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Micro-stocks et banque d’images, le juste prix d’une photo

Les "micro-stocks" proposant des images pour un ou deux euros jouent avec le droit. En essayant de s’exonérer de toute responsabilité, et de se poser comme intermédiaires, alors qu’elles sont vendeurs, soumises au cadre juridique qui protègent les consommateurs, elles prennent des risques financiers réels.
Mais peuvent-elles toujours vendre aussi bon marché en appliquant la loi ?

Très Web 2.0, la banque d’images en ligne propose une énorme collection d’images pour des prix "dérisoires", entre 1 et 3 euros.

Une révolution profonde dans le marché de la photographie, et une perte sèche pour beaucoup de photographes qui vendaient de la photo d’illustration. Leurs prix semblent tellement élevés, face à ces stocks tellement immenses de plusieurs millions de photos... le public se fixe une valeur "une photo pour mon site web, c’est 1 euro", et le petit webmaster refuse d’acheter plus cher.

Mais le client sait-il ce qu’il achète ? Et achète-t-il réellement ce qu’il croit ? Des photos libres de droits ?

Comme d’habitude, on ne lit jamais les petits caractères...

Les micro-stocks jouent avec la loi

Prenons deux exemples, Fotolia et Shutterstock.

Leurs conditions générales de vente reprennent la même clause essentielle, qui les dégage de toute responsabilité.
Pour résumer un paragraphe issu du droit anglo-saxon, "nous dégageons toute responsabilité de l’utilisation faite des images que nous vous vendons. Si vous êtes poursuivi par les auteurs ou les modèles d’une image que nous vous avons vendue sans en avoir le droit, nous n’y sommes pour rien. Si des gens utilisent une de vos images, en l’ayant achetée chez nous, sans en avoir le droit, nous n’y sommes pour rien, débrouillez-vous".

Ca ne marche pas comme ça.

Fotolia se protège encore plus, en disant "notre relation contractuelle est celle avec un entrepreneur individuel, et elle est soumise à la loi de l’Etat de New York", et quel petit webmaster "pris" pour quelques photos ira engager une procédure à New York ?

Or, on ne peut pas forcer la main comme cela. Il ne suffit pas de déclarer que votre partenaire est entrepreneur, un particulier le reste, aux yeux de la loi française. Pour être professionnel, il faut être légalement enregistré comme tel, avoir un numéro Siret, ou autres, pouvoir émettre des factures.
Un particulier peut même vendre des photos, en toute légalité, tant que sa cession de droits reste faible par rapport à son revenu total.

Et la loi française protège le particulier face au professionnel comme Fotolia, qui essaye de l’impressionner ou de lui forcer la main.
Donc un client particulier peut parfaitement se retourner contre son fournisseur d’images, choisir sa juridiction (la France en l’occurrence) comme l’y autorise le code de procédure civile, et se retourner contre eux.

Parce que lorsqu’on annonce partout sur un site qu’on vend des photos libres de droit, que c’est marqué en gros sur la page d’accueil, prendre un air dégagé et botter en touche lorsqu’il y a un problème, cela s’apparente à de la publicité mensongère.

La deuxième fragilité des micro-stocks, c’est la LCEN.
Celle qui a fait condamner Fuzz.

Comme les banques d’images sélectionnent les photos proposées à la vente, comme elles tentent de s’assurer des droits (avec, par exemple, des formulaires pour transmettre les autorisations des modèles), comme elles refusent des photos lorsqu’elles craignent que des droits ne soient pas respectés, elles sont manifestement éditeurs, et pas hébergeur.

Et donc n’importe quel photographe ou modèle peut les attaquer, au lieu de se retourner uniquement contre l’utilisateur final.

Pourquoi ?
Parce qu’il est sans doute plus intéressant de demander des dommages sur la base de la totalité des ventes, que pour une seule… parce qu’une banque d’images est plus solvable qu’un particulier, et parce que le juge a de fortes chances d’être plus sévère vis-à-vis d’un professionnel que d’un particulier.
Il pourra aussi les assigner en France, où la loi sur les droits d’auteurs est différente de celle du "copyright" américain (la première protège les droits de l’auteur, la deuxième gère l’utilisation et la "copie" d’œuvres publiées).

Leur irresponsabilité est une des conditions de base de leur modèle économique

Alors que faire ?
Il y a des banques d’images qui s’assurent des droits de ce qu’elles diffusent. Cela implique des vérifications a priori (par exemple, en demandant les fichiers RAW, avant retraitement, qui sont l’équivalent de la pellicule photo) et une très bonne preuve que vous êtes l’auteur de la photo.

Mais les vérifications demandent du temps, de la gestion, du personnel.
Adieu la photo à 1 euro !

Au client de choisir : acheter une photo 20 ou 30 euros, comme chez Licence Photo, avec un usage limité, acheter une photo avec un usage large chez Getty Images, ou acheter une photo sans être sûr de ce qu’on achète, ni de ce qu’on risque à l’utiliser chez un micro-stock ?

De la même façon, on peut, en fonction de ses besoins, acheter une Rolls, une petite Fiat, mais est-ce qu’on achèterait une voiture à un garagiste qui vous dirait "elle marche, p’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non, et la carte grise, elle est vraie, p’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non, mais de toutes façons moi je ne vous vends rien je n’y suis pour rien".

Place de marché ou vendeur ?

C’est le grand argument, Fotolia et les autres tentent de se présenter uniquement comme des intermédiaires, comme des places de marché, ils évoquent le modèle d’E-bay.

Mais c’est totalement faux.
E-bay met en relation des acheteurs et des vendeurs, et ne se rémunère qu’après que la transaction a été conclue entre eux, en facturant une commission au vendeur.

Les micro-stocks vendent eux-mêmes, en tout cas ceux-là, vendent des "crédits", que l’on utilise ensuite pour acheter des photos.

Quand j’ai acheté sur Fotalia ou Shutterspeed, je n’ai pas reçu une facture de cession de droits, j’ai reçu une facture d’achats de crédits.

Que j’ai ensuite décidé d’utiliser en téléchargeant des images.
Jamais je n’ai signé un contrat avec le photographe, jamais je ne suis entrée en contact avec lui.

On est donc très loin du modèle E-bay.

Alors même que E-bay, en tant qu’intermédiaire, a mis en place des procédures de règlement de litiges, les micro-stocks, vendeurs directs, tentent de s’exonérer de leur responsabilité sur la chose vendue.

Je pense d’ailleurs qu’une grande partie des profits de ces micro-stocks provient des crédits non utilisés. Pour acheter une seule image, il faut acheter au moins dix crédits… et l’arithmétique des crédits fait qu’il est bien difficile d’utiliser exactement la totalité. Je suis sûre que les photographes ne touchent rien sur cette manne.

Micro-stocks, Wikio, Fuzz et les autres

Le Web 0.5, 1.0 ou 34.2.1 est un espace qui permet un rapprochement très facile entre le consommateur final et le vendeur, une intermédiation multiple et presque sans coût (affiliation, digg, micro-stocks), une propagation et une multiplication du contenu.
C’est un formidable marchepied pour les PME et les activités individuelles, qui peuvent exister en évitant des frais de gestion et de représentation trop lourds. On peut se transformer en micro-entrepreneur en une semaine… et le web donne l’impression d’être sans frontières et sans lois.

Ce n’est pas le cas.
La loi n’est pas "inadaptée" au web, au contraire, l’affaire Fuzz par exemple, prouve que la loi sait s’adapter. Les procès en cours des majors contre Youtube et Daily Motion vont sans durer des mois ou des années, mais ils ont des chances de produire une jurisprudence intéressante.
Etre entrepreneur sur le net ne peut se faire de façon pérenne qu’en respectant le cadre juridique, et en respectant ses consommateurs. Comme n’importe quel marchand, les micro-stocks doivent s’engager sur ce qu’ils vendent.
Agoravox s’est transformé en fondation, Fuzz a décidé de fermer, YouTube et DailyMotion font la chasse aux vidéos illégales. Fotolia, Shutterstock et les autres devront suivre ce mouvement.


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11 réactions à cet article    


  • fredleborgne fredleborgne 9 mai 2008 14:04

    Autant vos rappels juridiques sont intéressants, autant je les trouve inquiétants, ainsi que votre conclusion qui se veut ouverte et qui est très fataliste.

    Vous êtes vous posé la question que si mettre une photo "illustrative" en ligne coûte aussi cher, les particuliers passionnés du net devront trouver des fonds pour maintenir en ligne leur site-passion. Ces fonds, c’est de la vente proposée à l’internaute, ou de la pub.

    La pub, finalement, c’est le consommateur qui la paie aussi par sa consommation. Et voilà le beau web 2.0 partageur qui devient une vitrine ou seuls peuvent figurer ceux qui ont de l’argent, et qui ne cherche qu’à "vendre" à l’internaute.

    Ce "net" n’est pas celui que je souhaite. La fondation "Agoravox" met parfois des publicités qui "bloquent" l’internaute si il ne clique pas là ou la pub l’exige. Le prix à payer pour vos bons articles ? Vous décrouvrirez bientôt qu’aprés avoir gouté au fric de la pub, vous en serez dépendant. Ensuite, on peut ne plus passer par vous, et vous coulerez ou vous céderez au chantage du "monde marchand". Les articles deviendront alors moins dangereux pour les "grands de ce monde", par l’intermédiaire du "comité de rédaction".

    Ces lois qui imposent des fonds importants pour exister sur le web sont donc honteusement élitistes et à terme impose aussi des censures (fuzz a disparu, ce n’était pourtant qu’un "amplificateur et relai sd’information"). Drole d’adaptation que tolérer ce scandale. La liberté d’opinion et d’information est menacée par des lobby qui pèsent sur les politiques pour compliquer les lois et ainsi éliminer la concurrence des petits.

    Bon, en tout cas, je jette la pierre "trés mollement" sur agoravox qui me permet encore mon commentaire.


    • Marie-Aude Koiransky Marie-Aude Koiransky 9 mai 2008 14:33

      Bonjour,

      je pense qu’on peut partager le web en trois catégories de sites : les sites d’entreprises, quels qu’ils soient, les sites de particuliers, qui ne sont pas monétisés, et l’entre-deux.

      Personnellement, je ne mets jamais de pub sur mes sites, qu’ils soient professionnels ou privés. Je résiste donc assez bien à ces sirènes, et j’ai exprimé sur un autre article de mon blog professionnel les mêmes inquiétudes que vous quant à la pub qui se met maintenant partout

      Comme webmaster, j’utiise, ou je fais utiliser à mes clients les banques d’images, car cela me semble stupide de leur faire payer une photo déjà réalisée 100 fois (l’originalité n’est pas la caractéristique des stocks), et je préfère ainsi dégager du budget pour le travail que nous ferons ensemble, sur d’autres photos.

      Mais... pourquoi mettre une photo illustrative en ligne couterait-elle aussi cher ? Il y a d’autres sources que les banques d’images, il y a le travail qu’on fait soi même, les amis, et même les photographes pros qui, comme moi, donnent volontiers une autorisation d’utilisation quand elle est demandée avant, et par un privé.

      En fait, il ne faut pas s’y tromper, la grande majorité des clients des banques d’images sont des professionnels, ou des gens qui sont à la limite entre les deux, et qui le deviendront rapidement si la loi sur l’auto-entrepreneur passe. Et dans ce cas, pour moi, la règle est simple : soit c’est rentable, et on le fait, soit on s’abstient. Il faut simplement mettre en balance le risque pris, en achetant des photos dont la provenance est "non garantie", le surcoût d’une vingtaine ou d’une trentaine d’euros pour passer par une banque d’image plus sûre, et les centaines, voir le millier d’euros, qui peuvent être réclamés si des droits sont enfreints.

      Et puis les gens non-pro font souvent l’erreur de croire qu’on additionne le prix des photos individuelles, alors que comme dans tout commerce, "la remise sur quantité" existe.

      Pensez simplement au coût d’un reportage pour un mariage. Cela vous donne une idée des tarifs horaires d’un pro. Et en une journée, bien organisé, on peut faire beaucoup de photos d’illustrations !


    • Goulven Goulven 9 mai 2008 18:28

      Je me suis permis de relayer votre excelent article sur le forum Kob-one.


      • Foudebassan Foudebassan 9 mai 2008 21:12

        A mon avis, des sites comme Fotolia ne concurrencent pas vraiment les photographes professionnels. Ils disent qu’ils s’adressent aux agences, mais dans la pratique les agences qui utilisent ces banques d’images s’en servent principalement pour des maquettes de présentation au client. Une fois le projet accepté, je pense qu’elles s’adressent toujours à des pros. D’ailleurs, leur système de recherche par mots clés est totalement farfelu !

        De plus les images sélectionnées, car effectivement il y a des types qui filtrent des milliers d’images par jour, sont loin d’être de véritables créations. Du standard : ciel bleu, dents blanches, gens heureux, etc.

        Reste le domaine de l’image passe-partout, genre paysages ou objets divers, des images "sans risque" où effectivement, à ce prix là, les magazines, associations diverses et sites web ne se privent pas. A mon avis, ces gens n’achetaient pas d’images auparavant. Donc, pourquoi pas !

        Cela dit, je comprend parfaitement l’inquiétude des photographes professionnels . Les blogs ont croqué la presse écrite, les sites de vidéo croquent la télé, les photographes amateurs croqueront-ils les pros ?

         

         

         


        • Marie-Aude Koiransky Marie-Aude Koiransky 9 mai 2008 21:34

          Il y a eu ces dernières années une baisse très importante d’activité des agences traditionnelles pour la photo d’illustration, et, accompagnée par une centralisation (Getty, Corbis), une disparittion de beaucoup de petits. Des photographes qui faisaient une partie de leur chiffre d’affaires avec ce type d’image ont dû changer leur mode de fonctionnement.

          Les grandes agences qui ont des gros clients ne les utilisent pas, les petites agences avec des petits clients oui. Ou les petits clients qui font leur comm en interne aussi.

          Ce n’est pas obligatoirement une mauvaise chose. Il suffit de rester clair sur ce qu’on vend, et ne pas entretenir le flou.

          La photo à un euro, c’est un peu comme le Paris-Londres à 10 euros. Mais à la fin de la réservation, vous avez payé 70 euros en rajoutant les taxes et les frais !


        • Sébastien Galliot Sébastien Galliot 9 mai 2008 23:13

          Chere Marie-Aude

          Un article intéressant sur un sujet peu abordé.

          Je suis particulièrement impliqué dans ce domaine, car nous avons monté un de ces ’micro-stocks’, dont la particularité est de laisser a l’auteur le libre choix du prix de vente.
          Eh bien, pour ne rien vous cacher, ça ne marche absolument pas. Presque aucune vente, et pour des montants ridicules.
          En fait, je suis absolument persuadé qu’aucun de ces stocks ne marchent , et personne ne gagne vraiment d’argent.. Fotolia et autres doivent a peine subsister, sur le porte monnaie de leurs investisseurs respectifs. Les coûts de gestions, de développement / maintenance, d’hébergement ne peuvent pas être couverts par un marché si faible.

          Pour revenir sur les artistes photographes, je pense que certains d’entre eux (les bons :) ne sont pas du tout pénalisés par ces plateformes, qui leur permettent de vendre ’au raccroc’ quelques images supplémentaires.

          En effet, aujourd’hui, les seuls photographes qui vivent dignement de leur art, sont ceux qui ont su établir des relations durables avec des acheteurs solvables (le plus souvent institutionnels : collectivités, instituts publics, etc...)

          Ces photographes n’ont pas spécialement été impactés par ces ventes a bas prix, car ils ne sont pas sur ce créneau.

          Par contre, les ’grands’ stocks photos (Corbis et Getty etc...) ont sans doute du perdre quelques parts de marché, notamment vers les petits projets. De toute façon, leurs prix sont trop chers pour des clients modestes (comment acheter une photo a 300 euros pour une plaquette vendue 500 ?)

          Je dirais que ces microstocks permettent a de petits projets de bénéficier d’une illustration photo sympa et sans prétention... finalement ce n’est à mon avis, néfaste pour personne...

          (sauf bien sur pour tous les artistes maudits qui trouvent là une cause évidente de leur insuccès  ! :)

          Les photographes professionnels ont surtout subi la mégadémocratisation de la photo numérique.

          Beaucoup de Pros qui vivaient de photos ’haute qualité’ (Ektas etc) ont été surpris de voir leurs clients faire de très bons clichés avec du matériel numérique peu cher et simple d’utilisation.

          L’exemple de la photo de mariage (qui a fait vivre plus d’un studio) est flagrant : à quoi sert-il de payer un pro alors qu’un appareil grand public, une connexion internet, un imprimeur online vous permettra d’envoyer à tous les invités un vrai livre d’image ?

          Idem pour la photo de produit : Tente photo à 50 euros avec les éclairages ; appareil 7 Mpix, un coup de photoshop et hop c’est ajouté au catalogue...

          La photo de presse régionale ? Bah, le journaliste s’est vu attribuer un appareil numérique, et ca ira bien comme ça... plus besoin d’envoyer un photographe avec le plumitif...

          et ainsi de suite.. photo d’identité, photo aérienne, photo de famille, médicale, architecturale, judiciaire... Prendre une photo n’est plus tout à fait considéré comme l’affaire d’un pro.

          Apres, pour revenir à la question de la légalité de ce que l’on achete, je ne suis pas si sur que la différence soit bien grande entre une photo à 1 euro et une photo à 500 euros.. Les contrats des grands stocks sont eux aussi basés sur le droit anglo-saxon , et fourmillent de petits caractères et de clauses déresponsabilisantes.

          Enfin, pour reprendre l’ argument Ebay , précisons que le vendeur est facturé même si la vente ne se réalise pas (frais d’insertion)

           

          Voila , en tout cas merci pour cet article !

           

           

           


          • fredleborgne fredleborgne 9 mai 2008 23:51

            Marie aude (l’auteure) préconise pour les petits sites (et c’est ce que je fais) des photos persos (merci le numérique).

            Néanmoins, il faut reconnaitre aux photographes professionnels qu’il y a des photos que jamais un amateur ne réussira autrement que par hasard.

            Pour illustrer un site littéraire, , j’avais besoin d’un stylo. Et je me suis posé la question. Si je photographie le stylo que j’ai acheté, le dépositaire de la marque ne peut il pas me reprocher d’avoir mis une photo de SON stylo, donc d’avoir voulu utiliser SON image ? Avec ces histoires de droits sur tout, on finit par marcher sur la tête.


            • kolge 10 mai 2008 01:02

              Est-ce que toutes ces considérations ne sont pas un peu dépassées ? Je crois franchement que le métier de photographe est fini. Aujourd’hui, si on investit un peu dans un bon APN, par exemple Nikon, Olympus ou Canon, entre 500 et 800 euros, on a un beau joujou qui fera de très bonne photos. Ensuite il suffit d’avoir du goût, d’essayer autant de fois qu’on veut (il n’y a plus aucun risque, on ne dépense plus rien en péloche). C’est vrai que faire une bonne photo demande du métier, mais c’est comme tout, ça s’apprend et faut arrêter de surévaluer la chose, c’est plus facile que peintre ou musicien…

              Et puis vous oubliez qu’il existe aussi de vrais photos libres de droit, sur Wikimedia Commons, j’en ai publié plusieurs d’ailleurs. Si on place une photo sur WC, elle est implicitement versée au domaine public. C’est la licence GNU.


              • cedric_g cedric_g 10 mai 2008 09:50

                Bonjour

                Je me permets de ne pas être d’accord avec Kolge  : il faut être bien présomptueux pour annoncer la fin d’un métier sous le simple joug de l’accessibilité du matériel qui permet de travailler ! Je peux acheter une truelle, une pelle, du ciment et une brouette, ce n’est pas pour cela que je construirai ma maison... et que le métier de maçon est "fini" !

                Si le néophyte ne fera pas la différence, le professionnel la fera : on peut certes faire de bonnes photos avec un DSLR à 500€, mais l’appareil ne fait pas tout. Les professionnels utilisent du matériel fort onéreux et ce n’est pas par hasard : une photographie réalisée avec un boîtier d’entrée de gamme et un objectif bas de gamme n’arrivera JAMAIS à la cheville d’une photo réalisée avec du matériel spécifique (super téléobjectif, objectif à bascule et décentrement, etc...) et surtout avec la technique, la pratique qui va avec. Ne pas voir la différence de résultat entre un appareil à 500 € et un appareil à 3500 €, c’est ne pas connaître le matériel, tout simplement (je ne parle évidemment pas de la résolution des images, qui n’est qu’un argument de marketeux).

                Je suis personnellement photographe naturaliste et animalier, et ma spécialité commerciale ce sont les animaux domestiques, notamment les chats. "Quoi de plus simple que de photographier un chat ?..." ; essayez et vous verrez. Essayez de photographier un héron sans y passer des dizaines d’heures pour avoir la bonne lumière, le bon sujet, la bonne attitude, en bref : la bonne photo. Un cliché comme celui-ci est inenvisageable à 1 € : soyons clairs !!!

                Dire que le matériel permet de faire la photo n’est pas faux en soi... dans 10% des cas. Non, le métier de photographe n’est pas mort, il s’est uniquement ultra spécialisé et a du effectivement faire face à une concurrence venue du grand public et de l’avènement de la photo numérique sur le "tout venant"... avec la qualité que l’on devine à la clé !

                Pour ma part, je ne suis pas contre ces entreprises mais je demande juste que lorsqu’elles promettent monts et merveilles aux photographes amateurs à coups de centimes d’euros en jouant sur les quantités, elles respectent la même loi que nous, professionnels, sommes contraints de suivre à la lettre.

                Et ce n’est certainement pas le cas aujourd’hui, notamment pour Fotolia !

                 

                Enfin, je terminerai sur le fait que beaucoup de TPE/PME négligent le pouvoir de l’image. Une campagne de comm’ ou de pub ne réussit que lorsque le message passe. Et dans un visuel, c’est la photo qui fait passer le message, rien d’autre (c’est d’ailleurs comme les sites webs, que certaines entreprises font "par mode"... la photo rejoint quelque part le référencement : un site sans visibilité dans tous les sens du terme, ça ne sert à RIEN)

                J’ai déjà travaillé avec des producteurs locaux qui vendent sur les marchés (je ne travaille pas "que" avec la presse magazine ou l’édition !), j’ai déjà eu des retours sur des campagnes de visuels qui donnaient des progressions nettes de 30% du chiffre d’affaire. Ça c’est la réalité de terrain !


              • Forest Ent Forest Ent 11 mai 2008 22:10

                Après la musique, le cinéma, la BD, voici la photo. Encore un exemple du bouleversement que le numérique et internet imposent à nos sociétés. Je comprends le désarroi des professions concernées, mais il me semble assez vain de tenter de s’opposer à la technologie, qui en a d’ailleurs créé la plupart.

                La corporation phonographique en a donné le pire exemple. Plutôt que de constater la situation et choisir un modèle économique nouveau et adapté, elle s’est arc-boutée sur l’ancien jusqu’à finir par convaincre le public que ses produits n’avaient aucune valeur. Si la RIAA avait vendu dès 2000 un abonnement forfaitaire illimité à tous ses produits, par exemple en achetant Napster, elle aurait sans doute aujourd’hui doublé ses profits, vu le développement exponentiel de l’ADSL. Mais elle a préféré payer des avocats, et sa valeur s’est effondrée. Le public aime toujours la musique, mais il a, au bout de dix ans où on n’a plus essayé de la lui vendre au goût du jour, l’impression qu’il n’a plus à payer pour ça.

                Le numérique permettant un stockage infini, il est normal que la valeur nouvelle des oeuvres immatérielles baisse asymptotiquement. Pour la photographie, la situation est au départ un peu plus difficile, parce que le renouvellement et l’originalité sont moindres. On ne peut pas revendre indéfiniment les mêmes photos de la tour Eiffel. Il arrive un moment où le stock est suffisant.

                Ne comptez pas trop sur les avocats pour vous tirer de là. Vous devez faire ce que la RIAA n’a pas fait : tenter d’apprivoiser le marché. Vous n’avez pas encore l’image catastrophique de la RIAA et de la MPAA, c’est peut-être jouable. Vous devez monter un site unique corporatiste où vous proposerez tous ensemble un forfait pas cher et illimité, sur lequel vous vous rétribuerez à dûe proportion de la diffusion. Vous offrirez ainsi une alternative crédible aux internautes, qui accepteront peut-être alors qu’on les prive d’un système gratuit et illégal. Peut-être ...

                Sinon, bonne chance avec LCEN, DADVSI, Olivennes, etc ... Le net est irrépressible.


                • arnaud 16 décembre 2008 17:14

                   

                  Fotolia à priori est un succès 4 millions de photos en stock.
                  plusieurs millier par semaine.

                  Quand fotolia est apparu il y a 3 ans tous le monde fût très étonné : "quoi une photo pour 1 euros libre de droit goddamed !"...

                  Au début on pensait :"bon c’est des images amateurs, c’est pas chère les images cassent pas des briques" mais,tous le monde pouvait déposer ses images (sa mamie, son chat, sa maison... elles étaient acceptés sans trop de problèmes.

                  - image amateur,- prix amateur

                  - rémunération complémentaire pour l’instant tutto va bene.

                   

                  Maintenant c’est fini maintenant c’est devenu une véritable arnaque pour les pro de l’image.

                   

                  Pourquoi ? :

                   

                  essayé de déposer des images et vous verrez.

                   

                  Quand il avait 200 000/400 000 images je pense que l’on pouvais si retrouver ("financièrement parlant")

                   

                  Maintenant il y a 3 millions d’images, ils sont donc obligés d’être beaucoup plus sélectif si ils veulent maintenir un certain niveau de rémunération de leurs contributeurs en place.

                   

                  Ils veulent des images de qualité irréprochable "pro".

                  Mais maintenant en plus votre image si elle est accepté est complètement noyé dans la masse.

                  1 euros la campagne web c’est pas chère payé...

                  ou 10 euros la campagne print c’est ELDORADO pour l’acheteur.

                   

                  Vous offrez donc des images de belles qualités et vous touchez de moins en moins.

                   

                  Moralité pour avoir la possibilité de se faire entuber il va falloir en chier.

                  c’est pas génial comme "business model"

                   

                  Directeur Artistique free-lance grand consommateur d’image et photographe à l’occasion.

                   

                   

                   

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