 dernières années ! On peut même pousser l’idée plus loin : pourquoi ne pas fixer un prix minimum qui parait "indolore" (disons 5 centimes), avec la possibilité de donner plus ou de faire un don à l’artiste si on apprécie l’album. Ce modèle, déjà utilisé par Radiohead qui permettait de fixer librement le prix d’achat, a déjà fait ses preuves. Ou, pourquoi ne pas faire de la musique numérique un vecteur promotionnel pour les concerts ? Payer 20€ pour un CD me semble inconcevable, tandis que payer 30€ pour un concert me semble tout à fait acceptable.

L’offre légale actuelle ne tire donc pas du tout profit du numérique car elle n’utilise pas le fait que dupliquer ne coûte rien. Les maisons de disque cherchent à vendre la musique numérique exactement de la même manière qu’un CD. Or, si dupliquer un CD à un coût, dupliquer un fichier audio n’en a aucun. Vouloir rétablir une économie de la rareté sur le net est donc selon moi une totale aberration qui s’oppose à la technologie de diffusion qu’est Internet.
 

L’évolution du modèle économique, la fin des majors ?

Pour aller plus loin, je pense que l’économie numérique permettra au final aux artistes de se passer des majors. Tout d’abord les frais marketings peuvent être fortement diminués grâce à internet. En effet, de plus en plus d’artistes se font connaitre sur la toile avant de produire leur album. Plus besoin de payer pour un coûteux spot télévisé, une simple vidéo sur YouTube ou MySpace suffit. L’artiste doit cependant trouver le financement pour produire son album (qui devrait normalement bien se vendre si l’artiste a déjà un publique d’internautes). Pour cela l’artiste peut :
 
  • Signer avec une maison de disque (c’est le cas de Lorie). Dans ce cas, on peut se demander si la part importante de revenue que s’octroie la maison de disques est méritée, tant le budget marketing peut être réduit et tant le risque est faible.
  • Demander au public de produire son album. Cette solution est mise en œuvre par Spidart, qui propose au public d’"investir" sur un artiste et démarre la production du disque une fois la barre des 50000€ atteinte. Spidart ne sert dans un premier temps que d’intermédiaire technique entre l’artiste et son public, puis l’aidera pour la production de l’album.
 
Cette dernière solution me semble la plus prometteuse, puisque le public paye pour l’album qu’il a envie d’entendre. D’une industrie de masse à flux poussé on passe à une industrie de détail à flux tiré, soit un renversement complet du système ! Le seuil de 50000€ a été fixé pour pouvoir fournir un album de qualité pro, mais ce plafond pourrait me semble-t-il être rabaissé. Pourquoi ne pas adapter la quantité d’argent investie dans l’album en fonction de l’audience qu’il va recueillir ? Cela pourrait permettre à certains styles de musique mineurs d’exister, à condition qu’ils aient un public motivé prêt à les aider à financer leurs albums. Le public est certainement le mieux placé pour savoir ce qu’il a envie d’entendre. De plus, si son premier album marche bien, l’artiste peut ensuite s’autoproduire et gagne ainsi son indépendance. L’état devrait donc selon moi encourager ces modèles novateurs et aider les artistes à s’autoproduire (la license globale semblant une piste intéressante), plutôt que de systématiquement favoriser les gros acteurs de l’industrie. Ainsi, de tels modes de financement permettraient un développement de la culture jamais égalé auparavant. Un plus grand nombre d’artistes pourrait en vivre, et l’offre culturelle se trouverait considérablement enrichie.


Pour conclure, je pense que l’ère du numérique sonne le glas de la "culture mainstream" et de ses médias. Internet permet à chacun de cibler et de personnaliser ce qu’il souhaite acheter, il est normal que l’industrie culturelle suive également cette évolution. C’est à mon avis la principale zone d’ombre que l’on peut reprocher à la loi Hadopi. Non seulement elle cherche à pérenniser un système qui comme je l’ai montré va à rebours du progrès, et ce par des moyens anti-démocratiques (cf mon article précédent (1)), mais elle empêche également de se poser les bonnes questions. Comment rénover le système pour qu’il tire tous les avantages du numérique et qu’il profite aux artistes ?

Et si je devais adresser un message personnel aux artistes, il serait le suivant : ne vous laissez pas aveugler par le mirage Hadopi et faites confiance à votre public ! Personne n’a dit que votre travail ne méritait pas d’être payé et que tout devait être gratuit. Je pense simplement que l’industrie du disque a perdu la confiance des consommateurs, qui en ont marre de payer pour tout et n’importe quoi. A vous de rétablir cette confiance pour que vos auditeurs soient prêts à investir dans votre art. De plus, n’ayez pas peur de l’évolution technologique : elle vous rapprochera de votre public et vous débarrassera des intermédiaires qui vivent à vos dépens. Il sera peut-être plus difficile de devenir millionnaire mais un plus grand nombre d’artistes pourra vivre de son art et la culture en sortira grandie.
 
Je finirais cet article par une petite prophétie optimiste. Selon moi, la prochaine grande avancée technologique à venir (que le gouvernement cherche pour le moment à ralentir), sera la mort de la télévision, qui sera éclatée en une multitude de programmes consultables à la carte sur internet. Avec elle mourront les grands groupes de médias (dont la décrépitude est déjà entamée) pour laisser place à une multitude de canaux sur lesquels nous pourront surfer en toute liberté. A moins que...

Cbx.
 
(1) Hadopi pour les nuls : explications et contournements : http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/hadopi-pour-les-nuls-explications-54212
 
(2) Apple menace de fermer iTunes : http://www.numerama.com/magazine/10775-Apple-menace-de-fermer-iTunes-MAJ.html
 
(3) Eminem poursuit Universal pour non paiment d’un million de royalties : http://arstechnica.com/media/news/2009/03/should-artists-get-12-or-50-royalties-from-itunes-sales.ars
 
(4) Détail du coût d’un album : http://www.pcinpact.com/link.php?url=http%3A%2F%2Fstatic.pcinpact.com%2Fpdf%2Fdisque_budget.xls+

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62 réactions à cet article    


  • Cbx Cbx 6 mai 2009 11:22

    Pourquoi vous focalisez vous sur la license globale ? Je l’ai évoquée très brièvement dans l’article comme une piste possible, mais pas comme LA solution. Une taxe sur les fournisseurs d’accès me semble tout aussi raisonnable, non pas comme unique mode de rémunération mais comme une aide pour que les artistes puissent prendre leur indépendance.

    Au contraire, j’ai tenté dans cet article de montrer en quoi l’offre actuelle était inadaptée et en quoi elle pourrait être améliorée. La loi Hadopi risque de d’inciter les majors à garder le système tel quel, voir même à revenir en arrière (retour aux CDs), ce qui est vraiment dommage tant le potentiel de l’économie numérique est prometteur.

    Le piratage a au moins permis de faire bouger les lignes des majors, et comparer une duplication qui ne coute rien à du vol à l’étalage est raccourci pour le moins fallacieux.


  • Varsass 6 mai 2009 11:51

    Arf, mon pauvre Arthur, essayer au moins de changer d’argument fallacieux quand vous commentez un article.
    Ce commentaire, vous l’avez copié/collé sur tous les articles relatif à l’hadopi. Il existe entre le haut du crane et le trou occipitale un organe qu’on appel le cerveau. Parfois il peut servir à formuler des idées, et a en confronter plusieurs. Vous devriez essayer, vous vous rendriez service.


  • Cbx Cbx 6 mai 2009 12:38

    « il n’y a pas d’autre choix que faire financer l’essentiel de la culture par ceux qui la consomment » : tout à fait d’accord. C’est exactement ce que fait Spidart ! Pour l’instant ce sont les majors qui financent les artistes, et qui engrangent les bénéfices, pas le public !

    Quand à la « valeur » que j’accorde à l’artiste, c’est cette valeur qui fait que je suis prêt à payer 30€ ou plus pour aller à son concert, ou que je suis prêt à lui faire un don. Cependant, comment puis-je accorder une valeur à l’artiste si je dois d’emblée dépenser 20€ pour l’écouter, sans même savoir si je vais l’apprécier ? Si j’accorde une certaine valeur à l’artiste, je n’accorde pas cette valeur à une galette en plastique, et encore moins à un fichier qui dont la duplication est gratuite. Surtout quand je sais que l’artiste touche une part minime de l’argent versé.


  • RilaX RilaX 6 mai 2009 13:55

    M. Mage, vos arguments anti-anti-hadopi (car vous n’avez aucun argument pro-hadopi) se contredisent sous cet article. La ou c’est tres fort, c’est que vos 2 réactions sont espacé de seulement 55 minutes.

    Je vous cites : La différence substantielle entre la viande et l’art, qui est que la première nourrit d’abord le corps, le second d’abord l’esprit, ne justifie en effet pas la différence de mode d’échange entre ces derniers pour laquelle militent les contempteurs du projet de loi Hadopi.
    et 2 commentaires plus tard : Si la matérialité des choses indiquait leur coût Picasso ne vaudrait rien.

    Donc l’art c’est un produit comme un autre, on ne le consomme pas autrement que de la viande. MAIS c’est pas pareil, parceque vous comprenez, Picasso, c’est pas de la viande, le prix de ses œuvres ne vaut pas le prix de la toile endessous de la peinture. Comme la viande. Non ? Ah non, on me signale qu’il n’y a strictement aucun rapport entre la viande (qui disparait une fois consommé) et l’art (qui peut faire profiter la taire entière avant d’eventuellement disparaitre, ou pas).

    Non, l’art ce n’est pas de la viande, ni de la boite de conserve. Non le prix d’une œuvre ne dépends pas uniquement du support sur lequel elle est fixée ; mais le prix du support compte quand même.

    STOP au téléchargement de la viande par internet !


  • Cascabel Cascabel 7 mai 2009 05:38

    En effet mage, Tarantino n’est rien d’autre qu’un amuseur public. Et rassurez vous, il gagne bien plus que votre boulanger  !
    Laisser donc le boulanger en paix une fois chez lui.


  • RilaX RilaX 6 mai 2009 11:23

    Cet article est le meilleur que j’ai lu sur le sujet.
    Complet, précis, et avec de vrais propositions dedans.

    Bravo a l’auteur, et merci !


    • Tchoa Tchoa 6 mai 2009 12:20

      Bravo Cbx !
      Malgrè la longueur et la complexité, ton article est très pédagogique. Malheureusement, il n’est pire sourd que celui qui ne veux entendre ...

      J’ai particulièrement aimé : « Pour ma part, j’ai l’impression de risquer plus en achetant ma musique légalement qu’en la téléchargeant illégalement. » Je suis également très critique envers l’offre légale (cf mes articles), mais dans un esprit scientifique expérimental, j’ai fouillé un peu plus et j’ai trouvé sur Fnac.com des oeuvres rares, anciennes, dans une niche que je ne trouvais jusque là qu’en illégal. Je vais pousser l’expérience jusqu’au bout ...


      • Cbx Cbx 6 mai 2009 13:01

        Désolé pour la longueur et la complexité. J’avais beaucoup d’informations à synthétiser et il m’a fallut assez longtemps décider de la forme de l’article. J’essaierai de faire plus court la prochaine fois.

        Pour ce qui est de l’offre légale de musique je dois avouer qu’elle a fait d’énormes progrès ces 2 dernière années, notamment au niveau du contenu. Hélas cette offre arrive 10 ans trop tard. De plus 2 choses me gênent encore pour acheter : le prix qui me semble élevé pour de l’immatériel, et la confiance que j’accorde à ces offres.


      • Tchoa Tchoa 6 mai 2009 15:54

        Vive la démarche scientifique !

        Comme promis, j’ai testé l’achat de MP3 sur FnacMusic après avoir bien lu faq et conditions de vente. Ma cible : l’album Cumbolo du groupe Culture. Résultat de la recherche : le vynil à 19.97€, le CD à 14€ et la version MP3 à 9.99€ : tout à fait cohérent, bien qu’une édition originale du vynil doit bien dépasser les 50€, j’en ai une ! (autre débat)
        Bon, procédure classique : click sur « j’achéte », panier, indentification, validation, test config, CB, téléchargement. Et même là c’est bien : choix entre le click-droit + save as ou download d’un (vraiment tout) petit plug-in. J’installe, je clique, téléchargement hyper rapide et rien sur le disque dur. Re-essai, et encore, ensemble, un par un, rien ne vient. J’appelle le SAV de la Fnac, accueil impec, le tekos vérifie de mon coté que le click-droit ne fonctionne pas non plus, me fait patienter et m’annonce que l’album est défectueux et qu’ils me rembourse mon achat.
        Conclusion : offre légale : 0 / easy-share : vainqueur et de loin
        Je vais chercher l’album sur kvaz ...


      • Tchoa Tchoa 6 mai 2009 16:10

        Ayai !
         
         :)


      • Cbx Cbx 6 mai 2009 12:55

        Si vous avez plus d’informations sur cette « crise de qualité » je suis preneur. Pour moi la raison évidente était la recherche de profits immédiat : la production est formatée pour s’adapter au média (télé et radio) et pour toucher une large audience le plus rapidement possible. S’il y a des raisons plus profondes je serais curieux de les connaitre.


      • Tchoa Tchoa 6 mai 2009 14:03

        Pour être un observateur proche et attentif de la musique en France depuis plus de vingt ans, je peux vous garantir les assertions de l’autreur :
        1/ Le nombre d’éditeurs phonographiques est passé dans la période d’une bonne centaine aux quatre actuels, ceux-ci profitant de la mâne qu’ont été la hausse du niveau de vie, le progrés technologique du CD et les aides tels que la taxe pour copie privée.
        2/ Pendant le même temps, la distribution passait de quelques centaines de disquaires à quelques centaines de super-marchés et deux/trois chaines de magazins spécialisés.
        3/ Logiquement, l’offre s’est appauvrie, tant en diversité qu’en qualité. Je stigmatise souvent les compilations, best of, resorties de fonds de catalogue, fausses stars de la TV et autres produits pur studio à la mode du moment.
        4/ Quand on observe, même un peu, la scène hors industrie, les artistes démontrent d’une créativité et d’une qualité d’un très bon niveau sans aucune baisse dans le temps.


      • Raoul Schol 6 mai 2009 19:21

        « Il y a une crise de qualité au niveau des artistes eux-mêmes dont l’explication est complexe. »

        Rien ne m’irrite plus que de lire ce genre de phrase (rock is dead, la musique française est merdique, le cinéma d’auteur est chiant à pleurer, etc.). La qualité musicale contemporaine est sans précédent, internet a permis l’essor de musiciens et groupes exceptionnels qui, il y a quelques années, seraient restés dans l’ombre. Il faut simplement savoir où laisser traîner ses oreilles.


      • Cascabel Cascabel 7 mai 2009 05:46

        Raoul Sample

        Des liens, des exemples, des noms  !


      • Cascabel Cascabel 7 mai 2009 05:49

        Pardon, je voulais dire Raoul School.

        Jusqu’à présent je fais parti des déçus des nouveautés.


      • Tchoa Tchoa 7 mai 2009 17:53

        Tout dépend de tes goûts, et où tu vas les chercher tes nouveautés. Je cite deux sites très généralistes dans mon article HADOPI : poussons (un peu) l’analyse : MySpace Music et AcidPlanet . Il faut juste fouiller un peu ...


      • médy... médy... 6 mai 2009 12:39

        Tout à fait d’accord sur la qualité de l’article, c’est même trop long pour moi... étant moi même artiste , et abhorrant le pharaonisme culturomusical incarné par Madonna, Eminem, Seal et tous leur potes millionnaires satanistes, j’avais eu l’idée un jour, qu’il serait mieux pour Tous d’instaurer un statut d’artiste FONCTIONNAIRE, en même temps que d’autre réformes sociétales extremement importantes.

        Le musicien, une fois formé par une institution délivrant un diplôme reconnu par l’état, devrait ensuite bosser chaque jour pour son album, ses spectacles, qui seraient GRATUITS et LOCAUX (plus de tournée mondiale de Pharaon, vous devrez vous déplacez pour voir tel artiste CHEZ LUI, favorisant ainsi le TOURISME). Les musiciens seraient plus sereins dans leur activité professionelle, plus offrants au public, pourraient opérer d’interessantes synergies avec d’autres artistes, et le téléchargement de leurs oeuvres serait GRATUIT.

        Bien sur, il n’y aurait plus RIEN à manger pour tous ces pourris des maisons de productions, sous filiales des Illuminés de service qui ont permis au peuple de passer du Jazz au Pop, ce qui est MINABLE, et aujourd’hui c’est PIRE.

        Le PROBLEME, c’est qu’ils nous tiennent par le SATANISME véhiculé dans la « musique » des « artistes » pharaons-idoles-veaux d’or-Molochs promus par nos très chers MEDIAS. La PYRAMIDE existe aussi dans le milieu de l’Art comme dans tous les autres... Quel film a tué Stanley Kubrick d’après vous ?

        Internet pourrait favoriser l’évolution souhaitable que j’ai mentionné plus haut, en permettant par exemple de trouver un spectacle musical live ou aller avec les enfants, qui serait dénué de tout BackMasking ou autres messages satanistes inversés. Si les jeunes sont de plus en plus bizarres et violents, c’est qu’il consomment de l’« Art » déviant sous toute ses formes et à outrance, par exemple Sefyu malgré son discours arriéré et barbare envers l’Homme etc est MEDIATISE et RECONNU car il DIVISE et FORME A LA VIOLENCE ET A LA HAINE tout comme le souhaite SARKOZY.

        Mais rien n’est moins sur que toutes ses avancées souhaitables voient le jour ici en FRANCE, car la vraie FRANCE, celle des ARTISTES n’existe PLUS.


        • Raoul Schol 6 mai 2009 19:45

          Je suis pour la création d’un nouveau statut de la fonction publique : troubadour (concours de catégorie C) ! Et vous ? 


        • Cascabel Cascabel 7 mai 2009 05:55


          On a déjà nos fonctionnaires du cinéma et ce n’est pas une réussite.


        • médy... médy... 6 mai 2009 12:48

          A oui j’oublais aussi celle de la BONNE PITANCE sans les 5000 additifs alimentaires chimiques et CANCERIGENES, celle des fêtes locales chaleureuses ou l’on trinquait avec son voisin tout en jouant le violon, tout ce qui constituait le Terroir a disparu, enfin bientôt j’espère aller à MASSAT sous préfecture de Foix voir s’il reste des vestiges de cette grandeur passée.


          • Oxide Oxide 6 mai 2009 12:54
            Bonjour Cbx

            Merci de votre article qui éclaire parfaitement l’inanité de cette loi et le passéisme des grands acteurs économiques de ce secteur.

            L’impossibilité des majors à s’adapter à une distribution virtuelle signera leur déclin inexorable.

            L’impossibilité technique et les possibilité de contournement rendront cette loi inopérante.

            Les modèles alternatifs que vous décrivez si justement se développerons d’eux-même, voire même de nouveaux modèles économiques non encore inventés.

            Merci encore pour la clareté et le sérieux de votre chronique.

            Ne tennez pas trop compte des remarques du prétendu Mage, il est toujours contre tout ce qui est pour, et pour tout ce qui est contre.

            Cordialement.

            Oxide

            • edend edend 6 mai 2009 13:15

              La solution au piratage existe depuis longtemps, (en 2000 mon label proposait déjà un go de mp3 en libre diffusion) mais elle dérange :
              La culture libre.
              Pourquoi pirater des marchandises quand il existe de véritables créations en libre diffusion.
              Il faut dire que les lobbys et le gouvernement pendant des années ont fait l’impossible pour faire taire l’existence de la culture libre.
              Hadopi a uniquement vocation à tenter de prendre le contrôle internet et débuter la privatisation de la justice et faire disparaitre la présomption d’innocence...
              Les artistes qui préfèrent quitter le monde commercial pour se tourner vers la culture libre sont nombreux, que ce soit bob ostertag, nin, darkning scale, klimperei, pacific 231...
              Leur motivation est surtout de permettre que leurs musiques ateignent leur public et que celui ci ne soit pas racketter par des industriels avides qui ne comprennent pas la différence entre l’art et une marchandise.
              Envie de découvrir des musiques libres ? www.necktar.info www.horsnorme.org


              • Cbx Cbx 6 mai 2009 14:39

                Je trouve l’initiative de la musique libre réellement admirable. En faisant ça les artistes montrent que pour eux diffuser la culture est plus important que de gagner de l’argent. Ces artistes écrivent Culture avec un grand C.
                Cependant cette solution me semble un peu « extrême » pour obtenir un consensus de la part de tous les artistes. Je peux me tromper, mais il me semble que les artistes qui peuvent se le permettre ont pour la plupart connu un succès passé dans le circuit classique, qui leur permet de subsister et de distribuer gratuitement leurs oeuvres. Dire que cette solution est LA solution participe d’ailleurs à l’amalgame que font beaucoup d’artistes, qui pensent que le public n’est désormais plus prêt à payer pour de la musique, ce qui à mon avis est faux.
                Le public est prêt à payer, mais pour un produit qui répond à sa demande et au prix qui lui semble juste. Je dirais même que le public est prêt à payer à hauteur de la valeur affective qu’il attribue à l’acte d’achat. Acheter un CD n’a plus aucune valeur affective, acheter un fichier numérique encore moins, contrairement à aller à un concert, faire un don fait à l’artiste ou participer au financement de son album.


              • patroc 6 mai 2009 13:22

                 Bon article !..


                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 6 mai 2009 13:31

                  Billet absolument remarquable, CBX, ( 6cyl ),

                  « Les premiers à vouloir freiner le développement de l’offre légale sur internet ont donc été les distributeurs
                  (en particulier les grandes surfaces) » encore elles ! elles monopolitiquent !

                  " Si cette méthode a permis aux majors de se développer rapidement et d’obtenir une très grande influence dans la sphère médiatique, elle a selon moi fortement dévalorisé la culture aux yeux du public... « En effet, il n’y a bientôt plus aucun chanteur libre de penser comme quantité de par le passé. Pagny rachète la Pat-agonie, le Forestier n’est plus poète, Schultès ne l’a jamais été, mais tous lèchent les pompes des amis du pouvoir qui fait les lois. 

                  A ce propos, » Ainsi, le gouvernement devrait favoriser un retour de la confiance du consommateur plutôt qu’une méthode répressive « Le pouvoir ne pratique plus que la répression puisqu’il ne connait pas la prévention. On s’en est rendu compte quand est arrivée la crise, et pour faire face à son inculture numérique, il fait appel aux lobbyistes.

                   » Seuls les fichiers les plus populaires sont faciles à trouver. Les chansons anciennes ou peu connues sont plus difficiles à obtenir. " il est absolument important que les jeunes musiciens aient accès à la musique ancienne, celle qui a été libérée par les radios libres anglaises et qui a changé le monde. http://xbright.codingteam.net/post/2008/09/29/Ces-gens-qui-changent-la-definition-du-libre

                  Il est un autre angle que vous n’avez pas évoqué et qui ne peut se défendre sur les médias.
                  C’est l’affaire Marc Dorcel...aucun représentant médiatique ne peut ouvertement prendre sa défense sur les ondes et le silence des autorités sur ce cas est un consentement passif et complice...Sans Hadopi, c’est la fin du porno payant, industrie numéro 1 derrière le rideau, et passible de commerce de chair. Orange a fait grande part de sa fortune avec le minitel rose et promotionne actuellement à tout va ses pages avec Paméla Anderson ou Playboy...c’est pas par hasard !

                  J’en parle brièvement sur ce billet d’humeur : http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/un-tapis-rouge-pour-la-mafia-du-54674. Bien moins documenté que votre riche document.

                  Cordialement. L.S.


                  • PhilVite PhilVite 6 mai 2009 13:50

                    Très bon article, mais finalement, peu importe les problèmes de droit d’auteur ou de financement des industries phonographiques ou cinématographiques. Ils sont très secondaires. Chacun sait maintenant que cette loi ne changera rien à tout ça.

                    Côté « utilisateurs », ceux qui voudront télécharger, téléchargeront avec d’autres moyens leur permettant d’échapper au système de contrôle idiot mis en place.

                    Côté « artistes et industries associées », ceux qui ne sauront pas s’adapter à la dématérialisation disparaîtront. C’est une loi assez commune dans la nature !
                     
                    Par contre, toutes les discussions autour de cette loi dite « HADOPI » auront eu un énorme mérite : Nous faire prendre conscience de l’impérieuse nécessité de mettre en place dès aujourd’hui tous les dispositifs techniques utiles pour échapper au flicage généralisé d’internet qui nous pend au nez.
                    Si on continue sur ce chemin, demain une Haute Autorité quelconque voudra s’inviter à lire nos Emails, une autre à connaître l’historique de notre navigation, une autre encore à explorer nos disques durs...etc.
                    La préservation de ce qui nous reste de liberté passe donc par l’usage généralisé des techniques de cryptage/encapsulage garantissant l’inviolabilité de nos données privées et de nos échanges sur internet. Et celà vis-à-vis de toute autorité.

                    Que ceux qui ont la maîtrise de ces technologies les mettent le plus rapidement possible à la portée de l’internaute lambda, ce sera le meilleur moyen de faire un salutaire pied de nez à ceux que la tentation totalitaire titille !

                    Après tout, nous ne vivons pas dans un monde merveilleux, il fallait bien que quelqu’un nous le rappelle. Merci Christine !


                    • gommette 6 mai 2009 14:01

                      L’amendement 138/46 dit « Bono » vient d’être re-voté à une majorité écrasante + de 400 contre moins de 60 !!!


                      • Cbx Cbx 6 mai 2009 14:54

                        Champagne smiley !


                      • pirkiller pirkiller 6 mai 2009 14:34

                        Bonjour,
                        Trés bon article .

                        Juste une petite précision sur :

                        « ...Certains diront que baisser les prix dévalorise la culture, je leur répondrais que les maisons du disque s’en sont déjà amplement chargées ces 20 dernières années ! ... ».

                        Lorsque la taxe est passée de 33 % à 19.6 % , 6% et 7 % de cette réduction de taxe a servit pour la réduction de prix pour le consommateurs.
                        Je vous laisse le soin de deviner ou est passé le reste.
                        La découverte de nouveaux artistes certainement .... smiley


                        • Neosysteme Neosysteme 6 mai 2009 14:38

                          Comme la majorité des avis : très bon article !

                          Pertinent à souhait.

                          Ne pas perdre de vue que le plus grave dans cette affaire n’est pas le prétexte : « Protéger les artistes/majors » mais la véritable raison : « Nous forcer à installer (et à payer, en plus) un mouchard gouvernemental dans les PC ». Car, pour l’instant les mouchards jouant avec le kernel (rootkits, entre autres, sont commerciaux (microsoft, Sony...)

                          Le rêve ultime de toute bonne démocratie Stalinienne (ou Sarkosienne, je ne sais plus...) qui se respecte...


                          • Pelletier Jean Pelletier Jean 6 mai 2009 14:41

                            Bravo, l’article est long mais l’historique est tout à fait éclairant sur les condtions dans lesquelles le débat se développe aujourd’hui.
                            Il faudrait que les artistes signataires de la pétition en faveur d’HADOPI le lisent.... le problème est bien là, pour comprendre ce qui se joue aujourd’hui il faut faire un certain effort intellectuel.
                            je vais diffuser ce papier dans mon propre réseau en espérant que les uns et les autres prendront le temps de le lire.
                            Bravo et merci.

                            jean pelletier


                            • Neosysteme Neosysteme 6 mai 2009 14:51

                              Il faudra s’intéresser de très près aux fonctionnalités avancées de ce mouchard Hadopi...Nous verrons ainsi s’il sera ce qu’il prétend être...


                              • Jordan Jordan 6 mai 2009 14:59

                                UFC : La création et les artistes ne sont pas en danger

                                L’UFC - Que Choisir a envoyé la semaine dernière aux députés une étude démontrant que l’industrie musicale et du cinéma ne souffrait d’aucune crise. Nous vous proposons quelques extraits des conclusions de cette étude :
                                 
                                Des artistes pillés ?


                                Entre 2000 et 2007, les sommes perçues par la SACEM, bien qu’elles se stabilisent, ne chutent pas. La SACEM collecte et redistribue les droits des artistes/créateurs. Il s’agit donc d’un bon indicateur des revenus des artistes
                                .

                                 
                                Le revenu Net de Universal, lui, augmente fortement.
                                 


                                Le cinéma durement impacté par « le piratage » ?

                                Pourtant les dépenses audiovisuelles des ménages ne cessent d’augmenter.



                                Les Français champions du monde du piratage ?

                                On entend souvent dire que les Français téléchargent plus qu’ailleurs. Ces déclarations s’appuient le plus souvent sur des chiffres communiqués par les représentants de l’industrie culturelle (SNEP, ALPA, etc…). Or, on ne connait ni la méthodologie appliquée ni la robustesse de ces travaux. Dès lors, on peut légitimement s’interroger sur l’objectivité de telles données.
                                Pour contraster ces chiffres, il est possible de faire référence à d’autres sources. Pirate Bay, site de téléchargement très prisé des internautes, livre régulièrement la carte mondiale de ses utilisateurs. Bien que l’on ne puisse résumer le téléchargement français à ce site, compte tenu de sa popularité il est malgré tout un bon indicateur du comportement des consommateurs français.
                                Le site « Les numériques » a proposé une petite analyse des données et le résultat est plus qu’étonnant. En comparant le nombre précis d’utilisateurs par pays (sur les 15 pays les plus consommateurs) à la population totale du pays concerné, le taux d’usagers de Pirate Bay est de 1% dans l’hexagone.
                                 



                                http://www.quechoisir.org/document/loi-creation-et-internet.pdf


                                • xa 7 mai 2009 12:24

                                  > une stagnation de la croissance

                                  Incroyable ... Comme dans le reste de l’économie. Ca, c’est effectivement ... surprenant.

                                  > une diminution du chiffre d’affaires d’Universal

                                  Si l’on en croit Mr Negre, depuis des années le CA baisse.

                                  En 2008, effectivement, le CA est de 4 650, en baisse par rapport à 2007 (4870), en baisse par rapport à 2006 (4955) en hausse par rapport à 2005 (4 893).

                                  Si on en croit la direction financière de Vivendi Universal (qui bien sur ne sait pas de quoi elle parle), 2006 est l’une des meilleures années de tous les temps pour Universal (la troisième meilleure année, il me semble, 2004 ayant été encore meilleure, avec 4 989).

                                  Ca relativise la baisse « dramatique ». Le CA d’Universal est en baisse ... par rapport à son propre record ! Mais il reste en ligne avec ses années classiques (regardez donc le CA pro format des années 2000 à 2008 pour voir l’évolution de ce CA).

                                  « mais c’est pas normal, ca devrait pas baisser, ca devrait meme monter chaque année » : c’est en gros le discours de Mr Negre. Sauf que les arbres ne grimpent pas indéfiniment. Et que lorsque ses employés lui disent la même chose à propos de leur salaire, il n’est plus sur cette longueur d’onde.

                                  Dans le meme temps, les bénéfices varient entre 686 (2008) et 346 pour la plus mauvaise année de cette période ... 2004. Tiens, justement l’année avec le plus gros CA ! Pourquoi donc ?Essentiellement pour une raison simplissime : l’amortissement des actifs diminue. Ce qui fait mécaniquement monter le résultat, donc les bénéfices.

                                  Maintenant vous allez m’expliquer un truc qui me chiffonne. Mr Negre nous explique partout que le prix du CD chute depuis des années, que les volumes chutent depuis es années, que le numérique ne compense pas, ni la télé, ni la radio. Pourtant le CA se maintient (7% de baisse par rapport au record). Alors ... d’où vient le surplus de CA qui compense cette « dramatique baisse des ventes » ?


                                • xa 7 mai 2009 14:58

                                  > Depuis 2005 cette stagnation chez Universal.

                                  si vous considérez qu’un mouvement de moins de 2% est un stagnation. Mais dans ce cas, je crains que la « stagnation » soit plus longue que cela (le CA d’Universal ayant rarement fait un mouvement de plus de 2% sur une année).

                                  Je vous ai donné les CA de ces années là : 2008 (4650), 2007 (4870), 2006 (4955), 2005 (4 893), 2004 (4989).

                                  En 2006, Mr Nègre déjà parlait de la « chute brutale du disque » et de ses pertes ... de 1.9% (2005/2004) de CA par rapport à la meilleure année de tous les temps. En 2008, il nous a refait le coup (à nouveau 1.7% de baisse du CA) 2007/2006, en omettant, dans les médias classiques, de parler de la hausse 2006/2005 (1.3%).

                                  Alors on peut parler de stagnation sur 2004 / 2007, si vous le voulez, puisque les mouvements sont faibles, et un coup en hausse, un coup en baisse. Mais dans ce cas, la question reste entière : pourquoi Mr Nègre crie-t-il à propos de la baisse de son CA si dans le même temps on retient qu’il a stagné sur 4 années ?

                                  La première année, pour Universal, qui correspond au discours général de la « dramatique chute du disque depuis des années » c’est justement 2008, avec une baisse flagrante du CA de pres de 5% sur l’année 2008 ... année lors de laquelle, bien sûr, aucune donnée économique ne peut justifier de la baisse des dépenses des ménages.

                                  Mr Nègre ne semble pas en mesure de nous expliquer cela. Comme vous semblez en savoir long, peut être pourriez vous éclairer ma lanterne ?


                                • Tchoa Tchoa 7 mai 2009 18:01

                                  Quand une insdustrie a des difficultés alors que le contexte est florissant, c’est qu’elle a un problème de politique ... industrielle.
                                  C’est pas une raison pour faire des lois débiles, chères et liberticides !!!
                                  Il suffit de changer les dirigeants.

                                  Merde, c’est des copains à NS ...


                                • pluton86 6 mai 2009 15:00

                                  Bonjour,

                                  Comme (presque) tout le monde, je trouve cet article très bon.

                                  Pour en rajouter sur la licence globale (ou créative, ou ce que vous voulez) que certains dénigrent ici ou ailleurs, il semblerait (d’après numerama) que les majors soient en train de travailler dessus : ça s’appelle choruss (Warner, EMI et Sony Music)
                                  Et bizarrement c’est Universal qui ne souhaite pas y participer... bizarre autant qu’étrange.
                                  Si ce n’est que Universal planche sur une autre solution : Total music

                                  Il faut espérer que l’information sera relayée lors des débats à l’assemblée.


                                  • Cbx Cbx 6 mai 2009 15:15

                                    Lu dans l’article sur choruss :

                                    Dans une récente interview, Jacques Attali estimait ainsi que "c’est très important que ce soit fait maintenant et que les artistes le prennent en main maintenant parce que s’ils ne le font pas, progressivement les majors vont se rendre compte que le système de la loi Hadopi ne fonctionne pas« . Or »ensuite les majors vont changer complètement de pied comme ils l’ont fait à chaque fois qu’ils ont eu besoin de le faire, et ils vont mettre au point la licence globale en se partageant le gateau avec les fournisseurs d’accès, monter une structure dans laquelle l’ensemble de l’argent réparti ira d’abord des fournisseurs d’accès aux majors, et les majors distribueront des miettes aux artistes".

                                    "C’est très important que les artistes comprennent qu’ils faut que eux prennent en main le système, comme ils l’ont fait dans le temps avec la Sacem, qu’ils fassent leur propre société (de gestion collective)", préconisait l’économiste, qui pour le moment prêche dans le vide.


                                    Cela résume parfaitement le sens que j’ai voulu donner à mon article. Si les artistes ne prennent pas eux même le virage du numérique, les majors le feront à leur place, et ce sera forcément au leurs dépends.


                                  • Yohan Yohan 6 mai 2009 15:10

                                    Je suis de la vieille école et j’aime bien me rendre chez le diquaire pour acheter la musique que j’aime. Mais depuis que les magasins en centre ville ont sacrifié la diversité culturelle au consumérisme, je m’aperçois que je suis contraint de commander de plus en plus mes CD.... à ma femme qui se charge de le faire via le web. Je suis gagnant, c’est moins cher et j’économise le transport.
                                    Ainsi la FNAC, soit disant défricheur de talents, est à la traîne et ne vaut guère mieux que mon Attac en Bourgogne. Alors, la tentation de télécharger vient peu à peu, sauf qu’en matière de contenus de téléchargement sioux, on retrouve la bouillie habituelle. Alors pour moi Hadopi, bon ou mauvais, ça me dépasse. Pour autant, comme le dit l’auteur, il y a sûrement mieux à creuser, se mettre autour d’une table pour déboucher sur autre chose que ce tintouin et cette Loi morte née sur laquelle il faudra revenir bientôt vu son obsolescence déjà acquise


                                    • Colure Colure 6 mai 2009 16:03

                                      Même l’Europe est vraiment contre  : http://www.ecrans.fr/Amendement-138-Vote,7122.html

                                      Mais bon, L’Europe ça sert à rien en Sarkoland ...il n’y qu’à regarder qui se présente à l’UMP (lol)

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